Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est années 50. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est années 50. Afficher tous les articles

mardi 4 août 2026

Bill Juzda



   


Né le 29 octobre 1920 à Winnipeg, le robuste défenseur Bill Juzda a commencé sa carrière de hockey dans la Western Junior Hockey League avec les Maple Leafs d'Elmwood et les Thistles de Kenora, aidant ces derniers à atteindre la finale de la coupe Memorial en 1940.

Rappelé par les Rangers de New York durant la saison 1940-1941, il a passé une grande partie de l'année avec leur club-école de la Ligue américaine, les Rockets de Philadelphie. Il a ensuite disputé 45 matchs avec les Rangers lors de la saison 1941-1942 avant de mettre sa carrière sur pause lorsqu'il s’engagea au sein de l’aviation royale canadienne. Il joua toutefois au hockey avec le club de la Winnipeg RCAF, les Bombers durant trois saisons.


Juzda, à gauche, en pleine action contre les Red Wings

Après la guerre, il signa un nouveau contrat avec les Rangers. Il semblerait que ses années passées dans l’armée le rendirent davantage robuste car il devint un des plus redoutables plaqueurs de la ligue. Ce serait d’ailleurs lui qui aurait mis fin à la carrière de Toe Blake dans la LNH suite à une mise en échec au cours de la saison 1947-1948

Il joua 137 autres matchs avec les Rangers avant d'être échangé aux Maple Leafs de Toronto dans le cadre d'une transaction impliquant plusieurs joueurs avant la saison 1947-1948.

Juzda, à droite, portant le tristement célèbre
Bill Barilko après le but vainqueur de ce dernier
lors de la finale de 1951
Avec les Leafs, Juzda remporta deux coupes Stanley, en 1949 et 1951. Il a pris part à un total de 211 matchs avec les Leafs jusqu’en 1952.

Libéré par les Leafs à l’aube de la saison 1952-52, il signa avec les Hornets de Pittsburgh dans la LAH, y obtenant une sélection sur la deuxième équipe d'étoiles de la ligue. 

En 1953, il retourna à Winnipeg pour évoluer pendant dix saisons au niveau sénior avec les Maroons de Winnipeg, participant à deux finales de la coupe Allan. Les Maroons ont notamment effectué une tournée en Tchécoslovaquie durant cette période. Au milieu des années 1950, Juzda a aussi fait de brefs passages chez les Wheat Kings de Brandon et les Paper Kings de Pine Falls. 

Bien qu'il ait officiellement pris sa retraite du hockey après 1963, il a continué à jouer au hockey des anciens (old-timers) jusqu'à plus de 70 ans.

Juzda a également entraîné des équipes de hockey de la catégorie midget jusqu'au niveau sénior. Jusqu'à son décès, il résidait à Winnipeg et portait toujours sa bague de champion de la coupe Stanley de la saison 1948-1949. Il a été introduit au temple de la renommée du sports du Manitoba en 1992. Il est décédé le 17 février 2008.

En 398 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 14 buts et 54 passes pour 68 points.

mardi 29 juillet 2025

Doug Mohns


 

J'avais croisé le nom de Doug Mohns lors de plusieurs recherches mais je ne lui accordais que très peu d'attention. Je croyais à prime abord qu'il était un joueur moyen et vagabond qui avait quand même connu une bonne carrière de façon anonyme. Mais en regardant finalement ses statistiques de plus près, j'ai tout de suite sursauté lorsque je me suis rendu compte qu'il était défenseur et qu'il avait accumulé plus de 700 points et joué durant 22 saisons. Il méritait alors définitivement une bio ici.

Doug Mohns est né le 13 décembre 1933 à Capreol en Ontario. Un patineur né, il fut même approché par les Ice Capades à l'âge de seulement 7 ans. Sa famille refusa toutefois l'offre et il se concentra plutôt sur le hockey. Surnommé «Diesel» pour sa vitesse sur patins rappelant une locomotive, il se distingua tout d'abord au sein des Flyers de Barrie de la ligue junior de l'Ontario avec qui il fut d'abord prêté par son club local de Capreol pour la coupe Memorial de 1951. Après leur victoire, les Flyers recrutèrent Mohns pour la saison 1951-52. Évoluant comme attaquant, il mena les Flyers pour les points à sa première saison et ramena les Flyers à la coupe Memorial en 1953. En compagnie de joueurs de renom comme Orval Tessier et Don Cherry, Mohns récolta 18 points en 10 matchs lors de ce tournoi et ramena la coupe Memorial à Barrie.

Propriété des Bruins, Mohns, alors âgé de seulement 19 ans, fit le saut directement dans la LNH en 1953-54. Il était assez rare de voir un si jeune joueur percer un alignement de la LNH à l'époque «Original 6» surtout sans devoir faire ses preuves dans les mineures. Mais des blessures à la défense chez les Bruins firent en sorte qu'il y avait un poste disponible. Il fut toutefois converti en défenseur, encore une fois un fait assez rare.

 

Mohns connut une très bonne première saison, accumulant 13 buts et 14 passes pour 27 points, soit le meilleur rendement offensif chez les défenseurs des Bruins, alors un club très médiocre en attaque. Leur meilleur attaquant n'ayant obtenu que 47 points.

Il joua 11 saisons complètes à Boston, devenant en 1959-60 le deuxième défenseur de l'histoire de la LNH (après Flash Hollett) à marquer 20 buts en une saison. En plus de sa rapidité et sa versatilité à pouvoir jouer parfois comme attaquant, il était un des premiers disciples du lancer frappé suite à son introduction par Bobby Hull et Boom Boom Geoffrion. Il participa 5 fois au match des étoiles lors de ses années avec les Bruins, 4 fois comme défenseur et 1 fois comme attaquant. Son entraîneur à Boston, le légendaire Milt Schmidt, évoqua que Mohns était un des meilleurs joueurs de la ligue à l'époque.  

Cependant, malgré quelques bonnes années vers la fin des années 50, dont deux participations en finale (1957 et 1958 contre Montréal), les Bruins n'allaient plus nulle part durant les années 60 et ratèrent les séries de 1960 à 1967. À l'été 1964, Mohns fut échangé aux Blackhawks en retour de deux joueurs, Reggie Fleming et Ab McDonald.

Lors de sa première saison à Chicago, il fut reconverti comme ailier gauche et muté sur le trio de Stan Mikita et Kenny Warham. Surnommé la «Scooter line» pour leur vitesse étourdissante, le trio fut un des meilleurs de la ligue pendant six saisons durant lesquelles Mohns connut ses meilleurs moments. Sa meilleure saison eut lieu en 1966-67 où il obtint 60 points, dont 25 buts, en seulement 61 matchs. Il retourna également au match des étoiles en 1965. Son entraîneur Billy Reay déclara qu'avoir Mohns sur la glace était comme d'avoir droit à un 3e défenseur tellement il était capable de se replier efficacement en défense ou d'adapter facilement son rôle selon l'intensité des matchs.


Après six ans à Chicago, l'âge commença à ralentir Doug Mohns. Il eut toutefois la chance de prolonger sa carrière grâce aux expansions. Après une première moitié de saison difficile, il fut échangé aux North Stars du Minnesota en février 1971. Il y joua durant deux autres saisons, retournant une dernière fois au match des étoiles en 1972, avant d'être réclamé par les Flames d'Atlanta au repêchage intraligue de 1973. Des blessures le limitèrent toutefois à seulement 28 matchs avec les Flames. 

L'heure de la retraite semblait avoir sonné pour Mohns à l'été 1974. Il y eut des rumeurs selon qui il deviendrait le premier entraîneur des nouveaux Capitals de Washington. Ces derniers portèrent toutefois leur choix sur Jim Anderson. Malgré tout, le DG des Capitals, son ancien coéquipier et entraîneur Milt Schmidt, voulait quand même avoir Mohns dans son équipe. N'ayant pas obtenu beaucoup de vétérans aguerris durant le repêchage d'expansion, Schmidt et les Caps achetèrent la dernière année du contrat de Mohns et le nommèrent comme premier capitaine de la franchise pour la saison 1974-75.

La première saison des Capitals demeure à ce jour la pire de l'histoire de la ligue avec seulement 8 victoires, 67 défaites, 5 matchs nuls et la majorité des joueurs avec une fiche de -50 (et le record de tous les temps de -82 de Bill Mikkelson). Lors de cette 22e saison en carrière, le vénérable Mohns parvint à jouer 75 matchs et accumula 2 buts et 19 passes à la défense des Capitals. Il termina avec une fiche de -54 et prit ensuite une retraite bien méritée.

Au autre cas de «patch» de capitaine appliquée avec du tape électrique

 

En 1389 matchs dans la LNH, Doug Mohns aura obtenu 248 buts et 462 passes pour 710 points et 1250 minutes de pénalité. Lors de sa retraite, seulement 4 joueurs avaient joué davantage de matchs; Gordie Howe, Alex Delvecchio, Tim Horton et Harry Howell.  

Il n'a malheureusement jamais remporté la coupe Stanley ou remporté d'honneurs individuels, ce qui nuit grandement à sa postérité. Durant ses années où il évoluait principalement comme défenseur (1953 à 1964 avec les Bruins), seulement 3 défenseurs ont obtenu davantage de points, soit Red Kelly (qui évoluait lui aussi parfois comme attaquant), Bill Gatsby et Doug Harvey.

Si le trophée Selke avait existé (il n'existe que depuis 1978), nul doute que Doug Mohns aurait été candidat durant ses années à Chicago. Il a aussi eu la malchance de partir de Boston quelques années avant l'éclosion des Big Bad Bruins et les coupes des années 70, en plus d'arriver à Chicago trop tard, les Blackhawks ayant remporté les grands honneurs en 1961. Il fut toutefois nommé au 57e rang du Top 100 de l'histoire des Bruins lors des célébrations du 100e de l'équipe en 2023-24.

Après sa retraite, il s'impliqua dans plusieurs causes humanitaires et travailla une vingtaine d'années au Massachusetts comme administrateur d'hopital. Il décéda en 2014 à l'âge de 80 ans.


mercredi 14 juin 2023

La famille Staline et le hockey




 

Vasily Iosifovich Staline est né le 21 mars 1921 à Moscou, un an avant que son célèbre père, Joseph Staline, ne devienne le successeur de Vladimir Lénine à la tête de l'URSS. Il était le deuxième enfant de Joseph, et premier de son deuxième mariage. 

Son enfance fut difficile alors qu'il fut largement ignoré par le père et même la mère, Nadezhda Alliluyeva, qui refusait de se soumettre aux ordres de Joseph de rester à la maison pour s'occuper des enfants. Vasily fut donc élevé principalement par des bonnes et des gardes du corps. En 1932, après une dispute entre les deux parents, Nadezhda fut retrouvée morte, s'étant suicidée par arme à feu. Les enfants Staline, soit Vasily et sa soeur Svetlana, furent induits en erreur pendant 10 ans avant de savoir la vérité sur la mort de leur mère, croyant jusque là qu'elle était morte d'une appendicite. La mort de sa mère eut un profond impact sur Vasily, qui commença à boire abondamment dès l'âge de 13 ans et qui ne vit que très rarement son père par la suite, lui qui le trouvait indigne.

Élève moyen sinon médiocre et turbulent à l'école, Vasily débuta son service militaire à 17 ans et commença à servir au front en août 1941 sous le nom de famille de Ivanov, pour dissimuler son identité. Mais ses supérieurs, voulant attirer la faveur du père, l'envoyèrent rarement au combat et lui donnèrent des promotions rapides et probablement non-méritées. Il abattit toutefois au moins 2 avions au combat. Il devint à 24 ans le plus jeune majeur-général de l'Armée rouge. 
 

Après la deuxième guerre mondiale, il commença à cultiver un intérêt pour le sport, particulièrement le hockey. Il participa à la création d'une équipe pour représenter les forces aériennes russes, le VVS Moscou, dont il devint président et directeur-général.
 
Logo du VVS Moscou
L'équipe débuta dans la ligue de championnat de Russie dès la saison 1946-47, première saison de l'histoire de la ligue. Anatoly Tarasov, surnommé le «père du hockey Russe» et futur créateur de la puissante équipe nationale de Russie, y débuta sa carrière comme joueur-entraîneur. 
 
Mais après une seule saison, Tarasov se disputa avec Vasily Staline et quitta l'équipe pour aller fonder le légendaire club du CSKA Moscou, qui deviendra le principal rival du VVS. 
 
Ces deux équipes représentant l'armée russe se livreront alors leur propre guerre interne de recrutement (parfois forcé) et de pillage de joueurs des autres clubs de la ligue. Vasily utilisa particulièrement son influence et son prestige pour parvenir à ses fins, comme par exemple le recrutement entier du premier trio d'un autre rival, le Spartak Moscou, au début de la saison 1948-49.

Lors de la saison 1949-50, Stalin continua son recrutement agressif en soutirant un joueur du nom de Viktor Shuvalov, joueur vedette du faible club du Dzerzhinets Chelyabinsk, en plus de celui qui était considéré comme le meilleur gardien de la ligue, le letton Harijs Mellups, qui venait de remporter le titre de gardien de l'année lors des trois saisons précédentes avec le Dinamo de Riga.
 
Vsevolod Bobrov avec le VVS Moscou

 
Mais le meilleur coup de Staline fut envers le CSKA en leur soutirant Vsevolod Bobrov, celui qui est considéré comme la première supervedette du hockey russe, et qui était d'ailleurs aussi une vedette au bandy et au soccer. Bobrov termina sa carrière avec 254 buts en 130 matchs, et fut plus tard comparé à Wayne Gretzky par Tarasov lui-même. Cependant, Bobrov était en froid avec ce dernier à cause de son jeu défensif, et accepta avec joie de joindre le VVS. Il deviendra un grand ami de Vasily Staline, qui organisait apparemment de grandes beuveries extravagantes en honneur de son joueur vedette après chaque match. 
 
Un film biographique fut même réalisé à partir de cette histoire en 1991, intitulé «Mon meilleur ami, le général Vassili, fils de Joseph», que je vous inclus intégralement ici parce que je l'ai trouvé sur YouTube... Je comprends rien de l'histoire mais ça a un peu l'air d'un «Lance et Compte» russe...



Bobrov deviendra joueur-entraîneur durant cette saison 1949-50 suite au renvoi de l'entraîneur précédent après quelques matchs. La puissante équipe de Staline avait donc en vue de remporter son premier championnat et de freiner la domination du CSKA, champion lors des deux années précédentes.

Cependant, le sort en fut tout autrement. Le 7 janvier 1950, l'équipe prit l'avion pour un match à Chelyabinsk. Les conditions météo étaient très mauvaises et l'avion dut plutôt tenter d’atterrir dans la ville voisine de Sverdlovsk (aujourd'hui Ekaterinbourg). L'entreprise échoua toutefois, et l'avion s'écrasa, tuant l'entièreté des 19 passagers à bord dont 11 joueurs du VVS, ainsi que le docteur et le massothérapeute de l'équipe. Trois joueurs éviteront toutefois la mort; Bobrov, Shuvalov et le défenseur Alexander Vinogradov. Ce dernier était suspendu pour s'être battu, tandis que Shuvalov avait été ordonné de ne pas jouer ce match contre Chelyabinsk par Staline lui-même qui voulait éviter les représailles violentes de la part des fans de l'ancienne vedette locale. L'équipe avait auparavant subi des représailles du genre après le vol du premier trio du Spartak l'année précédente. Bobrov pour sa part, aurait manqué le vol car il s'était réveillé trop tard et n'avait pas entendu son alarme. Il était en voyage en train lors de ces événements...

Parmi les joueurs décédés, on trouvait ce premier trio d'ex-Spartak discuté précédemment, qui était constitué de Ivan Novikov, Zdenek Zigmund, ainsi que Yuri Tarasov, qui était le frère du célèbre Anatoly. Le gardien Mallups fut lui aussi parmi les victimes, lui qui n'avait que 23 ans et qui était devenu père la semaine précédente et qui n'aura jamais pu voir son fils. Il recevra un autre titre de gardien de l'année, cette fois malheureusement à titre posthume.




Comme on était en pleine ère de communisme stalinien, le jeune Staline voulut complètement étouffer l'affaire, ne voulant pas que son père et le public soient au courant. Aucune mention de l'écrasement ne fut publiée dans la presse, les familles des joueurs furent laissés dans l'ignorance et les corps furent enterrés à la va-vite dans une fausse commune près du lieu de l'écrasement.

Et ne voulant pas que s'ébruite la disparition de ses joueurs manquants, Staline reconstruisit rapidement son équipe et parvint malgré tout à lui faire jouer ce match contre Chelyabinsk et le reste de la saison en remplaçant la majorité des joueurs décédés par des joueurs au même nom de famille...
 
Donc, lors de ce qu'on pourrait appeler un repêchage d'expansion digne de la «Twilight Zone», Staline trouva apparemment d'autres joueurs aux noms de Novikov, Zigmund, Tarasov, Moissev, etc...  
 
Pavel Zhiburtovich
Même que l'attaquant Yuriy Zhiburtovich fut remplacé par son frère, Pavel Zhiburtovich... qui ignorait probablement le sort de son frère. 
 
Il n'y avait cependant pas que des «faux joueurs» désormais avec le VVS alors qu'un des remplaçants à la défense pour l'équipe fut une autre figure légendaire du hockey russe, soit Viktor Tikhonov, futur entraîneur de l'équipe nationale et du CSKA. J'ignore toutefois si Tikhonov remplaça un autre joueur avec son véritable nom ou un nom «d'emprunt»...
 
Avec cette équipe «reconstituée» mais toujours puissante avec l'apport (et surtout présence divine) de Bobrov et Shuvalov, le VVS Moscou remporta ce match contre Chelyabinsk par la marque de 8-3. Pour éviter des soupçons supplémentaires ou pour se protéger, Staline ordonna aux annonceurs et à la presse de ne publier le sommaire qu'avec seulement les noms de famille des joueurs, sans prénom. Apparemment que Staline père n'a effectivement jamais eu bruit de cet écrasement.
 
La saison s'achevait toutefois et le VVS termina avec une fiche de 16-5-1 en 22 matchs, bon pour le 4e rang de la ligue, baissant de nouveau pavillon contre le CSKA qui termina au premier rang. Staline et le VVS Moscou se relevèrent toutefois de cette saison mouvementée avec la dominance de son premier trio toujours composé de Bobrov, Shavalov ainsi que Yevgeny Babich, un autre joueur vedette soutiré du CSKA et ami de Bobrov. Staline régla également le trou laissé dans les buts avec la mort de Mallups en volant de nouveau le CSKA avec le recrutement de Grigory Mkrtychan.
 
Bobrov termina cette saison 1950-51 avec 43 buts en 15 matchs (!) et le VVS Moscou remporta le premier championnat de son histoire, ainsi que les deux saisons suivantes.
 



Cependant, après ces trois championnats consécutifs, Joseph Staline subit une hémorragie cérébrale et mourut 4 jours plus tard, le 5 mars 1953. Il fut aussi spéculé qu'il aurait été empoisonné par des membres de son équipe politique, une thèse hautement secondée par Vasily lui-même, qui lors d'un épisode de rage et d'état d'ébritété avancé, aurait insulté les docteurs et les officiels présents. Il arrêta aussitôt ses fonctions au sein du VVS qui fut ensuite dissout et intégré au CSKA suite à l'arrivée du successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev, et le début de la «déstalinisation». 
 
Ne pouvant plus profiter de la protection que son nom de famille lui avait jusque-là procurée, Vasily fut forcé de se retirer de l'armée russe et il fut peu après arrêté le 28 avril 1953 suite à une visite au restaurant avec des diplomates étrangers. Il fut accusé de propagande anti-soviétique et condamné à 8 ans de prison, qu'il servit sous le nom de Vasily Pavlovich Vasilyev pour éviter toute tentative de représailles contre lui. Ayant pitié de lui, Khrouchtchev le libéra en 1960 et lui rendit ses médailles militaires. Il mourut toutefois dans un certain anonymat assombri d’un profond alcoolisme le 19 mars 1962, 5 jours avant son 42e anniversaire.

Après la dissolution du VVS Moscou, Vsevolod Bobrov rejoignit les rangs du CSKA en compagnie de Shavalov et Babich qui continuèrent leur dominance du hockey soviétique. Les trois firent d'ailleurs partie de l'équipe nationale aux Olympiques de 1956, avec Bobrov comme capitaine, et ramenèrent la première médaille d'or olympique de la Russie de ce tournoi, commençant officiellement la domination russe à l'échelle internationale. Bobrov mena le tournoi avec 9 buts.


Yevgeny Babich, Viktor Shuvalov et Vsevolod Bobrov


Après sa retraite comme joueur, Bobrov devint entraîneur-chef du Spartak Moscou et brièvement pour l'équipe nationale, notamment durant la Série du Siècle de 1972. Bobrov mourut en 1979 à l'âge de 56 ans et fut introduit au temple de la renommée du hockey international (IIHF) en 1997, soit lors de la première année de l'existence de ce temple.

En plus d'avoir été un des chanceux qui ont évité la mort lors de l'écrasement de 1950, Viktor Shuvalov vécut très longtemps, devenant le dernier joueur encore vivant de cette époque de l'émergence du hockey russe. Il mourut finalement en 2021 à l'âge de 97 ans, suite à des complications reliées à la Covid-19.

J'ignore quand et comment les familles des joueurs décédés lors de l'écrasement de 1950 furent mis au courant de ce secret et des manigances de Vasily Staline. Une plaque fut toutefois érigée en leur mémoire près du lieu de leur enterrement.



Une comédie du nom de «The death of Stalin» est sortie en 2017 où ces faits sont de nouveau relatés:


 

Conway's Russian Hockey Blog
Soviet Union ice hockey great Shuvalov dies at 97, Insidethegames.biz, 20 avril 2021
Eliteprospects.com


mercredi 1 mars 2023

Un modèle familier

 


 

 

Vous avez surement déjà vu cette version du jeu de hockey sur table, que ce soit en vrai ou en photographie. Ce modèle avec des joueurs en métal aux chandails des Canadiens contre les Maple Leafs, a été conçu dans les années 50 par la compagnie Eagle Toys et a été un immense succès, étant par la suite repris et imité par de nombreuses autres compagnies. Quelques années plus tard, ils commencèrent à vendre différents joueurs d'autres équipes afin de répondre aux demandes des fans. Mais la version originale ne mettait en scène que les Canadiens et les Maple Leafs avec la même illustration reprise recto-verso pour chaque joueur de chaque équipe.



Heille, même les Seals d'Oakland ont eu leur version...

Les illustrations des visages de ces joueurs étaient sensiblement tous du même style soit un visage générique souriant d'un joueur probablement inventé ou basé à partir d'une photo d'une personne quelconque par l'illustrateur.

Mais, en revenant à la première version Montréal/Toronto, le modèle de base du joueur était un vrai joueur, dont la photographie servit de base pour l'illustration du joueur pendant des années à venir. La position demeura la même, seulement le visage fut changé pour les autres équipes. Montréal était donc la seule équipe à ne pas avoir un joueur «souriant».


Voici Dick Gamble, un joueur dont la longue carrière professionnelle dura de 1949 jusqu'à 1970. Il joua, comme vous le devinez, avec le Canadien de 1951 à 1956, et aussi avec les Black Hawks, les Maple Leafs, les As de Québec, les Bisons de Buffalo et surtout les Americans de Rochester où il termina sa carrière et où il joua durant 10 saisons, remportant au passage trois coupes Calder avant de devenir entraineur. Il mourut en 2018 à l'âge de 89 ans, toujours à Rochester depuis sa retraite.

On a d'ailleurs déjà écrit sa bio dans le passé, cliquez ici pour la lire.

J'ignore s'il a reçu un chèque pour avoir été emprunté de la sorte, ni même s'il était simplement au courant. En carrière il a marqué plus de 500 buts chez les pros mais en tant que joueur de table, il en compte probablement davantage dans les millions...



La même photographie de Gamble fut utilisée pour sa carte Parkhurst 1951-52.



samedi 26 mars 2022

D'un autre angle #7 : Maurice Richard et Sugar Henry


 

 

Re-bienvenue à cette série où je vous montre quelques-uns des plus grands moments photographiés de l'histoire du hockey vus sous un autre angle.

Une autre des photographies les plus célèbres de l'histoire du hockey fut prise au Forum de Montréal le 8 avril 1952 lors du 7e match de la demi-finale de la Coupe Stanley entre les Bruins de Boston et le Canadien. C'est durant ce match que le légendaire Maurice Richard marqua ce qui selon plusieurs fut son plus beau but en carrière.

Alors que les deux équipes étaient à égalité à 1-1, Richard tenta une montée en territoire ennemi. En tentant d'éviter de défenseur Hal Laycoe, il ne vit pas apparaître l'autre défenseur des Bruins Léo Labine qui plaqua solidement Richard. Ce dernier reçut un coup de bâton et ensuite un coup de genou au visage, ce qui l'envoya violemment sur la glace. Après avoir perdu connaissance et avoir retraité au vestiaire, il revint héroïquement au jeu en troisième et alors que l'égalité perdurait toujours, il effectua une montée avec moins de 4 minutes à faire et déjoua le gardien Jim «Sugar» Henry avec un but d'anthologie. Ce but devint le filet décisif et après la fin du match, lors de la poignée de mains entre les deux équipes, un photographe captura cette célèbre photo où Jim Henry s'incline devant un Maurice Richard ensanglanté.




Cette photographie est une des plus célèbres de Richard et de l'histoire du hockey en général. Elle a même été recrée dans le film Maurice Richard, paru en 2005.




Vous avez donc probablement vu cette photo dans le passé et entendu parler de cet autre épisode légendaire de la carrière de Maurice. Mais voici cette photo vu d'un autre angle:

Premièrement, parlons du but menant à cette fameuse poignée de main. Malheureusement il n'existe pas d'archives vidéos de ce but (selon mes moyens) mais on retrouve plusieurs photographies. C'est d'ailleurs davantage ce but qui fut illustré sous différents angles dans les journaux le lendemain et non pas le célèbre cliché Richard/Henry.





Ce photographe était moins bien positionné mais ça nous donne quand même un angle intéressant...


Ensuite et bien lorsque la fameuse photographie de Richard serrant la main à Jim Henry a été prise, c'est normalement la photo suivante que vous avez pu voir.




Cependant cette photo n'était pas cadrée telle quelle à l'origine. Voici la photo intégrale:




On peut y voir non seulement Richard et Henry mais aussi une bonne partie de cette cérémonie de félicitations d'après série. On voit qu'il s'agissait plus d'un «free for all» que la traditionnelle rangée de poignées de main que l'on retrouve de nos jours.

Je me demande ce que le joueur du CH derrière Maurice est en train de dire...

Ensuite je n'ai pas trouvé d'autres «angles» de cette fameuse photo mais quand même d'autres photographies de ces mêmes célébrations d'après-match:




D'abord Henry avec le gardien du Canadien Gerry McNeil. On voit qu'avec ce dernier il n'avait pas à s'incliner...




Ici on voit Maurice avec son père dans le vestiaire après le match. Et à droite on voit une photo du premier but du match, celui d'Eddie Mazur (#23) du Canadien.
 


Un autre cliché de Maurice avec son père et ensuite de sa rencontre avec le président du club Donat Raymond où il éclata en sanglots. Une scène qui fut d'ailleurs recréée dans le film.


Ici on peut voir une photo de Maurice étendu sans connaissance sur la glace après l'impact violent qu'il venait de subir.


Ensuite et bien c'est principalement la photo principale qui demeure célèbre de nos jours. Elle a été immortalisée en peinture à plusieurs reprises:
 





«Sugar» Jim Henry est décédé 4 ans après le Rocket, dans sa ville natale de Winnipeg en 2004 à l'âge de 83 ans. Il a toujours été lié à cette photographie et a d'ailleurs toujours été honoré d'avoir pu être immortalisé de la sorte aux cotés d'un joueur légendaire comme Maurice Richard. Il avait même lui aussi une reproduction de cette photo célèbre à sa résidence:
 
 

 

Sources:
The legend of Sugar Jim, Winnipeg Free Press, 8 sept. 2020
Le Canada, 10 avril 1952
La Patrie, 9 avril 1952
La Presse 9 avril 1952