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jeudi 1 août 2024

Joueur oublié des 90's #92 - Doug Houda

 


 

Voici un (rare) clip cocasse des NHL Awards de 1997 où Ron MacLean annonce à Phil Esposito que suite à la règle controversée du patin dans le demi-cercle, la ligue a décidé d'appliquer rétroactivement le règlement. Cela fait en sorte que le total de buts en carrière d'Esposito (un joueur qui était réputé pour les buts devant le filet) a diminué drastiquement, le mettant finalement à 3 buts derrière Doug Houda...


Douglas Harold Houda est né le 3 juin 1966 à Blairmore en Alberta. Grand défenseur physique de 6'2" en 200 livres, Houda était ce qu'on appelle un défenseur «défensif» ou «dans sa zone», étant rarement appelé à contribuer offensivement. Il n'était pas non plus un agitateur ou un pugiliste mais n'hésitait toutefois pas à se battre si la situation l'exigeait. Il était également réputé pour ses bonnes mises en échec.

Il débuta son stage junior avec les Wranglers de Calgary de la WHL en 1982. Après sa deuxième saison avec les Wranglers où il amassa 195 minutes de pénalités et une fiche de 36 points, les Red Wings en firent leur choix de 2e ronde (28e au total) du repêchage de 1984. 

Il connut en 1984-85 sa meilleure saison offensive à vie (incluant chez les pros) avec les Wranglers avec 20 buts et 54 passes. Il termina cette saison avec le club-école des Red Wings comme renfort en séries, débutant ainsi son passage chez les pros.

Il débuta ensuite la saison 85-86 à Détroit mais fut renvoyé au junior après 6 matchs. Il termina sa carrière junior en étant échangé à Medecine Hat.

Il passa ensuite les saisons suivantes à faire la navette entre les Wings et leurs clubs-école, n'étant jamais capable de s'assurer un poste permanent à Détroit. Sa meilleure saison (à vie dans la LNH) fut celle de 1988-89 où il obtint 2 buts et 11 passes pour 13 points. Il parvint ensuite finalement à jouer 73 matchs avec le club, récoltant 2 buts et 9 passes. 

Un changement d'entraineur la saison suivante le fit toutefois retourner dans la ligue américaine. Il fut finalement échangé aux Whalers en février 1991 en retour de Doug Crossman.

Il eut plus de temps de glace avec une plus faible équipe à Hartford, connaissant sa meilleure récolte de buts en 1991-92 avec 3 buts(!) et jouant exclusivement pour le grand club. Il fut toutefois échangé aux Kings durant la saison 1993-94 en retour de Marc Potvin. Après cette seule demie-saison à L.A., Houda fut échangé aux Sabres en retour d'un jeune Sean O'Donnell.



Houda eut des moments difficiles à Buffalo, étant finalement rétrogradé dans les mineures en 1995-96. Il profita toutefois de l'occasion pour s'imposer avec leur club-école, les Americans de Rochester, qu'il aida à remporter la coupe Calder au printemps 1996. Cela le remit sur le radar des autres équipes et finalement, les Islanders le signèrent comme agent libre durant l'été. Après une saison complète à Long Island, il fut échangé aux Mighty Ducks durant la saison 1997-98.

Il retourna au bercail à l'automne 98 lorsque les Red Wings refirent son acquisition en retour d'un choix de 9e ronde. Désormais une super-puissance, les Wings l'employèrent exclusivement comme mentor avec le club-école, ne lui faisant jouer que 3 matchs en remplacement de blessés durant la saison 98-99.

Il retourna ensuite dans l'organisation des Sabres avec leur club-école de Rochester. À ce stade de sa carrière, il était heureux dans les mineures dans le rôle de grand frère, ce qui lui permit de préparer sa prochaine carrière derrière le banc. Il joua 4 saisons avec les Americans, n'étant rappelé que pour deux matchs à Buffalo, dont son dernier en 2002-03 à sa dernière saison.


Après sa retraite, il demeura à Rochester comme assistant entraineur. Il fut ensuite engagé par les Bruins comme assistant. Il demeura à ce poste jusqu'en 2016, étant au passage membre de l'équipe championne de 2011. Il fut ensuite assistant avec son ancien club, les Red Wings, de 2016 à 2022. Il demeura ensuite assistant, mais cette fois-ci avec les Islanders. Il fut toutefois remercié cet été et ne sera pas de retour la saison suivante.

En carrière dans la LNH, sa fiche fut de 19 buts et 63 passes pour 82 points en 561 matchs. Le total de buts officiels de Phil Esposito est demeuré à 717, soit 37 fois la récolte de Doug Houda...


dimanche 16 juin 2024

Échanger Jacques Lemaire

 


 


Durant sa carrière de joueur qui dura de 1967 à 1979, Jacques Lemaire a exclusivement joué pour le Canadien de Montréal, remportant 8 coupes Stanley ainsi que 835 points en 853 matchs. Il devint plus tard entraineur du CH et ensuite des Devils où il fut largement crédité (à tort ou à raison) pour avoir inventé «la trappe». Il devint plus tard le premier entraineur du Wild du Minnesota et fit ensuite un bref retour au New Jersey. Après quelques années comme conseiller à Toronto, il est depuis 2018 conseiller de l'état major des Islanders avec son vieil ami Lou Lamoriello.

Mais dans tout ça, saviez-vous que Jacques Lemaire a déjà été échangé? Et pas durant sa carrière de joueur?

Vous pensiez probablement que je parlais de cette fameuse carte O-Pee-Chee 1974-75 où les gars l'ont échappé solide, croyant une rumeur selon laquelle Lemaire avait été échangé aux Sabres de Buffalo pour ensuite le airbrusher dans le style typique d'O-Pee-Chee.

Mais il n'en était rien et Lemaire continua et termina sa carrière de joueur à Montréal. 

Non. «L'échange» dont je parle se produisit beaucoup plus tard, soit en juin 2000. Voici cet échange selon hockeydb:

2000-Jun-12
Rights traded from Montreal Canadiens to Minnesota Wild for round 6 pick in the 2001 draft

Donc, avant leur saison inaugurale, le Wild du Minnesota acquirent les droits sur leur premier entraîneur Jacques Lemaire en retour d'un choix de 6e ronde au repêchage de 2001.

Beaucoup de questions doivent traverser votre esprit... 

D'abord, pourquoi un joueur à la retraite se retrouve à voir ses droits échangés? De plus, Lemaire a entraîné d'abord au New Jersey après Montréal. Ce ne serait pas plutôt les Devils qui auraient dû recevoir une compensation pour voir Lemaire partir au Minnesota?

Et bien d'abord, il n'est pas unique de voir une équipe recevoir une compensation lorsqu'un entraîneur signe avec une autre équipe. C'est arrivé dans le cas de Michel Bergeron, qui fut échangé en tant qu'entraîneur des Nordiques aux Rangers en 1987. C'est aussi possible de voir des joueurs retraités se voir inclure dans un repêchage d'expansion, sujet dont j'ai parlé abondamment l'autre jour...

Donc dans le cas de Lemaire en 2000, ce n'était pas si unique que ça. Cependant pourquoi c'est le Canadien qui reçut un choix et non pas les Devils? 

Et bien un chapitre quelque peu oublié de la carrière de Lemaire fut son bref retour dans l'organisation du Canadien, entre ses séjours d'entraîneur des Devils et du Wild.

En décembre 1998, Jacques Lemaire était toujours à l'emploi des Devils comme consultant, depuis qu'il avait précédemment démissionné de son poste d'entraîneur suite à l'élimination de son équipe en première ronde contre les Sénateurs au printemps précédent. 

Cependant, son grand ami Réjean Houle, ayant besoin de renforts durant cette difficile saison 1998-99, fit appel à Lemaire comme nouveau conseiller. Lemaire accepta l'offre et revint ainsi dans le giron du CH. Comme les Devils ne devaient plus que quelques semaines de salaire à Lemaire, ils ne demandèrent aucune compensation au CH. De plus qu'il ne s'agissait que d'un poste de conseiller et non pas d'entraîneur ou DG.

Le Devoir, 28 décembre 1998

Plusieurs fans et commentateurs sportifs eurent alors espoir de voir Lemaire éventuellement remplacer Houle comme DG. Mais Lemaire assura son ami qu'il n'avait aucune intention de voler son poste, ni de devenir entraîneur, estimant être heureux dans ce rôle de «semi-retraité». Il occupa d'ailleurs la majorité de son temps comme consultant à distance à partir de la Floride... 

Il avait déjà occupé de telles fonctions auprès de Serge Savard suite à son départ comme coach du CH en 1984-85. D'ailleurs, une autre facette de la carrière administrative de Lemaire qu'on ignore probablement fut son titre de directeur des opérations hockey du CH entre 1985 et 1988. Il quitta ensuite l'équipe le temps d'une saison en 1988-89 pour devenir DG des Canadiens Jr. de Verdun dans la LHJMQ. Mais après cette seule saison, il revint avec le CH comme assistant à Serge Savard, fonctions qui furent ensuite doublées du titre de DG des Canadiens de Frederiction dans la ligue américaine, tout ça jusqu'à son départ au New Jersey après la conquête de 1993.

Toutefois, en l'an 2000, lorsque l'occasion se présenta de revenir en action avec l'équipe d'expansion du Wild du Minnesota, Lemaire changea son fusil d'épaule et reprit du service, rejoignant son autre ancien coéquipier Doug Risebrough, DG du Wild. Réjean Houle dut d'ailleurs remanier totalement son organigramme organisationnel lors de cette expansion de 2000 puisque Mario Tremblay, également conseiller avec le CH, suivit Lemaire au Minnesota, tandis que Dave King (anciennement assistant entraîneur et recruteur) devint le premier entraîneur des Blue Jackets.

Comme Lemaire était sous contrat avec le tricolore pour encore une saison, le Wild envoya donc comme compensation ce choix de 6e ronde en 2001. Au sujet de cet «échange», Houle déclara «Ce sont des échanges symboliques parce que nous avons toujours dit que nous n’empêcherions jamais un de nos employés de devenir entraîneur-chef. » 

En fait, le CH avait précédemment obtenu un choix compensatoire en 1998 lorsque Jacques Demers fut employé par le Lightning de Tampa Bay comme nouvel entraîneur, ce qui, contrairement à Jacques Lemaire, n'apparait pas sur sa page hockeydb. Un autre échange le concernant est toutefois inclus, celui de 1983 où les Nordiques l'envoyèrent (comme coach) aux Blues de St.Louis, contre Gord Donnelly et nul autre qu'un autre futur coach, Claude Julien...

Donc pour finir, vous vous demandez probablement ce que le CH obtint au final pour le départ de ces anciens employés?

Eric Himelfarb


Avec le choix de 6e ronde de 2001 aquis du Wild, le CH fit la sélection de l'attaquant Eric Himelfarb au 171e rang. Himelfarb joua dans OHL jusqu'en 2004 et ne fut jamais signé par le club. Il passa dans l'organisation des Red Wings par la suite mais ne se rendit jamais à la LNH. Il joua principalement en Suisse jusqu'à sa retraite en 2022.

En ce qui concerne la sélection obtenue en retour de Jacques Demers, le CH sélectionna alors un certain Craig Murray au 201e rang, un joueur qui ne dépassa jamais les rangs universitaires américains, à l'exception d'un seul match dans la ECHL en 2007-08. Quelques rangs plus tard, avec leur véritable choix de 8e ronde, ils sélectionnèrent Michael Ryder.


Sources:
Canadiens hire Jacques Lemaire as consultant, The Record, 28 décembre 1998
Lemaire revient chez le Canadien, le Devoir, 28 décembre 1998
«Le contrat que j'ai avec le Canadien arrive en plein dans mon plan de vie», La Pressse, 12 janvier 1999
Houle s'intéresse aux services de Carbonneau, le Quotidien, 17 juin 2000
Lemaire, entraîneur du Wild, La Voix de l'Est, 20 juin 2000
Houle: «Enseigner aux jeunes est une vocation pour Jacques», La Presse, 20 juin 2000



lundi 3 juin 2024

Al MacNeil





Au milieu des années 1950, les Maple Leafs connurent une période plus difficile, incluant la seule fois où ils terminèrent derniers pendant la période des ″Original Six″, soit en 1957-58. Ceci représenta une opportunité pour Al MacNeil, un défenseur robuste, mais ce ne fut pas suffisant pour qu’il se taille une place en permanence. De 1955-56 à 1959-60, il alterna entre les Americans de Rochester de la Ligue américaine et Toronto, jouant entre aucun et 53 matchs dans la grande ligue.

En juin 1960, MacNeil passa aux gagnants des cinq dernières coupes, les Canadiens, en retour de Stan Smrke. Même si, suite à la retraite de Maurice Richard, les Canadiens étaient dans un changement de cycle, MacNeil ne parvint pas à se faire une place à Montréal et fut assigné aux Canadiens de Hull-Ottawa. En 1961-62, il devint finalement un régulier dans la LNH, mais ce fut sa seule saison avec le Tricolore, puisqu’en mai 1962, il fut échangé à Chicago contre Wayne Hicks.

MacNeil passa quatre saisons avec les Hawks, incluant une présence en finale en 1965, où Chicago poussa Montréal à un septième match, mais que les Canadiens remportèrent.

C’est par le repêchage intra-ligue qu’en juin 1966, il se retrouva avec les Rangers, avant de prendre le chemin de Pittsburgh par l’entremise du repêchage d’expansion de 1967. Ce sera sa dernière saison dans la Ligue nationale.

En juin 1968, les Penguins l’échangèrent aux Canadiens, mais il se retrouva plutôt avec les Apollos de Houston de la CHL comme joueur-entraîneur, avant d’occuper le même poste avec les Voyageurs de Montréal dans la Ligue américaine en 1969-70.

On demanda ensuite à MacNeil de devenir l’adjoint de Claude Ruel derrière le banc des Canadiens. Ce dernier, qui avait remplacé Toe Blake en 1968-69, a connu du succès immédiatement, remportant la Coupe Stanley. L’année suivante fut moins glorieuse, alors que les Canadiens ratèrent les séries pour la première fois depuis 1947-48. C’est à ce moment qu’on demanda à MacNeil devenir son adjoint.

En décembre 1970, les choses n’allaient pas. Ruel évoqua une trop grande pression et on finit par le relever de ses fonctions. On demanda alors à MacNeil de prendre la relève. Originaire du Cap Breton, il devint alors le premier entraîneur-chef de la LNH originaire des Maritimes. Par contre, il devint aussi le premier entraîneur-chef des Canadiens qui ne parlait pas français depuis Dick Irvin, qui avait quitté en 1955. La réaction initiale ne fut pas hostile envers lui, mais on critiqua plutôt le directeur-gérant, Sam Pollock. On lui reprocha d’œuvrer dans le secret et de ne pas être doué pour les relations publiques. On se demanda aussi pourquoi il avait pris tant de temps avant de se rendre compte que Ruel n’avait pas ce qu’il fallait et si ce n’était pas le début d’un déclin du Tricolore.

Au mois de mars, MacNeil eut l’idée de rappeler et d’utiliser un jeune gardien, Ken Dryden, plutôt que ses gardiens réguliers, Rogatien Vachon et Philippe Myre. L’expérience fut concluante, alors que Dryden remporta ses six matchs et afficha une moyenne de 1,65.

Lorsqu’arrivèrent les séries, Montréal devait affronter la meilleure équipe de la saison régulière et les vainqueurs de la coupe de l’année précédente, les Bruins de Bobby Orr. MacNeil laissa planer le suspense quant à son choix de gardien, mais opta finalement pour Dryden, qui en bout de ligne joua chaque minute des séries.

Après une remontée miraculeuse lors du deuxième match, Montréal sema un doute dans la tête des Bruins, avant de causer une grande surprise, éliminant Boston lors du septième et ultime match.

Le deuxième tour aurait dû être plus facile, mais les North Stars poussèrent tout de même les Canadiens jusqu’à un sixième match. Le prochain rendez-vous serait donc avec Chicago, en finale.

Les quatre premiers matchs furent remportés par l’équipe à domicile. Lors du cinquième, à Chicago, Henri Richard fut très peu utilisé. Après le match, remporté par les Hawks 2-0, le Pocket Rocket explosa. Il exprima aux journalistes sans aucune retenue son mépris pour MacNeil, qu’il qualifia d’incompétent et de pire instructeur pour lequel il avait joué. Il ajouta qu’il était mélangé et qu’il chambardait tout. On reprocha également à MacNeil de ne pas avoir d’atomes crochus avec les francophones. Richard confia plus tard à Frank Mahovlich, qui lui appréciait MacNeil, qu’il avait simplement pété les plombs. Selon Michel Blanchard de La Presse, Pollock savait qu’il avait fait une erreur en nommant MacNeil et se préparait à la corriger, mais le moment était plutôt incongru. Ceci ne l’empêcha pas de rencontrer Scotty Bowman, qui avait quitté les Blues.

Lors du septième match, Chicago menait 2-1, mais Richard a montré de quel bois il se chauffait. Il marqua deux buts et Montréal l’emporta 3-2. Dryden, étincelant, remporta le trophée Conn Smythe. Ouvertement contesté, MacNeil était néanmoins champion de la Coupe Stanley.

Pollock rebrassa ensuite ses cartes (son expression). Scotty Bowman devint entraîneur et MacNeil retourna dans la Ligue américaine, bague de la Coupe Stanley au doigt.

Le club école, qui était maintenant dans sa province natale, eut du succès avec MacNeil derrière le banc. Dès leur première année, en 1971-72, les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse remportèrent la Coupe Calder. MacNeil les mena également au titre en 1975-76 et 1976-77.

Il devint ensuite directeur du personnel à Montréal, puis dépisteur professionnel. Il fit ainsi partie des équipe gagnantes de la Coupe Stanley en 1978 et en 1979.

Comme Scotty Bowman, il n’a pas apprécié que ce soit Irving Grundman qui soit choisi pour succéder à Pollock en 1978. Il devait donner un coup de main à son nouveau patron, mais il se mêla finalement un peu trop du travail de Bowman, qui était déjà de mauvaise humeur.

En 1979, son ancien collègue à Montréal, Cliff Fletcher cherchait un remplaçant à Fred Creighton, congédié comme entraîneur des Flames d’Atlanta. Il préféra finalement MacNeil à Don Cherry, Bob Pulford, Bowman et Roger Neilson. Cherry se retrouva avec les Rockies du Colorado, Bowman avec les Sabres de Buffalo.

MacNeil ne fut qu’un an en Géorgie, puisqu’en 1980, l’équipe déménagea à Calgary. Si une caractéristique des Flames lors de leur période à Atlanta était leurs insuccès en séries malgré de bonnes saisons régulières (2 victoires en 17 matchs sur 8 ans), les choses changèrent à Calgary. À leur première année, ils se rendirent jusqu’au troisième tour, avant de s’incliner contre le Minnesota.

L’année suivante fut un retour à la normale, lorsque les Flames furent balayés au premier tour par les Canucks. MacNeil fut alors remplacé par Bob Johnson, mais il demeura dans l’organisation comme directeur du développement, puis adjoint au directeur-général. C’est dans ces fonctions qu’il remporta une quatrième Coupe Stanley en 1989.

Alors qu’il était conseiller du directeur-gérant Craig Button en 2002-03, il fut nommé entraîneur par intérim pour remplacer Greg Gilbert, jusqu’à la nomination de Darryl Sutter.

MacNeil a pris sa retraite en 2006. Il est membre du Temple de la renommée de la Ligue américaine depuis 2014.

Son petit-fils, Jack Sparkes, a été repêché en sixième ronde par les Kings en 2022.

Duchesne, André, Le Canadien: un siècle de hockey à La Presse, Les Éditions La Presse, 2008, pp.103-104, 118,

Dryden Ken, Scotty, A Hockey Life Like No Other, McClelland & Stewart, 2019, pp.169-170,

″Une première Victoire pour Allister Wences MacNeil″ de Gilles Terroux, 4 décembre 1970, La Presse, page B1,

″Pollock n’a pas joué franc jeu dans l’affaire Ruel…″ de Gilles Terroux, 4 décembre 1970, La Presse, page B1,

″Actualité-Express″ d’André Trudelle, 4 décembre 1970, La Presse, page B1,

″Les problèmes des Canadiens ne sont pas véritablement résolus″ de Jean Aucoin, 4 décembre 1970, Montréal-Matin, page S2,

″MacNeil a la main heureuse en faisant appel à Dryden″ de Gilles Terroux, 15 mars 1971, La Presse, page C1,

″Nous jouerons notre partie – Al MacNeil″ de Jean Aucoin, 7 avril 1971, Montréal-Matin, page 60,

″Hors-jeux de Boston″ de Pierre Gobeil, 8 avril 1971, Montréal-Matin, page 79,

″Le Canadien devra vaincre et les Black Hawks et l’instructeur Al MacNeil″ de Michel Blanchard, 14 mai 1971, page B1,

″Al MacNeil abandonne les Canadiens pour les Flames″, 8 juin 1979, Le Soleil, page C3,

″Bowman a un pied dans la porte, MacNeil l’a franchie″ de Bernard Brisset, 8 juin 1979, La Presse, page B1,

″Gilbert congédié″, PC, 4 décembre 2002, Le Soleil, page S9,

″The quiet hockey giant who just walked away″ de Steve Simmons, February 13, 2021, National Post (pressreader.com),

hockey-reference.com, wikipedia.org.

mardi 5 décembre 2023

Godfrey Matheson



Les Black Hawks de Chicago ont été créés en 1926 à partir des vestiges des défunts Rosebuds de Portland de la tout aussi défunte Western Hockey League (WHL). Lors de leurs débuts, le propriétaire était le major Frederic McLaughlin. (Blackhawk était d’ailleurs le nom de son unité d’infanterie.) C’est toutefois en faisant prospérer l’entreprise de café dont il avait hérité de son père qu’il fit fortune et qu’il put s’embarquer dans cette aventure, même s’il connaissait peu le hockey.

McLaughlin était un excentrique qui n’hésitait pas à aller à contre-courant et à se mettre à dos les autres propriétaires d’équipe. Le très patriote major a par exemple embauché en 1937 un arbitre, Bill Stewart, qui avait comme caractéristique d’être américain, pour être entraîneur. Son but était alors de mettre sur pied une équipe toute américaine, à une époque les joueurs non canadiens étaient rarissimes. Malgré une Coupe inespérée, McLaughlin a fini par le congédier, une vraie marotte chez lui. Lors des 18 ans où il a été propriétaire, 14 entraîneurs ont défilé derrière le banc des Hawks (15 si on tient compte du fait qu’un d’entre eux y est passé deux fois).
Frederic McLaughlin
(Les photos de Matheson sont introuvables...)

Ses méthodes pour les trouver n’étaient pas, comme le reste, très conventionnelles. Son embauche de Godfrey Matheson en 1931 en est un exemple frappant. Alors qu’il était dans le train entre Minneapolis et Chicago, il rencontra Matheson, avec qui il engagea une conversation informelle.

Matheson était originaire de Winnipeg, la même ville que son gardien vedette, Charlie Gardiner, ce qui sembla lui donner une crédibilité instantanée aux yeux de McLaughlin. Si Matheson avait travaillé avec les équipes du St,John’s College et de l’Université du Manitoba, il n’avait par contre jamais été impliqué dans le hockey professionnel. Ceci n’empêcha toutefois pas McLaughlin de lui offrir le poste derrière le banc des Hawks, dont le camp commençait sous peu à Pittsburgh.

Lorsque les joueurs se présentèrent à leur nouvel entraîneur, ce dernier leur dit d’abord que comme tous étaient des adultes, il faudrait tous s’appeler Monsieur : Monsieur March, Monsieur Gottselig, etc.

Sur la glace, Matheson se présenta avec son habit de ville, mais avec des genouillères et des protecteurs de coude par-dessus, et sans patins. À genoux sur la glace, il lançait les rondelles (avec ses mains) aux joueurs, qui devaient la capter et faire un tir sur réception. Frock Lowrey voulut s’amuser à ses dépends en faisant exprès pour rater et passer près de Matheson avec son bâton. Lowrey rata toutefois son coup d’une autre façon en le frappant si fort qu’il dut être sorti sur une civière.

Pour ménager Gardiner (il n’y avait qu’un gardien à l’époque), il utilisait un mannequin rembourré auquel il mit un chandail de match ou des planches devant le but pendant les pratiques. Pourtant, pour exercer ce même Gardiner, il demandait qu’on le bombarde en lui lançant jusqu’à 3 ou 4 rondelles à la fois, encore une fois avec les mains. Au bout de trois jours, Gardiner en eut assez de ce manège. Il prit le mannequin, l’amena sur la table de massage et commença à le frictionner en lui disant qu’il avait travaillé très fort et qu’il avait besoin de repos.

Stratégiquement, Matheson voulut confondre ses adversaires, en inversant les rôles de Taffy Abel, un gros défenseur, et celui de Mush March, un petit attaquant rapide. La logique était que l’habile March pourrait soutirer la rondelle à l’adversaire, pour ensuite l’envoyer à Abel, qui pourrait ensuite se créer un chemin avec son physique jusqu’au but adverse. Une variante était qu’Abel ouvre le chemin, pour ensuite laisser la rondelle à March. La réalité fut plutôt que March fut amplement bousculé et qu’Abel se faisait immédiatement rattraper, en plus d’avoir un tir médiocre. Après avoir mis March en furie, la stratégie fut abandonnée.

Une autre approche qu’il tenta était de donner ses instructions à ses joueurs pendant le jeu à l’aide d’un sifflet. Un coup pour une passe, deux pour un lancer et trois pour un changement de ligne. Pour la créativité et l’effet de surprise, on repassera…

La comédie tira à sa fin lorsqu’avant le début de la saison régulière, il fut annoncé que Matheson souffrait d’une dépression nerveuse. L’équipe débuta d’abord sa saison (au match inaugural du Maple Leaf Gardens) sans entraîneur, avant qu’il ne soit remplacé par Emil Iverson, un danois d’origine qui était déjà avec l’équipe et qui avait été entraîneur à l’Université du Minnesota. Il était un adepte du conditionnement physique, ce qui était aussi une approche hors norme à l’époque. Celle-ci a toutefois mieux vieilli que celles mises de l’avant par Matheson, même si le calibrage d’Iverson entre l’entraînement sur glace et hors glace (trop important) n’était pas approprié pour le hockey. Ça n’empêcha toutefois pas l’expérience d’Iverson d’être également courte et celui-ci fut éventuellement remplacé par Tommy Gorman.

Sources:

Frayne, Trent, The Mad Men of Hockey, McClelland & Stewart Limited, 1974, pages 112-113,

″Matheson Chosen To Coach Chicago″, Montreal Gazette, October 16, 1931, page 17,

″Only One Of His Kind″, The Vancouver Sun, October 28, 1931, page 15,

″Black Hawk’ New Mentor Quits Team″, November 20, 1931, The Regina Leader-Post, page 17,

″Gorman Succeeds Emil Iverson As Hawks’ Manager″ de Paul Mickelson, AP, January 14, 1933, Montreal Gazette, page 14,

″Blackhawk Owner Mind’s… Crammed with Bizarre Theories About Hockey″ de Joe Williams, January 18, 1939, The Pittsburgh Press, page 21,

″On The Rebound″ de Doug Vaughan, March 16, 1956, Windsor Daily Star, page 30,

″The Playing Field″ de Dink Carroll, April 10, 1957, Montreal Gazette, page 22,

″D’un but à l’autre″ de Charles Mayer, 6 mars 1960, La Patrie, page 129,

″Year the Hawks became grown ups″ de Dink Carroll, January 2, 1985, Montreal Gazette, page F3.

Note: Je me suis basé principalement sur les ressources de l’époque pour écrire ce billet. Les ressources plus récentes semblent se contredire et changer la chronologie des événements. Les ressources de cette époque ont toutefois l’inconvénient d’être moins précises car on n’y couvrait pas les sports avec la même profondeur qu’aujourd’hui.

vendredi 26 juin 2020

Joueur oublié des 90's #33 - Frank Pietrangelo





Né le 17 décembre 1964 à Niagara Falls en Ontario, Frank Pietrangelo n'eut qu'une carrière relativement courte et principalement comme gardien adjoint dans la LNH mais il eut  tout de même l'opportunité de briller au bon moment et de laisser sa place dans le folklore sportif de Pittsburgh. 




Après avoir débuté dans le junior B avec les Canucks de Niagara Falls, Pietrangelo joua ensuite dans le junior A avec les Warriors de Brampton. Désirant se faire remarquer davantage dans l'espoir d'être repêché, il opta de prendre l'avenue des universités américaines. Il reçut des offres d'une vingtaine d'équipes intéressés mais s'enrôla finalement avec les Golden Gophers de l'Université du Minnesota car il s'agissait d'une des universités qui formaient le plus de futurs joueurs dans la LNH. Il était cependant le seul canadien de l'équipe, elle qui ne recrutait que très rarement hors de l'état du Minnesota.

Il obtint le poste de partant avec les Gophers et termina sa première saison en 1982-83 avec une fiche de 15-6-1. Les Penguins de Pittsburgh furent assez impressionnés pour tenter leur chance avec lui en le repêchant en 4e ronde (63e) au total du repêchage de 1983. Mais comme plusieurs joueurs universitaires (comme son coéquipier Corey Millen avec les Gophers), il n'était pas considéré comme un espoir de haut niveau et il était bien établi qu'il compléterait ses 4 années d'université avant de devenir professionnel.

Il joua donc 3 autres années avec les Gophers mais ne connut pas d'aussi bonnes saisons que sa première en 82-83 et l'équipe commença à partager le filet avec d'autres gardiens. Il retrouva toutefois sa forme d'antan à sa dernière année avec une fiche de 15-7-0.

Diplôme en poche mais jamais signé par les Penguins ou une autre équipe, Pietrangelo se chercha du boulot pour la saison 1986-87. Heureusement pour lui, son beau-frère était l'ancien joueur des Whalers Rick Ley qui était désormais entraîneur-chef des Lumberjacks de Muskegon dans la IHL. Il fut donc signé par les Lumberjacks et connut une très bonne saison en 1986-87 avec une fiche de 23-11-0 en 35 matchs. Coïncidemment, les Lumberjacks étaient aussi le club-école des Penguins. Ces derniers retrouvèrent donc Pietrangelo sur leur radar et le signèrent enfin pour la saison 1987-88. 

Il obtint quelques départs avec les Penguins au début de la saison mais fut finalement renvoyé à Muskegon après 3 défaites consécutives. Il fut ramené à la mi-janvier et connut de meilleurs moments avec l'équipe, devant même un favori de la foule. Il connut en tout une fiche de 9-11-0 lors de cette première saison au sein d'une équipe douée en offensive mais pourrie en défensive qui peinait à bâtir une équipe compétitive autour de Mario Lemieux. 

Les Penguins avaient également des problèmes dans les buts et sentaient de la pression des fans pour obtenir un véritable gardien numéro un. Il y avait des rumeurs que l'équipe était en tête du derby Andy Moog durant la saison, lui qui était en bris de contrat avec les Oilers. Cependant les Penguins refusèrent les demandes de Glen Sather et le jeu inspiré de Pietrangelo vint calmer un peu leur sentiment d'urgence et ils ne firent pas l'acquisition de Moog qui prit finalement le chemin de Boston.

Pietrangelo ne devint toutefois jamais le numéro un des Penguins alors que ces derniers firent finalement leur move en novembre 1988 lorsqu'ils se portèrent acquéreur du gardien Tom Barrasso des Sabres de Buffalo. Pietrangelo devint donc l'adjoint de Barrasso mais fut également en compétition avec Wendell Young pour ce poste, partageant donc les deux saisons suivantes entre Pittsburgh et Muskegon. En 1989-90, Barrasso fut blessé pendant la moitié de la saison mais c'est Young qui obtint la faveur de l'entraîneur pour le remplacer. À l'aube de la saison 1990-91, Pietrangelo désirait plus de stabilité et en avait assez du va-et-vient dans les mineures. Il considéra des offres pour aller jouer en Italie mais les Penguins lui offrirent finalement un contrat à un volet et optèrent pour une rotation à trois gardiens en 1990-91 où Pietrangelo obtint une fiche moyenne de 10-11-1.

À l'aube des séries de 1991, Young fut blessé à son tour et sa saison était terminée. C'est donc Pietrangelo qui obtint le poste d'adjoint. Il eut finalement sa chance de briller lors de cette première participation en séries de sa carrière. En retard de 3-2 dans leur série de première ronde contre les Devils et avec Barrasso blessé, les Penguins donnèrent les rênes à Pietrangelo pour le 6e match où ils durent également faire sans les services de leur défenseur étoile Paul Coffey. Avec une mince avance de 2-1 en fin de première période, les Penguins furent pénalisés lorsque Pietrangelo obtint une pénalité pour avoir retardé le match.

Durant ce désavantage numérique, Pietrangelo se racheta en attrapant miraculeusement avec sa mitaine un tir à bout portant de Peter Stastny qui avait une cage déserte devant lui. Stastny, les joueurs des Devils et les fans croyaient d'ailleurs tous qu'il s'agissait d'un but certain et avaient même les bras en l'air avant de constater que la rondelle était dans la mitaine de Pietrangelo.



Surnommé jusqu'à ce jour ''The Save'' par les fans des Penguins, cet arrêt sembla couper les jambes des Devils qui s'inclinèrent finalement 4-3 lors de ce match. Pietrangelo blanchit ensuite New Jersey 4-0 lors du 7e match et les Penguins remportèrent la série. Il débuta ensuite la 2e ronde contre les Capitals où il joua les deux premiers matchs et garda les Penguins dans le coup. Barrasso put ensuite revenir alors que la série n'était qu'à 1-1. 

Il eut également la chance de jouer en finale, soit lors du 5e match contre les North Stars alors que la série était égale 2-2. Barrasso fut plaqué par Basil McRae en fin de première et Pietrangelo garda donc le reste du match qui se termina 6-4 pour Pittsburgh. Les Penguins l'emportèrent finalement le match suivant avec Barrasso de retour dans les buts mais Pietrangelo eut la chance de jouer et de performer au bon moment en tant qu'adjoint et s'était pleinement mérité cette bague en 1991.

Mark Recchi en compagnie de Pietrangelo en 1991


Les choses se dégradèrent toutefois pour Pietrangelo à Pittsburgh alors qu'il n'avait pas la même faveur avec le nouvel entraîneur des Penguins Scotty Bowman en plus de rater plusieurs matchs à cause d'une blessure au dos en 1991-92. Il ne joua qu'un seul match pour Bowman après cette blessure et les Penguins firent également une autre transaction impliquant un gardien lorsqu'ils acquirent Ken Wregget des Flyers dans un blockbuster à trois équipes impliquant Coffey, Mark Recchi, Rick Tocchet et plusieurs autres. Il ne joua donc que 5 matchs durant cette saison et frustré de jouer aussi peu, il demanda au DG Craig Patrick de l'échanger à une équipe où il aurait la chance de devenir numéro un. Patrick acquiesça à sa demande en mars 1992 lorsqu'il fut envoyé aux Whalers de Hartford pour des considérations futures.
Beaucoup de gens (dont moi-même au départ) ont souvent confondu cet échange avec celui avec ces même Whalers qui amena Ron Francis à Pittsburgh en mars 1991. Cependant comme vous avez pu voir, Pietrangelo était toujours avec les Penguins et donc coéquipier de Francis lors de leur première coupe en 1991. L'échange était en fait constitué de John Cullen, Zarley Zalapski et Jeff Parker qui prirent le chemin de Hartford en retour de Francis, Ulf Samuelsson et Grant Jennings.

Les Penguins et les Whalers étaient d'ailleurs de fréquents partenaires d'échange. On confond également les joueurs impliqués dans l'échange de Francis avec un autre échange 1 contre 1 entre les deux équipes en décembre 1990 lorsque les Penguins envoyèrent Rob Brown aux Whalers en retour de Scott Young...

L'échange de Pietrangelo fut d'ailleurs plus compliqué car les deux équipes ne purent ensuite s'entendre sur ces ''considérations futures''. Les Penguins désiraient un choix de 3e ronde ainsi que le gardien Kay Whitmore tandis que les Whalers s'y refusaient et offraient seulement deux choix (3e et 4e ronde) en 1994 et la cause alla en arbitrage. L'arbitre (peut-être par pitié dû à l'échange Francis) trancha finalement en faveur des Whalers, probablement pour tenter d'égaliser le score en ce qui concerne les transactions gagnées entre les deux équipes...

Les Whalers étaient toujours compétitifs à ce moment-là mais leur tandem constitué de Peter Sidorkiewicz et Kay Whitmore éprouvait des difficultés. Ils étaient en pourparlers constants avec les Devils pour faire l'acquisition du gardien Sean Burke qui était alors en grève et jouait dans la IHL avec les Gulls de San Diego. Ces négociations traînèrent et les Whalers durent finalement se rabattre sur Pietrangelo comme renfort pour les séries. Pietrangelo termina donc la saison 1991-92 avec les Whalers et obtint une fiche de 3-1-1 en 5 matchs et fut le partant des siens pour les séries où ils s'inclinèrent en 7 matchs contre Montréal, soit la dernière participation aux séries de l'histoire de la franchise à Hartford.


La saison 1992-93 fut ensuite horrible pour Pietrangelo alors qu'il ne devint jamais numéro un car l'équipe obtint finalement Burke des Devils durant la saison morte. Il joua 30 matchs et ne put faire mieux qu'une fiche de 4-15-1 au sein de cette équipe qui commençait son processus de reconstruction. Sa saison 1993-94 ne fut pas meilleure et après l'acquisition du gardien Jeff Reese des Flames en novembre 1993, Pietrangelo fut envoyé dans les mineures avec les Indians de Springfield. Il ne fut rappelé que pour un seul dernier match en mars 1994.

Il fut libéré par les Whalers mais se retrouva un poste avec les Islanders de NY comme agent libre. Il ne joua cependant que quelques matchs pré-saison avant d'être libéré et envoyé au Moose du Minnesota dans la IHL. Il se blessa ensuite au pouce et aux genoux durant cette saison et dut se faire opérer. Il opta alors pour la retraite ou plutôt une sabbatique puisqu'il décida d'enfin faire le saut en Italie après plusieurs années à avoir mis ce plan de côté. Alors que ses parents sont originaires d'Italie, il avait toujours comme plan B de jouer là-bas et avait même la double nationalité depuis 1988. Avec un nouvel entrain et un bilan de santé positif, il signa donc avec le HC Balzano pour la saison 1996-97 avec qui il remporta le championnat Italien lors de sa première année.

Il partagea ensuite la saison 1997-98 en Italie avec le HC Asiago et en Allemagne avec le club Kaufbeurer Adleren première division. Désirant ensuite évoluer dans un marché anglophone pour l'éducation de ses enfants, il signa avec le Storm de Manchester en Angleterre. Il remporta de nouveau un championnat lors de sa première saison avec le Storm mais les blessures le rattrapa lors des saisons suivantes et il prit sa retraite définitive en 2001.

Il devint ensuite agent de joueur et se porta plus tard acquéreur de son premier club junior dans sa ville natale, les Canucks de Niagara Falls où il occupe également le poste d'entraîneur-chef. Il y entraîna d'ailleurs son fils Dylan et sa fille Paige et les deux graduèrent comme leur fils dans la NCAA. Son neveu est le défenseur et capitaine des Blues, Alex Pietrangelo, qui ramena la coupe Stanley dans la famille en 2019.

En 141 matchs dans la LNH, Frank obtint une fiche globale de 46 victoires, 59 défaites et 6 matchs nuls.


Sources:
Hockey draft Central
Greatest hockey legends
The Strangest one of all
NHL.com
WHALERS ACQUIRE PIETRANGELO, Hartford Courrant, 11 mars 1992
Manchester Storm
Stanley Cup winner returned to Niagara Falls to buy junior team, Niagara Falls Review, 4 oct 2017






samedi 18 avril 2020

Mathieu Darche vs. Dieter Hegen





L'an passé je visitais un de mes amis à Québec et il m'a gracieusement donné sa copie du livre ''Confessions sportives'' de Martin Leclerc. Paru en 2014, ce livre regorge de plusieurs histoires inédites et anecdotes savoureuses provenant de plusieurs personnalités sportives québécoises. Je vous le conseille fortement et un des chapitres m'a inspiré de faire un profil ici sur une légende du hockey allemand, le fameux Dieter Hegen. Si vous avez lu le livre, vous avez sûrement adoré comme moi le chapitre de l'ancien joueur du Canadien Mathieu Darche. Si ce n'est pas le cas, je vous en offre un extrait ici:



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En 2005, à l'âge de 28 ans et après avoir disputé 5 saisons dans les rangs professionnels, Darche n'était parvenu à participer qu'à 26 matchs dans la LNH. Ressentant le besoin d'offrir plus de stabilité à sa famille, il a alors décidé de faire le saut en Europe en paraphant un contrat avec l'équipe de Duisburg, en première division allemande...
...
Le plan ne s'est cependant pas déroulé comme prévu. Son séjour à Duisburg s'est avéré plus court qu'il l'avait cru, et extrêmement pénible.

L'entraîneur des Foxes de Duisburg était Dieter Hegen, que les Allemands considéraient comme le plus grand hockeyeur de l'histoire de ce pays. En 1981, Hegen avait d'ailleurs été repêché en 3e ronde (46e au total) par le Canadien de Montréal. Toutefois il n'a jamais daigné traverser l'Atlantique pour tenter sa chance dans la LNH. Hegen était peut-être un bon joueur de son époque, mais Darche a rapidement constaté qu'il n'était pas suffisamment outillé pour diriger une équipe professionnelle.


Dieter Hegen
‹‹L'entraîneur fumait sans arrêt dans son bureau alors que la salle de lavage était située dans la même pièce. Nos chandails sentaient donc constamment la cigarette. Aussi les séances d'entraînements étaient répétitives et totalement dépassées... En fait, Hegen ne connaissait strictement rien au métier d'entraîneur. Il m'engueulait parce qu'il trouvait que je ne plongeais pas suffisamment sur la patinoire pour inciter l'arbitre à décerner des punitions. Quelle mentalité! Je me suis bien entendu avec tous mes entraîneurs durant ma carrière de hockey. Je n'ai jamais eu de conflits avec ceux qui m'ont dirigé et j'ai toujours été considéré comme l'un des joueurs les plus travaillants au sein de mes différentes équipes.››

‹‹Hegen est le seul entraîneur que j'aie insulté. À un certain moment, alors que tout allait mal durant un match, je me suis retourné au banc et je lui ai lancé: ''No wonder you never had the balls to come to America, you piece of shit!'' (Pas étonnant que tu n'aies jamais eu suffisamment de couilles pour tenter ta chance en Amérique, espèce de merde!), se souvient-il.

Il fallait vraiment que Darche soit à bout pour tenir pareil langage, lui qui jouit d'une réputation de parfait gentleman. D'ailleurs, Hegen avait maille à partir avec plusieurs autres joueurs au sein de l'équipe. Steve Brûlé, un autre Québécois qui portait les couleurs des Foxes, a préféré plier bagage et rentrer au pays avant la fin du calendrier régulier tellement il n'était plus capable de blairer son entraîneur.
...
Darche se souvient d'une défaite de 7 à 1 que son équipe avait encaissée aux mains les Lions de Francfort, dont l'attaquant vedette était le Québécois Patrick Lebeau.

‹‹Nous affrontions les Lions sur notre patinoire et Lebeau nous avait taillés en pièce en récoltant 5 points.›› se souvient Darche. Après la rencontre, Hegen avait demandé à quelques-uns de ses joueurs de l'aider à analyser cette cuisante défaite. Darche avait alors senti le besoin d'intervenir.

- Je ne veux pas remettre ta stratégie en question, mais pourquoi le trio de Lebeau est toujours confronté à notre quatrième trio?
- Parce que l'autre entraîneur dépêchait toujours ses joueurs sur la patinoire après moi, avait déploré Hegen.

‹‹Je lui ai alors expliqué que c'est toujours l'entraîneur de l'équipe à domicile qui a le privilège d'envoyer ses joueurs en dernier sur la patinoire. Mais Hegen l'ignorait! Il ne connaissait pas cette règle élémentaire!›› s'étonne encore Darche.

...

Les Foxes ont bouclé cette saison misérable au dernier rang de la DEL et Darche n'a pas mis de temps à rentrer au Québec...


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Wow. Inutile de vous dire que j'ai adoré ce passage et que je me devais d'en savoir plus sur ce fameux Dieter Hegen. Alors voici ma bio de ce grand joueur et horrible entraîneur allemand.


Né le 29 avril 1962 dans la ville de Kaufbeuren alors en Allemagne de l'Ouest, Dieter Hegen commença à jouer au hockey à l'âge de 7 ans lorsqu'il suivit les traces de son frère Gerhard, un gardien de but qui jouera également avec Dieter plus tard au niveau professionnel. Un buteur extrêmement dominant au niveau junior, ''Didi'' Hegen débutera avec le club de sa ville natale, le ESV Kaufbeuren, à l'âge de 17 ans lors de la saison 1979-80.

Alors en deuxième division, le club est porté par sa nouvelle vedette qui récolta 60 buts et 124 points et aida l'équipe à passer en première division.




Il marqua ensuite 54 buts en 1980-81 lors de son entrée dans le meilleur niveau allemand, menant la ligue pour les buts marqués et récoltant le titre de recrue de l'année. Toujours d'âge junior, il participa la même année au championnat du monde junior, récoltant 8 buts et 9 points, bon pour le premier rang des marqueurs du tournoi devant Dale Hawerchuk du Canada.

Suite à cette saison et ce tournoi, les Canadiens prirent le risque de le sélectionner en 3e ronde (46e au total) au repêchage de 1981. Quelques rangs auparavant, Montréal avait également sélectionné Chris Chelios (40e au total).

Cependant, comme mentionné plus haut, Hegen ne traversa jamais l'Atlantique et ne jouera nulle part ailleurs qu'en Allemagne. Il déclara plus tard qu'il n'a jamais regretté cette décision, jugeant que le hockey de la LNH était trop basique (!), peu ouvert aux étrangers et que son style technique tout en finesse ne se portait pas au style nord-américain.



Il jouera plutôt les deux décennies suivantes au sein de divers clubs de la Bundesliga et ensuite de la ligue qui prendra sa place, la Deutsche Eishockey Liga (DEL). Il fut souvent marchandé aux clubs les plus offrants et il partait ensuite ailleurs lorsque ces clubs n'avaient plus d'argent. Il joua d'abord pour son club d'origine, le ESV Kaufbeuren de 1979 à 1986. Il passa ensuite avec le Kölner EC (Cologne) où il fut jumelé à un joueur du nom de Gerg Truntschka, un ancien choix de 12e ronde des Blues de St.Louis en 1978.

Le duo Hegen-Truntschka deviendra une des meilleures combinaisons de l'histoire du hockey allemand, et les deux joueurs furent pratiquement inséparables, traversant ensemble en territoire ennemi avec le club de Düsseldorf de 1989 à 1992 et ensuite à Munich de 1992 jusqu'à la retraite de Truntschka en 1994. Leur défection de Cologne à Düsseldorf créa d'ailleurs tout un scandale alors que les deux villes sont situées à moins de 40 kilomètres et sont donc de grands rivaux. Lorsque l'annonce du transfert fut annoncée, Hegen et Truntschka jouaient toujours pour Cologne et n'allaient rejoindre Düsseldorf que la saison suivante. Quelle excellente idée de signer avec une autre équipe avant que la saison ne soit finie... Ils furent copieusement hués par leurs partisans lors des séries... qu'ils perdirent contre Düsseldorf.

Quoiqu'il en soit le duo mènera leur équipe à 6 championnats d’Allemagne soit en 1987 avec Cologne, 4 championnats d'affilée avec Düsseldorf (1989-90-91-92) et ensuite un autre championnat avec Munich (1994). Hegen mènera également la ligue pour les buts marqués en 1989 et 1992 tandis que Truntschka mènera la ligue pour les points en 1988 et 1989 en plus de remporter le titre du joueur de l'année en 1987, 88, 90 et 91.

Hegen et Truntschka





Hegen continuera ensuite avec le club de Munich sans son comparse alors que fut créée la DEL pour la saison 1994-95. Toutefois Munich dut déclarer faillite en plein milieu de la saison et il retourna ainsi à Düsseldorf avec qui il remportera un autre championnat en 1996 et où il jouera jusqu'en 1998. Durant cette même année 1998, il participera à ses cinquièmes jeux olympiques avec la sélection nationale allemande, un record qu'il partageait alors avec 4 autres joueurs. Ce record fut battu en 2002 lorsque le finlandais Raimo Helminen participa à ses 6e jeux olympiques.

Hegen jouera ensuite deux saisons en dents de scie avec un nouveau club, les Star Bulls de Rosenheim mais il sera ensuite renvoyé de l'équipe avant la saison 2000-01 après avoir échoué un test de condition physique. Il décidera alors de retourner à ses premières amours, le ESV Kaufbeuren, désormais relégué en 3e division. Il prit sa retraite après la saison 2001-02 après une fracture à la main. 

Si on additionne ses statistiques en 1re division allemande, Hegen récolta en tout 565 buts et 499 passes pour un total de 1064 points. Rajoutez 124 points en 2e division et finalement 77 points en 3e. Son total de buts le situe au deuxième rang de l'histoire du hockey allemand derrière le légendaire Erich Kuhnhackl (voir texte du 9 décembre 2016).

Ses 16 buts aux olympiques font également de lui le meilleur marqueur de l'histoire de l'Allemagne. Son numéro 23 fut d'ailleurs retiré de l'équipe nationale. Il fut élu en 2010 au temple de la renommée de l'IIHF.


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Donc suite à cette glorieuse carrière de joueur, Hegen devint entraîneur. Voulant accéder au titre d'entraîneur de l'équipe nationale, il accepte d'abord de faire ses dents en deuxième division avec les Foxes de Duisburg. Il rata les séries la première année mais amena graduellement l'équipe à graduer en 1re division pour cette fameuse saison 2005-06 qui verra l'arrivée temporaire de Mathieu Darche avec l'équipe. En plus de Darche et Brûlé mentionnés plus haut, on retrouvait également les défenseurs Jean-Luc Grand-Pierre (anciennement des Sabres et Blue Jackets) et François Groleau (anciennement du Canadien).

S'il obtint une fiche correcte en 2e division, le parcours de Hegen comme entraîneur n'a jamais débloqué depuis. Voici ses statistiques et développements comme entraîneur depuis 2005-06:

2005-06 - Foxes de Duisburg: Fiche de 12-30-5-5 - dernière place

2006-07 - Foxes de Duisburg: Fiche de 8-36-3-5 - dernière place

2007-08 - Foxes de Duisburg: Congédié en octobre, le club terminera de nouveau en dernière place avec une fiche de 10-36-5-5 * Fun fact - il sera remplacé par Peter Draisaitl (père de Leon)

2008-09 - Foxes de Duisberg: revient avec le club en septembre mais démissionne en janvier. Le club termine en dernière place pour la 4e année consécutive (fiche de 9-36-6-1) et est délégué en 4e division. N'est jamais retourné plus haut que la 3e depuis ce temps.

Hegen prend ensuite une pause de quelques saisons et se fait engager à la mi-saison 2011-12 comme entraîneur-chef du club des moins de 18 ans du ESV Kaufbeuren. Le club s'inclinera en première ronde des séries. Il gradue ensuite comme directeur général et entraîneur avec le ESV Kaufbeuren Senior, désormais en 2e division.

2012-13 - ESV Kaufbeuren: Fiche de 11-29-1-7 - avant-dernière place

2013-14 - ESV Kaufbeuren: Fiche de 20-32-0-2 - remplacé comme coach en janvier, demeure en poste comme GM

2014-15 - ESV Kaufbeuren: Renvoyé en novembre 2014. Le club termine en dernière place avec une fiche de 9-39-4-0

Après une autre pause de quelques saisons, Hegen était de retour comme entraîneur cette saison avec les Foxes de Duisburg. Le club avait une fiche de 20-24-3-3 et rataient les séries avant que la saison ne soit annulée à cause du COVID-19.


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C'est ce qui complète la carrière (à ce jour) de Dieter ''Didi'' Hegen, légendaire joueur et entraineur plus que médiocre du hockey allemand.

J'ignore toujours à ce jour s'il sait comment effectuer ses changements...


Pour sa part, Darche connut une saison de 12 buts, 13 passes et 25 points en 52 matchs sous les ordres de Hegen en 2005-06. Il termina également avec son pire différentiel à vie avec -29. Il revint en Amérique du nord après cette seule saison et se trouva un poste avec les Sharks de San Jose. Il connut une saison de 35 buts et 80 points avec leur club-école de Worcester. Il joua ensuite pour le Lightning et se mérita ensuite un poste avec les Canadiens, tout d'abord à Hamilton avec le club-école et ensuite avec le grand club où il joua de 2009 à 2012, récoltant 22 buts et 48 points en 149 matchs.

J'ai toujours aimé et respecté cet honnête joueur, qui en plus fait partie de l'Alma Mater de l'Université McGill, un des rares joueurs à avoir atteint la LNH après avoir joué dans le hockey universitaire canadien et sans jamais avoir été repêché. Pour ce fait d'arme et cette croustillante histoire de son périple en Allemagne avec Dieter Hegen, je crois que la conclusion qui suit est appropriée.


''No wonder you never had the balls to come to America, you piece of shit!'' - Mathieu Darche

Voilà. Il mériterait de se faire faire un poster ou une plaque avec cette citation...



Sources:
Confessions Sportives - 50 histoires inédites, Martin Leclerc, Éditions Hurtubise
Hockey archives
wikipedia
eliteprospects
Legends of hockey

mardi 7 avril 2020

Bengt-Åke Gustafsson




Né le 23 mars 1958 à Karlskoga en Suède, Bengt-Åke Gustafsson fut un des joueurs les plus efficaces des Capitals de Washington durant les années 80. Son jeu complet et ses talents de passeur firent de lui en quelque sorte l'ancêtre de Nicklas Backstrom dans la capitale américaine. Quoique sa carrière fut quelque peu courte en Amérique du nord, il continua sur sa lancée en Europe et devint éventuellement un entraîneur de renom.


Gustafsson débuta sa carrière pour le club de sa ville natale, le KB Karlskoga en 2e division suédoise. Il gradua éventuellement dans la ligue élite suédoise avec le légendaire club Färjestads BK en 1977-78 et suite à cette première saison, il fut sélectionné en 4e ronde (55e au total) par les Capitals. Après une autre saison avec Färjestads, il décida de faire le saut en Amérique mais plutôt que de rejoindre les Capitals, il mit le cap sur l'AMH avec les Oilers d'Edmonton, qui le recrutèrent comme renfort pour les séries de 1979. Il joua deux matchs durant ces séries avec les Oilers, récoltant 1 but et 2 passes. Je ne sais pas pourquoi il a réussi à jouer ces deux matchs car il fut par la suite jugé inéligible à jouer car les équipes de l'AMH n'avaient pas le droit de recruter des joueurs européens si tard dans la saison. Sans Gustafsson (mais quand même avec un jeune Wayne Gretzky), les Oilers perdirent en finale contre les Jets durant ce dernier championnat de l'histoire de la ligue rebelle.

Suite à la fusion de l'AMH et la LNH, les Oilers avaient le droit de protéger 3 joueurs pour leur entrée dans la grande ligue. Ils protégèrent Gretzky, Gustafsson et le gardien Dave Dryden. Cependant, les Capitals ne voulaient pas voir Gustafsson leur filer entre les doigts et firent valoir leurs droits à son endroit auprès de la ligue. Gustafsson voulait rester à Edmonton et la cause se rendit entre les mains du président John Ziegler qui trancha en faveur des Caps. Il est à se demander de quoi auraient eu l'air les puissants Oilers avec un joueur talentueux comme Gustafsson en plus de tous les autres...

Mais Gustafsson avala la pilule et débuta avec les Capitals pour la saison 1979-80. Il connut une excellente première saison dans la LNH avec 22 buts et 60 points, ce qui à l'époque était un record d'équipe pour une recrue. 

Désormais surnommé ''Gus'' par les médias locaux et les fans, il joua tout d'abord 7 saisons complètes à Washington. Sa meilleure saison fut celle de 1983-84 où il obtint 32 buts et 75 points, étant muté sur le premier trio avec Dave Christian et Mike Gartner. Il connut même un match de 5 buts en janvier 1984, une soirée où il marqua sur chacun de ses 5 tirs. Il répliqua son sommet en carrière de 75 points en 1985-86 mais fut victime d'une terrible blessure en fin de saison lorsqu'il se cassa la jambe suite à une collision avec Denis Potvin des Islanders. 

Il rata le reste de la saison et les séries, et décida de retourner en Suède la saison suivante pour compléter sa réhabilitation. Il retourna à ses premières amours alors qu'il joua quelques matchs en première division pour le club de sa ville natale, désormais nommé le Bofors IK. Il avait perdu de la vitesse suite à sa blessure, mais il se réinventa et retrouva éventuellement sa confiance. Il permit ensuite à la Suède de remporter l'or aux Championnats du monde de 1987.

Gustafsson était d'ailleurs un habitué de la scène internationale, participant presque annuellement au championnat du monde et aux différentes coupes Canada durant les années 80. 

Suite à cette saison en Suède, les Capitals lui offrirent un nouveau contrat et il revint à Washington pour la saison 1987-88. Toujours efficace, il joua deux autres saisons avec les Caps, récoltant dans l'ordre 54 et 69 points.




En 1989-90, il décida de retourner pour de bon en Suède. Il retourna d'abord avec le Färjestads BK avec qui il remporta le titre du MVP de la ligue en 1989-90. Au sein du club cette année-là, on retrouvait d'autres anciennes gloires suédoises des années 80 qui avaient récemment quitté la LNH comme Hakan Loob et Kjell Dahlin.

Durant ce temps, ses droits dans la LNH furent réclamés par les Red Wings au ballotage en octobre 1990 et il fut ensuite repêché par les Sharks lors de leur repêchage d'expansion en 1991. Malgré qu'il n'avait pas joué dans la LNH depuis la fin de la saison 1988-89, O-Pee-Chee lui accorda tout de même une carte de hockey pour son set de 1991-92 qui mit en vedette des cartes ''spéciales'' pour ces joueurs repêchés par la nouvelle équipe des Sharks. Personnellement, cette fameuse carte fut la première fois que j'entendis parler de Gustafsson...

Au moins ils n'ont pas fait de carte ''spéciale'' pour Guy Lafleur avec les North Stars...


Il joua donc plutôt 4 saisons avec Färjestad, en plus de participer au championnat du monde de 1991 (une autre médaille d'or) et aux Olympiques de 1992. En 1993-94, il mit toutefois le cap sur l'Autriche, s'alignant avec le club VEU Feldkirch avec qui il remporta le championnat durant 5 saisons d'affilée. Le point culminant de cette fin de carrière fut en 1998 lorsqu'à 40 ans, en tant que joueur et assistant entraîneur, il aida l'équipe à remporter le championnat de la EHL (European Hockey League). Ce tournoi (qui n'existe plus) était alors le meilleur niveau de compétition en Europe, mettant en opposition les 24 meilleures équipes d’Europe et de Russie. Il récolta 12 points en 10 matchs durant ce tournoi.

Il débuta ensuite une longue et fructueuse carrière d'entraîneur. Il prit d'abord les rênes du VEU Feldkirch et ensuite du SC Langnau dans la ligue suisse. Il fut également assistant entraîneur pour l'équipe nationale suisse aux championnats du monde jusqu'en 2002. Il revint par la suite en Suède comme entraîneur de son ancien club, le Färjestads BK qu'il mena au championnat de 2002 et avec qui il fut en poste jusqu'en 2005. Il fut entre-temps élu au temple de la renommée de la IIHF en 2003.

Toutefois, son année de consécration comme entraîneur fut en 2006 alors qu'il fut nommé entraîneur-chef de l'équipe nationale suédoise aux championnats du monde et aux Olympiques de Turin. Son équipe remporta l'or dans les deux tournois et il fut déclaré entraîneur chef de l'année en Suède. Il s'agissait de la première fois qu'un entraîneur remportait l'or aux deux tournois la même année.


Gustafsson et l'équipe suédoise aux Olympiques de 2010 à Vancouver

Il occupa ses fonctions jusqu'en 2010. Il entraîna ensuite une saison en suisse et fit le saut dans la KHL en 2011-12 avec le club Atlant Mytishch. Ce fut cependant un fiasco et il fut rapidement congédié au mois de novembre. Il entraîna ensuite en Allemagne, revint en Suisse et on le vit pour la dernière fois à ce jour en Norvège avec le club Stjernen Fredrikstad en 2018-19.


Sa fiche dans la LNH fut de 196 buts, 359 passes et 555 points en 629 matchs.