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dimanche 29 octobre 2023

Gloire et misère: Buffalo

 


Chaque franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé analyser chaque franchise sous deux angles différents, soit ses années de gloire (l'âge d'or) d'un côté et ses années de misère de l'autre (l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des années «normales». Bien sûr, on peut souvent retrouver plus d'un âge d'or ou âge de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère» sont relatives selon l'équipe. Genre que je sais pas trop ce que ça va donner côté gloire pour les Blue Jackets, mais on verra rendu là.

J'ai en même temps établi quels ont été les différents «No man's land» de la LNH au cours des années, soit les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.


Cliquez ici pour les chapitres précédents:
Anaheim, Arizona, Boston


Sabres de Buffalo


Années de gloire: 1972-73 à 1983-84
Les Sabres de Buffalo eurent la main heureuse en ayant la chance d'obtenir Gilbert Perreault lors de la loterie de repêchage à l'expansion de 1970. Rejoint l'année suivante par Richard Martin (5e choix au total en 1971) et René Robert (obtenu des Penguins en 1972), Perreault et ses compatriotes formèrent la fameuse «French Connection» qui terrorisa les gardiens adverses pour le restant de la décennie.

Les Sabres devinrent donc rapidement compétitifs, accédant aux séries en 1972-73, soit l'année où la French Connection fut assemblée. Eux et les Flyers furent les meilleures équipes d'expansion de l'époque, tellement qu'ils se rencontrèrent en finale en 1975, après une saison de 49 victoires de la part des Sabres qui s'inclinèrent toutefois en 6 matchs contre les «Broad Street Bullies».

L'équipe ne se rendit jamais aussi loin durant le reste de cette période mais demeura une des plus compétitives de la ligue, alignant 5 saisons de 44 victoires et plus entre 74-75 et 79-80. Et malgré que la French Connection commença à s'effriter avec le départ de Robert en 1979 et ensuite Martin en 1981, les Sabres étaient parvenus à recruter des renforts supplémentaires au fil des années, notamment le prolifique Danny Gare qui connut deux saisons de 50 buts. 

Le légendaire Scotty Bowman arriva en scène comme nouvel entraîneur et DG en 1979-80 et malgré que cela ne se passa pas aussi bien que ses autres séjours légendaires (Montréal, Detroit, Pittsburgh), il continua de faire des Sabres une équipe forte au début des années 80 avec de nouvelles vedettes comme Dave Andreychuk, Phil Housley et le gardien Tom Barrasso qui gagna les trophées Calder et Vézina en 1983-84, saison où les Sabres connurent une autre saison de 48 victoires.

Malheureusement, le plus haut où les Sabres se rendirent durant l'ère Bowman fut une présence en finale de conférence en 1979-80.

Joueur emblématique de cette période: Gilbert Perreault

Années de misère: 1986-87
Il s'agit ici d'une courte période que je ne considérais pas comme totalement misérable au départ. Rater les séries c'est plate mais faut bien que ça arrive et cela ne représente pas toujours des «années» de misère pour autant. Mais après avoir finalement raté les séries de peu en 1985-86, soit la première fois depuis 1973-74, les Sabres manquèrent totalement le bateau en 1986-87 avec une fiche de 28-44-8, ce qui ne figure pas dans les pires fiches de l'histoire mais cela leur conférait quand même le dernier rang dans la LNH. 

Il s'agissait également de la dernière véritable saison de Gilbert Perreault qui s'était initialement retiré à la fin de la saison précédente, mais qui décida de revenir pour un court séjour de 20 matchs étant donné qu'il parvenait ainsi à obtenir davantage de pension s'il jouait ce 20 matchs. C'était quand même une manière un peu cynique de conclure une carrière, et cette époque chez les Sabres par le fait même.

Donc c'était une saison assez misérable pour les fans, mais au moins les Sabres purent profiter de ce dernier rang pour repêcher premiers et ainsi sélectionner Pierre Turgeon.



Joueur emblématique de cette période: Paul Cyr
Je voulais mettre un joueur vedette comme Andreychuk ou Housley mais finalement allons-y dans la misère avec Paul Cyr, un certain flop au repêchage de la part de Bowman qui fut d'ailleurs souvent critiqué pour ses sélections à Buffalo. Voir ce texte de février dernier ou encore mieux, le podcast pour sa bio.


Années de gloire: 1992-93 à 2000-01
Après quelques années de reprise après l'ère Bowman, les Sabres redevinrent compétitifs, dont une saison de 45 victoires en 1989-90. Mais c'est à partir de la saison 1992-93 qu'ils recommencèrent réellement à connaître des moments de gloire. Cette saison 1992-93 fut particulièrement mémorable pour les Sabres et leurs partisans avec les fiches de tonnerre que connurent Pat Lafontaine avec 148 points et Alexander Mogilny avec 127 points dont 76 buts, ce qui le plaçait au sommet des buteurs de la ligue, ex-aequo avec Teemu Selanne. Cette saison 1992-93 culmina ensuite par l'élimination surprise en 4 matchs des Bruins en première ronde, eux qui étaient pourtant grandement favoris. Le fameux «May Day», ce but en prolongation lors du 4e match, est depuis un incontournable dans le folklore du hockey.



Mais quelle passe de Lafontaine quand même. Aussi je n'avais jamais vu auparavant la séquence où Brad May a embrassé la lame de son bâton avant le but.


Aussi en 1992-93 furent les débuts du gardien Dominik Hasek avec l'équipe. Si le «Dominator» n'était pas encore le portier numéro un de l'équipe durant cette saison, cela ne sut tarder alors qu'il le devint la saison suivante, remportant le premier de ses six trophées Vézina qu'il gagna à chaque saison de 93-94 à 2000-01, à l'exception de 95-96 (Jim Carey) et 99-00 (Olaf Kolzig).

Les Sabres ne ratèrent les séries qu'une seule fois durant cette période (95-96) suite à quoi ils s'améliorèrent de saison en saison, se rendant en 2e ronde en 96-97, en 3e ronde en 97-98 et finalement en finale en 98-99, dans une cause perdante contre les Stars de Dallas.

Ils demeurèrent encore compétitifs suite à cette défaite crève-cœur en finale (et le fameux «No goal» de Brett Hull), se rendant encore en deuxième ronde en 2000-01. Ce fut toutefois le chant du cygne de cette ère des Sabres alors que Hasek quitta pour Détroit dans l'entre saisons et les Sabres ratèrent les séries en 2001-02.

Joueur emblématique de cette période: Dominik Hasek
Difficile d'en prendre un autre, malgré la présence des Lafontaine et Mogilny...


Années de misère: 2001-02 à 2003-04
Les années post-Hasek furent difficile non seulement au niveau hockey alors qu'ils ratèrent les séries lors des trois saisons suivantes, mais surtout au niveau administratif alors que leurs propriétaires furent accusés de fraude fiscale. La franchise fut alors opérée par la LNH et une incapacité à trouver de nouveaux propriétaires fit alors planer des rumeurs de déménagement. 

La saison 2001-02 fut également difficile pour les fans qui durent également dire adieu au capitaine Mike Peca, qui était en dispute contractuelle et avait fait la grève durant toute la saison 2000-01 avant d'être finalement échangé aux Islanders.

Durant ce temps d'incertitude, le dg des Sabres ne pouvait faire que des mouvements mineurs et de base à a formation. Un nouveau propriétaire fut finalement trouvé en mai 2003 et la franchise commença tranquillement à se relever en 2003-04, ratant toutefois les séries de nouveau.

Joueur emblématique de cette période: Vyacheslav Kozlov
Celui obtenu des Red Wings en retour d'Hasek (avec un choix de 1re ronde) ne se plaisait pas à Buffalo, frustré d'avoir été largué par les Wings. Après un mauvais début de saison et une disette de 16 matchs sans marquer, il fut laissé de côté, ce qui le mit encore plus en furie. Il demanda alors d'être échangé, ce qui n'arriva toutefois qu'à l'été 2002, après une saison médiocre où il se blessa en plus au talon et où il rata la moitié de la saison.

J'aurais pu prendre pour illustrer cette période un véritable joueur d'impact comme Miroslav Satan ou Martin Biron, le successeur de Hasek, mais pour illustrer la misère, mieux vaut un joueur vivant la misère.

Années de gloire: 2005-06 à 2006-07
Le retour du lock-out de 2004-05 sembla amener un vent d'air frais à Buffalo alors que la franchise décolla et remporta 52 victoires en 2005-06 et ensuite 53 en 2006-07, un sommet dans leur histoire qui leur vaudra le trophée du Président en 2006-07, tandis que l'entraîneur Lindy Ruff fut nommé entraîneur de l'année en 2005-06. 

Avec un nouveau noyau de joueurs excitants qui correspondaient parfaitement à la «nouvelle LNH» comme Daniel Brière, Chris Drury, Maxim Afinogenov, Jason Pominville, Ryan Miller et Thomas Vanek, les Sabres se rendirent deux fois en finale de conférence.

L'équipe était à ce point dominante qu'elle aurait davantage mérité de se rendre en finale au lieu des Hurricanes en 2006. L'équipe se retrouvait toutefois en proie à de nombreuses blessures couteuses, dont 4 de leurs meilleurs défenseurs (Teppo Numminen, Jay McKee, Henrik Tallinder et Dmitri Kalinin. Malgré ça, l'équipe poussa les Hurricanes à la limite avant de s'incliner au 7e match.

Malgré ces deux éliminations crève-cœur en finale de conférence, on sentait que les Sabres avaient tout de même les outils pour continuer d'être une puissance lors de nombreuses années...

Joueur(s) emblématique(s) de cette période: Daniel Brière / Chris Drury
Les deux co-capitaines des Sabres quittèrent le bateau après cette fameuse saison 2006-07. Brière, auteur d'une saison de 95 points, signa un lucratif contrat avec les Flyers, tandis que Drury quitta pour les Rangers. Cela porta un coup dur au moral des fans des Sabres, qui durent toutefois s'endurcir pour les années suivantes...

Années de misère: 2011-12 à 202?
Après le départ du duo, les Sabres ratèrent les séries pendant deux saisons mais se replacèrent légèrement par la suite, ayant toujours un bon noyau compétitif et un excellent gardien en Miller (Vézina en 2009-10), en plus d'un jeune défenseur prometteur en Tyler Myers (Calder en 2009-10).

Cela ne dura toutefois pas longtemps et les Sabres recommencèrent à rater les séries à partir de la saison 2011-12. Ils ne les ont pas encore atteints depuis, soit une disette de 12 saisons, ce qui représente ni plus ni moins que le record de l'histoire de la LNH à ce niveau. Les seuls s'en étant rapproché ont été les Panthers avec 10 saisons (2000-01 à 2010-11) et les Oilers, également 10 saisons (2006-07 à 2015-16).

Durant cette période, les Sabre terminèrent derniers de la ligue à quatre reprises, soit en 2013-14, 2014-15, 2017-18 et 2020-21. Cela leur aurait normalement permis de repêcher du sang neuf mais ils virent souvent leur malchance continuer une fois de plus lors des loteries, devant se rabattre sur Sam Reinhart au 2e rang en 2014 (au lieu d'Aaron Ekblad) et ensuite surtout Jack Eichel au 2e rang en 2015 (au lieu de Connor McDavid). Ils ont été davantage chanceux par la suite en pouvant sélectionner premier en 2018 (Rasmus Dahlin) et 2021 (Owen Power), mais il est encore trop tôt pour déterminer les gagnants de ces repêchages.

Il n'y eut donc pas grand espoir à Buffalo durant ce temps, mais les choses semblent finalement changer alors que l'équipe remporta 42 victoires l'an dernier (première de 40+ depuis 2010-11) et l'équipe rata les séries de justesse. Leurs fans purent également retrouver de l'euphorie à l'aréna avec la saison d'enfer de Tage Thompson (47 buts et 47 passes).

J'hésite toutefois à fermer cette période de misère pour l'instant, la saison dernière n'étant peut-être qu'une brève éclaircie. Je crois que tant qu'ils ne retourneront pas en séries, cette horreur de période se poursuivra.

Joueur emblématique de cette période: Zemgus Girgensons
Pourquoi lui? Pourquoi pas Eichel ou Rasmus Dahlin? Et bien parce Zemgus Girgensons est en place depuis 2013 et y est encore. Donc il le mérite. Choix de première ronde de l'équipe en 2012 (14e au total), l'attaquant originaire de Lituanie est donc le Sabre actuel ayant le plus d'ancienneté avec l'équipe avec 630 matchs. Et à l'image de cette équipe en reconstruction depuis autant de temps, il n'a jamais vraiment répondu aux attentes d'un choix de première ronde, son sommet en carrière étant de 15 buts et 15 passes en 2014-15 et une production oscillant depuis entre 15 et 20 points par saison.

ALERTE NO MAN'S LAND - 2017-18 à 2021-22
J'hésite ici avec la «timeline» de ma fameuse mention d'alerte No man's land, soit le pire ou un des pires endroits où se retrouver comme joueur et/ou comme fan. On sait que Buffalo n'a jamais été l'endroit le plus sexy mais ils sont maintes fois parvenus à attirer et garder de nombreux bons joueurs au cours des années. Cependant, aux alentours de 2017 à 2021, Buffalo avait vraiment une aura de malheur et de désenchantement qui venait avec l'équipe, avec des joueurs énonçant clairement leur envie d'être ailleurs.

C'était le cas notamment pour Ryan O'Reilly, qui déclara après la dernière place des Sabres en 2017-18 qu'il avait perdu l'amour du hockey. Il fut d'ailleurs échangé au cours de l'été suivant, en retour entre autres de Thompson. C'était aussi le cas de Reinhart et de Jack Eichel, qui se fit par ailleurs retirer son «C» de capitaine en 2021, suite à des commentaires similaires.

Ça semble s'être stabilisé depuis mais pendant un temps, Buffalo et Arizona étaient vraiment nez à nez en terme de no man's land, mais on peut dire que maintenant Buffalo s'en est sorti, pour l'instant.


Dans la prochaine partie, on revient au Canada avec les Flames.


jeudi 19 octobre 2023

Gloire et misère: Arizona

 


Chaque franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé analyser chaque franchise sous deux angles différents, soit ses années de gloire (l'âge d'or) d'un côté et ses années de misère de l'autre (l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des années «normales». Parfois on peut retrouver plus d'un âge d'or ou âge de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère» sont relatives selon l'équipe. Genre que je sais pas trop ce que ça va donner côté gloire pour les Blue Jackets mais on verra rendu là.

J'ai en même temps établi quels ont été les différents «No man's land» de la LNH au cours des années, soit les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.

Aujourd'hui, et bien je vous rentre direct dedans avec une des pires franchises de l'histoire du sport professionnel, rien de moins.

 

Coyotes de l'Arizona
(+ Jets de Winnipeg 1.0)


Années de misère: 1979-80 à 1980-81
Les premiers Jets étaient LA puissance de l'ancienne AMH, à tel point que plusieurs experts estiment qu'avec leur alignement de l'époque, ils auraient pu être une très forte équipe dans la LNH. Les seules équipes leur ayant été supérieures auraient été les Canadiens et les Islanders. Cependant, lors de leur entrée dans la LNH pour la saison 1979-80, les équipes établies avaient beaucoup de droits de réclamation, ce qui fit qu'ils perdirent 3 de leurs 6 meilleurs attaquants de 78-79, soit le prolifique Kent Nilsson (Atlanta), Terry Ruskowski (Chicago) et Rich Preston (Chicago).

Comble du malheur, un des joueurs qu'ils décidèrent de protéger à ce repêchage de réclamation fut le défenseur Scott Campbell qui développa de l'asthme qui ne fut qu'empiré par le climat de Winnipeg. Il se retira totalement du jeu après la saison 1981-82 qu'il passa dans les mineures.

Winnipeg fut donc l'équipe de l'AMH qui s'en sortit le moins bien initialement après la fusion, terminant en dernière place en 79-80 (ex-aequo) et de nouveau en 80-81 avec une horrible fiche de 9-57-14.


Joueur emblématique de cette période: Dave Christian
Meilleur pointeur de cette équipe médiocre de 80-81 avec 71 points, l'américain Dave Christian n'aimait toutefois pas jouer au Canada à cause des taxes et du dollar canadien et demanda d'être échangé après la saison 1982-83. Les Jets l'envoyèrent donc aux Capitals en retour d'un choix de 1ère ronde en 1984 qui devint le défenseur Bobby Dollas. Donc, comme Christian avant eux, les Jets perdirent au change. LOL.

Années de gloire: 1984-85 à 1986-87
Les malchances des Jets furent toutefois temporaires et ils parvinrent à recruter un bon noyau de joueurs après ces deux premières mauvaises saisons, dont bien sûr Dale Hawerchuk au premier rang du repêchage de 1981. Ce noyau composé entre autres d'Hawerchuk, Paul MacLean, Dave Babych, Thomas Steen, Laurie Boschman et Randy Carlyle fit des Jets une équipe respectable mais qui devait toutefois se buter inévitablement aux plus puissants Oilers et Flames dans leur division. Cela fit en sorte qu'ils ont franchi la première ronde à seulement deux reprises durant leur histoire à Winnipeg (1985 et 1987). Ce fut toutefois ce qu'on peut qualifier d'âge d'or pour ces malchanceux premiers Jets.


Joueur emblématique de cette période: Dale Hawerchuk
Difficile de prendre un autre joueur. Le surdoué Dale Hawerchuk transforma la franchise à sa première saison en 1981-82, récoltant 103 points et le trophée Calder. Il connaitra 6 saisons de plus de 100 points au total avec les Jets.

Années de gloire: 1992-93
Après quelques pas pires saisons avec le noyau discuté plus haut, le restant de l'histoire de la franchise fut assez ordinaire, le tout culminant par le déménagement à Phoenix en 1996. Cependant, durant une seule saison, l'arrivée de Teemu Selanne apporta un court sursis d'euphorie chez les partisans des Jets qui connurent la troisième saison de 40 victoires dans leur histoire et surtout un record pour un joueur  recrue avec 76 buts et 132 points pour Selanne. Ce fut malheureusement bien bref comme espoir alors que l'équipe régressa à 24 victoires la saison suivante et Selanne ne put jouer que 51 matchs avec plusieurs blessures. Les Jets ratèrent les séries deux ans d'affilée avant d'y retourner une dernière fois en 1996 avant le déménagement, avec en plus Selanne qui était parti depuis plusieurs mois déjà.




Joueur emblématique de cette période: Sergei Bautin
Ben non.

(note à moi-même, reparler de Sergei Bautin comme joueur oublié des 90's)


Années de gloire: 1996-97 à 2001-02
Les premières années des Coyotes à Phoenix n'étaient pas super spectaculaires mais on peut grandement dire que cette époque était leur âge d'or, considérant ce qui s'est produit et continue de se produire depuis...

La nouvelle équipe en Arizona parvint à frapper d'abord un gros coup, en acquérant Jeremy Roenick des Blackhawks en retour d'Alexei Zhamnov. Réuni avec Keith Tkachuk et Rick Tocchet, cela produisit un trio efficace et dangereux pour plusieurs saisons. Ces premiers Coyotes, qui comprenaient aussi plusieurs joueurs efficaces comme Shane Doan, Oleg Tverdovsky, Claude Lemieux, Teppo Numminen, Sean Burke et éventuellement Daniel Brière firent les séries à chaque saison sauf une (2000-01) entre 1996-97 et 2001-02. Cette édition 2000-01 était d'ailleurs la première équipe de l'histoire à être éliminée avec une fiche d'au moins 90 points. Merci au point de perdant. L'équipe reviendra en force en 2001-02 avec 40 victoires et un trophée Jack Adams pour l'entraîneur Bob Francis.
 
Donc c'était pas si mal pour les premières saisons à Phoenix, malgré qu'ils ne dépassèrent jamais la première ronde.


Joueur emblématique de cette période: Keith Tkachuk
Capitaine de l'équipe de 1993 à 1995, et ensuite de 1996 à 2001 (on lui retira brièvement le C à Winnipeg), Tkachuk détient le record des Coyotes pour les buts marqués en une saison (hors-Winnipeg) avec 52 buts en 1996-97. Lui et Roenick cadraient spécialement bien comme vedettes américaines dans ce nouveau marché lors de ses premières années. Des blessures vinrent toutefois nuire à son rendement et il fut subséquemment échangé aux Blues en 2001.

Années de misère: 2002-03 à maintenant
Ici je triche un peu. J'ai ratissé large en disant «jusqu'à maintenant» car il y eut quelques saisons d'exception que je vais mettre en parenthèse tout à l'heure. Mais inutile de vous rappeler à quel point la franchise des Coyotes est un véritable shit-show depuis presque ses débuts, le grand problème étant leurs difficultés à trouver un aréna qui attirerait assez de fans pour survivre adéquatement. Le fait que la franchise est toujours en place est une véritable farce. 
 
D'ailleurs je ne vais pas décrire l'entièreté de ce qui s'est passé en coulisses et qui continue jusqu'à ce jour, il y en aurait trop à dire et franchement, même pour un craqué comme moi qui trippe sur les histoires de franchises boboches, je trouve que c'est beaucoup trop dans le cas des Coyotes et ça devient même ennuyeux.

Mais en gardant ça bref, les Coyotes n'ont jamais trouvé chaussure à leurs pieds en Arizona. Leur premier aréna, lui qui était véritablement situé à Phoenix, était davantage optimisé pour le basketball, ayant plusieurs lignes de vues inacceptables pour le hockey, un peu comme on retrouvera plus tard avec le domicile temporaire des Islanders à Brooklyn. D'ailleurs les premiers proprios des Coyotes étaient ceux des Suns de la NBA. Ils réduisirent donc la capacité des matchs des Coyotes à 16 000, ce qui en faisait le plus petit de la ligue à ce niveau. Mais malgré tout, ils parvinrent à atteindre ou s'approcher de ce 16 000 à leurs premières années.

Les assistances diminuèrent toutefois et le fameux déménagement à Glendale, combiné à l'arrivée de Wayne Gretzky dans le groupe des propriétaires en 2001 mena à cette ère de médiocrité, de baisse d'assistances et de farce bureaucratique et politique qu'est cette saga des Coyotes depuis. Les années Gretzky furent d'ailleurs assez dommageables au niveau hockey. 
 
Gretzky, n'ayant aucune expérience comme coach, se nomma lui-même entraîneur pour la saison 2005-06 et ses talents de joueurs ne se transformèrent pas en talents de coach alors que les Coyotes continuèrent de rater les séries, soit 6 ans d'affilée de 2002-03 à 2008-09.
 
Au moins, Gretzky permit à l'équipe d'attirer quelques fans supplémentaires. Sa démission, suite à la faillite de la franchise en 2009, marqua le début du deuxième chapitre de misère dans cette saga, avec des changements de propriétaires constants, des dénouements décevants et des va-et-vient incessants de la part de Gary Bettman, incapable de renoncer à son jouet en Arizona.

Le comble de la farce se produisit en 2022-23 lorsque les Coyotes déménagèrent au Mullett Arena, le domicile de l'Université Arizona State d'une capacité de 5000 sièges... On parle maintenant d'un autre possible déménagement, en fait ça fait plus de 15 ans qu'on en parle, cette fois-ci à Houston ou Québec (ouais ouais...) quoique ça a l'air de vraiment vouloir aboutir à quelque chose cette fois, car on sent que l'entièreté des gens concernés en ont plein leur casque.


Joueur emblématique de cette période: Shane Doan
De 1995-96 à 2016-17 avec la franchise, Doan était d'ailleurs le dernier Jet actif lors de sa retraite. Il a mené les Coyotes pour les points à chaque saison entre 2003 et 2011 et a enduré terre et mer en Arizona durant plus de 20 ans. Faut croire que les joueurs aiment vraiment habiter là-bas, un constat qu'on s'est fait répéter assez souvent pour excuser la présence de cette horreur de franchise.

Parenthèse - Années de gloire: 2009-10 à 2011-12
Histoire de pas trop voir le négatif, il y eut tout de même une brève éclaircie au niveau purement hockey durant ces trois saisons, soit immédiatement après le départ de Gretzky et l'embauche de Dave Tippett, gagnant du Jack Adams en 2009-10 qui mena l'équipe à une fiche surprise de 50-25-0-1 pour 107 points, la meilleure de l'histoire de la franchise en incluant les années à Winnipeg. Tippett, Doan et compagnie connurent trois bonnes saisons d'affilée, le tout culminant jusqu'à un parcours surprenant jusqu'en finale de conférence en 2011-12. Il s'agissait de la première fois qu'ils franchissaient la première ronde depuis les Jets en 1987, et la première fois qu'ils dépassaient la deuxième.

Mais ironiquement, c'est durant ces trois saisons que les assistances furent les plus basses dans l'histoire de la franchise, descendant sous les 12 000 par match. Même pas capables d'y aller quand l'équipe est bonne...

Joueurs emblématiques de cette période: Ilya Bryzgalov / Mike Smith
Je voulais mettre simplement Bryzgalov car je croyais qu'il était encore là en 2012 avant de partir avec les Flyers avec son contrat débile, mais finalement c'est en 2011 qu'il est parti et c'est donc Mike Smith qui était là durant le parcours de 2012. Mais quoiqu'il en soit, ces deux portiers gardèrent les Coyotes dans le coup durant ces quelques saisons, particulièrement lors de la saison 2009-10 où Bryzgalov obtint une fiche de 42-20-6 et 8 blanchissages. Smith obtint également 8 blanchissages en 2011-12 ainsi que 38 victoires.

ALERTE NO MAN'S LAND - 2012 à maintenant
Je ne sais pas exactement à quel point Winnipeg pouvait être considéré comme no man's land auparavant. On sait que c'était et ce n'est toujours pas le marché le plus convoité et que beaucoup de leurs joueurs (comme Dave Christian) ont pu demander de se faire échanger. Mais c'était le cas pour beaucoup d'équipes canadiennes à l'époque avec le dollar canadien. Je pense que Québec était davantage un no man's land à ce moment, ou du moins à égalité avec les Jets. Et je pense que durant les années 80, c'était davantage Toronto le pire marché. Ensuite je ne pense pas que les dernières années difficiles des Jets (94 à 96) étaient considérées comme un no man's land, vu qu'ils parvenaient tout de même à garder leurs joueurs. Même Selanne était choqué et triste d'être échangé aux Ducks vers la fin.

Mais après quelques années correctes et semi-potables en Arizona, on peut définitivement déclarer que depuis 2012, les Coyotes ne sont pas seulement le no man's land de la LNH mais c'est aussi le cimetière, simplement par la quantité ridicule de contrats enterrés par d'autres équipes en Arizona depuis des années. 

Voici un petit résumé de ces pierres tombales qu'on a pu retrouver dans le payroll des Coyotes au fil des dernières saisons:
- Chris Pronger (contrat acquis en 2015, 3 ans après son dernier match avec les Flyers)
- Pavel Datsyuk (acquis en 2016, lorsque Datsyuk partit terminer sa carrière en Russie)
- Dave Bolland (acquis en 2016, après plusieurs blessures et un boulet de contrat)
- Marian Hossa (acquis en 2018, suite à sa retraite après des complications liées à l’eczéma)
- Bryan Little (acquis en 2022, trois ans après une blessure qui mit fit à sa carrière en 2019)
- Shea Weber (acquis en 2023, transmission de contrat boulet, passant du CH aux Golden Knights aux Coyotes)
- Jakub Voracek (acquis en 2023 des Blue Jackets, une semaine après Weber)



De plus, quelques joueurs ont simplement été largués aux Coyotes gratuitement en tant que «salary dump». C'est le cas de Shayne Gostisbehere qui passa des Flyers aux Coyotes en juillet 2021. Il prit le chemin de l'Arizona en compagnie de deux choix au repêchage en 2022. En retour, les Flyers ne reçurent rien. Le même principe s'appliqua quelques semaines plus tôt lorsqu'ils obtinrent Andrew Ladd des Islanders avec 1 choix au repêchage lors des trois années suivantes. Au moins, Ladd et Gostisbehere ont ensuite joué quelques matchs avec les Coyotes, contrairement aux contrats enterrés qu'on a vu plus tôt.

Cette technique de détournement du cap et du plancher salarial, malgré tout légale, confirme que les Coyotes ne sont pas seulement un endroit de misère et le no man's land de la LNH, mais aussi la plus mauvaise joke de la LNH, probablement dans toute son histoire. 
 
Les fiascos passés comme les Barons, les Scouts de Kansas City ou les Quakers de Philadelphie avaient au moins à leur honneur de connaître des dénouements rapides au lieu de niaiser avec la puck aussi longtemps, ce qui fait qu'on aime bien se rappeler de ces équipes défuntes, autant à chier aient-elles pu être. Mais pour les Coyotes, je doute qu'on ait beaucoup de nostalgie envers eux.
 
Vous savez lorsqu'on discute d'équipes défuntes entre chummys? Ça donne normalement quelque chose du genre:
- Heille dude, tu te rappelles-tu des North Stars?
- LOL oui. Dino Ciccarelli, Jon Casey, Basil McRae, LOL.
- Haha ouais!

Mais lorsque les Coyotes deviendront une équipe défunte (et ça va arriver), ça va plus donner ceci:
- Heille dude, tu te rappelles-tu des Coyotes? Shane Doan! Radim Vrbata! LOL!
- Ta gueule caliss.


Un aréna de 5000 places, un dépotoir de contrats, des chandails laids et aucun espoir à l'horizon. Fuck les Coyotes man. Quand ils déménageront enfin, je promets solennellement d'acheter leur chandail afin de l'incinérer et chier sur les cendres.

(Checkez ben Gary annoncer la construction d'un nouvel aréna en Arizona dans les 24 heures suivant la publication de ce texte)

Dans la prochaine partie, on revient avec plus de stabilité (et un peu moins de haine) avec les Bruins.

mardi 17 octobre 2023

Gloire et misère: Anaheim

 


Voici une autre série de textes interminables qui devrait me prendre un autre 4 ans à finir.

Chaque franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé analyser chaque franchise sous deux angles différents, soient ses années de gloire (l'âge d'or) d'un côté et ses années de misère de l'autre (l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des années «normales». Parfois on peut retrouver plus d'un âge d'or ou âge de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère» sont relatives selon l'équipe. Genre je sais pas trop ce que ça va donner pour les Blue Jackets mais on verra rendu là.

J'ai en même temps établi quels ont été les différents «no man's land» de la LNH au cours des années, soit les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.

Allons-y donc.

(Mighty) Ducks d'Anaheim

Années de misère: 1999-2000 à 2001-02
Après quelques années d'expansion normales, même meilleures que beaucoup de clubs d'expansion, les Mighty Ducks ont continué à se développer et ont accédé aux séries pour la première fois en 1996-97. Menés par un duo excitant composé de Paul Kariya et Teemu Selanne, les Ducks semblaient bien enlignés vers la gloire. Cependant, les saisons suivantes furent décevantes pour tout le monde, dont Kariya qui manqua beaucoup de matchs dû à plusieurs blessures et une dispute contractuelle en 1997-98. 

Les Ducks ne firent les séries qu'une seule fois entre 1997-98 et 2001-02, et ce ne fut qu'une sortie rapide en première ronde au printemps 1999, saison où les fans eurent tout de même du bon hockey à se mettre sous la dent avec une saison de 100+ points chacun pour le duo Selanne/Kariya. 

Les deux joueurs regressèrent toutefois à des saisons de 80 points la saison suivante et on commença à sentir la lassitude s'installer à Anaheim où les assistances diminuèrent. Le bas-fond fut atteint en mars 2001 lorsque le directeur général Pierre Gauthier échangea le populaire Selanne à ses rivaux de division, les Sharks. Les fans n'ont jamais pardonné cet affront à Gauthier, qui avait promis de ne pas l'échanger, et il fut finalement limogé après la saison 2001-02, saison où les Ducks attirèrent le moins de spectateurs dans leur histoire, soit une moyenne de 12 000 par match.


Joueur emblématique de cette période: Jeff Friesen 
Celui obtenu en retour de Selanne, il a eu énormément de difficulté à remplacer son prédécesseur sur la première ligne et dans le coeur des fans. Et après une saison moyenne de seulement 43 points en 2001-02, il fut échangé aux Devils en compagnie d'Oleg Tverdovsky en retour de Petr Sykora, Mike Commodore et autres joueurs au travers de tout ça. Friesen revint ensuite hanter les Ducks lors de la finale de 2003, marquant notamment 2 buts lors du 7e match décisif, ce qui fit définitivement de lui l'un des plus mal-aimés des ex-Ducks.

Années de gloire: 2002-03 à 2010-11 / 2012-13 à 2016-17
Une fois Pierre Gauthier parti (spoiler: on réentendra ça une ou deux autres fois ailleurs), les Mighty Ducks, et ensuite seulement Ducks, sont devenus une équipe phare des années 2000. La sauce a commencé à lever dès leur saison surprise en 2002-03 où après trois ans sans faire les séries, le nouvel entraineur Mike Babcock (dans le temps qu'il devait être encore semi-gentil) mena l'équipe à sa première saison de 40 victoires et la finale contre les Devils dans une cause perdante. On assista alors à l'émergence de Jean-Sébastien Giguère comme gardien dominant.

Cela prendra ensuite quelques saisons à bien remettre tout en place, dont le départ de Kariya, le bref séjour de Sergei Fedorov et une petite saison hors des séries en 2003-04. Mais après de grosses acquisitions du nouveau DG Brian Burke (Scott Niedermayer, Chris Pronger, François Beauchemin), des choix au repêchages et des signatures judicieuses (Corey Perry, Ryan Getzlaf, Chris Kunitz) et surtout le retour d'exil de Selanne, les Ducks devinrent des brutes et connurent leur apogée en 2006-07 avec une victoire sans équivoque de la Coupe Stanley contre les Sénateurs, un parcours où ils ne perdirent que 5 matchs durant l'ensemble des 4 rondes.

 


Cette ère des Ducks, qu'on pourrait surnommer l'ère Randy Carlyle, dura jusqu'en 2010-11 et l'équipe connut 6 saisons de 40+ victoires durant cette période. L'équipe glissa en 2009-10 avec une exclusion des séries, mais se reprit l'année suivante avec 47 victoires et un trophée Hart et Maurice Richard pour Corey Perry.

Après un léger «reset» autour de 2012, les Ducks redevinrent compétitifs sous les ordres de Bruce Boudreau et malgré qu'ils ne sont jamais retourné en finale, les Ducks connurent leurs meilleures fiches à vie au milieu des années 2010 avec deux saisons de 54 et 51 victoires respectivement en 2013-14 et 2014-15. Durant cette deuxième partie de leur âge d'or, les Ducks se rendirent deux fois en finale de conférence.

Joueur(s) emblématiques de cette période: Chris Pronger/Scott Niedermayer


Ouf. J'avais comme pas le choix d'en prendre deux quand tu as deux défenseurs membres du temple à ta disposition. Non mais quel duo. Ils se succédèrent d'ailleurs comme capitaines. J'aurais pu aussi mettre Giguère ou même Getzlaf, Perry ou Selanne. Tant de choix tellement cette période fut glorieuse et diversifiée pour les Ducks. Mais Pronger et Niedermayer représentaient réellement à quel point cette équipe de 2006-07 était redoutable et à prendre au sérieux. Pronger était définitivement la pièce manquante au casse-tête, alors qu'il jouait avec les Oilers lorsque ces derniers avaient éliminé les Ducks en finale de conférence au printemps 2006. Quant à lui, Niedermayer eut un impact immédiat au niveau du leadership et connut même ses meilleures saisons offensives à Anaheim.

Années de misère: 2018-19 à maintenant
Un retour de Carlyle derrière le banc en 2016-17 n'a pas été très fructueux et les Ducks sont misérables et médiocres depuis, surtout par l'inaction et attitude crasse du DG Bob Murray qu'on a même désigné comme pire DG ici en 2021.

Leur dernière participation aux séries remonte à 2018, donc un record de franchise de 5 saisons consécutives (et probablement plus) sans y participer. Donc selon moi les partisans des Ducks vivent actuellement leurs pires moments. Pire que quand Selanne est parti (au moins ils leur restait Kariya). Leur fiche de l'an passée (23-47-0-9) est la pire de leur histoire avec leur pire pourcentage de victoire (.354). Même les premiers Mighty Ducks de 1994, avec Troy Loney, Bob Corkum et Terry Yake étaient meilleurs (33-46-5).


Murray a finalement démissionné en novembre 2021, suite en grande partie à des allégations d'abus verbaux envers les employés et les joueurs. C'est désormais Pat Verbeek, un de mes joueurs cultes qui est en poste comme DG et on lui souhaite bonne chance parce qu'à date, à part des jeux de la semaine de la part de Trevor Zegras, c'est «quackement» poche.

Joueur emblématique de cette période: John Gibson
On retrouve beaucoup de Ducks parmi nos récents récipiendaires de trophées LVEUP, surtout le pauvre Gibson, triple lauréat du trophée Gary «Suitcase» Smith. À moment donné faudrait bien trouver un autre goaler...

Ce sera tout pour ce premier tome, le prochain dans l'ordre alphabétique: Arizona. Oh boy que j'ai du pain sur la planche dans la colonne années décennies de misères...

lundi 16 mars 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Matchs #22-23-24




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison, selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22,23,24

Excusez mon retard, j'ai été quelque peu accaparé dans d'autres projets personnels et j'ai laissé cette série déraper un petit peu ce qui fait que j'ai raté l'anniversaire des 100 ans des trois derniers matchs de la saison et de l'histoire des Bulldogs. Mais avec la présence du COVID-19 et des prochains jours/semaines en télétravail, je devrais pouvoir terminer cette série. Allons-y donc.


Dans le dernier match, les Bulldogs mirent la table pour plusieurs records de médiocrité toujours actifs de nos jours, soient le plus grand nombre de buts accordés dans un seul match par une équipe et par un gardien alors que les Canadiens l'emportèrent 16-3. Blessé physiquement et moralement, le pauvre gardien Frank Brophy fut laissé derrière après ce match et l'équipe terminera cette fatidique saison sans lui.

MATCH #22 - 6 mars 1920 vs. Toronto St-Patricks.


La Presse, 8 mars 1920


Howard Lockhart
Sans gardien suppléant pour ce match, les Bulldogs durent emprunter le gardien réserviste des St-Patricks, Howard "Holes" Lockhart. Ce dernier fit honneur à son surnom et à la saison 1919-20 des Bulldogs en accordant 11 buts. Il s'agissait de la 19e défaite des Bulldogs et de la quatrième fois qu'ils accordèrent plus de 10 buts. Du côté des gagnants, Mickey Roach marqua 5 buts, dont un tour du chapeau naturel en 3e période. Seuls Thomas McCarthy et Harry Mummery marquèrent pour les Bulldogs.

Les St-Patricks, la deuxième pire équipe de cette ligue à 4 clubs, démontra que la défense des Bulldogs étaient le véritable maillon faible de cette équipe.






MATCH #23 - 8 mars 1920 vs. Ottawa Senators


La Presse, 9 mars 1920


Harry Mummery
Pour cet avant-dernier match, les Bulldogs décidèrent de confier le poste de gardien à leur meilleur défenseur, Harry Mummery. Ce dernier avait déjà été gardien remplaçant dans le passé. Il avait d'ailleurs remplacé Brophy quelques semaines auparavant. Il s'en sortit bien... durant les deux premières périodes. Les Bulldogs faillirent causer la surprise alors qu'il détenaient une avance de 5-4 au début de la troisième. Cependant, les Senators ouvrirent les valves et marquèrent 7 buts en troisième. Avec un défenseur (Mummery) en moins, on put assister à la fatigue et le déclassement complet de la défense des Bulldogs.

Remarquez bien la dernière phrase de cette coupure de journal alors qu'on commence à mentionner la ville d'Hamilton. On y parle aussi que la partie suivante des St-Patricks contre les Canadiens sera ''contremandée'', un mot dont j'ignore complètement la signification...





Contremander \kɔ̃.tʁə.mɑ̃.de\ verbe transitif 1er groupe
Avertir quelqu’un de ne pas exécuter l’ordre qu’on a donné, de ne pas se rendre à l’invitation qu’on a faite.
Ah bon. Ils auraient donc annulé ce match? C'est faux, car ils jouèrent bel et bien ce match que les St-Patricks gagnèrent 11-4.


Parlant de ''contremander'', j'ai l'impression que plusieurs personnes ''contremandent'' en ce moment les indications des médecins et du gouvernement de ne pas sortir de chez eux.


MATCH #24 - 10 mars 1920 - Ottawa Senators vs. Québec Bulldogs


Le Soleil, 11 mars 1920




Dernier match de la saison 1919-20 des Bulldogs et de l'histoire de ce club dans la ville de Québec. On peut au moins se conforter que les Bulldogs ont au moins terminé leur histoire avec une victoire, leur quatrième de la saison, portant la fiche du club à 4-20. Malgré cette fiche anémique, la grande vedette des Bulldogs, Joe Malone, profita de ce match pour connaître une autre de ses soirées légendaires en marquant 6 buts, ce qui n'était même pas son plus haut total durant cette saison alors qu'il marqua un record toujours inégalé de 7 buts lors du match du 31 janvier.

Avec ces 6 buts, Malone dépassa Newsy Lalonde des Canadiens et termina comme premier compteur de la ligue avec 39 buts et 49 points, devançant Lalonde par 3 points.

Avec cette fiche de 4-20, les Bulldogs terminèrent la saison avec un pourcentage de victoire de .167, ce qui demeure à ce jour le 6e pire résultat de l'histoire.




Ensuite vinrent plusieurs déploiements et manigances en coulisses, laissant le futur de l'équipe incertain. Les rumeurs d'une nouvelle équipe à Hamilton étaient déjà courantes depuis plusieurs semaines mais les fans de Québec ne se doutaient pas qu'il s'agirait plutôt d'un transfert.

On terminera ça plus tard dans un autre billet de conclusion. Sur ce, prenez soin de vous, lavez-vous les mains, restez chez vous, démarrez-vous un blog et faites le compte-rendu de chaque match des Capitals de 1974-75.


Statistiques finales des Bulldogs en 1919-20


mardi 3 mars 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #21




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20


Dans l'histoire de plus de 100 ans de la LNH, on a vu un nombre important de dégelées où on assista à un écart de plus de 10 buts. Voici quelques-unes de ces dégelées:

30 janvier 1969           BLACKHAWKS 12 - FLYERS 0
22 février 1979           CANADIENS 12 - PENGUINS 0
4 décembre 1987        RED WINGS 12 - BLACKHAWKS 0
2 janvier 1971            MAPLE LEAFS 13 - RED WINGS 0
8 novembre 1985       OILERS 13 - CANUCKS 0
11 novembre 1981     NORTH STARS 15 - JETS 2
21 novembre 1943     CANADIENS 13 - BRUINS 3
19 novembre 1983     OILERS 13 - DEVILS 4
30 octobre 1992         SABRES 12 - SENATORS 3
22 mars 1984             FLYERS 13 - PENGUINS 4
10 février 1993          FLAMES 13 - SHARKS 1
19 mars 1981             SABRES 14 - MAPLE LEAFS 4
21 décembre 1975     SABRES 14 - CAPITALS 2


Et voici ce que la plupart des experts considèrent comme la pire dégelée de l'histoire de la ligue:

23 janvier 1944 RED WINGS 15 - RANGERS 0
Lors de ce match en pleine 2e guerre mondiale où plusieurs équipes étaient en manque d'effectifs, les Rangers connurent comme les Bulldogs une des pires saisons de l'histoire. Ils finiront avec une fiche pitoyable de 6-39-5. Et lors de ce match contre Detroit, il ne réussirent que 9 lancers au filet tandis que leur pauvre gardien Ken McAuley sera en place pour l'entièreté du match. 

Cependant, malgré que ce match fut le plus inégal de l'histoire de la ligue, je crois qu'il ne s'agit pas d'une dégelée aussi sauvage que ce 21e match de la saison 1919-20 des Bulldogs, un match qui fête aujourd'hui ses 100 ans...

La Presse, 4 mars 1920

C'est donc lors de ce match que le gardien des Bulldogs Frank Brophy inscrivit son nom dans le livre des records de la LNH pour le plus grand nombre de buts accordés dans un seul match avec 16. Ce 16 buts est également le plus haut total accordé/marqué par une équipe. Les Canadiens marquèrent 4 buts en première, 5 en troisième et un record d'équipe toujours valide de 7 buts marqués en deuxième période. Durant cette dégelée légendaire, 4 joueurs des Canadiens (Didier Pitre, Newsy Lalonde, Odie Cleghorn et Harry Cameron) obtinrent un tour du chapeau, ce qui doit également être un record mais je n'ai pas réussi à le confirmer. Un des faits le plus étonnant de ce match est que les Canadiens n'avaient que 6 patineurs en uniforme dont seulement un défenseur (Cameron). Normalement c'était les Bulldogs qui étaient en manque d'effectifs durant cette pénible saison mais pour une des rares fois, ils comptèrent plus de patineurs (7) que leurs adversaires. 

Frank Brophy
Des scores élevés du genre étaient assez communs à l'époque (comme vous avez pu voir dans cette série) et on avait vu pire avant l'arrivée de la LNH. Cependant, le sort qui attendit le pauvre Brophy m'incite à déclarer cette dégelée comme la pire de l'histoire, même si le match de 15-0 des Rangers comporte un plus grand écart de buts et est également un blanchissage. Brophy, un joueur recrue de seulement 19 ans qui semblait tout de même prometteur avant la saison, termina ainsi sa courte carrière dans la LNH. Et selon le peu d'informations que j'ai trouvé de lui, il ne rejoua jamais au hockey par la suite. Sa santé était fragile et il traînait d'ailleurs une blessure à la cuisse depuis quelques matchs. Dans son livre ''La coupe à Québec'', Marc Durand décrit Brophy comme étant blessé ''autant physiquement que moralement'' après toutes ces nombreuses défaites et blessures subies durant cette fatidique saison.

Il fut ainsi libéré par l'équipe qui trouva d'autres options pour terminer la saison. Sa fiche lors de cette seule saison dans la LNH fut de 3 victoires et 18 défaites. Il demeure également à ce jour le gardien avec la pire moyenne de buts accordés par match (minimum de 20 matchs) avec une moyenne de 7.11 buts accordés.

Brophy développa plus tard des problèmes cardiaques que l'on soupçonne d'avoir commencés après avoir reçu un tir à la poitrine de la part de Didier Pitre. Il aggrava ensuite ce problème lors d'un match contre les Senators lorsqu'il reçut un tir similaire d'Eddie Gerard. Il mourut à sa résidence 10 ans plus tard, âgé de 29 ans seulement. On raconte qu'il serait mort d'un arrêt cardiaque.

C'est donc sans Brophy que les Bulldogs finiront cette saison 1919-20 auquelle il ne reste que 3 matchs...

Statistiques des Bulldogs après 21 matchs


vendredi 28 février 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #20




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19


Nous voici rendus au 20e match de cette agonisante saison des bientôt défunts Bulldogs de Québec. Le Club Athlétique de Québec de son vrai nom en est maintenant à ses derniers miles et visite le Canadien à l'Aréna Mont-Royal en ce samedi 28 février 1920. Le club a alors une fiche de seulement 3 victoires contre 16 défaites. 


La Presse, 1er mars 1920

Dans un de ces trop rares matchs des Bulldogs où le score fut assez serré pour être considéré comme un bon match, le club dut une fois de plus se débrouiller avec un manque d'effectifs alors que l'un de leurs meilleurs joueurs, George Carey, fut blessé et ne put participer à la rencontre.

Les Canadiens marquèrent 3 buts sans riposte durant la première et on semblait encore une fois se diriger vers une autre dégelée chez les Bulldogs, mais ces derniers se sont présentés à partir de la deuxième et ont réussi à égaliser la marque en 3e. Cependant les Canadiens remirent les pendules à l'heure en fin de match et marquèrent les deux derniers buts leur permettant de se sauver avec une victoire de 8-6. Dans la défaite, le nouveau venu Thomas McCarthy continua de s'illustrer avec 2 buts et 1 passes. En comptant ce match, il avait donc marqué 7 buts à ses 4 derniers matchs.

Sinon, Joe Malone continua son excellent travail comme d'habitude avec lui aussi 2 buts (dont son 30e de la saison) ainsi que 2 passes.

Prochain match le 3 mars et celui-là en sera tout un... On se revoit en mars.


Statistiques des Bulldogs après 20 matchs