Aux Olympiques, le Canada envoya d’abord une équipe senior. Par moment, il s’agissait de la détentrice de la Coupe Allan. Pendant longtemps ce fut suffisant pour remporter l’or à presque chaque occasion. En 1956, à Cortina d’Ampezzo, les choses ont changé, lorsque l’Union soviétique a remporté la première place.
Il fallut attendre aux Jeux d’Innsbruck, en 1964, pour que le Canada décide de mettre sur pied un programme d’équipe nationale. Comme ceux recrutés devaient demeurer amateur, on attira plusieurs joueurs qui voulaient prolonger leurs études, d’autant plus qu’à ce moment, le parcours universitaire n’était pas aussi valorisé qu’aujourd’hui dans le monde du hockey. Si des joueurs comme Macklin Celebrini qui accèdent au plus haut niveau en passant par l’université sont aujourd’hui nombreux, ce n’était pas le cas à ce moment.
Ce modèle dura jusqu’en 1968, mais lorsqu’en 1970, la Fédération internationale (FIHG ou IIHF) se ravisa et décida de continuer d’exclure les professionnels, le Canada de retira des compétitions internationales. Il n’y eut donc pas d’équipes canadiennes à Sapporo en 1972 et à Innsbruck en 1976.
Pour les Jeux de Lake Placid en 1980 et ceux de Sarajevo en 1984, on utilisa une collection de joueurs juniors, mais les résultats furent décevants (6e et 4e).
Pour les Jeux suivants, en sol canadien, à Calgary, on voulut donc essayer d’améliorer les résultats. Alors que les joueurs professionnels étaient maintenant admis, mais que la Ligue Nationale n’arrêtait pas ses activités pendant les Jeux, on décida de remettre sur pied un programme d’équipe nationale. (Techniquement, il y avait aussi un programme pour 1980 et 1984, mais les équipes furent composées moins d’un an avant les Jeux.) Le Canada termina encore quatrième.
Le programme continua alors son chemin. Toujours dirigée par Dave King, qui était derrière le banc en 1984 et en 1988, l’équipe se devait de disputer de nombreux matchs, à l’étranger, mais aussi à la maison, au fil des ans entre les Jeux.
L’année après les Olympiques, l’équipe disputa des parties dans 32 villes canadiennes.
À l’automne 1989, l’équipe nationale avait à son agenda une tournée de six villes québécoises : Trois-Rivières, Sorel, Thetford Mines, Granby, St-Jean-sur-Richelieu et Maniwaki. Pour cette tournée, l’adversaire était l’équipe olympique de l’URSS, ce qu’on pourrait qualifier d’équipe B, derrière l’équipe nationale. À ce moment, si l’équipe nationale était principalement composée de joueurs de l’Armée rouge, ceux de l’équipe olympique étaient principalement issus du Dynamo de Moscou, le club du KGB.
Le contexte politique était par ailleurs volatile. Au mois de mars précédent, Sergeï Pryakhin avait été autorisé à se joindre aux Flames. En octobre, ce fut au tour de Sergeï Makarov, Igor Larionov, Vyacheslav Fetisov, Helmuts Balderis et quelques autres de se joindre, avec l’accord de la fédération soviétique, à la LNH.
Un mois auparavant, c’était la chute du mur de Berlin.
Vladislav Tretiak faisait aussi partie de la tournée, en tant que porte-parole. Dans toutes les villes, on vit que son aura légendaire était toujours intacte. On lui posa d’ailleurs de nombreuses questions sur la situation politique, sur Mikhaïl Gorbatchev et sur l’état du hockey soviétique. Il en profita aussi pour venir à la défense de son compatriote Sergeï Mylnikov, qui avait de sérieux problèmes d’adaptation avec les Nordiques.
La commande s’annonçait donc lourde pour l’équipe canadienne, qui avait compilé une fiche de 7-19-1 contre l’URSS l’année précédente.
Le premier match à Granby a été serré, en se terminant par une nulle de 1-1. Les matchs suivants ont été compétitifs, mais toujours en faveur des Soviétiques, qui l’emportèrent 5-3 à Thetford Mines, 4-2 à Sorel et 5-2 à Trois-Rivières.
Les articles de l’époque notent du côté des visiteurs un jeu rapide et relevé, basé sur le contrôle de la rondelle et des passes vives, mais sans lancer dans le fond de la zone adverse.
Le 8 décembre, je me suis présenté au Colisée de St-Jean-sur-Richelieu (aujourd’hui Colisée Isabelle Brasseur et qui était à ce moment le domicile des Lynx de la LHJMQ) et payé 15$ pour assister au cinquième duel de cette série.
Si le niveau de jeu était relevé, le match fut à sens unique. Après 4 buts, le gardien canadien, Ed Belfour, fut remplacé par Warren Skorodenski. Les compteurs pour l’URSS furent Alexander Galchenyuk (le père de l’autre, deux fois), le futur Nordique Mikhaïl Tatarinov et le futur Devil Alexander Semak.
À la fin de la première période, la marque était de 5-0, après quoi les Soviétiques ont de toute évidence mis la pédale douce.
En bout de ligne, l’URSS l’a emporté 7-1. C’est l’ex-Wing, Ranger, Penguin et Leaf Mike Blaisdell qui a évité le blanchissage à l’unifolié. Parmi les autres joueurs canadiens, notons le futur Wing Kris Draper, l’ex-Nordique (et actuel entraîneur du Kraken) Lane Lambert, Daniel Poudrier, Yves Héroux et Bobby Dollas, qui ont aussi tous joué à Québec.
Le match était organisé par l’association locale de hockey mineur et devait servir de levée de fonds, mais l’assistance très décevante de 1054 spectateurs a plutôt généré un déficit de 8300$. La foule fut aussi modeste à Thetford Mines (1200 spectateurs) et Trois-Rivières (1562 personnes). Dans ce dernier cas, il faut toutefois dire que le match a eu lieu quelques heures après l’horrible massacre de la Polytechnique.
La foule fut un peu plus intéressante à Granby (1920 spectateurs) et Sorel (2175 personnes).
Le dernier match, tenu à Maniwaki, fut toutefois un franc succès. Pour l’occasion, on changea les lumières de l’aréna, on se procura de nouveaux filets et on peignit le drapeau soviétique sur la patinoire (une attention qui ne passa pas inaperçue chez les visiteurs). Alors que l’endroit était rempli à capacité (1800 places), les Soviétiques n’ont, une fois de plus, fait qu’une bouchée de leurs adversaires, 7-1.
Cette série a suscité des questions quant à la pertinence du programme. D’abord, comme en témoignent les foules, l’intérêt dans la population n’était pas si élevé. Et dans de pareilles circonstances, est-ce qu’un groupe disparate de joueurs juniors réunis en quelques mois (comme ceux envoyés à Lake Placid et Sarajevo) aurait fait pire qu’une fiche de 0-5-1?
Et comme l’a exprimé l’entraîneur-adjoint Guy Charron, lorsque le programme allait chercher des joueurs très (trop?) talentueux, ceux-ci étaient ensuite rappelés par leur équipe professionnelle ou ils se faisaient offrir des contrats, que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe et le programme les perdait. D’ailleurs ni Belfour, ni Draper ou Blaisdell ou Dollas ou Lambert ne firent partie de l’équipe aux Jeux d’Albertville en 1992.
Il y eut aussi une forme d’équipe nationale à Lillehammer en 1994, mais le tout n’était plus nécessaire avec l’arrivée des vedettes de la LNH à Nagano en 1998.
Comme Gary Bettman a boudé PyeongChang en 2018 et Beijing en 2022, il y eut des équipes éphémères, mais nous voici en 2026 avec le retour des joueurs de la Ligue Nationale. En espérant que ça demeure…
Sources :
″L’URSS contre le Canada au Colisée″ d’Yves Mallette, 25 octobre 1989, Le Canada Français, page A74,
″Les Soviétiques s’en viennent″ d’Yves Mallette, 29 novembre 1989, Le Canada Français, page A55,
″URSS-Canada : une première inoubliable″ de Gaétan Roy, 4 décembre 1989, La Voix de l’Est, page 22,
″Ballet sur glace en trois périodes″, de Louis Ménard, 6 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 25,
″Les apparences sont si souvent trompeuses″, de Louis Ménard, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 23,
″Un programme pour les médailles ou le hockey?″ de Louis Ménard, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 23,
″Ti-Guy n’est pas venu″ de Louis Ménard et François Houde, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 27,
″Vitesse d’exécution ultra-rapide″ d’Yves Mallette, 8 décembre 1989, Le Canada Français, page A70,
″Une équipe soviétique de qualité″ d’Yves Mallette, 8 décembre 1989, Le Canada Français, page A70,
″Nette supériorité de l’équipe soviétique″ de Léandre Drolet, PC, 9 décembre 1989, Le Droit, page 89,
″Maniwaki n’a rien ménagé…″ de Michel Gauthier, 11 décembre 1989, Le Droit, page 40,
″Nous l’avons eu notre test – Dave King″ de Mario Simard, PC, 11 décembre 1989, Le Droit, page 40,
″Dans le rouge pour les «Rouges»″ d’Yves Mallette, 13 décembre 1989, Le Canada Français, page A71
″Un bon spectacle… à sens unique″ d’Yves Mallette, 13 décembre 1989, Le Canada Français, page A72.
Revoici (un an plus tard) le deuxième chapitre de ma série sur le démantèlement de quelques équipes championnes de la Coupe Stanley. C'est un peu un de mes sujets fétiches car j'aime bien analyser la longévité du noyau d'une équipe qui a remporté les grands honneurs. J'espère un jour pouvoir faire un Top 5 des plus longues et moins longues longévités d'un noyau gagnant. Mais pour l'instant concentrons nous sur ce long article. Dans le premier chapitre, j'ai parlé du démantèlement de la dynastie des Islanders de New York des années 80. J'avais aussi parlé auparavant de l'exode de masse chez les Oilers après leur propre dynastie. Cette fois-ci il n'est pas question d'une dynastie alors que les Flames n'ont gagné qu'une seule coupe durant leur histoire. Mais selon plusieurs il aurait pu (ou dû) en être autrement alors que les Flames semblaient avoir tous les ingrédients pour remporter plus d'un titre, si ce n'est que de défendre leur titre en 1990. Cependant il en fut autrement et les Flames, malgré qu'ils demeurèrent une équipe très compétitive, ne dépassèrent plus jamais la première ronde jusqu'à leur parcours cendrillon en finale lors des séries de 2004.
Voici donc ce qui s'est passé chez les Flames après 1989 et comment les membres de cette équipe championne ont tour à tour quitté le bateau.
HISTORIQUE
Premièrement un petit historique de l'ère pré-coupe à Calgary. Les Flames débutèrent en Alberta pour la saison 1980-81 après un déménagement d'Atlanta où la franchise avait débuté ses activités en 1972. Les Flames n'étaient pas nécessairement mauvais à Atlanta, ayant une fiche victorieuse lors des 6 dernières saisons avant le déménagement. Ils eurent cependant peu de succès en séries, n'ayant jamais franchi la deuxième ronde, et peinaient à attirer des spectateurs. Leur propriétaire éprouvait également des difficultés financières et avec aucun acheteur local potentiel, les Flames furent vendus à un consortium d'hommes d'affaires de Calgary. Leur première saison à Calgary fut un succès alors qu'ils terminèrent avec 92 points et se rendirent jusqu'en finale de conférence où ils s'inclinèrent en 6 matchs contre les North Stars.
Ce premier succès ne fut toutefois que de courte durée alors que l'équipe régressa en 1981-82. Le directeur général de l'équipe, Cliff Fletcher, était en place depuis les débuts de l'équipe à Atlanta. Il fit alors une analyse profonde de son équipe et décida de se départir de plusieurs ''restants'' de l'époque d'Atlanta qu'il estimait ineptes à s'adapter à un environnement plus compétitif où la pression était plus importante qu'en Géorgie. Fletcher fit donc plusieurs transactions au cours des années suivantes qui lui permirent d'amener l'équipe à un niveau supérieur où ils pourraient rivaliser avec les autres puissances de la ligue, surtout leurs voisins d'Alberta, les redoutables Oilers.
Fletcher avait déjà réalisé un grand coup et établi la base de sa nouvelle vision durant la saison 81-82 en se portant acquéreur deleur futur capitaine Lanny McDonald des Rockies du Colorado en retour de Don Lever et Bob MacMillan. Plusieurs anciens de l'époque Atlanta suivirent comme Eric Vail, Guy Chouinard et Willi Plett qui partirent à leur tour dans plusieurs échanges subséquents. Une de ses meilleures transactions fut toutefois celle de juin 1985 qui envoya leur as marqueur Kent Nilsson aux North Stars en retour d'un choix de deuxième ronde en 1985. Ils mirent ensuite la main sur un autre futur capitaine en sélectionnant Joe Nieuwendyk avec ce choix. Nieuwendyk remporta le trophée Calder en 1988, deux ans après que son coéquipier, le défenseur Gary Suter ait également remporté le titre de recrue de l'année.
Les Flames avaient l'habitude de faire du travail remarquable au repêchage alors que des choix judicieux comme Hakan Loob (1980), Al MacInnis (1981), Mike Vernon (1981), Suter (1984), Gary Roberts (1984), Jiri Hdrina (1984), Nieuwendyk (1985) et Theoren Fleury (1987) vinrent former le noyau de cette future équipe championne. L'équipe eut également la main heureuse en signant deux joueurs non-repêchés, Joel Otto (en 1984) et le défenseur Jamie Macoun (en 1982).
Fletcher continua de bien entourer ces excellents choix, surtout en transigeant avec les Blues de St.Louis alors qu'il y eut plusieurs échanges entre les deux équipes durant la décennie. Les Flames obtinrent entre autres des Blues l'attaquant Joe Mullen (février 1986), les défenseurs Ric Nattress (juin 1987) et Rob Ramage (mars 1988) ainsi qu'un autre très bon coup avec l'acquisition de l'attaquant Doug Gilmour (sept. 1988).
Fletcher obtint également deux autres bons défenseurs en Dana Murzyn(Whalers) et Brad McCrimmon (Flyers) pour presque rien. Toutefois les Flames perdirent un gros morceau lors de l'acquisition de Ramage et du gardien Rick Wamsley des Blues alors qu'ils donnèrent la future super-vedette Brett Hull en retour... Ceci demeure une des pires transactions de l'histoire mais tout de même, Fletcher avait une bonne moyenne au bâton en terme de ses transactions effectuées avec les Flames.
Mike Vernon
Les Flames formèrent donc une redoutable équipe et ce même avant l'arrivée de plusieurs vedettes comme Fleury, Nieuwendyk et Gilmour. Cependant ils durent franchir l'obstacle de taille qu'était les redoutables Oilers pour se rendre jusqu'aux grands honneurs. Pour se faire, ils durent profiter des rares moments de faiblesse des Oilers. Ils se rendirent en finale en 1986 contre les Canadiens mais ce fut surtout dû à la fameuse erreur du défenseur Steve Smith des Oilers qui envoya la rondelle dans son propre filet lors du 7e match de la demi-finale. La finale mit donc en vedette deux gardiens recrues en Vernon et son éternel rival Patrick Roy qui remportât cette première confrontation.
La saison 1988-89 fut l'année de consécration pour les Flames alors que les astres furent parfaitement alignés pour un retour en finale. Aidés pas leurs nombreux nouveaux joueurs vedettes et par le départ de Wayne Gretzky à Los Angeles, les Flames remportèrent le trophée du Président avec une récolte de 117 points, soit deux points de plus que Montréal avec 115 points. Les deux équipes se retrouvèrent donc en finale mais cette fois les Flames l'emportèrent en 6 matchs, devenant au passage la seule équipe à avoir remporté la Coupe Stanley contre les Canadiens sur la glace du mythique Forum de Montréal. Il s'agit également à ce jour du dernier duel canadien en finale.
Cette finale demeure également mémorable pour nous avoir donné ce moment d'anthologie. Même si on était triste pour le Canadien, tout le monde aimait Lanny McDonald...
L'ÉQUIPE
Voici l'équipe championne des Flames de 1989. Entre parenthèses vous retrouverez les années du joueur avec l'organisation.
Centres
Jiri Hrdina (87-91), Joe Nieuwendyk (86-95), Joel Otto (84-95), Doug Gilmour (88-92)
Ailiers
Joe Mullen (85-90), Lanny McDonald (81-89), Gary Roberts (86-96), Colin Patterson (83-91), Hakan Loob (83-89), Theoren Fleury (88-99), Tim Hunter (81-92), Mark Hunter (88-91), Jim Peplinski (80-90, 95), Brian MacLellan (88-91)
Défenseurs
Al MacInnis (81-94), Brad McCrimmon (87-90), Dana Murzyn (87-91), Ric Nattress (87-92), Gary Suter (85-94), Jamie Macoun (82-92), Rob Ramage (87-89)
Gardiens
Mike Vernon (82-94, 00-02), Rick Wamsley (87-92)
Entraineur: Terry Crisp
Assistants: Tom Watt, Doug Risebrough
GM: Cliff Fletcher
LE DÉMENTÈLEMENT
Le premier gros morceau du casse-tête à partir fut bien sûr McDonald, lui qui termina sa carrière de la meilleure manière possible avec ce but. Il était ce qu'on peut dire la fondation de l'équipe, alors qu'il fut amené à Calgary pour son leadership et son caractère. Fletcher avait même tenté de l'amener à Atlanta dès la saison 1974-75, dans un échange qui fut avorté par les Maple Leafs. Il était probablement écrit dans le ciel que qu'il ne serait plus un grand facteur dans l'équipe même s'il était resté. Âgé de 36 ans, il avait considérablement ralenti avec seulement 18 points durant la saison et fut d'ailleurs laissé de côté lors de la finale après le deuxième match. Il fût bien sûr rhabillé pour le 6e match décisif. Néanmoins, son départ a sans doute contribué à une baisse de moral et de leadership dans la chambre.
Durant les séries, Hakan Loob, un des meilleurs joueurs des Flames des années précédentes, déclara qu'il contemplait de retourner en Suède. Il avait précédemment refusé une extension de contrat, car il voulait que ses enfants soient éduqués dans leur pays natal. La fait que les Flames remportèrent la Coupe lui permit de partir sans trop de regret. L'équipe opta également de ne pas garder le défenseur Rob Ramage, qu'ils échangèrent aux Maple Leafs contre un choix de 2e ronde (Kent Manderville). Ramage amenait une bonne profondeur derrière le duo MacInnis-Suter. Il fut ensuite nommé capitaine par les Leafs.
Les Flames ne purent donc répliquer leurs succès de 1989 la saison suivante. Ils terminèrent la saison avec 99 points (quand même deuxièmes au classement général). Leur meilleur marqueur de 1989, Joe Mullen, vit sa production passer de 110 à 69 points, une chute de 41 points. Les Flames croyaient qu'il était sur le déclin à 33 ans et l'échangèrent aux Penguins en juin 1990. Ils n'obtinrent que très peu en retour, seulement un choix de 2e ronde, qui devint le défenseur québécois Nicolas Perreault et qui ne se rendit jamais à la LNH. Mullen mit un an à retrouver sa touche mais obtint finalement 42 buts et 87 points en 1991-92 et remporta deux autres coupes Stanley à Pittsburgh, dont une sous les ordres de son ancien entraîneur à Calgary, Bob Johnson. Le centre Jiri Hrdina, un bon joueur de soutien, fut également échangé aux Penguins en décembre 1990.
Les choses n'allaient pas très bien dans le vestiaire des Flames en 1989-90, alors que plusieurs conflits éclatèrent entre Terry Crisp et ses joueurs. Crisp était un vieux de la vieille ayant fait partie des Broad Street Bullies lors de sa carrière de joueur. Il avait l'habitude de crier au lieu de parler et plusieurs joueurs vétérans des Flames étaient toujours déçus du départ de son prédécesseur Johnson en 1987. Un nouveau venu avec les Flames en 1989-90, le légendaire Sergei Makarov (également recrue de l'année), aurait dit à Crisp: “Tikhonov? Bad guy, good coach. You? Good guy, bad coach.” Certains énoncèrent même que les Flames de 1989 auraient gagné la coupe avec n'importe quel entraîneur.
Les choses dégénérèrent lors des séries de 1990 alors que les Flames perdirent en première ronde contre Gretzky et les Kings. Crisp perdit probablement sa job lors du 4e match, que les Flames perdirent 12-4... Il fut remercié peu après l'élimination de l'équipe et fut plus tard remplacé par son adjoint, Doug Risebrough.
Les changements à la direction sont certainement un des éléments clé de ce démantèlement et du pourquoi que les Flames soient passés aussi rapidement d'équipe championne à équipe de second-plan et ensuite jusqu'à rater les séries lors des années subséquentes.
L'élément déclencheur selon moi (et plusieurs fans des Flames) fut le départ de Cliff Fletcher après la saison 1990-91. Après presque 20 ans dans l'organisation, Fletcher fut attiré par les Maple Leafs et devint leur nouveau directeur général. Il hérita alors d'une formation moribonde à Toronto et c'est alors qu'il repartit de plus belle et rebâtit complètement l'équipe. Il eut toutefois un coup de main magistral de la part de son successeur à Calgary, Doug Risebrough. En janvier 1992, Fletcher et son ancien acolyte orchestrèrent le plus grand échange de l'histoire en terme du nombre de joueurs impliqués, soit 10 joueurs.
Doug Gilmour
La pièce maîtresse de cet échange fut Doug Gilmour. En conflit constant avec Risebrough, qui occupait la double fonction d'entraîneur et DG, Gilmour était misérable à Calgary et déserta l'équipe après le nouvel an en attendant un échange. C'est alors que Fletcher et Risebrough s'échangèrent les joueurs suivants; les Flames reçurent Gary Leeman, Michel Petit, Jeff Reese, Craig Berube et Alexander Godynyuk. En retour, les Leafs reçurent Gilmour, Jamie Macoun, Ric Nattress, Rick Wamsley et Kent Manderville.
Cet échange (qui marqua le départ de 4 ex-champions) fut immédiatement ridiculisé par les médias et les fans. Avec raison. Gilmour, déjà un excellent joueur, devint une super-vedette à Toronto, incluant une saison de 127 points en 1992-93 en plus de remporter le trophée Selke. Pendant ce temps, Leeman, un ancien marqueur de 50 buts, n'en marqua que 11 en 59 matchs sur deux saisons à Calgary et fut subséquemment échangé aux Canadiens en 1993. Même en enlevant Gilmour de l'équation, les Flames perdirent au change alors que les 5 joueurs obtenus n'aboutirent qu'à très peu à Calgary tandis que leurs collègues à Toronto changèrent la culture de l'équipe et les ramenèrent au niveau d'équipe respectable. Pendant ce temps, les Flames ratèrent les séries en 1991-92, une première dans l'histoire de la franchise à Calgary et la première fois depuis 1975 à Atlanta.
Les Flames retournèrent en séries en 1993, mais s'inclinèrent encore une fois en première ronde. Le départ de Gilmour est selon plusieurs le début de la fin pour l'équipe championne de 1989. Malgré tout, le noyau était toujours solide avec Fleury, Nieuwendyk, Roberts, Otto, MacInnis, Suter et Vernon, mais le départ de plusieurs vétérans et membres de soutien de l'équipe championne commença à laisser des marques, surtout avec un certain manque de relève. Les deux plus vieux joueurs de l'équipe, originaire du repêchage de 1979 quand l'équipe était toujours à Atlanta, étaient Jim Peplinski et Tim Hunter. Les deux quittèrent l'équipe en 1990 et 1992 respectivement. Peplinski tenta un retour en 1995 mais cette expérience ne dura que 5 matchs. La défense commençait également à faire défaut après les départs subséquents de Ramage, Macoun, Nattress, ainsi que celui de Dana Murzyn en 1991. On vit également en 1991 le départ de trois autres attaquants de soutien durant le parcours de 1989, soit Colin Patterson, Mark Hunter et Brian MacLellan.
L'HÉCATOMBE
La grande hécatombe (ou point de non-retour) survint en 1994 et l'été qui suivit alors que les deux piliers de la défense des Flames depuis presque 10 ans, Gary Suter et Al MacInnis furent tous les deux échangés à quelques mois d'intervalle. Suter fut le premier à être sacrifié lors d'un échange à 3 équipes impliquant 9 joueurs avec les Whalers et les Blackhawks. Au final, Suter aboutit avec les Hawks tandis que les Flames mirent la main sur Michael Nylander, James Patrick et Zarley Zalapski.
MacInnis, probablement le meilleur joueur de l'équipe et récipiendaire du Conn Smythe en 1989, quitta également le bateau en juillet 1994 après avoir signé une offre des Blues de St.Louis. En compensation, les Flames reçurent le défenseur Phil Housley et un choix de 2e ronde en 1997.
Ces deux départs ne furent pas sans douleur pour les joueurs impliqués, alors qu'ils étaient heureux à Calgary. Cependant, Suter était souvent blessé et il devenait risqué de le garder à Calgary. Pour sa part, MacInnis reçut plus d'argent des Blues mais évoqua qu'il désirait également relever un nouveau défi à St.Louis.
Al MacInnis
Quelques jours avant le départ de MacInnis, ce fut au tour du gardien vedette de l'équipe, Mike Vernon de plier bagage en étant échangé aux Red Wings en retour du défenseur Steve Chiasson. Les Flames croyaient qu'il était temps de laisser la place de gardien numéro un à Trevor Kidd, leur choix de 1re ronde en 1990. Vernon raconta plus tard que ce fut une bénédiction de changer d'air après 10 ans à Calgary. La légende raconte qu'il aurait même influencé son grand rival Patrick Roy à demander lui aussi une transaction lors d'une rencontre dans un restaurant le jour du fameux match du 2 décembre 1995 entre les Red Wings et le Canadien.
Il va sans dire qu'à l'instar de leurs voisins d'Edmonton et des autres petits marchés de la ligue, les nouvelles réalités économiques de la LNH commencèrent à peser lourd dans la balance. À l'aube de la saison 1995-96, le capitaine Joe Nieuwendyk et la direction étaient en impasse contractuelle et Nieuwendyk refusa de se rapporter à l'équipe. Dans un moment charnière de l'histoire de l'équipe, il fut finalement échangé aux Stars de Dallas un peu avant Noël. En retour, les Flames mirent la main sur Corey Millen et leur futur vedette et capitaine, Jarome Iginla.
Les Flames avaient également perdu leur spécialiste défensif, Joel Otto, durant l'été 1995 alors qu'il ne put également s'entendre avec l'équipe sur un nouveau contrat. Il signa comme agent libre avec les Flyers.
Donc après cet hécatombe de 1994 et 1995, il ne restait plus que 2 membres de l'édition 1989 dans l'alignement des Flames.
LES DERNIERS MEMBRES
Les Flames durent également tourner la page au sujet d'un des derniers vétérans restants de 1989 après la saison 1995-96, lorsque Gary Roberts opta de prendre sa retraite après plusieurs problèmes de blessures persistantes au cou qui semblèrent mettre fin prématurément à sa carrière. Il remporta d'ailleurs le trophée Masterton en 1996. Il parvint toutefois à revenir au jeu après un an de traitement et de convalescence. Cependant il obtint des Flames la possibilité d'être échangé à un club de l'association est afin qu'il n'ait pas à voyager autant que dans l'ouest, et ainsi optimiser sa réhabilitation. Il fut donc échangé en août 1997 aux nouveaux Hurricanes de la Caroline avec Trevor Kidd, en retour d'Andrew Cassels et de Jean-Sébastien Giguère. Parmi toute l'édition de 1989, c'est Roberts qui prit sa retraite en dernier, soit après la saison 2008-09, qu'il passa avec le Lightning.
Theoren Fleury
C'est donc à l'électrisant Theoren Fleury que revient l'honneur d'être le dernier membre de l'équipe championne de 1989 à quitter Calgary. Également en impasse contractuelle durant la saison 1998-99, l'équipe ne voulait pas risquer de le perdre pour rien et voulait continuer de rebâtir. Les Flames avaient terminé la saison précédente avec seulement 67 points et allaient rater les séries pour une troisième saison consécutive. Il était même question d'un possible déménagement, alors que les assistances étaient en baisse depuis quelques saisons. Alors l'équipe continua son virage jeunesse et envoya Fleury à l'Avalanche du Colorado en février 1999 en retour de René Corbet, Robyn Regehr et Wade Belak. Il était à ce moment le meneur pour les points dans l'histoire de la franchise avec 830. Il fut éventuellement dépassé par Iginla, mais demeure depuis au deuxième rang.
Vernon effectua toutefois un retour à Calgary en 2000-01. Après avoir été sélectionné au repêchage d'expansion par le Wild du Minnesota, ces derniers l'envoyèrent à Calgary où il joua ses deux dernières saisons avant de prendre sa retraite en septembre 2002. Il est donc le dernier membre officiel de l'édition 1989 à avoir joué pour l'équipe... *en saison régulière comme on le verra plus loin. Lui et Lanny McDonald sont les deux seuls membres des Flames de 1989 à avoir leur numéro retiré par l'équipe, en compagnie de Jarome Iginla. Quoique leur numéro ne furent pas officiellement retirés, MacInnis et Nieuwendyk font partie de l'initiative ''Forever a Flame'' et une bannière en leur honneur est également dans les hauteurs du Saddledome de Calgary. Le numéro 14 de Fleury n'a également pas été porté chez les Flames depuis 1999.
En 2009, soit 20 ans après la conquête, ce même Fleury tenta un retour au jeu car il était déçu de la façon dont il termina sa carrière controversée. Il obtint de la ligue une absolution, car il était toujours sous le coup d'une suspension imposée par la ligue en 2003 pour enfreinte à la politique de consommation de drogues. Il engagea un entraîneur personnalisé et obtint un essai professionnel de la part des Flames. Il fit un retour triomphal devant ses anciens fans durant les matchs pré-saisons de la saison 2009-2010 et obtint 4 points en 4 matchs. Cependant, il fut libéré par l'équipe car il ne fit pas assez bonne impression pour faire partie du Top 6 en attaque chez les Flames, une condition qu'il avait accepté avant son essai. Il opta donc de prendre sa retraite définitive en tant que membre des Flames, refusant d'aller tenter sa chance avec une autre équipe. Il est donc officiellement (si on inclut les matchs pré-saison) le dernier membre de l'équipe de 1989 à avoir joué dans la LNH.
Tentative de retour de Fleury en 2009
CONCLUSION
Les Flames continuèrent lentement mais surement de remonter la pente après le départ de ses derniers champions. Ils ratèrent toutefois les séries durant 7 saisons consécutives (1997 à 2003) jusqu'à leur parcours surprise jusqu'à la finale en 2004. Ils retombèrent dans le même pattern lors des années suivantes en s'inclinant en première ronde pendant 4 saisons consécutives, avant de rater les séries de nouveau et ce pendant 5 saisons.
Depuis 2015, ils font les séries une année et les ratent l'année suivante. Ils les ont fait l'an dernier après une saison de 107 points, leur meilleure saison depuis 1989. Les paris sont ouverts sur qui sera la prochaine équipe canadienne à remporter le fameux trophée. Pour ma part j'aimerais bien qu'il y ait un ''troisième round'' entre les Canadiens et les Flames pour 2020...
Quelques mois avant les Jeux Olympique 1988 de Calgary, l'IIHF permit aux équipes nationales d'aligner des joueurs professionnels dans leur rang. Cela permettait de mettre terme à l'éternel débat sur le statut des joueurs de l'URSS (payé par l'armée afin de jouer au hockey, tout en restant "amateur"). Cela ouvrait également la porte aux joueurs de la LNH de jouer pour leur pays. Cependant, contrairement à de nos jours, la LNH ne prévoyait pas mettre ses activités sur pause afin de permettre à ses meilleurs éléments de participer aux Olympiques.
Cela ouvrit la porte à Andy Moog, alors avec les Oilers d'Edmonton. N'étant pas satisfait de son utilisation lors des dernières séries éliminatoires, il avait demandé un échange aux Oilers mais sa demande fut refusée. Moog décida de ne pas accepter la prolongation de contrat que lui offrait Glen Sather d'une valeur de 150 000$ pour un an (ce qui représentait une hausse de 10% de son salaire de la saison précédente) et décida de faire la grève.
En grève, Moog se retrouvait donc sans salaire sans emploi car, à l'époque, le statut des joueurs autonome n'était pas comme il est aujourd'hui. Même s'il n'avait pas de contrat en poche avec les Oilers, les droits de Moog leur appartenaient toujours.
C'est alors que IGA (oui, oui, les épiceries), lui offrit un contrat publicitaire de 175 000$ afin qu'il rejoigne l'équipe nationale canadienne (et en échange de publicité, il va s'en dire), ce qu'il fit en septembre 1987. De plus, en temps que membre de l'équipe canadienne, Moog recevait un per diem de 50 000$ du programme d'assistance aux athlètes olympique. Il recevait donc 75 000$ de plus que s'il avait joué avec les Oilers.
Il disputa 27 matchs d'exhibition avec l'équipe canadienne, partageant le filet avec Sean Burke (qui allait débuter dans la LNH avec les Devils en mars 1988). Il aida le Canada à remporter le "Trophée Izvestia" (aujourd'hui la "Channel One Cup") en décembre 1987, alors que l'équipe canadienne était grandement négligé. Ce n'était d'ailleurs que la cinquième fois que l'Union Soviétique ne remportait pas ce tournoi, qui se déroulait à Moscou.
Lors des Jeux Olympiques, Moog fit une très belle impression, remportant les quatre match auxquels il prit part. Malheureusement, Burke de son côté subit des défaites aux mains de l'Union Soviétique, de la Finlande et une nulle face à la Suède. Les résultats finaux firent terminer l'équipe au pied du podium.
Ce qui est cocasse dans les prestations de Moog lors des Jeux Olympiques, c'est son masque. Dû à un règlement de l'IIHF, il ne pouvait porter de grille de style "cat-eye", qui offre une excellente visibilité. Il décida donc de retourner à son ancien casque Cooper. Mais au lieu de choisir une grille de type "cage" (comme Burke décida de faire), il fit installé une visière Itech, question d'avoir une visibilité semblable à sa grille "cat-eye". Étant moi-même gardien, jamais je me sentirais en sécurité derrière une visière versus une grille. Bref, choix personnel...
Moog, Zarley "ZZ" Zalapski, Steve Tambellini
Après les Jeux, Glen Sather revint à la charge, offrant à Moog de le réintégrer dans l'équipe. Ce dernier redemanda plutôt à être échangé, voulant passer à autre chose. Sather réalisa son souhait le 8 mars 1988, l'expédiant à Boston en retour de Geoff Courtnall et du gardien Bill Ranford.
Ce qui est ironique, c'est que Moog retourna en finale de la coupe Stanley à deux reprises avec Boston, en 1988 et 1990, chaque fois dans une cause perdante face ... aux Oilers
Lorsqu'on parle du "Golden Goal", on fait souvent référence au but de Sidney Crosby lors des Olympiques de Vancouver en 2010. Pourtant, 16 ans plus tôt, c'est le Canada qui fut victime d'un "Golden Goal".
Deux ans après avoir remporté la médaille d'argent aux Jeux d'Albertville, le Canada ne faisait pas partie des pays favoris dans le tournoi de hockey lors des Jeux de Lillehammer. Le départ de plusieurs joueurs de l'édition 1992 pour la LNH (Lindros, Burke, Juneau entre autre) fit en sorte que la Finlande et la Suède étaient considéré favoris.
Malgré tout, en demi-finale l'équipe Canadienne réussit à vaincre la Finlande, qui était jusqu'alors invaincue dans le tournoi, au compte de 5-3. Ils croisèrent le fer en finale contre la Suède. Contre toute attente, le Canada menait le match 2-1 mais, avec moins de 2 minutes à faire, la Suède égala la marque. Après 10 minutes de prolongation, les deux équipes se disputèrent une fusillade. À prime abord, l'équipe canadienne avait prévu utiliser le gardien auxiliaire Manny Legace en cas de fusillade. Il était meilleur que Corey Hirsch dans cette facette et Hirsch avait disputé tout les matchs du Canada. Malheureusement pour le plan initial, Legace reçut une rondelle directement sur le genou pendant l'échauffement d'avant-match et ne put prendre part à la partie.
Malgré tout, Hirsch se débrouilla fort bien. Après 6 lancers de chaque côté, l'égalité persistait et c'était rendu à la Suède d'envoyer un tireur. Sentant trop de pression, Mats Näslund et Håkan Loob refusèrent de s'élancer. C'est donc Peter Forsberg (qui avait déjoué Hirsch plus tôt dans la séance de tirs de barrage) qui prit la place et réalisa une des plus belles feintes de l'histoire du hockey.
La précédente photo a été prise par Al Behrman de l'Associated Press et est souvent reconnue comme étant "la" photo. Cependant, Gary Hershorn de Reuters était positionné juste au côté de Behrman et prit le cliché une fraction de seconde avant lui.
Personnellement, c'est cette dernière photo qui me vient en tête lorsque je pense à cette finale du 27 février 1994, et c'est d'ailleurs la photo de Hershorn qui fut utilisée en Suède pour réaliser un timbre commémoratif.
Encore gêné à l'époque par ce but accordé, Corey Hirsch avait refusé de donner son accord pour la reproduction. C'est pourquoi il a été remplacé par un gardien portant le numéro 11 et un équipement bleu. Mais dans une reproduction PlayMobil, il a repris son équipement rouge.
Toute la séquence du but est aussi inoubliable en soit ..
Forsberg en approche (photo prise du vidéo Youtube)
Juste avant de pousser rondelle derrière le gardien canadien
Hirsch a effleuré la rondelle ! S'il l'avait arrêté, le texte que vous lisez n'aurait
pas vu le jour ...
Sur la dernière photo, la rondelle est désormais derrière la ligne rouge. Mais j'ai été incapable de trouver une photo où l'on voyait clairement la rondelle dans le filet.
Forsberg, après avoir marqué le but qui donnait l'avance à la Suède
Mais le but de Forsberg ne donna pas l'or immédiatement à la Suède. Il restait un tir au Canada et c'est Paul Kariya qui s'exécuta. Tentant de loger la rondelle dans le coin supérieur droit alors que le gardien suédois Tommy Salo s'était déplacé du côté inverse ...
... Salo étira la jambière gauche et fit, ce que mon fils de 5 ans appellerait, "un quel arrêt !"
La déception pouvait se lire sur les visages canadiens ...
... alors que les Suédois célébraient.
Outre le timbre, le but de Forsberg fut immortalisé sur une carte de hockey. Ce que j'aime d'ailleurs de cette carte, c'est l'endos, car nous avons une vue de derrière le filet, photo que je n'ai trouvé nulle part ailleurs.
J'adore ses jambières Heaton avec les feuilles d'érable
Suite à ces Olympiades, Corey Hirsch est allé participer à la conquête de la coupe Stanley par les Rangers de NY en tant que 3e gardien. Après une autre année dans l'AHL, il fut échangé au Canucks de Vancouver. Malheureusement, il a développé un trouble obsessionnel compulsif qui a quelque peu fait dérailler sa carrière. Il se promena entre la LNH et l'AHL avant de finir sa carrière de joueur en Allemagne. Il cumula une fiche globale dans la LNH de 34 victoires, 45 défaites et 14 matchs nuls. Je vous invite à lire le texte qu'il a partagé sur le site "The Player's Tribune" en février 2017.
Dès la saison suivante, Forsberg rejoint les Nordiques de Québec qui l'avait acquis dans la transaction Lindros, où il démontra ses talents aux yeux de tous. Malheureusement, ses multiples blessures l'ont empêché d'accumuler plus de 885 points en 708 matchs.
Bienvenue à notre clavardage en direct du match Canada vs. Corée
Il s'agit d'une première expérience pour nous et on s'est dit qu'un match olympique un dimanche matin à 7h10 était la meilleure occasion de tester ça. Vous serez accompagné ici par nos collaborateurs qui se joindront peu à peu à la conversation au fur et à mesure qu'ils se lèveront et auront pris leur café.
Vous pouvez nous envoyer des questions ou des commentaires en direct, ils ne s'affichent pas sur la page mais nous les voyons et nous ferons notre possible pour y répondre.
Dans un plan d’expansion plutôt nébuleux, la LNH a fait savoir qu’elle pourrait ajouter deux équipes… mais pas nécessairement.
Et pour ce résultat incertain, il faut déposer 10 millions de $, dont 2 millions sont non remboursables.
Devant cette approche pour le moins arrogante, surprise! Les prétendants sont moins nombreux que prévu. Seattle, qui a plus été courtisée par la LNH que l’inverse, s’est abstenue. En bout de ligne, il n’y a que deux candidates, Las Vegas et Québec. L’idée de mettre deux autres équipes dans l’ouest pour avoir 16 équipes dans chacune des conférences devient donc plus compliquée.
Est-ce par contre à dire que l’affaire est dans le sac pour Québec? Bien que je le souhaite ardemment, j’attendrai avant de me réjouir. La LNH pourrait changer d’idée, prolonger les délais pour les mises en candidature ou n’ajouter qu’une seule équipe. Après tout, ce ne serait pas la première fois que la ligue snobe le Canada. En voici des exemples :
Vancouver rate l’expansion de 1967
Après 25 ans à six équipes, la LNH décide de doubler ses cadres. Par contre, aucune des six nouvelles villes choisies n'est au Canada. Certaines élues sont logiques. Pittsburgh venait de gagner la Coupe Calder, dans la Ligue américaine. Philadelphie avait eu des clubs dans la AHL et la EHL. Le Minnesota, avec ses universités, est le berceau du hockey aux États-Unis. À la limite, Los Angeles et la région de la baie de San Francisco (SF / Oakland) avaient des équipes dans la WHL. Vancouver aussi, mais la LNH lui a plutôt préféré St-Louis, une ville qui n’avait même pas fait application… (voir texte du 19 juin 2011)
Vancouver dut attendre à l’expansion suivante, en 1970
Les équipes de l’AMH
Pour la naissance de l’Association mondiale, on avait prévu faire concurrence à la LNH directement dans les plus gros marchés. Des équipes ont été installées à New York, Boston, Philadelphie, Chicago, Los Angeles… (Les Nordiques étaient initialement destinés à San Francisco, voir texte du 16 septembre 2011.)
Mais pourquoi cracher sur l’argent des promoteurs des petites villes canadiennes, prêts à investir dans ce projet incertain? On accepta donc Edmonton, Winnipeg, Ottawa, Québec… Toutefois, les équipes dans les gros marchés américains ont toutes été des échecs. Les quatre équipes qui ont survécu sont celles des plus petits marchés et trois d’entre elles (Québec, Winnipeg et Edmonton, l’autre étant Hartford) étaient au Canada.
C’est pour se débarrasser d’un concurrent gênant, qui entraînait une surenchère pour les joueurs, que la LNH finit par admettre ces quatre nouvelles équipes. C’était toutefois après plusieurs vagues de négociations et sans grand enthousiasme. De plus, les conditions étaient loin d’être si avantageuses (frais d’expansion et autres, protection de seulement quatre joueurs de leur alignement, repêchage après les équipes existantes de la LNH, etc.)
Saskatoon échappe les Blues
Équipe à la dérive, les Blues devaient être vendus à Bill Hunter, le premier propriétaire des Oilers, période AMH. (voir texte du 8 septembre 2014) Son but bien avoué était de les déménager à Saskatoon. La LNH a toutefois bloqué la transaction. (voir texte du 23 juin 2011) Par contre, on peut tout de même se questionner sur la viabilité qu’aurait eue le marché de Saskatoon à ce moment.
Hamilton construit le Copps Coliseum
C’est dans le but d’accueillir une équipe que la ville d’Hamilton a construit le Copps Coliseum (aujourd’hui le FirstOntario Centre).
Des rumeurs y ont envoyé les Rockies du Colorado et les Penguins de Pittsburgh dans les années 1980. Les Rockies ont plutôt abouti au New Jersey, alors que les Penguins ont repêché Mario Lemieux et sauvé leur peau.
Elle était aussi perçue comme une favorite pour l’expansion de 1992, avec son aréna déjà construit et Ron Joyce, le riche président de Tim Hortons (voir texte du 21 décembre 2012), comme propriétaire pressenti. La LNH a plutôt opté pour le groupe d’Ottawa, beaucoup moins solide financièrement et qui prévoyait bâtir un aréna au milieu d’un champ de maïs. Par contre, contrairement à Hamilton, ils n’ont pas posé de questions quant aux modalités de paiement des frais d’expansion… Au moins, Ottawa se trouve au Canada.
Dans les années 2000, Jim Balsillie a voulu y déménager les Penguins, les Predators, puis les Coyotes. Mais pour des raisons de droits territoriaux des Leafs et des Sabres, de l’antipathie que semblait susciter Balsillie et ses méthodes un peu précipitées ou quoi encore, Hamilton a dû se contenter de la Ligue américaine et à partir de septembre prochain, du hockey junior. Aujourd’hui, Copps (ou FirstOntario) serait probablement considéré comme désuet par la LNH.
Les Nordiques quittent Québec en 1995
On connaît l’histoire. Petit marché. Le lock-out qui se conclut sans l’imposition d’un plafond salarial. Les salaires des joueurs qui augmentent en raison d'un accès plus facile à l'autonomie. La désuétude du Colisée, qui ne contient pas suffisamment de loges et qui est déjà couvert par un maximum de publicités. Le taux de change à son plus bas. Et lorsque le groupe de Marcel Aubut a fait ses demandes au gouvernement (casino, nouveau colisée), la ligue n’est à peu près pas intervenue. Pas de prise de contrôle de l’équipe, pas de chantage avec la ville, pas de trente-deuxième dernière chance comme ce sera le cas plus tard avec les Coyotes (et dans une moindre mesure, des Predators). Par contre, lorsque la demande de déménager a été faite à la ligue, l’autorisation est arrivée assez rapidement.
Les Jets quittent Winnipeg en 1996
Les Jets avaient les mêmes problèmes que les Nordiques. Un an plus tard, la ligue n’a pas fait plus d’efforts pour les retenir. Gary Bettman s’est contenté de dire que plus personne ne voulait posséder l’équipe, avant de les expédier dans le désert, à Phoenix.
Les conditions d’admission des nouveaux Jets
On peut se douter à quel point Gary Bettman était coincé pour déraciner les Thrashers d'Atlanta, un club faisant partie de son plan de s’installer dans le sud des États-Unis, pour les déménager à Winnipeg. Son visage d’enterrement lors de la conférence de presse en faisant l'annonce en disait long. De plus, il a imposé des conditions : vendre 13 000 billets de saison pendant trois ans (cinq pour les meilleurs billets) à des prix parmi les plus élevés de la ligue, en trois semaines. Aucun marché du sud des États-Unis ne s’est vu imposer la même chose. Et celles-ci ont été imposées à un groupe de propriétaires qui comprend David Thomson, tout de même membre de la famille la plus riche au Canada.
Pourtant, on peut se demander quelle aurait été l’alternative si, à la fin juin, l’objectif n’avait pas été atteint?
Je souhaite seulement que Québec, avec son aréna tout neuf, n’hérite pas du rôle d’Hamilton, soit de celui de la ville qui sert de levier pour soutirer quelque chose à une autre ville, en menaçant d’y déménager son club.
Et si je peux me permettre, j’ai la même crainte que Montréal joue aussi ce rôle au baseball. Pour le moment, à moins d’annonces concrètes, la métropole, un marché qui a connu des problèmes aux guichets et qui possède un stade désuet, est présentée comme une alternative à Tampa Bay et à Oakland. Et que reproche-t-on à ces deux marchés? D’être des marchés qui ont des problèmes aux guichets, avec un stade désuet…
(En 2014, Tampa Bay a été dernière au chapitre des foules, avec une moyenne de 17 857, un chiffre dont les Expos ne se sont même pas approchés au cours de leurs sept dernières saisons. Oakland, avec 25 045, est 24e, un chiffre que les Expos n’ont pas atteint au cours de leurs 22 dernières années et qu’ils n’ont atteint que cinq fois en 36 saisons. En fait, avec leur sommet de tous les temps de 28 650 spectateurs en moyenne, atteint en 1983, les Expos auraient été 19e sur 30 en 2014…)
Sources :
Willes, Ed, The Rebel League, The Short and Unruly Life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, Toronto, p.246 à 261,
″Une galerie contrastée…″ de Michel Marois, 6 décembre 1990, La Presse, p.S3, ″Les perdants pensent déjà à une ligue″, ″Aubut : « Ils étaient les seuls à répondre à tous les critères »″ et ″Au soleil… mais aussi au Canada!″ de Michel Marois, 7 décembre 1990, p.S2, S3, ″LNH : l’avenir de Québec passe par Winnipeg″ de Philippe Cantin, 1er juin 2011, La Presse, p.S2, baseball-almanac.com, wikipedia.org.
L'un des points tournants du hockey international (sinon ZE point) fut sans aucuns doute la célèbre Série du Siècle de 1972. C'était le moment où les professionnels de la NHL pouvaient enfin affronter les soviétiques, ces barbares qui représentaient l'autre, le système pas fin, et qui terrorisaient le monde du hockey depuis une vingtaine d'années. Suite à une redoutable lutte, le Canada, son système libre, ses joueurs aux longues guiches et leur hockey violent l'emportèrent à l'arrachée... Survint par la suite la pas mal moins hot série de 1974 où les soviétiques ne firent qu'une bouchée de l'équipe Canada faite de joueurs de la WHA...
C'est ainsi qu'on prit goût à ces confrontations internationales qui, jusqu'à nos jours, font notre bonheur une fois de temps en temps. Le tout devint un peu plus enivrant lorsque le futur - ou peut-être même alors - crosseur Alan Eagleson eut l'idée de mettre sur pied un tournoi où les pays de hockey qui constituent ce qu'on appelle aujourd'hui le "Big6" s'affronteraient à forces égales pour déterminer le champion. Je vous rappelle que c'était à une époque où le Canada boudait les compétitions internationales de l'IIHF en protestation du statut d'amateur conféré aux joueurs de l'URSS. Donc, un tournoi de la sorte pouvait alors faire office de réel championnat du monde, en ce que les équipes avaient en leur sein, pour la première fois dans un tournoi international, les vrais meilleurs joueurs de leur pays, une grosse affaire pour le Canada à l'époque...
Pour faire une histoire courte, à nouveau le Canada triompha de la puissante équipe soviétique au bout du compte...
S'en suivit également le triomphe de l'équipe coachée par Kurt Russell aux Jeux Olympiques de 1980, de quoi mettre lesdits soviétiques au bout de la frustration...
Et c'est en 1981, lors de la seconde Coupe Canada que la vengeance vint enfin pour les soviétiques, parce que, tsé, la série de 1974, mettons que ça ne compte pas...
À nouveau, la Coupe Canada eut lieu au Canada, bien que pour des raisons diplomatiques, l'idée fut avancée un moment de la faire en Suède. Je vous rappelle l'époque, nous sommes en 1980, l'URSS ayant envahi l'Afghanistan, les pays occidentaux boudèrent les Jeux Olympiques de Moscou, tout le monde se détestait et patati et patata. En fait, la Coupe Canada numéro 2 devait avoir lieu en 1979 pour en avoir une 3e en 1983, mais ces raisons, ainsi que d'autres grognes entre diverses associations de hockey, le retrait de GM comme commanditaires et ainsi de suite ont fait en sorte que la Coupe Canada eut lieu finalement en septembre 1981 et non en 1979...
Pour faire une histoire courte, cette fois-ci, les pas fins de l'URSS étaient prêts et lors de la finale, ils pulvérisèrent le Canada et son gardien Mike Liut (qui fut tenu pour responsable) par la coquette marque de 8-1 dans un Forum de Montréal plat... La vengeance...
Si vous avez du temps à perdre, voici le match final...
Ce qui fut très intéressant à propos de cette Coupe Canada survint selon moi par la suite... Escorté par des polices de Montréal, Alan Eagleson, organisateur dudit tournoi, vint saisir le trophée la Coupe Canada des mains des soviétiques à l'aéroport sous prétexte que ce trophée ne devait jamais sortir du pays... À noter qu'Eagleson fut celui qui remit en main propre, en compagnie de Pierre-Eliot Trudeau, le trophée le jour précédent...
Voyant ce geste très peu courtois, un camionneur du Manitoba, décida de montrer que les citoyens du Canada sont plus fiers qu'Eagleson et décida de ramasser des fonds pou produire une copie du trophée pour remettre aux joueurs de l'URSS. Et l'esprit communautaire des gens des prairies étant plus que remarquable, il ramassa 32000$ très rapidement (c'était bien avant Kickstarter, vous savez) et on put procéder à la création de la copie de la Coupe... Après seulement trois semaines après son appel, il remit de mains propres à Vladimir Mechulayev, ambassadeur de l'URSS au Canada, qui l'accepta en soulignant l'esprit sportif des habitants du Canada dans ce geste...
Comme je l'ai dit plus haut, Alan Eagleson fut plus tard accusé d'avoir fraudé les joueurs qu'il représentait et fut exclu du Temple de la Renommée du hockey... On lui a également retiré l'Ordre du Canada et il fut exclu du Barreau...
La Coupe Canada revint en 1984 et fut remportée de nouveau par le Canada face à la Suède. Le Canada remporta par la suite les deux autres éditions de la Coupe Canada...
La "vraie" Coupe Canada, présentement à la retraite, est exposée au Temple de la renommée dans la section IIHF du musée...
À noter qu'Alan Eagleson avait fustigé les habitants de Winnipeg, les traitants de "cheapskates" durant le tournoi parce que seulement 3500 personnes s'étaient présentés lors des trois matchs présentés à Winnipeg, matchs présentés en après-midi durant la semaine impliquant des équipes européennes...
Et, fait à noter, une fonderie de la ville de Winkler au Manitoba se porta volontaire pour couler la fameuse Coupe Canada #2 et même pour faire le fini chrome pour la modique somme de rien pantoute... Pour les remercier, on donna 14000$ de l'argent amassé au hockey mineur de cette ville et le reste alla au hockey mineur de Winnipeg...