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mardi 16 septembre 2025

Le hockey au Turkménistan



Malgré son statut d'ancienne république soviétique, le Turkménistan n’a jamais eu de tradition de hockey, son climat désertique rendant sa pratique impossible à l'état naturel. Situé au nord de l’Iran et de l’Afghanistan, la neige et les températures froides y sont très rares. En fait, il s'agissait à l'époque de la région la plus au sud de tout l'union soviétique. Selon mes recherches, aucun joueur de hockey de l'ancien union soviétique était d'origine Turkmène avant l'indépendance du pays en 1991.

Surtout reconnu pour les tristement célèbres «Portes de l'enfer», ce cratère de feu qui dure depuis 1971, le Turkménistan est également dirigé par un régime autoritaire et dynastique autour de la famille Berdymoukhamedov, sans opposition politique ni liberté de presse. L’État contrôle l’information et limite l’accès à Internet, mais se présente comme neutre et exploite ses ressources énergétiques pour entretenir des relations sélectives avec l’étranger. 

Le pays serait même plus oppressif que la Corée du Nord, auquel il est souvent comparé. Et comme cette dernière, les dirigeants du Turkmenistan ont cultivé un culte de la personnalité et imposé des mesures drastiques et extravagantes. Par exemple, l'ancien président Saparmurat Niyazov (1991 à 2006) avait rebaptisé les mois et les jours, interdit les barbes longues et fermé les hôpitaux et bibliothèques rurales. Son successeur, Gurbanguly Berdymoukhamedov, a ensuite annulé certaines de ces mesures mais poursuivit dans le culte de personnalité, interdisant par exemple les voitures de couleurs, ce qui fait qu'aujourd'hui, l'entièreté des voitures citoyennes du pays sont blanches... 

Donc, comment un pays désertique et oppressé comme le Turkménistan est parvenu à avoir du hockey? 

Et bien, avant sa mort en 2006, Niyazov avait fait construire la première patinoire de l'histoire du pays dans le désert Kopet Dag, situé à la frontière avec l'Iran. Après sa mort, son successeur entreprit ensuite la construction d'une deuxième patinoire, plus grande et extravagante, dans la capitale d'Achgabat. D'une capacité de 10,000 sièges, le «Winter sports Complex» d'Achgabat est un des plus gros amphithéâtres de toute l'Eurasie, à l'exception de ceux qu'on retrouve à Moscou ou St.Petersbourg. Un troisième aréna de seulement 630 places a par la suite été construit en 2014, toujours à Achgabat.

L'ancien président Gurbanguly Berdymoukhamedov

Construire un aréna hyper moderne était déjà ambitieux et quelque peu mal avisé pour un pays qui se classe dans les pires espérances de vie et niveaux de santé, en dehors du continent africain. Mais qu'à cela ne tienne, Berdymoukhamedov voulait que son pays se distingue au hockey international. Comme il n'y avait qu'une ou deux équipes informelles à travers le pays, il ordonna en 2012 la création d'équipes au sein de son gouvernement et ses institutions, afin de donner l'exemple. On vit donc apparaitre des équipes sponsorisées par différents ministères comme le ministère de l'industrie, le ministère des relations économiques et le ministère de la défense entre autres.

Le premier championnat national apparut ensuite en 2013, et fut remporté par le Galkan HC (Ministère des affaires internes) qui a remporté par la suite toutes les éditions suivantes. 

 

Le Turkménistan joignit ensuite les rangs de la IIHF en 2015 et participa à son premier tournoi international en 2017 lors des jeux d'hiver d'asie au Japon. Il termina alors en 11e place du tournoi, devant son voisin, le Kyrgystan, et les Philippines. 

Le pays entra ensuite dans le classement du championnat mondial en 2018, parvenant à se classer en 3e division-A. 

Les divisions du championnat du monde sont en fait très compliquées en dehors de la division élite que l'on connait davantage ici (Canada, USA, Suède, Etc). En dehors de ces 16 nations élite, les pays suivants se disputent les divisions I, IA, IIA, IIB, IIIA, IIIB et IV. 

Le Turkménistan n'est pas encore en voie de devenir une puissance mondiale comme le voulait Berdymukhamedov. Le Turkménistan se retrouve actuellement au 44e rang mondial sur 60. Il s'agit somme toute d'un bon résultat pour un pays au programme et à la tradition encore très jeune. Par exemple, des pays ayant des programmes plus vieux comme la Turquie (1991) et l'Arménie (1999) ne sont jamais allé plus loin que le fond de la division IIIB. Le programme a sans doute été grandement aidé par le parainage du double champion de la coupe Stanley Sergei Nemchinov, qui vint consulter au Turkménistan en 2020, mais qui semble ne pas y être retourné par la suite...

On verra ce qui adviendra pour la suite. Est-ce que le hockey peut y progresser naturellement sans l'influence forcée du régime en place? Qu'adviendrait-il en cas de changement de régime? 

Je vous laisse sur cet extrait le plus célèbre de la courte histoire du hockey turkmène, soit lors du mois de février dernier lorsqu'une mêlée générale éclata entre le Turkménistan et l'équipe de Hong Kong aux plus récents jeux asiatiques. 4 joueurs turkmènes ont été suspendus à la suite de ces incidents qui eurent lieu durant la poignée de main après le match remporté 5-1 par Hong Kong.

 

En 2022, Gurbanguly Berdymoukhamedov passa les rênes de son parti à son fils Serdar qui fut élu aux élections avec 73% des voix le mois suivant dans une élection qui fut grandement reconnue comme truquée.

mercredi 3 septembre 2025

Update des ligues mineures 2025-26


 

 

Nous revoici presque prêts pour une autre saison de hockey professionnel nord-américain et donc il est important de remettre à jour votre radar des ligues mineures avec ce qui s'est passé (ou non) sur l'échiquier des différentes ligues voisines de la grosse ligue.  

Chaque année on découvre de nouvelles équipes, des nouveaux coins du continent et surtout, des nouveaux logos et chandails bizarres...

AHL

Pas de changements d'équipes dans la ligue américaine, pas de déménagements ou de changements de noms. La ligue comporte toujours 32 équipes, toutes affiliées à ce même nombre de clubs dans la LNH. 

2026 marquera le 90e anniversaire de la AHL. Bref une ligue en santé, ce qui est bien. Sauf quand tu aimes parler d'équipse défuntes ou d'histoires fuckées de proprios qui paient pas leurs joueurs comme les malfamés Bobcats de Vermillion County

Parfois c'est le calme et non la tempête...

Un changement notable aux règlements a toutefois été adopté dans la AHL cet été, mais il ne prendra effet qu'en 2026-27. La nouvelle convention collective permettra alors à chaque équipe de la LNH d'envoyer un de ses prospects de la CHL âgé de 19 ans dans la AHL. 

Donc ouais, pas grand chose. Il y avait toutefois un truc qui m'avait échappé l'an passé avec les Islanders de Bridgeport qui ont adopté le logo «Fisherman» du grand club. Le logo était auparavant plus basique avec un B avec un bâton, un peu similaire au NY du club newyorkais.

Ça fait un beau résultat quand même. J'ai jamais eu de problème avec ce logo en tant que tel, c'était plus le chandail de 1995 qui était horrible. De plus tu ne changes pas un logo qui a remporté 4 coupes d'affilée. Pour un club des mineures, alors là pas de problème. 


L'équipe en est à sa 25e saison à Bridgeport au Connecticut, ce qui est un bel accomplissement. Ils s'appelaient autrefois les «Sound Tigers» avant d'être renommés sous le nom «Islanders» en 2021. Faut avouer que «Islanders» ça fonctionne vraiment mieux pour une équipe de «Bridgeport». Mais pour leur 25e, l'équipe ramènera l'ancien logo et chandail des Sound Tigers lors des matchs locaux du samedi.

Sinon et bien on peut toujours compter sur les défunts Coyotes de l'Arizona/Phoenix pour continuer de perdurer même si on veut pu jamais entendre parler d'eux ou les voir:


Celui-là aussi je l'avais raté l'an passé, mais les Roadrunners de Tucson, anciennement affiliés aux Coyotes (et maintenant au Mammoth), ont gardé vivant l'esprit «on sacre tout dans le blender» de ses ancêtres en «amalgamant» le logo «kachina» des Coyotes avec le logo classique du Roadrunner, dont les racines remontent aux nombreux anciens clubs du même nom (voir texte du 8 mai 2024). Le tout mélangé dans un chandail mélangeant les couleurs criardes des anciens designs des coyotes qui se complémentent aucunement ensemble... Jésus christ. Moi qui avais précédemment fait l'eulogie du chandail des Coyotes quand ils sont morts... on dirait que j'en aurai jamais fini avec eux.
 
 
ECHL
 
 
Encore un signe selon quoi les ligues professionnelles sont bel et bien en santé, la ECHL est désormais rendue à 30 équipes, ce qui n'est pas loin d'être le sommet dans son histoire. La ligue avait en fait momentanément eu 31 clubs en 2003-04 après l'absorption de la WCHL. Comme la AHL, la ECHL veut également se rendre à 32 équipes pour qu'il y finalement l'ultime synergie entre les trois ligues. En ce moment, seuls les Blue Jackets et le Mammoth n'ont pas d'équipes affiliées dans la ECHL.
 
Donc la ligue passe de 29 à 30 équipes en 2025-26 avec l'arrivée d'une petite nouvelle, les Gargoyles de Greensboro.


La ECHL revient ainsi à Greensboro, Caroline du Nord, pour la première fois depuis 2004. La ville était autrefois un des bastions de cette ligue, alors qu'une équipe du nom des Monarchs de Greensboro avait joint la ligue en 1989, soit à la deuxième année d'existence de la ECHL. Les Monarchs connurent énormément de succès, au point de pousser les dirigeants locaux à agrandir l'aréna jusqu'à une capacité de 21 000 spectateurs. Cela mena éventuellement à l'arrivée des Hurricanes de la Caroline dans la LNH, eux qui jouèrent leurs deux premières saisons à Greensboro. 

Les Hurricanes forcèrent les Monarchs à cesser leurs activités. Greensboro retrouva cependant une équipe dans la ECHL quand les Hurricanes déménagèrent à Raleigh en 1999, avec l'arrivée des Generals. Ces derniers ne firent toutefois pas long feu, cessant leurs activités en 2004.

Le hockey est donc de retour à Greensboro, alors qu'aucune autre ligue n'y avait élu domicile depuis. Le propriétaire des Gargoyles est le groupe Zawyer Sports & Entertainment, qui est également propriétaire des Checkers de Charlotte, les Icemen de Jacksonville, les Ghost Pirates de Savannah et les Knights Monsters de Tahoe. Ils ont également comme propriétaires minoritaires Paul Bissonette et Ryan Whitney qui devraient sûrement en parler dans leur podcast...

Les Gargoyles seront logiquement affiliés aux Hurricanes.

Le plan pour se rendre à 32 équipes poursuit son cours avec l'annonce de deux autres franchises en 2026-27, une à Rio Rancho au Nouveau-Mexique, et une autre à Augusta en Géorgie. 


SPHL



 

On continue de débouler les échelons avec la prochaine ligue d'importance, la SPHL, autrefois connue sous le nom de la «Southern Professionnal hockey League» mais qui a fait comme sa grande cousine la ECHL en adoptant ce qu'on appelle un «acronyme orphelin»...

Ici encore, cette ligue est en «santé» avec aucun changement d'effectifs, la ligue abritant toujours 10 équipes.

De quoi vais-je parler alors?

AH! Il y a un nouveau règlement dans la SPHL en 2025-26; la «Over-and-back» rule. Cette nouvelle règle est seulement appliquée en prolongation et il s'agit d'une sorte de hors-jeu inversé... Une fois que l'équipe prend possession de la rondelle avant la ligne bleue de sa zone, elle ne peut pas revenir derrière cette ligne. Tu te commets en attaque ou bien c'est un hors-jeu. L'arbitre siffle et on reprend une mise-au-jeu dans la zone défensive.

On sait que les ligues mineures sont souvent un terrain de pratique pour des règlements dans les plus hautes ligues. J'espère que cette règle ne se rendra pas plus haut...


FPHL

Si c'était plate dans la SPHL, et, soyons honnête, dans toutes les autres ligues, et bien on peut toujours compter sur la FPHL pour être divertis.

La «Federal Prospects Hockey League» accueille 2 nouvelles équipes en 2025-26, ce qui la fait désormais monter à un impressionnant total de 14 équipes! Elle n'en avait que 7-8 dans les saisons entourant la covid... Il y a aussi 1 déménagement, 1 changement de nom et une équipe qui quitte le bateau. Là tu parles...


Il y a tout d'abord les Scarecrows de Topeka, capitale du Kansas, qui va accueillir une équipe professionnelle pour la première fois depuis 2004 dans l'ancienne CHL. Il y a d'ailleurs eu une autre équipe sous ce nom dans le passé. On ne peut pas dire que le logo est pas cool... Je prévois de fantastiques chandails spéciaux pour l’Halloween.


On retrouvera également une nouvelle équipe dans la ville de Columbus en Indiana (un des nombreux Columbus des USA) avec l'arrivée des Sentinels de l'Indiana. Ils ont opté pour un «Sentinel» du style de l'armée américaine, mais on dirait vraiment plus un pilote d'avion...


Ensuite, on retrouve un changement de nom alors que les Seawolves du Mississippi deviennent les Breakers de Biloxi avec... une vague qui tient un bâton... Ok. Une sentinelle ou un épouvantail qui tient un bâton ça fonctionne. C'est même cool. Mais une vague?

 

 

Pour conclure avec la FPHL, on a un déménagement. Le HC Venom, autrefois à Poughkeepsie dans l'état de New York, déménage à Florence en Caroline du Sud et se renommera les Pee Dee Icecats. Pee Dee étant le nom de cette région du nord de la Caroline du Sud... et un peu du sud de la Caroline du Nord. 

Il s'agit d'un premier retour du hockey professionnel dans ce coin depuis le Pee Dee Pride qui exista dans la ECHL de 1997 à 2005, et les Pee Dee Cyclones dans la SPHL de 2005 à 2007.

C'est finalement tout pour la FPHL... Toute qu'une cuvée en 2025-26...

 

 LNAH


On termine comme d'habitude avec la LNAH, et on retourne ici au pattern de «ligue en santé» alors qu'il n'y a aucun changement au niveau des équipes, qui se situe toujours à 8 avec aucun déménagement ou changement de nom en 2025-26. On aime ça.

Mais je voulais pas terminer avec autant rien à dire. Alors profitons-en pour saluer la présence de tout un Warrior qui est de retour dans la LNAH cette saison alors que le vénérable Chris Cloutier est toujours présent avec les Pétroliers de Laval. 
 
Lorsqu'il foulera les glaces de la LNAH dans quelques semaines, il s'agira de sa 20e saison en carrière dans le circuit! 20 saisons dans la LNAH. Il a débuté en 2004-05 avec les défunts Chiefs de Laval et il a ensuite joué pour probablement l'ensemble des équipes de la ligue depuis ce temps... Il a même joué pour les très étranges et très éphémères Blackjacks de Berlin au Vermont...

Il a pris quelques breaks durant ce temps, comme la saison 2010-11 où il n'a aucunement joué ou bien une saison de seulement 5 matchs en 2017-18.  Mais j'ai bel et bien vérifié et compté le nombre de saisons et il s'agit effectivement de 20 saisons dans la LNAH. Au total, en 513 matchs dans le circuit, le dur à cuire a compté 14 buts (aucun depuis 2016), obtenu 44 passes pour 58 points. Il a aussi amassé 3505 minutes de pénalité...


C'est donc ce qui conclue ce recap annuel du portrait des ligues mineures en amérique du nord. On se revoit en 2026-27...

 

 

dimanche 31 août 2025

Petites photos pour le plaisir #103 - Arénas avec des noms de joueur

 

Il est de plus en plus commun de nommer un aréna avec le nom d’un commanditaire. Il s’agit bien sûr d’aller des fonds. Les enceintes de la LNH portent d’ailleurs toutes un nom de commanditaire, sauf le Madison Square Garden. Le domicile des Rangers, le plus vieux de la ligue, fait plutôt référence à une rue où il n’est pas situé, puisque ce sont les deux premières versions qui y étaient. (L’actuelle version, qui date de 1968, est la quatrième.)

Toutefois, de nombreuses patinoires portent le nom d’un joueur local qui a eu une belle carrière. On en a retrouve d’ailleurs encore quelques-uns dans la LHJMQ. 

En voici une dizaine, choisies au hasard. 

Centre Georges-Vézina de Chicoutimi 


Le plus vieil aréna de la LHJMQ (titre partagé avec le Centre Agnico-Eagle de Val-d’Or, tous deux inaugurés en 1949) honore le premier gardien étoile des Canadiens, qui est né à Chicoutimi. 

En plus de nombreux spectacles, le domicile des Saguenéens a déjà été l’hôte de la Coupe Memorial et du Brier au curling. 

Ray Sheppard et Bob Kudelski avaient visité l’endroit en 2022. 

Aréna Dave-Keon 


Le domicile des Huskies de Rouyn-Noranda, construit en 1951 et rénové en 2011, honore l’ancienne gloire des Leafs, originaire de l’endroit. 

Par contre, suivant la dernière tendance, il partage maintenant son nom avec un commanditaire : Aréna Glencore – Centre Dave-Keon

Mohammed Ali y a déjà prononcé une conférence en 1983. 

Centre Marcel-Dionne 


C’est en 1963 qu’a été construit le Centre civique. Le domicile des Voltigeurs de Drummondville honore maintenant le sixième meilleur buteur et le sixième meilleur pointeur de l’histoire de la LNH.

Kirk McLean y a fait une visite en 2018.

Aréna Raymond-Bourque 


Ville St-Laurent a honoré le quintuple gagnant du trophée Norris en nommant un aréna en son honneur.

Endicott College, situé à Beverly, Massachusetts, a fait de même. Si contrairement à St-Laurent, il n’y est pas né, il habite néanmoins le secteur depuis plus de 30 ans et est impliqué dans la communauté.

Aréna Rogatien Vachon 

Palmarolle, une municipalité d’environ 1400 habitants d’Abitibi-Ouest n’a pas oublié son citoyen le plus connu. Par contre, si c’est en 1983 que fut inauguré l’aréna, ce n’est qu’en 1994 qu’il prit officiellement le nom d’Aréna Rogatien Vachon

C’est en 1989 qu’on y ajouta un système de glace artificielle. 

En 2005, on y installa une section musée pour souligner la carrière de l’ancien gardien des Canadiens, des Kings, des Red Wings et des Bruins. Le tout fut dévoilé en présence de Monsieur Vachon, qui habite maintenant aux États-Unis depuis de nombreuses années. 

Aréna Francis Bouillon 


C’est en 2011, alors qu’il s’alignait avec les Predators, que Francis Bouillon fut honoré par la ville de Montréal, alors qu’on nomma l’aréna du quartier de son enfance et où il était toujours impliqué, Hochelaga-Maisonneuve, en son honneur. 

Aréna André Lacroix 

Son aspect extérieur changera bientôt

L’aréna de Lauzon (qui fait aujourd’hui partie de Lévis) a été bâti en 1969 au coût de 550 000$. On lui a ensuite donné le nom du meilleur pointeur de l’histoire de l’AMH, qui vient de l’endroit. 

L’endroit a ensuite vieilli, au point d’être fermé en 2020. Bien que Monsieur Lacroix habite maintenant en Ohio, la situation l’a désolé, au point où il a contacté le maire Gilles Lehouillier pour que la rénovation aille de l’avant. Il a même offert des objets pour décorer le site. 

Des fonds de 3 M$ ont finalement été débloqués. 

Après des retards, les travaux ont finalement débuté cet été, au plus grand plaisir d’André Lacroix.

Colisée Jean-Guy Talbot 


Le Colisée de Trois-Rivières date de 1938. Il est situé entre l’Hippodrome de Trois-Rivières et le Stade Quillorama, où évoluent les Aigles de Trois-Rivières de la Ligue Frontière. Il se trouve également au bord de la piste urbaine du Grand Prix de Trois-Rivières. L’action ne manque pas dans ce secteur! 

Ayant déjà partagé l’endroit avec les défunts Draveurs de la LHJMQ, les Patriotes de l’UQTR en sont maintenant les principaux locataires. Honnêtement, l’extérieur aurait besoin d’un coup de pinceau. 

Un aréna à Cap-de-la-Madeleine a déjà porté le nom de Jean-Guy Talbot, lui qui est originaire de cette ville aujourd’hui fusionnée à Trois-Rivières, mais en 2021, il a été démoli. Cinq mois plus tard, on renommait le colisée en l’honneur du gagnant de sept Coupes Stanley (et de l’unique entraîneur des éphémères Spurs de Denver / Civics d’Ottawa). 

Monsieur Talbot nous a quittés l’an dernier, à l’âge de 91 ans. 

Centre Mario Gosselin 


L’aréna de Thetford Mines a été construit en 1964, alors que le futur gardien de l’équipe olympique canadienne, des Nordiques, des Kings et des Whalers n’avait qu’un an. L’endroit portera plus tard son nom. 

Rénové en 2007, il est maintenant le domicile de l’Assurancia de la LNAH. 

Centre récréatif Marcel-Bonin 

 

Qui d’autre que l’ours de Joliette pourrait donner son nom à l’aréna de l’endroit? 

À une époque où presque tous les québécois signaient les Canadiens, il a plutôt débuté sa carrière avec les Red Wings, avec qui il a gagné la Coupe en 1955. Il a terminé son parcours avec Montréal, avec qui il a ajouté trois autres Coupes à sa collection (1958, 1959 et 1960). 

Il nous a quittés en janvier dernier, à l’âge vénérable de 93 ans. 

L’aréna, construit lors de l’année de naissance de Monsieur Bonin en 1931, ne fait pas son âge de l’extérieur. 

Il a été le domicile des défuntes équipes de Junior AAA et de la LNAH. 

Sources : 

″L’Aréna Francis Bouillon officialisé″, 9 août 2011, RDS (rds.ca), 

″Le Colisée de Jean-Guy Talbot″, 26 novembre 2021, radio-canada (ici.radio-canada.ca), 

″L’ex-joueur André Lacroix se désole de l’état de l’aréna à son nom à Lévis″ de Stéphanie Martin, 6 novembre 2022, Journal de Québec (journaldequebec.com), 

″Deux jours après notre reportage, Lévis trouve 3M$ pour rénover cet aréna fermé depuis 2020″ de Stéphanie Martin, 8 novembre 2022, Journal de Québec (journaldequébec.com), 

″Lévis : les travaux pour rénover l’aréna André Lacroix ont commencé″ de Stéphanie Martin, 2 juin 2025, Journal de Québec (journaldequebec.com), 

″Coup d’envoi des travaux de modernisation de l’Aréna André-Lacroix″ de Xavier Nicole, 19 juin 2025, Journal de Lévis (journaldelevis.com), 

palmarolle.ao.ca, wikipedia.org.

jeudi 28 août 2025

Joueur oublié des 90's #103 - Bruce Driver


  


Les Devils ont eu des défenseurs de renom durant leurs meilleures années, comme Scott Niedermayer, Scott Stevens et Brian Rafalski. Mais avant ces trois-là, le premier vrai bon défenseur de l'histoire de l'équipe fut le plus discret Bruce Driver, qui vit la franchise passer de risée de la ligue à championne de celle-ci.

Né le 29 avril 1962 à Etobicoke en Ontario, Driver ne semblait pas destiné à faire carrière dans la Ligue nationale. À 13 ans, il est même coupé de son équipe bantam parce qu’on le juge trop petit et trop frêle. Il persévère malgré tout et se démarque dans le junior A, ce qui incite les Generals d'Oshawa à le repêcher. Il refuse toutefois l'appel de la OHL pour plutôt accepter de joindre les Badgers de l'Université du Wisconsin. 
 
À l'époque, la voie de la NCAA demeurait peu fréquente pour se rendre à la LNH, surtout pour les joueurs canadiens. Toutefois, coïncidence ou pas, c'est suite au «Miracle on ice» de 1980 qu'on remarqua de plus en plus de joueurs optant pour la NCAA au lieu de la OHL ou la LHJMQ. Le Wisconsin offrait d’ailleurs les exemples les plus éloquents, fort d’un des meilleurs programmes universitaires du pays, dirigé par le vénérable Bob Johnson.
 
Driver débuta son stage universitaire en force en 1980-81, aidant les Badgers à remporter le championnat national. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 6e ronde du repêchage de 1981 par les défunts Rockies du Colorado. 

En 1981-82, les Badgers reçurent davantage de renforts avec l'arrivée de deux autres futurs joueurs de la LNH, soit Patrick Flatley et Chris Chelios, ce dernier étant muté sur la première ligne de défense avec Driver, qui lui fut élu sur la première équipe d'étoiles.
 
En 1982-83, Driver fut nommé capitaine des Badgers et mena l'équipe à une autre conquête du championnat national. Lors du match décisif contre Harvard, il récolta 1 but et 2 passes dans une victoire de 6-2 qui allait clore son parcours universitaire de parfaite façon.
 
Voici un extrait. Vous pouvez également y voir Chelios (#21) en action.
 
 
 
Fun fact, l'équipe 1983 des Badgers mettait aussi en vedette le futur joueur du Canadien David Maley ainsi que le gardien Marc Berhend, futur joueur des Jets et des Canadiens de Sherbrooke.
 
Après cette conquête, Driver opta de ne pas jouer sa 4e saison universitaire pour plutôt porter le chandail rouge et blanc du Canada lors des Jeux olympiques de Sarajevo. L’équipe canadienne (où jouait également Flatley et son futur coéquipier Kirk Muller) termina en 4e place, mais Driver s’y fit remarquer comme le défenseur le plus productif de la formation.
 
Après les jeux, Driver termina la saison 1983-84 avec l'organisation l'ayant repêché en 1981, maintenant connue sous le nom des Devils du New Jersey. Il joua 4 matchs pour terminer la saison (récoltant 2 passes) et fut cédé au club-école, les Mariners du Maine pour poursuivre son apprentissage. Il en profita alors pour ajouter à son palmarès avec une conquête de la coupe Calder.
 
Driver fit ensuite l'équipe à temps plein en 1984-85. Dès ses premières saisons, il s’impose comme un défenseur fiable, intelligent et surtout constant. Il incarnait le défenseur universitaire typique de l’époque: capable de lire le jeu, de calmer la tempête et d’appuyer l’attaque par une première passe solide et un lancer précis de la ligne bleue. Il récoltait en moyenne 40 points par saison, son meilleur rendement ayant eu lien en 1987-88 avec 15 buts et 40 passes pour 55 points. Un spécialiste en avantage numérique, la moité de ses buts marqués en carrière furent lors du jeu de puissance.
 
Au fil des années, il devint un pilier de la défense des Devils, étant même nommé capitaine lors de la saison 1991-92 suite au départ de Kirk Muller. Sa longévité au New Jersey – douze saisons au total – en fit l’un des visages les plus associés à l’équipe de cette époque, bien avant l’ère glorieuse marquée par Martin Brodeur, Scott Niedermayer et Scott Stevens. 

C'est d'ailleurs l'arrivée de ce dernier en 1991-92 qui fit en sorte que le règne de Driver comme capitaine fut très court. Les Devils avaient obtenu Stevens suite à une offre hostile controversée des Blues envers Brendan Shanahan des Devils. Un arbitre décida que les Devils étaient en droit de recevoir Stevens en compensation. 
 
Il y eut un long litige par la suite et Stevens ne voulait pas venir au New Jersey. Il se résigna toutefois et apprit à profiter de la situation. Étant auparavant capitaine des Blues, il était logique qu'il devienne éventuellement capitaine des Devils. 
 
Mais comme ses débuts avec l'équipe étaient encore sous atmosphère tendue, ils ont préféré élire Driver comme capitaine. Ce ne fut toutefois que partie remise. Au même moment où les Devils changèrent leurs couleurs du vert/rouge au noir/rouge, Stevens fut nommé capitaine pour la saison 1992-93. Bon joueur, Driver ne rechigna pas et garda le "A" lors des saisons suivantes.
 
Le point culminant de sa carrière survint en 1995, quand les Devils remportèrent leur première Coupe Stanley en surprenant les Red Wings de Detroit en finale. Driver, désormais un vétéran respecté, joua un rôle discret mais essentiel dans ce triomphe. 
 
Il obtint une fiche modeste de 1 but et 6 passes lors de ces séries, mais son seul but eut lieu lors du 3e match de la finale.
 
 
 
«Driver» drives it home. On peut tu avoir un call plus parfait? Sérieux.
 
Lors de la remise de la coupe au capitaine, Stevens remit la coupe aux 3 joueurs les plus anciens de l'organisation, soit John MacLean, Bruce Driver et Ken Daneyko. 
 
Ces trois joueurs, surnommés les «Original Devils» avaient tous débuté leur carrière au New Jersey durant la saison 1983-84, soit la même saison où avait eu lieu la fameuse défaite «Mickey Mouse» de 13-4 contre Wayne Gretzky et les Oilers, le 19 novembre 1983. Cependant, seul MacLean était en uniforme lors de ce fameux match, Driver étant toujours avec l'équipe canadienne et Daneyko dans le junior.
 
Driver était toutefois le dernier joueur toujours en poste à avoir été repêché en tant que Rockies du Colorado. Il est d'ailleurs un des seuls joueurs repêché par les Rockies à avoir remporté la coupe, le seul autre étant Rob Ramage (1989 avec les Flames et 1993 avec le Canadien).

 

 
Après la conquête de 1995, le contrat de Driver se termina. Il désirait rester au New Jersey mais seulement s'il recevait un nouveau contrat d'au moins trois saisons et une clause de non-échange, ne voulant pas déménager sa famille. La direction opta de ne pas lui offrir de contrat, ayant plusieurs jeunes défenseurs prêts à faire le saut. 
 
Il obtint toutefois ce qu'il désirait, pas très loin, avec les Rangers de New York. Il joua donc trois dernières saisons complètes avec l'ennemi à Manhattan, se retirant finalement du jeu après la saison 1997-98.
 
Sa retraite ne signifia pas la fin de son lien avec le hockey. Installé dans le New Jersey, il devint entraîneur d’équipes féminines au Morristown-Beard School dès 2000 et ensuite durant plusieurs saisons. Il fut élu au temple de la renommée de l'Université du Wisconsin.

En 922 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 96 buts et 390 passes pour 486 points, ainsi que 50 points en 108 matchs en séries.
 
Après la cohorte «Driver-Chelios-Flatley» du début des années 80, plusieurs autres joueurs de renom gravirent la LNH après leur passage à l'Université du Wisconsin comme Gary Suter, Scott Mellanby, Tony Granato, Curtis Joseph, Mike Richter, Brian Rafalski, Dany Heatley, Joe Pavelski, Ryan Suter, Ryan McDonagh et Cole Caufield.