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mardi 4 août 2026

Bill Juzda



   


Né le 29 octobre 1920 à Winnipeg, le robuste défenseur Bill Juzda a commencé sa carrière de hockey dans la Western Junior Hockey League avec les Maple Leafs d'Elmwood et les Thistles de Kenora, aidant ces derniers à atteindre la finale de la coupe Memorial en 1940.

Rappelé par les Rangers de New York durant la saison 1940-1941, il a passé une grande partie de l'année avec leur club-école de la Ligue américaine, les Rockets de Philadelphie. Il a ensuite disputé 45 matchs avec les Rangers lors de la saison 1941-1942 avant de mettre sa carrière sur pause lorsqu'il s’engagea au sein de l’aviation royale canadienne. Il joua toutefois au hockey avec le club de la Winnipeg RCAF, les Bombers durant trois saisons.


Juzda, à gauche, en pleine action contre les Red Wings

Après la guerre, il signa un nouveau contrat avec les Rangers. Il semblerait que ses années passées dans l’armée le rendirent davantage robuste car il devint un des plus redoutables plaqueurs de la ligue. Ce serait d’ailleurs lui qui aurait mis fin à la carrière de Toe Blake dans la LNH suite à une mise en échec au cours de la saison 1947-1948

Il joua 137 autres matchs avec les Rangers avant d'être échangé aux Maple Leafs de Toronto dans le cadre d'une transaction impliquant plusieurs joueurs avant la saison 1947-1948.

Juzda, à droite, portant le tristement célèbre
Bill Barilko après le but vainqueur de ce dernier
lors de la finale de 1951
Avec les Leafs, Juzda remporta deux coupes Stanley, en 1949 et 1951. Il a pris part à un total de 211 matchs avec les Leafs jusqu’en 1952.

Libéré par les Leafs à l’aube de la saison 1952-52, il signa avec les Hornets de Pittsburgh dans la LAH, y obtenant une sélection sur la deuxième équipe d'étoiles de la ligue. 

En 1953, il retourna à Winnipeg pour évoluer pendant dix saisons au niveau sénior avec les Maroons de Winnipeg, participant à deux finales de la coupe Allan. Les Maroons ont notamment effectué une tournée en Tchécoslovaquie durant cette période. Au milieu des années 1950, Juzda a aussi fait de brefs passages chez les Wheat Kings de Brandon et les Paper Kings de Pine Falls. 

Bien qu'il ait officiellement pris sa retraite du hockey après 1963, il a continué à jouer au hockey des anciens (old-timers) jusqu'à plus de 70 ans.

Juzda a également entraîné des équipes de hockey de la catégorie midget jusqu'au niveau sénior. Jusqu'à son décès, il résidait à Winnipeg et portait toujours sa bague de champion de la coupe Stanley de la saison 1948-1949. Il a été introduit au temple de la renommée du sports du Manitoba en 1992. Il est décédé le 17 février 2008.

En 398 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 14 buts et 54 passes pour 68 points.

mardi 16 mai 2023

Pat Falloon



 

Depuis les débuts du blog en 2009 et toutes nos activités depuis, peu de joueurs ont pu être autant «name-droppé» que Pat Falloon. Je crois que les seuls autres prétendants sont Dennis Maruk ou Gary «Suitcase» Smith. Cependant, on n'a jamais fait sa bio complète et il le mérite bien alors que sa carrière vaut la peine d'aller la scruter plus en détails.

Patrick J. Falloon est né le 22 septembre 1972 dans la petite communauté rurale de Foxwarren au Manitoba. Ailier droit agile de 5'11 et 200 livres, Falloon se fit initialement remarquer au niveau Midget AAA alors qu'il brûla la ligue manitobaine en 1987-88 avec un record toujours valide de 74 buts et 69 points pour 143 points en 52 matchs. Le plus proche poursuivant de Falloon était alors loin derrière à 85 points. Il se fit ensuite repêcher par les Chiefs de Spokane dans la WHL, où il joua trois saisons explosives sur la même ligne que deux autres futurs joueurs de la LNH en Ray Whitney et Travis Green. Après une première saison de 22 buts et 78 points, Falloon explosa avec deux saisons consécutives de 60 buts dont un sommet de 64 buts et 138 points à son année d'éligibilité en 1990-91.

Pat Falloon et Scott Niedermayer

Suivit alors le plus que captivant repêchage de 1991 dans la LNH. Inutile de rappeler que les Nordiques détenaient le premier rang et qu'ils firent la sélection d'Eric Lindros malgré le refus de ce dernier de jouer avec eux. Parmi les autres choix disponibles qui sortirent en première ronde, on retrouva entre autres Scott Niedermayer (3e rang par New Jersey), Peter Forsberg (6e rang par Philadelphie), Alex Kovalev (15e rang par New York) et Markus Naslund (16e rang par Pittsburgh). Ce fut aussi un repêchage où on recruta plusieurs bons soldats comme Richard Matvichuk, Martin Lapointe, Philippe Boucher, Glen Murray, Zigmund Palffy (tout un vol en 2e ronde), Chris Osgood et Michael Nylander.

Faisant leur grande entrée dans la LNH la saison suivante, les nouveaux Sharks de San Jose détenaient le 2e choix derrière Lindros. Ils firent alors la sélection de Pat Falloon.

Bien sûr qu'avec le recul du temps, il est à se demander pourquoi les Sharks ont laissé passer autant de bons et légendaires joueurs au profit de Falloon. Ce dernier venait toutefois de connaître toute une saison en 1990-91, étant couronné champion de la coupe Memorial avec Spokane, tournoi où il fut nommé joueur le plus utile avec 8 buts et 12 points en seulement 4 matchs. Il avait aussi connu tout un tournoi au championnat junior avec 6 points en 7 matchs et une médaille d'or. Il était grandement convenu par la plupart que Falloon serait dans le top 3 au repêchage de 1991.

Ray Whitney et Pat Falloon, coupe Memorial 1991

En deuxième ronde, les Sharks se rattrapèrent en repêchant le coéquipier de Falloon à Spokane, Ray Whitney, en plus du défenseur Sandis Ozolinsh. Whitney avait pourtant connu une meilleure saison que Falloon à Spokane (67 buts et 185 points) mais semblait plus frêle que le plus costaud Falloon, dont on prévoyait un développement comme ailier de puissance dans la LNH, contrairement à Whitney qu'ils considéraient davantage comme un risque calculé ou un projet à long terme.

Falloon fit donc directement le saut dans la LNH en 1991-92 avec les nouveaux Sharks et devint la première vedette des Sharks, alors qu'il termina au premier rang des pointeurs de la faible équipe avec 25 buts et 34 passes pour 59 points. Ce n'était pas du tout mauvais et il termina même au 4e rang pour l'obtention du trophée Calder derrière Tony Amonte, Nicklas Lidstrom et le gagnant Pavel Bure. Si ça vous semble tiré par les cheveux de voir autant de votes envers Falloon, il ne faut pas oublier que Bure n'avait terminé la saison qu'avec un seul point de plus que Falloon avec 60 points. D'ailleurs, si ça vous intéresse, sachez aussi que Benoit Brunet reçut 1 vote...

Ce fut toutefois la meilleure saison de Falloon dans la LNH. Il ne dépassa le plateau des 20 buts qu'à deux reprises par la suite. En 1992-93, il manqua la moitié du calendrier à cause d'une blessure à l'épaule et termina à 28 points en 41 matchs. Il revint en 1993-94 avec une saison similaire à sa saison recrue avec 22 buts et 53 points. 

Une autre saison en dessous des attentes suivit lors de la saison écourtée de 1995 avec seulement 12 buts et 7 passes en 46 matchs. Il était alors de moins en moins utilisé par son entraîneur qui le trouvait peu fiable défensivement, surtout en séries. Il n'obtint que 4 points en 11 matchs pour les surprenants Sharks qui passèrent une deuxième année d'affilée en 2e ronde. 

San Jose (1991-1995)




Les Sharks abandonnèrent alors sur son cas après quelques semaines du début de la saison 1995-96. Il fut alors échangé lors d'une transaction à trois équipes le 16 novembre 1995. En retour uniquement de Falloon, les Flyers envoyèrent aux Sharks un joueur des mineures du nom de Martin Spanhel, ainsi qu'un choix de 1ère ronde et un autre de 4e ronde au repêchage de 1996. Les Sharks envoyèrent ensuite Spanhel et ces deux choix, en plus de Vaclav Varada, aux Sabres de Buffalo en retour du défenseur Doug Bodger. Intéressant à noter que le premier choix cédé par les Flyers passera finalement de Buffalo à Winnipeg/Phoenix dans l'échange impliquant Michal Grosek. Les Coyotes repêchèrent alors Daniel Brière. Étonnant de penser que le futur joueur et actuel DG des Flyers aurait pu y commencer sa carrière si ce n'était de... Pat Falloon.

Philadelphie (1995-98)


À Philadelphie, Falloon connut une certaine renaissance au départ, étant parfois même réuni avec celui qui le précéda au repêchage de 1991, Eric Lindros. Il termina la saison 95-96 avec 22 buts et 48 points obtenus en 62 matchs avec les Flyers, lui donnant 51 points au total avec ses maigres 3 points obtenus en 9 matchs à San Jose. Une blessure à l'aine vint toutefois le ralentir davantage en 1996-97, alors qu'il ne put jouer que 52 matchs. Sa production fut alors limitée à seulement 23 points. Il fit partie du parcours des Flyers jusqu'en finale contre les Red Wings en 1997 mais ne fut pas un très grand facteur avec une fiche de 3 buts et 1 passe en 14 matchs.

Après 30 matchs la saison suivante, déçus de son rendement et de son manque de conditionnement physique, les Flyers l'envoyèrent aux Sénateurs d'Ottawa dans un autre échange intéressant. Il passa aux Sénateurs en compagnie de Vaclav Prospal en retour d'un autre grand espoir déchu, nul autre qu'Alexandre Daigle, premier choix de l'encan 1993. Difficile à confirmer, mais ce serait probablement durant ce passage à Philadelphie que Falloon hérita du surnom peu flatteur mais tout de même hilarant de «Fat Balloon». 

Le passage de Falloon à Ottawa fut très bref et décevant, seulement 3 buts et 3 passes en 28 matchs, suite à quoi il fut libéré par l'équipe. Il signa ensuite comme agent libre avec les Oilers en 1998-99. Il connut une première saison potable à Edmonton avec 17 buts et 23 passes pour 40 points en 82 matchs. Mais après quelques mois en 1999-2000, il fut placé au ballotage et réclamé par les Penguins où il termina la saison et joua ses derniers matchs dans la LNH.


Ottawa (1998)

Edmonton (1998-2000)
Pittsburgh (2000)

En 2000-01, sans contrat dans la LNH, Falloon mit le cap sur la Suisse avec le distingué club de Davos. Il y connut une saison potable avec 38 points en 43 matchs mais surtout un bon tournoi de la coupe Spengler où il récolta 7 points en 5 matchs, menant Davos à une victoire du titre contre le Canada qui alignait entre autres des noms comme Christian Dubé, Daniel Marois, Benoit Hogue et nul autre que le légendaire Ray Sheppard.

Ensuite, Falloon décida de mettre un terme à sa carrière professionnelle et retourna à la ferme de céréales familiale à Foxwarren. Il ne fit toutefois pas une croix sur le hockey alors qu'il joignit les rangs de l'équipe locale, les Falcons de Foxwarren, au sein de la ligue sénior de l'endroit, la North Central Hockey League. Il joua 7 autres saisons au niveau sénior et dominant ridiculement cette ligue. Il obtint d'abord deux saisons identiques de 111 points en 23 matchs, ensuite une saison de 118 points en 2003-04. Il se calma ensuite avec seulement 64 points en 16 matchs en 2004-05. Au moment de sa véritable retraite en 2008, il avait obtenu au total une fiche de 265 buts et 343 passes pour 608 points en 144 matchs avec les Falcons, terminant avec le meilleur ratio de points par match de l'histoire de cette ligue. Les Falcons ont d'ailleurs remporté le championnat lors de 7 saisons d'affilée durant cette période (2001 à 2007).

Falloon a également remporté la coupe Allan, emblème du hockey sénior canadien, lorsqu'il fut prêté aux North Stars d'Île-des-Chênes pour le tournoi de l'édition 2003. Il termina en tête des pointeurs du tournoi avec 9 points en 4 matchs. Questionné durant ce tournoi s'il aimerait, à 30 ans, tenter de faire un retour dans la LNH, un peu comme Alexandre Daigle avait réussi à faire au même moment, Falloon déclara : «I don't know, I'd have to get in shape first. I might . . . I don't know.»

Falloon, troisième de la 3e rangée, avec les Norh Stars d'Île-des-Chênes en 2003

 

Depuis sa retraite, il travaille toujours à la ferme de Foxwarren. Il a très rarement parlé de sa carrière depuis ce temps, ne faisant que très rarement les manchettes, à l'exception d'une comparution pour alcool au volant en 2020.  

En 575 matchs dans la LNH, Pat Fallon aura obtenu une fiche de 143 buts et 179 passes pour 322 points. Pas exactement mauvais si ce n'était de cette inévitable comparaison avec les autres grands joueurs sélectionnés après lui en 1991. 

S'il n'a pas gagné la coupe Stanley ou été une vraie vedette dans la LNH, on peut toutefois compter à son actif la coupe Memorial (1991), la coupe Chynoweth dans la WHL (1991), la coupe Spengler (2001) et la coupe Allan (2003). Il fait aussi partie du temple de la renommée du hockey du Manitoba.

Son ancien coéquipier Ray Whitney, malgré qu'il ait lui aussi été abandonné par les Sharks, a pour sa part terminé sa carrière avec 1064 points en 1330 matchs au sein de plusieurs équipes (San Jose, Edmonton, Floride, Columbus, Detroit, Caroline, Phoenix et Dallas).


Sources:
Ex-NHLer Falloon leaves Manitoba farm for run at the Allan Cup, The Globe and Mail, 16 avril 2003
Former NHLer spared custody, Winnipeg Free Press, 27 janvier 2020
Sharks draft Falloon with the second pick, UPI, 22 juin 1991

mercredi 25 août 2021

Les grands voyageurs #8 - Trevor Jobe

 

Ouuuhh que j'en ai un bon aujourd'hui. 
 
Je crois même que ce sera un prétendant pour le titre du plus grand nombre d'équipes ever. Et en plus il s'agit de tout un personnage au parcours coloré digne d'un bon texte sur cette page. Allons-y donc sans plus tarder... Si vous n'avez pas lu les chapitres précédents de cette série, je compte à mesure chaque équipe où on en est rendu mais seulement celles avec qui il a joué un match. Normalement je n'inclus pas les équipes junior mais je fais une exception pour ce joueur...

 

 
 
Trevor Jobe est né le 14 mai 1967 à Brandon au Manitoba. Grand centre costaud de 6'2" et 230 livres, c'est très tôt lors de son stage junior qu'il débuta sa vie de nomade alors qu'il joua pour pas moins de 6 équipes junior en 4 saisons. Il débuta d'abord en 1984-85 avec les Wranglers de Calgary (1). Sa saison 1985-86 fut ensuite mouvementée alors qu'il joua seulement 7 matchs pour les Wranglers et se fit échanger deux fois durant la saison. Il joua donc 7 autres matchs avec les Broncos de Lethbridge (2), 11 avec les Chiefs de Spokane (3) et il fut recalé 11 matchs dans le junior A avec les Grizzlys de Olds (4) en Alberta. 

Jusque là sa carrière junior ne semblait mener nulle part mais tout changea en 1986-87 lorsqu'il joignit les rangs des Warriors de Moose Jaw (5). Muté au centre de Theoren Fleury, il explosa avec 54 buts et 33 passes pour 87 points, ce qui lui valut le 2e rang des pointeurs des Warriors derrière Fleury (61 buts et 129 points). Cette bonne saison lui valut également d'être repêché par les Maple Leafs de Toronto en 7e ronde (133e au total). C'était d'ailleurs une ronde avant Fleury qui lui dut attendre en 8e ronde avant d'être repêché par les Flames. Les deux reprirent de plus belle la saison suivante mais Jobe fut éventuellement échangé de nouveau, cette fois aux Raiders de Prince Albert (6) où il termina son parcours junior. Il termina tout de même cette saison au 2e rang de la WHL pour les buts avec 69 et 9e pour les points avec 132.

Il débuta ensuite son parcours professionnel et fut invité au camp des Maple Leafs en 88-89, faisant bonne impression et jouant quelques matchs pré-saison. Il fut cependant cédé à leur club-école, les Saints de Newmarket (7) dans la AHL où il obtint 47 points durant cette première saison chez les pros. 
 

 
Ce fut toutefois sa seule saison complète dans l'organisation des Leafs. Insatisfait de son rendement et de son attitude, il fut libéré après un seul autre match à Newmarket au début de la saison 1989-90 et il signa alors avec les Admirals de Hampton Roads (8) dans la toute jeune ECHL, qui en était alors à sa 3e saison d'existence. Selon ce que j'ai lu à son sujet, les raisons de son renvoi par les Maple Leafs incluaient un manque de discipline et un penchant pour la boisson et activités hors-glace illicites... On raconte également qu'il était un joueur ultra uni-dimensionnel, simplement intéressé par l'attaque et extrêmement paresseux en défensive. Cette narrative le suivra pour le restant de son parcours et contribuera sans surprise au nombre d'équipes qui ne fera qu'augmenter... Les Admirals s'en débarrassèrent également pour ces mêmes raisons malgré ses 49 buts en 52 matchs lors de cette seule saison avec eux...

Il obtint néanmoins une autre chance avec les Leafs en 1990-91 mais cela ne dura que 2 derniers matchs à Newmarket suite à quoi il retourna dans la ECHL avec sa nouvelle équipe, les Knights de Nashville (9) où il obtint 109 points.

Il signa avec une autre équipe en 1991-92, les Renegades de Richmond (10) mais ces derniers ne le gardèrent qu'une trentaine de matchs avant de le retourner à Nashville. Il obtint 103 points durant cette saison.

 
Vint alors la saison 1992-93. De retour avec les Knights, Jobe connut une saison légendaire des ligues mineures avec une fiche de 85 buts et 76 passes pour 161 points, faisant de lui le Wayne Gretzky de la ECHL...

Ses 85 buts en une saison demeurent le record non seulement de la ECHL mais de toutes les ligues mineures d’Amérique du nord. Il avait alors éclipsé le record de 80 jusque là détenu par Bill McDougall. À titre de comparaison, le détenteur des buts dans la AHL est Stéphan Lebeau avec 70 et celui de l'ancienne IHL était Daniel Lecours avec 75. Ses 161 points sont également un record de saison des ligues mineures, si on exclut l'inférieure United Hockey League (un record de 165 points). Il remporta cette saison-là le trophée du MVP de la ECHL. Étonnement il passa aussi beaucoup de temps au banc des pénalités cette saison-là avec un total de 222 minutes.
 
Il obtint également un essai avec les Senators de New Haven (11) dans la AHL où il obtint 3 points en 3 matchs mais ce furent ses derniers matchs dans cette ligue, passant le restant de sa carrière dans les niveaux inférieurs. 
 
En fait, ses années avec les Knights de Nashville furent l'étape de sa carrière où il eut le plus de «stabilité». Malgré sa saison légendaire en 1992-93, il opta en 93-94 de jouer en Slovénie avec le club Olimpija Ljubljana (12) où il obtint 80 buts. Ce fut toutefois une expérience d'une seule saison alors qu'il revint dans la ECHL en 1994-95 et repartit de plus belle son jeu de chaise musicale. Il joua pour trois clubs cette saison-là, les Knights ainsi que les Icecaps de Raleigh (13) et un petit séjour de 10 matchs dans la IHL avec les Knights d'Atlanta (14). Pour le restant de sa carrière, il ne joua jamais plus d'une saison complète avec le même club. En fait il ne joua plus jamais pour moins de deux clubs en une seule saison... 
 
Donc vous comprenez le principe, si vous étiez étourdi jusqu'à maintenant vous pouvez allez prendre un verre d'eau avant de continuer votre lecture.

Également à noter que durant l'été 1994, il joua dans la Roller Hockey International avec les Rockin' Rollers du New Jersey. Je me demande toujours si je l'inclus dans le décompte... mais au final je le laisse ici en parenthèse...

En 1995-96, il partagea la saison toujours dans la ECHL avec deux nouveaux clubs, les Chiefs de Johnstown (15) et les Tiger Sharks de Tallahassee (16) et amassa 98 points.

En 1996-97, il fit le saut dans la Central Hockey League (CHL) avec le Thunder de Wichita (17). Malgré qu'il détenait le premier rang des pointeurs de la ligue, le Thunder l'échangea avant la fin de la saison aux Cottonmouths de Columbus (18). Il termina la saison avec 61 buts et 135 points.

Il débuta la saison 1997-98 avec Columbus mais se fit arrêter pour conduite en état d'ébriété ayant causé un accident de la route le 22 novembre 1997. Il fut suspendu par l'équipe et éventuellement libéré. Il joignit donc les rangs des Gila Monsters de Tucson (19) en Arizona dans la West Coast Hockey League (WCHL). Il n'y joua toutefois que 23 matchs avant de terminer la saison avec un 3e club dans une 3e ligue, les Generals de Flint (20) dans la United Hockey League (UHL). Les Generals se rendirent jusqu'en finale mais perdirent en 7 matchs contre Quad City. 
 



Jobe fit ensuite un retour dans la ECHL avec le Kingfish de Baton Rouge (21) pour la saison 1998-99. Il quitta toutefois abruptement l'équipe au début du mois de janvier 1999 pour faire un retour surprise en Slovénie avec le même club avec qui il avait passé la saison 1993-94, le Ljubljana Olimpija. Attendant vainement son possible retour, le Kingfish dut suspendre Jobe indéfiniment. Ce furent ses derniers matchs dans la ECHL et il était le meneur de l'histoire de cette ligue pour les buts (324) et les points (634). Étonnemment (ou pas), il ne termina pas la saison 98-99 en Slovénie, préférant revenir en Amérique après seulement 4 matchs. Il devint alors membre des Rattlers d'Amarillo (22) dans la Western Professionnal Hockey League (WPHL) mais n'y joua que 3 matchs, 1 de moins qu'en Slovénie, et termina la saison avec un 4e club, les Warthogs d'Alexandria (23) toujours dans la WPHL.

Saison semi-stable en 1999-2000 où il fit un retour dans la UHL avec le Speed de Knoxville (24) mais fut échangé à la mi-saison aux IceHawks d'Adirondack (25). Il mena tout de même la ligue pour les buts avec 61 et termina deuxième pointeur derrière Brent Gretzky avec 122 points.

Vint ensuite une autre saison chaotique en 2000-2001. Encore là si vous êtes essoufflés vous pouvez aller prendre l'air. Il débuta la saison de nouveau dans la UHL mais avec une nouvelle équipe, les Jackals d'Elmira (26). Il fut toutefois suspendu et libéré par l'équipe au début du mois de décembre, apparemment pour une altercation avec le président de la UHL, Mitch Lamoureux. Après son renvoi des Jackals, il signa avec les Prowlers de Mohawk Valley (27) mais fut libéré après seulement 2 matchs. Il avait quand même obtenu 2 buts et 1 passe lors de ces deux matchs, ce qui nous prouve à quel point ce type devait être indésirable. Ou bien peut-être que le président de la ligue s'arrangea pour qu'il parte...
 
Quoi qu'il en soit, il joignit alors une autre équipe, sa troisième dans le même mois(!) à la fin du mois de décembre 2000, les Bandits de Border City (28) dans la CHL. La nouvelle équipe de Border City (située à Texarkana en Arkansas) en était alors à sa première saison d'existence mais dut fermer boutique d'urgence à la mi-saison, soit en février 2001. Note à moi-même, me renseigner davantage sur cette équipe... Jobe termina donc la saison en effectuant un retour avec le Thunder de Wichita où il avait joué en 1996-97.

Cependant lors de sa première pratique de retour à Wichita, il aurait été arrêté par les autorités locales pour avoir raté une comparition au tribunal lors d'une autre arrestation pour ivresse au volant lorsqu'il jouait à Wichita en 1997. Il fut condamné à 180 jours de pénitencier avec permission de sortie pour les pratiques et les matchs du Thunder...

À sa sortie de prison, il se devait de trouver un autre poste pour la saison 2001-02. Il opta donc de revenir dans la WCHL mais s'éloigna alors du sud profond pour plutôt mettre le cap sur l'Alaska avec les Aces d'Anchorage (29). Après seulement 13 matchs en Alaska, il alla terminer la saison en 3ème division allemande avec le club ERC Selb (30). Il y débuta ensuite la saison 2002-03 avant de passer dans un autre club de cette division, le ERC Habfurt (31).

Jobe revint en amérique en 2003-04, cette fois dans l'ancienne incarnation de la LNAH, la Ligue de hockey semi-professionnelle du Québec (LHSPQ) avec le St-Francois de Sherbrooke (32). Après 21 matchs à Sherbrooke, il fut échangé aux Dragons de Verdun (33). Lors de son échange, l'entraineur du St-François déclara «Ce n'est pas son talent qui a sorti Trevor de Sherbrooke, mais son éthique de travail. Le hockey, ça se joue dans les deux sens et son implication défensive était mal vue au sein de l'équipe...» Comme quoi les vieilles habitudes ne se perdent pas facilement.
 
Après une douzaine de matchs à Verdun, il passa à déjà une 3e équipe dans cette ligue et durant cette saison lorsqu'il fut troqué au Garaga de St-George-de-Beauce (34) pour clore la saison. 

Le Quotidien - 27 octobre 2004


La saison suivante, il accrocha ses patins et fut nommé comme entraineur du défunt Fjord du Saguenay (35). Cependant le Fjord était en déroute financière et manquait cruellement de joueurs, ce qui fait que Jobe rechaussa les patins pour 11 matchs. L'équipe dut toutefois fermer boutique au mois de décembre 2004 et les joueurs furent dispersés. Jobe décida alors de continuer à jouer et il signa alors avec le Cousin de St-Hyacinthe (36) mais se fit libérer après seulement 1 match. Durant l'incertitude concernant l'avenir du Fjord, Jobe s'était aussi aligné dans la Ligue Senior du Nord-est du Québec avec le club Excavation Savard (37) durant un court séjour de 9 matchs. Je compte quand même cette équipe même si j'ignore s'il empocha un salaire... 
 
Finalement, histoire de compléter sa carrière de façon appropriée, il signa avec un 4e club en 2004-05, les Polar Twins de Winston-Salem (38) dans la Southern Professionnal Hockey League (SPHL). Il y termina ainsi sa carrière professionnelle avec 20 points en 17 matchs.
 
Difficile de savoir ce qu'il est advenu de lui suite à sa retraite mais il habiterait de nos jours en Alaska et occupait temporairement en 2014-15 le titre de recruteur pour les Warriors de Moose Jaw.

En additionnant toutes ses statistiques professionnelles (et semi-pro) à travers toutes les ligues où il a joué (AHL, CHL, ECHL, Allemagne3, IHL, LNAH, Slovénie, SPHL, UHL, WCHL et WPHL), sa fiche en carrière fut de 751 buts et 727 passes pour 1478 points en environ 890 matchs, ses totaux de Slovénie étant incomplet. Je n'inclus pas ici le roller hockey. Il n'aura remporté qu'un seul championnat durant sa carrière et ce en 2003 en 3e division allemande. Il demeure toujours au 4e rang des pointeurs de l'histoire de la ECHL, là où il joua le plus longtemps.
 
Il n'existe que très peu d'informations à son sujet, sa page wikipedia étant d'ailleurs truffée de liens qui n'existent plus donc il se pourrait que certaines informations soient erronées. La seule constante que j'ai pu trouver sur certains sites et forums est qu'il était un joueur avec un talent inouï mais qui souffrait de paresse, d'un manque de sérieux à l'entrainement et de manque de préparation physique. Mais le principal défaut et problème qu'il aura eu sur son chemin était l'alcool. Un problème qui serait même apparu au niveau junior, ce qui explique en partie ses nombreux déplacements dès ce jeune âge. Cet abus lui causa non seulement un poste possible dans la LNH car il avait le talent pour s'y rendre, mais aussi cette incapacité chronique à rester en place dans les mineures ou ailleurs, où plusieurs clubs s'en seraient facilement débarassé au plus vite malgré qu'il pouvait contribuer offensivement. On dit également que non seulement il était un ivrogne mais qu'il eut plusieurs épisodes de bagarres avec ses coéquipiers et autres épisodes dans les bars où il avait tendance à se sauver sans payer.

Mais bref, il mérite tout de même sa place dans cette série. Comme je disais, je crois qu'il s'agit probablement du record pour le nombre d'équipes. C'est difficile à prouver alors qu'il n'existe pas vraiment de sites qui compilent véritablement ce genre d'information et chacun a des barèmes différents. Moi au final j'arrive à 38 (39 incluant le roller hockey et le senior profond) et c'est environ le même consensus que j'ai trouvé ailleurs. Du moins jusqu'à maintenant il est mon recordman. Le seul autre de ma série qui s'en approchait était David Ling avec 27 équipes...
 
 
Mais j'ai tout de même d'autres pistes alors on ne sait jamais mais ce sera difficile à battre.

À suivre...


mercredi 30 décembre 2020

Les grands voyageurs #1: David Ling


 
 
Voici aujourd'hui le premier tome d'une nouvelle série sur ce blog, soit sur ces joueurs qu'on qualifie de vagabonds, nomades ou globe-trotters mais surtout passionnés et résilients. On surnomme souvent ces joueurs des ''journeymen'' et on les retrouve à tous les niveaux du hockey professionnel. C'est un sujet qui me fascine et j'ai déjà traité de plusieurs de ces messieurs dans le passé par exemple avec Grigori Panteleev, Mike Sillinger, Gary ''Suitcase'' Smith , les jumeaux Ferraro ou même Brent Gretzky.

Mais aujourd'hui je crois que le choix n'était que trop évident de consacrer ce premier tome à nul autre que le légendaire David Ling.


David Gregory Ling est né à Halifax le 9 janvier 1975 mais sa famille déménagea à l'Île-du-Prince-Édouard quand il était enfant. Il commença ainsi son stage junior un peu loin des radars dans la Ligue Junior A des Maritimes à Charlottetown, où il domina dès l'âge de 15 ans avec une saison de 33 buts, 75 points et 270 minutes de pénalité en seulement 30 matchs. Il gradua ensuite dans la OHL en 1992-93 avec les Frontenacs de Kingston et connut une bonne première saison avec 63 points en 64 matchs. Il figurait également au 3e rang de la ligue avec ses 275 minutes de pénalité.

Frontenacs de Kingston (OHL)
(1992-95)

Ling était un joueur qualifié de ''dirty'' ou ''salaud'' si vous préférez. Il était très combatif et versatile dans le sens qu'il marquait autant avec ses points qu'avec ses poings. Il était cependant loin d'être un prospect garanti pour la LNH par sa petite taille à 5'-9''. Les Nordiques en firent toutefois un choix tardif de 7e ronde (179e au total) au repêchage de 1993. Il enchaîna ensuite deux autres excellentes saisons junior avec les Frontenacs, dont sa dernière en 94-95 où il mena la OHL avec 61 buts. Il termina également 3e pour les points avec 135. Il se mérita ainsi le trophée ''Red Tilson'' remis au MVP de la OHL ainsi que le titre du joueur de l'année dans le hockey junior canadien.

Ces accolades au junior ne firent toutefois pas monter sa cote dans la LNH. Il débuta ensuite son parcours professionnel, mais pas dans l'organisation des Nordiques, étant plutôt échangé aux Flames de Calgary en retour d'un choix de 9e ronde en juillet 1995. Il s'agissait de la première transaction de l'Avalanche après son déménagement de Québec. 

Il passa une saison complète dans l'organisation des Flames mais joua plutôt près de sa patrie, avec les Flames de Saint-John (Nouveau-Brunswick) dans la AHL. Il fut ensuite échangé de nouveau, soit en octobre 1996 aux Canadiens de Montréal en retour de Scott Fraser..

Canadiens de Montréal/Fredericton
(1996-98)


Il passa ensuite deux saisons dans l'organisation montréalaise, mais la plupart du temps à Fredericton (encore près de sa terre natale). Il disputa quand même ses premiers matchs dans la LNH avec le CH mais il ne joua au final que 3 matchs en deux saisons avec le grand club, sans récolter de point. 

Malgré qu'il faisait bien dans la Ligue américaine (66 points en 67 matchs), les Canadiens l'échangèrent aux Blackhawks en mars 1998 en retour de Martin Gendron. Il ne parvint pas non plus à faire le line-up des Blackhawks, alors qu'il passa le restant de la saison dans la IHL, où il joua les trois saisons suivantes, passant des Blackhawks à l'organisation des Stars de Dallas en 2000-01.

Incapable de se rendre à la LNH durant cette ère de trappe et d'obstruction où les petits joueurs ne faisaient pas long feu, Ling ne pensait plus retourner dans la LNH. Il eut cependant un petit coup de pouce de ses contacts en 2001-02 lorsqu'il fut invité à se joindre au Crunch de Syracuse, le club-école des Blue Jackets, alors à leur deuxième année d'existence. 

Aux commandes du Crunch se trouvait son ancien coach à Kingston, Gary Agnew, tandis que le DG et l'assistant-coach des Blue Jackets étaient des compatriotes de l'I-P-É, soient Doug MacLean et Gerard Gallant. 

Il eut dont probablement droit à un peu de pushing et de favoritisme régional, mais Ling parvint à se faire une petite niche dans l'organisation pendant trois saisons où il fit la navette entre la AHL et la LNH. Il joua d'abord 5 matchs en 2001-02 avec les Blue Jackets sans récolter de point. Ensuite il marqua finalement son premier but en 2002-03 avec une fiche de 3-2-5 en 35 matchs ainsi que 86 minutes de pénalité. Il était également capitaine du Crunch durant cette même saison. Ces 5 points furent toutefois sa meilleure récolte dans la LNH. Son rôle dans la LNH demeurait celui d'un pugiliste tandis qu'il était un marqueur et un leader dans l'AHL. Il put toutefois disputer la majorité du calendrier 2003-04 avec les Blue Jackets où il joua 50 matchs (fiche de 1-2-3 et 98 minutes de punition.)

Capitaine et marqueur à Syracuse (AHL)
(2001-04)

Pugiliste dans la LNH à Columbus (LNH)
(2001-04)


Son contrat échu avec les Blue Jackets, Ling signa avec les Maple Leafs pour la saison 2004-05 mais comme la saison fut annulée, il retourna dans la AHL, cette fois à St.John's (Terre-Neuve). Il ne manquait alors que la Nouvelle-Écosse pour compléter son parcours dans toutes les provinces maritimes. Il mena St.John's pour les points avec 88 en 2004-05. Il ne le savait pas encore mais cette saison marqua le véritable début de sa légende de joueur nomade. Il débuta en effet avec les Maple Leafs un long parcours que je vais essayer de résumer le plus brièvement possible tout en gardant quelques éléments croustillants au travers.


Dynamo de Moscou (Superligue)
(2006-07)

 

Comme il n'y avait pas de place pour lui à Toronto à la reprise des activités de la LNH, il quitta donc pour la Superligue de Russie en 2005-06 avec le Spartak de Moscou. En fait, il devait s'aligner avec le Dynamo de la même ville mais ces derniers refusèrent de lui faire signer un contrat avant qu'il ne fasse d'abord un essai de quelques matchs sans salaire. Le Spartak, avec l'aide de son ancien coéquipier Tyler Moss, allèrent donc le voler au Dynamo avec une vraie offre en argent cash...

Il alla cependant rejoindre le Dynamo en 2006-07 et y joua un an. Il revint toutefois au Canada pour être plus près de son père malade l'année suivante et s'aligna donc à nouveau dans l'organisation des Maple Leafs, cette fois avec les Marlies de Toronto dans l'AHL. Il mena d'ailleurs les Marlies pour les points cette année-là. Ses ambitions de retourner dans la LNH étaient toutefois bien derrière lui et il repartit de plus belle en Europe en 2008-09, d'abord en Suisse avec le EHC Biel, et ensuite en Finlande avec le Jokerit d'Helsinki.

Il retourna en Russie pour la saison 2009-10, dans la nouvelle KHL, cette fois avec le Amur Khabarovsk. Il y débuta également la saison suivante, mais quitta la Russie pour toujours avec un autre retour dans la AHL avec les Bruins de Providence pour terminer la saison.

Maple Leafs de St. John's (AHL)
2004-05


 
Blades de Kansas City (IHL)
(1998-2000)

Jokerit d'Helsinki (SM-Liiga)
(2008-09)

Bruins de Providence (AHL)
(2010-11)


 

Il opta ensuite de jouer en Italie avec le HC Val Pusteria, où il joua un an et remporta le championnat d'Italie.

Ensuite, histoire de ne pas s'éterniser trop longtemps dans le même pays plus d'une saison, il fit le saut dans la ligue britannique avec les Panthers de Nottingham. Si vous suivez le compte depuis le début vous vous rendez peut-être compte qu'en plus d'amasser les équipes, Ling avançait également en âge. Il était alors en 2012-13 âgé de 37 ans, et les Panthers lui offraient la chance de jouer tout en lui donnant l'opportunité de préparer son après-carrière. Il décida alors de compléter son MBA (Diplôme en administration des affaires) à l'Université. Fidèle à son habitude, Ling mena les Panthers et la ligue britannique avec 34 buts, 55 passes et 89 points en 52 matchs.

Panthers de Nottingham (EIHL)
(2012-13, 2015-16)



Il devint ainsi un joueur culte à Nottingham où en plus de mener la ligue, il mena les Panthers au championnat de la ligue et fut nommé joueur de l'année. Il devint également une certaine sensation virale, alors qu'un vidéo de lui en train de faire semblant de faire du ski nautique derrière une zamboni circula beaucoup sur les réseaux sociaux...



Bon, j'espère que vous avez pris un petit break avec cet interlude rigolo au Royaume-Uni, parce que ce n'est pas vraiment terminé pour David Ling. Avec son diplôme en poche, Ling se retira du hockey professionnel et retourna en 2013 dans les maritimes travailler pour la commission des alcools de l'I-P-É. tout en jouant toujours au niveau senior, avec les Cee Bee Stars de Eastlink à Terre-Neuve...

Il ne sembla pas garder cet emploi très longtemps puisqu'il termina la saison 2013-14 avec un retour en Italie avec le HC Val Pusteria, son club de 2011-12...

Après une autre courte retraite au début de la saison 2014-15, survint l'appel de la ECHL. En manque de joueurs à la mi-saison, le Beast de Brampton signa Ling pour terminer la saison. Alors âgé de 40 ans, Ling fit très bien contre des joueurs âgés de la moitié de son âge, alors qu'il récolta 9 buts et 41 points en 46 matchs. C'est alors que l'on vit apparaître ce qui est selon moi un des meilleurs surnoms de l'histoire du hockey alors que Ling fut surnommé ''Linger''. Librement traduit, le verbe «to linger» signifie ''qui s'éternise'' ou bien ''qui résiste ou s'oppose à disparaître ou se terminer''

HC Val Pusteria (Serie A - Italie)
(2011-12, 2014)



C'est aussi en 2014-15 que Linger cimenta à jamais sa légende dans les ligues mineures, alors qu'il effectua le tour de maître de disputer 5 matchs en 5 soirs. 

Également en manque de joueurs lors d'un voyage sur la route, les Barons d'Oklahoma City de l'AHL firent appel à Ling pour quelques matchs en mars 2015. En bon coéquipier, il ne voulait cependant pas laisser le Beast au dépourvu mais ne voulait aussi pas laisser passer la chance de retourner dans la AHL à l'âge vénérable de 40 ans... Il s'arrangea donc pour planifier tout un road trip. 

Il joua d'abord le mercredi soir avec les Barons contre les Marlies à Toronto. Comme Brampton n'est pas trop loin de la ville reine, il revint à temps pour le match du lendemain du Beast contre le Rush de Rapid City. Il joua ensuite le vendredi de retour dans la AHL alors que les Barons jouaient à Utica dans l'état de New York, et ensuite le samedi soir contre les Flames d'Adirondack. Il fit ensuite le trajet du retour (en voiture je vous le rappelle) où il fit une escale à Syracuse pour dormir et arriver à temps pour le match du dimanche après-midi à Brampton encore contre le Rush de Rapid City...

Évidemment, vous vous doutez que tout ce mouvement et cette vie de nomade ne devaient pas être idéal pour la vie de familiale et personnelle de Linger... En juillet 2015, il fut arrêté en Floride pour un épisode de violence domestique et de désordre public dans un hôtel de Miami. Il fut libéré le lendemain et les accusations furent plus tard retirées par la plaignante. Ling a d'ailleurs plusieurs ex-épouses et sa vie de hockeyeur nomade semble être la cause de plusieurs de ses divorces.

Petits déboires à Miami (2015)

Après cette saison mouvementée de 2014-15, les Panthers de Nottingham voulaient ravoir leur ancien joueur vedette. Il revint donc en Angleterre pour 2015-16, mais quitta l'équipe à la mi-saison, désirant se rapprocher de ses fils en Ontario. Il termina donc la saison en effectuant un retour avec le Beast. L'équipe venait à ce moment de commencer son affiliation comme 2e club-école du Canadien. Donc 20 ans après ses premiers matchs dans la LNH à Montréal, Ling retrouva un logo du CH sur son uniforme... Toujours efficace, il obtint 42 points à Nottingham et 17 points en 26 matchs à Brampton en 2015-16.

La saison suivante, le Beast n'avait plus de place pour Linger alors qu'il y a un nombre limite de joueurs vétérans à respecter dans la ECHL. Ling croyait alors que son parcours professionnel était finalement terminé et s'établit donc à Hamilton, lui qui ne voulait plus jouer outre-mer ou même loin de la région de Toronto ou du nord-est américain. Il n'avait toutefois pas dit adieu au hockey et joua quelques matchs au niveau senior avec les Generals de Stoney Creek au début de la saison 2016-17. Cependant, surprise! Le Beast avait encore besoin de joueurs à la mi-décembre... Ling termina de nouveau la saison à Brampton avec une fiche de 9-11-20 en 39 matchs.

En 2017-18, Ling était désormais habitué au refrain et avait cessé de déclarer à sa famille et ses amis qu'il avait terminé de jouer. Après quelques semaines au niveau senior avec les Steelhawks d'Hamilton dans la ligue de la Allan Cup, «v'la ti pas» le Beast qui rapplique et rappelle Ling à la mi-saison. Ling déclara aux journalistes que c'est par respect pour le Beast et son entraîneur qu'il revint et qu'il ne jouerait nulle part ailleurs qu'à Brampton. Il déclara également: ''Parfois, je me sens encore comme si j'avais 29 ans...''  

Il joua 12 matchs avec le Beast en 2017-18, récoltant 1 but et 8 points. Il était alors âgé de 43 ans et devint le plus vieux joueur de l'histoire de la ECHL.

Beast de Brampton (ECHL)
(2014-2018
)
 

Quittons alors la carrière de Ling un moment et allons-y avec un petit épisode personnel. Anyway, il doit bien avoir fini à moment donné non? Nous sommes alors en 2018-19 et Ling semble effectivement absent des statistiques de EliteProspects ou hockeydb. De mon côté, je scrute davantage à ce moment les Marquis de Jonquière dans la LNAH, seule équipe intéressante (avec les Sags) que je peux voir à proximité de ma ville à Alma. Mais bref, dans un communiqué publié sur Facebook, «re-v'la-ti-pas» que les Marquis font signer en novembre 2018 un contrat à nul autre que motherfucking David ''Linger'' Ling...  Holy shit. 

Les Marquis voulaient profiter de la dernière journée de signature de joueurs autonomes dans la LNAH pour apporter des renforts à l'équipe. 

Petite parenthèse ici alors qu'au même moment de cette signature, il y avait en coulisses la situation de l'éphémère équipe américaine des Blackjacks de Berlin (au New Hampshire) qui préoccupait la LNAH et ses fans. Après seulement 10 pénibles matchs au début de la saison 2018-19, l'équipe des Blackjacks fut abandonnée par ses propriétaires par manque de soutien et de fonds et la LNAH prit alors contrôle de la franchise. Plutôt que de dissoudre l'équipe et disperser les joueurs, la LNAH opéra l'équipe le temps de trouver un nouveau propriétaire, un nouveau commanditaire et surtout une nouvelle ville. Les Blackjacks devinrent donc pendant quelques semaines le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' et opérèrent comme équipe itinérante, jouant à ''domicile'' dans l’amphithéâtre des autres équipes...

Inutile de vous dire que je jubilais. Non seulement j'allais avoir la chance de voir et payer mes hommages à un Linger de 43 ans (et bientôt 44 à ce moment) dans l'uniforme vert des Marquis, mais en plus j'aurais la chance de réaliser un rêve de geek de voir un match d'une équipe itinérante! C'était le rêve. Moi qui suis fasciné par ce rare phénomène des équipes qui n'ont pas pu terminer leur saison ou qui jouent exclusivement sur la route... J'allais avoir ma chance lors de ce match du samedi 1er décembre 2018 alors que David Ling et les Marquis étaient en ville (dans leur propre ville mais comme visiteurs) pour affronter le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' au Palais des Sports de Jonquière.

Malheureusement, je ne me rappelle plus vraiment pourquoi mais je n'ai pas pu assister à ce match. Je pense me souvenir qu'on recevait de la visite à la maison ce soir-là, donc je ne pouvais pas y aller. Mais je me disais que j'allais pouvoir me reprendre dans les semaines suivantes alors que la situation des Blackjacks était encore floue. Sinon je pouvais quand même me rabattre avec un autre match de Ling contre une autre équipe, j'aurais quand même été heureux. 

Encore ici, malheureusement non. Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement mais le séjour de Linger à Jonquière n'aura pas porté fruit et n'aura duré que seulement deux matchs, où il ne récolta aucun point et aucune minute de pénalité en plus de terminer à -2. Son dernier match dans ce circuit aura donc été celui que j'ai raté contre les ex-Blackjacks itinérants. Ce rendez-vous manqué avec le destin demeure à ce jour une profonde source de honte pour moi...

Pour ajouter à l'injure pour moi qui adore mettre des photos dans ces articles, je n'ai même pas réussi à trouver de photos de Linger avec les Marquis...

Il quitta donc Jonquière et retourna à Hamilton. Je n'ai jamais trouvé de communiqué de l'équipe ou même un seul tweet explicatif de la part de Ling... Et quelques semaines plus tard, le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' s'installa à St-Jérôme et se rebaptisa une troisième fois durant la saison, devenant les Pétroliers du Nord de St-Jérôme et tout le monde tourna la page... sauf moi et mes rêves de geek de hockey brisés à tout jamais...

Steelhawks d'Hamilton (ACH)
(2017-2020)

 
Pour sa part et bien pensez-vous que Linger en avait fini du hockey? Et bien non. Il termina la saison de nouveau au niveau senior en faisant un retour avec les Steelhawks d'Hamilton. Il fut même le joueur qui récolta le plus de minutes de pénalité dans cette ligue en 2018-19. 

Il y joua encore tout récemment en 2019-20 où il récolta 6 buts, 18 passes et 24 points en 14 matchs. J'ignore si leur saison dut être annulée à cause de la pandémie mais je crois que même la Covid ou une météorite destructrice ne pourront arrêter David Ling de jouer... Il doit certainement s'être construit une patinoire dans sa cour et doit même y jouer en ce moment-même.

En fait, je crois savoir pourquoi il a quitté les Marquis puisque il est depuis 2018 à l'emploi de IG Wealth Financial comme planificateur financier pour la région d'Hamilton. C'est donc probablement terminé les longs voyages en autobus pour Linger.

Quoique...



Au final, David Ling aura joué professionnellement (ou semi-professionnellement) pendant 23 ans soit depuis sa première saison dans la AHL en 1995-96 jusqu'à sa fin de parcours en décembre 2018 avec les Marquis. Si on inclut ses années et équipes junior en plus de ses équipes outre-mer, semi-pro et senior, on arrondit à 29 ans et il aura porté en tout l'uniforme de 27 équipes au sein de 16 ligues différentes...

Il demeure le dernier joueur repêché par les Nordiques à avoir joué professionnellement. Il m'est difficile de vérifier, mais je crois également qu'il est aussi le dernier joueur actif à avoir joué dans la IHL.

Sa fiche dans la LNH fut de 4 buts et 4 passes pour 8 points en 93 matchs et 191 minutes de pénalité.
Sa fiche combinée dans les mineures et en Europe fut de 385 buts, 732 passes pour 1117 points et 2710 minutes de pénalité.

Son numéro 17 fut retiré par les Frontenacs de Kingston.



Sources:
David Ling trades skates for suits, Habs eyes on the price, 24 avril 2020
David Ling: “Have Skates, Will Travel”, PEI Pucks
No One Loves Hockey Quite Like ECHL's Eldest Statesman David Ling, VICE, 20 avril 2017
Former Frontenac Ling arrested in Florida, The Kingston Whig Standard, 29 juillet 2015
Court in U.S. drops charges against P.E.I. hockey player, The Guardian, 29 septembre 2015
David Ling signe avec les Marquis,
Le Quotidien, 16 novembre 2018
Beast forward Ling,40, plays five games in as many days, Brampton Guardian, 31 mars 2015

samedi 3 octobre 2020

Brent Gretzky


 

On dirait que c'est devenu la plus populaire des questions triviales de hockey. Je la vois passer tellement souvent que c'en est devenu lassant... Quels sont les frères qui détiennent le record pour le plus de points dans l'histoire de la LNH? 

La plupart des vrais connaisseurs croient savoir la réponse, soit les frères Wayne et Brent Gretzky avec 2861 points soit 2857 pour Wayne et un incroyable 4 points pour le plus jeune Brent qui se retrouve ainsi comme le ''punchline'' de cette question. Cependant j'ai toujours trouvé ce record un peu stupide et surtout ambigu dans sa formulation. Wayne et Brent détiennent effectivement le record pour DEUX frères mais justement pourquoi doit-on s'arrêter à seulement deux? Une famille de trois frères ne compte pas? Cette question est d'ailleurs souvent mal posée. Elle devrait être formulée ''Quel duo de frères détient...'' et non pas ''Quels frères détiennent le record...'' comme j'ai pu voir souvent.


Jamais vu Wayne aussi relax... On voit que l'autre avait moins l'habitude des caméras...

 

Histoire d'en finir une fois pour toutes, les véritables détenteurs du record de points pour des frères sont les légendaires frères Sutter. Oui ils étaient six et ce nombre les avantage, mais c'est tout de même la vérité. Les frères Brent (829 points), Brian (636), Duane (342), Darryl (279) ainsi que les jumeaux Rich (315) et Ron (533) sont les meneurs pour les points pour une portée de frères avec un total de 2934 points. Les trois frères Stastny des Nordiques sont ensuite loin en 3e place derrière les Gretzky avec 2169 points et les jumeaux Sedin à 2111 points. Mais selon moi, les deux meilleurs frères tout court dans l'histoire de la LNH furent les frères Henri et Maurice Richard, qui terminèrent peu derrière les Sedin à 2012 points.  Toutefois, on jouait souvent moins de matchs dans le temps de Maurice... Et combien de Coupes Stanley ont-ils remporté déjà?

Si statistiquement on va plus large et qu'on ajoute ensuite les totaux des descendants Sutter, on saute le 3000 points avec Brandon (fils de Brent) qui a 277 points et Brett (fils de Darryl) avec 10 points. Il y eut un autre rejeton Sutter qui s'est rendu à la LNH soit Brody Sutter, fils de Duane, mais il n'obtint aucun point en 12 matchs dans le grand circuit. Ce n'est que tout récemment que les Sutter devinrent la famille avec le plus de points, lorsque Brandon obtint le 3216e point de la famille Sutter en février dernier avec les Canucks. Les Sutter dépassèrent alors la famille Hull (Bobby, Dennis et Brett) qui détenaient le record de 3215 points depuis la retraite de Brett Hull en 2005... La famille Stastny est encore une fois 3e ici avec 2911 points en incluant les totaux des fils de Peter soit Paul et Yan Stastny. Les Gretzky suivent en 4e place devant les Howe (Gordie, ses fils Marty et Mark et aussi son frère peu connu Vic) au 5e rang avec 2630 points...

 


 

Bref j'ai toujours trouvé ce ''record'' de Wayne et Brent Gretzky un peu idiot et ce pauvre Brent est injustement ''the butt of the joke'' dans cette histoire. Oui, son frère est le meilleur joueur de l'histoire et lui n'a pour sa part récolté que 4 points dans la LNH. Mais c'est quand même 4 points de plus que moi... Cependant, si Brent n'avait évidemment pas le même talent que son illustre frère, on peut tout de même dire qu'il avait la même passion pour le hockey et qu'il joua presque aussi longtemps que Wayne et ce, dans toutes les sortes de ligues possibles...

Né le 20 février 1972 à Brantford en Ontario, Brent Gretzky est le plus jeune des cinq enfants de Walter Gretzky. Comme Wayne était le plus vieux, il n'a que très peu connu son plus jeune frère dans sa jeunesse, alors qu'il quitta la maison familiale à 14 ans alors que Brent n'en avait que 3. Comme Wayne avant lui, Brent apprit les rudiments du hockey de son père Walter et évolua ensuite dans le hockey mineur de la région de Brantford, voulant évidemment suivre les traces de son frère Wayne mais aussi de son autre frère Keith, qui fut repêché par les Sabres en 1985 mais qui ne joua jamais dans la LNH.

Durant ce temps, son frère réécrivait le livre des records de la LNH et remportait des Coupes Stanley. C'est même Brent qu'on peut voir ici sauter dans les bras de son frère durant les célébrations de la première coupe des Oilers en 1984.

 



Les frères Gretzky, Keith, Brent et l'autre frère Glenn qui ne joua jamais professionnellement.

 

Brent gradua ensuite dans le junior avec les Bulls de Belleville, où il joua 3 ans et récolta 250 points en 194 matchs. Sa meilleure saison fut sa dernière à 20 ans en 1991-92 où il obtint 43 buts et 78 passes pour 121 points, bon pour le 6e rang des pointeurs de la ligue. Cette bonne récolte incita le Lightning de Tampa Bay à le sélectionner en 3e ronde (49e au total) au repêchage de 1992. Il débuta ensuite son parcours professionnel avec le club-école du Lightning, les Knights d'Atlanta dans la IHL. Il connut une première saison correcte en 1992-93, mais sans vraiment épater la galerie avec 20 buts et 34 passes pour 54 points en 77 matchs avec les Knights.

Il parvint toutefois à faire l'équipe du Lightning au début de la saison 1993-94, soit la deuxième de l'histoire de la jeune équipe. Il fut retourné dans les mineures après son premier match en début de saison, mais revint quelques jours plus tard. À seulement son deuxième match en carrière, le jeune Brent joua son premier match contre son célèbre frère lors du match du 20 octobre 1993 lorsque le Lightning reçut la visite des Kings de Los Angeles. Brent portait alors le numéro 49. On pourrait croire avec un numéro qui terminait par 9 qu'il s'agissait d'une référence évidente à son frère, mais il s'agissait en fait simplement de son numéro de sélection au repêchage. 

Également joueur de centre, Brent fut employé face à Wayne à 5 occasions et n'en remporta qu'une. Il croit d'ailleurs à ce jour que Wayne le laissa gagner. Wayne connut une soirée de routine avec 1 but et 2 passes tandis que Brent ne récolta aucun point. Brent déclara aux journalistes que malgré que son frère et lui aient appris les mêmes choses dans le même environnement, Wayne était d'un autre niveau totalement.

 

  

 

L'entraîneur des Kings, Barry Melrose, déclara qu'il était difficile de trouver ses similarités entre les deux joueurs, à l'exception peut-être de leurs visages familiers, mais aussi qu'il était impossible de comparer Wayne avec n'importe quel autre joueur.

Mais bref, Brent joua ensuite quelques matchs de plus avec le Lightning les semaines suivantes, récoltant son premier point le 29 octobre et marquant son premier but le 1er novembre contre Stéphane Fiset des Nordiques. Il fut cependant retourné dans les mineures à la mi-novembre avec une fiche de 1 but et 2 passes en 10 matchs. On peut facilement croire que la sélection de Brent au repêchage et son rappel pour jouer contre Wayne et les Kings n'étaient que des coups publicitaires de la part de l'équipe, elle qui avait auparavant fait de même avec Manon Rhéaume lors d'un match pré-saison. Cette dernière joua d'ailleurs quelques matchs avec Brent à Atlanta en 1992-93. Car oui, Brent n'avait pas assez de talent pour la LNH et il était d'ailleurs un joueur moyen dans la IHL.

Il termina la saison 93-94 avec les Knights, remportant le championnat de la Coupe Turner avec eux avec une fiche de 40 points en 54 matchs et seulement 2 points en 14 matchs des séries. Il joua ensuite une autre saison avec les Knights, récoltant 51 points en 67 matchs, en plus d'être rappelé pour ses 3 derniers matchs en carrière dans la LNH, où il récolta le dernier de ses quatre points lors d'un match en mars 1995 contre les Capitals.

Il réalisa ensuite un rêve familial que même son frère n'a pu effectuer lorsqu'il signa un contrat avec les Maple Leafs, qui l'invitèrent au camp d'entraînement de la saison 1995-96. Pour l'occasion, Gretzky porta alors le numéro 69...

 

Les Leafs avaient cependant peu de place au centre et l'envoyèrent à St.John's dans la Ligue américaine, où il connut des statistiques similaires que dans la IHL avec 41 points en 61 matchs. Après cette seule saison dans l'organisation des Leafs, Brent débuta un long parcours nomade, faisant foi de son dévouement pour son sport malgré l'ombre impérissable de son frère qui le suivit partout. Vous imaginez le nombre de fois qu'il a du entendre ''C'est le frère de Wayne Gretzky'' durant sa vie? Imaginez lorsqu'on lui mentionne ce stupide record de points...

Il retourna dans la IHL en 1996-97 avec le Thunder de Las Vegas mais passa plus tard aux Rafales de Québec, où il ne joua qu'un seul match avant d'être recalé dans la ECHL avec les Ice Pilots de Pensacola.  Il joua ensuite une saison en Autriche avec le club du Graz EC où il obtint 62 points en 37 matchs.  Toutefois, le hockey européen ne semblait pas lui convenir, alors qu'il revint en Amérique du nord l'année suivante.

Il partagea ensuite la saison 1998-99 dans trois équipes et trois ligues avec les Bears de Hershey dans la AHL, les Wolves de Chicago dans la IHL et le Smoke de Asheville (tout un nom ça) dans l'obscure United Hockey League (UHL). Je me dois d'ailleurs de parler davantage de cette UHL éventuellement, cette ligue qui reprit la mission originale de la IHL de n'occuper que des petits marchés du midwest... (voir texte du 28 janvier 2016). Brent sembla retrouver ses talents de ''Gretzky'' dans cette UHL avec une fiche de 70 points en seulement 32 matchs. Il fit la même chose en 1999-2000 avec 36 buts et 92 passes pour 128 points en 72 matchs à Asheville. On voit également qu'il était davantage un passeur comme ses frères. 


 

C'est dans la UHL que Brent joua le plus longtemps soit de 1999 à 2006, au sein de plusieurs équipes dont le Smoke de Asheville, les Borders Cats de Port Huron, les Komets de Fort Wayne, les Beacons de Port Huron (pas la même équipe que les Border Cats), les Thrashers de Danbury et finalement les Mechanics de Motor City en 2005-06. 

Durant cette même saison à Motor City (en fait Detroit, Michigan), il partagea le calendrier avec un club senior de la Eastern Ontario Senior Hockey League (EOSHL), les McFarlands de Belleville, tout en préparant son après-carrière à l'académie de police. Il se retira ensuite non-officiellement en 2007, mais revint sur la scène avec le Blast de Brantford dans la ligue senior de la Allan Cup Hockey League. Le 100e anniversaire de ce championnat ultime du hockey senior avait lieu en 2008 et Brantford était à la ville hôtesse. Brent se joignit à l'aventure pour l'occasion et joua deux matchs en saison en vue du tournoi où il récolta 1 buts en 4 matchs et aida le Blast à remporter la mythique coupe Allan. Une bonne manière de mettre fin à une belle carrière pour Brent qui put remporter un championnat devant les siens à Brantford et surtout, devant l'ultime ''hockey dad'', Walter Gretzky.
 

Le Blast de Brantford avec Walter Gretzky au centre et Brent à sa gauche

Les champions de la coupe Allan de 2008, le Blast de Brantford

Le dernier vrai match de l'histoire des trois frères Gretzky.

 

Depuis sa retraite, Brent Gretzky agit toujours à titre d'officier de police dans sa ville natale de Brantford. 

En 13 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 1 but et 3 passes pour 4 points. Sa fiche dans la UHL fut de 203 buts et 412 passes pour 615 points en 458 matchs.


Sources:
Gretzky Gets the Best of His Young Brother, Los Angeles Times, 21 oct. 1993
Wayne Gretzky's Brother May Retire, My Plainview, 4 avril 2002
Top 10 NHL Players Who Lived in the Shadow of Their Brothers, The Hockey Lists, 9 déc. 2019