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samedi 1 mai 2021

Billy Speer


Pratiquer le hockey n’empêche pas de s’intéresser à l’entreprise familiale. Dès l’âge de 15 ans, Billy Speer fut formé par son père pour travailler dans son salon de barbier, situé à Lindsay, en Ontario. Il dut toutefois éventuellement quitter la ville pour poursuivre sa carrière junior avec les Teepees de St.Catharines, au sud de la province.

Il poursuivit ensuite son cheminement professionnel vers la Ligue américaine. Par contre, le décès de son père fit de lui le propriétaire de l’établissement de trois chaises, qu’il continua d’opérer du mieux qu’il put. Aussitôt sa saison terminée, il retournait à ses ciseaux.

En août 1966, quelques mois après l’annonce de l’expansion pour 1967 et de la création des Penguins de Pittsburgh, ces derniers firent l’acquisition de Speer des Barons de Cleveland (version LAH) pour 30 000$.

En juin 1967, Speer, un défenseur défensif relativement massif et une bonne fourchette avouée, vit son poids monter à 242 livres. Son nouvel entraîneur, Red Sullivan, alla le visiter à Lindsay et le convainquit de se mettre à la diète. Au premier camp d’entraînement, il présenta sa charpente de 5’11’’ à un plus raisonnable 210 livres. Ce ne fut toutefois pas suffisant. Bien que ce fut proche, il ne parvint pas à faire l’équipe.

Il se retrouva donc avec les Clippers de Baltimore, une équipe dont le nom n’était pas relié à l’outil de travail utilisé par Speer en été, mais bien au voilier du même nom. Ceci n’empêcha toutefois pas Speer d’être surnommé le Lindsay Clipper.

Ce ne fut par contre que partie remise. En novembre, il fut rappelé par les Penguins, ce qui lui permit de faire ses débuts dans la LNH et de pratiquer sa spécialité de bloquer des tirs au plus haut niveau. Il pratiqua également son autre métier dans la chambre des joueurs, sur la tête de ses coéquipiers. D’ailleurs, en bon barbier classique, il détestait la nouvelle mode hippie, qui diminuait la fréquence des visites sur sa chaise.


Il joua tout de même 68 matchs lors de la saison inaugurale des Penguins, où il marqua 3 buts et obtint 13 passes.

Malgré l’affection du public, ce ne fut toutefois pas suffisant pour lui assurer sa place l’année suivante, qu’il débuta encore à Baltimore. Comme l’année précédente, il fut rappelé en novembre et joua ensuite 34 matchs.

Étonnamment, alors qu’il avait de la difficulté à conserver son poste avec une équipe de deuxième année, il fut réclamé au repêchage intra-ligue par la formation en forte montée de cette période, les Bruins de Boston.

S’il partagea sa saison 1969-70 entre la WHL et la Ligue centrale, il joua tout de même 27 matchs dans l’uniforme des Bruins, mais surtout, il en joua 8 en séries. Ceci lui permit ainsi de faire partie de l’équipe championne de la Coupe Stanley. De retour à Lindsay, Speer eut droit à une parade.

Ce fut par contre pratiquement la fin de sa carrière dans la LNH, puisqu’à l’exception d’un match avec les Bruins en 1970-71, il passa les deux saisons suivantes dans la Ligue américaine.

En 1972-73, il tenta sa chance dans la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH). Il se retrouva par contre avec l’une des franchises instables de la nouvelle ligue. En deux ans, il enfila alors l’uniforme des Raiders de New York, des Golden Blades de New York et des Knights de Jersey, mais sans jamais être échangé.

Après sa carrière de hockeyeur, il retourna à Lindsay pour s’occuper de son commerce. De temps à autre, un de ses anciens coéquipiers venait le voir et se faire couper les cheveux. Malgré un très court séjour à Boston de Speer, Bobby Orr s’est d’ailleurs déjà pointé à Lindsay pour disputer un match amical qui avait pour but d’amasser des fonds pour rénover un parc local.

Malheureusement, le Lindsay Clipper eut une triste fin. En février 1989, sa motoneige s’enfonça à travers la glace. Il avait 46 ans.

Lors des cérémonies commémoratives de la victoire des Bruins, malgré un rôle modeste, l’organisation s’est souvenue de Speer et invita sa famille.

Sources :

"Barber Speer Keeps Penguin Mates Trim" de Bill Heufelder, November 29, 1967, The Pittsburgh Press, page 78,

"Anti-Hippie Clipper Barber Joins Pens, Billy Speer Returns to Civic Arena" de Jimmy Jordan, November 23, 1968, Pittsburgh Post-Gazette, page 10,

"Family remembers Stanley Cup win" de Barbara-Ann MacEachern, March 15, 2010, Peterborough This Week (mykawartha.com),

"Family of former Lindsay NHL’r honoured to be included in Boston Bruins Stanley Cup 50th Anniversary Celebration" de Pamela Vanmeer, May 8, 2020, Kawartha 411 (kawartha411.ca).

mardi 27 février 2018

Saison de misère








Le Canadien est loin de connaître la meilleure saison de son histoire. Mais comme l'a déjà analysé Martin, on ne peut considérer cette saison comme étant sa pire.  Malgré tout, c'est cette saison des plus ordinaires qui m'a donné l'idée d'aller fouiller pour trouver la pire saison complète d'une équipe dans chacune des ligues d'importance en Amérique du Nord. Ça exclus donc toutes les équipes qui ont fait faillite ou ont été dissoute en cours d'une saison. J'ai débuté mes recherches à partir de la saison 1967-68, date de la première expansion dans la LNH, ce qui peut être reconnu comme étant "l'ère moderne" du hockey Nord-Américain.

LNH/NHL - Capitals de Washington 1974-75, 21 pts en 80 matchs (0.2625 pts / match)

Qu'est-ce qui n'a pas encore été dit sur l'équipe étant reconnue comme étant la pire de l'histoire de la LNH ? Suite à l'expansion de 1974, les Capitals terminèrent bon dernier, 20 points derrière leur frère d'expansion, les Scouts de Kansas City, et 30 points derrière les Golden Seals de la Californie. Durant cette saison pénible, les Caps virent défiler trois entraîneurs et vécurent deux séquences de 17 matchs sans victoire (0-16-1 et 0-17-0). Pour vous donner une idée, l'équipe d'expansion actuelle, les Golden Knights de Las Vegas, a atteint la barre des 21 points à leur 16e match ! On n'a plus les clubs d'expansion qu'on avait ...


AMH/WHA - Racers d'Indianapolis 1974-75, 39 pts en 78 matchs (0.5 pts / match)


Bien que l'AMH est reconnue comme étant le circuit maudit, avec plusieurs déménagements d'équipe, des faillites et pleins d'autres histoires rocambolesques, aucune de ses équipes ayant complétée une saison n'a eu une saison complètement atroce. Certes, les Racers de 1974-75 étaient loin d'être une équipe de tête, surtout comparé aux 106 points et au championnat des Aeros de Houston. Leur plus longue séquence sans victoire fut de 13 matchs (0-13-0), mais ils ont tout de même connu une séquence heureuse de 14 points sur 10 matchs (6-2-2), ainsi qu'une autre séquence de trois victoires consécutives. C'était toutefois la première saison des Racers au sein de l'AMH. Les deux saisons suivantes, sous les ordres de Jacques Demers, furent plus reluisantes, avec des participations aux séries. L'histoire des Racers prit fin une saison et demi suite au départ de Demers, avec une saison de 53 points, suivi d'une dernière saison qui prit fin le 15 décembre alors que les Racers mirent fin à leurs opérations.



AHL - Whalers de Binghamton 1989-90, 31 points en 80 matchs ( (0.3875 pts / match)

Club-école des Whalers de Hartford depuis 1980, les Whalers de Binghampton de 1989-90 fut la pire édition de son histoire. L'équipe comptait dans ces rangs quelques joueurs qui eurent des carrières honnêtes dans la LNH, dont  James Black, Terry Yake, Michel Picard et Jody Hull. Norm Maciver n'y disputa que 2 matchs avant d'être échangé à l'organisation des Oilers. Les Whalers ne récoltèrent que 31 points, la moitié de la récolte de la saison précédente ! Ce fut également la dernière saison que Binghamton étaient associés aux Whalers de Hartford, devenant le club-école des Rangers la saison suivante. Les Whalers firent donc des "Indians de Springfield" leur nouveau club-école .. qui remportèrent la coupe Calder dès leur première saison en 1990-91 !


IHL : Golden Seals de Columbus 1972-73, 22 points en 74 matchs (0.297 pts / match)

Lorsque l'équipe de la LNH qui s'occupe de vos activités est le cancre de sa ligue, il y a de fortes chances que vous le soyez vous aussi. À leur première saison, les Golden Seals de Columbus ont grugé 32 points en 72 parties. Ils ont réussi à améliorer ce mauvais score la saison suivante, ne récoltant que 22 points en 74 matchs dans ce qui fut leur dernière saison. RaySheppard a d'ailleurs déjà consacré un article à cette incarnation des Seals.


WHL: Cougars de Victoria 1989-90, 12 pts en 72 matchs (0.167 pts / match)

Suite à trois saisons ordinaires, l'entraîneur Wayne Naka fut remplacé après les 7 premiers matchs des Cougars (1v - 5d - 1n). Son remplaçant, Lyle Moffat ne put faire mieux en treize matchs dirigés (1v - 11d - 1n) et fut à son tour remplacé par Gary Cunningham. Après 22 matchs tout aussi désastreux (1v 22d), les Cougars ramenèrent Moffat derrière le banc pour les trente dernières parties (2v - 28d). Les Cougars ne s'en remirent jamais, accueillant 4 entraîneurs différents sur les quatre saisons subséquentes et ne ramassant pas plus de 43 points en une saison (1992-93). La franchise fut déménagé à Prince George suite à la saison 1993-94 où ils occupent majoritairement le milieu du peloton au classement.



LHJMQ : Dynamos de Shawinigan 1977-78, 10 pts en 72 matchs (0.139 pts / match)

J'ai été surpris de constater que nous n'avions jamais parlé des Dynamos de Shawinigan sur ce blogue. Lors de leur dernière saison avant de se rebaptiser avec le nominatif Cataractes, les Dynamos accumulèrent 65 défaites en 72 matchs. Ils virent défiler quatre entraîneurs-chefs derrière leur banc en une seule saison et accordèrent près de 10 buts par rencontre. Radio-Canada leur a consacré un article dernièrement, pour souligner le 40e anniversaire de leur pire défaite de la saison, une raclée de 22-4 aux mains des Castors de Sherbrooke. On peut aussi mentionner au passage la première tentative de la LHJMQ en sol américain, un désastre nommé les Pionners de Plattsburgh. Mais ils ont fermé les livres après 17 matchs et un point récolté, donc on ne peut les considérer dans le présent décompte.


OHL : Knights de London 1995-96, 9 pts en 66 matchs (0.136 pts / match)

Quelques années avant d'être acheté par les frères Mark et Dale Hunter et d'être considéré comme étant une référence de réussite, les Knights de London ont connu la pire saison de l'histoire du hockey junior canadien ! Il a fallu deux changements d'entraineurs aux Knights pour remporter leur premier match ! Ni Mike Fedorko ni Murray Nystrom n'ont goûté aux joies de la victoire derrière le banc des Knights cette saison-là. En fait, l'équipe n'était tellement pas de calibre que les joueurs se disaient que, à défaut de gagner aux points, ils gagneraient aux poings, à fin d'au moins donner un spectacle aux partisans présents.

Sources :
http://www.sportsnet.ca/magazine/the-longest-season-the-london-knights/ ; www.hockey-reference.com ; www.hockeydb.com

lundi 21 avril 2014

Harry Howell









Harry Howell eut pendant de nombreuses années la difficile tâche de jouer à ligne bleue des Rangers de New York, pendant une période où l’équipe était constamment faible (voir texte du 19 août 2013). Il fut au début rejoint par son frère Ron, mais celui-ci préféra finalement faire carrière au football, où il joua 11 saisons avec les Tiger-Cats, les Lions, les Argonauts et les Alouettes.

Avec sa grande taille et son style défensif, il parvint malgré tout à s’illustrer et à constituer une valeur sûre. Il enfila l’uniforme des Blueshirts de 1952 à 1969. Encore aujourd’hui, ses 1160 matchs dans cet uniforme demeurent un sommet.

Par contre, en dix-sept saisons, il ne participa aux séries qu’à sept reprises. Et malgré qu’il joua la majeure partie de sa carrière dans une ligue à six équipes, il ne participa jamais à la finale. En fait, il ne passa jamais le premier tour et il n’eut pas plus de chance au cours des cinq autres saisons qu’il joua avec les Seals et les Kings.

Malgré un contexte peu favorable, il parvint à attirer l’attention et à se mériter le Trophée Norris (meilleur défenseur) en 1966-67, en devançant au vote Bobby Orr. Il eut ensuite cette réflexion quasi-prophétique, en affirmant qu’il était heureux de se le mériter à ce moment, étant donné que le Trophée allait dans l’avenir littéralement appartenir à Orr. Ce dernier se le mérita effectivement pour les huit années suivantes.

En 1973-74, il prit le chemin de l’AMH en s’alignant pour les Golden Blades de New York, qui devinrent au cours de l’année les Knights du New Jersey. Lors du déménagement, il devint également joueur-entraîneur, lorsqu’il remplaça son ex-coéquipier Camille Henry. (voir texte du 22 novembre 2011)

En 1974-75, il suivit le reste de l’équipe vers San Diego, toujours comme joueur-entraîneur. C’est d’ailleurs au cours de cette saison avec les Mariners qu’il remporta la seule série éliminatoire de sa longue carrière, une victoire de 4-2 au premier tour contre les Toros de Toronto. Ce ne fut par contre pas suffisant. Dans une instabilité caractéristique de l’AMH, il joua sa troisième saison dans cette ligue (sa vingt-quatrième et dernière au total) avec une quatrième équipe différente. Il signa comme agent libre avec les Cowboys de Calgary.

Au moment de sa retraite, ses 1411 matchs comme défenseur dans la LNH constituaient un record. Aujourd’hui, il s’agit toujours du onzième total de l’histoire. (Trentième au global.)

En 1976, il passa du côté administratif, mais encore une fois avec une équipe faible. Il devint adjoint au directeur-gérant des Barons de Cleveland. Pour la deuxième (et dernière) année des Barons, il devint leur directeur-gérant. L’équipe débuta étonnamment bien la saison, allant même jusqu’à battre les champions en titre, les Canadiens. Lorsqu’elle connut des difficultés, Howell effectua des échanges, pour entre autres aller chercher des joueurs robustes comme Randy Holt, Jean-Paul Parisé (le père de Zach) et Rick Jodzio (voir texte du 27 novembre 2011). Elle eut ensuite un petit regain de vie, pour ensuite revenir à la normale. Les Barons terminèrent avec une fiche de 22-45-13 et ratèrent de nouveau les séries.

À la fin de la saison, les Barons furent fusionnés avec une autre équipe en difficulté, les North Stars. Howell se retrouva alors derrière le banc de l’équipe résultante, au Minnesota. Après onze matchs et un début lent, Howell démissionna, pour devenir dépisteur.

Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il fut finalement associé à une équipe championne. En 1990, il était dépisteur pour les Oilers d’Edmonton et c’est à ce titre qu’il se mérita une bague de la Coupe Stanley.

Membre du Temple de la Renommée du Hockey depuis 1979, il a vu les Rangers retirer son numéro 3 en 2009, en même temps qu’ils retirèrent le 9 d’Andy Bathgate. (voir texte du 31 octobre 2009)

Sources : “One on one with Harry Howell” de Kevin Shea, 16 février 2007 (hhof.com), cflapedia.com, hockeydb.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

samedi 7 décembre 2013

Les Devils de Jersey et le fameux Cherry Hill Arena...

J'ai posté sur Twitter cette semaine durant un des matchs du Canadien contre les Devils ce chandail des Jersey Devils, équipe des années 60 de la EHL, cette fameuse ligue professionnelle mineure qui exista entre les années 30 et 70 qui fut notamment la principale influence du film Slapshot. 


Ce que j'aime de ce chandail, c'est que l'on retrouve les couleurs actuelles des Devils du New Jersey actuels... J'ose penser qu'ils ont repris les couleurs de cette ancienne équipe quand ils ont traficoté le vert pour le noir dans les années 90... Mais ce n'est qu'une de mes suppositions...


Au cas où vous ne le saviez pas, le Jersey Devil est une légende populaire qui subsiste au New Jersey depuis le début de la colonie. Il s'agirait d'une sorte de monstre aux allures d'un dragon avec une tête de chèvre et des ailes de chauve-souris que l'on pourrait apercevoir dans la forêt dense de Pine Barrens dans sud de cet État. On rapporte que même les autochtones de la régions avaient dans leurs mythes des épisodes de rencontres avec cette créature qui remontraient à des temps immémoriaux. Avec le temps, la légende du Devil de Jersey est entré dans la culture au point tel qu'on nomma, en 1964 une équipe de hockey avec ce nom...


C'est donc en 1964 que les Ramblers de Philadelphie s'établirent à Cherry Hill et devinrent les Devils de Jersey. L'équipe évoluait au Cherry Hill Arena, un aréna qui sera plus tard également l'hôte des Knights du New Jersey de la WHA, équipe qui ne joua que 54 matchs lors de la saison 1973-74 après que les Golden Blades de New York furent presque chassés du Madison Square Garden. 

Un légendaire article du Sports Illustrated de 1979 qui dressa le portrait des mauvais coups de cette ligue qui venait de disparaître nous apprit que les équipes visitant le Cherry Hill Arena avaient droit à des conditions exécrables lorsqu'ils s'y présentaient. Premièrement, il n'y avait pas de douches dans le vestiaire de l'équipe visiteur, qui la plupart du temps s'habillaient dans un Holiday Inn à deux miles de l'endroit au lieu d'y tâter ledit vestiaire. Cet aréna avait également la particularité d'avoir une patinoire en pente, ce qui fait en sorte que ces fameux visiteurs qui avaient à s'habiller dans un hôtel devaient, lors de la première et troisième période, monter une pente... 

Vous serez contents d'apprendre que cet aréna qui fut probablement un des pires a avoir accueilli du hockey de haut niveau et du basketball de la NBA (les Warriors de Philadelphie y évoluèrent dans les années 60) fut démoli dans les années 80 et reconverti en centre d'achat...

(André Lacroix, le plus grand marqueur de l'histoire de la WHA, dans l'uniforme des Knights...)

Et en revenant aux Jersey Devils... J'ai trouvé très peu d'histoires sur les Jersey Devils, mais une chose que j'aime bien de l'histoire de cette équipe c'est qu'elle est intimement liée à celle des Flyers de Philadelphie. En fait, lorsque les plans d'obtenir une expansion dans la NHL se dessinèrent, Ed Snider (oui, lui) investit afin d'introduire le hockey dans diverses régions de Philadelphie et la fondation des Devils fut dans le but d'introduire le hockey dans la vallée du Delaware. Préparant ainsi la venue du hockey de la NHL à Philadelphie, Snider construisit un aréna moderne qui allait devenir le Spectrum. Ce n'est que deux ans plus tard que Snider obtint une franchise de la NHL, soit le 8 février 1966.


Et après avoir utilisé plusieurs chandails comme celui montré ci-haut eu un qui ressemblait drôlement au chandail utilisé par les Red Wings dans les années 30, les Devils montrèrent officiellement leur affiliation aux Flyers en adoptant les couleurs et un logo un peu boboche qui se rapprochait de celui des Flyers. Sur la photo suivante avec le logo "flyerisé", on peut apercevoir nul autre que John Brophy, le fameux joueur qui a inspiré le personnage de Reggie Dunlop dans Slapshot.


C'est suite à cette même saison 1972-73 que les Devils de Jersey cessèrent leurs activités en même temps que la EHL qui devint la NAHL...

Seulement qu'une poignée de joueurs des Devils de Jersey évoluèrent dans la NHL, la plupart avec les Flyers, bien certainement... L'ancien Bruins Vic Stasiuk, qui fut également entraîneur des Devils de la NHL, fut peut être le joueur le plus connu de l'histoire des Devils... Un autre joueur assez connu fut Rosaire Paiement qui récolta 125 points avec les Devils lors de la saison 1967-68...


Rosaire Paiement évolua également avec une autre équipe qui était dans le système des Flyers, les As de Québec, équipe qui, en 1968, adopta également un logo flyerisé qu'ils conservèrent jusqu'au déménagement de l'équipe en 1972 à Richmond en Virginie pour devenir les Robins... Logo guère plus  intéressant que celui des Devils... 




Ah, et oui, le Cherry Hill Arena n'avait pas de vitres en plexiglass, mais de la bonne vieille clôture à poule...

dimanche 11 janvier 2009

Un héros obscur : André Lacroix


Parler des Spurs de Denver de la WHA m'a inspiré un autre sujet sur cette même ligue. Quand on dit que les records sont faits pour être battus, c'est pas nécessairement vrai, mais on peut les oublier. Le record que possède André Lacroix jusqu'à la fin des temps vaut la peine d'être un peu remémoré. Lacroix est le plus grand marqueur de l'histoire de la WHA. Et le mérite est qu'il a devancé tout le monde en jouant pour une pléiade d'équipe broche à foins comme seule la WHA pouvait produire. En 551 matchs dans cette ligue, Lacroix produisit un total impressionnant de 798 points. Le plus près de lui est l'ancien capitaine des Nordiques Marc Tardif avec un total très satanique de 666 points! Bobby Hull est le troisième plus grand marqueur de l'histoire de la ligue avec 638 points. Donc la domination de Lacroix au tableau des compteurs fut assez flagrante.

La carrière professionnelle de Lacroix fut quand même un long chemin qui l'a amené un peu partout en Amérique. Le tout a commencé avec les As de Québec qui étaient alors une équipe de la Ligue Américaine. Avec l'arrivée de nouvelles équipes dans la NHL en 1967, l'équipe de Québec fut achetée par les Flyers de Philadelphie et ainsi Lacroix devint la propriété de notre équipe orange préférée! Il commença la saison à Québec où il marqua 87 points en 54 matchs avant d'être rappelé par les Flyers où il marqua un bon 14 points en 18 matchs. Lacroix évolua ainsi pour les Flyers pendant 3 ans avant d'être échangé à Chicago en 1971. Il joua une seule saison relativement décevante avant de sauter sur l''occasion de revenir à Philadelphie, mais cette fois-ci pour la nouvelle ligue qui voulait rivaliser avec la NHL.


Lacroix fit son entrée dans l'Association mondiale de hockey pour les Blazers de Philadelphie alors que les Nordiques de Québec qui possédaient ses droits l'échangèrent pour une somme d'argent. L'argent fut à l'origine d'étranges histoires de la part des dits Blazers. À l'origine, la concession fut attribuée à Miami et elle devait s'appeler les Screaming Eagles de Miami. Tout allait bien et en plus l'équipe fut la première à avoir pu attirer dans son sein des joueurs vedettes de la NHL. Bernard Parent alors à Toronto signa avec Miami et Derek Sanderson devint, lorsqu'il signa avec Miami, le joueur le plus payé de tout le sport professionnel. Son contrat de 2,6 millions surpassa même le salaire de Pélé, la superstar du foot ...

La seule chose qui semblait ne pas aller avec l'équipe de Miami était quand même de taille : ils n'avaient pas d'aréna... C'est pourquoi l'équipe fut transférée à Philadelphie et devint les Blazers avant même que Miami n'ait pu voir sa très médiatique équipe jouer un seul match... Le premier match de l'équipe allait être à l'image de ce que cette équipe allait devenir, un désastre. La partie fut annulée due à un problème de Zamboni.

La saison des Blazers fut catastrophique. Sanderson fut blessé et ne joua que 8 matchs avant de renoncer à son très lucratif contrat (que l'équipe n'aurait pas pu honorer de toute façon) et de retourner dans la NHL avec les Bruins. Parent connut probablement la pire saison de sa carrière ou du moins depuis sa première saison avec les Bruins en 1966-67. Il s'agit de la seule saison de sa carrière depuis cette première saison où sa moyenne de buts alloués s'est élevée au dessus de 3. La saison d'après, Parent retourna non seulement dans la NHL, mais avec les Flyers avec qui il remporta la coupe Stanley deux ans d'affilée en plus d'être le premier gardien de l'ère moderne à avoir une moyenne en dessous de 2 à sa saison retour. André Lacroix démontra par contre toutes ses qualités offensives. Après son maigre 11 points de l'année précédente pour les Black Hawks, Lacroix récolta 124 points dont 50 buts. C'est ainsi que le redoutable attaquant commença sa récolte de points qui allait faire de lui le plus grand marqueur de l'histoire du circuit.

Après la première saison de la ligue, les Blazers déménagèrent à Vancouver mais sans Lacroix. Il fut échangé aux Raiders de New York, plus tard renommés les Golden Blades avant le début de la seconde saison de la ligue. Encore une fois il s'agissait d'une équipe de piètre qualité et elle quitta même la ville de New York après 24 matchs lors de cette deuxième saison lorsqu'ils devinrent les Knights du New Jersey. L'équipe termina bonne dernière mais Lacroix prouva encore une fois que peu importe le contexte il pouvait marquer en totalisant 111 points cette année-là dont 80 passes. À l’issue de la saison, la concession renonça à compétitionner avec les Islanders et les Rangers pour le public de hockey dans la région de New York et déménagea à San Diego où ils devinrent les Mariners. Cette fois, Lacroix suivit le déménagement de l'équipe.

Lacroix passa 3 saisons à San Diego où il connut à sa première année sa meilleure saison avec 147 points dont 106 passes. En 1974, Lacroix participa à la seconde Série du siècle où les joueurs de la WHA affrontèrent l'équipe nationale de l'URSS mais sans la chance et la magie de la première série de 1972. Après 3 saisons, les Mariners de San Diego furent dissous et Lacroix se joignit aux Aeros de Houston où il enfila 113 points la saison suivante. Encore une fois Lacroix faisait partie d'une équipe aux prises avec des difficultés et l'équipe, après s'être vu son entrée refusée dans la NHL, fut dissoute. Lacroix fut par la suite engagé par les Jets de Winnipeg mais fut immédiatement échangé aux Whalers de la Nouvelle-Angleterre où il termina sa carrière dans la WHA avec sa plus faible récolte de points depuis dans la WHA. Il termina sa carrière pour de bon dans la NHL avec ces mêmes Whalers 29 matchs plus tard.



La carrière d'André Lacroix fut donc une longue succession de déplacements à travers une ligue qui voulait être plus grosse que le bœuf et qui s'essouffla très rapidement. Mais la très surprenante production de Lacroix tout au long de sa carrière dans la WHA fut étonnamment sous le signe de la constance, malgré les équipes tumultueuses où il évolua et malgré les contraintes que jouer pour une équipe de bas niveau dans une ligue d'un calibre moindre que celle de la NHL fait subir. Cela fait d'André Lacroix un véritable héro oublié, mais son record de points dans la WHA lui appartient pour toujours...