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dimanche 31 mai 2026

La seule présence en séries des Rockies du Colorado



Je suis tombé l'autre jour sur cette publication expliquant que de toutes les équipes existantes de la LNH, seuls les Devils du New Jersey n'ont jamais été balayé en séries. Il y a bien sûr comme vous voyez le Mammouth, le Kraken et les Golden Knights qui font également partie du portrait mais comme ce sont des franchises toutes jeunes, ils ne sont évidemment pas encore pris en considération.

Mais si on considère le Mammouth comme étant la continuation des Coyotes de l'Arizona et des premiers Jets de Winnipeg, et bien il faut sans hésitation garrocher le mammoth dans la grosse batch de gauche avec tous les autres...


 

J'étais un peu perplexe avec ce tableau et fallait bien que j'aille vérifier. Il est cependant bien vrai que les Devils n'ont jamais perdu une série avec une fiche pire que 4-1 depuis leurs débuts en 1982-83. 

Mais si vous êtes familiers avec notre contenu ici, vous savez bien que pour nous, les Devils du New Jersey ne seront jamais seulement les Devils du New Jersey. 

Ici, quand on pense aux Devils du New Jersey, on parle plutôt de la franchise des "Devils du New Jersey/Rockies du Colorado/Scouts de Kansas City". Tsé, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et inutile?

Donc, si ça vous dit rien, résumons rapidement. La franchise des Devils a d'abord commencé ses activités sous le nom des Scouts de Kansas City, équipe d'expansion pour la saison 1974-75, en même temps que les Capitals de Washington. La santé du hockey professionnel était alors tellement précaire avec les récentes expansions et la concurrence de l'AMH, tellement que les Capitals et les Scouts furent deux des pires équipes d'expansion de l'histoire, les Capitals terminant leur première saisons avec la pire fiche de tous les temps (8-67-5) tandis que les Scouts firent à peine mieux avec une fiche de 15-54-11.

On considéra même que l'expansion de 1974 était une erreur, tellement que la seule utilité des deux équipes pour la ligue fut d'être utilisés comme équipe de démonstration lors d'une tournée au Japon au printemps 1976, la fameuse Coca-Cola Bottler's cup.

Wilf Paiement avec les Scouts de Kansas City

Les mauvaises performances sur la glace n'étaient pas le seul problème des Scouts. L'équipe souffrait également de la flambée des salaires des joueurs, d'un ralentissement économique dans le Midwest et d'une faible affluence. Les Scouts n'attiraient en moyenne que 8 218 spectateurs par match alors qu'à l'époque, la moyenne de la ligue tournait autour de 13 000. Les 37 investisseurs de l'équipe, criblés de dettes, ont alors choisi de vendre la franchise après seulement deux saisons.

C'est alors que naquit la franchise des Rockies du Colorado pour la saison 1976-77. Après une première saison de 20 victoires et 54 points, les Rockies remplacèrent leur entraîneur par le légendaire joueur et entraîneur des ligues mineures, Pat Kelly. Ce même Pat Kelly qui fut plus tard fondateur et commissaire de la ECHL dont le trophée de championnat porte son nom. Kelly ne parvint pas vraiment à redresser la barque chambranlante des Rockies alors que l'équipe n'obtint que 19 victoires en 1977-78. 

Cependant, avec un sommet dans la LNH de 21 matchs nuls et un total de 59 points, le meilleur total ever en tant que Scouts/Rockies, l'équipe parvint miraculeusement à se tailler une place en séries, notamment grâce au fait que la section Smythe était très faible avec les Canucks, Blues et les éternels abonnés des bas fonds à l'époque, les North Stars. Seuls les Blackhawks étaient de taille dans cette division et les Rockies terminèrent donc deuxièmes in extremis et purent participer aux séries de 1978.


À l'époque, le meilleur club de chaque section se méritait un laisser-passer en deuxième ronde tandis que les autres clubs devaient s'affronter lors d'une série 2 de 3 en première ronde. Grâce à leurs deuxième rang dans la division Smythe, les Rockies durent donc se mesurer aux deuxièmes de la section Patrick. 

Malheureusement pour eux, la division Patrick était davantage boostée avec les Islanders en première place devant les encore puissants Flyers de Philadelphie, qui eurent alors l'honneur de devenir les premiers adversaires des Rockies en séries.

Les Flyers avaient bien sûr tout un alignement avec des joueurs comme Bobby Clarke, Bill Barber et Reggie Leach ainsi qu'un Bernard Parent toujours dominant. Les Rockies eux n'avaient que très peu de punch en attaque, les seuls dignes de mention étant Wilf Paiement (87 points) ainsi que deux pas pires défenseurs en Barry Beck et John Van Boxmeer. Dans les buts pour les Rockies se retrouvait l'ancien des Flyers Doug Favell ainsi que Michel Plasse comme adjoint. 

Cependant, les Rockies ne furent pas la proie facile que l'on croyait lorsque la série débuta le 11 avril 1978. À domicile à Philadelphie, les Flyers procédèrent à un barrage en force de 44 tirs contre seulement 18, mais les Rockies parvinent à tenir la marque à 2-2 jusqu'en fin de troisième période. Mais avec seulement 22 secondes d'écoulées en début de prolongation, Mel Bridgman marqua contre Favell et les Flyers l'emportèrent.

La série se transposa ensuite à Denver ou les Rockies tentèrent tant bien que mal de contenir les Flyers (48 tirs) à une marque finale de 3-1. Le seul à marquer devant les partisans des Rockies fut l'obscur défenseur Dennis Owchar en première période, mais les Rockies donnèrent du fil à retordre jusqu'à la toute fin du match. 


Mais au final, c'en était fini de cette série expéditive et somme toute sans histoire. Les Flyers passèrent en deuxième ronde contre les Sabres de Buffalo dont ils disposèrent rapidement par la marque de 4-1. Ils s'inclinèrent finalement en finale de conférence contre les Bruins.

Pour leur part, ce fut la première et dernière présence en séries des Rockies, et la dernière pour la franchise jusqu'au début de l'émergence des Devils en 1988, où la jeune équipe surprit tout le monde et se rendit à son tour jusqu'en 3e ronde.

Les Devils n'avaient pas encore la version 
finale de leur logo lors de leur première
 séance du repêchage en 1982.

Les Rockies jouèrent 4 autres saisons difficiles au Colorado. Minés par l'instabilité, ils eurent sept entraîneurs en quatre ans — aucun n'étant resté plus d'une saison complète — et les propriétaires ont changé de mains à deux reprises au cours de cette même période. En 1982, l'équipe continuait de faire face à de graves difficultés financières et fut de nouveau mise en vente. 

Cela a notamment donné lieu à une tentative d'achat ratée par un groupe d'investisseurs d'Ottawa, dont l'intention était de déménager les Rockies dans la capitale canadienne. On alla même jusqu'à envisager une fusion de l'équipe avec les Capitals, à l'image de ce que la ligue avait fait quatre ans plus tôt entre les Barons de Cleveland et les North Stars du Minnesota. Finalement, la franchise fut vendue en mai au magnat du transport maritime du New Jersey, John McMullen, qui était également propriétaire des Astros de Houston dans la Ligue majeure de baseball.

C'était alors la fin des éphémères Rockies du Colorado dont le nom fut toutefois récupéré au baseball majeur en 1993 par l'arrivée d'une équipe d'expansion au Colorado. 

Les partisans de hockey de Denver purent enfin revoir du hockey de séries en 1996 avec leur nouvelle équipe du nom de l'Avalanche. Les Devils et l'Avalanche furent ensuite deux des meilleures équipes au tournant du millénaire, s'affrontant même en grande finale en 2001 lors d'une série épique de 7 matchs remportée par l'Avalanche.

Donc au final, OUI, la franchise des Devils a déjà été blanchie en séries, sous une incarnation différente et seulement lors d'une courte série préliminaire 2 de 3. Mais ils ont été blanchi quand même lors de leur histoire, même si c'était ailleurs qu'au New Jersey. 

My job here is done... Désolé au gars qui a fait le graphique...

Si ça vous intéresse, ces deux seuls matchs en séries dans l'existence ses Rockies existent sur YouTube, grâce à un transfert de VHS granuleux comme on les adore...

 

 

jeudi 28 août 2025

Joueur oublié des 90's #103 - Bruce Driver


  


Les Devils ont eu des défenseurs de renom durant leurs meilleures années, comme Scott Niedermayer, Scott Stevens et Brian Rafalski. Mais avant ces trois-là, le premier vrai bon défenseur de l'histoire de l'équipe fut le plus discret Bruce Driver, qui vit la franchise passer de risée de la ligue à championne de celle-ci.

Né le 29 avril 1962 à Etobicoke en Ontario, Driver ne semblait pas destiné à faire carrière dans la Ligue nationale. À 13 ans, il est même coupé de son équipe bantam parce qu’on le juge trop petit et trop frêle. Il persévère malgré tout et se démarque dans le junior A, ce qui incite les Generals d'Oshawa à le repêcher. Il refuse toutefois l'appel de la OHL pour plutôt accepter de joindre les Badgers de l'Université du Wisconsin. 
 
À l'époque, la voie de la NCAA demeurait peu fréquente pour se rendre à la LNH, surtout pour les joueurs canadiens. Toutefois, coïncidence ou pas, c'est suite au «Miracle on ice» de 1980 qu'on remarqua de plus en plus de joueurs optant pour la NCAA au lieu de la OHL ou la LHJMQ. Le Wisconsin offrait d’ailleurs les exemples les plus éloquents, fort d’un des meilleurs programmes universitaires du pays, dirigé par le vénérable Bob Johnson.
 
Driver débuta son stage universitaire en force en 1980-81, aidant les Badgers à remporter le championnat national. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 6e ronde du repêchage de 1981 par les défunts Rockies du Colorado. 

En 1981-82, les Badgers reçurent davantage de renforts avec l'arrivée de deux autres futurs joueurs de la LNH, soit Patrick Flatley et Chris Chelios, ce dernier étant muté sur la première ligne de défense avec Driver, qui lui fut élu sur la première équipe d'étoiles.
 
En 1982-83, Driver fut nommé capitaine des Badgers et mena l'équipe à une autre conquête du championnat national. Lors du match décisif contre Harvard, il récolta 1 but et 2 passes dans une victoire de 6-2 qui allait clore son parcours universitaire de parfaite façon.
 
Voici un extrait. Vous pouvez également y voir Chelios (#21) en action.
 
 
 
Fun fact, l'équipe 1983 des Badgers mettait aussi en vedette le futur joueur du Canadien David Maley ainsi que le gardien Marc Berhend, futur joueur des Jets et des Canadiens de Sherbrooke.
 
Après cette conquête, Driver opta de ne pas jouer sa 4e saison universitaire pour plutôt porter le chandail rouge et blanc du Canada lors des Jeux olympiques de Sarajevo. L’équipe canadienne (où jouait également Flatley et son futur coéquipier Kirk Muller) termina en 4e place, mais Driver s’y fit remarquer comme le défenseur le plus productif de la formation.
 
Après les jeux, Driver termina la saison 1983-84 avec l'organisation l'ayant repêché en 1981, maintenant connue sous le nom des Devils du New Jersey. Il joua 4 matchs pour terminer la saison (récoltant 2 passes) et fut cédé au club-école, les Mariners du Maine pour poursuivre son apprentissage. Il en profita alors pour ajouter à son palmarès avec une conquête de la coupe Calder.
 
Driver fit ensuite l'équipe à temps plein en 1984-85. Dès ses premières saisons, il s’impose comme un défenseur fiable, intelligent et surtout constant. Il incarnait le défenseur universitaire typique de l’époque: capable de lire le jeu, de calmer la tempête et d’appuyer l’attaque par une première passe solide et un lancer précis de la ligne bleue. Il récoltait en moyenne 40 points par saison, son meilleur rendement ayant eu lien en 1987-88 avec 15 buts et 40 passes pour 55 points. Un spécialiste en avantage numérique, la moité de ses buts marqués en carrière furent lors du jeu de puissance.
 
Au fil des années, il devint un pilier de la défense des Devils, étant même nommé capitaine lors de la saison 1991-92 suite au départ de Kirk Muller. Sa longévité au New Jersey – douze saisons au total – en fit l’un des visages les plus associés à l’équipe de cette époque, bien avant l’ère glorieuse marquée par Martin Brodeur, Scott Niedermayer et Scott Stevens. 

C'est d'ailleurs l'arrivée de ce dernier en 1991-92 qui fit en sorte que le règne de Driver comme capitaine fut très court. Les Devils avaient obtenu Stevens suite à une offre hostile controversée des Blues envers Brendan Shanahan des Devils. Un arbitre décida que les Devils étaient en droit de recevoir Stevens en compensation. 
 
Il y eut un long litige par la suite et Stevens ne voulait pas venir au New Jersey. Il se résigna toutefois et apprit à profiter de la situation. Étant auparavant capitaine des Blues, il était logique qu'il devienne éventuellement capitaine des Devils. 
 
Mais comme ses débuts avec l'équipe étaient encore sous atmosphère tendue, ils ont préféré élire Driver comme capitaine. Ce ne fut toutefois que partie remise. Au même moment où les Devils changèrent leurs couleurs du vert/rouge au noir/rouge, Stevens fut nommé capitaine pour la saison 1992-93. Bon joueur, Driver ne rechigna pas et garda le "A" lors des saisons suivantes.
 
Le point culminant de sa carrière survint en 1995, quand les Devils remportèrent leur première Coupe Stanley en surprenant les Red Wings de Detroit en finale. Driver, désormais un vétéran respecté, joua un rôle discret mais essentiel dans ce triomphe. 
 
Il obtint une fiche modeste de 1 but et 6 passes lors de ces séries, mais son seul but eut lieu lors du 3e match de la finale.
 
 
 
«Driver» drives it home. On peut tu avoir un call plus parfait? Sérieux.
 
Lors de la remise de la coupe au capitaine, Stevens remit la coupe aux 3 joueurs les plus anciens de l'organisation, soit John MacLean, Bruce Driver et Ken Daneyko. 
 
Ces trois joueurs, surnommés les «Original Devils» avaient tous débuté leur carrière au New Jersey durant la saison 1983-84, soit la même saison où avait eu lieu la fameuse défaite «Mickey Mouse» de 13-4 contre Wayne Gretzky et les Oilers, le 19 novembre 1983. Cependant, seul MacLean était en uniforme lors de ce fameux match, Driver étant toujours avec l'équipe canadienne et Daneyko dans le junior.
 
Driver était toutefois le dernier joueur toujours en poste à avoir été repêché en tant que Rockies du Colorado. Il est d'ailleurs un des seuls joueurs repêché par les Rockies à avoir remporté la coupe, le seul autre étant Rob Ramage (1989 avec les Flames et 1993 avec le Canadien).

 

 
Après la conquête de 1995, le contrat de Driver se termina. Il désirait rester au New Jersey mais seulement s'il recevait un nouveau contrat d'au moins trois saisons et une clause de non-échange, ne voulant pas déménager sa famille. La direction opta de ne pas lui offrir de contrat, ayant plusieurs jeunes défenseurs prêts à faire le saut. 
 
Il obtint toutefois ce qu'il désirait, pas très loin, avec les Rangers de New York. Il joua donc trois dernières saisons complètes avec l'ennemi à Manhattan, se retirant finalement du jeu après la saison 1997-98.
 
Sa retraite ne signifia pas la fin de son lien avec le hockey. Installé dans le New Jersey, il devint entraîneur d’équipes féminines au Morristown-Beard School dès 2000 et ensuite durant plusieurs saisons. Il fut élu au temple de la renommée de l'Université du Wisconsin.

En 922 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 96 buts et 390 passes pour 486 points, ainsi que 50 points en 108 matchs en séries.
 
Après la cohorte «Driver-Chelios-Flatley» du début des années 80, plusieurs autres joueurs de renom gravirent la LNH après leur passage à l'Université du Wisconsin comme Gary Suter, Scott Mellanby, Tony Granato, Curtis Joseph, Mike Richter, Brian Rafalski, Dany Heatley, Joe Pavelski, Ryan Suter, Ryan McDonagh et Cole Caufield.

jeudi 21 novembre 2024

Quiz hardcore LVEUP: Devils du New Jersey

 




C'est l'heure de retourner dans le hardcore avec un autre quiz LVEUP. 

Cette fois ci on déménage au New Jersey en faisant un détour obligé par le Colorado et Kansas City...

Bonne chance! Partagez-nous votre score dans les commentaires ou sur Facebook ou sur Twitter.

Pour d'autres quiz du genre, cliquez ici.

jeudi 4 juillet 2024

Ron Delorme


Ayant grandi dans le nord de la Saskatchewan dans les années 1950 et 1960 et ayant comme langue maternelle le cri, Ron Delorme avait évidemment beaucoup d’admiration envers Fred Sasakamoose, le premier autochtone à atteindre la Ligue nationale. Si Delorme n’a pas vu ce dernier s’aligner avec les Hawks (son passage avec Chicago eut lieu avant sa naissance), il put tout de même le voir à l’œuvre lorsqu’il s’aligna pour une équipe senior qui joua près de chez lui. Il réalisa d’ailleurs qu’il était un de ses parents éloignés du côté de sa grand-mère paternelle. Par la suite, il recroisa Sasakamoose sur une base régulière, puisqu’il se faisait un devoir d’encadrer les équipes de joueurs autochtones. Il arriva même que, alors que l’environnement était un peu trop hostile à Delorme et ses coéquipiers, Sasakamoose dut même s’impliquer physiquement.

Le talent de Delorme le mena éventuellement au niveau junior avec les Broncos de Swift Current, dans la ligue de l’ouest. Après une saison, l’équipe déménagea à Lethbridge, un avant-goût de l’instabilité qui marqua le début de sa carrière chez les pros.

Au repêchage de 1975, les Scouts de Kansas City venaient de terminer leur première saison, où ils ne parvinrent qu’à devancer seulement leurs affreux frères d’expansion, les Capitals. Repêchant donc deuxièmes, ils ont eu, comme c’était leur habitude au cours de ces années, un résultat famélique. Si Delorme fut leur choix de quatrième ronde (56e au total), les trois joueurs choisis avant lui (Barry Dean 2e, Don Cairns 20e et Neil Lyseng 38e) jouèrent un total de 88 parties pour la franchise.

De son côté, Delorme choisit plutôt l’offre des Spurs de Denver, une nouvelle équipe de l’AMH. Si le circuit maudit eut quelques histoires de clubs instables, celui de Denver fait partie des plus risibles. Malgré la présence de Jean-Guy Talbot derrière le banc et de Ralph Backstrom, les résultats se firent attendre sur la glace et la vente de billets fut des plus difficiles. Tellement qu’après 34 matchs, on déménagea en douce l’équipe à Ottawa sans même changer d’uniforme, pendant qu’on négociait la vente de l’équipe. Si les foules furent franchement meilleures à Ottawa qu’à Denver (8457 spectateurs contre les Whalers et une salle comble de 9355 spectateurs contre les Aeros de Gordie Howe, un contraste avec la moyenne de 3885 à Denver), les négociations achoppèrent et le propriétaire-vendeur décida plutôt de dissoudre l’équipe suite au match du 15 janvier. L’équipe renommée les Civics d’Ottawa n’exista donc que pour 7 matchs.

Étrangement, pour la saison 1975-76, on voit la partie avec Tucson,
mais la partie avec Denver / Ottawa est absente
Delorme a tout de même joué 22 matchs avec Denver / Ottawa, en plus de 18 autres avec le club affilié, les Mavericks de Tucson, qui a joué cette année-là sa seule saison de son existence. Par contre, il se retrouva ainsi orphelin et retourna donc dans le junior avec Lethbridge.

En 1976, les Scouts, toujours aussi médiocres, rendirent l’âme et déménagèrent… à Denver, pour devenir les Rockies. Delorme reprit donc le chemin du Colorado pour le camp d’entraînement. Il se retrouva par contre avec les Clippers de Baltimore de la Southern Hockey League (SHL), mais la ligue cessa ses activités le 31 janvier, faisant ainsi disparaître une autre équipe de Delorme. Toutefois, il fit ses débuts dans la Ligue nationale le lendemain, avec les Rockies.

En 1977-78, malgré une fiche de 19-40-21, les Rockies se qualifièrent pour les séries par la peau des dents. Ce fut leur seule présence de leur existence au tournoi du printemps et ils furent balayés en deux matchs par les Flyers. Lors de cette courte série, Delorme accumula 10 minutes de pénalité, un sommet pour l’équipe. Comme les Rockies ne sont jamais retournés en séries, il possède donc toujours et à jamais ce record d’équipe.


Par la suite, les Rockies demeurèrent médiocres, mais sans toutefois parvenir à se faufiler en séries. Delorme connut malgré tout de respectables saisons de 20 et 19 buts. Par contre, il commença aussi à aligner les blessures. En 1979-80, il fut blessé au genou.

L’année suivante, une épaule disloquée lui fit rater 15 matchs, mais il réussit tout de même à marquer 11 buts. Malgré qu’il était toujours aussi faible, le Colorado ne trouva pas mieux que de laisser Delorme sans protection lors du camp d’entraînement suivant. Ce sont alors les Canucks qui lui firent signe. Bien que Delorme avait l’habitude des déménagements et des équipes instables, il rata ainsi le déménagement des Rockies vers le New Jersey, qui arriva un an plus tard. En rejoignant les Canucks, il participa plutôt à leur étonnant parcours en séries en 1982, alors qu’ils s’inclinèrent en finale devant les Islanders.

Mais ici, elle y est
C’est en entrant en collision avec Jamie Macoun en décembre 1984 qu’il subit une autre blessure au genou, qui mit fin à sa carrière. En 524 matchs, il montre une fiche de 83-83-166. Il était à ce moment le dernier joueur actif des éphémères Spurs / Civics.

Il devint ensuite recruteur chez les Canucks en 1986, poste qu’il occupe toujours, démontrant ainsi une étonnante longévité, surtout lorsqu’on considère les nombreux changements d’administration qui ont eu lieu à Vancouver au fil des ans. Ses obligations ne l’empêchèrent toutefois pas d’être très impliqué auprès des causes autochtones, autant au niveau du hockey que de la persévérance scolaire. Le membre du Temple de la renommée du hockey de la Saskatchewan conserva ainsi toujours un lien avec Fred Sasakamoose et fut très attristé lorsque celui-ci est décédé de la covid en 2020.






Sources :

Surgent, Scott Adam, The Complete Historical and Statistical Reference to the World Hockey Association, 1972-1979, Xaler Press, Tempe, 1995, p.216, 226-227,

″Civics draw big gathering″, CP, January 8, 1976, Calgary Herald, page 59,

″Decision demanded today regarding future of Civics″ de Tom Sarsfield, January 15, 1976, Ottawa Citizen, page 25,

″Short season for pro hockey in Ottawa area″ de Tom Sarsfield, January 16, 1976, Ottawa Citizen, page 17,

″Canucks’ Ron Delorme’s emotional connection with hero Fred Sasakamoose″ d’Elliotte Friedman, November 26, 2020, Sportsnet (sportsnet.ca),

hockeydraftcentral.com.

mardi 23 avril 2024

Chuck Arnason


 


Le joueur d'aujourd'hui a été «name-droppé» à plusieurs reprises sur ce blog au fil des années, principalement dû au fait qu'il avait le don de se ramasser dans des équipes poches... 

Il fallait donc bien qu'un jour on se penche davantage sur son cas. De plus, il fut rejoint dans son parcours par plusieurs autres personnages cultes des années 70, plus particulièrement d'autres joueurs malchanceux d'être tombé dans cette époque de vaches maigres dans la LNH et le hockey professionnel en général, cette époque «Slapshot» où il y avait trop de joueurs dans trop d'équipes dans trop de ligues et pas assez de moyens...

Ernest Charles Arnason est né le 15 juillet 1951 dans la petite ville de Dauphin au Manitoba, (également la même ville de naissance de Barry Trotz). Après avoir terminé en 1971 en tête de la WHL (alors nommée WCHL) avec une production de 163 points et un record d'époque de 79 buts avec les Bombers de Flin Flon, Arnason fut sélectionné en première ronde par le Canadien de Montréal avec le 7e choix au total. 

Si je me rappelais bien qu'il ait débuté sa carrière avec le CH, j'ignorais par contre que sa sélection provenait d'un autre coup à la Sam Pollock qui maitrisait l'art d'échanger son bois mort et pièces de rechange en retour de choix de repêchage, parfois plusieurs années plus tard. D'ailleurs, lors de ce même célèbre repêchage de 1971, le CH détenait le 1er choix au total, ayant parvenu à flouer les Golden Seals de la Californie et ainsi obtenir Guy Lafleur.

Dans le cas d'Arnason, sa position au 7e rang fut obtenue quatre ans plus tôt, soit à l'été 1967, lorsque Pollock envoya trois attaquants aux nouveaux North Stars du Minnesota, soit André Boudrias, Bob Charlebois et Bernard Côté. Du lot, seul Boudrias parviendra à éclore, quelques années plus tard avec les Canucks.

Arnason débuta immédiatement comme professionnel en 1971-72, partageant la saison entre Montréal et les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse dans la ligue américaine. Il fut même temporairement co-chambreur de Guy Lafleur à Montréal. Il ne joua toutefois que 17 matchs avec le grand club, récoltant 3 buts et aucune passe. Il passa plutôt la majorité de la saison avec les Voyageurs, avec qui il marqua 30 buts et gagna la coupe Calder au printemps 1972. Il obtint 13 points en 15 matchs durant ces séries.

* Fun fact, les Voyageurs étaient la première équipe canadienne de l'histoire à remporter la coupe Calder. Ils la remporteront à deux autres reprises (1976 et 1977). Les quelques autres équipes canadiennes à avoir aussi remporté ce trophée furent les Hawks du Nouveau Brunswick (1982), les Canadiens de Sherbrooke (1985), les Oilers de Cap Breton (1993), les Flames de Saint John (2001), les Bulldogs d'Hamilton (2007) et les Marlies de Toronto (2018). *

Arnason joua ensuite 19 matchs à Montréal en 1972-73 (1 but et 1 passe) mais aucun en séries alors que le CH remporta la coupe Stanley. Il joua de nouveau la majorité de l'année avec les Voyageurs, retournant de nouveau en finale mais cette fois-ci dans une cause perdante contre les Swords de Cincinnati. 

Une fois la saison terminée, voyant qu'Arnason ne produisait pas tellement à Montréal et avec de toute manière une bonne quantité de canons offensifs dans son alignement, Pollock décida de sacrifier Arnason en l'envoyant aux Flames d'Atlanta. En retour, le CH obtint un choix de première ronde l'année suivante. Pollock aura finalement réussi à rentabiliser ce choix puisqu'il sélectionnera le défenseur Rick Chartraw avec ce 10e choix au total en 1974. Chartraw rendra de fiers services au CH à la fin de la décennie, faisant partie des 4 éditions championnes de la Coupe Stanley de 1976 à 1979.

Arnason possédait un des plus puissants tirs de la ligue à l'époque. Mais il s'agissait apparemment de son seul véritable outil pour se démarquer dans la LNH et il était étiqueté comme étant unidimensionnel et peu fiable en défensive, ce qui n'aidait pas en plus de sa petite stature (5'10" et 180 livres). Il n'était donc pas indispensable.

Il débuta la saison 1973-74 avec sa deuxième équipe à Atlanta mais après seulement 33 matchs, il fut échangé de nouveau, cette fois aux Penguins en compagnie de Bob Paradise. En retour les Flames obtinrent Al McDonough. 

C'est avec les Penguins qu'Arnason jouera le plus longtemps, soit de janvier 1974 à janvier 1976. Durant ces deux années, il connaîtra sa meilleure production à la saison 1974-75, récoltant 26 buts et 32 passes pour 58 points et participant aux séries pour la première et seule fois de sa carrière.

Voulant retourner en séries l'année suivante, les Penguins échangèrent Arnason aux Scouts de Kansas City en compagnie du dur à cuire notable Steve Durbano. En retour, les Penguins reçurent Ed Gilbert et le capitaine des Scouts, Simon Nolet. 

Les deux équipes inversèrent également leur choix de première ronde en 1976, ce qui n'eut pas vraiment d'incidence sur les deux équipes. En tout, Arnason récolta 34 points en 75-76 avec les deux équipes, et termina la saison à -39. Les Scouts terminèrent à l'avant-dernier rang de la ligue.

Après avoir terminé 1976 avec les Scouts, il suivit la franchise défunte au Colorado sous le nom des Rockies. Il joua 61 matchs en 76-77 avec eux, récoltant 13 buts et 10 passes. Encore une fois, l'équipe termina avant-dernière.

Lors de la saison 1977-78, il ne récolta que 12 points en 29 matchs et fut rétrogradé dans les mineures le temps de 6 matchs avec les Roadrunners de Phoenix dans la CHL. Les Roadrunners étaient également affiliés aux Barons de Cleveland et j'imagine que c'est ainsi que les Barons eurent l'idée de faire l'acquisition d'Arnason en janvier 1978. 

En compagnie de Rick Jodzio, Arnason devint alors un Baron de Cleveland en retour de Ralph Klassen et Fred Ahern. C'est avec les Barons qu'il sembla connaitre ses meilleurs moments, récoltant 21 buts et 13 passes pour 34 points en seulement 40 matchs.

Jouer dans une équipe qui déménage abruptement ça voulait souvent dire avoir deux cartes lors de la même année, dont l'une avec le chandail «bleaché».
 

Cependant, les Barons en étaient à leurs derniers milles et fusionnèrent avec les North Stars du Minnesota après la saison 1977-78. Arnason fit initialement partie des joueurs protégés par les North Stars en vue de cette nouvelle version de l'équipe en 78-79, mais il ne joua cependant qu'un seul match en début de saison où il se blessa sérieusement. Et malgré ses 25 buts marqués l'année précédente, les North Stars semblèrent avoir peu d'espoir en lui et l'envoyèrent plutôt récupérer de sa blessure dans la CHL avec les South Stars de l'Oklahoma. 

En fin de saison, les Capitals de Washington, un autre club de fond de cave de l'époque, firent son acquisition en retour de considérations futures. Il y joua les 13 derniers matchs de sa carrière dans la LNH, n'amassant que 2 passes, suite à quoi ses droits furent retournés aux North Stars qui auront en fait simplement loué Arnason aux Capitals l'espace de quelques semaines.

Jouer dans ces équipes vous donnait également de grandes
chances d'avoir une carte «Now with»


Ou une photo de style «Mugshot»
 

Ses droits furent vendus aux Canucks de Vancouver à l'été 1979. Il n'y joua cependant jamais, passant l'entièreté de la saison 79-80 de retour dans la ligue centrale où il connut une saison ordinaire. 

Sans nouveaux débouchés en Amérique du nord, il opta d'aller jouer en Allemagne avec le Kölner EC. Il y joua 16 matchs avant de se blesser à nouveau, cette fois-ci une blessure sérieuse au genou qui mit fin à sa carrière.

 

En 401 matchs en carrière, sa fiche fut de 109 buts et 90 passes pour 199 points. 

Il a la distinction d'être le seul joueur de l'histoire à avoir joué pour 5 équipes défuntes (Atlanta, Kansas City, Colorado, Cleveland, Minnesota).

Après sa retraite, il devint propriétaire d'un terrain de golf à Winnipeg. Son fils, Tyler Arnason, est né en Oklahoma en 1979 lorsque son père était dans le club-école des North Stars. Il fut un choix de 7e ronde des Blackhawks en 1998. Il joua plusieurs saisons à Chicago durant leurs années de misère (perpétuant alors la tradition familiale), étant un de leurs rares marqueurs de buts. Il joua 487 matchs dans la LNH avec Chicago, Ottawa et Colorado.



mercredi 26 mai 2021

Les derniers buts




Dans la lignée de mes séries précédentes sur les premiers buts de chaque franchise, des derniers joueurs actifs de chaque équipe défunte ou des derniers joueurs originaux, voici une continuation logique avec cette fois-ci le dernier but marqué pour chaque équipe défunte de la LNH. Je me lance comme ça sans trop de recherches et on verra au travers si ces buts ont une histoire intéressante à raconter. Qui l'a marqué? Quel était le score final? Etc...

Normalement je fais dans l'ordre alphabétique mais cette fois-ci on va y aller dans l'ordre chronologique en décroissant de maintenant jusqu'à l'époque de la grande expansion de 1967. Je ne pense pas que vous allez m'en vouloir de ne pas m'être rendu jusqu'aux Americans de NY et les Tigers d'Hamilton...

Thrashers d'Atlanta - 10 avril 2011

Dernière équipe défunte à ce jour, les Thrashers se sont éteints lors du dernier match du calendrier de la saison 2010-11. Déjà 10 ans. Never forget...

La deuxième équipe de l'histoire de cette ville de la Géorgie s'inclina contre les Penguins lors de ce dernier match par la marque de 5-2 devant leurs pauvres partisans. Quelques semaines plus tard, leur départ vers Winnipeg fut annoncé.

C'est l'ailier Tim Stapleton qui marqua ce dernier but. Stapleton joua une autre saison avec les Jets avant de mettre le cap sur l'europe. Comme c'est encore assez récent, les faits saillants de ce match sont encore sur la chaîne Youtube de la LNH.

Reculez également à 5:50 pour apercevoir un Alex Kovalev qui faisait un retour à Pittsburgh comme joueur de location pour les séries...


Whalers de Hartford - 13 avril 1997

C'est un joueur emblématique de l'équipe, Kevin Dineen, qui marqua le dernier but de votre équipe défunte bleu et verte favorite assisté de deux autres joueurs emblématiques en Geoff Sanderson et Andrew Cassels. Les trois font d'ailleurs partie du Top 10 des meilleurs pointeurs de l'histoire de l'équipe à Hartford, Dineen étant au deuxième rang derrière Ron Francis, même chose pour les matchs joués.

Encore là je suis chanceux car ce match est disponible en entier sur Youtube.


Dineen marqua ce but au début de la 3e période et il s'avéra être le but gagnant dans cette victoire de 2-1 aux mains du Lightning. Au début de ce reportage on peut voir que ce dernier match était un peu prématuré pour les fans de l'équipe car ils ne manquèrent les séries que par très peu. On voit entre autres le parcours des Sénateurs qui leur volèrent le dernier rang pour les séries peu avant ce match, eux qui firent les séries pour la première fois de leur histoire.

Jets de Winnipeg - 28 avril 1996


Un an avant les Whalers, c'était les Jets de Winnipeg qui jouèrent leur dernier match avant de déménager. Mais contrairement aux Whalers, les Jets réussirent à s'emparer du dernier rang et de faire les séries pour une dernière fois et donc ce dernier but eut lieu durant les séries. 

Ils durent toutefois se frotter aux puissants Red Wings mais les Jets réussirent tout de même à leur offrir une bonne opposition alors qu'ils remportèrent 2 matchs durant cette dernière série. Mike Vernon et les Red Wings ne donnèrent toutefois presque rien lors de ce 6e match et seul le défenseur Norm Maciver réussit à enfiler un but, le dernier but pour un Jet de Winnipeg avant le retour de l'équipe et le premier but de Nik Antropov en octobre 2011.



Nordiques de Québec - 16 mai 1995


Concernant les derniers moments des Nordiques, la plupart ne se rappellent que du talent d'acteur d'Alex Kovalev qui coûta la victoire aux Nordiques lors du 4e match de leur série de première ronde contre les Rangers. Il est clair que ce fut un tournant car ce match permit aux Rangers de prendre l'avance 3-1 dans la série. Les Nordiques gagnèrent le 5e match mais ne purent rattraper leur retard lors du 6e qui se révéla plus tard être le dernier de leur histoire et la première de ces 3 ex-équipes de l'AMH à déménager lors de cet exode post-lockout du milieu des années 90.

C'est tout de même approprié de voir deux joueurs emblématiques de ces dernières années de Nordiques et ensuite des meilleures années de l'Avalanche s'inscrire au pointage pour ce dernier but. Et aussi Wendel Clark...



North Stars du Minnesota - 15 avril 1993

 
Les premiers exilés de ces années 90 mouvementées furent les North Stars qui mirent le cap sur Dallas en 1993. Leur dernier match fut joué sur la route à Detroit alors qu'ils ratèrent également les séries de peu cette année-là. Ce but de l'un de mes joueurs cultes, Ulf Dahlen, fut le dernier marqué par le Minnesota jusqu'à celui de Marian Gaborik le 6 octobre 2000 lors du premier match du Wild.

Plus on recule dans le temps, plus il m'est difficile de trouver des extraits vidéos potables. Celui-là est vraiment gênant par sa qualité mais je suis pas peu fier de l'avoir trouvé quand même.


Rockies du Colorado - 3 avril 1982

Il y eut une certaine accalmie au niveau des déménagements d'équipes avant les North Stars alors qu'aucune équipe n'avait déménagé en plus de 10 ans. Certaine accalmie dis-je car les Blues ont malgré tout passé près de déménager à Saskatoon... Mais sinon c'était tranquille durant cette période des 21 équipes et les derniers à avoir déménagé avant les North Stars furent les Rockies du Colorado qui devinrent les Devils du New Jersey pour la saison 1982-83. Mais avant ça, les Rockies se devaient d'en finir avec un dernier match contre les Flames le 3 avril 1982 qui se solda par une victoire de 3-1. Une rare victoire cette année-là d'ailleurs, eux qui terminèrent au dernier rang de la ligue avec une fiche de 18-49-13 pour seulement 49 points.

C'est au glorieux moustachu, ex-Nordique et ex-Bruin John Wensink à qui revint l'honneur éternel de marquer le dernier but en tant que Rockies.

J'écris ces textes au fur et à mesure sans faire trop de recherches et dans le cas du dernier but des Rockies, je ne m'attendais vraiment pas à trouver un extrait vidéo. Et bien j'avais raison, j'ai rien trouvé... Voici quand même une entrevue de Lanny MacDonald avec les Rockies, histoire de mettre quelque chose quand même...



Flames d'Atlanta - 12 avril 1980

Avant de devenir les Flames de Calgary, l'équipe était en Géorgie et disputa (surprennement) son dernier match durant les séries de 1980 alors qu'ils perdirent une fois de plus en première ronde, eux qui ne se sont jamais rendu plus loin, même chose pour les Thrashers d'ailleurs. Dans ce cas-ci, ce sont les Rangers de NY qui remportèrent la série 3-1. 

Étonnement dans ce cas-ci, j'ai trouvé ce match en entier. Qualité de merde mais quand même. C'est l'as marqueur Guy Chouinard qui spotta ce dernier filet pour Atlanta jusqu'à l'arrivée des Thrashers en 1999. Chouinard suivit l'équipe en Alberta et c'est également lui qui marqua leur premier but à Calgary.



Barons de Cleveland - 9 avril 1978

Concernant la meilleure équipe de tous les temps, les Barons de Cleveland, c'est l'intemporel Dennis Maruk (qui d'autre?) qui marqua le dernier but Clevelandais dans l'histoire de la LNH. C'était aussi lui qui avait marqué le premier deux ans plus tôt. Ce but eut lieu lors de leur dernier match de la saison, une défaite de 3-2 contre les Penguins.

Pensez-vous que j'ai réussi à trouver une vidéo de ce but? Et bien pas vraiment car les extraits vidéos existants des Barons sont plus rares que de la marde de pape comme on dit chez les gens qui disent ça. Un de ces seuls extraits existants est la dernière demie-heure d'un autre match des Barons en octobre 1977 et comme par hasard c'était également contre les Penguins, qui gagnèrent magicalement par la même marque de 3-2. De plus, le seul but marqué par les Barons qu'on peut y voir est l'oeuvre de nul autre que... Dennis Maruk. C'était pas mal leur seule option en attaque que voulez-vous?

Je triche donc ici avec un peu de révision historique avec une autre version du dernier but des Barons... Rien ne nous dit que le vrai but ne fut pas marqué de la même manière. Et c'était aussi à domicile devant ces légions innombrables de fans des Barons... J'adore aussi ce vidéo pour l'enthousiasme contagieux de l'annonceur...




Golden Seals de Californie - 4 avril 1976


J'espérais tellement que ce soit encore Maruk qui ait marqué le dernier filet des Seals lors de ce dernier match. Il a bien marqué durant ce match, même deux fois dont son 30e de la saison durant la première période. Malheureusement pour l'histoire c'est plutôt Jim Moxey qui le marqua et ce dans un filet désert, le premier but dans cette liste à avoir été marqué de la sorte. 

C'est surtout malheureux car je ne connais aucunement Jim Moxey. Je connais bien Rick Hampton, celui qui obtint la première passe, mais Jim Moxey je le connais fuck all. C'était un attaquant qui fut le choix de 5e ronde de l'équipe en 1973. Il a seulement joué 127 matchs dans la LNH et cette saison 1975-76 était sa meilleure en carrière avec 26 points en 44 matchs. Il a joué quelques matchs avec les Barons par la suite et un autre avec les Kings avant de terminer sa carrière en 1978 dans les mineures.

Bien sûr, plus je ratisse creux dans le temps et moins je suis capable de trouver des extraits vidéos. Mais j'ai quand même trouvé cet extrait radio de ce dernier match. C'est seulement 4 minutes mais on y entend un des buts de Maruk et ce dernier dans un filet désert ainsi que les derniers moments après le sifflet final.



Scouts de Kansas City -  4 avril 1976

Et pour terminer, on demeure en cette soirée funeste du 4 avril 1976, même soir que le dernier match des Golden Seals. 1976 était la seule fois dans l'histoire de la LNH que deux équipes déménagèrent ou terminèrent leurs activités en même temps. 

On revient pour l'occasion avec la franchise Devils/Rockies discutée plus haut avec le dernier match des éphémères Scouts de Kansas City. Ce dernier match fut toutefois seulement leur dernier en saison régulière alors que l'équipe prit ensuite le chemin du Japon avec les Capitals de Washington pour une série de matchs hors-concours, la Coca-Cola Bottler's Cup! (voir texte du 8 septembre 2019).

C'est le vénérable Craig Patrick, plus connu pour ses nombreuses années de service comme DG des Penguins et des Rangers, qui marqua ce dernier but. Durant sa carrière de joueur, Patrick était un habitué des équipes poches, lui qui provenait auparavant des Golden Seals où il joua de 1971 à 1975.

Est-ce qu'on va réussir à trouver un extrait vidéo? Honnêtement je pensais vraiment pas me rendre aussi loin à trouver du matériel (et quasi-matériel). Surtout après mon échec des Rockies... Mais dans ce cas-ci je dois malheureusement m'avouer définitivement vaincu... Les extraits des Scouts sont encore plus rares que les Barons, Seals ou Rockies. J'ai quand même trouvé un but de Wilf Paiement, le premier but à domicile de l'histoire de l'équipe en 1974...



C'est ce qui complète cette liste jusqu'à l'arrivée des équipes de la grande expansion. Anyway je penserais pas être capable de trouver des extraits des Pirates de Pittsburgh de 1930...

samedi 24 avril 2021

Les premiers buts (4e partie)

 

Voici la quatrième partie de cette série que j'écris véritablement à mesure que je découvre l'information. Le concept est de découvrir quel fut le marqueur du premier but en saison régulière de l'histoire chaque franchise de la LNH. Parfois ce sont des joueurs auxquels on s'attendait mais plus souvent ce sont des surprises et des joueurs obscurs, ce que j'aime particulièrement. On continue dans l'ordre alphabétique traditionnel, en déviant au besoin lorsque des franchises ont déménagé.

Continuons donc avec les Devils. Si vous avez manqué les autres parties les voici: 1, 2, 3



Devils du New Jersey

C'est le premier capitaine des Devils après leur déménagement du Colorado qui marqua le premier but de l'ère "Mickey Mouse" de cette organisation, le 5 octobre 1982, lors d'un match nul de 3-3 contre les Penguins. Lever était d'abord arrivé avec les Rockies en provenance de Calgary lors de l'échange de Lanny McDonald. Lever jouera 3 saisons au Colorado et terminera ensuite sa carrière en 1987 avec les Sabres.



Rockies du Colorado

Pour les ancêtres des Devils au Colorado, on remonte au 5 octobre 1976 avec Larry Skinner, un joueur qui m'est inconnu mais dont le nom semble sorti d'un épisode des Simpsons... Les Rockies remportèrent le premier match de leur histoire par la marque de 4-2 contre les Maple Leafs.

Je n'ai bien sûr pas trouvé de vidéo pour ce premier but alors pourquoi pas y aller d'un succès souvenir différent?



Ce Larry Skinner était un choix au repêchage des Scouts de Kansas City en 1976. Il s'agissait donc de son premier but en carrière. Je ne sais donc pas si il a pu garder la rondelle ou bien si c'est l'équipe qui l'a gardée... Skinner ne joua que 47 matchs en carrière, étalés sur 4 saisons avec les Rockies. Il passa la majorité du temps dans les mineures et termina ensuite sa carrière en Europe, principalement en France.


Scouts de Kansas City

Et pour finir avec cette franchise Devils/Rockies/Scouts, nous revenons cette fois en 1974, encore une fois contre les Maple Leafs qui cette fois l'emportèrent 6-2 contre la nouvelle équipe d'expansion à Kansas City. Et comme lors du premier but au New Jersey, c'est aussi le premier capitaine de l'équipe qui marqua le premier but. Simon Nolet était un vétéran des Flyers et donc fraichement couronné champion de la Coupe Stanley lors du printemps précédent cette expansion. Il fut échangé aux Penguins durant la deuxième saison des Scouts en 1975-76 mais fit un retour avec la franchise lors de leur arrivée au Colorado quelques mois plus tard. Il retrouva son "C" pour sa dernière saison en 76-77.

Islanders de New York

Comme c'est apparement souvent le cas, c'est aussi le premier capitaine qui marqua le premier but chez les Islanders. Il s'agissait du 7 octobre 1972 contre leurs cousins d'expansion, les Flames d'Atlanta qui l'emportèrent 3-2. Ed Westfall était un attaquant spécialiste en défense qui fut une des pièces importantes des deux conquêtes de la coupe Stanley par les Bruins en 1970 et 1972. Il continua d'être un joueur efficace avec la jeune équipe et gagna le trophée Bill Masterton en 1977 suite à quoi il céda le "C" à Clark Gillies. Il termina sa carrière après la saison 1978-79.

Les mentions d'assistances m’intriguaient ici. Il y a d'abord le natif de Chicoutimi Germain Gagnon qui récolta la première mais pour la deuxième, je croyais avoir déjà vu un autre "Hudson" auparavant. Il s'agit ici du centre Dave Hudson et c'est bien le même qui se retrouve juste avant dans les assistances du premier but des Scouts. Jusqu'à maintenant dans cette série, c'est le seul joueur que l'on retrouve à plus d'une reprise dans les statistiques de ces premiers buts. C'est quand même tout un hasard cosmique que cela coïncide un après l'autre dans l'ordre des équipes que j'ai employé ici...
 
Hudson fut repêché par les Islanders en provenance du système des Blackhawks lors de l'expansion de 1972 et il se retrouva ensuite de nouveau sur la liste des joueurs non désirés lors de l'arrivée des Scouts en 1974. Il suivit l'équipe au Colorado où il joua jusqu'à sa retraite en 1978.



Rangers de New York
 
 
Le premier but de l'histoire des Rangers fut marqué (surprise!) par leur premier capitaine, Bill Cook, avec une assistance à son frère Bun Cook. Bill Cook fut le premier joueur signé par Conn Smythe, alors gérant de la nouvelle équipe avant de s’amener avec les Leafs. Il vola littéralement les Maroons de Montréal qui avaient négocié avec lui et son frère pour les faire venir à Montréal mais Smythe fit le voyage à Winnipeg pour les intercepter et les signer tous les deux. Bill était alors un des meilleurs joueurs au monde et il mena les Rangers à deux coupes Stanley en 1928 et 1933. Il joua jusqu'à l'âge de 40 ans et prit sa retraite à la fin de la saison 1936-37. Il est membre du temple de la renommée depuis 1952.

Ce premier but fut marqué contre ces même Maroons le 16 novembre 1926 lors d'un blanchissage de 1-0. 


Sénateurs d'Ottawa


Les Sénateurs débutèrent en force leur saison inaugurale, arrachant une victoire de 5-3 le 8 octobre 1992 contre des Canadiens de Montréal quelque peu endormis... Après un spectacle de patineurs romains et d'Alanis Morrissette, c'est Neil Brady qui marqua le premier buts des Sénateurs contemporains en avantage numérique contre Patrick Roy. Brady était un flop du repêchage de 1986 (3e au total) par les Devils. Il n'avait jusque-là marqué que 2 buts en 30 matchs étalés sur 3 saisons avec les Devils. Il en marquera 7 cette saison-là à Ottawa mais ne fit pas long feu par la suite, jouant quelques matchs avec les Stars en 93-94 avant de terminer sa carrière dans la IHL.

Un bon prétendant pour un futur article sur les joueurs oubliés de 90's à bien y penser...




Flyers de Philadelphie

Les Flyers débutèrent leur existence sur la route contre les Seals d'Oakland et perdirent ce match 5-1. C'est Bill Sutherland, un attaquant provenant de la pépinière des Flyers, les As de Québec, qui marqua ce premier but et il fut l'homme de la situation à deux autres reprises en ce début de saison. Comme je disais plus tôt, il y a un peu de magie du destin dans cette 4e partie de cette série. 
 
Après ce premier match à Oakland, les Flyers furent les adversaires pour le match inaugural des Kings à Los Angeles et c'est Sutherland qui marqua le premier but dans l'histoire de cet aréna. 5 jours plus tard, ce fut le temps pour les Flyers de jouer leur premier match à domicile et qui d'autre que Sutherland pour marquer une fois de plus le premier but du Spectrum de Philadelphie, lors d'une victoire de 1-0 contre les Penguins.


 
Sutherland ralentit toutefois la cadence et marqua 20 buts cette saison-là. Il en marqua 70 au total durant sa carrière de 250 matchs.



Pour terminer cette partie, c'est la légende des Rangers et membre du temple de la renommée Andy Bathgate, lui qui tira sur Jacques Plante, qui marqua le premier but des Penguins le 11 octobre 1967 lors d'une défaite de 2-1 contre les Canadiens. Bathgate faisait ainsi un retour à Pittsburgh, lui qui avait joué quelques matchs avec les Hornets de Pittsburgh dans la ligue américaine la saison précédente alors qu'il était avec les Red Wings et que ces derniers l'avaient envoyé dans les mineures.

Bathgate termina cette saison avec 20 buts et 59 points, bon pour le premier rang des pointeurs de l'équipe.



On se revoit bientôt pour la 5e et dernière partie.