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Malgré qu'il avait disputé cinq saisons complètes et productives dans la Ligue junior de l’Ouest, aucune équipe de la LNH n’avait appelé au repêchage le nom de Richie Regehr, frère de Robyn, celui qui a joué 1089 matchs avec Calgary, Los Angeles et Buffalo (surtout Calgary)!
Ayant déjà un Regehr dans leur équipe, les Flames décidèrent de donner la chance à Richie, le signant en 2004 à titre d’agent
libre, alors qu’il était âgé de 21
ans. Il joua quatorze matchs (deux passes) avec l’équipe en 2005-06 et six (un but et une passe) en 2006-07, pour vingt matchs, les seuls de sa carrière dans la LNH. Il a marqué son seul but le 19 Décembre 2006 contre Los Angeles, alors qu’il déjoua le gardien Dan Cloutier d’un tir des poignets de la ligne bleue. Les Flames gagnèrent la partie, 5-3.
Malgré tout, les Flames ne retinrent pas ses services à l’issue de la saison 2006-07. C’était dommage pour Regehr car en plus de n’avoir pas mal paru durant ces vingt matchs avec Calgary, il avait bien fait dans la Ligue Américaine avec 21 buts et 48 passes en 134 matchs, répartis sur trois saisons, en plus d’un différentiel de +15.
Ne recevant pas d’autres appels de la LNH, le petit frère de Robyn décide de traverser l’Atlantique pour continuer sa carrière, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a fait durer le plaisir sur le Vieux Continent, laissant sa marque à gauche et à droite en Allemagne et en Suède, en passant par un court séjour en Autriche.
D’abord, l’ancien de la WHL a disputé la saison 2007-08 avec les Lions de Francfort et brillé, avec 21 buts et 20 passes en 42 matchs, une excellente production pour un défenseur! Il était un quart-arrière solide et son jeu a attiré l’attention des Eisbären (Ours Polaires) Berlin, puissante équipe de la Deutsche Hockey League, avec laquelle il évolua quatre saisons, de 2008 à 2012.
Le productif défenseur y remporte notamment trois championnats en quatre ans (2009, 2011 et 2012). Il a été excellent à Berlin et les fans l’ont adoré. En 184 matchs là-bas, il a marqué 49 buts et s’est fait complice de 81 autres (130 points). Il joua ensuite en première et deuxième division avec MODO en Suède, de 2012 à 2014.
Avec ses récents championnats encore en mémoire, Regehr décide de retourner en Allemagne pour jouer trois ans à Munich. Malgré une production réduite à ses deux dernières années et une blessure qui l’empêche de participer aux séries de 2016, Regehr remporte le championnat en 2016 et en 2017, même si officiellement, il n’est considéré champion qu’en 2017.
À bout de souffle, il dispute six matchs avec Klagenfurt (Autriche) en 2017-18, avant de tirer sa révérence pour de bon. Peut-être ne s’était-il pas fait un nom ici, mais il a tout de même fait partie de cinq équipes championnes en huit saisons dans la DEL, en plus d’être fiable et productif en Europe, ne terminant jamais avec un différentiel négatif en dix saisons en Allemagne et en Suède, deux pays au très bon calibre!
De son côté, Robyn passa des Flames aux Sabres à l'été 2011. Il est ensuite échangé aux Kings durant la saison écourtée de 2012-13. Il gagnera la Coupe Stanley au printemps 2014, jouant 8 matchs en séries. Il se retira du jeu après la saison 2014-15, signant un contrat d'une journée pour se retirer en tant que membre des Flames.
Robyn et Richie Regehr lors de leur court séjour comme coéquipiers avec les Flames.
Dernière petite anecdote sur les frères Regehr. Bien qu’ils soient d’origine canadienne, Robyn est né au Brésil et Richie, en Indonésie. Bizarre? Pas si on considère que leurs parents étaient des missionnaires mennonites qui voyageaient à travers le monde dans leur mission.
Seulement deux patineurs natifs du Brésil ont joué dans la LNH. Robyn Regehr et le gardien Mike Greenlay, qui a joué deux parties avec Edmonton en 1989-90.
Mais un seul patineur natif de l’Indonésie a joué dans la LNH : Richie Regehr.
Ils s’agit du seul duo de frères à mener les pointeurs de l’histoire de pays différents dans la LNH. Aucun joueur né au Brésil n’a plus de points que Robyn Regehr et aucun né en Indonésie ne dépasse le petit frère Regehr!
Bon, d’aucuns diraient qu’ils sont chanceux que Wayne Gretzky ne soit pas Brésilien ou Indonésien mais bon…ce n’est tout de même pas de leur faute!
Bon, peut-être qu’on exagère un peu sur ce «record», mais ça demeure tout de même un accomplissement hors du commun, bien qu’hautement anecdotique!
Lors de la saison 1977-78, le défenseur Dennis O'Brien marqua l'histoire en devenant le premier joueur à disputer au moins un match pour 4 équipes différentes durant la même saison. Cela lui aura valu, 40 ans plus tard, de voir un trophée à son nom à La Vie Est Une Puck pour le joueur qui a joué pour le plus d'équipes durant la saison.
Mais lors du brainstorm pour la création de ce trophée, on pensait d'abord nommer ce trophée en l'honneur de celui qui répéta l'exploit en 1991-92, nul autre que Dave McLlwain. On s'est finalement rabattu sur O'Brien, le OG, mais aujourd'hui on tient quand même à faire une place à McLlwain en lui accordant finalement une bio.
David Allan McLlwain et né le 9 juin 1967 à Seaforth en Ontario, même ville d'origine que plusieurs joueurs de renom comme Cooney Weiland et Ryan O'Reilly.
Joueur de centre de 6'-0" et 185 livres, McLlwain débuta son stage junior en 1984-85 avec les Rangers de Kitchener mais fut échangé aux Centennials de North Bay la saison suivante, saison qui résulta sur sa sélection tardive en 9e ronde (174e au total) par les Penguins de Pittsburgh au repêchage de 1986.
Il termina ensuite la saison 1986-87 avec 119 points, au deuxième rang de la OHL. Il participa également aux championnat junior de 1987, ce fameux tournoi qui vit la Russie et le Canada être disqualifiés suite à une bagarre générale.
Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1987-88, parvenant à se tailler un poste avec les Penguins, à l'exception de 9 matchs dans la IHL avec les Lumberjacks de Muskegon. Il récolta 19 points dont 11 buts en 66 matchs pour cette saison recrue.
Il sembla régresser la saison suivante et ne joua que 24 matchs à Pittsburgh (3 points) et il passa la majorité de la saison à Muskegon, les aidant à remporter la coupe Turner.
Ce fut sa dernière saison à Pittsburgh car durant l'été 89, il fit partie d'une transaction de 6 joueurs entre les Penguins et les Jets de Winnipeg. En compagnie de Randy Cunneyworth et le gardien Rick Tabbaracci, McLlwain prit le chemin du Manitoba. En retour, les Penguins mirent la main sur Jim Kyte, Randy Gilhen et Andrew McBain.
McLlwain répondit parfaitement à cet échange, récoltant des sommets en carrière de 25 buts et 51 points en 1989-90. Cela sembla toutefois être bien éphémère alors qu'il régressa à seulement 25 points en 1990-91.
Vint ensuite sa fameuse saison à 4 équipes en 1991-92.
Après seulement 3 matchs en début de saison avec les Jets, il passa aux Sabres de Buffalo dans un échange impliquant 5 joueurs et un choix au repêchage qui devint Yuri Khmylev chez les Sabres. Mais seulement 2 semaines plus tard, il fit partie d'un autre échange encore plus gros, celui de Pierre Turgeon/Pat LaFontaine entre les Sabres et Islanders de New York. McLlwain, Turgeon, Benoit Hogue et Uwe Krupp devinrent alors des Islanders, tandis que Lafontaine, Randy Hillier et Randy Wood devinrent des Sabres.
Il joua donc pour les Islanders pour les 54 matchs suivants, amassant 23 points. Mais lors de la date limite des transaction au printemps 1992, il passa aux Maple Leafs de Toronto en compagnie de Ken Baumgartner. En retour, les Islanders mirent la main sur Claude Loiselle et Daniel Marois.
Donc si vous étiez parmi ces nombreux collectionneurs de cartes autour de 1992, vous deviez avoir pas mal de versions de Dave McLlwain:
Après autant de mouvement, il put au moins réaliser un rêve d'enfance de pouvoir jouer à Toronto devant les siens. Il fut «récompensé» en 1992-93 en jouant la saison entière avec les Leafs, amassant 18 points en 66 matchs.
Mais ce fut encore une fois très bref dans la ville reine alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa durant l'été 1993, et connaitra sa deuxième meilleure récolte en carrière en 93-94 avec 43 points. Après une demie-saison moyenne en 1995, les Sénateurs s'en débarrassèrent, tout d'abord en le prêtant dans la IHL aux Lumberjacks de Cleveland.
Parenthèse ici pour parler des Sens, qui faisaient alors véritablement honneur à leur jeune réputation de club broche à foin, puisqu'au même moment, le club versait plus de 2,5 millions en salaire à des joueurs qui n'étaient même plus dans la LNH...
Je recopie ici un texte du Soleil du 8 décembre 1995:
«Les infortunés Sénateurs d’Ottawa ont retourné hier aux mineures les vétérans Dave Archibald et Scott Levins. Puisqu’Archibald recevra quand même son salaire de 400 000 $ à l’île-du-Prince-Édouard, les Sénateurs devront désormais verser quelque 2.5 millions à des joueurs qui ne sont pas dans la LNH. L’équipe verse environ 19 millions en salaires. Pat Elynuik (850 000$), Brad Shaw (550 000$), Chris Dahlquist (550 000$), Dave McLlwain (450 000$), Darrin Madeley (300 000$) et Sylvain Turgeon (150 000$) appartiennent tous aux Sénateurs même si aucun d’eux ne joue à Ottawa. Ils écoulent tous leurs contrats garantis dans la LIH. Les Sénateurs doivent également honorer les contrats de l’ancien entraineur Rick Bowness et de son adjoint Alain Vigneault, ainsi que celui de l’ex-directeur général Mel Bridgman.
Mais McLlwain était loin d'être fini car il amassa 75 points dont 30 buts en 60 matchs dans la IHL. Il évoluait avec le même club qu'il avait auparavant porté les couleurs, les Lumberjacks, qui étaient toutefois déménagés à Cleveland. Les Lumberjacks demeuraient toujours le club-école des Penguins et c'est en quelque sorte ce qui dicta la suite des choses. Les Sénateurs trouvèrent finalement preneur pour les services de McLlwain en mars 1996 lorsqu'il retourna aux Penguins en retour d'un choix de 8e ronde.
Après avoir fait ce court retour avec les Penguins, il retourna avec les Lumberjacks en 1996-97. Il parvint toutefois à revenir dans la LNH pour 4 matchs en fin de saison avec un autre ancien club, les Islanders. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH.
Il mit ensuite le cap sur la ligue allemande en 1997-98 avec le Landshut EV. S'en suivit par après 2 saisons avec le HC Berne dans la ligue Suisse.
En 2000-01, il retourna dans la ligue allemande avec les Sharks de Cologne. Il y connaitra alors ses années les plus stables, jouant avec le club jusqu'à sa retraite en 2009.
Il termina deux fois en tête des pointeurs de la DEL, soit en 2005-06 et 2006-07. Il fut élu capitaine des Sharks pour ses trois dernières saisons et demeure à ce jour le 2e meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe.
L'équipe lui a rendu honneur lors de sa retraite et à ce qu'on peut entendre ici, il avait même appris un peu d'Allemand...
En 501 matchs dans la LNH, il amassa 100 buts et 107 passes pour 207 points.
Il fallut ensuite attendre jusqu'en 2014-15 pour revoir un joueur faire 4 équipes en une saison lorsque Mark Arcobello réédita l'exploit, suivi quelques années plus tard de Jussi Jokinen en 2017-18.
L'allemand Heinz Weifenbach, surnommé «Big Heinz», avait d'abord fait sa fortune dans le développement immobilier, avant de se lancer dans le hockey professionnel en achetant le club ECD Iserlohn dans la Bundesliga en 1981. Weifenbach revait d'un championnat et tenta au fil des années de garnir son club d'autant de joueurs vedettes (lire importés) que possible, dont plusieurs canadiens. Il avait même réussi à acquérir les services de l'attaquant Jaroslav Pouzar, qui était fraîchement couronné de trois bagues de la coupe Stanley avec les Oilers d'Edmonton.
Cependant, les finances du ECD Iserlohn étaient un vrai foutoir. Les joueurs, surtout les joueurs vedettes, étaient payés, quelquefois avec des tours de passe-passe de la part du comptable de l'équipe. Ceux qui n'étaient pas payés étaient plutôt les agents du fisc allemand, réclamant l'équivalent de plus de 3 millions en impôts non-payés par l'équipe.
Heinz Weifenbach
À l'aube de la saison 1987-88, la situation était tellement dramatique que le fisc allait directement perquisitionner les joueurs du club, enquêtant sur leurs avoirs en réquisitionnant leurs relevés de paie et allant jusqu'à confisquer leurs biens, saisir leurs voitures et même les empêcher de pratiquer en mettant le cadenas sur le vestiaire. Nouvellement signé par l'équipe, l'ancien attaquant vedette des Sabres Danny Gare fut choqué du traitement réservé à ses coéquipiers, quitta l'équipe et confirma sa retraite.
Ne pouvant pas éviter les agents fédéraux très longtemps, Weifenbach dut alors user de créativité pour trouver davantage de sponsors et remettre son équipe à flot. C'est alors que le maire d'une des banlieues d'Iserlohn le mit sur une piste on ne peut plus loufoque, soit d'aller demander de l'aide financière à l'étranger, et pas n'importe où, soit en Libye en la personne de Muammar Kadhafi, leader du pays, ou plus précisément auto-proclamé «Dirigeant de fait de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste», depuis sa prise du pouvoir en 1969 jusqu'à sa mort en 2011.
Vers la fin novembre 1987, Weifenbach prit l'avion pour Tripoli et fut accueilli en grande par le gouvernement Libyen, avec des prestations de danseuses sous des tentes directement sur le tarmac de l'aéroport. Kadhafi, qui ne connaissait rien au hockey, n'ayant que visionné une videocassette lui démontrant le sport, rencontra Weifenbach et quelques journalistes. Il accepta de financer l'équipe pour 900 000$, ce qui permettrait à Weifenbach de terminer la saison.
Il y avait toutefois une condition à ce financement. Pour recevoir son soutien financier, l'équipe se devait de promouvoir le «Livre vert» de Khadhafi sur son chandail. Paru en trois tomes à partir de 1975, le livre vert était en quelque sorte le manifeste de Kadhafi où il expliquait les fondements de sa pensée politique et sa conception du socialisme. Un peu comme le Petit livre rouge de Mao Zedong ou le Mein Kampf d'Adolf Hitler, le livre vert deviendra le symbole du long régime de Kadhafi.
Kadhafi et son «Livre vert».
Kadhafi et Weisenbach tenant le Livre vert lors de leur rencontre en novembre 1987
Donc, Weifenbach rentra en Allemagne avec en poche cette entente avec le gouvernement lybien. Il annonça à ses joueurs la grande nouvelle que l'équipe était sauvée, qu'ils avaient une chance de remporter le championnat, et leur présenta leur nouveau chandail. Tout ce que les joueurs avaient à faire était de le porter pour seulement six matchs, suite à quoi Kadhafi leur enverrait l'argent.
Les joueurs, étant d'abord surpris, ont toutefois accepté l'entente, étant traditionnellement de l'école où l'argent mène, voulant avant tout jouer au hockey. Ils étaient de toute manière habitués de porter n'importe quoi de sponsorisé dans ces ligues européennes.
C'est donc le 4 décembre 1987 que les fans du Iserlohn purent voir le nouveau chandail de leur équipe favorite. Devant une salle comble de plus de 6000 spectateurs (dans un aréna d'une capacité de 4800), dont plusieurs déguisés en Kadhafi, le ECD Iserlohn croyait que sa saison était repartie du bon pied.
Cependant, la fédération du hockey allemand n'était pas du tout enchantée de cet accord et voulait voir disparaître ce livre vert du chandail du ECD Iserlohn. Les médias s'en donnaient également à cœur joie et même le ministre de l'intérieur Friedrich Zimmerman déclara qu'il s'agissait «d'une mauvaise blague en flagrante violation envers la neutralité politique du sport». Et aux yeux de plusieurs, il s'agissait surtout d'une question de mauvais goût, considérant que Kadhafi était celui qui avait ordonné un attentat dans une discothèque de Berlin en 1986, faisant trois morts, dont deux soldats américains, ainsi que plus de 200 blessés.
Voici un excellent vidéo d'époque où vous pouvez voir le chandail en action (et même un but!) ainsi que les personnages discutés jusqu'à maintenant:
L'attaquant canadien Bruce Hardy
Le gardien tchèque Cestmir Fous
Jaroslav Pouzar, champion de la coupe Stanley avec les Oilers en 1984, 1985 et 1987
Lors du match suivant à Francfort, leur autobus fut accueilli par une foule hostile avec des pancartes ridiculisant et menaçant le club, en plus de l'escouade anti-émeute. Il faut dire que la mauvaise attention était davantage décuplée dans cette ville, où des centaines de soldats américains étaient stationnés. Apparemment même que l'aréna aurait reçu des menaces d'attaque à la bombe, ce que l'unité anti-terroriste nia après avoir fouillé de fond en comble l'aréna.
Suite à cet accueil très mitigé, et ce possible danger imminent, les joueurs firent une réunion d'urgence dans le vestiaire. Ils firent part de leurs inquiétudes et leur malaise à Weifenbach qui leur implora que s'ils ne portaient pas le livre vert, l'argent ne viendrait pas et le club serait dissout. Les joueurs passèrent au vote et décidèrent finalement de ne pas le porter et Weifenbach s'inclina en quittant le vestiaire.
Le ECD Iserlohn joua donc ce match contre Francfort avec ses vieux chandails sans propagande dans ce qui fut effectivement le dernier match de l'équipe, qui n'aura donc porté le chandail de Kadhafi à une seule occasion. Ce dernier retira son offre et le club déclara faillite peu après. L'équipe fut dissoute sans terminer la saison, alors qu'il ne restait que 6 matchs au calendrier.
La saison suivante, Weifenbach parvint à se sortir suffisamment d'affaire pour ressusciter son club, renommé ECD Sauerland, mais cette fois-ci relégué en 3e division. Il put finalement goûter au champagne d'un championnat en 1990. Il se départit ensuite du club en 1991 et ne put finalement pas fuir ses anciens problèmes très longtemps, étant condamné en 1993 à 27 mois de prison pour évasion fiscale. Il est toutefois resté dans les bonnes grâces des partisans d'Iserlohn, qui le considèrent comme un des leurs et qui le respectent pour avoir tout tenter pour faire survivre le hockey dans la ville. Il fut accueilli en héros lors du 40e anniversaire de l'équipe en 1999, étant longuement réclamé par la foule jusqu'à temps qu'il accepte d'aller parader sur la glace. Il mourut à 75 ans en 2015 après de longues années où il était atteint de démence.
Le club d'Iserlohn, désormais connu sous le nom des Roosters, font partie depuis l'an 2000 de la première division, la DEL. Ils n'ont jamais remporté de championnat.
Après 41 ans au pouvoir en Lybie, la guerre civile éclata et le régime de Kadhafi prit finalement fin. Des milliers d'exemplaires du livre vert furent alors publiquement brûlés à Benghazi. Lors de la prise de Tripoli par les rebelles, Kadhafi s'enfuit en Syrie mais fut peu après capturé et exécuté le 20 octobre 2011.
De nos jours, le Livre vert est interdit de publication en Lybie. Il n'existerait apparemment que deux exemplaires du fameux chandail «livre vert» encore existants. Un d'entre eux est exposé au temple de la renommée du hockey allemand à Augsburg, tandis que l'autre est toujours en possession d'un ancien joueur, le canadien Bruce Hardy.
L'an passé je visitais un de mes amis à Québec et il m'a gracieusement donné sa copie du livre ''Confessions sportives'' de Martin Leclerc. Paru en 2014, ce livre regorge de plusieurs histoires inédites et anecdotes savoureuses provenant de plusieurs personnalités sportives québécoises. Je vous le conseille fortement et un des chapitres m'a inspiré de faire un profil ici sur une légende du hockey allemand, le fameux Dieter Hegen. Si vous avez lu le livre, vous avez sûrement adoré comme moi le chapitre de l'ancien joueur du Canadien Mathieu Darche. Si ce n'est pas le cas, je vous en offre un extrait ici:
En 2005, à l'âge de 28 ans et après avoir disputé 5 saisons dans les rangs professionnels, Darche n'était parvenu à participer qu'à 26 matchs dans la LNH. Ressentant le besoin d'offrir plus de stabilité à sa famille, il a alors décidé de faire le saut en Europe en paraphant un contrat avec l'équipe de Duisburg, en première division allemande...
...
Le plan ne s'est cependant pas déroulé comme prévu. Son séjour à Duisburg s'est avéré plus court qu'il l'avait cru, et extrêmement pénible.
L'entraîneur des Foxes de Duisburg était Dieter Hegen, que les Allemands considéraient comme le plus grand hockeyeur de l'histoire de ce pays. En 1981, Hegen avait d'ailleurs été repêché en 3e ronde (46e au total) par le Canadien de Montréal. Toutefois il n'a jamais daigné traverser l'Atlantique pour tenter sa chance dans la LNH. Hegen était peut-être un bon joueur de son époque, mais Darche a rapidement constaté qu'il n'était pas suffisamment outillé pour diriger une équipe professionnelle.
Dieter Hegen
‹‹L'entraîneur fumait sans arrêt dans son bureau alors que la salle de lavage était située dans la même pièce. Nos chandails sentaient donc constamment la cigarette. Aussi les séances d'entraînements étaient répétitives et totalement dépassées... En fait, Hegen ne connaissait strictement rien au métier d'entraîneur. Il m'engueulait parce qu'il trouvait que je ne plongeais pas suffisamment sur la patinoire pour inciter l'arbitre à décerner des punitions. Quelle mentalité! Je me suis bien entendu avec tous mes entraîneurs durant ma carrière de hockey. Je n'ai jamais eu de conflits avec ceux qui m'ont dirigé et j'ai toujours été considéré comme l'un des joueurs les plus travaillants au sein de mes différentes équipes.››
‹‹Hegen est le seul entraîneur que j'aie insulté. À un certain moment, alors que tout allait mal durant un match, je me suis retourné au banc et je lui ai lancé: ''No wonder you never had the balls to come to America, you piece of shit!'' (Pas étonnant que tu n'aies jamais eu suffisamment de couilles pour tenter ta chance en Amérique, espèce de merde!), se souvient-il.
Il fallait vraiment que Darche soit à bout pour tenir pareil langage, lui qui jouit d'une réputation de parfait gentleman. D'ailleurs, Hegen avait maille à partir avec plusieurs autres joueurs au sein de l'équipe. Steve Brûlé, un autre Québécois qui portait les couleurs des Foxes, a préféré plier bagage et rentrer au pays avant la fin du calendrier régulier tellement il n'était plus capable de blairer son entraîneur.
...
Darche se souvient d'une défaite de 7 à 1 que son équipe avait encaissée aux mains les Lions de Francfort, dont l'attaquant vedette était le Québécois Patrick Lebeau.
‹‹Nous affrontions les Lions sur notre patinoire et Lebeau nous avait taillés en pièce en récoltant 5 points.›› se souvient Darche. Après la rencontre, Hegen avait demandé à quelques-uns de ses joueurs de l'aider à analyser cette cuisante défaite. Darche avait alors senti le besoin d'intervenir.
- Je ne veux pas remettre ta stratégie en question, mais pourquoi le trio de Lebeau est toujours confronté à notre quatrième trio?
- Parce que l'autre entraîneur dépêchait toujours ses joueurs sur la patinoire après moi, avait déploré Hegen.
‹‹Je lui ai alors expliqué que c'est toujours l'entraîneur de l'équipe à domicile qui a le privilège d'envoyer ses joueurs en dernier sur la patinoire. Mais Hegen l'ignorait! Il ne connaissait pas cette règle élémentaire!›› s'étonne encore Darche.
...
Les Foxes ont bouclé cette saison misérable au dernier rang de la DEL et Darche n'a pas mis de temps à rentrer au Québec...
Wow. Inutile de vous dire que j'ai adoré ce passage et que je me devais d'en savoir plus sur ce fameux Dieter Hegen. Alors voici ma bio de ce grand joueur et horrible entraîneur allemand.
Né le 29 avril 1962 dans la ville de Kaufbeuren alors en Allemagne de l'Ouest, Dieter Hegen commença à jouer au hockey à l'âge de 7 ans lorsqu'il suivit les traces de son frère Gerhard, un gardien de but qui jouera également avec Dieter plus tard au niveau professionnel. Un buteur extrêmement dominant au niveau junior, ''Didi'' Hegen débutera avec le club de sa ville natale, le ESV Kaufbeuren, à l'âge de 17 ans lors de la saison 1979-80.
Alors en deuxième division, le club est porté par sa nouvelle vedette qui récolta 60 buts et 124 points et aida l'équipe à passer en première division.
Il marqua ensuite 54 buts en 1980-81 lors de son entrée dans le meilleur niveau allemand, menant la ligue pour les buts marqués et récoltant le titre de recrue de l'année. Toujours d'âge junior, il participa la même année au championnat du monde junior, récoltant 8 buts et 9 points, bon pour le premier rang des marqueurs du tournoi devant Dale Hawerchuk du Canada.
Suite à cette saison et ce tournoi, les Canadiens prirent le risque de le sélectionner en 3e ronde (46e au total) au repêchage de 1981. Quelques rangs auparavant, Montréal avait également sélectionné Chris Chelios (40e au total).
Cependant, comme mentionné plus haut, Hegen ne traversa jamais l'Atlantique et ne jouera nulle part ailleurs qu'en Allemagne. Il déclara plus tard qu'il n'a jamais regretté cette décision, jugeant que le hockey de la LNH était trop basique (!), peu ouvert aux étrangers et que son style technique tout en finesse ne se portait pas au style nord-américain.
Il jouera plutôt les deux décennies suivantes au sein de divers clubs de la Bundesliga et ensuite de la ligue qui prendra sa place, la Deutsche Eishockey Liga (DEL). Il fut souvent marchandé aux clubs les plus offrants et il partait ensuite ailleurs lorsque ces clubs n'avaient plus d'argent. Il joua d'abord pour son club d'origine, le ESV Kaufbeuren de 1979 à 1986. Il passa ensuite avec le Kölner EC (Cologne) où il fut jumelé à un joueur du nom de Gerg Truntschka, un ancien choix de 12e ronde des Blues de St.Louis en 1978.
Le duo Hegen-Truntschka deviendra une des meilleures combinaisons de l'histoire du hockey allemand, et les deux joueurs furent pratiquement inséparables, traversant ensemble en territoire ennemi avec le club de Düsseldorf de 1989 à 1992 et ensuite à Munich de 1992 jusqu'à la retraite de Truntschka en 1994. Leur défection de Cologne à Düsseldorf créa d'ailleurs tout un scandale alors que les deux villes sont situées à moins de 40 kilomètres et sont donc de grands rivaux. Lorsque l'annonce du transfert fut annoncée, Hegen et Truntschka jouaient toujours pour Cologne et n'allaient rejoindre Düsseldorf que la saison suivante. Quelle excellente idée de signer avec une autre équipe avant que la saison ne soit finie... Ils furent copieusement hués par leurs partisans lors des séries... qu'ils perdirent contre Düsseldorf.
Quoiqu'il en soit le duo mènera leur équipe à 6 championnats d’Allemagne soit en 1987 avec Cologne, 4 championnats d'affilée avec Düsseldorf (1989-90-91-92) et ensuite un autre championnat avec Munich (1994). Hegen mènera également la ligue pour les buts marqués en 1989 et 1992 tandis que Truntschka mènera la ligue pour les points en 1988 et 1989 en plus de remporter le titre du joueur de l'année en 1987, 88, 90 et 91.
Hegen et Truntschka
Hegen continuera ensuite avec le club de Munich sans son comparse alors que fut créée la DEL pour la saison 1994-95. Toutefois Munich dut déclarer faillite en plein milieu de la saison et il retourna ainsi à Düsseldorf avec qui il remportera un autre championnat en 1996 et où il jouera jusqu'en 1998. Durant cette même année 1998, il participera à ses cinquièmes jeux olympiques avec la sélection nationale allemande, un record qu'il partageait alors avec 4 autres joueurs. Ce record fut battu en 2002 lorsque le finlandais Raimo Helminen participa à ses 6e jeux olympiques.
Hegen jouera ensuite deux saisons en dents de scie avec un nouveau club, les Star Bulls de Rosenheim mais il sera ensuite renvoyé de l'équipe avant la saison 2000-01 après avoir échoué un test de condition physique. Il décidera alors de retourner à ses premières amours, le ESV Kaufbeuren, désormais relégué en 3e division. Il prit sa retraite après la saison 2001-02 après une fracture à la main.
Si on additionne ses statistiques en 1re division allemande, Hegen récolta en tout 565 buts et 499 passes pour un total de 1064 points. Rajoutez 124 points en 2e division et finalement 77 points en 3e. Son total de buts le situe au deuxième rang de l'histoire du hockey allemand derrière le légendaire Erich Kuhnhackl (voir texte du 9 décembre 2016).
Ses 16 buts aux olympiques font également de lui le meilleur marqueur de l'histoire de l'Allemagne. Son numéro 23 fut d'ailleurs retiré de l'équipe nationale. Il fut élu en 2010 au temple de la renommée de l'IIHF.
Donc suite à cette glorieuse carrière de joueur, Hegen devint entraîneur. Voulant accéder au titre d'entraîneur de l'équipe nationale, il accepte d'abord de faire ses dents en deuxième division avec les Foxes de Duisburg. Il rata les séries la première année mais amena graduellement l'équipe à graduer en 1re division pour cette fameuse saison 2005-06 qui verra l'arrivée temporaire de Mathieu Darche avec l'équipe. En plus de Darche et Brûlé mentionnés plus haut, on retrouvait également les défenseurs Jean-Luc Grand-Pierre (anciennement des Sabres et Blue Jackets) et François Groleau (anciennement du Canadien).
S'il obtint une fiche correcte en 2e division, le parcours de Hegen comme entraîneur n'a jamais débloqué depuis. Voici ses statistiques et développements comme entraîneur depuis 2005-06:
2005-06 - Foxes de Duisburg: Fiche de 12-30-5-5 - dernière place
2006-07 - Foxes de Duisburg: Fiche de 8-36-3-5 - dernière place
2007-08 - Foxes de Duisburg: Congédié en octobre, le club terminera de nouveau en dernière place avec une fiche de 10-36-5-5 * Fun fact - il sera remplacé par Peter Draisaitl (père de Leon)
2008-09 - Foxes de Duisberg: revient avec le club en septembre mais démissionne en janvier. Le club termine en dernière place pour la 4e année consécutive (fiche de 9-36-6-1) et est délégué en 4e division. N'est jamais retourné plus haut que la 3e depuis ce temps.
Hegen prend ensuite une pause de quelques saisons et se fait engager à la mi-saison 2011-12 comme entraîneur-chef du club des moins de 18 ans du ESV Kaufbeuren. Le club s'inclinera en première ronde des séries. Il gradue ensuite comme directeur général et entraîneur avec le ESV Kaufbeuren Senior, désormais en 2e division.
2012-13 - ESV Kaufbeuren: Fiche de 11-29-1-7 - avant-dernière place
2013-14 - ESV Kaufbeuren: Fiche de 20-32-0-2 - remplacé comme coach en janvier, demeure en poste comme GM
2014-15 - ESV Kaufbeuren: Renvoyé en novembre 2014. Le club termine en dernière place avec une fiche de 9-39-4-0
Après une autre pause de quelques saisons, Hegen était de retour comme entraîneur cette saison avec les Foxes de Duisburg. Le club avait une fiche de 20-24-3-3 et rataient les séries avant que la saison ne soit annulée à cause du COVID-19.
C'est ce qui complète la carrière (à ce jour) de Dieter ''Didi'' Hegen, légendaire joueur et entraineur plus que médiocre du hockey allemand.
J'ignore toujours à ce jour s'il sait comment effectuer ses changements...
Pour sa part, Darche connut une saison de 12 buts, 13 passes et 25 points en 52 matchs sous les ordres de Hegen en 2005-06. Il termina également avec son pire différentiel à vie avec -29. Il revint en Amérique du nord après cette seule saison et se trouva un poste avec les Sharks de San Jose. Il connut une saison de 35 buts et 80 points avec leur club-école de Worcester. Il joua ensuite pour le Lightning et se mérita ensuite un poste avec les Canadiens, tout d'abord à Hamilton avec le club-école et ensuite avec le grand club où il joua de 2009 à 2012, récoltant 22 buts et 48 points en 149 matchs.
J'ai toujours aimé et respecté cet honnête joueur, qui en plus fait partie de l'Alma Mater de l'Université McGill, un des rares joueurs à avoir atteint la LNH après avoir joué dans le hockey universitaire canadien et sans jamais avoir été repêché. Pour ce fait d'arme et cette croustillante histoire de son périple en Allemagne avec Dieter Hegen, je crois que la conclusion qui suit est appropriée.
''No wonder you never had the balls to come to America, you piece of shit!'' - Mathieu Darche
Voilà. Il mériterait de se faire faire un poster ou une plaque avec cette citation...
Sources: Confessions Sportives - 50 histoires inédites, Martin Leclerc, Éditions Hurtubise Hockey archives
wikipedia
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