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samedi 18 octobre 2025

Le plus d'équipes pro en même temps


Les saisons 1998-99 et 1999-00 ont vu un nombre records de 139 équipes professionnelles
dispersées sur toute l'Amérique du Nord dans 8 ligues.
(Zoomez pour une plus grande résolution)
 

(sources logos et images: sportslogos.net, funwhileitlasted.net)


Comme vu dans mon texte précédent, les saisons 1995-96 et 2008-09 furent les deux occurrences où on assista à un record de 9 ligues professionnelles/mineures/semi-pro lors d'une même saison, en Amérique du nord. 
 
Mais encore là, ce n'était toutefois pas le record en ce qui concerne le nombre d'équipes en même temps. 
 
Cet autre record appartient aux deux saisons consécutives qu'étaient 1998-99 et 1999-2000. Le paysage nord américain du hockey pro au tournant du siècle était alors étendu sur 8 ligues, incroyablement les mêmes d'une année à la suivante. Quelques équipes ont quitté le bateau pour être remplacées lors de la 2e, mais sans changer le nombre total.
 
Les voici:
 
1998-99: 139 clubs dans 8 ligues

LNH: 27 clubs (première saison pour Nashville)
AHL: 19 clubs
• IHL: 16 clubs (vers la fin de son existence, aura plafonnée en 95-96 avec 19 clubs)
• ECHL: 27 clubs (le petit circuit qui ramasse les miettes de la IHL)
WCHL: West Coast Hockey League): 9 clubs
WPHL: Western Professionnal Hockey League: 19 clubs, souvent mélangée (avec raison) avec la précédente, la WPHL (96-01) voyait encore plus gros que cette dernière avec un sommet de 19 équipes, mais subira le même sort, étant absorbée dans la CHL en 2001, en même temps que la IHL fut dissoute.
UHL: United Hockey League: 11 clubs. Anciennement la CoHL (Colonial Hockey League), renommée UHL en 1997. Elle aussi récupère des équipes orphelines de la IHL.
CHL: Central Hockey League: 11 clubs. 

WPHL



 1999-00: 139 clubs dans 8 ligues - pareil que 98-99 mais pas le même nombres d'équipes partout.

LNH: 28 clubs (première saison pour les Thrashers d'Atlanta)
AHL: 19 clubs
IHL: 13 clubs (avant-dernière saison, 2 clubs de la saison précédente ont migré dans la UHL et CHL)
ECHL: 28 clubs (la petite ligue désormais grande)
WCHL: 8 clubs
WPHL: 18 clubs
UHL: 14 clubs 
CHL: 11 clubs 

Donc de 98-99 à 99-00, quelques changements et migrations. La CHL a par exemple rescapé le Ice d'Indianapolis de la IHL mais avait aussi perdu une équipe, est donc demeurée à 11 clubs.
 
Pourquoi pas encore une autre archive vidéo? Cette fois-ci allons donc voir ce que ça donne dans la WPHL, parce que pourquoi pas? Voici le match des étoiles des la WPHL de 2000 mettant en vedette l'équipe «World» (comme dans la LNH à l'époque) contre l'équipe «Texas»? WTF?
 
 


Donc de 1998 à 2000, c'était «stable» à 139 équipes dans 8 ligues, les seuls changements notables découlant de la fin imminente de la IHL. D'ailleurs, beaucoup de ces ligues inférieures sous la IHL avaient vu jour en réponse à cette dernière. Lors de sa fondation et pour la majorité de son histoire, la IHL avait comme mission d'avoir des clubs principalement au midwest, dans des petits marchés en dehors des ligues majeures, avec quelques exceptions près. 
 
Les idées de grandeur de la IHL (jusqu'à vouloir rivaliser avec la LNH durant la grève de 1994) firent en sorte qu'il y avait de plus en plus de clubs dans des marchés majeurs et sur une plus grande superficie (Phoenix, Denver, San Diego, etc). En contrepartie, les plus petits marchés (Fort Wayne, Kalamazoo, Saginaw, etc.) décidèrent de former ou joindre de nouvelles ligues qui se réclamaient les anciens territoires délaissées par la IHL.

C'est principalement la ECHL qui en profita au final, gagnant cette «guerre de l’absorption» des ligues mineures. En analysant à fond, l'ADN de la ECHL inclut les deux IHL, la WCHL, la WPHL, la UHL et CHL. Quelques clubs et/ou marchés sont aussi parvenu à rejoindre la AHL (Chicago, Houston, Milwaukee)
 
Donc présentement c'est évidemment beaucoup plus stable. Ce l'était aussi d'une certaine manière avant les années 90-2000. Il y eut plusieurs saisons vers la fin des années 80 et début 90 où on ne retrouvait que 4 ligues (LNH,AHL,IHL,ACHL ou ECHL), tandis que dans les années pré-expansion de 1967, c'était aussi stable à environ 5-6 ligues par saison. 
 
Les années 70 ont parfois vu voir 7 même 8 ligues en même temps comme par exemple en 1973-74 (LNH, IHL, AHL, WHL, CHL, AMH, NAHL, SHL).
 
Depuis 2014, le niveau se situe annuellement dans les 100-120 équipes par saison, à l'exception notable, bien sûr, de la saison covid de 2020-21 où l'on chuta de 114 à 82, la LNH étant la seule à garder tous ses clubs (sur un calendrier réduit). Presque toutes les autres ligues virent leur nombre de membres chuter jusqu'à la moitié, tandis que la LNAH prit carrément une sabbatique. On revint à 114 équipes la saison suivante.

On se dit à la prochaine, sur pourquoi pas, un peu de IHL circa 1999...

 
 

Wow. Gilbert Dionne. J'oubliais qu'il avait son numéro retiré à Cincinnati...



mardi 14 octobre 2025

Le plus de ligues pro en même temps

 

(sources logos et images: sportslogos.net, funwhileitlasted.net)


Depuis la venue du sport et du hockey professionnel, il y eut une multitude de développements et déploiements d'équipes à travers les ligues et les âges. Le hockey nord-américain s’est construit à travers un enchevêtrement de ligues, dont certaines n’ont duré que quelques saisons. En plus de la LNH, les circuits mineurs, de développement (club-écoles), semi-pro et autres niveaux indéfinissables ont parsemé le paysage du hockey nord-américain depuis plus d'un siècle. 

En ce moment présent, nous avons ce que je considère 6 ligues pro/mineures/semi-pro en Amérique du nord, et cela n'a pas changé depuis 2014.

  • LNH -  Ligue Nationale de Hockey
  • AHL - Ligue américaine de Hockey
  • ECHL - anciennement «East Coast Hockey League» mais désormais «acronyme orphelin»
  • SPHL - anciennement «Southern Professionnal Hockey League», également une orpheline de nom.
  • LNAH - Ligue Nord-Américaine de Hockey - Autrefois la Ligue de hockey Semi-Pro du Québec (LHSPQ). Reconnue comme professionnelle depuis 2004.
  • FPHL - Federal Prospects Hockey League - En quelque sorte le penchant de la LNAH aux États-Unis depuis 2010.

Mais auparavant, les quelques développements majeurs du siècle précédent furent, entre autres: 

  • La American Hockey Association (AHA 1926-1942) - ligue professionnelle mineure qui fut la première à implanter des équipes dans le sud des États-Unis (Oklahoma et Missouri). A quelque peu flirté avec une rivalité directe avec la LNH avec maintes manigances, traités rompus et installation de franchise dans des marchés convoités ou occupés (Détroit, Chicago, St.Louis).
  • La Canadian Professional Hockey League (CPHL, 1926-1930) : ligue mineure en Ontario et la frontière du Michigan. Aussi connue sous le nom de ligue Can-Am. Elle a aussi tenté des incursions dans des marchés de la LNH.
  • La International Hockey League (IHL, 1929-1936 - première version): née d’un exode d'équipes de la CPHL, la première IHL était un pallier important juste en dessous de la LNH. Les ligues Can-Am et IHL ont ensuite fusionné en 1940 pour créer l’International-American Hockey League, qui est devenue ensuite l’AHL que l'on connait.
  • La Eastern Professional Hockey League (EPHL, 1959-1963) : l’une des premières ligues de «club-écoles officiels» parrainés directement par la LNH.
  • CHL (Central Hockey League, 1963-1984) – Continuation de la EPHL. Ligue mineure centrale affiliée à la LNH, longtemps considérée comme un excellent circuit de développement, par moment même le circuit principal pour plusieurs équipes comme les Blackhawks (Blackhawks de Dallas) et le Canadien (Apollos de Houston). 
  • La EHL (Eastern Hockey League, 1933-1973) – Principale ligue mineure de la côte Est pendant 40 ans. Réputée pour son jeu rude et populaire. Elle a inspiré en partie le film Slapshot. Plusieurs incursions dans le sud des États-Unis.
Les Rebels de Roanoke - Eastern Hockey League

  • La IHL (International Hockey League, 1945-2001) – Grande ligue mineure du Midwest, longtemps rivale de l’AHL. Très solide jusqu’aux années 1990, mais disparue du radar en 2001 après une expansion trop ambitieuse. Grande gagnante par la suite? La ECHL... 
  • La WHL (Western Hockey League, 1952-1974) – Ligue professionnelle de l’Ouest nord-américain, À un moment presque du calibre de la LNH et rumeurs de fusion. Elle disparaît graduellement après la grande expansion de la LNH en 1967, plusieurs de ses marchés obtenant ensuite des clubs majeurs, dans la grande ligue ou l'AMH, ou démotions dans d'autres circuits.
  • La création de l'inévitable World Hockey Association (WHA 1972-1979) comme alternative à la LNH a forcé plusieurs changements: augmentation des salaires, concurrence pour les joueurs, pression sur le modèle économique de la LNH. Si certains clubs dominants comme les Whalers, Nordiques et Jets ont fait de l'AMH une digne ligue rivale, il y a avait maints clubs qui auraient été classés dans les bas fonds de l'AHL, IHL ou autres...
  • La NAHL (North American Hockey League, 1973-1977) – Successeure de l’EHL, active dans le Nord-Est et le Midwest. Ligue colorée et violente, qui, comme sa prédécesseure, a inspiré l’univers de Slap Shot, le film étant tournée pendant les deux dernières années de son existence.
  • La ECHL (depuis 1988) – Ligue professionnelle continentale de troisième niveau ou simplement identifiée comme «AA», elle s'est graduellement développé aujourd’hui au rang de second circuit de développement en Amérique du Nord. Fermement campé dans les rangs, LNH-AHL-ECHL forment le trio/trinité du hockey professionnel nord-américain.

IHL - 1945-2001 - Ligue hôtesse des très éphémères Rafales de Québec

 

Ce ne sont ici que les véritables ligues mineures (et majeures pour l'AMH) d'importance de leur époques. Il y a eu une autre multitude de ligues et d'équipes «on the side» qui ont tenté de s'inclure dans le portrait, qui ont parfois réussi momentanément leur pari, pour ensuite être soit dissout(e)s ou absorbé(e)s. C'est parfois du mineur tertiaire, voir quadrilatère (probablement pas le bon terme, non je sais, quaternaire) et autre ligues semi-pros selon vos définitions.

En voici encore quelques-unes, mais un peu moins détaillé parce que je veux pas plus vous perdre... C'est surtout une manière pour moi de vérifier que mes liens sont linkés ou me crinquer plus tard à faire d'autres textes:

  • ACHL (Atlantic Coast Hockey League, 1981-1987) – Petite ligue mineure du Sud-Est américain, instable mais précurseure des futurs circuits comme l’ECHL.
  • WCHL (West Cost Hockey League, 1996-2003) – Ligue professionnelle de la côte ouest s'étendant de l'Alaska à l'Arizona, fusionnée ensuite avec la ECHL en 2003
  • CoHL (Colonial Hockey League, 1991-1997) – Ligue régionale du Midwest et de l’Ontario, rebaptisée United Hockey League (UHL) et sous le nom vacant International Hockey League (IHL) par la suite. Fusionne avec la CHL en 2010. 
  • CHL (Central Hockey League 1992-2014) – Ligue refondée et indépendante, implantée surtout dans le sud et le Midwest; elle fusionne avec l’ECHL en 2014.

WCHL - 1996-2003
 

Bref c'est tout un tas de ligues et par le fait même d'équipes qui ont gravité autour de la LNH depuis très longtemps. Je continuerais à en décortiquer des dizaines. Mais je dois plutôt passer à mon point principal, soit à quel moment y-a-t'il eu le plus de ligues et/ou d'équipes en même temps? À moment donné ça prend un titre à tout ça.

Faque j'avais pas trop le choix. Il fallait que quelqu'un découvre ça. C'était pas facile et il semble que personne d'aussi craqué ait osé checker à moment donné. Alors je me suis starté un Excel, je me suis replongé dans d'anciennes formules de codage, et j'ai fais ça:


Zoomez pour voir un extrait de mon Excel compliqué...
  

Comme je disais au début, nous avons présentement 6 ligues sur l'échiquier nord-américain, ce qui donne un total actuel de 125 équipes pour la saison 2025-26 en cours. Il y a bien sûr une synergie évidente avec le trio LNH-AHL-ECHL qui ont chacune (ou tente d'avoir) le même nombre d'équipes (32 LNH, 32 AHL et 30 ECHL), ce qui fait inévitablement gonfler le total. 

Il ne s'agit toutefois pas du record dans les deux cas.

Il y eut à deux reprises un record de 9 ligues au même moment. Il s'agit des saisons 1995-96 et 2008-09. Il y avait alors congestion au niveau du nombre de ligues, dont, vous vous en doutez, plusieurs qui n'ont pas duré très longtemps et/ou ont été absorbées durant ces fastes et (un peu trop) prospères années 90 et 2000, frôlant parfois, même souvent les frontières du réalisme économique. La saison 95-96 était d'ailleurs la première fois que l'on dépassa le cap des 100 équipes professionnelles et semi-pro en même temps.  

Vous aimez les histoires à la Slap Shot des années 70 qu'on vous ramène tout le temps (surtout moi), et bien c'était juste transposé et exponentiel dans les années 90. Le gars écoutait pas du Kiss dans l'autobus, il écoutait Metallica. Le paysage de plusieurs de ces villes en déclin urbain changeait à peine. C’était l'ère des ligues audacieuses, parfois improvisées, où chaque région semblait vouloir son propre circuit — souvent sans le bassin économique ou démographique pour le soutenir. 

Certaines ligues, comme la WCHL ou la CoHL (future UHL), tentaient de se tailler une niche en misant sur les petits marchés oubliés par les grandes organisations. Même que la mission officielle même de la CoHL était de rapatrier d'anciens marchés low-level qui s'étaient fait larguer par un proprio en quête de plus verts pâturage. De nouvelles équipes de la IHL à Atlanta, Denver ou Kansas City, avait laissé en plan derrière elle des équipes de longues date et mythiques comme les K-Wings du Michigan et les magnifiques Komets de Fort Wayne

Pourquoi pas une petite pause vidéo? Voici du hockey de la UHL en 1999. On y voit au passage le Jonquiérois Robin Bouchard, champion pointeur de l'histoire de cette ligue, remporter la «Colonial Cup».


 

 

Voici donc décortiquée cette saison 1995-96 - Première saison à 100+ équipes et record de 9 ligues

  • SHL (1995-96)
    LNH: 26 clubs, dont les récents des expansions  (SJ,TB,FLA,OTT)
  • AHL: 18 clubs (en grande rivalité avec la IHL)
  • IHL: 19 clubs (temporairement plus que la AHL)
  • ECHL: 21 clubs (le petit circuit qui veut)
  • CHL: 6 clubs (bientôt 12)
  • WCHL: 7 clubs (bientôt en compétition avec la WPHL (que vous verrez plus loin)
  • CoHL: 9 clubs 
  • SHL (Southern Hockey League): Une ligue on ne peut plus profonde établie au centre-sud des US qui n'a duré que cette seule saison 95-96. J'y ai retrouvé l'ancien des Nordiques Max Middendorf (bien sûr). J'y ai aussi retrouvé chez les champions, les Channel Cats de Hunstville, nul autre que l'ancien des Sharks Craig Coxe.
  • *La NAL (North American League): 5 clubs?  
    Une ligue à prendre entre parenthèses car à ce jour, il n'est pas encore 100% concluant que des matchs de cette ligue ont bel et bien eu lieu. Ou à quelle point elle aurait été «professionnelles». Le consensus le plus clair est qu'il s'agissait d'un scam de blanchiment d'argent et qu'il y aurait eu seulement deux clubs qui ont réussi à démarrer la saison (l'une contre l'autre) le temps de deux matchs avant de clore boutique. Les deux équipes furent celles de Eugene (Oregon) et Mexico City. Apparemment que Link Gaetz aurait joué pour l'équipe des Toreros de Mexico City. C'est assurément à suivre dans un autre texte. 


Une coupure prouvant possiblement l'existence de la NAL


Malgré l'échec, il s'agissait tout de même des premiers matchs professionnels dans l'histoire du Méxique.

Craig Coxe et Link Gaetz... D'après moi, Craig avait invité son ancien coéquipier Link à venir le rejoindre dans sa nouvelle SHL mais Link s'est égaré en chemin et s'est ramassé au Mexique dans la NAL parce que... Link Gaetz.  
 
Mais au final, cette ligue a été enregistrée et cataloguée professionnelle. Quelques joueurs ont probablement reçu une avance ou plus vraisemblablement un chèque qui a rebondi. 
 
Si tout ça est bien vrai et véridique, ç'est probablement le record de la ligue au plus court calendrier de l'histoire. Ou La plus courte durée de vie en ayant tout autant disputé des matchs. 
  • Total 1995-96: 117 équipes dans 9 ligues* (astérisque important)


Komets de Fort Wayne, de retour dans la International Hockey League (elle aussi de retour), champions trois ans d'affilée (2008 à 2010).

2008-09 - 9 ligues: Record de 95-96 réédité

  • LNH: 30 clubs depuis les expansions 98 à 2000 (NSH,ATL,CLB,MIN)
  • AHL: 29 clubs (désormais deuxième échelon incontestable depuis la fin de la IHL en 2001)
  • ECHL: 23 clubs (le petit circuit qui suit encore)
  • CHL (Central Hockey League): avec un presque sommet de 16 clubs. La deuxième CHL aura duré un impressionnant 22 ans, soit de 92 à 2014, avant d'être absorbée par la ECHL. C'est même PLUS longtemps que son ancêtre (1963 à 1984). Une saison de plus.
  • SPHL: 6 clubs. D'anciens clubs de différentes ligues du sud-est s'étant essayé dans les ligues précédentes... Parviendra à devenir 4e échelon discutable...
  • LNAH: 9 clubs (La LNAH, qui dans mon livre à moi, a et avait le même calibre, sinon meilleur à la SPHL et assurément mieux que les circuits suivants. Davantage d'ex-joueurs LNH par une marge considérable. En 2008-09, on y trouvait, entre autres: Jesse Bélanger, Steve Larouche, Christian Laflamme, Sylvain Blouin, Jean-Yves Leroux, (L'autre) Alain Côté, Mathieu Descoteaux.
  • IHL: 7 clubs Une autre incarnation de la ligue internationale. Il s'agissait en fait de la UHL vue précédemment qui changea de nom en 2007 et fut ensuite absorbée par la CHL en 2010.
  • AAHL: 5 clubs. On continue dans le profond ici avec la All-American Hockey League, circuit obscur mais qui était vraisemblablement affilié avec la ECHL et autres niveaux inférieurs. La AAHL commença lors de cette saison 2008-09 mais de dura que jusqu'en 2010-11. 

    (Connais fuckall de la AAHL. Note à moi-même, prendre la AAHL en note.)

  • EPHL (Eastern Professionnal Hockey League): 4 clubs. Autre ligue très inférieure qui n'aura duré qu'une saison. La EPHL a quand même eu un calendrier de 50 matchs avec seulement 4 clubs de New York (Brooklyn), West Orange (New Jersey), Danbury (Connecticut) et les Hudson Valley Bears de Poughkeepsie (New York). 

Euhhh... nul autre que Ron Duguay a joué 1 match pour les Jersey Rockhoppers et 1 match pour les Aces de Brooklyn. Âgé de 51 ans et plus de six ans après avoir disputé son dernier match professionnel, Duguay a joué deux parties dans la EPHL afin de récolter des fonds pour une organisation à but non lucratif associée au Madison Square Garden. Duguay aurait même signé une décharge et a joué son match avec les Brooklyn Aces sans casque, laissant ses cheveux flotter librement comme lorsqu’il jouait dans la LNH. À 37 secondes de la fin du temps réglementaire, il a effectué la passe menant au but égalisateur, mais les Aces ont perdu 4-3 en prolongation.
  • Total: 128 équipes dans 9 ligues. 
  
C'était donc les deux saisons qui se partagent le record du concours du plus de ligues en même temps.

Mais malgré tout, les 128 équipes de 2008-09 ne sont étonnement pas non plus le record pour le plus d'équipes au total en même temps. Le vrai record remonte à plus de 20 ans. 

J'y reviendrai... En attendant, voici un pas si vintage Ron Duguay:

dimanche 8 décembre 2024

Bill Tobin


Il peut arriver que lorsqu’on examine les faits d’armes de quelqu’un, on en conclut qu’il n’a pas obtenu tout le mérite qui lui revient. Parfois, c’est l’inverse. On regarde le palmarès de quelqu’un et à première vue, ça semble bien rempli. Pourtant, si on gratte un peu, on se rend contre qu’il y a beaucoup de vent.

Natif d’Ottawa, Tobin se dirigea vers Edmonton en 1920 pour s’aligner avec les Eskimos de la Big Four League, une ligue senior initialement amateur. Toutefois, pour pouvoir se joindre à cette ligue, il fallait avoir habité en Alberta depuis un certain moment. Les Canadians de Calgary arguèrent alors que ce critère n’était pas rempli pour Tobin. Un comité fut formé pour étudier la question et celui-ci statua que Tobin était éligible. Par contre, l’autre équipe de Calgary, les Tigers, se plaignit de la procédure et refusa la conclusion. Les deux équipes de Calgary remirent aussi en question le statut d’amateur d’autres joueurs et voulurent que le tout soit soumis à un juge. Lorsque les Eskimos refusèrent, la ligue s’écrasa et disparut. Les Eskimos et les Tigers se joignirent alors à la WCHL (Western Canada Hockey League), une nouvelle ligue officiellement professionnelle.

Tobin joua quelques matchs avec Edmonton comme gardien jusqu’en 1925, avant de passer une année à l’extérieur du hockey.

En 1926, le baron du café, le major Frederic McLaughlin, se porta acquéreur des restes des Rosebuds de Portland de la maintenant défunte WHL, même s’il en savait peu au sujet du hockey, pour en faire une nouvelle équipe de la LNH, les Black Hawks. Tobin, connaissant certains joueurs, se pointa à Chicago pour les visiter. Il attira alors l’attention de l’excentrique et impulsif major McLaughlin, qui en fit immédiatement son adjoint.

L’administration mise en place par McLaughlin était autoritaire et bancale. Les changements d’entraîneurs se suivaient à un rythme ridicule. (Il y en eut 15, impliquant 13 individus en 18 ans.) Tobin, qui effectuait toutes les tâches que lui demandait McLaughlin, dans une période où le personnel n’était pas très nombreux, fit évidemment partie du lot, avec un passage de 23 matchs en 1929-30 et un autre de 48 matchs (il eut droit à une saison complète!) en 1931-32. Tobin ne fut pas le pire du lot, avec une fiche globale de ,500.

Le reste du temps, il fit du dépistage, dans l’ouest canadien entre autres, des négociations de contrats, des échanges, toujours selon les instructions de McLaughlin, tout en portant le titre de gérant d’affaires (business manager), avant d’hériter formellement du poste de directeur-gérant en 1942. À noter que ce titre n’existait pas à la fondation des Hawks puisque McLaughlin décidait de tout de toute façon. Étonnamment, malgré ce chaos, Tommy Gorman réussit à les amener à la Coupe en 1934 et l’ancien arbitre du baseball majeur Bill Stewart fit de même en 1938 (avec la pire fiche de l'histoire pour un champion dans ce cas).

McLaughlin mourut en 1944, mais ce ne signifia pourtant pas la fin du rôle de marionnette de Tobin. Officiellement, il se porta acquéreur avec un associé des actions de la succession de son ancien patron. Toutefois, dans les faits, le nouveau propriétaire n’était qu’un prête-nom pour James E. Norris. Celui qui détenait le Chicago Stadium était déjà propriétaire des Red Wings. Comme la ligue ne lui permettait pas de posséder deux équipes, il voulut ″appuyer″ quelqu’un pour devenir propriétaire de son locataire.

En octobre 1947, dans son style fantasque habituel, Tobin déclara qu’il n’était aucunement question d’échanger son meilleur joueur, Max Bentley, aux Leafs. Il préférait avoir Bentley dans son alignement plutôt que d’avoir en retour cinq joueurs avec un ″charley horse″ (crampe à la jambe) que lui offrirait Conn Smythe. Il en rajouta en affirmant qu’il offrait à Smythe son club affilié de Kansas City au complet, en plus du dentier de Johnny Gottselig pour obtenir Syl Apps. Quelques jours plus tard, Tobin échangea Bentley contre cinq joueurs, incluant Gaye Stewart.

Les méthodes de Tobin ne connurent pas vraiment de succès, c’est le moins qu’on puisse dire. Les Hawks terminèrent ainsi en dernière place 7 fois en 8 ans, de 1946-47 à 1953-54.

Lorsque James E. Norris mourut en 1952, les Red Wings devinrent la propriété de ses enfants Bruce et Marguerite. Il n’était donc plus nécessaire ″d’appuyer″ Tobin pour être propriétaire des Hawks. C’est son autre fils, James D, qui prit sa place.

On toléra Tobin jusqu’en 1954, alors qu’Arthur Wirtz devint président et Tommy Ivan devint directeur-gérant. Le changement de régime n’eut pas d’effet immédiat, puisque Chicago termina dernier dans une ligue à 6 équipes 3 autres années supplémentaires (donc 10 fois en 11 ans).

C’est peut-être pour services rendus qu’on le conserva malgré tout dans l’entourage de l’équipe. Il avait toujours un bureau, mais sans rôle précis. Il s’y rendait pour ouvrir son courrier et jouer aux cartes avec la personne qu’il réussissait à accrocher. Les journalistes couvrant les Hawks le surnommaient l’homme du mystère. Il conserva ce ″poste″ pratiquement jusqu’à son décès, alors que son emphysème l’emporta en 1963, à l'âge de 67 ans.

En 37 ans avec l'équipe, lors de la seule période où il avait une certaine valeur ajoutée, les résultats de l'équipe ont été affreux.

Mais techniquement, il faisait partie de l’équipe qui a remporté la Coupe Stanley en 1960-61...  

Sources :

″Une 1ère preuve de l’échange de Siebert pour Grosso, Simon et McDonald″, 7 janvier 1945, Le Petit Journal, page 39,

″Du soir au lendemain″ de Paul Parizeau, 9 avril 1945, Le Canada, page 12,

″Déclaration sarcastique de Bill Tobin″, 29 octobre 1947, Le Canada, page 8,

″Ivan devient gérant des Hawks; Abel restera coach″, PAf, 8 juillet 1954, La Patrie, page 51,

″Good Morning″ de Vern DeGeer, April 15, 1961, Montreal Gazette, page 28,

″Bill Tobin dies in Chi″, May 8, 1963, Edmonton Journal, page 65,

″Hawks’ Bill Tobin Dies, 68″, AP, May 9, 1963, Ottawa Citizen, page 10,

wikipedia.org.

dimanche 3 mars 2024

Les grands voyageurs #12: Patrick Labrecque









Né le 6 mars 1971 à La Salle, Patrick Labrecque fit ses premiers pas dans la LHJMQ en 1988 avec les Castors de St-Jean. L'année suivante, l'équipe devint les Lynx et Labrecque hérita de la très grande majorité du travail, apparaissant dans 107 matchs des Lynx en deux saisons. Malgré une fiche déficitaire au sein d'une équipe moribonde, par son effort et son sérieux au travail, Labrecque réussit à convaincre les Nordiques de Québec de miser sur lui, le sélectionnant au 90e rang du repêchage de 1991. Qui sait, les Nordiques avaient peut-être trouvé la perle rare cachée dans une mauvaise équipe, comme le Canadien avec un gardien en provenance de Granby en 1984...

Labrecque débuta alors un parcours de nomade, pattern qui le suivra pour l'ensemble de sa carrière. Il débuta d'abord avec le club-école AHL du Fleur-de-Lysée, les Citadels d'Halifax (1), où il participa à 29 matchs, soit autant qu'un autre espoir des Nordiques, Stéphane Fiset. Ce dernier en disputa par contre 23 autres à Québec. La saison suivante, Labrecque servit surtout d'auxiliaire à John Tanner, alors qu'il ne disputa que 20 matchs à Halifax, n'en sortant victorieux qu'à 3 reprises. Il fut également recallé le temps de 11 matchs dans la ECHL, avec les Monarchs de Greensboro (2).

Il signa comme agent libre le 21 juin 1994 avec le Canadien de Montréal. Après avoir disputé la saison 1994-95 avec le club-école à Fredericton (3) (ainsi qu'un petit passage dans la ECHL avec les Thunderbirds de Wheeling (4)), Labrecque réussi à se tailler une place comme adjoint à Patrick Roy avec le grand club à Montréal (5). Il faut dire que les noms de Marc Lamothe et Martin Brochu, qui se disputaient également le poste, ne sont pas familiers, et ne sont surtout pas synonyme de gardien calibre LNH.


Lors du match d'ouverture au Forum de Montréal, Labrecque était confortablement assis au bout du banc alors que les Flyers de Philadelphie s'amusaient fort au dépends du Canadien et de Roy, le chassant du match après à peine 22 minutes de jeu. Labrecque prit donc place devant les poteaux avec un score de 5-1 contre son équipe. Le gardien de Philadelphie était le "revenant" Ron Hextall, duquel le design du masque de Labrecque était fortement inspiré, pour ne pas dire carrément copié, et ce depuis son passage chez les juniors. Je suis peut-être le seul que ça fait réagir, mais le fait qu'un gardien dispute son premier match dans la LNH, avec un masque au design quasi identique au gardien vétéran adverse, c'est la fête en d'dans.


Au moins, ce n'était qu'au début de la décennie 1990 que Hextall arborait ce design, portant désormais la "Liberty Bell" bien en vue sur son front. Labrecque ne fit pas mauvaise figure dans ce match, n'accordant que 2 buts aux Flyers qui n'eurent aucunement à se méfier de l'attaque du CH. Labrecque fut fidèle à son poste au bout du banc pour les 10 matchs suivants, ne revoyant de l'action qu'un mois après le match d'ouverture, alors que le Canadien était en visite à Washington. Labrecque obtint son premier (et seul) départ en carrière, face aux Capitals et leur gardien étoile, Jim Carey. Malgré 30 arrêts, Labrecque et le CH s'avouèrent vaincu. D'ailleurs, si vous voulez voir les meilleurs moments de cette soirée ...


Voulant avoir un subsitut digne de ce nom, le nouveau directeur-général Réjean Houle fit ensuite l'acquisition de Pat Jablonski des Blues de St-Louis, en retour de Jean-Jacques Daigneault. Cette arrivée signifia donc le retour de Labrecque à Fredericton, lui permettant de disputer la majorité des matchs. L'année suivante, c'est de nouveaux espoirs du Canadien qui eurent la possibilité de se faire valoir devant le filet du club-école, alors que Tomas Vokoun et José Théodore commençaient leur parcours professionnel. Ne voyant de l'action que lors de 9 matchs, Labrecque fut prêté à la IHL. Il fit donc (indirectement) un retour à Québec, alors qui alla rejoindre les nouveaux Rafales de Québec (6).

Sans contrat à la fin de la campagne, Labrecque se trouva du travail dans la ECHL, avec le Kingfish de Baton Rouge (7). Remportant la moitié de ses 34 apparitions, il se fit offrir une promotion pour les séries éliminatoires de la AHL, avec les Bears d'Hershey (8). Alors qu'Hershey avait remporté la coupe Calder l'année précédente, cette fois leur parcours se termina en 2e ronde, Labrecque ne participant qu'à 10 minutes de jeu.

N'ayant plus d'option devant lui en Amérique du Nord, il se dirigea vers le vieux continent, plus précisément en Allemagne, s'alignant d'abord avec le SC Bietigheim (9) en 1998-99 et ensuite avec le Braunlage EHC (10) pour l'année 1999-2000. Il revint au bercail après ce hiatus de deux ans, mais ne rangea pas son baluchon pour autant. Il débuta la saison 2000-01 avec les Outlaws de San Angelo (11) de la WPHL, y disputant 8 matchs, avant de porter les couleurs des Komets de Fort Wayne (12), qui évoluaient dans la UHL le temps de 7 parties. Il termina l'année au sein des Condors de Bakersfield (13) en WCHL, protégeant leur cage à 5 occasions.

Pour la saison 2000-01, Labrecque revint au Québec, plus précisément à Sorel, alors qu'il rejoint les rangs des Royaux (14) de l'endroit, dans la Ligue de Hockey Semi-Pro du Québec. Il faut croire que la charge de travail dans la LHSPQ ne devait pas être trop dur pour un ancien de la LNH (même si ce n'est que le temps de deux matchs), car Labrecque était également l'entraîneur des gardiens des Screaming Eagles du Cap-Breton (!), mais que pendant la saison 2001-02. La distance entre les deux endroits étant plus que considérable. 


Labrecque resta à Sorel un total de quatre saisons, y disputant la majorité des matchs, mais ne parvenant jamais à amener l'équipe très loin. Lors de sa troisième saison à Sorel, il reçu une offre pour rejoindre le Neftekhimik de Nizhnekamsk (15) en Russie, ce qu'il fit le temps de 3 matchs avant de revenir au Québec.

Lorsque la LHSPQ devint la Ligue Nord-Américaine (LNAH), les droits de Labrecque furent envoyés au Cousins de St-Hyacinthe (16), pour qui il disputa ses 4 dernièrs matchs en carrière.

mercredi 25 août 2021

Les grands voyageurs #8 - Trevor Jobe

 

Ouuuhh que j'en ai un bon aujourd'hui. 
 
Je crois même que ce sera un prétendant pour le titre du plus grand nombre d'équipes ever. Et en plus il s'agit de tout un personnage au parcours coloré digne d'un bon texte sur cette page. Allons-y donc sans plus tarder... Si vous n'avez pas lu les chapitres précédents de cette série, je compte à mesure chaque équipe où on en est rendu mais seulement celles avec qui il a joué un match. Normalement je n'inclus pas les équipes junior mais je fais une exception pour ce joueur...

 

 
 
Trevor Jobe est né le 14 mai 1967 à Brandon au Manitoba. Grand centre costaud de 6'2" et 230 livres, c'est très tôt lors de son stage junior qu'il débuta sa vie de nomade alors qu'il joua pour pas moins de 6 équipes junior en 4 saisons. Il débuta d'abord en 1984-85 avec les Wranglers de Calgary (1). Sa saison 1985-86 fut ensuite mouvementée alors qu'il joua seulement 7 matchs pour les Wranglers et se fit échanger deux fois durant la saison. Il joua donc 7 autres matchs avec les Broncos de Lethbridge (2), 11 avec les Chiefs de Spokane (3) et il fut recalé 11 matchs dans le junior A avec les Grizzlys de Olds (4) en Alberta. 

Jusque là sa carrière junior ne semblait mener nulle part mais tout changea en 1986-87 lorsqu'il joignit les rangs des Warriors de Moose Jaw (5). Muté au centre de Theoren Fleury, il explosa avec 54 buts et 33 passes pour 87 points, ce qui lui valut le 2e rang des pointeurs des Warriors derrière Fleury (61 buts et 129 points). Cette bonne saison lui valut également d'être repêché par les Maple Leafs de Toronto en 7e ronde (133e au total). C'était d'ailleurs une ronde avant Fleury qui lui dut attendre en 8e ronde avant d'être repêché par les Flames. Les deux reprirent de plus belle la saison suivante mais Jobe fut éventuellement échangé de nouveau, cette fois aux Raiders de Prince Albert (6) où il termina son parcours junior. Il termina tout de même cette saison au 2e rang de la WHL pour les buts avec 69 et 9e pour les points avec 132.

Il débuta ensuite son parcours professionnel et fut invité au camp des Maple Leafs en 88-89, faisant bonne impression et jouant quelques matchs pré-saison. Il fut cependant cédé à leur club-école, les Saints de Newmarket (7) dans la AHL où il obtint 47 points durant cette première saison chez les pros. 
 

 
Ce fut toutefois sa seule saison complète dans l'organisation des Leafs. Insatisfait de son rendement et de son attitude, il fut libéré après un seul autre match à Newmarket au début de la saison 1989-90 et il signa alors avec les Admirals de Hampton Roads (8) dans la toute jeune ECHL, qui en était alors à sa 3e saison d'existence. Selon ce que j'ai lu à son sujet, les raisons de son renvoi par les Maple Leafs incluaient un manque de discipline et un penchant pour la boisson et activités hors-glace illicites... On raconte également qu'il était un joueur ultra uni-dimensionnel, simplement intéressé par l'attaque et extrêmement paresseux en défensive. Cette narrative le suivra pour le restant de son parcours et contribuera sans surprise au nombre d'équipes qui ne fera qu'augmenter... Les Admirals s'en débarrassèrent également pour ces mêmes raisons malgré ses 49 buts en 52 matchs lors de cette seule saison avec eux...

Il obtint néanmoins une autre chance avec les Leafs en 1990-91 mais cela ne dura que 2 derniers matchs à Newmarket suite à quoi il retourna dans la ECHL avec sa nouvelle équipe, les Knights de Nashville (9) où il obtint 109 points.

Il signa avec une autre équipe en 1991-92, les Renegades de Richmond (10) mais ces derniers ne le gardèrent qu'une trentaine de matchs avant de le retourner à Nashville. Il obtint 103 points durant cette saison.

 
Vint alors la saison 1992-93. De retour avec les Knights, Jobe connut une saison légendaire des ligues mineures avec une fiche de 85 buts et 76 passes pour 161 points, faisant de lui le Wayne Gretzky de la ECHL...

Ses 85 buts en une saison demeurent le record non seulement de la ECHL mais de toutes les ligues mineures d’Amérique du nord. Il avait alors éclipsé le record de 80 jusque là détenu par Bill McDougall. À titre de comparaison, le détenteur des buts dans la AHL est Stéphan Lebeau avec 70 et celui de l'ancienne IHL était Daniel Lecours avec 75. Ses 161 points sont également un record de saison des ligues mineures, si on exclut l'inférieure United Hockey League (un record de 165 points). Il remporta cette saison-là le trophée du MVP de la ECHL. Étonnement il passa aussi beaucoup de temps au banc des pénalités cette saison-là avec un total de 222 minutes.
 
Il obtint également un essai avec les Senators de New Haven (11) dans la AHL où il obtint 3 points en 3 matchs mais ce furent ses derniers matchs dans cette ligue, passant le restant de sa carrière dans les niveaux inférieurs. 
 
En fait, ses années avec les Knights de Nashville furent l'étape de sa carrière où il eut le plus de «stabilité». Malgré sa saison légendaire en 1992-93, il opta en 93-94 de jouer en Slovénie avec le club Olimpija Ljubljana (12) où il obtint 80 buts. Ce fut toutefois une expérience d'une seule saison alors qu'il revint dans la ECHL en 1994-95 et repartit de plus belle son jeu de chaise musicale. Il joua pour trois clubs cette saison-là, les Knights ainsi que les Icecaps de Raleigh (13) et un petit séjour de 10 matchs dans la IHL avec les Knights d'Atlanta (14). Pour le restant de sa carrière, il ne joua jamais plus d'une saison complète avec le même club. En fait il ne joua plus jamais pour moins de deux clubs en une seule saison... 
 
Donc vous comprenez le principe, si vous étiez étourdi jusqu'à maintenant vous pouvez allez prendre un verre d'eau avant de continuer votre lecture.

Également à noter que durant l'été 1994, il joua dans la Roller Hockey International avec les Rockin' Rollers du New Jersey. Je me demande toujours si je l'inclus dans le décompte... mais au final je le laisse ici en parenthèse...

En 1995-96, il partagea la saison toujours dans la ECHL avec deux nouveaux clubs, les Chiefs de Johnstown (15) et les Tiger Sharks de Tallahassee (16) et amassa 98 points.

En 1996-97, il fit le saut dans la Central Hockey League (CHL) avec le Thunder de Wichita (17). Malgré qu'il détenait le premier rang des pointeurs de la ligue, le Thunder l'échangea avant la fin de la saison aux Cottonmouths de Columbus (18). Il termina la saison avec 61 buts et 135 points.

Il débuta la saison 1997-98 avec Columbus mais se fit arrêter pour conduite en état d'ébriété ayant causé un accident de la route le 22 novembre 1997. Il fut suspendu par l'équipe et éventuellement libéré. Il joignit donc les rangs des Gila Monsters de Tucson (19) en Arizona dans la West Coast Hockey League (WCHL). Il n'y joua toutefois que 23 matchs avant de terminer la saison avec un 3e club dans une 3e ligue, les Generals de Flint (20) dans la United Hockey League (UHL). Les Generals se rendirent jusqu'en finale mais perdirent en 7 matchs contre Quad City. 
 



Jobe fit ensuite un retour dans la ECHL avec le Kingfish de Baton Rouge (21) pour la saison 1998-99. Il quitta toutefois abruptement l'équipe au début du mois de janvier 1999 pour faire un retour surprise en Slovénie avec le même club avec qui il avait passé la saison 1993-94, le Ljubljana Olimpija. Attendant vainement son possible retour, le Kingfish dut suspendre Jobe indéfiniment. Ce furent ses derniers matchs dans la ECHL et il était le meneur de l'histoire de cette ligue pour les buts (324) et les points (634). Étonnemment (ou pas), il ne termina pas la saison 98-99 en Slovénie, préférant revenir en Amérique après seulement 4 matchs. Il devint alors membre des Rattlers d'Amarillo (22) dans la Western Professionnal Hockey League (WPHL) mais n'y joua que 3 matchs, 1 de moins qu'en Slovénie, et termina la saison avec un 4e club, les Warthogs d'Alexandria (23) toujours dans la WPHL.

Saison semi-stable en 1999-2000 où il fit un retour dans la UHL avec le Speed de Knoxville (24) mais fut échangé à la mi-saison aux IceHawks d'Adirondack (25). Il mena tout de même la ligue pour les buts avec 61 et termina deuxième pointeur derrière Brent Gretzky avec 122 points.

Vint ensuite une autre saison chaotique en 2000-2001. Encore là si vous êtes essoufflés vous pouvez aller prendre l'air. Il débuta la saison de nouveau dans la UHL mais avec une nouvelle équipe, les Jackals d'Elmira (26). Il fut toutefois suspendu et libéré par l'équipe au début du mois de décembre, apparemment pour une altercation avec le président de la UHL, Mitch Lamoureux. Après son renvoi des Jackals, il signa avec les Prowlers de Mohawk Valley (27) mais fut libéré après seulement 2 matchs. Il avait quand même obtenu 2 buts et 1 passe lors de ces deux matchs, ce qui nous prouve à quel point ce type devait être indésirable. Ou bien peut-être que le président de la ligue s'arrangea pour qu'il parte...
 
Quoi qu'il en soit, il joignit alors une autre équipe, sa troisième dans le même mois(!) à la fin du mois de décembre 2000, les Bandits de Border City (28) dans la CHL. La nouvelle équipe de Border City (située à Texarkana en Arkansas) en était alors à sa première saison d'existence mais dut fermer boutique d'urgence à la mi-saison, soit en février 2001. Note à moi-même, me renseigner davantage sur cette équipe... Jobe termina donc la saison en effectuant un retour avec le Thunder de Wichita où il avait joué en 1996-97.

Cependant lors de sa première pratique de retour à Wichita, il aurait été arrêté par les autorités locales pour avoir raté une comparition au tribunal lors d'une autre arrestation pour ivresse au volant lorsqu'il jouait à Wichita en 1997. Il fut condamné à 180 jours de pénitencier avec permission de sortie pour les pratiques et les matchs du Thunder...

À sa sortie de prison, il se devait de trouver un autre poste pour la saison 2001-02. Il opta donc de revenir dans la WCHL mais s'éloigna alors du sud profond pour plutôt mettre le cap sur l'Alaska avec les Aces d'Anchorage (29). Après seulement 13 matchs en Alaska, il alla terminer la saison en 3ème division allemande avec le club ERC Selb (30). Il y débuta ensuite la saison 2002-03 avant de passer dans un autre club de cette division, le ERC Habfurt (31).

Jobe revint en amérique en 2003-04, cette fois dans l'ancienne incarnation de la LNAH, la Ligue de hockey semi-professionnelle du Québec (LHSPQ) avec le St-Francois de Sherbrooke (32). Après 21 matchs à Sherbrooke, il fut échangé aux Dragons de Verdun (33). Lors de son échange, l'entraineur du St-François déclara «Ce n'est pas son talent qui a sorti Trevor de Sherbrooke, mais son éthique de travail. Le hockey, ça se joue dans les deux sens et son implication défensive était mal vue au sein de l'équipe...» Comme quoi les vieilles habitudes ne se perdent pas facilement.
 
Après une douzaine de matchs à Verdun, il passa à déjà une 3e équipe dans cette ligue et durant cette saison lorsqu'il fut troqué au Garaga de St-George-de-Beauce (34) pour clore la saison. 

Le Quotidien - 27 octobre 2004


La saison suivante, il accrocha ses patins et fut nommé comme entraineur du défunt Fjord du Saguenay (35). Cependant le Fjord était en déroute financière et manquait cruellement de joueurs, ce qui fait que Jobe rechaussa les patins pour 11 matchs. L'équipe dut toutefois fermer boutique au mois de décembre 2004 et les joueurs furent dispersés. Jobe décida alors de continuer à jouer et il signa alors avec le Cousin de St-Hyacinthe (36) mais se fit libérer après seulement 1 match. Durant l'incertitude concernant l'avenir du Fjord, Jobe s'était aussi aligné dans la Ligue Senior du Nord-est du Québec avec le club Excavation Savard (37) durant un court séjour de 9 matchs. Je compte quand même cette équipe même si j'ignore s'il empocha un salaire... 
 
Finalement, histoire de compléter sa carrière de façon appropriée, il signa avec un 4e club en 2004-05, les Polar Twins de Winston-Salem (38) dans la Southern Professionnal Hockey League (SPHL). Il y termina ainsi sa carrière professionnelle avec 20 points en 17 matchs.
 
Difficile de savoir ce qu'il est advenu de lui suite à sa retraite mais il habiterait de nos jours en Alaska et occupait temporairement en 2014-15 le titre de recruteur pour les Warriors de Moose Jaw.

En additionnant toutes ses statistiques professionnelles (et semi-pro) à travers toutes les ligues où il a joué (AHL, CHL, ECHL, Allemagne3, IHL, LNAH, Slovénie, SPHL, UHL, WCHL et WPHL), sa fiche en carrière fut de 751 buts et 727 passes pour 1478 points en environ 890 matchs, ses totaux de Slovénie étant incomplet. Je n'inclus pas ici le roller hockey. Il n'aura remporté qu'un seul championnat durant sa carrière et ce en 2003 en 3e division allemande. Il demeure toujours au 4e rang des pointeurs de l'histoire de la ECHL, là où il joua le plus longtemps.
 
Il n'existe que très peu d'informations à son sujet, sa page wikipedia étant d'ailleurs truffée de liens qui n'existent plus donc il se pourrait que certaines informations soient erronées. La seule constante que j'ai pu trouver sur certains sites et forums est qu'il était un joueur avec un talent inouï mais qui souffrait de paresse, d'un manque de sérieux à l'entrainement et de manque de préparation physique. Mais le principal défaut et problème qu'il aura eu sur son chemin était l'alcool. Un problème qui serait même apparu au niveau junior, ce qui explique en partie ses nombreux déplacements dès ce jeune âge. Cet abus lui causa non seulement un poste possible dans la LNH car il avait le talent pour s'y rendre, mais aussi cette incapacité chronique à rester en place dans les mineures ou ailleurs, où plusieurs clubs s'en seraient facilement débarassé au plus vite malgré qu'il pouvait contribuer offensivement. On dit également que non seulement il était un ivrogne mais qu'il eut plusieurs épisodes de bagarres avec ses coéquipiers et autres épisodes dans les bars où il avait tendance à se sauver sans payer.

Mais bref, il mérite tout de même sa place dans cette série. Comme je disais, je crois qu'il s'agit probablement du record pour le nombre d'équipes. C'est difficile à prouver alors qu'il n'existe pas vraiment de sites qui compilent véritablement ce genre d'information et chacun a des barèmes différents. Moi au final j'arrive à 38 (39 incluant le roller hockey et le senior profond) et c'est environ le même consensus que j'ai trouvé ailleurs. Du moins jusqu'à maintenant il est mon recordman. Le seul autre de ma série qui s'en approchait était David Ling avec 27 équipes...
 
 
Mais j'ai tout de même d'autres pistes alors on ne sait jamais mais ce sera difficile à battre.

À suivre...


mardi 26 décembre 2017

Léo Bourgault



Léo Bourgault (qu’on appelait parfois à tort Bourgeault) était originaire de Sturgeon Falls, dans le nord de l’Ontario. Petit défenseur, c’est toutefois dans l’ouest, avec les Sheiks de Saskatoon de la Western Canada Hockey League, qu’il fit ses débuts professionnels en 1924.

Après deux ans dans leur uniforme, la ligue s’écroula. Bourgault revint alors dans l’est, lorsque son contrat fut vendu aux St.Patricks (futurs Maple Leafs) de Toronto. Son passage dans la Ville Reine fut par contre de courte durée. Après 22 matchs, il fut échangé à l’une des trois nouvelles équipes d’expansion, les Rangers, contre une somme d’argent.

Menés par Frank Boucher, les Rangers ne mirent pas de temps à s’illustrer. Dès leur deuxième année, en 1927-28, ils devinrent la première équipe américaine de la LNH à remporter la Coupe Stanley. (Les Metropolitans de Seattle l’avaient gagnée en 1917, mais ils jouaient dans la PCHA, et non dans la LNH ou dans son prédécesseur, la NHA.) Au cours de ce parcours, Bourgault s’est montré particulièrement courageux et résilient. Un nez cassé, une épaule endommagée et une grave lacération au pied ne l’ont pas empêché de prendre part à tous les matchs des séries, jusqu’à ce que les Blueshirts aient le dessus sur les Maroons.

Bourgault demeura à New York jusqu’en décembre 1930, où il eut l’occasion de côtoyer entre autres Babe Ruth et le boxeur Jack Dempsey, deux grandes vedettes de l’époque.

C’est ensuite vers Ottawa qu’il se dirigea, lorsqu’il fut été échangé aux Senators, encore contre un montant d’argent. Il y termina la saison, mais comme l’équipe suspendit ses activités pour la saison 1931-32, Bourgault retourna dans la région de New York pour s’aligner avec les Tigers du Bronx de la Ligue Can-Am (l’ancêtre de la Ligue américaine).

Les Sens reprirent leurs activités en 1932-33 et Bourgault retourna donc dans la capitale fédérale, mais seulement jusqu’en février, alors qu’il fut échangé aux Canadiens. Il retrouva alors l’entraîneur "Newsy" Lalonde et le gardien George Hainsworth, deux anciens coéquipiers avec les Sheiks de Saskatoon.

Bourgault joua l’année 1933-34 en entier, mais pour la saison suivante, il fut relégué aux Castors de Québec de la Ligue Can-Am. Par contre, lorsqu’il fut rappelé pour quelques matchs, Bourgault passa à l’histoire d’une façon inusitée. À une époque où ailleurs dans la ligue, personne n’avait un numéro plus élevé que 19, et alors que Bourgault avait porté plus tôt dans sa carrière le 5, le 11 et le 15, il devint l’un des rares joueurs de l’histoire à porter le numéro 99. En fait, il est devenu le troisième. Les deux premiers, Joe Lamb et Desse Roche, ont également joué pour les Canadiens cette même saison.

En une seule saison et au sein de la même équipe, on retrouve donc la moitié de tous les joueurs de la LNH qui ont porté le 99. Autre que Lamb, Roche et Bourgault, il y a eu Rick Dudley avec les Jets en 1980-81 et Wilfrid Paiement avec les Maple Leafs de 1980 à 1982. Ah oui! Il y aussi un type du nom de Wayne Gretzky qui a porté le 99 et qui a incité la LNH à retirer le numéro 99 pour la ligue entière. Le nombre de joueurs à avoir porté ce numéro est donc limité à six pour toujours.

Fait intéressant, avec les Canadiens de 1934-35, d’autres joueurs portèrent également le 33, le 48, le 64, le 75 et le 88, chose tout à fait inusitée à l’époque. Pourquoi donc des numéros aussi inhabituels furent utilisés au cours de cette seule saison? Parce que l’équipe avait des chandails qu’elle refilait d’un joueur de passage à un autre, d’où pourquoi il y a eu trois 48, quatre 75 et trois 99. Mais d’où venaient ces chandails? Selon une théorie, ils venaient de l'équipe de crosse qui appartenait aux Canadiens et qui portait le même nom. L’équipe venait de rendre l’âme et on voulait économiser au maximum. On réutilisa donc les chandails. Les temps étaient durs pendant la Grande dépression…

Pour revenir à Bourgault, il a joué deux autres matchs en 1935-36 avec les Indians de Springfield de la Ligue Can-Am avant de prendre sa retraite et de s’établir dans la région de Québec. Il est décédé en 1978, à l'âge de 75 ans.

Son fils, Léo Jr, a joué avec le Rouge et Or de l’Université Laval, avec qui il a remporté un championnat canadien, et en France. Par contre, on se souvient surtout de lui comme étant le fondateur du Complexe des 4 glaces de Brossard.


Sources : « Le premier numéro 99 » d’André Rousseau, 5 novembre 2013, Les Coulisses du sport (lescoulissesdusport.ca), « Playing Under the Influence – Of Pain » de Glen R. Goodhand, 29 mai 2017 (sihrhockey.org), « Who wore the first number 99 in hockey? » de Robert L., 24 novembre 2009, Habs Eyes On The Prize (habseyesontheprize.com), « Numéros des arbitres et des joueurs de la N.H.L. », 11 novembre 1934, Le Petit Journal, p.27.

lundi 20 novembre 2017

Hal Winkler



Hal Winkler est né dans une communauté rurale du Manitoba, près du Dakota du Nord, où son père a été maire et député provincial.

Gardien de but, il s’est retrouvé dans la ligue senior de sa province et a entre autres joué pour une équipe militaire pendant dans la Première grande guerre.

En 1918, son équipe a joué pour la Coupe Allan, mais elle s’est inclinée devant une équipe de Kitchener.

En 1921-22, il accéda au niveau professionnel, lorsqu’il se joignit aux Eskimos d'Edmonton de la nouvelle Western Canada Hockey League (WCHL). À ce moment, les champions de cette ligue pouvaient aspirer à la Coupe Stanley. Après avoir terminé en tête de la ligue, remporté les séries et vaincu les champions de la ligue du Pacifique (les Maroons de Vancouver), les Eskimos ont eu la chance d’affronter les champions de la LNH, les Senators d’Ottawa. Ces derniers ont toutefois remporté deux duels à bas pointage, pour remporter une troisième Coupe en quatre ans.

Winkler joua une dernière saison à Edmonton avant de jouer les deux dernières saisons de la ligue avec les Tigers de Calgary. Toutefois, le bateau de la WCHL coulait. Pour rester à flot, des équipes vendaient leurs joueurs à leurs homologues de la LNH. En 1926, le bureau des gouverneurs de la LNH décida alors de racheter tous les contrats de la ligue pour 258 000$ et de la dissoudre. À partir de ce moment, seulement les équipes de la LNH purent jouer pour la Coupe Stanley.

Ce nouveau bassin de joueurs tombait à point nommé, puisque la LNH avait décidé de prendre de l’expansion aux États-Unis. Après Boston en 1924 et les Americans de New York en 1925, on ajouta pas moins de trois équipes en 1926 : Détroit (en bonne partie une continuation des Cougars de Victoria), Chicago (en bonne partie une continuation des Rosebuds de Portland) et les Rangers.

Il fallait donc des joueurs pour remplir tous ces nouveaux uniformes et Winkler prit le chemin de New York.

Le 16 novembre 1926, les nouveaux Rangers firent leurs débuts, au Madison Square Garden, face aux champions de la Coupe Stanley, les Maroons de Montréal.

Bien que ce n’était pas ses débuts professionnels, il s’agissait tout de même des débuts dans la Ligue nationale de Winkler. Malgré une glace de mauvaise qualité, les Rangers et Winkler furent à la hauteur de l’occasion. Ils blanchirent les Maroons 1-0.

Les Rangers avaient toutefois débuté la saison avec deux gardiens, ce qui n’était pas courant à cette époque. Malgré que Winkler avait des résultats potables (3-4-1, 2 blanchissages, moyenne de 1,87), New York décida finalement d’y aller avec Lorne Chabot. Son contrat fut donc vendu aux Bruins pour 5 000$, où il alla remplacer Charles Stewart.

Winkler aida les Bruins à devenir la première équipe américaine à jouer pour la Coupe Stanley, mais comme lors de sa première présence en finale quelques années plus tôt, il dut baisser pavillon devant les Senators.

L’année suivante, Winkler eut une saison très intéressante. Au sein d’une bonne équipe, il joua tous les matchs des Bruins et montra une fiche de 20-13-11, avec une moyenne de 1,51. Mais surtout, il mena la ligue, à égalité avec Alex Connell, avec pas moins de 15 blanchissages.

Question d’illustrer la féroce compétition pour le peu de postes de gardien disponibles à cette époque, cette performance ne suffit même pas à Winkler pour assurer son poste. L’année suivante, on le remplaça. Par contre, cette décision, à prime abord audacieuse, s’est avérée juste, puisque son successeur, Tiny Thompson, a mené les Bruins à leur première Coupe en 1928-29 et est devenu l’un des meilleurs de sa génération. Ironiquement, Winkler n’a pas tout perdu dans tout ceci, puisque bien qu’il ait passé l’entièreté de la saison avec les Millers de Minneapolis de l’AHA, on inscrivit tout de même son nom sur la Coupe Stanley…

Winkler joua ensuite deux autres saisons dans les mineures, avant de prendre sa retraite.

Il est ensuite retourné au Manitoba, où il mourut en 1956, à l’âge de 62 ans.


Sources : « Maroons Beaten with New York in Opening Fixture », 17 novembre 1926, Montreal Gazette, p.16, legendsofhockey.net, wikipedia.org.