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lundi 31 octobre 2022

Joueur oublié des 90's #69 - Mikhail Shtalenkov


 


Né à Moscou le 20 octobre 1965, le gardien Mikhail Alekseyevich Shtalenkov fit ses classes dans le système du Dynamo de Moscou à partir de 1983, graduant dans la Superligue de Russie en 1986-87, saison où il partagea le filet avec le vétéran Vladimir Myshkin et où il fut nommé recrue de l'année. Éternels seconds derrière le trop puissant club CSKA, le Dynamo parvint enfin à déloger ses grands rivaux en remportant le championnat de 1990, après 13 années d'affilée au sommet pour le CSKA qui avait toutefois perdu beaucoup de ses vedettes (Makarov, Fetisov, Larionov etc.) qui pouvaient enfin prendre le chemin de la LNH.

Après le retrait de la compétition de Myshkin après ce championnat, Shtalenkov devint le numéro un incontesté du Dynamo et de l'équipe nationale. Il répondit en remportant deux autres championnats d'affilée avec son club de Moscou, ainsi que la médaille d'or aux Olympiques de 1992 où il fut le partant pour l'ensemble des 8 matchs de l'équipe unifiée et terminant avec une moyenne de buts accordés de seulement 1.64.

N'étant toutefois pas encore repêché par un club de la LNH, il prit le pari de venir jouer en Amérique du Nord en 1992-93 avec les Admirals de Milwaukee dans la IHL. C'était une tactique assez répandue à l'époque alors que de nombreux joueurs russes, qui n'étaient plus d'âge junior, empruntaient la voie de la IHL pour se faire plus facilement recruter par les dépisteurs de la LNH, frileux à prendre des risques avec des joueurs n'ayant pas évolué dans le système nord-américain. Avec une fiche de 26-14-5 en 47 matchs à Milwaukee, Shtalenkov fut nommé recrue de l'année dans la IHL... six ans après son titre de recrue de l'année dans la ligue russe.

Admirals de Milwaukee (1992-93)


Lors du premier repêchage de leur histoire, les nouveaux Mighty Ducks d'Anaheim utilisèrent leur choix de 5e ronde sur Shtalenkov. Après un bon départ dans les mineures en 1993-94, il fut rappelé par les Ducks pour seconder Guy Hebert suite à l'échange de Ron Tugnutt aux Canadiens en février 1994 (contre Stéphan Lebeau). Il remporta sa première victoire peu après contre les Sénateurs. Il termina cette première saison dans la LNH avec une fiche de 3-4-1.

Shtalenkov et Hebert furent ensuite les deux seuls gardiens chez les Ducks lors des 3 saisons suivantes. En fait, un seul autre gardien put faire une apparition durant cette période, soit Mike O'Neil pour seulement 1 match de 31 minutes de jeu en 1996-97. 
 
Le duo parvint à mener les Ducks en séries pour la première fois de son histoire cette saison-là, l'équipe se rendant même jusqu'en 2e ronde après avoir éliminé les Coyotes en 7 matchs. Durant cette 2e ronde contre les trop puissants Red Wings, les Ducks se firent balayer en 4 matchs, mais donnèrent quand même du fil à retordre aux Red Wings avec 3 des 4 matchs qui durent se rendre en prolongation. Hebert se blessa au genou au début du 2e match et c'est Shtalenkov qui prit la relève pour le restant de la série. Son plus haut fait en carrière dans la LNH fut lors du match décisif. Cette partie dut se rendre en 2e prolongation et Shtalenkov fit face à un total de 73 tirs, en stoppant 70.

Le tandem Hebert/Shtalenkov revint en 1997-98 mais Hebert se blessa à l'épaule pour une longue période, ce qui fit de Shtalenkov l'homme de confiance de l'entraîneur Pierre Pagé durant le reste de la saison. Il joua alors son sommet en carrière avec 40 parties. Cependant, les Mighty Ducks régressèrent en 1997-98, en plus de ne pas pouvoir compter sur Paul Kariya durant une bonne partie de la saison (grève et blessures). Les Ducks ne purent donc retourner en séries et Shtalenkov ne put faire mieux qu'une fiche de 13-18-5.


 
 
Malgré quelques faits saillants dans les jeux de la semaine, comme ce dernier extrait où il a même OUTRAGEUSEMENT volé mon avatar, Shtalenkov n'a jamais eu une fiche gagnante avec les Mighty Ducks, même si l'équipe se débrouillait pas mal bien pour un récent club d'expansion. Sa meilleure saison à Anaheim fut celle de 96-97 ou il jouait presque pour .500 avec une fiche de 7-8-1 et une moyenne de 2.89. Sinon ça ressemblait davantage à sa saison 95-96 et sa fiche de 7-16-3.

Après cette saison 97-98, la LNH reprenait son processus d'expansion avec l'arrivée des Predators de Nashville. Les équipes en place avaient l'option de protéger 1 ou 2 gardiens, selon le nombre de défenseurs et d'attaquants protégés. Les Ducks choisirent de protéger 2 portiers, mais Shtalenkov ne fit pas partie du lot, étant laissé sans protection au profit de Patrick Lalime. Ce dernier avait été acquis des Penguins, avec qui il était en impasse salariale, en mars 1998. Cependant il ne joua jamais à Anaheim. Il passa l'année dans les mineures avant d'être échangé aux Sénateurs l'année suivante.

Pour sa part, Shtalenkov fut repêché par les Predators, mais lui aussi ne joua jamais là-bas, étant plutôt échangé aux Oilers d'Edmonton au début du mois d'octobre après le camp d'entrainement des Predators. Ces derniers reçurent entre autres Éric Fichaud en retour.

Les Oilers venaient tout juste de perdre leur gardien vedette Curtis Joseph sur la marché des joueurs autonomes et optèrent pour un tandem formé de Shtalenkov et Bob Essensa pour la saison 1998-99. Le duo ne fit pas vraiment la job (12-17-3 pour Shtalenkov et 12-14-6 pour Essensa) ce qui incita les Oilers à faire l'acquisition de Tommy Salo des Islanders au mois de mars. Quelques jours après l'acquisition de Salo, les Oilers se départirent de Shtalenkov en l'envoyant aux Coyotes en retour de considérations futures. Il devint alors le second de son compatriote Nikolai Khabibulin.

Oilers d'Edmonton (1998-99)

 
Coyotes de Phoenix (1999)
 
Panthers de la Floride (1999-2000)
 
 
Après avoir terminé la saison à Phoenix, un scénario assez familier se dessina pour Shtalenkov en 1999-2000. Khabibulin exigeait un meilleur contrat et passa la saison entière en grève en évoluant dans la IHL. Pour palier son absence, les Coyotes firent signer un contrat à... Bob Essensa. On retrouva alors de nouveau le tandem Essensa/Shtalenkov mais cette fois-ci c'est Shtalenkov qui obtint la majorité des départs. Il s'en sortait assez bien au départ, allant jusqu'à être nommé joueur du mois d'octobre dans la LNH avec une fiche de 7-2-2 et 2 blanchissages. Il commença cependant à battre de l'aile par la suite. Les Coyotes, espérant jusque-là un retour de Khabibulin, décidèrent de passer à l'acte et utilisèrent Shtalenkov comme monnaie d'échange pour faire l'acquisition de Sean Burke, plus jeune et plus reconnu que Shtalenkov, lors d'un échange avec les Panthers.

Shtalenkov termina donc la saison en Floride comme adjoint de Trevor Kidd et Mike Vernon et s'en sortit encore assez bien avec une fiche de 8-4-2 en 15 matchs. Cependant, les Panthers optèrent de le libérer à la fin de la saison. Cette saison 1999-00 était pourtant sa seule saison avec une fiche gagnante dans la LNH.
 
Il quitta ensuite la LNH et l'Amérique du Nord pour retourner en Russie avec son ancien club, le Dynamo de Moscou. Il y joua deux dernières saisons avant de prendre sa retraite en 2002 à l'âge de 36 ans. Il devint ensuite entraîneur des gardiens du Dynamo, fonction qu'il occupa de 2002 à 2011 avant de passer chez le Metallurg Magnitogorsk et plus récemment le Vitiaz Chekhov.
 
Un bizarre d'incident se produisit en 2012 et remit le nom de Shtalenkov dans les manchettes. Alors qu'il était à l'emploi du Metallurg et qu'il devait revenir à Moscou par avion, sa femme appela la police qui le déclara comme disparu, deux jours après son vol. La nouvelle se répandit même jusqu'ici mais finalement Shtalenkov refit surface le lendemain lorsqu'il téléphona à sa femme pour lui dire qu'il allait bien. Apparemment, selon le Journal de Québec et l'agence QMI, qu'il serait parti sur une longue brosse avec ses amis sans avertir sa femme...

En 190 parties disputées dans la LNH, Shtalenkov aura eu une fiche de 62 victoires, 82 défaites et 19 matchs nuls.

Dynamo de Moscou (1983-1992, 2000-2002)



Sources:
Panthers release Sheppard, Shtalenkov, UPI, 30 juin 2000
Phoenix, Florida Swap Goalies, CBS News, 19 novembre 1999
Shtalenkov était saoul, Journal de Québec, 28 mars 2012


vendredi 28 octobre 2022

Joueur oublié des 90's #68 - Jim Kyte


 

 

Né le 21 mars 1964 à Ottawa, James G. Kyte est le fils de John Kyte, un ancien athlète multidisciplinaire durant ses années d'études à l'Université St.Francis Xavier. Le paternel, ainsi que ses 5 fils, sont tous atteints d'une déficience auditive héréditaire. Les 5 frères Kyte ont donc tous perdu entre 65 et 75% de leur ouïe avant l'âge de 5 ans. Dans le cas du père, il a toujours réussi malgré tout à passer au travers son handicap, une persévérance qu'il a enseigné ensuite à ses fils, refusant par exemple de les envoyer dans une école spéciale pour élèves sourds. Jim et ses 4 frères ont donc grandi comme des enfants canadiens normaux et ont tous joué au hockey organisé. Seule la petite soeur du clan n'a pas été atteinte de cette déficience. 

Jim ne croyait toutefois pas devenir un joueur à temps plein jusqu'à ce que, à la surprise générale, ce défenseur format géant soit repêché au tout premier rang de la CCHL (Central Canada Hockey League) par les Hawks de Hawkesbury. Après une solide saison dans cette ligue, il fut sélectionné en première ronde (12e au total) du repêchage de la OHL de 1981 par les puissants Royals de Cornwall. C'est seulement après sa sélection, lorsqu'ils rencontrèrent Kyte à leur table du repêchage, que les recruteurs découvrirent son handicap...

À 6'5" et 210 lbs, ce défenseur «stay-at-home» (je n'ai jamais trouvé d'équivalence aussi bonne en français) en imposait avec sa grande stature et son jeu acharné. Il pouvait solidement cogner et intimider l'adversaire, sans jamais être considéré comme un goon, malgré que l'on s'attendait bien sûr à ce qu'il utilise son gabarit pour défendre ses coéquipiers. 

Malgré des statistiques offensives bien moyennes, il continua d'étonner dans le junior par son jeu défensif, au point de se retrouver de nouveau sélectionné en première ronde, 12e au total une fois de plus, par les Jets de Winnipeg au repêchage de 1982. Il devint alors le premier, et à ce jour le seul joueur étant considéré comme légalement sourd dans l'histoire de la ligue. Il était aussi un des plus grands joueurs de la ligue pour l'époque.

Utilisant un appareil auditif l'aidant à capter quelques sons, Kyte apprit tôt à compenser pour son handicap en maîtrisant le jeu d'une manière différente, particulièrement en utilisant ses autres sens. Il mémorisait parfaitement les systèmes de jeu et travaillait constamment sur son positionnement pour ne jamais être pris au dépourvu dans son rôle de défenseur. Il avait aussi développé la capacité de compter et repérer rapidement où étaient en tout temps ses 5 adversaires sur la glace. Et à défaut de bien pouvoir entendre un joueur arriver derrière lui, dans les coins par exemple, il se servait des reflets sur les baies vitrées pour analyser ses alentours. 

Ce n'était bien sûr jamais facile. Les appareils auditifs de l'époque étaient quand même plus gros et rudimentaires, surtout avant son arrivée dans la LNH. Ils étaient au départ raccordés à un appareil attaché à la poitrine, ce qui pouvait causer bien des ecchymoses ou parfois des saignements aux oreilles lors de mises en échec percutantes ou des combats. 

D'ailleurs il prenait bien soin d'avertir les juges de ligne de ramasser ses appareils s'ils tombaient sur la glace durant un combat. Parfois, la sueur et l'humidité faisaient court-circuiter ses appareils, qu'il faisait sécher pendant les intermissions avec un séchoir à cheveux. Il apprendra plus tard à les protéger avec de la pellicule plastique. Il commença aussi à utiliser un casque spécial avec une protection accrue aux oreilles pour protéger ses appareils.

Après une dernière saison junior en 1982-83, il fit partie à temps plein des Jets en 83-84. Il n'était au départ utilisé que sporadiquement et principalement comme homme fort pour protéger les vedettes des Jets. Il n'obtint que 2 buts et 10 points au total lors de ses trois premières saisons où il était assez craintif avec la rondelle. Ce n'est qu'en 1986-87, lorsque les Jets embauchèrent Dan Maloney comme entraîneur, que Kyte obtint davantage de responsabilités et de temps de glace. Le défenseur désormais plus mature répondit alors avec une saison de 5 buts (son sommet), 5 passes et 162 minutes de pénalité en 72 matchs.

Kyte a plus tard mentionné qu'il ne croit pas l'avoir inventé, mais qu'il est grandement responsable de la popularisation de la technique employée par les gardiens pour signaler un dégagement en levant le bras, technique qu'il aurait instauré avec son coéquipier Pokey Reddick durant cette même saison chez les Jets. En fait, comme on peut s'y attendre, Kyte avait des liens particuliers avec ses coéquipiers et entraîneurs, et obtint ainsi plusieurs accommodements de leur part. Il demandait par exemple à son entraîneur de bien vouloir se tourner vers lui et les joueurs en parlant au tableau lors des entraînements, pour qu'il arrive à bien lire sur ses lèvres. Sinon, il allait voir personnellement l'entraîneur pour qu'il lui répète tout ce qu'il venait de dire.


Après deux autres saisons à Winnipeg, dont sa meilleure en carrière en 1988-89 avec 12 points, Kyte fit partie d'un gros échange à l'été 1989 entre les Jets et les Penguins. Il prit ainsi le chemin de Pittsburgh en compagnie de Randy Gilhen et Andrew McBain, tandis que Randy Cunneyworth, Dave McLlwain et le gardien Rick Tabaracci prirent le chemin inverse. Après une saison où il fut utilisé sporadiquement à Pittsburgh, il fut rétrogradé dans les mineures au début de la saison 1990-91, avant d'être échangé en décembre aux Flames de Calgary en retour de Jan Hrdina. Il rata donc la chance de remporter la Coupe Stanley cette saison-là. 
 
Il joua très peu lors de sa deuxième année à Calgary en 1991-92 où il continua à payer le prix pour tout ce qu'il avait fait endurer à son corps. Il rata le début de la saison suite à une blessure à la main et dut ensuite mettre une croix sur le restant de la saison en se cassant la cheville durant un combat contre Mike Peluso des Blackhawks en janvier 1992. Il traînait aussi une vieille blessure datant de la saison 1987-88 où une fracture d'une vertèbre lui fit rater une trentaine de matchs.

Après avoir été libéré par les Flames durant l'été 1992, il se trouva du boulot avec le nouveau club de son patelin natal, les Sénateurs d'Ottawa, mais ce ne fut que très bref. Toujours aux prises avec la réhabilitation de sa cheville cassée à Calgary qui nécessita une intervention chirurgicale, il ne joua que quatre matchs avec les Sénateurs durant leur saison inaugurale, passant le restant de l'année dans la Ligue américaine. Il obtint toutefois ses meilleurs statistiques à vie avec le club-école des Sénateurs, avec une fiche de 6 buts et 18 passes.

Sans contrat durant l'été 1993 et contemplant la retraite, une nouvelle équipe d'envergure débuta ses activités dans la IHL, le Thunder de Las Vegas, qui offrit un contrat lucratif à Kyte en plus de le nommer capitaine de l'équipe. La IHL était alors en plein essor et empiétait même dans les plates-bandes de la LNH en offrant de gros contrats et en s'installant dans des gros marchés (voir texte du 28 janvier 2016). De plus, son ancien coéquipier Pokey Reddick faisait aussi partie de l'aventure à Vegas, un club qui voulait gagner immédiatement. Kyte aida ainsi le Thunder à gagner sa division. Sa carrière connut alors un regain de vie, ce qui incita les Sharks de San Jose à le signer durant la saison suivante, quelques semaines après la fin du lock-out de 1994.

 

Il revint donc dans la LNH en mars 1995. Durant cette fin de saison, il joua probablement son meilleur hockey en carrière, obtenant 2 buts et 5 passes en seulement 18 matchs. Formant un duo efficace en défense avec Jayson More, il aida les Sharks à surprendre son ancien club, les Flames, en première ronde lors d'une série qui alla à la limite de sept matchs. Kyte se mérita alors un nouveau contrat dans la LNH la saison suivante avec les Sharks.

Ces derniers connurent toutefois un mauvais début de saison en 1995-96 et après le congédiement de Kevin Constantine, le nouvel entraineur des Sharks préféra faire jouer davantage de jeunes joueurs, ce qui causa son retour dans les mineures en 1996-97 avec le club-école des Sharks, les Blades de Kansas City de la IHL.

En octobre 1997, alors qu'il revenait d'une pratique des Blades, Jim Kyte vit sa carrière prendre fin lors d'un grave accident de voiture qui lui causa une commotion cérébrale majeure qui, combinée avec ses nombreuses commotions subies durant sa carrière d'homme fort, lui causa de forts maux de tête durant les années suivantes. Un docteur lui ordonna alors d'arrêter de jouer au hockey.

Maintenant de retour avec sa famille à Ottawa, il commença à écrire sur sa condition dans un journal scientifique et devint également chroniqueur au Ottawa Citizen. Il devint ensuite conférencier et enseignant au Collège Algonquin d'Ottawa. Il est présentement doyen du département du tourisme du collège. Il a aussi profité de l'occasion pour obtenir une maîtrise en administration des affaires.

Il habite toujours Ottawa. Il a eu trois enfants, tous des garçons, mais aucun n'a développé la même déficience auditive familiale. Au cours de sa carrière, Kyte s'est grandement impliqué dans le développement du hockey pour personnes sourdes. Il a par exemple longtemps tenu des camps d'été pour joueurs sourds, et ce dès ses premières saisons à Winnipeg. 

Lui, ses frères et quelques nièces et neveux atteints de la déficience familiale ont d'ailleurs participé en 2018 au Canada Deaf Games. La «Team Kyte» s'est alors bien sortie d'affaire en remportant l'or.

 

Jim Kyte (à gauche) avec le reste de la Team Kyte

En 598 matchs dans la LNH, Jim Kyte aura récolté 17 buts, 49 passes pour 66 points en plus de 1342 minutes de pénalité. Il fut introduit au Temple de la renommée des sports d'Ottawa en 2018.

Et il peut encore cogner solide...


 

Sources:
The sky's the limit: Jim Kyte Alumni Profile, NHL.com, 9 janvier 2019
Outside the box: The life and times of Ottawa's Jim Kyte, Ottawa Citizen, 13 février 2016
Jim Kyte Was NHL’s First Legally Deaf Player, SJ Hockey Now, 26 avril 2021
A TRUE JET FIGHTER, Sports Illustrated, 12 octobre 1987
Team Kyte Wins Hockey Gold at Canadian Deaf Games, ReSound Blog, 6 avril 2018

 

mardi 25 octobre 2022

L'autre Mike Hoffman








Comment avez-vous trouvé la performance non-performance de Mike Hoffman lors du dernier match (malgré un tir de pénalité) ? À ce rythme, il ne réussira pas à avoir une meilleure fiche que .. Mike Hoffman ? Petit topo sur l'homonyme du joueur du Canadien, également ailier gauche, qui joua pour les Whalers dans les années 80.

Né le 26 février 1963 à Cambridge en Ontario, Mike Hoffman débuta son parcours junior avec les Alexanders de Brantford dans la OHL (franchise qui est maintenant les Otters d'Erie). Il connut une première saison respectable, récoltant 34 points, dont 15 buts, en 68 matchs. Lors du repêchage de la LNH, les Whalers de Hartford le sélectionnèrent en 4e ronde. Hoffman augmenta considérablement la cadence lors des deux saisons suivantes, inscrivant respectivement 81 et 75 points, avec un total de 60 buts, en plus de 297 minutes de pénalités. Était-ce un sursaut de confiance suite au vote de confiance des Whalers, ou bien le fait d'être jumelé avec un joueur de centre du nom de Dave Gagner ? Je pencherais vers la deuxième option ...

Avant le début de sa dernière année chez les juniors, les Whalers lui firent signer son premier contrat professionnel. Ses performances lui valurent également un rappel des Whalers au tournant de l'année 1983. C'est à son deuxième match, le 2 janvier 1983 à Buffalo, qu'il inscrit son premier point dans la LNH, une passe, dans une défaite de 8-4. Il retourna à Brantford pour terminer la saison mais, après l'élimination des Alexanders en 2e ronde, il fut assigné dans la Ligue Américaine avec les Whalers de Binghamton. Il y disputa un match de saison et trois matchs en séries.

À Binghamton, Hoffman débuta la saison suivante en compagnie d'un autre espoir des Whalers, Ray Ferraro. Lorsque ce dernier fut promu dans la LNH (pour y rester), Hoffman ne put garder le même rythme sans l'apport de Ferraro. Il fut toutefois rappelé le temps d'un match le 10 mars 1985 à Montréal, afin de remplacer Torrie Robertson, sous le coup d'une suspension. La saison suivante, c'est une blessure à Kevin Dineen qui permit à Hoffman de rester dans la LNH le plus longtemps, soit un total de six matchs consécutifs. Il put inscrire son premier (et unique) but et ajouta deux passes à sa fiche, avant d'être retrogradé à Binghamton ensuite. 

Il passa la saison suivante exclusivement dans la AHL et participa au long parcours éliminatoire des Whalers, qui se firent éliminer en six matchs en finale de division face aux Americans de Rochester, qui remportèrent la Coupe Calder sept matchs plus tard contre le Canadien de Sherbrooke. Hoffman ne marqua que 2 buts et 2 passes en 13 matchs pendant ces séries.

La saison suivante, Hoffman se dirigea vers la IHL, avec les Spirits de Flint. Après deux saisons, malgré une moyenne de près d'un point par match, il s'envola vers l'Allemagne pour une équipe de 2e division. Il y joua une dernière saison avant de prendre sa retraite, quelques mois après la naissance de ... Mike Hoffman, #68 du Canadien.

Fiche en saison régulière dans la LNH : 9 matchs, 1 buts, 3 passes

Et il y a également un troisième Mike Hoffman, un défenseur celui-là, mais il ne put jamais atteindre la Ligue Nationale, se promenant un peu partout dans la LAH et la ECHL, en plus de trois saisons en Allemagne. Sa carrière s'étala entre 2000 et 2013.

Sources : hockeydb, wikipedia, La Tribune, 12 mars 1985

dimanche 23 octobre 2022

L'ADN d'un but #4 - Juraj Slafkovsky


 


Ça fait un bail que j'ai pas effectué l'exercice «Goal DNA». Ce concept, que j'avais piqué à l'époque à un gars sur Twitter, consiste à retracer contre quel gardien tel joueur a marqué son premier but en carrière et continuer la chaine avec celui qui a marqué le premier but contre ce gardien et ainsi de suite. Quand j'ai découvert ça aux alentours de la saison 2017-18, je m'étais trouvé une nouvelle passion mais cette dernière s'est effritée assez vite quand je m'étais rendu compte que les chaînes aboutissaient souvent aux mêmes joueurs plus les années reculaient. 

Comme il y avait moins d'équipes et surtout moins de gardiens durant l'époque des Original 6, il existe alors peu de différentes «souches» pour plusieurs joueurs. 

Je rêve toujours pourtant d'en découvrir d'autres et les débuts de plusieurs recrues dans la LNH en ce début de saison sont une bonne raison pour replonger.

Aujourd'hui je reprends l'exercice avec nul autre que Juraj Slafkovsky.

 



Celui-ci fut intéressant malgré qu'il aboutit également à une souche commune que j'ai rencontré souvent, celle de Gus Bodnar/Ken McAuley, ces deux no-names qui se «déviergèrent» l'un l'autre en 1943 et terminèrent ainsi cette chaîne. La souche «Bodnar/McCauley» est une des plus communes avec celle de Eddie Gerard/Georges Vézina et celle de Joe Malone/Clint Benedict, deux chaînes remontant au premier soir d'activité dans la LNH. Vous pouvez les voir dans les liens cliquables au début du texte.

Ce que j'aime particulièrement de faire des Goal DNA c'est de voir les écarts plus ou moins gros entre ces buts. Comme par exemple ici le premier de Patrick Kane en 2007 contre José Théodore qui nous fait ensuite reculer 11 ans en arrière et nous fait revoir les Whalers de Hartford et Sami Kapanen. L'écart ensuite n'est que de quelques semaines avec le premier but de Kapanen, également une recrue cette année-là.

C'est aussi l'fun de voir qu'il y a du Canadien dans la chaîne d'un premier but d'un espoir des Canadiens. 

En plus d'analyser le ratio Joueurs vedettes/Joueurs no-names, j'aime aussi compter combien on peut trouver d'équipes défuntes alors qu'on est servi ici avec les Whalers, Rockies et Golden Seals.

Voici pour finir quelques-uns de ces premiers buts que j'ai pu trouver:






Le prochain but, celui de Sami Kapanen, je crois bien l'avoir en partie dans ce vidéo retraçant ses meilleurs moment. Le gardien porte bien le #1 de Billington, le match était bien à Boston et Billington ne jouait plus avec les Bruins la saison suivante, dernière des Whalers à Hartford.



Avant ça... bien c'est assez difficile de trouver des vidéos.

On va se laisser là-dessus pour aujourd'hui.