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mardi 29 mars 2022

Démantèlement d'une équipe championne : Stars de Dallas 1999


 


J'ai parlé dans le passé du démantèlement d'équipes championnes de la coupe Stanley comme les Flames de 1989 ainsi que les dynasties des Oilers et des Islanders. Mais aucune de ces équipes ne m'a jamais autant intrigué que les Stars de Dallas de 1999.

En fait, c'est pas tellement la manière dont ils furent démantelés qui m'intrigue, mais davantage la manière dont un tel groupe de joueurs disparates fut assemblé au départ. Un parfait mélange d'acquisitions coûteuses, de choix au repêchage, de plombiers et de vétérans expérimentés... le tout avec une petite touche «Vintage Bob Gainey»...

À l'aube de la saison 1998-99, les Stars en étaient à leur sixième saison au Texas suite au déménagement du Minnesota en 1993. Ils venaient de récolter leur premier trophée du Président avec une récolte de 109 points en 1997-98, suite à quoi ils s'inclinèrent en finale de conférence contre les Red Wings. La table était donc mise pour les prochaines séries, où les Stars continuèrent sur leur lancée et étaient de retour au sommet avec un deuxième trophée du Président consécutif, avec un record de franchise de 51 victoires. Les Stars connurent ensuite un meilleur dénouement en séries, éliminant d'abord les Oilers, les Blues et ensuite l'Avalanche avant de disposer des Sabres en 6 matchs pour remporter la finale.

En plus de la Coupe et un 2e trophée du Président chez les Stars, Jere Lehtinen remporta un deuxième trophée Selke (le premier l'année précédente) tandis qu'Ed Belfour et Roman Turek se partagèrent le trophée William Jennings pour la meilleure moyenne de buts accordés.

Bob Gainey, ex-coach

Au coeur de cette équipe, nous retrouvions le directeur-général Bob Gainey qui était en place depuis la saison 90-91 au Minnesota comme entraîneur-chef, suite à quoi il occupa également la fonction de DG à partir de janvier 1992. Il décida toutefois d'abandonner le titre d'entraîneur durant la saison 1995-96 afin de passer le flambeau à Ken Hitchcock. Jusque-là, les Stars (et North Stars) étaient plutôt moyens, n'ayant récolté qu'une seule saison de .500 en 93-94. Même la présence en finale surprise des North Stars de 1991 était un coup de chance, alors que le nombre d'équipes à l'époque faisaient en sorte qu'on pouvait se faufiler en séries malgré une fiche déficitaire. Les North Stars de 90-91 avaient alors terminé derniers de leur section avec une fiche de 27-39-14, mais connurent un parcours Cendrillon jusqu'en finale contre les Penguins.

Joe Nieuwendyk

Donc, libéré de ses fonctions d'entraîneur, Gainey se mit au travail comme DG à temps plein. Il eut particulièrement plus d'aisance avec l'arrivée d'un nouveau propriétaire en 1996 qui était prêt à accorder plus de budget envers les joueurs.

J'ai pensé diviser le travail de Gainey en analysant l'équipe championne de 1999 que j'ai divisée en 4 catégories:

1. Les gros coups sur le marché des échanges et des joueurs autonomes:

  • Joe Nieuwendyk (C) des Flames en décembre 1995 en retour de Jarome Iginla et Corey Millen
  • Darryl Sydor (D) obtenu des Kings en février 1996 en retour de Shane Churla et Doug Zmolek
  • Sergei Zubov (D) des Penguins en juin 1996 en retour de Kevin Hatcher. (un vrai vol)
  • Pat Verbeek (AD) comme joueur autonome en juillet 1996
  • Ed Belfour (G) comme joueur autonome en juillet 1997
  • Brett Hull (AD) comme joueur autonome en juillet 1998

2. Un excellent noyau de joueurs repêchés et développés par l'équipe au fil des années:

  • Mike Modano (C) 1er choix au total en 1988
  • Derian Hatcher (D) 8e choix au total en 1990
  • Roman Turek (G) choix de 6e ronde en 1990
  • Richard Matvichuk (D) 8e choix au total en 1991
  • Jere Lehtinen (AD) choix de 4e ronde en 1992
  • Jamie Langenbrunner (AD) choix de 2e ronde en 1993

3. Catégorie spéciale que j'appelle «Les anciens chums de Gainey à Montréal»:

  • Craig Ludwig (D) obtenu des Islanders en juin 1991 contre Tom Kurvers
  • Guy Carbonneau (C), obtenu des Blues en octobre 1995 contre Paul Broten
  • Mike Keane (AD) et Brian Skrudland (C), obtenus ensemble des Rangers en mars 1998 contre Bob Errey et Todd Harvey.

4. Le reste des échanges, signatures mineures et joueurs repêchés:

  • Grant Marshall (AD) joueur autonome en 1995
  • Jonathan Sim (AG) choix de 3e ronde en 1996
  • Brad Lukowich (D) obtenu des Islanders en juin 1996
  • Dave Reid (AG) joueur autonome en 1996-97
  • Shawn Chambers (D) joueur autonome en 1997-98
  • Tony Hrkac (C) obtenu des Predators en juin 1998
  • Blake Sloan (AG) joueur autonome en 1998
  • Brett Severyn (D) joueur autonome en 1998
  • Doug Lidster (D) joueur autonome en 1999
  • Derek Plante (C) obtenu des Sabres en mars 1999
  • Benoit Hogue (AG) obtenu du Lightning en mars 1999


 

C'est donc avec ce groupe particulier que les Stars remportèrent la coupe de 1999, une finale entachée à jamais par le but légal/illégal de Brett Hull en prolongation lors du 6e match. D'ailleurs l'acquisition de Hull semble avoir été l'élément qui manquait aux Stars l'année précédente. 

J'aimais particulièrement ce côté agressif de Gainey sur le marché des joueurs autonomes.
1996: Bam! Pat Verbeek.
1997: Bam! Ed Belfour.
Pas assez?
1998: Bam! Brett Hull.

Difficile de faire mieux.

Alors avec une équipe presque parfaite, les autres changements pour l'édition 1999 furent les acquisitions mineures de vétérans comme Tony Hrkac, Doug Lidster, Benoit Hogue et Derek Plante, ces deux derniers à la date limite des transactions. Hogue faisait toutefois un retour à Dallas alors qu'il y avait joué de 1995-96 à 1997-98. Il avait signé avec le Lightning durant l'été mais Gainey semblait s'ennuyer de la profondeur et du leadership qu'il amenait aux Stars. Il le ramena donc au bercail en retour du défenseur Sergei Gusev.

Cela nous donna tout un mélange intéressant de vétérans... et très peu de jeunesse, le plus jeune étant Jamie Langenbrunner à 23 ans. À cette époque, la LNH n'était véritablement pas une ligue de jeune. On avait définitivement plus tendance à se vieillir qu'à se rajeunir... Par exemple; Dave Reid, acquis en 1996 comme joueur autonome, était un choix des Bruins en 1982...

C'est un peu la même recette que les Red Wings recréèrent (et améliorèrent) en 2002, avec Brett Hull encore une fois...

 

LE DÉMANTÈLEMENT

Après cette conquête de 1999, l'équipe toujours dominante retourna en finale la saison suivante mais s'inclina toutefois contre les Devils. Le noyau de l'équipe était pratiquement intact avec seulement quelques pièces de rechange au travers, mais on pouvait déjà voir le démantèlement s'effectuer rapidement entre la finale de 1999  et celle de 2000:

  • Pat Verbeek quitta comme agent libre avec les Red Wings à l'été 1999.
  • Craig Ludwig et Doug Lidster prirent leur retraite.
  • Roman Turek fut échangé aux Blues.
  • Dave Reid signa avec l'Avalanche.
  • Tony Hrkac signa avec les Islanders
  • Benoit Hogue signa avec les Coyotes.

Quelques recrues se greffèrent avec l'équipe pour l'édition 99-00 dont Brendan Morrow, Roman Lyashenko et le gardien Manny Fernandez. Et Gainey amena encore une fois d'anciens membres du CH en renfort, dont Kirk Muller comme agent libre ainsi que Scott Thornton (contre l'éternel Juha Lind) et Dave Manson. Il fit également l'acquisition du vétéran défenseur Sylvain Côté à la date limite des transactions en retour de Derek Plante

Après cette 2e présence de suite en finale, on vit d'autres joueurs partir à la retraite:

  • Guy Carbonneau
  • Brian Skrudland
  • Shawn Chambers

Guy Carbonneau

Les Stars demeurèrent compétitifs en 2000-01 avec plus ou moins le même noyau sans véritables acquisitions majeures à noter. L’hécatombe se produisit toutefois à la saison 2001-02 avec les mouvements majeurs suivants:

  • Brett Hull signa comme agent libre avec les Red Wings durant l'été 2001.
  • Mike Keane signa avec les Blues durant l'été 2001.
  • Grant Marshall signa avec les Blue Jackets durant l'été 2001.
  • Joe Nieuwendyk et Jamie Langenbrunner furent échangés aux Devils en mars 2002 (en retour de Jason Arnott, Randy McKay et un choix de première ronde).
  • Ed Belfour signa avec les Maple Leafs à l'été 2002.
  • Brad Lukowich signa avec le Lightning à l'été 2002.

Après avoir décidé de ne pas exercer la dernière année d'option du contrat de Hull, ce dernier signa avec les Red Wings. Maintenant dans un nouvel aréna, les Stars n'allaient nulle part durant la saison 2001-02 et allaient rater les séries, ce qui les poussa à se départir de Nieuwendyk et Langenbrunner à la date limite des transactions. Ironie du sort, ils obtinrent celui qui marqua le but vainqueur pour les Devils lors de la finale de 2000, Jason Arnott... L'entraîneur Ken Hitchcock fut également licencié durant cette fatidique saison. Ensuite, Belfour quitta pour signer avec les Maple Leafs.

 

Ed Belfour

Ensuite, trois autres morceaux de longue date à la défense quittèrent lors des saisons suivantes:

  • Le capitaine Derian Hatcher signa avec les Red Wings pour la saison 2003-04.
  • Darryl Sydor fut échangé aux Blue Jackets contre Mike Sillinger durant l'été 2003.
  • Richard Matvichuk signa avec les Devils en 2005-06.

Quelques saisons plus tard ce fut ensuite le départ des derniers survivants de cette équipe championne de 1999:

  • Sergei Zubov quitta pour la KHL après la saison 2008-09 et se retira peu après.
  • Darryl Sydor fit deux retours avec les Stars, d'abord en 2006-07 et une autre saison en 2008-09. Il signa ensuite avec les Blues en 2009-10.
  • Jere Lehtinen prit sa retraite après la saison 2009-10. Il avait gagné un 3e trophée Selke en 2003.
  • Mike Modano, le visage de la franchise depuis plus de deux décennies, quitta finalement Dallas après la saison 2009-10 et joua une dernière saison à Detroit en 2010-11 avant de prendre sa retraite.
  • Jamie Langenbrunner fit un retour avec les Stars lorsqu'il fut rapatrié des Devils durant la saison 2010-11. Il signa ensuite avec les Blues la saison suivante. Il fut le dernier joueur actif de cette édition 1999, se retirant après seulement 4 matchs au début de la saison 2012-13.


Donc au tournant de la décennie suivante, l'équipe avait naturellement un tout autre visage avec maintenant des joueurs comme Jamie Benn, Mike Richards, Mike Ribeiro, Stéphane Robidas et Kari Lehtonen dans les buts. 

Ils se faufilèrent en finale en 2020 dans une cause perdante contre le Lightning. Il s'agissait de la 5e présence en finale de l'équipe en incluant les années au Minnesota (1981, 1991, 1999, 2000 et 2020).

Bob Gainey revint brièvement avec les Stars après son parcours moins glorieux comme DG des Canadiens. Il devint consultant pour les Stars en 2012 mais quitta pour occuper le même poste avec les Blues en 2014.

jeudi 5 septembre 2019

Démantèlement d'une équipe championne : Flames de Calgary 1989




Revoici (un an plus tard) le deuxième chapitre de ma série sur le démantèlement de quelques équipes championnes de la Coupe Stanley. C'est un peu un de mes sujets fétiches car j'aime bien analyser la longévité du noyau d'une équipe qui a remporté les grands honneurs. J'espère un jour pouvoir faire un Top 5 des plus longues et moins longues longévités d'un noyau gagnant. Mais pour l'instant concentrons nous sur ce long article. Dans le premier chapitre, j'ai parlé du démantèlement de la dynastie des Islanders de New York des années 80. J'avais aussi parlé auparavant de l'exode de masse chez les Oilers après leur propre dynastie. Cette fois-ci il n'est pas question d'une dynastie alors que les Flames n'ont gagné qu'une seule coupe durant leur histoire. Mais selon plusieurs il aurait pu (ou dû) en être autrement alors que les Flames semblaient avoir tous les ingrédients pour remporter plus d'un titre, si ce n'est que de défendre leur titre en 1990. Cependant il en fut autrement et les Flames, malgré qu'ils demeurèrent une équipe très compétitive, ne dépassèrent plus jamais la première ronde jusqu'à leur parcours cendrillon en finale lors des séries de 2004. 

Voici donc ce qui s'est passé chez les Flames après 1989 et comment les membres de cette équipe championne ont tour à tour quitté le bateau. 


HISTORIQUE

Premièrement un petit historique de l'ère pré-coupe à Calgary. Les Flames débutèrent en Alberta pour la saison 1980-81 après un déménagement d'Atlanta où la franchise avait débuté ses activités en 1972. Les Flames n'étaient pas nécessairement mauvais à Atlanta, ayant une fiche victorieuse lors des 6 dernières saisons avant le déménagement. Ils eurent cependant peu de succès en séries, n'ayant jamais franchi la deuxième ronde, et peinaient à attirer des spectateurs. Leur propriétaire éprouvait également des difficultés financières et avec aucun acheteur local potentiel, les Flames furent vendus à un consortium d'hommes d'affaires de Calgary.  Leur première saison à Calgary fut un succès alors qu'ils terminèrent avec 92 points et se rendirent jusqu'en finale de conférence où ils s'inclinèrent en 6 matchs contre les North Stars.

Ce premier succès ne fut toutefois que de courte durée alors que l'équipe régressa en 1981-82. Le directeur général de l'équipe, Cliff Fletcher, était en place depuis les débuts de l'équipe à Atlanta. Il fit alors une analyse profonde de son équipe et décida de se départir de plusieurs ''restants'' de l'époque d'Atlanta qu'il estimait ineptes à s'adapter à un environnement plus compétitif où la pression était plus importante qu'en Géorgie. Fletcher fit donc plusieurs transactions au cours des années suivantes qui lui permirent d'amener l'équipe à un niveau supérieur où ils pourraient rivaliser avec les autres puissances de la ligue, surtout leurs voisins d'Alberta, les redoutables Oilers.




Fletcher avait déjà réalisé un grand coup et établi la base de sa nouvelle vision durant la saison 81-82 en se portant acquéreur de leur futur capitaine Lanny McDonald des Rockies du Colorado en retour de Don Lever et Bob MacMillan. Plusieurs anciens de l'époque Atlanta suivirent comme Eric Vail, Guy Chouinard et Willi Plett qui partirent à leur tour dans plusieurs échanges subséquents. Une de ses meilleures transactions fut toutefois celle de juin 1985 qui envoya leur as marqueur Kent Nilsson aux North Stars en retour d'un choix de deuxième ronde en 1985. Ils mirent ensuite la main sur un autre futur capitaine en sélectionnant Joe Nieuwendyk avec ce choix. Nieuwendyk remporta le trophée Calder en 1988, deux ans après que son coéquipier, le défenseur Gary Suter ait également remporté le titre de recrue de l'année. 

Les Flames avaient l'habitude de faire du travail remarquable au repêchage alors que des choix judicieux comme Hakan Loob (1980), Al MacInnis (1981), Mike Vernon (1981), Suter (1984), Gary Roberts (1984), Jiri Hdrina (1984), Nieuwendyk (1985) et Theoren Fleury (1987) vinrent former le noyau de cette future équipe championne. L'équipe eut également la main heureuse en signant deux joueurs non-repêchés, Joel Otto (en 1984) et le défenseur Jamie Macoun (en 1982).

Fletcher continua de bien entourer ces excellents choix, surtout en transigeant avec les Blues de St.Louis alors qu'il y eut plusieurs échanges entre les deux équipes durant la décennie. Les Flames obtinrent entre autres des Blues l'attaquant Joe Mullen (février 1986), les défenseurs Ric Nattress (juin 1987) et Rob Ramage (mars 1988) ainsi qu'un autre très bon coup avec l'acquisition de l'attaquant Doug Gilmour (sept. 1988). 

Fletcher obtint également deux autres bons défenseurs en Dana Murzyn (Whalers) et Brad McCrimmon (Flyers) pour presque rien. Toutefois les Flames perdirent un gros morceau lors de l'acquisition de Ramage et du gardien Rick Wamsley des Blues alors qu'ils donnèrent la future super-vedette Brett Hull en retour... Ceci demeure une des pires transactions de l'histoire mais tout de même, Fletcher avait une bonne moyenne au bâton en terme de ses transactions effectuées avec les Flames.

Mike Vernon

Les Flames formèrent donc une redoutable équipe et ce même avant l'arrivée de plusieurs vedettes comme Fleury, Nieuwendyk et Gilmour. Cependant ils durent franchir l'obstacle de taille qu'était les redoutables Oilers pour se rendre jusqu'aux grands honneurs. Pour se faire, ils durent profiter des rares moments de faiblesse des Oilers. Ils se rendirent en finale en 1986 contre les Canadiens mais ce fut surtout dû à la fameuse erreur du défenseur Steve Smith des Oilers qui envoya la rondelle dans son propre filet lors du 7e match de la demi-finale. La finale mit donc en vedette deux gardiens recrues en Vernon et son éternel rival Patrick Roy qui remportât cette première confrontation.

La saison 1988-89 fut l'année de consécration pour les Flames alors que les astres furent parfaitement alignés pour un retour en finale. Aidés pas leurs nombreux nouveaux joueurs vedettes et par le départ de Wayne Gretzky à Los Angeles, les Flames remportèrent le trophée du Président avec une récolte de 117 points, soit deux points de plus que Montréal avec 115 points. Les deux équipes se retrouvèrent donc en finale mais cette fois les Flames l'emportèrent en 6 matchs, devenant au passage la seule équipe à avoir remporté la Coupe Stanley contre les Canadiens sur la glace du mythique Forum de Montréal. Il s'agit également à ce jour du dernier duel canadien en finale. 

Cette finale demeure également mémorable pour nous avoir donné ce moment d'anthologie. Même si on était triste pour le Canadien, tout le monde aimait Lanny McDonald...




L'ÉQUIPE

Voici l'équipe championne des Flames de 1989. Entre parenthèses vous retrouverez les années du joueur avec l'organisation.

Centres 
Jiri Hrdina (87-91), Joe Nieuwendyk (86-95), Joel Otto (84-95), Doug Gilmour (88-92)

Ailiers
Joe Mullen (85-90), Lanny McDonald (81-89), Gary Roberts (86-96), Colin Patterson (83-91), Hakan Loob (83-89), Theoren Fleury (88-99), Tim Hunter (81-92), Mark Hunter (88-91), Jim Peplinski (80-90, 95), Brian MacLellan (88-91)

Défenseurs 
Al MacInnis (81-94), Brad McCrimmon (87-90), Dana Murzyn (87-91), Ric Nattress (87-92), Gary Suter (85-94), Jamie Macoun (82-92), Rob Ramage (87-89)

Gardiens 
Mike Vernon (82-94, 00-02), Rick Wamsley (87-92)

Entraineur: Terry Crisp
Assistants: Tom Watt, Doug Risebrough
GM: Cliff Fletcher


LE DÉMENTÈLEMENT

Le premier gros morceau du casse-tête à partir fut bien sûr McDonald, lui qui termina sa carrière de la meilleure manière possible avec ce but.  Il était ce qu'on peut dire la fondation de l'équipe, alors qu'il fut amené à Calgary pour son leadership et son caractère. Fletcher avait même tenté de l'amener à Atlanta dès la saison 1974-75, dans un échange qui fut avorté par les Maple Leafs. Il était probablement écrit dans le ciel que qu'il ne serait plus un grand facteur dans l'équipe même s'il était resté. Âgé de 36 ans, il avait considérablement ralenti avec seulement 18 points durant la saison et fut d'ailleurs laissé de côté lors de la finale après le deuxième match. Il fût bien sûr rhabillé pour le 6e match décisif. Néanmoins, son départ a sans doute contribué à une baisse de moral et de leadership dans la chambre. 

Durant les séries, Hakan Loob, un des meilleurs joueurs des Flames des années précédentes, déclara qu'il contemplait de retourner en Suède. Il avait précédemment refusé une extension de contrat, car il voulait que ses enfants soient éduqués dans leur pays natal. La fait que les Flames remportèrent la Coupe lui permit de partir sans trop de regret. L'équipe opta également de ne pas garder le défenseur Rob Ramage, qu'ils échangèrent aux Maple Leafs contre un choix de 2e ronde (Kent Manderville). Ramage amenait une bonne profondeur derrière le duo MacInnis-Suter. Il fut ensuite nommé capitaine par les Leafs.

Les Flames ne purent donc répliquer leurs succès de 1989 la saison suivante. Ils terminèrent la saison avec 99 points (quand même deuxièmes au classement général). Leur meilleur marqueur de 1989, Joe Mullen, vit sa production passer de 110 à 69 points, une chute de 41 points. Les Flames croyaient qu'il était sur le déclin à 33 ans et l'échangèrent aux Penguins en juin 1990. Ils n'obtinrent que très peu en retour, seulement un choix de 2e ronde, qui devint le défenseur québécois Nicolas Perreault et qui ne se rendit jamais à la LNH. Mullen mit un an à retrouver sa touche mais obtint finalement 42 buts et 87 points en 1991-92 et remporta deux autres coupes Stanley à Pittsburgh, dont une sous les ordres de son ancien entraîneur à Calgary, Bob Johnson. Le centre Jiri Hrdina, un bon joueur de soutien, fut également échangé aux Penguins en décembre 1990.

Les choses n'allaient pas très bien dans le vestiaire des Flames en 1989-90, alors que plusieurs conflits éclatèrent entre Terry Crisp et ses joueurs. Crisp était un vieux de la vieille ayant fait partie des Broad Street Bullies lors de sa carrière de joueur. Il avait l'habitude de crier au lieu de parler et plusieurs joueurs vétérans des Flames étaient toujours déçus du départ de son prédécesseur Johnson en 1987. Un nouveau venu avec les Flames en 1989-90, le légendaire Sergei Makarov (également recrue de l'année), aurait dit à Crisp: “Tikhonov? Bad guy, good coach. You? Good guy, bad coach.” Certains énoncèrent même que les Flames de 1989 auraient gagné la coupe avec n'importe quel entraîneur.

Les choses dégénérèrent lors des séries de 1990 alors que les Flames perdirent en première ronde contre Gretzky et les Kings.  Crisp perdit probablement sa job lors du 4e match, que les Flames perdirent 12-4... Il fut remercié peu après l'élimination de l'équipe et fut plus tard remplacé par son adjoint, Doug Risebrough. 

Les changements à la direction sont certainement un des éléments clé de ce démantèlement et du pourquoi que les Flames soient passés aussi rapidement d'équipe championne à équipe de second-plan et ensuite jusqu'à rater les séries lors des années subséquentes.

L'élément déclencheur selon moi (et plusieurs fans des Flames) fut le départ de Cliff Fletcher après la saison 1990-91. Après presque 20 ans dans l'organisation, Fletcher fut attiré par les Maple Leafs et devint leur nouveau directeur général. Il hérita alors d'une formation moribonde à Toronto et c'est alors qu'il repartit de plus belle et rebâtit complètement l'équipe. Il eut toutefois un coup de main magistral de la part de son successeur à Calgary, Doug Risebrough. En janvier 1992, Fletcher et son ancien acolyte orchestrèrent le plus grand échange de l'histoire en terme du nombre de joueurs impliqués, soit 10 joueurs.


Doug Gilmour

La pièce maîtresse de cet échange fut Doug Gilmour. En conflit constant avec Risebrough, qui occupait la double fonction d'entraîneur et DG, Gilmour était misérable à Calgary et déserta l'équipe après le nouvel an en attendant un échange. C'est alors que Fletcher et Risebrough s'échangèrent les joueurs suivants; les Flames reçurent Gary Leeman, Michel Petit, Jeff Reese, Craig Berube et Alexander Godynyuk. En retour, les Leafs reçurent Gilmour, Jamie Macoun, Ric Nattress, Rick Wamsley et Kent Manderville.

Cet échange (qui marqua le départ de 4 ex-champions) fut immédiatement ridiculisé par les médias et les fans. Avec raison. Gilmour, déjà un excellent joueur, devint une super-vedette à Toronto, incluant une saison de 127 points en 1992-93 en plus de remporter le trophée Selke. Pendant ce temps, Leeman, un ancien marqueur de 50 buts, n'en marqua que 11 en 59 matchs sur deux saisons à Calgary et fut subséquemment échangé aux Canadiens en 1993. Même en enlevant Gilmour de l'équation, les Flames perdirent au change alors que les 5 joueurs obtenus n'aboutirent qu'à très peu à Calgary tandis que leurs collègues à Toronto changèrent la culture de l'équipe et les ramenèrent au niveau d'équipe respectable. Pendant ce temps, les Flames ratèrent les séries en 1991-92, une première dans l'histoire de la franchise à Calgary et la première fois depuis 1975 à Atlanta.

Les Flames retournèrent en séries en 1993, mais s'inclinèrent encore une fois en première ronde. Le départ de Gilmour est selon plusieurs le début de la fin pour l'équipe championne de 1989.  Malgré tout, le noyau était toujours solide avec Fleury, Nieuwendyk, Roberts, Otto, MacInnis, Suter et Vernon, mais le départ de plusieurs vétérans et membres de soutien de l'équipe championne commença à laisser des marques, surtout avec un certain manque de relève. Les deux plus vieux joueurs de l'équipe, originaire du repêchage de 1979 quand l'équipe était toujours à Atlanta, étaient Jim Peplinski et Tim Hunter. Les deux quittèrent l'équipe en 1990 et 1992 respectivement. Peplinski tenta un retour en 1995 mais cette expérience ne dura que 5 matchs. La défense commençait également à faire défaut après les départs subséquents de Ramage, Macoun, Nattress, ainsi que celui de Dana Murzyn en 1991. On vit également en 1991 le départ de trois autres attaquants de soutien durant le parcours de 1989, soit Colin Patterson, Mark Hunter et Brian MacLellan.


L'HÉCATOMBE

La grande hécatombe (ou point de non-retour) survint en 1994 et l'été qui suivit alors que les deux piliers de la défense des Flames depuis presque 10 ans, Gary Suter et Al MacInnis furent tous les deux échangés à quelques mois d'intervalle. Suter fut le premier à être sacrifié lors d'un échange à 3 équipes impliquant 9 joueurs avec les Whalers et les Blackhawks. Au final, Suter aboutit avec les Hawks tandis que les Flames mirent la main sur Michael Nylander, James Patrick et Zarley Zalapski. 

MacInnis, probablement le meilleur joueur de l'équipe et récipiendaire du Conn Smythe en 1989, quitta également le bateau en juillet 1994 après avoir signé une offre des Blues de St.Louis. En compensation, les Flames reçurent le défenseur Phil Housley et un choix de 2e ronde en 1997.

Ces deux départs ne furent pas sans douleur pour les joueurs impliqués, alors qu'ils étaient heureux à Calgary. Cependant, Suter était souvent blessé et il devenait risqué de le garder à Calgary. Pour sa part, MacInnis reçut plus d'argent des Blues mais évoqua qu'il désirait également relever un nouveau défi à St.Louis.

Al MacInnis

Quelques jours avant le départ de MacInnis, ce fut au tour du gardien vedette de l'équipe, Mike Vernon de plier bagage en étant échangé aux Red Wings en retour du défenseur Steve Chiasson. Les Flames croyaient qu'il était temps de laisser la place de gardien numéro un à Trevor Kidd, leur choix de 1re ronde en 1990. Vernon raconta plus tard que ce fut une bénédiction de changer d'air après 10 ans à Calgary. La légende raconte qu'il aurait même influencé son grand rival Patrick Roy à demander lui aussi une transaction lors d'une rencontre dans un restaurant le jour du fameux match du 2 décembre 1995 entre les Red Wings et le Canadien.

Il va sans dire qu'à l'instar de leurs voisins d'Edmonton et des autres petits marchés de la ligue, les nouvelles réalités économiques de la LNH commencèrent à peser lourd dans la balance. À l'aube de la saison 1995-96, le capitaine Joe Nieuwendyk et la direction étaient en impasse contractuelle et Nieuwendyk refusa de se rapporter à l'équipe. Dans un moment charnière de l'histoire de l'équipe, il fut finalement échangé aux Stars de Dallas un peu avant Noël. En retour, les Flames mirent la main sur Corey Millen et leur futur vedette et capitaine, Jarome Iginla.

Les Flames avaient également perdu leur spécialiste défensif, Joel Otto, durant l'été 1995 alors qu'il ne put également s'entendre avec l'équipe sur un nouveau contrat. Il signa comme agent libre avec les Flyers.

Donc après cet hécatombe de 1994 et 1995, il ne restait plus que 2 membres de l'édition 1989 dans l'alignement des Flames.

LES DERNIERS MEMBRES

Les Flames durent également tourner la page au sujet d'un des derniers vétérans restants de 1989 après la saison 1995-96, lorsque Gary Roberts opta de prendre sa retraite après plusieurs problèmes de blessures persistantes au cou qui semblèrent mettre fin prématurément à sa carrière. Il remporta d'ailleurs le trophée Masterton en 1996. Il parvint toutefois à revenir au jeu après un an de traitement et de convalescence. Cependant il obtint des Flames la possibilité d'être échangé à un club de l'association est afin qu'il n'ait pas à voyager autant que dans l'ouest, et ainsi optimiser sa réhabilitation. Il fut donc échangé en août 1997 aux nouveaux Hurricanes de la Caroline avec Trevor Kidd, en retour d'Andrew Cassels et de Jean-Sébastien Giguère. Parmi toute l'édition de 1989, c'est Roberts qui prit sa retraite en dernier, soit après la saison 2008-09, qu'il passa avec le Lightning.


Theoren Fleury


C'est donc à l'électrisant Theoren Fleury que revient l'honneur d'être le dernier membre de l'équipe championne de 1989 à quitter Calgary. Également en impasse contractuelle durant la saison 1998-99, l'équipe ne voulait pas risquer de le perdre pour rien et voulait continuer de rebâtir. Les Flames avaient terminé la saison précédente avec seulement 67 points et allaient rater les séries pour une troisième saison consécutive. Il était même question d'un possible déménagement, alors que les assistances étaient en baisse depuis quelques saisons. Alors l'équipe continua son virage jeunesse et envoya Fleury à l'Avalanche du Colorado en février 1999 en retour de René Corbet, Robyn Regehr et Wade Belak. Il était à ce moment le meneur pour les points dans l'histoire de la franchise avec 830. Il fut éventuellement dépassé par Iginla, mais demeure depuis au deuxième rang.

Vernon effectua toutefois un retour à Calgary en 2000-01. Après avoir été sélectionné au repêchage d'expansion par le Wild du Minnesota, ces derniers l'envoyèrent à Calgary où il joua ses deux dernières saisons avant de prendre sa retraite en septembre 2002. Il est donc le dernier membre officiel de l'édition 1989 à avoir joué pour l'équipe... *en saison régulière comme on le verra plus loin. Lui et Lanny McDonald sont les deux seuls membres des Flames de 1989 à avoir leur numéro retiré par l'équipe, en compagnie de Jarome Iginla. Quoique leur numéro ne furent pas officiellement retirés, MacInnis et Nieuwendyk font partie de l'initiative ''Forever a Flame'' et une bannière en leur honneur est également dans les hauteurs du Saddledome de Calgary. Le numéro 14 de Fleury n'a également pas été porté chez les Flames depuis 1999.

En 2009, soit 20 ans après la conquête, ce même Fleury tenta un retour au jeu car il était déçu de la façon dont il termina sa carrière controversée. Il obtint de la ligue une absolution, car il était toujours sous le coup d'une suspension imposée par la ligue en 2003 pour enfreinte à la politique de consommation de drogues. Il engagea un entraîneur personnalisé et obtint un essai professionnel de la part des Flames. Il fit un retour triomphal devant ses anciens fans durant les matchs pré-saisons de la saison 2009-2010 et obtint 4 points en 4 matchs. Cependant, il fut libéré par l'équipe car il ne fit pas assez bonne impression pour faire partie du Top 6 en attaque chez les Flames, une condition qu'il avait accepté avant son essai. Il opta donc de prendre sa retraite définitive en tant que membre des Flames, refusant d'aller tenter sa chance avec une autre équipe. Il est donc officiellement (si on inclut les matchs pré-saison) le dernier membre de l'équipe de 1989 à avoir joué dans la LNH.


Tentative de retour de Fleury en 2009


CONCLUSION

Les Flames continuèrent lentement mais surement de remonter la pente après le départ de ses derniers champions. Ils ratèrent toutefois les séries durant 7 saisons consécutives (1997 à 2003) jusqu'à leur parcours surprise jusqu'à la finale en 2004. Ils retombèrent dans le même pattern lors des années suivantes en s'inclinant en première ronde pendant 4 saisons consécutives, avant de rater les séries de nouveau et ce pendant 5 saisons.

Depuis 2015, ils font les séries une année et les ratent l'année suivante. Ils les ont fait l'an dernier après une saison de 107 points, leur meilleure saison depuis 1989. Les paris sont ouverts sur qui sera la prochaine équipe canadienne à remporter le fameux trophée.  Pour ma part j'aimerais bien qu'il y ait un ''troisième round'' entre les Canadiens et les Flames pour 2020...


jeudi 30 août 2018

Démantèlement d'équipe championne : Islanders de New York






Comme j'aime bien commencer de nouvelles séries d'articles pendant que d'autres sont toujours en cours, je vous offre aujourd'hui une série sur la durée de vie d'une équipe championne de la Coupe Stanley. Rien de dure éternellement et il est normal de voir une équipe perdre les membres de son équipe championne au fil des années. Souvent on assiste à une équipe qui perd lentement et graduellement son noyau de champions alors que parfois il s'agit de situations plus bordéliques de départs houleux et de déchéance rapide vers les bas fonds du classement. J'ai déjà analysé le démantèlement de la dynastie des Oilers par le passé alors qu'il s'agissait d'un cas assez extrême d'exode de masse. Alors aujourd'hui j'ai pensé continuer dans la même veine en analysant le démantèlement d'une autre dynastie des années 80, les Islanders de New York.

Aussi bizarre que cela puisse paraître aux yeux d'un nouveau fan qui ne connaîtrait pas autre chose que le hockey actuel, les Islanders furent autrefois un modèle d'excellence et de stabilité, autant au niveau financier qu'au niveau sportif. Alors que le hockey professionnel battait de la patte vers la fin des années 70, les Islanders étaient en train de préparer le terrain pour une des plus impressionnantes périodes de dominance de l'histoire du sport professionnel. À l'époque, les Islanders étaient même l'équipe avec la plus haute masse salariale.



Au cœur de cette belle aisance financière se trouvait le nouveau propriétaire des Islanders, John Pickett, qui peu après avoir fait l'achat de la franchise en 1978, signa un lucratif contrat de télévision avec le réseau câblé SportsChannel (maintenant MSG Plus). Ce contrat est d'ailleurs toujours en vigueur et l'entente signée avec les Islanders à l'époque est considérée comme une entente historique et avant-gardiste en ce qui concerne les contrats de retransmission d'événements sportifs. Avec un tel coup de pouce financier, Pickett et les Islanders étaient capables de garder leur excellents choix au repêchage en leur offrant de bons contrats.

Vous connaissez la suite. Les Islanders explosèrent en 1980 en remportant 4 coupes Stanley consécutives et presque une 5e en 1984 lorsqu'ils s'inclinèrent contre les nouveaux ''dynastiens'' des Oilers. Ils établirent ainsi un record en remportant 19 séries consécutives de 1980 jusqu'à cette défaite en finale de 1984. Signe de leur incroyable équipe, chacune des quatre conquêtes avait un lauréat du trophée Conn Smythe différent; Butch Goring (1980), Bryan Trottier (1981), Mike Bossy (1982) et Billy Smith (1983).

Voici ce que je considère être le noyau de l'équipe sur l'étendue de ces quatre conquêtes. Entre parenthèses vous retrouvez les années que chaque joueur passa avec l'équipe. Les noms en bleu représentent les 16 joueurs qui ont participé aux 4 coupes.

Noyau:
Bryan Trottier (1975-90)
Mike Bossy (1977-87)
Clark Gillies (1974-86)
John Tonelli (1978-85)
Denis Potvin (1973-88)
Bob Nystrom (1973-86)
Butch Goring (1980-85)
Bob Bourne (1974-86)
Billy Smith (1972-89)
Entraîneur: Al Arbour (1973-94)

Autres joueurs importants et joueurs de soutien durant la même période:
Anders Kallur (1979-85)
Duane Sutter (1980-87)
Brent Sutter (1981-91)
Roland Melanson (1980-85)
Stefan Persson (1977-86)
Ken Morrow (1980-89)
Wayne Merrick (1978-84)
Tomas Jonsson (1981-89)
Gord Lane (1979-85)
Dave Langevin (1979-85)


Que s'est-il passé avec les Islanders après cette période glorieuse et comment l'équipe a-t-elle été démantelée? Et surtout, à quel moment peut-on identifier qu'il s'agissait de la fin de cette grandiose période?

Tout se fit graduellement à partir de la saison suivant leur dernière présence en finale. Les premiers membres du noyau à quitter Long Island furent Butch Goring (réclamé par Boston au ballottage en janvier 1985) suivi du très sous-estimé John Tonelli un an plus tard. Ce dernier fut échangé aux Flames en retour de Steve Konroyd et Robert Kromm, deux joueurs marginaux.

Ensuite ce fut au tour de Clark Gillies, le partenaire de longue date du trio de Bossy et Trottier, qui quitta pour Buffalo aussi par voie du ballottage au début de la saison 1986-87. Même chose pour un autre Islander de longue date, Bob Bourne, qui fut réclamé par les Kings. Après ces transactions, les nombreuses retraites (souvent prématurées) vinrent terminer le travail. Bob Nystrom se retira en 1986 après une sérieuse blessure à un œil. Le plus douloureux départ chez les Islanders fut toutefois celui de Mike Bossy qui, contrairement aux autres avant lui, était encore capable d'être un joueur dominant. Incapable de continuer après des maux de dos persistants, il prit sa retraite officielle en 1988 après s'être accordé une saison de repos sans succès. Il refusa même un échange à Montréal offert par le DG des Islanders Bill Torrey pour lui permettre de jouer plus près de sa famille en cas d'un retour au jeu.

Le capitaine Denis Potvin se retira à son tour en 1988, en même temps que Bossy, malgré qu'il aurait pu continuer de jouer quelques années alors qu'il n'avait que 35 ans. Il estimait toutefois qu'il n'avait plus rien à prouver et qu'il préférait se retirer plus tôt que trop tard. Le légendaire gardien Billy Smith, dernier membre original des Islanders, se retira également après la saison 88-89 alors que les Islanders dégarnis de leurs joueurs vedettes finirent ex-æquo avec les Nordiques au dernier rang du classement général, ratant les séries pour la première fois depuis 1974.

J'estime donc que le moment décisif de la fin de la dynastie arriva au début de cette fatidique saison 1988-89 lors de la retraite officielle de Bossy. Les Islanders n'étaient alors plus la même équipe sans lui et sans Potvin et c'est presque normal qu'ils finirent au dernier rang avec si peu de relève. Ils pouvaient se remettre du départ des Nystrom, Gillies, Goring et Tonelli mais sans ces deux piliers et avec un Billy Smith et un Bryan Trottier vieillissants, ce n'était plus les Islanders d'antan.

Les quatre conquêtes consécutives ont tout de même fait des ravages sur le corps de ces joueurs et l'équipe demeura malgré tout compétitive durant la majorité de la deuxième moitié de la décennie (sans toutefois s'approcher de la finale) et ils semblaient même à un moment être capable de continuer sur leur lancée avec l'arrivée d'excellents prospects comme Pat Lafontaine et Patrick Flatley (voir texte du 30 octobre 2017). Cependant il s'agissait de deux cas d'exception alors que le repêchage commença à faire défaut chez les Islanders durant et après la dynastie. Le problème des Islanders fut qu'il ne surent pas bien repêcher assez de bons joueurs pour remplacer leurs joueurs vedettes qu'ils perdirent sans obtenir grand chose en retour.


Voici les joueurs repêchés en première ronde par les Islanders après 1983 (l'année de Lafontaine): Brad Dalgarno, Derek King, Tom Fitzgerald, Dean Chynoweth, Kevin Cheveldayoff, Dave Chyzowski ainsi que le tragique cas de Duncan Macpherson (voir texte du 10 janvier 2017). Voici les meilleurs coups de l'équipe durant le reste de la décennie: David Volek, Jeff Hackett, Rich Pilon, Marty McInnis, Vladimir Malakhov, Travis Green...

On est loin des Trottier et Bossy et même Tonelli ici...

À l'époque, les joueurs autonomes n'étaient pas monnaie courante comme aujourd'hui alors si tu ne repêchais pas bien ou que tu ne parvenais pas à gagner quelques échanges et bien il était normal de basculer dans la médiocrité. Il est très noble pour des joueurs légendaires comme Bossy, Potvin et Smith d'avoir pu se retirer en tant que membre de l'équipe mais du point de vue de la direction, il aurait peut-être été bénéfique d'en sacrifier un ou deux par voie d'échange pour tenter de reconstruire.

Un cas flagrant où les Islanders manquèrent le bateau fut lors du départ de Bryan Trottier. Il était sur la pente descendante après quelques années moins productives et ils rachetèrent bêtement son contrat après la saison 1989-90 où il ne récolta que 24 points en 60 matchs. Il signa ensuite à Pittsburgh et les aida à remporter deux coupes Stanley dans un rôle secondaire de vétéran aguerri. Les Islanders auraient dû tenter de l'échanger disons en 1987 quand il avait encore une bonne valeur et recevoir quelques éléments intéressants en retour.
 


Toutefois, malgré que le temps faisait des ravages chez les membres de la dynastie, un autre problème chez les Islanders se produisit en coulisse alors que Pickett commença à se désintéresser des performances de son équipe et à garder les fonds obtenus par son contrat de télévision pour lui-même au lieu de l'injecter dans les coffres de l'équipe comme il faisait autrefois. Cela obligea Torrey à serrer le porte-monnaie, à moins investir en recrutement (de là les mauvais choix de repêchage et les joueurs perdus au ballotage) et à se départir des derniers membres de ses équipes championnes.

En 1991-92, les Islanders perdirent leur capitaine Brent Sutter et leur seul joueur vedette restant, Pat Lafontaine, pour cause de disputes contractuelles. Lafontaine n'était pas parmi les membres champions des quatre coupes alors qu'il débuta sa carrière en 1983-84 et rata le bateau de peu. Mais il exigea le retrait de Pickett comme propriétaire pour rester avec les Islanders. Il fut plutôt échangé aux Sabres de Buffalo contre Pierre Turgeon tandis que Sutter, le dernier membre de la dynastie encore avec l'équipe, fut échangé aux Blackhawks.

Pickett habitait désormais en Floride et tentait par tous les moyens de vendre son équipe. Plusieurs ventes possibles furent avortées et ce même depuis 1981 alors qu'il avait tenté de vendre la moité de ses parts à Charles Dolan, le propriétaire de SportsChannel. Une autre transaction du genre avorta en 1992 avec Dolan. Il réussit ensuite à se trouver quatre investisseurs minoritaires qui prirent en charge les opérations de l'équipe qu'ils menèrent dans les bas-fonds de la LNH et qui prirent des décisions douteuses comme le fameux changement de logo et de chandail en 1995-96. Finalement Pickett racheta leurs parts mais avait la ferme intention de se départir de la franchise pour de bon. L'équipe fut finalement vendue à un homme d'affaires du nom de John Spano, sans savoir qu'il s'agissait d'un fraudeur. La ligue annula la transaction et Pickett dut attendre une autre année avant de trouver preneur.

On dirait que les Islanders ne se sont jamais remis des années 80 et du départ des joueurs de cette fameuse dynastie. Ils sont constamment tournés au ridicule, soit par leurs changements de chandails, leurs propriétaires mafieux et excentriques, leur DGs incompétents (Mike Milbury ET Garth Snow), leurs mauvais échanges, leurs problèmes d'aréna, la saga John Tavares...etc.

On s'ennuie de Al Arbour et de la bande à Bossy à Long Island...

On souhaite bonne chance à Barry Trotz et Lou Lamoriello et surtout aux fans des Islanders...





dimanche 16 avril 2017

Le démantèlement de la dynastie des Oilers





Voici un texte que je prépare dans ma tête depuis un bon moment et le timing semble approprié car après 11 ans d’absence, les Oilers d'Edmonton sont finalement de retour en séries … Si ces 11 dernières années ont été très dures pour les partisans des Oilers, ce n'est toutefois pas la première fois qu'ils voient leur équipe revenir de loin. Après Montréal, Edmonton est l'équipe dont je suis le plus les activités. J'ai toujours été fasciné par le mouvement de personnel à Edmonton, un petit marché peu convoité où il a toujours été difficile d'attirer des joueurs et de les garder.

J'ai donc décidé de consacrer un article à une époque de l'histoire de cette franchise qui me fascine particulièrement, soit les années déprimantes de lendemain de veille post-dynastie. Des années ponctuées de plusieurs départs douloureux pour les fans des Oilers qui furent bafoués par plusieurs échanges douteux de la part de Glen Sather qui lui fut frappé en pleine face par la nouvelle réalité économique du hockey dans le petit marché qu'est Edmonton.




Difficile de commencer cette histoire à un autre moment que celui de l'échange de Wayne Gretzky durant l'été 1988. Peu importe les motifs de son départ et les manigances en coulisse, l'échange de la merveille a changé le visage de la LNH tant au plan sportif qu'au plan des affaires. Après "l'échange", Gretzky renégocia son contrat à Los Angeles et obtint plus de 3 millions par année de la part des Kings, une sommet astronomique à l'époque et il était bien sûr le mieux payé de la ligue. Cette signature de contrat eut un effet domino à travers la ligue. Mario Lemieux demanda de renégocier son contrat avec les Penguins et obtint 2.25 millions par année. Plus tard, l'agent de Brett Hull, estimait que la production offensive de son client s'approchait de celle de Gretzky et qu'il méritait un salaire à la Gretzky. Il obtint 7 millions pour 4 ans.

En 1989, soit un an après l'échange, l'association des joueurs obtint de la ligue que les contrats soit rendus publics, ce qui accéléra davantage l'escalade des salaires dans les années à venir et nulle part ailleurs qu'à Edmonton l'on ressentit les effets de cette révolution. L'équipe était toujours très compétitive malgré le départ de Gretzky mais après l'ultime conquête des Oilers au printemps 1990, les choses commencèrent à dérailler rapidement. Le capitaine Mark Messier, qui était sous contrat jusqu'en 1993, tentait lui aussi de renégocier son contrat pour s'approcher de 2 millions annuellement. Jari Kurri reçut une nouvelle offre insatisfaisante de la part de l'équipe et opta de ne pas se présenter au camp d'entrainement et décida de jouer en Italie pour la saison 1990-91. Glenn Anderson refusa également de se rapporter au camp mais revint finalement sur sa décision au début de la saison alors que son contrat était encore valide pour 2 ans. Malgré tout, les Oilers de 1990-91 se rendirent quand même en finale de conférence, éliminant au passage les Kings de Gretzky.


1990 - Messier, Lowe et Kurri

C'est durant l'été 1991 que débuta l'exode de masse d'Edmonton. Le premier à partir fut Kurri qui fut échangé tout d'abord à Philadelphie et ensuite dans un autre échange à Los Angeles où il retrouva Gretzky. Par la suite, lors de la Coupe Canada présentée à la fin du mois d'août, on retrouvait dans les journaux d'Edmonton davantage de rumeurs d'échange que les résultats des matchs du tournoi. On parlait de plus en plus du démantèlement inévitable du noyau restant de la dynastie.

L'élément déclencheur de cette exode arriva lorsque l'attaquant Adam Graves reçut une offre de contrat des Rangers que Sather refusa d'égaler. Messier fut furieux lorsqu'il apprit cette nouvelle et demanda publiquement d'être échangé en déclarant qu'il ne se présenterait pas au camp, estimant que les Oilers n'étaient pas prêts à payer le prix pour demeurer compétitifs. À la défense de Sather, Graves n'avait jamais marqué plus de 9 buts en une saison à ce moment de sa carrière et Sather affirma plus tard qu'il aurait agi différemment s'il avait su que Graves allait devenir un marqueur de 50 buts à New York.

Après la Coupe Canada, le camp d'entrainement des Oilers débuta avec plusieurs absents dans la chambre. Outre Messier, Esa Tikkanen resta en Finlande suite à une impasse dans sa renégociation de contrat. Idem pour Anderson et Craig Simpson qui ne se présentèrent pas au camp en espérant une augmentation de salaire. Peu après le début du camp, les Oilers se départirent d'Anderson et du gardien Grant Fuhr dans un échange avec les Maple Leafs. Fuhr était également sur du temps emprunté à Edmonton alors qu'il fut suspendu 60 matchs la saison précédente pour possession de cocaïne. Le défenseur Steve Smith, aussi insatisfait de son contrat, fut échangé à Chicago en retour de Dave Manson. Glen Sather déclara que beaucoup de ces joueurs se voyaient soudainement comme des joueurs à 1 million de dollars par année, ce qu'ils n'étaient pas selon lui.

Après un match au début de la saison, les enchères pour Mark Messier arrivèrent à une conclusion alors qu'il fut échangé aux Rangers. Il obtint un nouveau contrat de 2.6 millions annuellement chez les Rangers.





Durant la dynastie des Oilers, 7 joueurs ont participé aux 5 conquêtes de l'équipe; Messier, Kurri, Anderson, Fuhr, Kevin Lowe, Randy Gregg et Charlie Huddy. Gregg et Huddy furent respectivement libéré et laissé sans protection au repêchage d'expansion de 1991, ce qui fait qu'au début de la saison 1991-92, il ne restait que Lowe en place parmi le club des 7. Il fut nommé comme capitaine successeur à Messier. Simpson et Tikkanen revinrent finalement avec l'équipe alors que le propriétaire Peter Pocklington commença à desserrer un peu son portefeuille, mais ce ne fut que temporaire. Le gardien Bill Ranford joua la saison entière en renégociation de contrat et obtint finalement le contrat désiré après la saison.

Au travers de tous ces départs, les Oilers demeurèrent quand même compétitifs et avaient toujours un noyau de vétérans potables et un certain leadership en Tikkanen, Lowe, Simpson, Ranford et compagnie. Ils se rendirent de nouveau en finale de conférence lors des séries de 1992, éliminant de nouveau les Kings de Gretzky sur leur route. Les Kings avaient à ce moment plusieurs ex-Oilers en plus de Gretzky (Kurri, Huddy, Paul Coffey et Marty McSorley).





Malgré cette recette toujours gagnante chez les Oilers, ils commençaient toutefois à perdre du galon alors qu'ils ne firent que passer en finale de conférence où ils furent balayés en 4 matchs par les Blackhawks. L'atmosphère était également devenue toxique à Edmonton. Les partisans se sentaient toujours trahis par l'échange de Gretzky et le départs des autres vedettes lors des années suivantes ne firent qu'empirer les choses. Les assistances diminuèrent donc drastiquement, même lors des matchs en séries, et les nouveaux joueurs obtenus par l'équipe lors de leur liquidation de la dynastie ne firent que passer pour la plupart car Sather prit plusieurs décisions subséquentes que je trouve totalement absurdes.

Je peux tout d'abord comprendre le contexte qui l'a poussé à se départir de plusieurs vedettes comme Messier, Kurri, Anderson, Fuhr et cie. Et dans la plupart des cas, il a quand même réussi à obtenir quelques joueurs potables en retour. Mais ce qui me bafoue totalement, ce sont les échanges subséquents. Je m'explique:

J'ai pensé analyser ces échanges sous deux niveaux. Le 1er niveau est l'échange principal, soit le premier échange des joueurs vedettes tandis que le 2e niveau implique les échanges subséquents. Vous connaissez l'expression 4 trente-sous pour 1 piastre? Et bien ici on dirait que les Oilers ont appliqué cette règle (1er niveau) mais après avoir reçu leurs 4 trente-sous, ils les ont ré-échangé pour 75 cents (2e niveau). Et le taux de change était mauvais à ce moment-là. Je me concentre ici sur les échanges suivant la saison 1990-91, moment où l'hécatombe débuta.

Esa Tikkanen et Jari Kurri

Échange #1 (30 mai 1991)
EDMONTON PHILADELPHIE
Scott Mellanby Jari Kurri (échangé ensuite à L.A)
Craig Fisher Dave Brown
Craig Berube Corey Foster

1er niveau:
Échange quand même correct. Le départ de Kurri semblait inévitable et il ne dépassera le plateau des 30 buts qu'une seule autre fois après son départ. Il n'était plus qu'un spécialiste défensif lors de sa retraite en 1998. Les autres joueurs obtenus par les Flyers n'étaient que des figurants. Même chose pour Fisher et Berube qui ne firent que passer.

2e niveau:
La pièce maîtresse obtenue en retour de Kurri fut Scott Mellanby qui devint éventuellement un marqueur de 30 buts en Floride et qui jouera jusqu'en 2007. Sather l'a tout bêtement perdu au repêchage d'expansion de 1993, lui préférant des joueurs comme Vladimir Vujtek (on le verra plus loin lui). Comme consolation en retour du départ de la légende Finlandaise, c'est très mince...


Glenn Anderson et Grant Fuhr

Échange #2 (19 septembre 1991)
EDMONTON TORONTO
Vincent Damphousse Glenn Anderson
Peter Ing Grant Fuhr
Luke Richardson Craig Berube
Scott Thornton
Considérations futures
Cash

1er niveau:
Un blockbuster ici alors que 2 grosses pièces de la dynastie s'en allèrent à Toronto. Craig Berube aura donc fait partie de 2 gros échanges durant l'année 1991 sans jamais enfiler l'uniforme des Oilers. Je considère toutefois que les Oilers eurent le dessus dans cet échange alors que Vincent Damphousse était à ce moment-là supérieur à Anderson tandis que Fuhr n'était plus désiré. Ils eurent également quelques joueurs d'utilité qui joueront quelques saisons à Edmonton en Thornton et Richardson.

2e niveau:
Damphousse fut le meilleur joueur des Oilers en 1991-92 et Sather déclara même qu'il était le meilleur attaquant québécois après Mario Lemieux, ce qui ne l'empêcha pas de le ré-échanger un an plus tard à Montreal contre Shayne Corson, Brent Gilchrist et Vladimir Vujtek. J'ai déjà analysé cet échange totalement perdant des Oilers dans le passé (voir texte du 9 septembre 2015). Un autre retour sur l'investissement perdant ici.


1994 - Rangers de New York


Échange #3 (4 octobre 1991)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Bernie Nicholls Mark Messier
Louie DeBrusk Considérations futures (Jeff Beukeboom)
Steven Rice
Considérations futures (David Shaw)

1er niveau:
Ici il est clair que les Oilers seraient perdants de n'importe quel échange impliquant Messier, mais comme les autres échanges, ce départ était devenu inévitable. Ils perdirent éventuellement un autre gros morceau en Jeff Beukeboom. Ils reçurent en retour un dur à cuire (DeBrusk) qui joua avec l'équipe jusqu'en 1997 ainsi que d'autres prospects qui n'aboutirent pas à grand chose. La pièce maitresse de cet échange pour les Oilers fut Bernie Nicholls qui ne joua que 49 matchs cette saison-là mais qui récolta tout de même 1 point par match et qui avait encore quelques bonnes saisons dans le corps. Il fut également le 2e meilleur pointeur des Oilers en séries.

2e niveau:
Comme Damphousse avant lui, Nicholls fut ré-échangé rapidement et les Oilers perdirent au change. En janvier 1993, ils envoyèrent Nicholls au New Jersey en retour des attaquants Zdeno Ciger et Kevin Todd. Ciger connut deux saisons potables à Edmonton avant de retourner jouer en République Tchèque en 1996. Todd semblait être un jeune prometteur quelques saisons auparavant avec les Devils mais les Oilers ne furent qu'une de ses nombreuses destinations lors de son parcours de nomade des années subséquentes. Nicholls pour sa part joua jusqu'en 1998-99 tandis que Messier remporta la coupe en 1994 avec les Rangers et joua jusqu'en 2004...



Glen Sather continua ensuite de liquider le restant de ses ex-champions dans des échanges plus ou moins rentables... Encore ici il ne s'agit que des échanges majeurs impliquant des joueurs de l'équipe de 1990, d'autres joueurs mineurs s'en allèrent au travers de ça.

ÉCHANGE #4 (11 décembre 1992)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Roman Oksiuta Kevin Lowe
Choix de 3e en 1993 (Alexander Kerch)


ÉCHANGE #5 (24 février 1993)
EDMONTON CHICAGO
Igor Kravchuk Joe Murphy
Dean McAmmond


ÉCHANGE #6 (17 mars 1993)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Doug Weight Esa Tikkanen


ÉCHANGE #6 (16 juin 1993)
EDMONTON TAMPA BAY
Choix de 3e en 1994 (Brad Symes) Petr Klima


ÉCHANGE #7 (20 juin 1993)
EDMONTON QUÉBEC
Scott Pearson Martin Gélinas

Choix de 6e en 1993 (Nicholas Checco)


ÉCHANGE #8 (1er septembre 1993)
EDMONTON BUFFALO
Jozef Cierny Craig Simpson
Choix de 4e en 1994 (Jussi Tarvainen)


ÉCHANGE #9 (21 mars 1994)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Todd Marchant Craig MacTavish


Tous ces échanges et ce démantèlement firent en sorte qu'au début de la saison écourtée de 1995, il ne restait que 2 joueurs de l'édition championne de 1990, Kelly Buchberger et le gardien Bill Ranford. Ironiquement, les meilleurs échanges de Sather (Weight et Marchant) impliquèrent également les Rangers, qui tentèrent de répliquer la formule des Oilers en s'accaparant de leurs anciens joueurs. En plus de Messier, les Rangers de 1994 comptaient dans leurs rangs 6 autres anciens Oilers (Anderson, MacTavish, Lowe, Beukeboom, Tikkanen et Graves). Plusieurs considèrent que la coupe de 1994 des Rangers est en quelque sorte la 6e des Oilers... Si on considère que les Kings de 1993, finalistes de la Coupe Stanley, avaient également plusieurs ex-Oilers dans leurs rangs, il est à se demander combien de championnats supplémentaires les Oilers auraient pu remporter. Wayne Gretzky a lui-même estimé qu'il aurait pu remporter 3 ou 4 coupes supplémentaires s'il était resté à Edmonton avec le même noyau...

Pour leur part, Buchberger resta avec l'équipe jusqu'en 1999 lorsqu'il fut réclamé au repêchage d'expansion par les Thrashers d'Atlanta tandis que Ranford fut échangé aux Bruins en janvier 1996. Il revint à Edmonton durant la saison 1999-2000 comme agent libre, ce qui fit de lui à ce moment-là le dernier membre survivant de la dynastie encore avec l'équipe.

Nouvelle ère à Edmonton
Weight, Smyth, Joseph, Marchant, Grier et cie.


Au moins Glen Sather commençait à recevoir de meilleurs joueurs en retour et à recommencer à bien repêcher, chose qui faisait défaut durant les années de dynastie. Des joueurs comme Doug Weight et Todd Marchant par exemple ainsi que des choix judicieux comme Jason Arnott et Ryan Smyth. Il réussit également à obtenir les droits sur Curtis Joseph et Mike Grier lorsque les Blues de St.Louis signèrent Shayne Corson comme agent libre avec compensation en 1995. Il réussit même à refiler Dave Manson (obtenu contre Steve Smith) aux Jets de Winnipeg contre l'excellent défenseur Boris Mironov ainsi qu'un choix de 1re ronde (Jason Bonsignore). Ces échanges permirent tranquillement aux Oilers de redevenir respectables en 1997 lorsqu'ils revinrent en séries après 5 ans d'absence. 5 ans d'absence c'est pas mal moins que les 11 dernières années misérables des Oilers mais dans le contexte de post-dynastie, je me demande si ces 5 années ne semblèrent pas plus longues en réalité pour les fans... Quoique la plus récente disette découla de la présence surprise en finale de 2006 et d'un autre exode de joueurs par la suite (Chris Pronger). Pas facile d'être partisan des Oilers...

Sather resta à Edmonton jusqu'en 2000. Il quitta ensuite pour devenir DG des Rangers de New York, chose que j'ai toujours trouvée ironique. Il pouvait désormais garocher des millions à qui il lui plaisait. Des joueurs comme Bobby Holik, Scott Gomez et Chris Drury lui disent encore merci d'ailleurs...


Sources:
Wikipedia
Hockeydb
Cooper and blue