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vendredi 22 août 2025

Joueur oublié des 90's #102 - Bill Houlder


 

  


Bill Houlder est né le 11 mars 1967 à Thunder Bay. Défenseur costaud de 6'2" et 216 livres, il fit ses classes avec les Centennials de North Bay qu'il joignit pour la saison 1984-85. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 4e ronde (82e au total) par les Capitals de Washington. Il joua deux autres saisons à North Bay, se démarquant notamment en 1986-87 où il termina parmi les meilleurs défenseurs offensifs de la OHL avec 68 points et une place sur la première équipe d'étoiles.

Il débuta ensuite son parcours professionnel dans l'organisation des Capitals en 1987-88, saison qu'il partagea entre le grand club et le club école à Fort Wayne dans la IHL. Il continua de progresser lors des deux saisons suivantes mais son maximum de matchs en une saison avec les Caps fut lors de la saison 89-90 où il joua 41 matchs. 

N'ayant vraisemblablement plus de place pour lui, les Capitals l'échangèrent aux Sabres de Buffalo durant le camp d'entraînement en septembre 1990. En retour, les Capitals reçurent le défenseur Shawn Anderson, 5e choix au total en 1986 qui n'avait rien fait d'extraordinaire jusque-là. Les Capitals perdirent ensuite Anderson au ballotage le lendemain...

Houlder prit donc le chemin de Buffalo mais il y joua encore moins qu'à Washington, soit seulement 7, 10 et 15 matchs lors des trois saisons subséquentes. Il était toutefois trop fort pour les mineures, étant élu meilleur défenseur de la IHL en 1992-93 et obtenant une place sur la première équipe d'étoiles la même année, ainsi qu'en 1990-91 dans la AHL.

Il eut finalement une véritable chance avec les expansions lorsqu'il fut sélectionné par les Mighty Ducks au repêchage d'expansion de 1993. Au sein de la nouvelle équipe en 1993-94, il joua 80 matchs et récolta 39 points dont 14 buts, soit le meilleur rendement offensif pour un défenseur des Ducks lors de cette saison inaugurale. Ses allers-retours dans les mineures étaient alors chose du passé.

Il ne resta toutefois que cette seule saison à Anaheim, étant échangé durant l'été 94 aux Blues de St-Louis en retour d'un autre défenseur, Jason Marshall. 

Après une seule saison également à St-Louis, il devint agent libre et signa avec le Lightning de Tampa Bay, amassant 28 et 25 points lors des deux saisons suivantes.

De nouveau agent libre en 1997, il signa avec les Sharks avec qui il connut deux autres bonnes saisons de 32 points chacune. À l'été 99, les Sharks l'échangèrent au Lightning dans un échange impliquant 5 joueurs dont Niklas Sundstrom qui prit le chemin de San Jose.  

De retour à Tampa Bay et désormais un vétéran de 10 saisons professionnelles, il fut élu comme nouveau capitaine, le précédent occupant Rob Zamuner ayant été échangé plus tôt durant la saison morte.  La suite des choses fut toutefois un fiasco. 

Le Lightning était alors dans une autre de leurs saisons de misère et d'instabilité à l'époque, ayant eu 4 entraîneurs-chef depuis la saison 1997-98 et presque autant de propriétaires. L'équipe eut également la distinction peu honorable d'employer 6 gardiens par saison de 1998-99 à 2000-01.

Donc au travers de cette instabilité au début de la saison 99-00, le Lightning connut un lent début de saison et décidèrent de placer leur nouveau capitaine au ballotage après seulement 14 matchs. Il s'agit d'un des plus courts mandats pour un capitaine officiel dans l'histoire de la LNH, à l'exception des capitaines par intérim ou les rotations de capitaine.



 

Houlder fut alors récupéré au ballotage par les Predators de Nashville, une autre équipe d'expansion récente. L'équipe en était en fait à sa deuxième année. Après les Mighty Ducks, le Lightning et les Sharks, il s'agissait de sa 4e équipe en carrière qui n'avait pas encore une décennie d'existence. Il est ce qu'on surnomme ici un abonné des équipes d'expansion.

Houlder fut très apprécié au sein des Predators, demeurant un vétéran fiable durant 4 saisons. À l'exception d'un seul match, il joua l'entièreté du calendrier de l'équipe de la saison 2000-01 jusqu'à sa retraite après la saison 2002-03. 

Donc malgré quelques saisons précaires en début de carrière, Houlder joua un impressionnant total de 846 matchs dans la LNH, amassant 59 buts et 191 passes pour 250 points.

Après sa retraite, il revint dans la région de North Bay et est présentement assistant-entraîneur du Battalion de North Bay depuis la saison 2017-18.

 


vendredi 20 septembre 2024

Les grands voyageurs #15 - Greg Koehler




Comme toujours lors des chapitres de la série «Les Grands Voyageurs», chaque club professionnel où le joueur a joué un match est compté entre parenthèses.

 


 

Greg Koehler est né le 27 février 1975 à Scarborough. Lorsqu'il était âgé de 13 ans et capitaine de son club pee-wee, Ken Dryden en fit le sujet principal d'un épisode de sa série documentaire «Home Game», qui fut diffusée en 1989. On y voit un jeune Koehler et son équipe en préparation pour le tournoi Pee-Wee de Québec et les défis que tout cela représente pour lui et sa famille. La série fut ensuite adapté en un livre du même nom.

Après cette saison, Koehler (qui jouait au centre) semblait avoir plafonné et était désormais dépassé par les autres au niveau talent, taille et poids. Le capitaine fut donc retranché de son club. Il abandonna alors temporairement le hockey mais fut plus tard convaincu de revenir avec un club de Niagara Falls, avec qui il retrouva sa touche et connut une poussée de croissance. Il évolua ensuite pour divers clubs junior A avant d'être recruté par l'Université Lowell-UMass, avec qui il remporta le titre de recrue de la saison 1996-97 dans sa division (Hockey East).

Son bon rendement avec Lowell-UMass incita les Hurricanes de la Caroline à lui offrir un contrat. Il débuta donc son parcours professionnel en 1998-99 avec les clubs-école des Hurricanes, dans la AHL avec le Beast de New Haven (1) et dans la ECHL avec les Everblades de la Floride (2). 

Les Hurricanes changèrent de club-école principal en 1999-2000 et Koehler changea donc de ligue et d'équipe avec les Cyclones de Cincinnati (3) dans la défunte IHL. Après une première saison timide là-bas (12 buts 13 passes) passée exclusivement sur le troisième trio, il se disputa avec son coach sur son temps de jeu et déclara qu'il était capable de marquer 30 buts dans cette ligue. Le coach écouta et c'est ce qu'il fit la saison suivante (2000-01) alors qu'il connut sa meilleure saison professionnelle à vie avec 35 buts et 36 passes pour 71 points. 

Mais durant cette même saison 2000-01, il allait marquer l'histoire du hockey à tout jamais...

Vers la fin décembre 2000, Rod Brind'Amour se blessa. N'ayant que très peu de relève au centre, les Hurricanes (4) rappelèrent Koehler qui put faire ses débuts dans la LNH le 29 décembre 2000 lors d'un match contre les Blue Jackets. Vers la fin de la première période, son trio fut appelé à prendre le relais et Koehler put enfin mettre les patins sur la glace et devenir un joueur de la LNH. Cependant, au même moment, le capitaine Ron Francis se fit accrocher par Steve Heinze des Blue Jackets. Francis s'écroula contre la bande et le sifflet retentit, signifiant le début d'une pénalité et la fin du shift de Koehler, qui n'aura duré que 4 secondes.

Le reste du match fut ponctué de multiples autres pénalités (56 minutes au total durant la partie). Tirant déjà de l'arrière 1-0 après cette première période, l'entraîneur Paul Maurice préféra ne plus utiliser le 4e trio de Koehler. N'évoluant aucunement sur les unités spéciales des Hurricanes, Koehler ne fit donc plus aucune présence, ni durant ce match ni aucun autre dans la LNH. Il participa aux échauffements de deux autres parties, mais ne fut plus jamais rappelé par les Hurricanes, et il termina la saison à Cincinnati. 

Sa carrière dans la LNH se résuma donc à ce simple 4 secondes contre les Blue Jackets, ce qui demeure un record jusqu'à ce jour. 

Quand on utilise l'expression «juste le temps d'une tasse de café» ou «a cup of coffee in the big leagues», et bien dans le cas de Koehler on peut plutôt parler d'une petite gorgée de café...

Ce «record» est cependant à prendre avec des pincettes. La ligue ne tient ces statistiques de temps passé sur la glace que depuis 1997 et même au départ il y avait des erreurs fréquentes, car Koehler est plutôt listé à 46 secondes sur le site de la LNH, ce qui serait tout de même près du record, soit au troisième rang. Il n'y a en fait que 4 joueurs (incluant Koehler), depuis qu'on compile ces statistiques, qui ont joué moins d'une minute dans la LNH.

Les voici pour vous:
Jeff Libby (Islanders 97-98): 43 secondes
Tim Ramholt (Flames 07-08): 45 secondes
*Greg Koehler (Hurricanes 01-02): 46 secondes
(mais 4)
* Cameron Butler (Blue Jackets 23-24): 54 secondes
(toujours actif donc possible d'améliorer)

Il est donc toujours techniquement possible qu'en 1931, un joueur nommé Joe Schlomo des Falcons de Détroit ait sauté sur la glace pendant une seconde avant de se fouler la cheville et disparaître à jamais dans le néant. Mais ça, on le saura jamais...

Mais Koehler lui-même a officialisé au site The Athletic qu'il n'a effectivement joué qu'un seul shift de 4 secondes. Lui et les journalistes de l'époque s'entendent pour confirmer ce fait et que probablement que les marqueurs de temps ont simplement confondu Koehler avec un autre joueur, ce qui arrivait apparemment assez souvent à l'époque. De nos jours, avec les joueurs ayant pratiquement des puces implantées dans le bras et des codes QR tatoués sur les fesses, on imagine qu'on est davantage précis...

Koehler mentionne également n'en vouloir à personne, qu'il a simplement été malchanceux et qu'il a adoré sa carrière malgré tout, et que ce seul shift dans la LNH a été magique. Il a réussi à se rendre à la LNH, ce qui représentait en quelque sorte un «F... You» à ces anciens coachs Pee-wee pour l'avoir retranché. Il a aussi pu grandement profiter de ce contrat offert par les Hurricanes, utilisant entre autres une partie de son bonus de signature de 650,000$ pour payer la maison de ses parents.

Koehler reprit donc son chemin dans les mineures. Il passa une autre saison dans l'organisation des Hurricanes, cette fois-ci avec les Lock Monsters de Lowell (5), où il fit en quelque sorte un retour au bercail de ses années universitaires. Ses droits furent cependant échangés aux Flyers en février 2002 (contre Jesse Boulerice si vous vous rappelez de lui). Il termina donc la saison 2001-02 avec les Phantoms de Philadelphie (6) dans la AHL. 

Il se retrouva en 2002-03 dans l'organisation des Predators de Nashville et fut même rappelé en renfort par ces derniers. Il participa à un échauffement d'avant-match, mais fut finalement rayé de la formation et retourné dans les mineures avec les Admirals de Milwaukee (7). Il fut ensuite échangé aux Kings de Los Angeles, et termina la saison avec les Monarchs de Manchester (8).

Dans tout ça, le comble de l'histoire est le fait que Koehler a eu quand même droit à quelques cartes de hockey, non pas pour son seul «match» dans la LNH avec les Hurricanes, mais plutôt lors de ce passage encore plus court à Nashville comme réserviste...

«Top Shelf» dans le sens qu'il était «sur la tablette»?

«Nashville» mais avec son chandail des Hurricanes.

Une carte avec un morceau de son chandail lors de l'échauffement...
Même pas eu le temps de mettre du tape sur son bâton.

Le gars a plus de cartes que de matchs joués...
 

Désormais sans contrat avec une organisation de la LNH, il débuta véritablement un parcours encore plus nomade. Il joua pour 4 clubs en 2003-04, et ce dans un ordre que j'ignore. Il joua 37 matchs pour les Jackals d'Elmira (9) dans la UHL (United Hockey League), 2 matchs dans la AHL avec le Crunch de Syracuse (10), 12 matchs avec le Rampage de San Antonio (11) et finalement un retour avec les Monarchs de Manchester pour la fin de la saison et les séries 2004.

Il retourna avec les Jackals d'Elmira en 2004-05 mais termina la saison avec le Frostbite d'Adirondack (12), toujours dans la UHL. 

En 2005-06, ce fut un début de saison avec le Frostbite mais aussi un aller-retour de 8 matchs en Italie avec le Milan HC (13).

En 2006-07, ce fut une autre saison dans la UHL partagée entre deux nouveaux clubs, soit les Hounds de Chicago (14) et le PrairieThunder (wtf) de Bloomington (15). Note à moi-même, me renseigner sur ces derniers...

Toutefois, le poids des années et de la route avait laissé ses traces et il décida de prendre sa retraite après cette saison 2006-07.

Il habite désormais la région de Toronto et travaille comme mécanicien, passant une bonne partie de ses loisirs dans un chalet qu'il a acheté avec son contrat des Hurricanes. Il a deux enfants dont une fille qui a été choisie une fois pour chanter l'hymne national avant un match entre les Maple Leafs et... les Hurricanes.

C'était donc l'histoire de Greg Koehler, pas le plus grand des voyageurs comme David Ling ou Trevor Jobe (sérieux allez lire ces texte) mais il aura quand même joué pour 15 clubs professionnels en seulement 10 saisons. Et c'est toujours sans compter les organisations de la LNH pour qui il n'a pas joué de match régulier, dans ce cas-ci il faudrait en inclure 3 autres (Predators, Flyers et Kings)...

Sources:
The shortest career in NHL history? 1 shift. 4 seconds. 0 regrets, The Athletic, 8 novembre 2023

mercredi 15 mai 2024

Frédéric Chabot



 

 

Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook). 

 

Bien que les règlements entourant les repêchages d’expansion ont été modifiés afin de permettre aux nouvelles équipes d’être plus compétitives, le consensus demeure que les joueurs disponibles à ces repêchages sont plus souvent qu’autrement les « rejets » de leur équipe initiale.

On peut alors faire un parallèle à ce moment où notre crush finit par nous dire « ­Je t’aime, mais plus en ami ». Ça a beau ne pas être malintentionné, ça brise notre cœur un petit peu et on finit par passer au travers. Mais lorsque l’équipe qui t’acquiert au repêchage d’expansion ne veut ensuite rien savoir de toi, ça doit briser un cœur encore plus. Pour le savoir, il faudrait demander à ­Frédéric ­Chabot. Car ce type de rejet, il semble l’avoir vécu toute sa carrière.

Cela commença lors de son passage junior. Jugé trop vieux par les ­Voltigeurs de ­Drummondville, ce gardien natif d’Hébertville au ­Lac Saint-Jean devint joueur autonome la saison de ses 20 ans. Il traversa alors à l’autre extrémité du continent pour se joindre aux ­Warriors de Moose Jaw de la ­WHL. Ces derniers l’échangèrent toutefois aux ­Raiders de Prince Albert après 26 matchs. 

Choix des ­Devils du ­New ­Jersey en 1986, ­Chabot ne put se faire une place dans cette organisation, étant libéré trois ans plus tard. Il signa alors comme agent libre avec le ­Canadien de ­Montréal, rejoignant ­André Racicot et ­Jean-Claude ­Bergeron parmi les polices d’assurance pour les rares absences de ­Patrick ­Roy. Il évolua majoritairement dans la ­Ligue américaine, d’abord à ­Sherbrooke, ensuite à ­Fredericton, ainsi que quelques détours dans la ­ECHL.

En 1991, la ­LNH accueillit une nouvelle concession en ­Californie, les ­Sharks de ­San ­Jose. Parmi les règlements en place, chaque équipe établie pouvait protéger 14 patineurs et deux gardiens. 

Par contre, si une équipe perdait un gardien ou un défenseur, elle ne pouvait perdre un joueur à la même position lors de l’expansion suivante, ce qui laissa place à plusieurs mouvements sur l’échiquier des équipes de la ligue. Parmi les joueurs de la liste du ­Canadien, les ­Sharks sélectionnèrent le défenseur ­Jayson ­More. Ne pouvant ainsi perdre un défenseur en 1992, le ­Canadien vit alors ­Frédéric ­Chabot se faire choisir par le nouveau ­Lightning de ­Tampa ­Bay.

Il fut toutefois retourné à ­Montréal dès le lendemain, en retour du gardien ­Jean-Claude ­Bergeron,  qui lui n’était techniquement pas éligible à ce repêchage. Chabot accepta d’être ainsi balloté par deux clubs, et continua son parcours, étant un jour assigné à ­Fredericton, un autre prêté au ­Thunder de ­Las ­Vegas de la ­IHL. Il participa tout de même à 40 minutes dans la grande ligue durant la saison ­1992-93... afin de remplir les exigences minimales pour être éligible à un autre repêchage d’expansion, celui de 1993 où les ­Mighty ­Ducks et les ­Panthers firent leur entrée. Aucune des deux équipes ne le sélectionnèrent.

En février 1994, les ­Flyers obtinrent ­Chabot du ­Canadien en retour d’un montant d’argent. Il participa à quatre matchs avec eux mais n’en commença toutefois aucun. Il fut ensuite assigné au ­club-école des ­Flyers à ­Hershey, où il remporta le trophée ­du meilleur gardien de la ­AHL. Il joua les trois saisons suivantes entièrement dans la ­IHL, premièrement avec les ­Cyclones de ­Cincinnati et ensuite avec les ­Aeros de Houston où il remporta 39 victoires et fut nommé joueur le plus utile à son équipe. Cette prestation lui permit de faire un retour dans la ­LNH avec les ­Kings de ­Los ­Angeles qui lui firent jouer 12 matchs en ­1997-98, son plus haut total en une saison.



À la fin de la saison, la ­LNH reprenait son processus d’expansion avec l’arrivée des ­Predators de ­Nashville. Encore une fois, les jeux en coulisse désavantageaient ­Chabot, qui fut sélectionné. Cela assura ainsi aux ­Kings de voir leurs deux principaux gardiens, ­Stéphane ­Fiset et ­Jamie ­Storr, protégés en vue de l’arrivée des ­Thrashers d’Atlanta l’année suivante. Ne prévoyant pas utiliser ­Chabot, les ­Predators le placèrent au ballotage et il fut rapatrié par les ­Kings. 

Peu de temps après, il fut « dumpé » de nouveau pour ensuite retourner dans les bras d’un de ses ex, lorsqu’il fut réclamé par le ­Canadien au repêchage ­intraligue. Il joua 11 matchs avec le ­CH en ­1998-99 mais joua principalement avec les ­Aeros à ­Houston, où il fit aussi un retour. Si ­Montréal en avait fait sa ré-acquisition, c’était surtout pour répéter la valse de le mettre en vitrine pour un autre repêchage d’expansion, alors que c’était désormais le tour du ­Wild du ­Minnesota et des ­Blue ­Jackets de ­Columbus de joindre les rangs de la ­LNH, pour la saison ­2000-01. Chabot fut ainsi sélectionné par ­Columbus, qui le laissèrent dans la ­IHL lors d’un énième retour pour lui à ­Houston.

Après avoir autant fait la girouette en huit ans, ­Chabot mit ensuite le cap sur le vieux continent. Il disputa quatre saisons en ­Allemagne et une saison en ­Autriche. À sa retraite, il devint entraîneur des gardiens, entre autres avec les ­Oilers d’Edmonton et plus récemment pour le ­Wild. En plus d’avoir été disponible à un record de cinq repêchages d’expansion, ­Fréderic ­Chabot détient aussi le record d’avoir été sélectionné par trois équipes lors d’un de ces repêchages. Il n’a cependant joué pour aucune d’entre elles. Trois « crushs », trois « ­Je t’aime mieux en ami ». J’espère que son cœur s’en est remis.

jeudi 18 avril 2024

Joueur(s) oublié(s) des 90’s #90 - Patric Kjellberg et Patrik Carnback


 

 
Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook). 
 
 

Voici deux joueurs que je n’ai jamais vraiment réussi à distinguer. Après toutes ces années, et même après avoir écrit ce texte, je doute d’en être un jour capable. En plus d’avoir plusieurs consonnes en commun dans leur nom, les deux ont connu des carrières étrangement semblables, qui impliquent plusieurs des mêmes équipes aux mêmes dates. Cette similitude m’a toujours chicoté, et c’est aujourd’hui que je vais tenter de démêler ressemblances et différences dans leurs parcours.

Jan ­Patrik ­Carnback est né le 1er février 1968 à ­Göteborg, en ­Suède. Patric ­Göran ­Kjellberg, lui, le 17 juin 1969 à ­Trelleborg, toujours en ­Suède. Carnback, un ailier droit, mesure 6’0’’ et pèse 87 kilos tandis que ­Kjellberg, un ailier gauche, le dépasse de deux pouces et de deux kilos. Les deux ont donc à peu près le même âge, un physique similaire et pour origine une ville se terminant en « ­Borg ». Ces deux villes ne sont d’ailleurs qu’à trois heures de route l’une de l’autre.

Kjellberg
Le premier irritant, lorsqu’on tente de les différencier, est la formulation de leurs noms. Les deux sont des « ­Patrick » mais ­Carnback l’écrit sans ‘‘C’’ tandis que ­Kjellberg l’écrit sans ‘‘K’’. Un truc que j’ai façonné durant mes recherches est d’abord écrire ­PatriCK avec les deux consonnes et d’ensuite y enlever la première lettre du nom de famille du joueur voulu. Je dis « truc » mais je me fourre encore une fois sur deux. 

En plus de ça, leurs noms de famille ne se distinguent pas assez pour créer une véritable accroche sonore qui resterait dans ma mémoire. Berg, ­Back, ­Borg... S’il s’agissait de ­Patric ­Forsberg et ­Patrik ­Sundin, ça m’aiderait déjà un peu. Et ça ne fait que commencer car les similarités ne vont que s’ajouter par la suite.

Carnback
Les deux débutent dans le système suédois vers 1986. Carnback avec le ­Frölunda ­HC et ­Kjellberg avec le ­Falu ­IF, tous deux en deuxième division. Comme ­Carnback est légèrement plus vieux, ils ne font pas partie des mêmes tournois (U18, ­U19, etc.). Ils graduent donc dans la première division (Elitserien), ­Kjellberg en premier en ­1988-89 avec le club ­AIK et ­Carnback un an plus tard, toujours avec ­Frölunda. C’est en 1990 qu’ils deviennent coéquipiers pour la première fois, au sein de l’équipe suédoise au Championnat du monde. 

Les deux avaient cependant déjà capté l’attention des dépisteurs du ­Canadien qui les sélectionnèrent au même repêchage de 1988. Kjellberg est choisi en quatrième ronde (83e au total) tandis que ­Carnback voit son nom sortir en sixième ronde (125e au total). Pourtant, ­Carnback venait de récolter de meilleures statistiques durant l’année. ­Peut-être que les dépisteurs du ­CH avaient le même problème que moi à les différencier et qu’ils ont décidé de repêcher les deux pour être sûrs de leur coup...

Les deux « ­Pats » retardent toutefois leur arrivée dans la ­LNH et préfèrent continuer leur chemin dans leur pays natal. Ils se retrouvent en tant qu’adversaires en première division et en tant que coéquipiers sur la scène internationale, notamment lors des ­Olympiques et du Championnat du monde de 1992. La seule véritable différence notable durant ces années en ­Suède est le titre de recrue de l’année de la ligue suédoise remporté par ­Carnback en ­1989-90.

Les deux font ensuite le saut en ­Amérique du nord en même temps, soit pour la saison ­1992-93. Ils sont alors pratiquement inséparables et font souvent partie de la même phrase dans les journaux. Ils étaient quand même attendus depuis quelques années, pas à un niveau comme les frères ­Sedin, mais on constate un certain engouement quand ils débarquent simultanément à ­Montréal. Le ­CH espérait sans doute recréer le même regain apporté par d’anciens suédois comme ­Mats Näslund et ­Kjell Dahlin quelques années auparavant.

Ils redeviennent donc coéquipiers avec le ­club-école du ­CH à ­Fredericton. Carnback est toujours le plus productif avec une fiche de 20 buts et 37 passes en 45 matchs, tandis que ­Kjellberg amasse 10 buts et 27 passes. Les deux se méritent un rappel à ­Montréal à la fin novembre, mais ils passent la majorité du temps sur la passerelle avant d’être retournés à ­Fredericton après le congé de ­Noël. Les deux restent bredouille durant ce court séjour et jouent presque le même nombre de matchs, ­Kjellberg sept et ­Carnback six. Aucun des deux ne figure parmi l’équipe championne de 1993, puisqu’ils n’ont pas été appelés en renfort durant la conquête de la coupe. Ils ont tout simplement perdu leur place dans la hiérarchie des recrues au profit de ­Gilbert ­Dionne et ­Oleg ­Petrov.

Insatisfait de ce traitement, ­Kjellberg retourne en ­Suède la saison suivante. Carnback a pour sa part la chance de se faire valoir ailleurs lorsque ­Todd ­Ewen et lui sont échangés aux nouveaux ­Mighty ­Ducks d’Anaheim en retour d’un choix de 3e ronde en 1994 (Chris ­Murray). Carnback fait donc partie de l’édition inaugurale des ­Mighty ­Ducks et y joue trois saisons comme joueur de soutien. 

En ­1995-96, de moins en moins utilisé et en froid avec son entraîneur, il se retrouve « prêté » aux ­Sharks de ­Cologne dans la ligue ­allemande et ne revient jamais dans la ­LNH. Il retourne ensuite avec son ancien club, le ­Frölunda ­HC, où il jouera jusqu’en 2003. Un parcours qui se terminera par un championnat de ­Suède et le retrait de son numéro 14 par le club.

Au même moment où ­Carnback débutait à ­Anaheim, ­Kjellberg est ravi d’être de retour en ­Suède et il s’en sort très bien. Il remporte tout d’abord la médaille d’or aux ­Olympiques de 1994 en compagnie de ­Peter ­Forsberg, puis le championnat de la ­Elitserien en 1995 avec son nouveau club, le ­HV71. Il joue ensuite avec le ­Djurgårdens ­IF où il connaît de très bonnes saisons. Et comme pour ­Carnback avec les ­Ducks en ­1993-94, c’est une équipe d’expansion qui va permettre à un de ces ­Patrick de s’établir dans la ­LNH. Cherchant de la profondeur pour leur nouvelle équipe, les ­Predators de ­Nashville mettent ­Kjellberg sous contrat, lui qui vient de terminer la saison ­1997-98 au sommet des compteurs de la ­Elitserien avec 30 buts en 46 matchs.

Kjellberg revient ainsi en ­Amérique du ­Nord pour la première saison des ­Predators et obtient finalement ses premiers points dans la ­LNH, dix ans après sa sélection au repêchage. Il récolte 31 points lors de cette première saison et termine deuxième chez les ­Predators l’année suivante avec 23 buts et 46 points. Il joue en tout trois saisons complètes au ­Tennessee avant de se voir échangé à l’ancienne équipe de ­Carnback, les ­Mighty ­Ducks, en novembre 2001. 

Le fait que les deux ont joué pour le ­Canadien ­ET les ­Ducks, même si ce n’était pas en même temps, constitue probablement le point de ­non-retour, l’élément qui fait en sorte que je ne les différencierai jamais. Après deux saisons identiques de seulement 19 points, ­Kjellberg prend sa retraite en 2003... en même temps que ­Carnback en ­Suède. Kjellberg fera cependant un court retour de trois matchs en ­2011-12 avec son ancien club, le ­Falu ­IF en 2e division, alors qu’il était âgé de 42 ans. Il récoltera deux aides.

Suite à leur retraite respective, ­Carnback devient agent de joueur et ­Kjellberg recruteur pour les ­Rangers de ­New ­York. Au final, ­Kjellberg aura quand même mérité d’avoir été repêché avant ­Carnback avec 64 buts, 96 passes et 160 points en 394 matchs dans la ­LNH. La fiche de ­Carnback, elle, compte 24 buts, 38 passes pour 62 points en 154 matchs.

J’espère que ce petit texte vous aura aidé, contrairement à moi, à démêler ces deux ­Patrick suédois de 6’ repêchés par le ­Canadien de ­Montréal en 1988, qui ont fait leurs débuts ensemble en ­1992-93, sans gagner la coupe, avant d’avoir tous les deux leur chance dans des équipes d’expansion, dont les ­Mighty ­Ducks, et qui se sont retirés du jeu en 2003.

dimanche 10 décembre 2023

Stock volé à vendre #16 : Jordin Tootoo

Peu de temps après le début de l'aventure "La Vie Est Une Puck", Martin est devenu chroniqueur pour le défunt site 25stanley.com, avec sa "Chronique Vintage". Bien qu'on croyait ces textes perdus à jamais, la magie d'Internet (et beaucoup de patience …) nous a permis d'en retrouver la majorité. Au cours des prochaines semaines / mois, nous en ressortirons quelques-uns des boules à mites, pour votre plus grand plaisir.


Originalement publié le 18 novembre 2010

Le Canadien affronte ce soir les Predators de Nashville… Et bien comme cette équipe n’a pas vraiment d’histoire et ne provient pas nécessairement d’une ville avec une tradition de hockey, pourquoi ne pas parler un peu de Jordin Tootoo. J’aime beaucoup Jordin Tootoo, il est un des joueurs les plus solide de la NHL et il a un parcours unique, ça en fait une grosse curiosité quand on parle des Predators de Nashville …

(Bordel qu’il était laid ce chandail…)

Voici donc quelques faits sur Tootoo :

-Il est le seul joueur d’origine inuit à avoir évolué dans la NHL. Il est né à Churchill au Manitoba, mais a passé la majeure partie de sa jeunesse à Kangiqtiniq au Nunavut. Son nom s’écrit ᔪᐊᑕᓐ ᑐᑐ en écriture inuit… Son père lui a enseigné très tôt les particularités de la culture traditionnelle inuit comme le nomadisme, la chasse et la pêche… Inutile de dire qu’il est un exemple pour les jeunes inuits…

-Tootoo a un bon sens de l’humour, il porte notamment le numéro 22 (Two Two)… Je ne sais pas si vous vous rappelez bien, mais il y a deux ans, il s’était « battu » avec Steve Bégin dans une bataille de 22…


-Parlant de son nom… Les fans des Predators sont tout autant drôle en le surnommant le « Tootoo train »…

-Son cousin, Hunter Tootoo, est un membre de l’Assemblée Législative du Nunavut. Un de ses oncles, George Hickes, est président de l’Assemblée législative du Manitoba et représentant du NPD.

-Fait de style 25stanley.com… En peu de temps, Tootoo est devenu une vedette à Nashville, ville avec un jet set qui nous est peut-être étranger. Il a d’ailleurs déjà eu une relation avec la chanteuse country et ex-participante à American Idol Kellie Pickler…


-Jordin avait un frère, Terence, qui s’est enlevé la vie en août 2002. Terence jouait également au hockey et évoluait au moment de son décès pour l’Express de Roanoke dans la ECHL. Comme à tous les étés, les frères Tootoo se retrouvaient ensemble afin de pratiquer durant l’été à Brandon au Manitoba. Après un repas avec son jeune frère (Jordin) et un ami, Terence se fit arrêter par la police en état d’ébriété. Après avoir été relâché par la police toujours en état d’ébriété, Terence Tootoo s’enleva la vie avec une arme à feu. Il avait 22 ans… Tout comme son frère Jordin, Terence Tootoo portait le numéro 22, ce numéro fut retiré depuis par l’Express de Roanoke…


(Un documentaire du nom Team Spirit: The Jordin and Terence Tootoo Story à propos de l’histoire des frères Tootoo existe…)

Mais avant tout, Jordin Tootoo est un joueur de hockey très robuste :



mardi 19 septembre 2023

Pavel Trnka ou Petr Tenkrat?



C'est le moment de passer à un autre sondage on ne peut plus pertinent. Lorsque je jouais à NHL circa édition 2001/2002/2003, j'aimais bien me procurer de ces joueurs aux noms de famille étranges et plein de konsonnes fascinantes. Plusieurs de ces acquisitions de l'époque font d'ailleurs partie des joueurs de notre série «Joueurs oubliés des 90's» comme Oleg Tverdovsky, Tony Hrkac ou Sergei Krivokrasov. D'ailleurs, par un magnifique (ou magnifik) hasard, ces trois derniers ont joué avec les Mighty Ducks d'Anaheim, également l'équipe d'origine des deux joueurs d'aujourd'hui; Pavel Trnka et Petr Tenkrat.

J'ai souvent eu de la difficulté à différencier ces deux joueurs obscurs, et ce même s'ils n'évoluaient pas à la même position. Le temps est donc venu de les analyser en profondeur et ensuite, de votre côté, de voter pour votre préféré. Allons-y donc.

Pavel Trnka est né le 27 juillet 1976 à Plzeň (Pilsen en français) en Tchéquie. Défenseur purement défensif de 6'-2" et 200 livres, il débuta à 19 ans avec le club local, le HC Plzen, en première division tchèque en 1993-94, en plus d'aider l'équipe tchèque des U18 à remporter le bronze aux championnats junior. Malgré de maigres statistiques (1 passe en 12 matchs), il attira assez l'attention pour se faire repêcher par les Mighty Ducks en 5e ronde (106e au total) du repêchage de 1994.


Après une dernière saison dans la ligue tchèque, il traversa l'Atlantique pour la saison 1995-96. Il fit bonne impression au camp des Ducks, mais ces derniers croyaient qu'il serait mieux pour lui de faire son bout de chemin dans les mineures. Il joua donc deux saisons complètes avec les Bandits de Baltimore de la AHL, et ce n'est qu'en 1997-98 qu'il joua finalement un premier match à Anaheim.

Après cette première saison partagée entre Anaheim et le club-école, Trnka fit l'équipe à temps plein en 98-99 et joua 4 saisons complètes avec l'équipe, enregistrant son sommet en carrière en 99-00 avec 2 buts et 15 passes pour 17 points. Il signa ensuite un nouveau contrat avec l'équipe durant l'été 2002. 

Mais durant la saison suivante, les Panthers de la Floride durent procéder à une vente de feu pour se débarrasser de salaires encombrants. C'était le cas du défenseur Sandis Ozolinsh qui se fit échanger aux Ducks le matin du match des étoiles de 2003. En plus d'Ozolinsh, les Ducks mirent la main sur un autre défenseur du nom de Lance Ward. En retour, les Panthers mirent la main sur le plus abordable Trnka, en plus d'un jeune Matt Cullen et un choix de 4e ronde en 2003 (Jay Pemberton).


Trnka termina donc la saison 02-03 avec les Panthers. Il y joua une autre saison  en 2003-04 durant laquelle il amassa 3 buts et 13 passes pour 16 points, soit sa 2e meilleure saison au niveau offensif. Les Panthers le libérèrent toutefois durant l'été 2004 et le lock-out imminent signifia la fin du parcours de Trnka dans la LNH.

Il profita alors de l'occasion pour retourner au bercail avec le HC Pilsen où il fut éventuellement nommé capitaine en 2005-06. Il fut également prêté quelques matchs à différents clubs suédois pour les séries. Il termina ensuite sa carrière en 2012 après 5 saisons passées avec le HC Vitkovice. Depuis sa retraite, il est demeuré au sein du HC Vitkovice comme assistant-entraîneur ou entraîneur-chef des niveaux junior de l'équipe.

En 411 matchs dans la LNH, la fiche de Pavel Trnka fut de 14 buts et 63 passes pour 77 points.
En 366 matchs dans la ligue tchèque, sa fiche fut de 23 buts et 52 passes pour 75 points.


Également né en Tchéquie, pour sa part le 31 mai 1977 dans la ville de Děčín, l'attaquant Petr Tenkrát débuta comme professionnel avec le HC Kladno durant la saison 1994-95, où il eu brièvement Trnka comme coéquipier. Ailier droit de 5'-11" et 182 livres, il joua 5 saisons à Kladno, soit jusqu'en 1999 suite à quoi il fut également repêché par les Mighty Ducks, en 8e ronde avec le 230e choix au total.

Il joua ensuite une saison en Suède avant de faire le saut en Amérique pour la saison 2000-01 qu'il partagea entre Anaheim et le club-école à Cincinnati.

La première saison de Tenkrat dans la LNH fut somme toute sans histoire, alors qu'il obtint un simple 5 buts et 9 passes en 46 matchs. Toutefois, les astres s'alignèrent magnifiquement lors de son premier but dans la LNH, le 15 décembre 2000 dans un match contre les Rangers...

But de Tenkrat, sur des passes de Hrkac et Trnka. Avouez que la vie peut parfois être magique...

Malheureusement pour Tenkrat et les Ducks, le reste de l'histoire de fut pas aussi féérique. Après 9 matchs sans point au début de la saison 2001-02, les Ducks échangèrent Tenkrat aux Predators de Nashville en retour de l'ancien espoir du CH Patric Kjellberg. 

Les choses semblèrent se replacer tranquillement pour Tenkrat à Nashville. Il obtint même un tour du chapeau contre les Blackhawks. Mais il manqua de constance et au final il termina cette saison 2001-02 avec une fiche de seulement 8 buts et 16 passes en 67 matchs. 

On commença ensuite à se passer Tenkrat comme une patate chaude. Refusant un contrat à deux volets des Predators, il fut placé au ballottage en octobre 2002 et réclamé par les Panthers qui l'envoyèrent le même jour aux Blue Jackets en retour de Mathieu Biron. Les Blue Jackets n'avaient également qu'un contrat à deux volets à lui offrir et il préféra plutôt s'exiler en Suède pour la saison 2002-03 avec le club Oulun Kärpät où il retrouva ses repères offensifs en plus de gagner deux championnats en 2004 et 2005.

Entretemps, ses droits dans la LNH étaient désormais propriété des Maple Leafs, qui le réclamèrent au ballottage en octobre 2003. Eux aussi ne lui offraient que cet éternel contrat à deux volets et décidèrent finalement de l'échanger aux Bruins en juin 2006 en retour d'un choix de 7e ronde. Il trouva enfin chez les Bruins une offre à un seul volet et il parvint ainsi à refaire surface dans la LNH pour la saison 2006-07. Il obtint 9 but et 5 passes en 64 matchs durant cette seule saison comme joueur de soutien avec Boston, sa dernière dans la LNH.


Il retourna en Europe en 2007-08 et se promena annuellement entre la Tchéquie, la Suède et la Finlande, effectuant au passage des retours à Kladno de temps en temps, et retrouva parfois Trnka sur son chemin comme adversaire et jamais plus comme coéquipier. Il se retira finalement du jeu en 2017.

En 177 matchs dans la LNH, la fiche de Petr Tenkrat fut de 22 buts et 30 passes pour 52 points.
Sa fiche globale combinée en Suède, Finlande, Russie et Tchéquie fut de 302 buts et 285 passes pour 587 points en 914 matchs.


Il est donc temps pour vous de voter pour votre préféré. Trnka ou Tenkrat?



Sources:
Panthers ship Ozolinsh to Ducks, CBC, 30 janvier 2003
Tenkrat gets revenge on Leafs ... sort of, The Globe and Mail, 28 novembre 2006

vendredi 8 septembre 2023

Joueur oublié des 90's #82 - Vitali Yachmenev




Né le 8 janvier 1975 à Chelyabinsk en Russie, Vitali Aleksandrovich Yachmenev décida en 1993 de profiter du nouveau climat politique et de quitter la Russie et son système de hockey pour aller continuer son développement avec les Centennials de North Bay dans la OHL. Malgré la difficulté de s'adapter à ce nouvel environnement, en plus du fait que ses parents s'opposaient à sa décision ainsi que de le suivre, Yachmenev connut une première saison junior du tonnerre à North Bay en 1993-94, terminant avec le titre de recrue de l'année de la OHL et de la CHL grâce à une récolte de 113 points en plus de mener la OHL avec 61 buts et aider les Centennials à remporter le championnat de la ligue.

En plus de devenir un favori local à North Bay, Yachmenev attira aussi l'attention de sa nouvelle communauté lorsqu'il stoppa un voleur s'étant introduit dans la maison de la famille qui l'hébergeait. Le voleur s'enfuit dans la rue mais Yachmenev parvint à le rattraper et le forcer à ramener les objets volés.

Nouvellement nommé comme DG des Kings de Los Angeles, Sam McMaster avait vu Yachmenev de nombreuses fois en action alors qu'il était auparavant le DG des Wolves de Sudbury, le principal adversaire géographique et ennemi naturel des Centennials. L'ayant vu marquer de nombreux buts dévastateurs contre eux, il profita du repêchage de 1994 pour sélectionner Yachmenev en 3e ronde (59e au total) pour les Kings.

Après une autre bonne saison junior en 1994-95 (53 buts, 52 passes, 105 pts), il fit directement le saut avec les Kings en 1995-96 et le nouvel entraîneur des Kings Larry Robinson l'inséra directement sur la première ligne avec nul autre que Wayne Gretzky et Dmitri Khristich. 

Comme de nombreux autres ailiers avant lui au cours des 15 saisons précédentes, Yachmenev eut du succès immédiatement en jouant avec la merveille. Il obtint d'abord 2 buts à son premier match, lors d'une victoire contre les champions en titre, l'Avalanche. Il termina le mois d'octobre avec 12 points en 11 matchs et fut nommé comme recrue du mois dans la LNH. Les Kings, sous Robinson, semblaient être une équipe revigorée et de retour sur la bonne voie, après deux saisons décevantes hors des séries depuis la finale de 1993. Gretzky était lui aussi revigoré d'enthousiasme avec ce bon début de saison des Kings qui avaient alors une fiche de 10-5-5 à la mi-novembre.

Apprécions donc ensemble une pause vidéo avec du Vintage Gretzky...






(Note à moi-même, me renseigner sur cet intriguant Tsygurov #3)


Cependant, les Kings s'écroulèrent rapidement par la suite, eux qui étaient principalement privés du défenseur Rob Blake pour la saison entière, et il ne gagnèrent que 8 des 44 matchs suivants. Durant cette glissade, Gretzky demanda finalement à être échangé, ce qui arriva le 27 février 1996 lorsqu'il passa aux Blues de St.Louis. Durant le restant de la saison, les Kings tournèrent définitivement la page sur l'ère Gretzky en procédant à une vente de feu, se départissant de nombreux joueurs vedettes de longue date comme l'éternel bras droit du #99 Jari Kurri, Marty McSorley en plus de Rick Tocchet et Darryl Sydor. 

Yachmenev ne put également garder sa bonne cadence durant cette descente aux enfers des Kings, mais termina quand même cette première saison avec une fiche respectable de 19 buts et 34 passes pour 53 points en 80 matchs, bon pour le 3e rang des pointeurs des Kings derrière Gretzky (81 points en 62 matchs) et Khristich. Ce fut toutefois sa meilleure saison en carrière. N'ayant plus l'apport d'un Gretzky, sa production baissa à 32 points la saison suivante en plus d'être blessé pour une vingtaine de matchs. Il fut notemment déclassé par d'autres jeunes joueurs des Kings faisant partie de cette série comme Jozef Stumpel et Vladimir Tsyplakov

Il fut ensuite recalé dans les mineures en 1997-98, pour finalement être largué aux nouveaux Predators de Nashville pour la saison suivante en retour de considérations futures.


Yachmenev joua cinq saisons à Nashville, ne s'approchant jamais de sa production recrue mais parvint tout de même à gagner le cœur des fans de Nashville par son énergie et son ardeur au jeu. Malgré sa petite stature, il avait du muscle et gagnait souvent ses batailles en échec avant et amassait sa part de buts dans la dizaine presque à chaque saison. Sa meilleure saison à Nashville fut celle de 2000-01 avec 15 buts et 19 passes.

Il fut toutefois libéré par les Preds après la saison 2002-03 et il opta de retourner en Russie où il joua 10 autres saisons avec quelques clubs avant de prendre sa retraite, remportant au passage la coupe Spengler en 2009 à titre de capitaine avec le Dynamo de Moscou.

Il devint ensuite assistant-coach avec le club de son patelin, le Traktor Chelyabinsk et ensuite le Salavat Yulaev Ufa. Il effectue cependant cette saison un retour à North Bay, où il avait toujours possédé une résidence secondaire, à titre d'assistant des Trappers de North Bay au niveau U18AAA.

En 487 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 83 buts et 133 passes pour 216 points.

 

Sources:
Yachmenev making all the right moves, Baytoday.com, 16 avril 2005
Los Angeles Kings: 5 Most Painful Moments Ever, Bleacher Report, 9 août 2012
Greatest Hockey Legends
Yachmenev and Blanchard to guide U18 Trappers this season, Baytoday.com, 18 mai 2023

jeudi 1 juin 2023

Joueur oublié des 90's #78 - Ville Peltonen

 
 

 
 
Ville Peltonen n'a connu qu'une courte carrière en plusieurs séquences dans la LNH mais il est à jamais reconnu comme un des meilleurs joueurs de l'histoire de la Finlande, ayant grandement aidé à l'avancement de son pays à l'échelle internationale.
 
Né le 24 mai 1973 à dans la ville de Vantaa, Ville Sakari Peltonen fit ses classes dans le système du club HIFK d'Helsinki, et ce dès l'âge de 10 ans. Au moment de son stage junior, cet ailier gauche de 5' 10" fit rapidement le saut au plus haut niveau, la SM-Liiga pour 6 matchs en 1991-92 et ensuite à temps plein en 1992-93, saison où il obtint le titre de recrue de l'année. Il fut ensuite repêché par les Sharks de San Jose en 3e ronde du repêchage de 1993, 58e au total. 
 
Jere Lehtinen - Saku Koivu et Ville Peltonen

 
 
Il décida toutefois de jouer deux autres saisons avec le HIFK. Il participa durant ce temps aux Olympiques de 1994 et il en reviendra avec une médaille de bronze. Lors du Championnat du monde de 1995, il fut réuni de nouveau avec Koivu et Lehtinen, avec qui il avait déjà joué lors du championnat junior de 1993. Cet électrisant trio de petits joueurs fut surnommé la ligne «Huey-Dewey-Louie» en référence aux trois petits neveux de Donald Duck. Donc on peut dire que Koivu avait l'habitude d'être comparé à des personnages de BD lors de son arrivée à Montréal et la formation de la «Ligne des Schtroumpfs» avec Valeri Bure et Oleg Petrov...


La «Huey-Dewey-Louie» line


Quoiqu'il en soit, la ligne Peltonen-Koivu-Lehtinen domina le championnat du monde de 1995 et permit à la Finlande de remporter sa première médaille d'or à ce tournoi, qui jusque-là était majoritairement dominé par la Russie, le Canada, la Tchécoslovaquie et au début des années 90 par la Suède. C'est d'ailleurs contre ces grands rivaux naturels suédois que Peltonen connut un de ses plus grands matchs, obtenant un tour du chapeau naturel lors du match de la finale.

 



Ensuite, comme ses compagnons Koivu et Lehtinen, Peltonen fit ses débuts dans la LNH en 1995-96. Il partagea la saison entre San Jose (13 points en 31 matchs) et le club-école de Kansas City dans la IHL. Il passa de la IHL à la AHL en 96-97 et malgré une bonne récolte de 52 points en 40 matchs, les Sharks ne firent pas beaucoup appel à ses services alors qu'il ne joua que 28 matchs à San Jose. Il fut en fait une autre victime de l'administration du moment chez les Sharks, qui commençaient à prendre les européens de travers. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à d'autres européens de cette série chez les Sharks comme Jan Caloun et Alexei Yegorov

Insatisfait de son utilisation à San Jose, Peltonen mit le cap sur la Suède en 97-98 avec Frölunda où il termina en tête des pointeurs de la Elitserien avec 51 points en 45 matchs. Il fut de nouveau un acteur sur la scène internationale lors des Olympiques de 1998, remportant une deuxième médaille de bronze, après avoir gagné contre le Canada.

 


Durant l'été 1998, il fut acquis par les nouveaux Predators de Nashville en retour d'un choix de 5e ronde. Il revint alors dans la LNH en 98-99 et semblait alors bien parti avec la nouvelle équipe, récoltant 10 points en 14 matchs avant qu'une blessure vienne mettre rapidement un terme à sa saison. Vint ensuite une décevante saison en 99-00 avec seulement 6 buts et 28 points en 79 matchs. Après un autre début de saison décevant en 2000-01, les Predators l'envoyèrent dans la ligue américaine où il obtint de bonnes statistiques sans jamais revenir à Nashville. 

Il quitta de nouveau la LNH et passa les deux saisons suivantes de retour en Finlande avec le Jokerit d'Helsinki où il fut nommé capitaine et remporta le championnat en 2002. Il passa ensuite 3 saisons en Suisse avec le HC Lugano, étant de nouveau nommé capitaine et remportant plusieurs accolades dont le champion pointeur en 2003-04 et un championnat en 2006. 2006 fut également un retour pour lui aux Olympiques. La Finlande remporta la médaille d'argent et Peltonen termina parmi les meilleurs pointeurs du tournoi (9 points en 8 matchs), ce qui le remit sur le radar de la LNH. Les Panthers de la Floride lui firent alors signe pour la saison 2006-07 et il retourna de nouveau dans la LNH.
 
C'est avec les Panthers qu'il connut ses meilleures saisons dans la LNH, dont son sommet en carrière de 17 buts et 20 passes en 2006-07. Ce parcours en Floride dura 3 saisons, suite à quoi il mi le cap sur la KHL avec le Dynamo de Minsk où il fut nommé une fois de plus comme capitaine. Il participa à ses derniers Jeux Olympiques en 2010 où il fut élu comme porte-drapeau pour la Finlande et où il gagna une troisième et dernière médaille de bronze olympique. Il a également  gagné la coupe Spengler durant cette même année 2010 alors que le Dynamo de Minsk y participa.




Cette aventure en Russie fut toutefois de courte durée alors qu'il rentra au bercail en 2010-11 avec le HIFK où, encore comme capitaine, il joua 4 dernières saisons avant de clore sa carrière en 2014. 
 
S'il n'a pas vraiment connu de grands moments dans la LNH, Peltonen est un héros pour la Finlande, étant le joueur le plus décoré du pays au niveau des médailles. En plus de ses 4 médailles olympiques (1 argent, 3 bronzes), il en a également remporté 8 aux championnats du monde (1 or, 4 argent et 3 bronze). Il était d'ailleurs un habitué des championnats du monde, y ayant participé à 13 occasions, dont ses 5 dernières participations comme capitaine, bien sûr.

Sa fiche dans la LNH fut de 52 buts et 96 passes pour 148 points en 382 matchs.
Sa fiche dans la SM-Liiga fut de 161 buts et 205 passes pour 366 points en 420 matchs.
Sa fiche dans les différentes compétitions internationales pour la Finlande, tous niveaux et tournois confondus, fut de 116 buts et 129 passes pour 245 points en 327 matchs.

Après sa retraite, il devint immédiatement entraîneur au niveau junior avec le HIFK. Il occupa ensuite un poste d'adjoint avec le Berne SC et ensuite comme entraîneur chef du Lausanne HC. Il revint ensuite comme entraîneur chef avec le HIFK, poste qu'il occupe depuis 2021.

Il fut introduit au temple de la renommée finlandais en 2015 et ensuite au temple de la IIHF en 2016. Son numéro 16, ainsi que le 11 de Saku Koivu et le 26 de Jere Lehtinen furent tous retirés par l'équipe internationale finlandaise, rejoignant ainsi seulement 2 autres joueurs, soit Jari Kurri et Raimo Helminen, et plus tard Teemu Selanne.