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samedi 7 octobre 2023

Joueur oublié des 90's #83 - Igor Kravchuk




Lorsqu'il fut repêché par les Blackhawks de Chicago en 1991 au 71e rang, Igor Aleksandrovich Kravchuk avait 25 ans et était déjà un défenseur accompli au sein de la première ligue russe et sur la scène internationale. Il est d'ailleurs malgré lui un personnage faisant partie à jamais du folklore du hockey canadien alors qu'il était le seul défenseur tentant d'empêcher la fameuse montée à 3 contre 1 de Mario Lemieux, Wayne Gretzky et Larry Murphy lors du célèbre but gagnant du #66 lors de la Coupe Canada de 1987.

Né le 13 septembre 1966 à Ufa, Kravchuk débuta sa formation avec le club local, le Ufa Salavat Yulayev, en 1982 à l'âge de seulement 16 ans. Il fut plus tard acquis par le puissant club du CSKA Moscou en 1987, en vue des Olympiques de Calgary, où il remporta la médaille d'or avec le puissant club soviétique.



Il retarda son entrée dans la LNH afin de participer de nouveau aux Olympiques en 1992, tournoi qui se solda de nouveau par une médaille d'or pour l'équipe soviétique, cette fois connue sous le nom d'«Équipe unifiée» en raison des bouleversements politiques de l'époque. 

Avec une fiche de 3 buts et 2 passes en 8 matchs, Kravchuk fut également élu au sein l'équipe d'étoiles du tournoi. 

Une fois les jeux terminés, il mit le cap sur Chicago pour faire ses débuts dans la grande ligue en cette fin de saison 1991-92. Il marqua lors de son premier match avec les Blackhawks et termina cette saison avec 1 buts et 8 passes en 18 matchs, en plus de 8 points en 18 matchs en séries où les Blackhawks se rendirent en finale contre les Penguins. Les Blackhawks semblaient alors avoir dégoté un pas pire défenseur.



Cependant, durant la saison suivante se présenta aux Blackhawks la chance d'obtenir l'attaquant Joe Murphy des Oilers d'Edmonton, auteur d'une saison de 82 points la saison précédente. En grève depuis le début de la campagne, Murphy passa finalement aux Blackhawks en février 1993 en retour de Kravchuk et de l'attaquant Dean McAmmond. Kravchuk termina cette saison 92-93 avec une fiche de 27 points en 55 matchs partagés entre Edmonton et Chicago, en plus d'être blessé plusieurs semaines.

Kravchuk fit très bien à Edmonton, connaissant son sommet en carrière en 93-94 avec 12 buts et 38 passes pour 50 points au sein du faible club des Oilers où il devint brièvement leur meilleur défenseur. 

Il joua une autre demi-saison complète avec les Oilers en 1995 avant d'être échangé de nouveau, cette fois aux Blues en janvier 1996 lors d'un échange multi-défenseurs. En plus de Kravchuk, les Blues obtinrent le défenseur Ken Sutton. En retour, ils cédèrent Jeff Norton et Donald Dufresne.

Après deux saisons de 34 et 35 points respectivement, Kravchuk fut de nouveau utilisé comme monnaie d'échange, cette fois lors d'un échange avec les Senators d'Ottawa, alors qu'il fut échangé un contre un en retour de Steve Duchesne durant l'été 1997.

À Ottawa, Kravchuk eut de la difficulté à remplir les patins du plus populaire et plus offensif Steve Duchesne. Mais au final, l'échange porta fruit alors que Kravchuk était plus fiable défensivement et les Senators eurent une meilleure fiche que l'année précédente. 

Pour couronner le tout, la petite équipe qui termina au 8e rang parvint à causer la surprise en première ronde en éliminant les Devils. Kravchuk marqua le but d'assurance lors du dernier match de cette série, officialisant la première série remportée dans l'histoire du club.



Durant cette même saison 1997-98, Kravchuk put participer de nouveau au tournoi olympique, ses troisièmes jeux en carrière. Il est d'ailleurs le seul de l'histoire à avoir représenté son pays sous trois incarnations différentes. Il le fit sous le drapeau de l'Union Soviétique en 1988, de l'«Équipe Unifiée» en 1992 et finalement sous celui de la Russie en 1998. Ce fut cette fois une médaille d'argent pour Kravchuk et les Russes.

Kravchuk joua deux autres saisons complètes à Ottawa mais ses statistiques baissèrent d'année en année. Afin de couper dans leur masse salariale, les Sénateurs le placèrent au ballotage en novembre 2000. Il fut alors réclamé par sa troisième équipe canadienne, les Flames de Calgary.

Kravchuk joua une saison supplémentaire à Calgary, avant d'être libéré durant l'été 2002. Il ne refit pas surface avant le mois de mars 2003, lorsqu'il fut engagé comme agent libre par les Panthers pour la fin de la saison. Ce furent alors ses 7 derniers matchs en carrière avant de prendre sa retraite.

En 699 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 64 buts et 210 passes pour 274 points.

Depuis sa retraite, il a été entraîneur ou adjoint à plusieurs niveaux, dont le niveau junior russe ainsi que quelques équipes en KHL. Il devint en 2018-19 entraîneur-chef des Lions de Lac-St-Louis au niveau Bantam AAA québécois, là où évoluait son fils Roman Kravchuk. Son autre fils Chris avait également évolué au Québec dans le passé, dont brièvement avec le Drakkar de Baie-Comeau. 

Igor est présentement entraîneur-adjoint de son ancien club, le CSKA Moscou.





mercredi 14 juin 2023

La famille Staline et le hockey




 

Vasily Iosifovich Staline est né le 21 mars 1921 à Moscou, un an avant que son célèbre père, Joseph Staline, ne devienne le successeur de Vladimir Lénine à la tête de l'URSS. Il était le deuxième enfant de Joseph, et premier de son deuxième mariage. 

Son enfance fut difficile alors qu'il fut largement ignoré par le père et même la mère, Nadezhda Alliluyeva, qui refusait de se soumettre aux ordres de Joseph de rester à la maison pour s'occuper des enfants. Vasily fut donc élevé principalement par des bonnes et des gardes du corps. En 1932, après une dispute entre les deux parents, Nadezhda fut retrouvée morte, s'étant suicidée par arme à feu. Les enfants Staline, soit Vasily et sa soeur Svetlana, furent induits en erreur pendant 10 ans avant de savoir la vérité sur la mort de leur mère, croyant jusque là qu'elle était morte d'une appendicite. La mort de sa mère eut un profond impact sur Vasily, qui commença à boire abondamment dès l'âge de 13 ans et qui ne vit que très rarement son père par la suite, lui qui le trouvait indigne.

Élève moyen sinon médiocre et turbulent à l'école, Vasily débuta son service militaire à 17 ans et commença à servir au front en août 1941 sous le nom de famille de Ivanov, pour dissimuler son identité. Mais ses supérieurs, voulant attirer la faveur du père, l'envoyèrent rarement au combat et lui donnèrent des promotions rapides et probablement non-méritées. Il abattit toutefois au moins 2 avions au combat. Il devint à 24 ans le plus jeune majeur-général de l'Armée rouge. 
 

Après la deuxième guerre mondiale, il commença à cultiver un intérêt pour le sport, particulièrement le hockey. Il participa à la création d'une équipe pour représenter les forces aériennes russes, le VVS Moscou, dont il devint président et directeur-général.
 
Logo du VVS Moscou
L'équipe débuta dans la ligue de championnat de Russie dès la saison 1946-47, première saison de l'histoire de la ligue. Anatoly Tarasov, surnommé le «père du hockey Russe» et futur créateur de la puissante équipe nationale de Russie, y débuta sa carrière comme joueur-entraîneur. 
 
Mais après une seule saison, Tarasov se disputa avec Vasily Staline et quitta l'équipe pour aller fonder le légendaire club du CSKA Moscou, qui deviendra le principal rival du VVS. 
 
Ces deux équipes représentant l'armée russe se livreront alors leur propre guerre interne de recrutement (parfois forcé) et de pillage de joueurs des autres clubs de la ligue. Vasily utilisa particulièrement son influence et son prestige pour parvenir à ses fins, comme par exemple le recrutement entier du premier trio d'un autre rival, le Spartak Moscou, au début de la saison 1948-49.

Lors de la saison 1949-50, Stalin continua son recrutement agressif en soutirant un joueur du nom de Viktor Shuvalov, joueur vedette du faible club du Dzerzhinets Chelyabinsk, en plus de celui qui était considéré comme le meilleur gardien de la ligue, le letton Harijs Mellups, qui venait de remporter le titre de gardien de l'année lors des trois saisons précédentes avec le Dinamo de Riga.
 
Vsevolod Bobrov avec le VVS Moscou

 
Mais le meilleur coup de Staline fut envers le CSKA en leur soutirant Vsevolod Bobrov, celui qui est considéré comme la première supervedette du hockey russe, et qui était d'ailleurs aussi une vedette au bandy et au soccer. Bobrov termina sa carrière avec 254 buts en 130 matchs, et fut plus tard comparé à Wayne Gretzky par Tarasov lui-même. Cependant, Bobrov était en froid avec ce dernier à cause de son jeu défensif, et accepta avec joie de joindre le VVS. Il deviendra un grand ami de Vasily Staline, qui organisait apparemment de grandes beuveries extravagantes en honneur de son joueur vedette après chaque match. 
 
Un film biographique fut même réalisé à partir de cette histoire en 1991, intitulé «Mon meilleur ami, le général Vassili, fils de Joseph», que je vous inclus intégralement ici parce que je l'ai trouvé sur YouTube... Je comprends rien de l'histoire mais ça a un peu l'air d'un «Lance et Compte» russe...



Bobrov deviendra joueur-entraîneur durant cette saison 1949-50 suite au renvoi de l'entraîneur précédent après quelques matchs. La puissante équipe de Staline avait donc en vue de remporter son premier championnat et de freiner la domination du CSKA, champion lors des deux années précédentes.

Cependant, le sort en fut tout autrement. Le 7 janvier 1950, l'équipe prit l'avion pour un match à Chelyabinsk. Les conditions météo étaient très mauvaises et l'avion dut plutôt tenter d’atterrir dans la ville voisine de Sverdlovsk (aujourd'hui Ekaterinbourg). L'entreprise échoua toutefois, et l'avion s'écrasa, tuant l'entièreté des 19 passagers à bord dont 11 joueurs du VVS, ainsi que le docteur et le massothérapeute de l'équipe. Trois joueurs éviteront toutefois la mort; Bobrov, Shuvalov et le défenseur Alexander Vinogradov. Ce dernier était suspendu pour s'être battu, tandis que Shuvalov avait été ordonné de ne pas jouer ce match contre Chelyabinsk par Staline lui-même qui voulait éviter les représailles violentes de la part des fans de l'ancienne vedette locale. L'équipe avait auparavant subi des représailles du genre après le vol du premier trio du Spartak l'année précédente. Bobrov pour sa part, aurait manqué le vol car il s'était réveillé trop tard et n'avait pas entendu son alarme. Il était en voyage en train lors de ces événements...

Parmi les joueurs décédés, on trouvait ce premier trio d'ex-Spartak discuté précédemment, qui était constitué de Ivan Novikov, Zdenek Zigmund, ainsi que Yuri Tarasov, qui était le frère du célèbre Anatoly. Le gardien Mallups fut lui aussi parmi les victimes, lui qui n'avait que 23 ans et qui était devenu père la semaine précédente et qui n'aura jamais pu voir son fils. Il recevra un autre titre de gardien de l'année, cette fois malheureusement à titre posthume.




Comme on était en pleine ère de communisme stalinien, le jeune Staline voulut complètement étouffer l'affaire, ne voulant pas que son père et le public soient au courant. Aucune mention de l'écrasement ne fut publiée dans la presse, les familles des joueurs furent laissés dans l'ignorance et les corps furent enterrés à la va-vite dans une fausse commune près du lieu de l'écrasement.

Et ne voulant pas que s'ébruite la disparition de ses joueurs manquants, Staline reconstruisit rapidement son équipe et parvint malgré tout à lui faire jouer ce match contre Chelyabinsk et le reste de la saison en remplaçant la majorité des joueurs décédés par des joueurs au même nom de famille...
 
Donc, lors de ce qu'on pourrait appeler un repêchage d'expansion digne de la «Twilight Zone», Staline trouva apparemment d'autres joueurs aux noms de Novikov, Zigmund, Tarasov, Moissev, etc...  
 
Pavel Zhiburtovich
Même que l'attaquant Yuriy Zhiburtovich fut remplacé par son frère, Pavel Zhiburtovich... qui ignorait probablement le sort de son frère. 
 
Il n'y avait cependant pas que des «faux joueurs» désormais avec le VVS alors qu'un des remplaçants à la défense pour l'équipe fut une autre figure légendaire du hockey russe, soit Viktor Tikhonov, futur entraîneur de l'équipe nationale et du CSKA. J'ignore toutefois si Tikhonov remplaça un autre joueur avec son véritable nom ou un nom «d'emprunt»...
 
Avec cette équipe «reconstituée» mais toujours puissante avec l'apport (et surtout présence divine) de Bobrov et Shuvalov, le VVS Moscou remporta ce match contre Chelyabinsk par la marque de 8-3. Pour éviter des soupçons supplémentaires ou pour se protéger, Staline ordonna aux annonceurs et à la presse de ne publier le sommaire qu'avec seulement les noms de famille des joueurs, sans prénom. Apparemment que Staline père n'a effectivement jamais eu bruit de cet écrasement.
 
La saison s'achevait toutefois et le VVS termina avec une fiche de 16-5-1 en 22 matchs, bon pour le 4e rang de la ligue, baissant de nouveau pavillon contre le CSKA qui termina au premier rang. Staline et le VVS Moscou se relevèrent toutefois de cette saison mouvementée avec la dominance de son premier trio toujours composé de Bobrov, Shavalov ainsi que Yevgeny Babich, un autre joueur vedette soutiré du CSKA et ami de Bobrov. Staline régla également le trou laissé dans les buts avec la mort de Mallups en volant de nouveau le CSKA avec le recrutement de Grigory Mkrtychan.
 
Bobrov termina cette saison 1950-51 avec 43 buts en 15 matchs (!) et le VVS Moscou remporta le premier championnat de son histoire, ainsi que les deux saisons suivantes.
 



Cependant, après ces trois championnats consécutifs, Joseph Staline subit une hémorragie cérébrale et mourut 4 jours plus tard, le 5 mars 1953. Il fut aussi spéculé qu'il aurait été empoisonné par des membres de son équipe politique, une thèse hautement secondée par Vasily lui-même, qui lors d'un épisode de rage et d'état d'ébritété avancé, aurait insulté les docteurs et les officiels présents. Il arrêta aussitôt ses fonctions au sein du VVS qui fut ensuite dissout et intégré au CSKA suite à l'arrivée du successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev, et le début de la «déstalinisation». 
 
Ne pouvant plus profiter de la protection que son nom de famille lui avait jusque-là procurée, Vasily fut forcé de se retirer de l'armée russe et il fut peu après arrêté le 28 avril 1953 suite à une visite au restaurant avec des diplomates étrangers. Il fut accusé de propagande anti-soviétique et condamné à 8 ans de prison, qu'il servit sous le nom de Vasily Pavlovich Vasilyev pour éviter toute tentative de représailles contre lui. Ayant pitié de lui, Khrouchtchev le libéra en 1960 et lui rendit ses médailles militaires. Il mourut toutefois dans un certain anonymat assombri d’un profond alcoolisme le 19 mars 1962, 5 jours avant son 42e anniversaire.

Après la dissolution du VVS Moscou, Vsevolod Bobrov rejoignit les rangs du CSKA en compagnie de Shavalov et Babich qui continuèrent leur dominance du hockey soviétique. Les trois firent d'ailleurs partie de l'équipe nationale aux Olympiques de 1956, avec Bobrov comme capitaine, et ramenèrent la première médaille d'or olympique de la Russie de ce tournoi, commençant officiellement la domination russe à l'échelle internationale. Bobrov mena le tournoi avec 9 buts.


Yevgeny Babich, Viktor Shuvalov et Vsevolod Bobrov


Après sa retraite comme joueur, Bobrov devint entraîneur-chef du Spartak Moscou et brièvement pour l'équipe nationale, notamment durant la Série du Siècle de 1972. Bobrov mourut en 1979 à l'âge de 56 ans et fut introduit au temple de la renommée du hockey international (IIHF) en 1997, soit lors de la première année de l'existence de ce temple.

En plus d'avoir été un des chanceux qui ont évité la mort lors de l'écrasement de 1950, Viktor Shuvalov vécut très longtemps, devenant le dernier joueur encore vivant de cette époque de l'émergence du hockey russe. Il mourut finalement en 2021 à l'âge de 97 ans, suite à des complications reliées à la Covid-19.

J'ignore quand et comment les familles des joueurs décédés lors de l'écrasement de 1950 furent mis au courant de ce secret et des manigances de Vasily Staline. Une plaque fut toutefois érigée en leur mémoire près du lieu de leur enterrement.



Une comédie du nom de «The death of Stalin» est sortie en 2017 où ces faits sont de nouveau relatés:


 

Conway's Russian Hockey Blog
Soviet Union ice hockey great Shuvalov dies at 97, Insidethegames.biz, 20 avril 2021
Eliteprospects.com


mercredi 3 mai 2023

Joueur oublié des 90's #76 - Anatoli Semenov

 

 


Anatoli Anatolievich Semyonov
est né le 5 mars 1962 à Moscou. Il se développa dans le puissant système du hockey moscovite jusqu'à ce qu'il fasse ses débuts à seulement 17 ans en 1979-80 avec le Dynamo de Moscou. Il passa l'entièreté de la décennie comme joueur vedette du Dynamo, terminant 3 fois comme premier pointeur du club et une fois au sein de l'équipe d'étoile de la ligue. Sa grande stature (6'-2") combiné à une certaine grâce sur patins lui valut d'être surnommé le «Jean Béliveau» russe.

Au final, il aura joué 11 saisons dans la première ligue russe, récoltant 303 points en 374 matchs. Mais comme la ligue soviétique de l'époque n'était essentiellement qu'une ligue d'entraînement pour le puissant CSKA de Moscou, Semenov et le Dynamo ne se méritèrent aucun championnat durant les années 80, étant éternellement considérés comme deuxièmes violons. Ridiculement dominé entre autres par la fameuse ligne KLM (Vladimir Krutov, Igor Larionov et Sergei Makarov), le CSKA remporta le championnat à chaque saison entre 1977 et 1989, soit un record de 13 saisons consécutives. 

En fait, la ligue soviétique de l'époque, ancêtre de la KHL actuelle, fut entièrement dominée par les clubs de Moscou durant son existence. De 1946 jusqu'à la dissolution de la ligue en 1992, aucun club hors de Moscou ne fut sacrer champion. Malgré la présence de dizaines d'autres équipes, il n'y eut que 5 récipiendaires du titre durant cette longue période; le Dynamo, le VVS Moscou, le HC Spartak Moscou, le Krylya Sovetov Moscou, et bien sûr le CSKA et ses 32 titres.


L'équipe nationale, également surpuissante durant cette époque, était grandement constituée de joueurs du CSKA dont bien sûr la KLM, laissant quelques places sur les lignes secondaires à des joueurs comme Semenov. Ce dernier parvint toutefois à se faire remarquer sur la scène internationale malgré un temps de glace limité, notamment en 1987-88 avec une récolte de 7 points en 9 matchs à la Coupe Canada, et 6 points en 8 matchs durant les Olympiques de Calgary, d'où il repartit avec une médaille d'or. Cela lui permit d'être choisi par les Oilers d'Edmonton en 6e ronde du repêchage de 1989.

Il joua alors une dernière saison avec le Dynamo où comme capitaine, il permit à l'équipe de finalement prendre le dessus sur le CSKA et remporter le championnat de 1990. Il termina ensuite la saison avec les Oilers pour leurs parcours en séries. Il ne joua toutefois que 2 matchs en finale de conférence contre les Blackhawks, et aucun en finale, ce qui le disqualifia d'obtenir son nom sur la Coupe Stanley. Il reçut toutefois une bague pour ses efforts, devenant le deuxième joueur russe de l'histoire à faire partie d'une équipe championne dans la LNH après son compatriote Sergei Pryakhin l'année précédente avec les Flames. 

Comme Semenov, Pryakhin n'avait pas joué pas durant la finale de 1989 et n'avait pas joué assez de matchs en saison régulière pour voir son nom gravé sur la coupe. Il fallut attendre le printemps 1994 pour voir des joueurs soviétiques recevoir cet honneur lorsque les Rangers gagnèrent le trophée avec plusieurs joueurs russes comme Alex Kovalev, Sergei Zubov, Sergei Nemchinov et Alexander Karpovtsev.

Semenov fit ses débuts en saison régulière en 1990-91 avec les Oilers, s'en sortant relativement bien avec une fiche de 31 points dont 15 buts en 57 matchs, suivi de 10 points en 12 matchs en séries avec un club toujours bien «huilé» à Edmonton ou ils se rendirent jusqu'en finale de conférence contre les North Stars. Une de ses meilleurs saisons fut celle de 1991-92 où il obtint 20 buts et 22 passes en 59 matchs. On lui reprochait toutefois d'être trop empreint de la mentalité du jeu soviétique, où beaucoup de joueurs de son style étaient conditionnés à passer en premier lieu et non à tirer au but.



Les Oilers n'avaient apparemment pas beaucoup de plans pour lui dans leur équipe en reconstruction et le laissèrent aller au repêchage d'expansion de 1992 accueillant les Sénateurs et le Lightning. Il fut ainsi réclamé par l'équipe floridienne et marqua un but lors du premier match de l'histoire du Lightning. Il ne resta cependant que quelques semaines avec l'équipe puisqu'il fut rapidement acquis par les Canucks en novembre 1992 en retour de Dave Capuano. Les Canucks espéraient qu'il puisse remplacer Igor Larionov, son ancien coéquipier de l'équipe nationale russe, sur la première ligne d'attaque de l'équipe, au centre de Pavel Bure. Le duo Bure-Semenov fonctionna initialement à merveille, Semenov récoltant 20 points en 15 matchs à ses débuts à Vancouver. Il commença toutefois à ralentir la cadence et Bure fut alors davantage réuni avec Cliff Ronning et Murray Craven. Semenov termina quand même la saison 92-93 avec sa meilleure récolte avec 49 points dont 37 passes principalement acquises sur les 60 buts de son compatriote. 

Un autre repêchage d'expansion suivit ensuite durant l'été 1993 et Semenov fut de nouveau laissé sans protection avant d'être réclamé par les nouveaux Mighty Ducks d'Anaheim. Le premier entraîneur des Ducks, Ron Wilson, avait vu évolué Semenov de près l'année précédente alors qu'il était assistant avec les Canucks. Wilson voulait que Semenov devienne le principal marqueur de l'équipe et qu'il tire plus souvent au but et n'attende plus qu'un coéquipier plus talentueux vienne marquer, n'ayant de toute façon que très peu d'autres options en attaque chez les Ducks. Semenov commença de nouveau la saison en lion, récoltant 24 points lors de ses 30 premiers matchs. Des blessures vinrent toutefois mettre un frein à sa productivité et il ne put jouer que 49 matchs au total en 1993-94, terminant à 30 points.




Il commença la saison suivante à Anaheim avant d'être échangé aux Flyers en mars 1995, sa 5e équipe en seulement 4 saisons. Il ne fut utilisé que sporadiquement sur le bottom 6 avec les Flyers, étant toutefois plus utilisé en séries avec 6 points en 15 matchs. La saison suivante fut une version inversée de la précédente alors qu'après une récolte de 16 points en 44 matchs à Philadelphie, il fut retourné aux Mighty Ducks en mars 1996 et termina la saison avec un bon 10 points en 12 matchs. Il signa ensuite un contrat comme agent libre avec les Sabres pour la saison 1996-97 mais ne put jouer que seulement 25 matchs, étant de nouveau blessé à long terme. Il se retira du jeu peu après à l'âge de 35 ans.

Après sa retraite il occupa certains postes comme entraîneur ou adjoint à divers niveaux en Russie. Il est présentement recruteur pour les Blackhawks depuis 2017.

En 362 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 68 buts et 126 passes pour 194 points.


Sources:
His Best Shot : Anatoli Semenov Has Become Offensive Force for Mighty Ducks, LA Times, 7 décembre 1993