Les Devils ont eu des défenseurs de renom durant leurs meilleures années, comme Scott Niedermayer, Scott Stevens et Brian Rafalski. Mais avant ces trois-là, le premier vrai bon défenseur de l'histoire de l'équipe fut le plus discret Bruce Driver, qui vit la franchise passer de risée de la ligue à championne de celle-ci.
Né le 29 avril 1962 à Etobicoke en Ontario, Driver ne semblait pas destiné à faire carrière dans la Ligue nationale. À 13 ans, il est même coupé de son équipe bantam parce qu’on le juge trop petit et trop frêle. Il persévère malgré tout et se démarque dans le junior A, ce qui incite les Generals d'Oshawa à le repêcher. Il refuse toutefois l'appel de la OHL pour plutôt accepter de joindre les Badgers de l'Université du Wisconsin.
À l'époque, la voie de la NCAA demeurait peu fréquente pour se rendre à la LNH, surtout pour les joueurs canadiens. Toutefois, coïncidence ou pas, c'est suite au «Miracle on ice» de 1980 qu'on remarqua de plus en plus de joueurs optant pour la NCAA au lieu de la OHL ou la LHJMQ. Le Wisconsin offrait d’ailleurs les exemples les plus éloquents, fort d’un des meilleurs programmes universitaires du pays, dirigé par le vénérable Bob Johnson.
Driver débuta son stage universitaire en force en 1980-81, aidant les Badgers à remporter le championnat national. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 6e ronde du repêchage de 1981 par les défunts Rockies du Colorado.
En 1981-82, les Badgers reçurent davantage de renforts avec l'arrivée de deux autres futurs joueurs de la LNH, soit Patrick Flatley et Chris Chelios, ce dernier étant muté sur la première ligne de défense avec Driver, qui lui fut élu sur la première équipe d'étoiles.
En 1982-83, Driver fut nommé capitaine des Badgers et mena l'équipe à une autre conquête du championnat national. Lors du match décisif contre Harvard, il récolta 1 but et 2 passes dans une victoire de 6-2 qui allait clore son parcours universitaire de parfaite façon.
Voici un extrait. Vous pouvez également y voir Chelios (#21) en action.
Fun fact, l'équipe 1983 des Badgers mettait aussi en vedette le futur joueur du Canadien David Maley ainsi que le gardien Marc Berhend, futur joueur des Jets et des Canadiens de Sherbrooke.
Après cette conquête, Driver opta de ne pas jouer sa 4e saison universitaire pour plutôt porter le chandail rouge et blanc du Canada lors des Jeux olympiques de Sarajevo. L’équipe canadienne (où jouait également Flatley et son futur coéquipier Kirk Muller) termina en 4e place, mais Driver s’y fit remarquer comme le défenseur le plus productif de la formation.
Après les jeux, Driver termina la saison 1983-84 avec l'organisation l'ayant repêché en 1981, maintenant connue sous le nom des Devils du New Jersey. Il joua 4 matchs pour terminer la saison (récoltant 2 passes) et fut cédé au club-école, les Mariners du Maine pour poursuivre son apprentissage. Il en profita alors pour ajouter à son palmarès avec une conquête de la coupe Calder.
Driver fit ensuite l'équipe à temps plein en 1984-85. Dès ses premières saisons, il s’impose comme un défenseur fiable, intelligent et surtout constant. Il incarnait le défenseur universitaire typique de l’époque: capable de lire le jeu, de calmer la tempête et d’appuyer l’attaque par une première passe solide et un lancer précis de la ligne bleue. Il récoltait en moyenne 40 points par saison, son meilleur rendement ayant eu lien en 1987-88 avec 15 buts et 40 passes pour 55 points. Un spécialiste en avantage numérique, la moité de ses buts marqués en carrière furent lors du jeu de puissance.
Au fil des années, il devint un pilier de la défense des Devils, étant même nommé capitaine lors de la saison 1991-92 suite au départ de Kirk Muller. Sa longévité au New Jersey – douze saisons au total – en fit l’un des visages les plus associés à l’équipe de cette époque, bien avant l’ère glorieuse marquée par Martin Brodeur, Scott Niedermayer et Scott Stevens.
C'est d'ailleurs l'arrivée de ce dernier en 1991-92 qui fit en sorte que le règne de Driver comme capitaine fut très court. Les Devils avaient obtenu Stevens suite à une offre hostile controversée des Blues envers Brendan Shanahan des Devils. Un arbitre décida que les Devils étaient en droit de recevoir Stevens en compensation.
Il y eut un long litige par la suite et Stevens ne voulait pas venir au New Jersey. Il se résigna toutefois et apprit à profiter de la situation. Étant auparavant capitaine des Blues, il était logique qu'il devienne éventuellement capitaine des Devils.
Mais comme ses débuts avec l'équipe étaient encore sous atmosphère tendue, ils ont préféré élire Driver comme capitaine. Ce ne fut toutefois que partie remise. Au même moment où les Devils changèrent leurs couleurs du vert/rouge au noir/rouge, Stevens fut nommé capitaine pour la saison 1992-93. Bon joueur, Driver ne rechigna pas et garda le "A" lors des saisons suivantes.
Le point culminant de sa carrière survint en 1995, quand les Devils remportèrent leur première Coupe Stanley en surprenant les Red Wings de Detroit en finale. Driver, désormais un vétéran respecté, joua un rôle discret mais essentiel dans ce triomphe.
Il obtint une fiche modeste de 1 but et 6 passes lors de ces séries, mais son seul but eut lieu lors du 3e match de la finale.
«Driver» drives it home. On peut tu avoir un call plus parfait? Sérieux.
Lors de la remise de la coupe au capitaine, Stevens remit la coupe aux 3 joueurs les plus anciens de l'organisation, soit John MacLean, Bruce Driver et Ken Daneyko.
Ces trois joueurs, surnommés les «Original Devils» avaient tous débuté leur carrière au New Jersey durant la saison 1983-84, soit la même saison où avait eu lieu la fameuse défaite «Mickey Mouse» de 13-4 contre Wayne Gretzky et les Oilers, le 19 novembre 1983. Cependant, seul MacLean était en uniforme lors de ce fameux match, Driver étant toujours avec l'équipe canadienne et Daneyko dans le junior.
Driver était toutefois le dernier joueur toujours en poste à avoir été repêché en tant que Rockies du Colorado. Il est d'ailleurs un des seuls joueurs repêché par les Rockies à avoir remporté la coupe, le seul autre étant Rob Ramage (1989 avec les Flames et 1993 avec le Canadien).
Après la conquête de 1995, le contrat de Driver se termina. Il désirait rester au New Jersey mais seulement s'il recevait un nouveau contrat d'au moins trois saisons et une clause de non-échange, ne voulant pas déménager sa famille. La direction opta de ne pas lui offrir de contrat, ayant plusieurs jeunes défenseurs prêts à faire le saut.
Il obtint toutefois ce qu'il désirait, pas très loin, avec les Rangers de New York. Il joua donc trois dernières saisons complètes avec l'ennemi à Manhattan, se retirant finalement du jeu après la saison 1997-98.
Sa retraite ne signifia pas la fin de son lien avec le hockey. Installé dans le New Jersey, il devint entraîneur d’équipes féminines au Morristown-Beard School dès 2000 et ensuite durant plusieurs saisons. Il fut élu au temple de la renommée de l'Université du Wisconsin.
En 922 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 96 buts et 390 passes pour 486 points, ainsi que 50 points en 108 matchs en séries.
Après la cohorte «Driver-Chelios-Flatley» du début des années 80, plusieurs autres joueurs de renom gravirent la LNH après leur passage à l'Université du Wisconsin comme Gary Suter, Scott Mellanby, Tony Granato, Curtis Joseph, Mike Richter, Brian Rafalski, Dany Heatley, Joe Pavelski, Ryan Suter, Ryan McDonagh et Cole Caufield.
Bill Houlder est né le 11 mars 1967 à Thunder Bay. Défenseur costaud de 6'2" et 216 livres, il fit ses classes avec les Centennials de North Bay qu'il joignit pour la saison 1984-85. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 4e ronde (82e au total) par les Capitals de Washington. Il joua deux autres saisons à North Bay, se démarquant notamment en 1986-87 où il termina parmi les meilleurs défenseurs offensifs de la OHL avec 68 points et une place sur la première équipe d'étoiles.
Il débuta ensuite son parcours professionnel dans l'organisation des Capitals en 1987-88, saison qu'il partagea entre le grand club et le club école à Fort Wayne dans la IHL. Il continua de progresser lors des deux saisons suivantes mais son maximum de matchs en une saison avec les Caps fut lors de la saison 89-90 où il joua 41 matchs.
N'ayant vraisemblablement plus de place pour lui, les Capitals l'échangèrent aux Sabres de Buffalo durant le camp d'entraînement en septembre 1990. En retour, les Capitals reçurent le défenseur Shawn Anderson, 5e choix au total en 1986 qui n'avait rien fait d'extraordinaire jusque-là. Les Capitals perdirent ensuite Anderson au ballotage le lendemain...
Houlder prit donc le chemin de Buffalo mais il y joua encore moins qu'à Washington, soit seulement 7, 10 et 15 matchs lors des trois saisons subséquentes. Il était toutefois trop fort pour les mineures, étant élu meilleur défenseur de la IHL en 1992-93 et obtenant une place sur la première équipe d'étoiles la même année, ainsi qu'en 1990-91 dans la AHL.
Il eut finalement une véritable chance avec les expansions lorsqu'il fut sélectionné par les Mighty Ducks au repêchage d'expansion de 1993. Au sein de la nouvelle équipe en 1993-94, il joua 80 matchs et récolta 39 points dont 14 buts, soit le meilleur rendement offensif pour un défenseur des Ducks lors de cette saison inaugurale. Ses allers-retours dans les mineures étaient alors chose du passé.
Il ne resta toutefois que cette seule saison à Anaheim, étant échangé durant l'été 94 aux Blues de St-Louis en retour d'un autre défenseur, Jason Marshall.
Après une seule saison également à St-Louis, il devint agent libre et signa avec le Lightning de Tampa Bay, amassant 28 et 25 points lors des deux saisons suivantes.
De nouveau agent libre en 1997, il signa avec les Sharks avec qui il connut deux autres bonnes saisons de 32 points chacune. À l'été 99, les Sharks l'échangèrent au Lightning dans un échange impliquant 5 joueurs dont Niklas Sundstrom qui prit le chemin de San Jose.
De retour à Tampa Bay et désormais un vétéran de 10 saisons professionnelles, il fut élu comme nouveau capitaine, le précédent occupant Rob Zamuner ayant été échangé plus tôt durant la saison morte. La suite des choses fut toutefois un fiasco.
Le Lightning était alors dans une autre de leurs saisons de misère et d'instabilité à l'époque, ayant eu 4 entraîneurs-chef depuis la saison 1997-98 et presque autant de propriétaires. L'équipe eut également la distinction peu honorable d'employer 6 gardiens par saison de 1998-99 à 2000-01.
Donc au travers de cette instabilité au début de la saison 99-00, le Lightning connut un lent début de saison et décidèrent de placer leur nouveau capitaine au ballotage après seulement 14 matchs. Il s'agit d'un des plus courts mandats pour un capitaine officiel dans l'histoire de la LNH, à l'exception des capitaines par intérim ou les rotations de capitaine.
Houlder fut alors récupéré au ballotage par les Predators de Nashville, une autre équipe d'expansion récente. L'équipe en était en fait à sa deuxième année. Après les Mighty Ducks, le Lightning et les Sharks, il s'agissait de sa 4e équipe en carrière qui n'avait pas encore une décennie d'existence. Il est ce qu'on surnomme ici un abonné des équipes d'expansion.
Houlder fut très apprécié au sein des Predators, demeurant un vétéran fiable durant 4 saisons. À l'exception d'un seul match, il joua l'entièreté du calendrier de l'équipe de la saison 2000-01 jusqu'à sa retraite après la saison 2002-03.
Donc malgré quelques saisons précaires en début de carrière, Houlder joua un impressionnant total de 846 matchs dans la LNH, amassant 59 buts et 191 passes pour 250 points.
Après sa retraite, il revint dans la région de North Bay et est présentement assistant-entraîneur du Battalion de North Bay depuis la saison 2017-18.
J'avais croisé le nom de Doug Mohns lors de plusieurs recherches mais je ne lui accordais que très peu d'attention. Je croyais à prime abord qu'il était un joueur
moyen et vagabond qui avait quand même connu une bonne carrière de façon anonyme. Mais en regardant finalement ses statistiques de plus près, j'ai tout de suite sursauté lorsque je me suis rendu compte qu'il était défenseur et qu'il avait accumulé plus de 700 points et joué durant 22 saisons. Il méritait alors définitivement une bio ici.
Doug Mohns est né le 13 décembre 1933 à Capreol en Ontario. Un patineur né, il fut même approché par les Ice Capades à l'âge de seulement 7 ans. Sa famille refusa toutefois l'offre et il se concentra plutôt sur le hockey. Surnommé «Diesel» pour sa vitesse sur patins rappelant une locomotive, il se distingua tout d'abord au sein des Flyers de Barrie de la ligue junior de l'Ontario avec qui il fut d'abord prêté par son club local de Capreol pour la coupe Memorial de 1951. Après leur victoire, les Flyers recrutèrent Mohns pour la saison 1951-52. Évoluant comme attaquant, il mena les Flyers pour les points à sa première saison et ramena les Flyers à la coupe Memorial en 1953. En compagnie de joueurs de renom comme Orval Tessier et Don Cherry, Mohns récolta 18 points en 10 matchs lors de ce tournoi et ramena la coupe Memorial à Barrie.
Propriété des Bruins, Mohns, alors âgé de seulement 19 ans, fit le saut directement dans la LNH en 1953-54. Il était assez rare de voir un si jeune joueur percer un alignement de la LNH à l'époque «Original 6» surtout sans devoir faire ses preuves dans les mineures. Mais des blessures à la défense chez les Bruins firent en sorte qu'il y avait un poste disponible. Il fut toutefois converti en défenseur, encore une fois un fait assez rare.
Mohns connut une très bonne première saison, accumulant 13 buts et 14 passes pour 27 points, soit le meilleur rendement offensif chez les défenseurs des Bruins, alors un club très médiocre en attaque. Leur meilleur attaquant n'ayant obtenu que 47 points.
Il joua 11 saisons complètes à Boston, devenant en 1959-60 le deuxième défenseur de l'histoire de la LNH (après Flash Hollett) à marquer 20 buts en une saison. En plus de sa rapidité et sa versatilité à pouvoir jouer parfois comme attaquant, il était un des premiers disciples du lancer frappé suite à son introduction par Bobby Hull et Boom Boom Geoffrion. Il participa 5 fois au match des étoiles lors de ses années avec les Bruins, 4 fois comme défenseur et 1 fois comme attaquant. Son entraîneur à Boston, le légendaire Milt Schmidt, évoqua que Mohns était un des meilleurs joueurs de la ligue à l'époque.
Cependant, malgré quelques bonnes années vers la fin des années 50, dont deux participations en finale (1957 et 1958 contre Montréal), les Bruins n'allaient plus nulle part durant les années 60 et ratèrent les séries de 1960 à 1967. À l'été 1964, Mohns fut échangé aux Blackhawks en retour de deux joueurs, Reggie Fleming et Ab McDonald.
Lors de sa première saison à Chicago, il fut reconverti comme ailier gauche et muté sur le trio de Stan Mikita et Kenny Warham. Surnommé la «Scooter line» pour leur vitesse étourdissante, le trio fut un des meilleurs de la ligue pendant six saisons durant lesquelles Mohns connut ses meilleurs moments. Sa meilleure saison eut lieu en 1966-67 où il obtint 60 points, dont 25 buts, en seulement 61 matchs. Il retourna également au match des étoiles en 1965. Son entraîneur Billy Reay déclara qu'avoir Mohns sur la glace était comme d'avoir droit à un 3e défenseur tellement il était capable de se replier efficacement en défense ou d'adapter facilement son rôle selon l'intensité des matchs.
Après six ans à Chicago, l'âge commença à ralentir Doug Mohns. Il eut toutefois la chance de prolonger sa carrière grâce aux expansions. Après une première moitié de saison difficile, il fut échangé aux North Stars du Minnesota en février 1971. Il y joua durant deux autres saisons, retournant une dernière fois au match des étoiles en 1972, avant d'être réclamé par les Flames d'Atlanta au repêchage intraligue de 1973. Des blessures le limitèrent toutefois à seulement 28 matchs avec les Flames.
L'heure de la retraite semblait avoir sonné pour Mohns à l'été 1974. Il y eut des rumeurs selon qui il deviendrait le premier entraîneur des nouveaux Capitals de Washington. Ces derniers portèrent toutefois leur choix sur Jim Anderson. Malgré tout, le DG des Capitals, son ancien coéquipier et entraîneur Milt Schmidt, voulait quand même avoir Mohns dans son équipe. N'ayant pas obtenu beaucoup de vétérans aguerris durant le repêchage d'expansion, Schmidt et les Caps achetèrent la dernière année du contrat de Mohns et le nommèrent comme premier capitaine de la franchise pour la saison 1974-75.
La première saison des Capitals demeure à ce jour la pire de l'histoire de la ligue avec seulement 8 victoires, 67 défaites, 5 matchs nuls et la majorité des joueurs avec une fiche de -50 (et le record de tous les temps de -82 de Bill Mikkelson). Lors de cette 22e saison en carrière, le vénérable Mohns parvint à jouer 75 matchs et accumula 2 buts et 19 passes à la défense des Capitals. Il termina avec une fiche de -54 et prit ensuite une retraite bien méritée.
En 1389 matchs dans la LNH, Doug Mohns aura obtenu 248 buts et 462 passes pour 710 points et 1250 minutes de pénalité. Lors de sa retraite, seulement 4 joueurs avaient joué davantage de matchs; Gordie Howe, Alex Delvecchio, Tim Horton et Harry Howell.
Il n'a malheureusement jamais remporté la coupe Stanley ou remporté d'honneurs individuels, ce qui nuit grandement à sa postérité. Durant ses années où il évoluait principalement comme défenseur (1953 à 1964 avec les Bruins), seulement 3 défenseurs ont obtenu davantage de points, soit Red Kelly (qui évoluait lui aussi parfois comme attaquant), Bill Gatsby et Doug Harvey.
Si le trophée Selke avait existé (il n'existe que depuis 1978), nul doute que Doug Mohns aurait été candidat durant ses années à Chicago. Il a aussi eu la malchance de partir de Boston quelques années avant l'éclosion des Big Bad Bruins et les coupes des années 70, en plus d'arriver à Chicago trop tard, les Blackhawks ayant remporté les grands honneurs en 1961. Il fut toutefois nommé au 57e rang du Top 100 de l'histoire des Bruins lors des célébrations du 100e de l'équipe en 2023-24.
Après sa retraite, il s'impliqua dans plusieurs causes humanitaires et travailla une vingtaine d'années au Massachusetts comme administrateur d'hopital. Il décéda en 2014 à l'âge de 80 ans.
Quel est votre préféré entre «Risto Siltanen ou Reijo Ruotsalainen?»
Ces deux joueurs finlandais des années 80 ont toujours été quelque peu confondants pour moi et j'imagine pour une flopée d'autres gens qui ne les ont pas nécessairement vu jouer. En plus d'avoir un nom similaire, les deux étaient également des défenseurs du même âge, en plus d'avoir joué pour quelques-unes des mêmes équipes et de porter un beau JOFA à la Jari Kurri. Et comme ce dernier, les deux font également figure de pionniers du hockey finlandais.
Allons-y donc pour leur bio respective et ensuite on passera au sondage.
Risto Siltanen
Risto Siltanen est né un jour d’Halloween, soit le 31 octobre 1958 à Mänttä. Défenseur rapide et agile de seulement 5'9", il était toutefois très trapu et costaud, ce qui lui valut le surnom «Le petit Hulk». Sans faire partie de l'élite, il était toutefois reconnu pour avoir un des meilleurs lancers sur réception de la LNH et un des tirs les plus foudroyants.
Il débuta son développement avec l'équipe junior du Ilves Tampere. C'est lors de la saison 1975-76 qu'il démontra tout son talent alors qu'il termina au premier rang des buteurs de la ligue avec 39 buts en 36 matchs, et ce malgré qu'il était défenseur à temps plein. Il gradua ensuite en SM-Liiga et fut élu comme recrue de l'année en 1976-77 en plus de faire partie de l'équipe d'étoiles.
Les Blues de St.Louis prirent le pari sur lui lors du repêchage de 1978 avec un choix tardif de 11e ronde (173e au total). Il n'était toutefois pas intéressé par les Blues et débuta la saison suivante en Finlande avant de finalement traverser en Amérique vers la fin de la saison, non pas avec les Blues mais plutôt avec les Oilers d'Edmonton dans l'AMH. Il termina la saison 78-79 avec 7 points en 20 matchs et 9 autres en séries où les Oilers s'inclinèrent contre les Jets lors de la dernière finale de l'histoire de la ligue rebelle.
Les Blues détenaient toujours ses droits dans la LNH lors de la fusion des deux ligues mais Siltanen refusa toujours de se rapporter à eux, menaçant plutôt de retourner en Finlande plutôt que d'aller à St.Louis. Les deux équipes conclurent donc un échange envoyant le défenseur Joe Micheletti aux Blues en retour de Siltanen et Tom Roulston.
Siltanen fit donc partie des premières éditions des Oilers dans la LNH, et il fit également partie des nombreuses réussites initiales des Oilers avec les joueurs finlandais. En fait, il s'agit du premier de cette lignée, étant le seul joueur de ce pays lors de cette saison 79-80. Il servit d'ailleurs d'interprète lors de l'arrivée de Kurri la saison suivante. Après une première saison de 35 points, Siltanen devint le défenseur offensif de prédilection de Glen Sather avec une saison de 53 points dont 17 buts en 1980-81. Il marqua également le but vainqueur lors du 2e match de la série contre les Canadiens au printemps 1981, une série 3 de 5 que les Oilers remportèrent à la surprise générale en 3 matchs.
Siltanen enchaina ensuite avec sa meilleure saison en carrière avec 63 points en 1981-82. Il fut également le premier défenseur de l'histoire des Oilers à obtenir un tour du chapeau.
Cependant, l'émergence rapide de Paul Coffey incita les Oilers à sacrifier Siltanen dans le but d'obtenir plus de robustesse, ce qu'ils réussirent avec brio en l'envoyant aux Whalers de Hartford en retour de Ken «the Rat» Linseman. Dans cette échange à trois équipes, Mark Howe prit le chemin de Philadelphie.
Siltanen continua donc sa carrière comme défenseur numéro un des Whalers à partir de 1982-83. Après une première saison où il régressa à 30 points, il revint à ses bonnes habitudes avec 15 buts et 53 points en 83-84 et ensuite 12 buts en 84-85.
En 1985-86, les Whalers étaient sur une lancée. Et une fois de plus, l'émergence d'un autre défenseur offensif poussa Siltanen en dehors du portrait, cette fois-ci au profit de Dave Babych.
Ils sacrifièrent donc Siltanen en l'envoyant aux Nordiques en retour de l'attaquant John Anderson, juste avant un match entre les deux équipes à Hartford.
Siltanen était un bon fit à Québec et put même se venger des Whalers pour l'avoir échangé lorsqu'il obtint 5 passes à leurs dépends lors d'un match des séries de 1987, aidant ainsi grandement à leur élimination par les bleus. Ces 5 passes en un match demeurent à ce jour le record pour un défenseur en séries. Il est en fait co-détenteur du record, précédemment établi par nul autre que... Paul Coffey en 1985.
Cependant, après cette seule saison complète passée à Québec (10 buts, 29 passes), durant laquelle il eut également un séjour dans les mineures pour reconditionnement physique, Siltanen décida de partir pour la Suisse avec le HC Berne pour la saison 1987-88. Il était triste de quitter Québec mais il évoqua comme raison principale le fait qu'il voulait que son fils puisse aller à l'école en Finlande. Il ne gardait également pas la porte fermée pour un éventuel retour avec les Nordiques dans le futur. Ses droits passèrent toutefois aux Devils et ensuite au Canucks lors des années suivantes, sans qu'il ne revienne dans la LNH.
Après une seule saison à Berne, il revint en Finlande pour de bon, avec son ancien club de Tampere, comme capitaine. Il joua ensuite avec le TuTo Turku de 1992 à 1996 suivi d'une dernière saison en Allemagne suite à quoi il prit sa retraite.
Il fut élu au temple de la renommée du hockey finlandais en 1998.
En 560 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 90 buts et 265 passes pour 355 points.
Vous pouvez voir un de ses «plombs» ici en action contre les Rangers et Ruotsalainen d'ailleurs.
Passons justement à son compatriote.
À première vue, il est tentant de déclarer Reijo Ruotsalainen comme étant supérieur à Siltanen mais décortiquons d'abord son parcours et notez bien toutes les nuances qu'on y retrouve. Et je vous rappelle qu'il ne s'agit pas de voter pour le meilleur des deux, mais bien votre préféré entre les deux.
Reijo Ruotsalainen est né le 1er avril 1960 à Oulu en Finlande. Si Siltanen est né à l’Halloween, Ruotsalainen est lui aussi né à une date rigolote, soit celle du Poisson d'avril...
Patineur prodige, Reijo (prononcé Réixo) est grandement considéré comme un des meilleurs patineurs de sa génération. À seulement 15 ans, il parvint à faire l'équipe senior de son club local, le Kärpät Oulu, pour la saison 1975-76. Il s'imposa dans le meilleur niveau finlandais lors des 5 saisons suivantes, étant deux fois élu meilleur défenseur de la SM-Liiga, et aidant le Karpat à remporter le championnat en 1981. Durant ses années d'éligibilité au junior, il était tellement convoité que les Saguenéens de Chicoutimi ont bien failli obtenir ses services en 1977. Il aurait alors fallu que ses parents acceptent et que les Sags versent une caution de 10 000$ à la fédération de hockey finlandaise, ce qui n'arriva éventuellement pas...
Ce sont les Rangers qui prirent le pari de le repêcher, soit en 6e ronde (119e au total) du repêchage de 1980, soit la même cuvée de celui auquel il fut grandement comparé durant sa carrière, Paul Coffey (au 6e rang pour sa part). C'est l'ancien défenseur des Jets Lars-Erik Sjoberg, alors recruteur avec les Rangers, qui était grandement fan et qui convainquit les Rangers de le sélectionner. Comme Coffey, Ruotsalainen était reconnu pour mieux patiner à reculons que la plupart des joueurs de la LNH à la normale.
Ruotsalainen fit le saut avec les Rangers en 1981-82. Jumelé avec le robuste Barry Beck sur la première paire de défenseurs des Rangers, il obtint une splendide saison recrue avec 18 buts et 38 passes pour 56 points. Il obtint également 9 points en 10 matchs durant les séries. Comme Siltanen, Ruotsalainen était aussi reconnu pour son lancer frappé sur réception et son habileté avec la rondelle. Cependant, Ruotsalainen était considéré supérieur grâce à sa vitesse.
Mais à seulement 5'8" et 170 livres, Ruotsalainen n'était pas le plus robuste et sur ce point, Coffey, et même Siltanen, lui étaient supérieurs.
L'entraîneur des Rangers était alors le légendaire Herb Brooks, qui parvenait à tirer le maximum du talent de Ruotsalainen. Il l'utilisait aussi souvent à l'aile, ce qui fit immanquablement gonfler ses statistiques. Son sommet en carrière fut atteint en 1984-85 lorsqu'il amassa 28 buts et 45 passes pour 73 points, bon pour le premier rang chez les Rangers. Il termina toutefois cette saison avec le pire différentiel de l'équipe à -27.
En fait, les Rangers de 84-85 avaient connu une saison médiocre avec une fiche de 22-48-10, étant parvenus à faire les séries seulement parce que les Devils et les Penguins avaient fait pire qu'eux dans leur division. Ils se firent d'ailleurs éliminer rapidement en trois matchs par les Flyers en première ronde.
Brooks fut remercié après cette saison et son remplaçant Ted Sator n'avait pas la même affection envers Ruotsalainen, qui régressa alors à 59 points en 85-86. Sator s'est d'ailleurs mis beaucoup de joueurs à dos durant cette saison et il fut rapidement congédié au début de la saison suivante. À ce moment, Ruotsalainen n'était plus là. Incapable de blairer Sator et en froid avec la direction, il signa en Suisse avec le HC Berne, précédant d'un an l'arrivée de Siltanen avec le même club.
C'est alors que Glen Sather flaira le coup et en passa toute une à son collègue Phil Esposito des Rangers. Il obtint les services de Ruotsalainen, Clark Donatelli, Jim Wiemer et Ville Kentala en retour de Mike Golden, Miroslav Horava et Don Jackson. Jackson était un vétéran accompli mais ne joua qu'une vingtaine de matchs à New York et prit sa retraite, tandis qu'Horava ne devint qu'un joueur marginal et Golden ne se rendit jamais à la LNH.
Le DG des Jets, John Ferguson, déclara alors qu'il y avait «une douzaine de DG de la LNH qui voulaient la tête d'Esposito» pour s'être débarrassé ainsi de ce qu'on considérait toujours comme un des meilleurs défenseurs de la planète, qui était désormais dans le même vestiaire que Paul Coffey...
Cependant, Ruotsalainen était menotté par le contrat avec le HC Berne. Sather tenta de le racheter mais le club refusa car Ruotsalainen attirait de larges foules. Il dut ainsi attendre la fin de la saison là-bas (qui se termine plus tôt) pour revenir dans la LNH. Il joua alors les 16 derniers matchs de la saison à Edmonton, amassant 5 buts et 8 passes et jouant l'entièreté du parcours des séries des Oilers jusqu'à leur reconquête de la coupe au printemps 1987. Il obtint 7 points durant ces séries menant à sa première coupe Stanley.
Mais malgré ce retour en force dans la LNH, une coupe et le départ imminent de Coffey chez les Oilers (échangé à Pittsburgh à l'automne 1987), Ruotsalainen opta de retourner en Europe, cette fois-ci en Suède avec le HV71. Il avait alors en vue de participer aux Olympiques de 1988, ce qu'un contrat dans la LNH lui rendait impossible. Il aida grandement sa patrie lors de ces jeux, obtenant 4 buts en 8 matchs et aidant son équipe à remporter la médaille d'argent, à ce moment la plus haute marche sur le podium olympique pour les finlandais dans leur histoire.
Durant cette saison passée en Suède et aux Olympiques, les droits de Ruotsalainen furent acquis au ballotage par les Devils. Après une saison de retour en Suisse en 1988-89, il se laissa tenter de nouveau par la LNH. Cependant, on retrouvait trop de défenseurs similaires chez les Devils, eux qui venaient de finalement acquérir les services de Viacheslav Fetisov et Alexei Kasatonov, sur qui ils avaient parié gros. Ruotsalainen était donc de trop et fut souvent laissé de côté, n'amassant que 7 points en 31 matchs au New Jersey.
Court passage avec les Devils
Avec ses compatriotes Jari Kurri et Esa Tikkanen en 1990
Avec le HC Berne en Suisse
Mais, c'est alors qu'un personnage familier retentit de nouveau. Au début du mois de mars 1990, Glen Sather refit l'acquisition de Ruotsalainen en vue des séries. Il ne céda en retour que le défenseur Jeff Sharples, un joueur marginal qui ne revint jamais dans la LNH.
Le deuxième séjour de Ruotsalainen à Edmonton fut très similaire au premier. Il obtint 8 points en 10 matchs pour clore la saison. Il fut toutefois un gros rouage de l'équipe en séries avec 13 points en 22 matchs, aidant à ramener de nouveau la coupe à Edmonton. Il obtint alors le surnom de «Rental Rexi».
Il s'agissait toutefois du chant du cygne dans la LNH pour Ruotsalainen, qui retourna ensuite en Suisse avec le HC Berne pour les trois saisons suivantes. Il alterna ensuite entre la Suisse et la Finlande jusqu'à sa retraite en 1998 (un an après Siltanen).
En 446 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 107 buts et 237 passes pour 344 points, en plus de 47 points en 86 matchs en séries.
Il fut élu au temple de la renommée finlandais en 2000.
Jusqu'à ce jour, il est affectueusement «name-droppé» en blague par les commentateurs et partisans des Oilers lorsque l'équipe aurait besoin de renfort en défense...
Bon il est désormais temps de voter.
Je sais qu'à première vue c'est Ruotsalainen qui devrait l'emporter mais ce sera à décider selon vos propres critères et votre degré d'affection. Peut-être retrouverons nous une légion des anciens fans de Siltanen durant son temps avec les Nordiques qui feront pencher la balance en sa faveur...
Voici un aide-mémoire pour vous aider dans votre décision.
RISTO SILTANEN
Premier défenseur offensif des Oilers dans la LNH.
Premier joueur finlandais des Oilers dans la LNH.
Surnommé «Le petit Hulk»
Recrue de l'année en Finlande en 1977
Un des meilleurs lancés sur réception de son époque
Sommets de 17 buts en 1980-81 et 63 points en 1981-82
A seulement évolué comme défenseur
A joué pour les Whalers et les Nordiques
A joué pour 3 des 4 équipes de l'AMH qui ont gradué dans la LNH
Record de la LNH avec 5 passes en un match des séries (co-détenu avec Paul Coffey)
90 buts et 265 passes pour 355 points en 560 matchs dans la LNH. 18 points en séries.
Temple de la renommée finlandais
REIJO RUOTSALAINEN
2 coupes Stanley
1 médaille d'argent olympique
3 championnats de la ligue Suisse
2 titres de meilleur défenseur en Finlande
1 championnat en Finlande
Surnommé «Rental Rexi»
N'a pas joué pour les Whalers ou les Nordiques
A été employé comme défenseur et attaquant
107 buts et 237 passes pour 344 points en 446 matchs dans la LNH. 47 points en séries.
Temple de la renommée finlandais
#10 retiré par Kärpät
Les deux ont joué avec Paul Coffey mais n'ont jamais joué ensemble, à l'exception des championnats mondiaux junior et la Coupe Canada de 1981. Les deux ont joué avec les Oilers et le HC Berne.
VOTEZ!
Sources: Reijo Ruotsalainen téléphone à ses parents, Le Quotidien, 28 décembre 1977 Anderson sacrifié pour Siltanen, Le Soleil, 9 mars 1986 Enfin je pourrai jouer à ma manière, Le Soleil, 9 mars 1986 Fergy en veut à Espo, Le Soleil, 2 novembre 1986 J'ai vraiment appris à aimer les Nordiques, le Soleil, 4 mai 1987 Heureux qui comme Reijo, La Tribune, 25 mai 1990
Lorsqu'il fut repêché par les Blackhawks de Chicago en 1991 au 71e rang, Igor Aleksandrovich Kravchuk avait 25 ans et était déjà un défenseur accompli au sein de la première ligue russe et sur la scène internationale. Il est d'ailleurs malgré lui un personnage faisant partie à jamais du folklore du hockey canadien alors qu'il était le seul défenseur tentant d'empêcher la fameuse montée à 3 contre 1 de Mario Lemieux, Wayne Gretzky et Larry Murphy lors du célèbre but gagnant du #66 lors de la Coupe Canada de 1987.
Né le 13 septembre 1966 à Ufa, Kravchuk débuta sa formation avec le club local, le Ufa Salavat Yulayev, en 1982 à l'âge de seulement 16 ans. Il fut plus tard acquis par le puissant club du CSKA Moscou en 1987, en vue des Olympiques de Calgary, où il remporta la médaille d'or avec le puissant club soviétique.
Il retarda son entrée dans la LNH afin de participer de nouveau aux Olympiques en 1992, tournoi qui se solda de nouveau par une médaille d'or pour l'équipe soviétique, cette fois connue sous le nom d'«Équipe unifiée» en raison des bouleversements politiques de l'époque.
Avec une fiche de 3 buts et 2 passes en 8 matchs, Kravchuk fut également élu au sein l'équipe d'étoiles du tournoi.
Une fois les jeux terminés, il mit le cap sur Chicago pour faire ses débuts dans la grande ligue en cette fin de saison 1991-92. Il marqua lors de son premier match avec les Blackhawks et termina cette saison avec 1 buts et 8 passes en 18 matchs, en plus de 8 points en 18 matchs en séries où les Blackhawks se rendirent en finale contre les Penguins. Les Blackhawks semblaient alors avoir dégoté un pas pire défenseur.
Cependant, durant la saison suivante se présenta aux Blackhawks la chance d'obtenir l'attaquant Joe Murphy des Oilers d'Edmonton, auteur d'une saison de 82 points la saison précédente. En grève depuis le début de la campagne, Murphy passa finalement aux Blackhawks en février 1993 en retour de Kravchuk et de l'attaquant Dean McAmmond. Kravchuk termina cette saison 92-93 avec une fiche de 27 points en 55 matchs partagés entre Edmonton et Chicago, en plus d'être blessé plusieurs semaines.
Kravchuk fit très bien à Edmonton, connaissant son sommet en carrière en 93-94 avec 12 buts et 38 passes pour 50 points au sein du faible club des Oilers où il devint brièvement leur meilleur défenseur.
Il joua une autre demi-saison complète avec les Oilers en 1995 avant d'être échangé de nouveau, cette fois aux Blues en janvier 1996 lors d'un échange multi-défenseurs. En plus de Kravchuk, les Blues obtinrent le défenseur Ken Sutton. En retour, ils cédèrent Jeff Norton et Donald Dufresne.
Après deux saisons de 34 et 35 points respectivement, Kravchuk fut de nouveau utilisé comme monnaie d'échange, cette fois lors d'un échange avec les Senators d'Ottawa, alors qu'il fut échangé un contre un en retour de Steve Duchesne durant l'été 1997.
À Ottawa, Kravchuk eut de la difficulté à remplir les patins du plus populaire et plus offensif Steve Duchesne. Mais au final, l'échange porta fruit alors que Kravchuk était plus fiable défensivement et les Senators eurent une meilleure fiche que l'année précédente.
Pour couronner le tout, la petite équipe qui termina au 8e rang parvint à causer la surprise en première ronde en éliminant les Devils. Kravchuk marqua le but d'assurance lors du dernier match de cette série, officialisant la première série remportée dans l'histoire du club.
Durant cette même saison 1997-98, Kravchuk put participer de nouveau au tournoi olympique, ses troisièmes jeux en carrière. Il est d'ailleurs le seul de l'histoire à avoir représenté son pays sous trois incarnations différentes. Il le fit sous le drapeau de l'Union Soviétique en 1988, de l'«Équipe Unifiée» en 1992 et finalement sous celui de la Russie en 1998. Ce fut cette fois une médaille d'argent pour Kravchuk et les Russes.
Kravchuk joua deux autres saisons complètes à Ottawa mais ses statistiques baissèrent d'année en année. Afin de couper dans leur masse salariale, les Sénateurs le placèrent au ballotage en novembre 2000. Il fut alors réclamé par sa troisième équipe canadienne, les Flames de Calgary.
Kravchuk joua une saison supplémentaire à Calgary, avant d'être libéré durant l'été 2002. Il ne refit pas surface avant le mois de mars 2003, lorsqu'il fut engagé comme agent libre par les Panthers pour la fin de la saison. Ce furent alors ses 7 derniers matchs en carrière avant de prendre sa retraite.
En 699 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 64 buts et 210 passes pour 274 points.
Depuis sa retraite, il a été entraîneur ou adjoint à plusieurs niveaux, dont le niveau junior russe ainsi que quelques équipes en KHL. Il devint en 2018-19 entraîneur-chef des Lions de Lac-St-Louis au niveau Bantam AAA québécois, là où évoluait son fils Roman Kravchuk. Son autre fils Chris avait également évolué au Québec dans le passé, dont brièvement avec le Drakkar de Baie-Comeau.
Igor est présentement entraîneur-adjoint de son ancien club, le CSKA Moscou.
C'est avec regret que nous avons appris le décès de l'ancien défenseur des Islanders Jean Potvin le 15 mars dernier. Nous ne pouvons bien sûr pas vraiment fournir des biographies à chaque fois qu'un ancien joueur décède mais dans le cas de Jean Potvin, je trouve que sa carrière était intéressante à raconter malgré qu'elle se doit d'être inévitablement reliée à l'histoire de son illustre frère, Denis Potvin.
Jean René Potvin est né le 25 mars 1949 à Ottawa. La famille déménagea éventuellement à Hull dans un quartier plus pauvre et c'est là que Denis naquit ensuite en 1953. Étant d'une famille peu aisée, les Potvin se passaient leur équipement de génération en génération, d'abord du paternel Armand, un ancien joueur, à ses deux plus vieux fils, Bob, Jean et ensuite Denis qui héritait des retailles des autres... Le talent de Jean et particulièrement Denis, tous les deux de robustes défenseurs offensifs, fut vite remarqué, et les deux frères furent recrutés par l'équipe junior locale, les 67's d'Ottawa.
Jean, de 4 ans plus âgé, fit ses débuts avec les 67's en 1967-68 après deux saisons avec les Hawks de Hull. Denis fut invité par les 67's durant la même saison pour un essai de 3 matchs alors qu'il n'avait que 15 ans. Il eut toutefois la promesse d'être ramené la saison suivante, soit la dernière saison junior de Jean, où les deux frères furent réunis sur la même paire à la défense.
Pendant que Denis continuait son stage junior à Ottawa, Jean débuta son parcours professionnel. Non-repêché, il se dénicha toutefois un poste dans la ligue américaine avec le club école des Kings de Los Angeles, les Kings de Springfield, pour la saison 1969-70. Il se distingua assez pour être invité par le grand club durant 4 matchs en 1970-71. Il obtint d'ailleurs un match de 1 but et 2 passes lors de son premier match en carrière, contre les Golden Seals de Californie. Il fut toutefois retourné rapidement à Springfield, où il était le défenseur numéro un de l'équipe qu'il aida à remporter la coupe Calder en 1971 avec une fiche de 12 points en 12 matchs durant les séries.
Signe avant-coureur de la dynastie des Islanders, parmi cette édition championne à Springfield on retrouvait deux autres futures pierres angulaires des Islanders en Butch Goring et Billy Smith. Smith fut acquis lors du repêchage d'expansion de 1972 tandis que Goring fut acquis lors de la date limite des transactions en 1980, une transaction qui selon la légende amena le chainon manquant à Long Island en Butch Goring.
Jean Potvin fit la LNH à temps plein avec les Kings en 1971-72. Il fut toutefois échangé en janvier 1972 lors d'une méga-transaction impliquant 8 joueurs. Il prit ainsi le chemin de Philadelphie en compagnie de Bill Flett, Eddie Joyal et Ross Lonsberry en retour de la future vedette des Nordiques Serge Bernier ainsi que Larry Brown, Bill Lesuk et Jim Johnson.
Il termina la saison avec une fiche de 15 points en 29 matchs avec les Flyers. Il y débuta la saison suivante mais ne semblait pas vraiment aimer son rôle avec les Flyers qui (sans surprise) demandaient davantage de robustesse de sa part et de jeter davantage les gants. Jean aurait parfaitement pu remplir ce rôle mais il ne voulait pas être étiqueté comme bagarreur, lui qui était capable de contribuer davantage en attaque et d'accomplir de vrais missions défensives.
Il fut donc échangé une deuxième fois en un peu plus d'un an, cette fois-ci aux Islanders en retour du futur entraîneur des Flames et du Lightning Terry Crisp.
Derrière cette acquisition du GM Bill Torrey se cachait non-seulement l'acquisition d'un bon défenseur en Jean Potvin, mais également une décision stratégique en vue d'améliorer davantage la défensive et l'avenir des Islanders, soit l'acquisition du choix unanime comme premier choix au repêchage en 1973, Denis Potvin. Ce dernier en était alors à sa dernière saison junior à Ottawa, saison où il obtint un record de 123 points, battant du coup le record de celui avec qui il était souvent comparé, Bobby Orr. Les Islanders, en route vers la pire saison pour une équipe d'expansion en 1972-73, allaient pouvoir repêcher Denis au premier rang mais il y avait des rumeurs comme quoi il y avait des équipes intéressées à l'amener dans l'AMH à gros prix.
L'aquisition de Jean le printemps précédent aurait donc été un élément bonus dans la décision de Denis de signer avec les Islanders plutôt que de faire sauter davantage la banque dans l'AMH. Il aurait même pu devenir membre du Canadien de Montréal si Bill Torrey n'avait pas résisté aux manigances légendaires de Sam Pollock...
Denis arriva donc à Long Island pour la saison 1973-74 et remporta aussitôt le trophée Calder comme recrue de l'année. Et comme lors de leur séjour ensemble avec les 67's, Jean et Denis furent réunis sur la même paire de défense. Jean connut donc sa meilleure saison jusqu'à ce moment avec 5 buts et 28 points. Comme la jeune équipe, les deux frères ne firent que s'améliorer au cours des années suivantes, le tout culminant par une saison de 98 points pour Denis et 72 points pour Jean en 1975-76, une saison où un Bobby Orr décimé par les blessures ne put jouer qu'une dizaine de matchs pour ensuite quitter Boston. Denis et Jean Potvin terminèrent donc au deux premiers rangs chez les défenseurs de la LNH durant cette saison. Denis remportera alors le premier de ses trois trophées Norris en carrière.
Jean ne put connaître d'aussi bonnes saisons par la suite, régressant à un total tout de même acceptable de 46 points en 76-77. Cependant, lui et Jean-Paul Parisé furent utilisés comme monnaie d'échange pour obtenir le centre Wayne Merrick des piteux Barons de Cleveland durant la saison 1977-78, une nouvelle qui terrassa les Potvin et que l'entraîneur Al Arbour dut même annoncer en larmes à Jean.
Jean continua donc malgré tout son chemin à Cleveland durant cette deuxième et dernière année d'existence des Barons. Il obtint en tout 3 buts et 17 points en 40 matchs dans leur uniforme blanc et rouge. Il suivit ensuite la franchise au Minnesota suite à la fusion de 1978 entre les deux équipes. Les North Stars lui firent toutefois commencer la saison 1978-79 dans les mineures avec les Stars d'Oklahoma City mais il fut rapidement rappelé après une fiche de 10 points en 9 matchs là-bas.
Je ne me tannerai jamais de cette image des Barons avec Jean Potvin à l'air lendemain de veille au deuxième plan...
Après cette seule saison au Minnesota, Bill Torrey venait de nommer Denis comme nouveau capitaine des Islanders après que Clark Gillies ait abandonné le titre. Afin de plaire à son capitaine et le récompenser, Torrey ramena Jean comme agent libre en juin 1979. Al Arbour déclara qu'il s'ennuyait également de son leadership et de sa présence dans le vestiaire. Mais il fut toutefois averti qu'il serait utilisé sporadiquement, maintenant que la défensive des Islanders était de plus en plus forte. Son rôle diminua effectivement au cours de la saison 1979-80 alors que les défenseurs Gord Lane et particulièrement Ken Morrow (en provenance de l'équipe américaine de Lake Placid) joignirent l'équipe au cours de la saison. Jean ne disputa donc que 32 matchs en 79-80, saison qui fut couronnée par la première des 4 coupes consécutives de la dynastie des Islanders. Il ne joua alors aucun matchs en séries durant ce parcours et malgré qu'il n'avait pas joué assez de matchs pour être éligible, son nom fut quand même inscrit sur la coupe. Durant ces séries où il ne joua aucun match, il avait toutefois été invité comme analyste radio chez les Islanders.
C'est d'ailleurs Jean qu'on entend ici avec son fameux «Yes! Yes! Yes!» lors de cette transmission radio du but en prolongation de Bob Nystrom lors du 7e match de la finale contre les Flyers:
Le même scénario se répéta en 1980-81 alors que cette fois Jean ne joua que 18 matchs en saison régulière et encore aucun en séries. Il eut le même traitement spécial qu'en 1980 en retrouvant son nom sur la coupe une deuxième fois. Ce fut toutefois sa dernière saison en carrière et il prit sa retraite pour devenir analyste radio à temps plein chez les Islanders, un poste qu'il occupa pendant les 8 années suivantes.
Il travailla ensuite dans le domaine bancaire en plus d'être sur le comité directeur des Boy Scouts de Nassau County, domicile des Islanders où il continua d'habiter après sa retraite.
Malade depuis quelques années, il était présentement en Floride, où habite également Denis, au moment de sa mort à 72 ans le 15 mars dernier. Il était en attente d'une transfusion rénale.
Lors de son introduction au temple de la renommée en 1991, Denis déclara que Jean aura été la plus grande influence durant sa glorieuse carrière et qu'il était son pilier, l'aidant à deux reprises durant sa carrière à effectuer la transition, premièrement dans le junior et ensuite comme professionnel et jeune adulte avec les Islanders.
Une murale célébrant les deux frères Potvin a été dévoilée sur le mur d'un centre communautaire d'Ottawa en 2003.
En 613 matchs dans la LNH, Jean Potvin aura amassé 63 buts et 224 passes pour 287 points. Pour sa part, Denis Potvin aura amassé 310 buts et 742 passes pour 1052 points en 1060 matchs.