Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu

jeudi 29 août 2024

Trêve de hockey #110 - Joel Youngblood


Récemment, Danny Jansen a accompli un exploit cocasse. Le 26 juin, il a pris part à un match des Blue Jays, qui affrontaient alors les Red Sox. Toutefois, le match a été interrompu par la pluie. Il a depuis été échangé à Boston.

Le 26 août, le même match a été repris. Le gérant Alex Cora a donc annoncé qu’il utiliserait Jansen. Celui-ci a donc participé au match en jouant pour les deux équipes impliquées, bien que son fait d’armes ait été réalisé à deux mois d’écart. Le fait que des matchs peuvent être interrompus par la pluie rend cette situation presque exclusive au baseball. (Quoique, si Pierre Gauthier a échangé Mike Cammalleri pendant un match, qui sait, il aurait pu le refiler à son adversaire de la soirée et rendre la chose possible au hockey…)

Par contre, il y a 42 ans, les Expos ont été au milieu d’une situation abracadabrante qui, selon moi, est encore plus particulière. Mais avant d’en arriver à cette journée particulière, reculons un peu dans le temps.

Joel Youngblood a été repêché par les Reds de Cincinnati en 1970. Il prit toutefois un certain temps avant de se faire une (petite) place au sein de la grosse machine rouge, une des équipes dominantes des années 1970. Il fit finalement ses débuts dans les majeures et joua 55 matchs en 1976. Du même coup, il fit partie de l’équipe championne de la série mondiale. Son séjour à Cincinnati fut toutefois de courte durée. À la fin de la saison, il fut échangé aux Cardinals, où il ne passa que quelques mois, avant se retrouver avec les Mets.

C’est finalement à New York, dans une équipe faible, qu’il fit sa place. Il participa d’ailleurs au match des étoiles en 1981.

Par contre, en 1982, son étoile avait pâli et il était devenu réserviste. Le 4 août, les Mets jouaient à Chicago contre les Cubs. Le match débutait à 14h35.

C’est à la troisième manche que Youngblood a réussi un simple bon pour deux points contre Ferguson Jenkins. Il a par la suite appris qu’il avait été échangé aux Expos contre un joueur à être nommé plus tard. (Le lanceur Tom Gorman prit éventuellement le chemin de New York le 16 août.) Il prit ses affaires et se dirigea vers l’aéroport. Il dut toutefois rebrousser chemin, car il avait oublié son gant. Il prit finalement son avion vers 18h en direction de Philadelphie, où jouaient les Expos à 19h35.

C’est donc au milieu du match qu’il put se rendre au stade. En sixième manche, le gérant Jim Fanning l’inséra dans l’alignement pour remplacer Jerry White, blessé, au champ droit. Il en profita pour frapper un coup sûr aux dépends de Steve Carlton.

Ainsi, il est devenu le premier joueur à disputer deux matchs le même jour, dans deux villes différentes. Il fallait donc que les deux équipes jouent dans des villes relativement proches, que le transport soit disponible, que les deux matchs n’aient pas lieu à la même heure et que la transaction se passe au moment propice.

La seule situation presque semblable qui a eu lieu s’est passée le 30 mai 1922, alors que les Cardinals et les Cubs se sont échangé Max Flack et Cliff Heathcote au milieu d’un programme double. Ils ont donc joué deux matchs en un jour pour deux équipes différentes, mais dans leur cas, contrairement à Youngblood, les deux parties ont eu lieu dans la même ville.

Fait intéressant, Youngblood, pourtant pas une si grande menace offensive, a réussi un coup sûr dans les deux parties, et dans les deux cas, ce fut aux dépends d’un futur membre du Temple de la renommée (Jenkins et Carlton).


Youngblood mentionna d’ailleurs que s’il s’était donné la peine de rejoindre sa nouvelle équipe aussi rapidement, c’est qu’il voulait montrer aux Expos son enthousiasme à se joindre à eux, alors qu’il était souvent laissé de côté avec les Mets. Pourtant, celui qu’on a acquis principalement pour sa polyvalence en défensive ne fit finalement que passer à Montréal. Son contrat expira à la fin de la saison et on lui accorda son statut de joueur autonome. Il signa ensuite avec les Giants, avec qui il demeura pendant six ans. Il boucla la boucle en faisant un bref passage avec l’équipe qui l’avait repêché, Cincinnati, en 1989.

Il fut par la suite instructeur avec les Reds, les Brewers, les Orioles et les Diamondbacks, en plus d’œuvrer à différents niveaux dans les mineures.

Sources :

″Un réserviste qui jouera régulièrement″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S2,

″Au cas où Dawson…″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S2,

″Youngblood avait oublié son gant!″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S4,

″Expos get Youngblood″ de Brian Kappler, Montreal Gazette, August 5, 1982, page C7,

″Bloc-notes″ de Michel Blanchard, 6 août 1982, La Presse, page S2,

″Une polyvalence… … qui se fait déjà sentir″ de Michel Blanchard, 6 août 1982, La Presse, page S4,

″Jouer pour deux équipes… dans un même match″, PC, 26 août 2024, RDS (rds.ca),

wikipedia.org.

mercredi 28 août 2024

Sondage: Risto Siltanen ou Reijo Ruotsalainen ?



 


Dans la lignée de nos précédents sondages tels que Pavel Trnka ou Petr Tenkrat? Lucien DeBlois ou Mario Marois? ou encore Merlin Malinowski ou Terry Ruskowski?, le temps est venu de trancher encore une fois sur une question d'importance capitale, qui est maintenant:

Quel est votre préféré entre «Risto Siltanen ou Reijo Ruotsalainen?»

Ces deux joueurs finlandais des années 80 ont toujours été quelque peu confondants pour moi et j'imagine pour une flopée d'autres gens qui ne les ont pas nécessairement vu jouer. En plus d'avoir un nom similaire, les deux étaient également des défenseurs du même âge, en plus d'avoir joué pour quelques-unes des mêmes équipes et de porter un beau JOFA à la Jari Kurri. Et comme ce dernier, les deux font également figure de pionniers du hockey finlandais.

Allons-y donc pour leur bio respective et ensuite on passera au sondage.


Risto Siltanen

Risto Siltanen est né un jour d’Halloween, soit le 31 octobre 1958 à Mänttä. Défenseur rapide et agile de seulement 5'9", il était toutefois très trapu et costaud, ce qui lui valut le surnom «Le petit Hulk». Sans faire partie de l'élite, il était toutefois reconnu pour avoir un des meilleurs lancers sur réception de la LNH et un des tirs les plus foudroyants.

Il débuta son développement avec l'équipe junior du Ilves Tampere. C'est lors de la saison 1975-76 qu'il démontra tout son talent alors qu'il termina au premier rang des buteurs de la ligue avec 39 buts en 36 matchs, et ce malgré qu'il était défenseur à temps plein. Il gradua ensuite en SM-Liiga et fut élu comme recrue de l'année en 1976-77 en plus de faire partie de l'équipe d'étoiles.

Les Blues de St.Louis prirent le pari sur lui lors du repêchage de 1978 avec un choix tardif de 11e ronde (173e au total). Il n'était toutefois pas intéressé par les Blues et débuta la saison suivante en Finlande avant de finalement traverser en Amérique vers la fin de la saison, non pas avec les Blues mais plutôt avec les Oilers d'Edmonton dans l'AMH. Il termina la saison 78-79 avec 7 points en 20 matchs et 9 autres en séries où les Oilers s'inclinèrent contre les Jets lors de la dernière finale de l'histoire de la ligue rebelle.

Les Blues détenaient toujours ses droits dans la LNH lors de la fusion des deux ligues mais Siltanen refusa toujours de se rapporter à eux, menaçant plutôt de retourner en Finlande plutôt que d'aller à St.Louis.  Les deux équipes conclurent donc un échange envoyant le défenseur Joe Micheletti aux Blues en retour de Siltanen et Tom Roulston.

Siltanen fit donc partie des premières éditions des Oilers dans la LNH, et il fit également partie des nombreuses réussites initiales des Oilers avec les joueurs finlandais. En fait, il s'agit du premier de cette lignée, étant le seul joueur de ce pays lors de cette saison 79-80. Il servit d'ailleurs d'interprète lors de l'arrivée de Kurri la saison suivante. Après une première saison de 35 points, Siltanen devint le défenseur offensif de prédilection de Glen Sather avec une saison de 53 points dont 17 buts en 1980-81. Il marqua également le but vainqueur lors du 2e match de la série contre les Canadiens au printemps 1981, une série 3 de 5 que les Oilers remportèrent à la surprise générale en 3 matchs. 

Siltanen enchaina ensuite avec sa meilleure saison en carrière avec 63 points en 1981-82. Il fut également le premier défenseur de l'histoire des Oilers à obtenir un tour du chapeau.

Cependant, l'émergence rapide de Paul Coffey incita les Oilers à sacrifier Siltanen dans le but d'obtenir plus de robustesse, ce qu'ils réussirent avec brio en l'envoyant aux Whalers de Hartford en retour de Ken «the Rat» Linseman.  Dans cette échange à trois équipes, Mark Howe prit le chemin de Philadelphie.

Siltanen continua donc sa carrière comme défenseur numéro un des Whalers à partir de 1982-83. Après une première saison où il régressa à 30 points, il revint à ses bonnes habitudes avec 15 buts et 53 points en 83-84 et ensuite 12 buts en 84-85.

En 1985-86, les Whalers étaient sur une lancée. Et une fois de plus, l'émergence d'un autre défenseur offensif poussa Siltanen en dehors du portrait, cette fois-ci au profit de Dave Babych. 

Ils sacrifièrent donc Siltanen en l'envoyant aux Nordiques en retour de l'attaquant John Anderson, juste avant un match entre les deux équipes à Hartford.

Siltanen était un bon fit à Québec et put même se venger des Whalers pour l'avoir échangé lorsqu'il obtint 5 passes à leurs dépends lors d'un match des séries de 1987, aidant ainsi grandement à leur élimination par les bleus. Ces 5 passes en un match demeurent à ce jour le record pour un défenseur en séries. Il est en fait co-détenteur du record, précédemment établi par nul autre que... Paul Coffey en 1985.

Cependant, après cette seule saison complète passée à Québec (10 buts, 29 passes), durant laquelle il eut également un séjour dans les mineures pour reconditionnement physique, Siltanen décida de partir pour la Suisse avec le HC Berne pour la saison 1987-88. Il était triste de quitter Québec mais il évoqua comme raison principale le fait qu'il voulait que son fils puisse aller à l'école en Finlande. Il ne gardait également pas la porte fermée pour un éventuel retour avec les Nordiques dans le futur. Ses droits passèrent toutefois aux Devils et ensuite au Canucks lors des années suivantes, sans qu'il ne revienne dans la LNH.

Après une seule saison à Berne, il revint en Finlande pour de bon, avec son ancien club de Tampere, comme capitaine. Il joua ensuite avec le TuTo Turku de 1992 à 1996 suivi d'une dernière saison en Allemagne suite à quoi il prit sa retraite. 

Il fut élu au temple de la renommée du hockey finlandais en 1998. 

En 560 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 90 buts et 265 passes pour 355 points.

Vous pouvez voir un de ses «plombs» ici en action contre les Rangers et Ruotsalainen d'ailleurs.


Passons justement à son compatriote.


À première vue, il est tentant de déclarer Reijo Ruotsalainen comme étant supérieur à Siltanen mais décortiquons d'abord son parcours et notez bien toutes les nuances qu'on y retrouve. Et je vous rappelle qu'il ne s'agit pas de voter pour le meilleur des deux, mais bien votre préféré entre les deux.

Reijo Ruotsalainen est né le 1er avril 1960 à Oulu en Finlande. Si Siltanen est né à l’Halloween, Ruotsalainen est lui aussi né à une date rigolote, soit celle du Poisson d'avril...

Patineur prodige, Reijo (prononcé Réixo) est grandement considéré comme un des meilleurs patineurs de sa génération. À seulement 15 ans, il parvint à faire l'équipe senior de son club local, le Kärpät Oulu, pour la saison 1975-76. Il s'imposa dans le meilleur niveau finlandais lors des 5 saisons suivantes, étant deux fois élu meilleur défenseur de la SM-Liiga, et aidant le Karpat à remporter le championnat en 1981. Durant ses années d'éligibilité au junior, il était tellement convoité que les Saguenéens de Chicoutimi ont bien failli obtenir ses services en 1977. Il aurait alors fallu que ses parents acceptent et que les Sags versent une caution de 10 000$ à la fédération de hockey finlandaise, ce qui n'arriva éventuellement pas...

Ce sont les Rangers qui prirent le pari de le repêcher, soit en 6e ronde (119e au total) du repêchage de 1980, soit la même cuvée de celui auquel il fut grandement comparé durant sa carrière, Paul Coffey (au 6e rang pour sa part). C'est l'ancien défenseur des Jets Lars-Erik Sjoberg, alors recruteur avec les Rangers, qui était grandement fan et qui convainquit les Rangers de le sélectionner. Comme Coffey, Ruotsalainen était reconnu pour mieux patiner à reculons que la plupart des joueurs de la LNH à la normale.

Ruotsalainen fit le saut avec les Rangers en 1981-82. Jumelé avec le robuste Barry Beck sur la première paire de défenseurs des Rangers, il obtint une splendide saison recrue avec 18 buts et 38 passes pour 56 points. Il obtint également 9 points en 10 matchs durant les séries. Comme Siltanen, Ruotsalainen était aussi reconnu pour son lancer frappé sur réception et son habileté avec la rondelle. Cependant, Ruotsalainen était considéré supérieur grâce à sa vitesse. 

Mais à seulement 5'8" et 170 livres, Ruotsalainen n'était pas le plus robuste et sur ce point, Coffey, et même Siltanen, lui étaient supérieurs.

L'entraîneur des Rangers était alors le légendaire Herb Brooks, qui parvenait à tirer le maximum du talent de Ruotsalainen. Il l'utilisait aussi souvent à l'aile, ce qui fit immanquablement gonfler ses statistiques. Son sommet en carrière fut atteint en 1984-85 lorsqu'il amassa 28 buts et 45 passes pour 73 points, bon pour le premier rang chez les Rangers. Il termina toutefois cette saison avec le pire différentiel de l'équipe à -27.

En fait, les Rangers de 84-85 avaient connu une saison médiocre avec une fiche de 22-48-10, étant parvenus à faire les séries seulement parce que les Devils et les Penguins avaient fait pire qu'eux dans leur division. Ils se firent d'ailleurs éliminer rapidement en trois matchs par les Flyers en première ronde. 

Brooks fut remercié après cette saison et son remplaçant Ted Sator n'avait pas la même affection envers Ruotsalainen, qui régressa alors à 59 points en 85-86. Sator s'est d'ailleurs mis beaucoup de joueurs à dos durant cette saison et il fut rapidement congédié au début de la saison suivante. À ce moment, Ruotsalainen n'était plus là. Incapable de blairer Sator et en froid avec la direction, il signa en Suisse avec le HC Berne, précédant d'un an l'arrivée de Siltanen avec le même club.

C'est alors que Glen Sather flaira le coup et en passa toute une à son collègue Phil Esposito des Rangers. Il obtint les services de Ruotsalainen, Clark Donatelli, Jim Wiemer et Ville Kentala en retour de Mike Golden, Miroslav Horava et Don Jackson. Jackson était un vétéran accompli mais ne joua qu'une vingtaine de matchs à New York et prit sa retraite, tandis qu'Horava ne devint qu'un joueur marginal et Golden ne se rendit jamais à la LNH. 

Le DG des Jets, John Ferguson, déclara alors qu'il y avait «une douzaine de DG de la LNH qui voulaient la tête d'Esposito» pour s'être débarrassé ainsi de ce qu'on considérait toujours comme un des meilleurs défenseurs de la planète, qui était désormais dans le même vestiaire que Paul Coffey...


Cependant,
Ruotsalainen était menotté par le contrat avec le HC Berne. Sather tenta de le racheter mais le club refusa car Ruotsalainen attirait de larges foules. Il dut ainsi attendre la fin de la saison là-bas (qui se termine plus tôt) pour revenir dans la LNH. Il joua alors les 16 derniers matchs de la saison à Edmonton, amassant 5 buts et 8 passes et jouant l'entièreté du parcours des séries des Oilers jusqu'à leur reconquête de la coupe au printemps 1987. Il obtint 7 points durant ces séries menant à sa première coupe Stanley.

Mais malgré ce retour en force dans la LNH, une coupe et le départ imminent de Coffey chez les Oilers (échangé à Pittsburgh à l'automne 1987), Ruotsalainen opta de retourner en Europe, cette fois-ci en Suède avec le HV71. Il avait alors en vue de participer aux Olympiques de 1988, ce qu'un contrat dans la LNH lui rendait impossible. Il aida grandement sa patrie lors de ces jeux, obtenant 4 buts en 8 matchs et aidant son équipe à remporter la médaille d'argent, à ce moment la plus haute marche sur le podium olympique pour les finlandais dans leur histoire.

Durant cette saison passée en Suède et aux Olympiques, les droits de Ruotsalainen furent acquis au ballotage par les Devils. Après une saison de retour en Suisse en 1988-89, il se laissa tenter de nouveau par la LNH. Cependant, on retrouvait trop de défenseurs similaires chez les Devils, eux qui venaient de finalement acquérir les services de Viacheslav Fetisov et Alexei Kasatonov, sur qui ils avaient parié gros. Ruotsalainen était donc de trop et fut souvent laissé de côté, n'amassant que 7 points en 31 matchs au New Jersey.


Court passage avec les Devils

Avec ses compatriotes Jari Kurri et Esa Tikkanen en 1990

Avec le HC Berne en Suisse

Mais, c'est alors qu'un personnage familier retentit de nouveau. Au début du mois de mars 1990, Glen Sather refit l'acquisition de Ruotsalainen en vue des séries. Il ne céda en retour que le défenseur Jeff Sharples, un joueur marginal qui ne revint jamais dans la LNH. 

Le deuxième séjour de Ruotsalainen à Edmonton fut très similaire au premier. Il obtint 8 points en 10 matchs pour clore la saison. Il fut toutefois un gros rouage de l'équipe en séries avec 13 points en 22 matchs, aidant à ramener de nouveau la coupe à Edmonton. Il obtint alors le surnom de «Rental Rexi».

Il s'agissait toutefois du chant du cygne dans la LNH pour Ruotsalainen, qui retourna ensuite en Suisse avec le HC Berne pour les trois saisons suivantes. Il alterna ensuite entre la Suisse et la Finlande jusqu'à sa retraite en 1998 (un an après Siltanen). 

En 446 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 107 buts et 237 passes pour 344 points, en plus de 47 points en 86 matchs en séries.

Il fut élu au temple de la renommée finlandais en 2000.

Étrangement, malgré son départ de la LNH et sa retraite, son nom fut longtemps disponible sur les listes de protection ou non-protection lors des expansions des années 90 et 2000. On le retrouve par exemple ici protégé par les Oilers lors de l'expansion de 1998 et ici disponible lors de l'expansion de 2000... 

Jusqu'à ce jour, il est affectueusement «name-droppé» en blague par les commentateurs et partisans des Oilers lorsque l'équipe aurait besoin de renfort en défense...


Bon il est désormais temps de voter. 

Je sais qu'à première vue c'est Ruotsalainen qui devrait l'emporter mais ce sera à décider selon vos propres critères et votre degré d'affection. Peut-être retrouverons nous une légion des anciens fans de Siltanen durant son temps avec les Nordiques qui feront pencher la balance en sa faveur...

Voici un aide-mémoire pour vous aider dans votre décision.

RISTO SILTANEN

  • Premier défenseur offensif des Oilers dans la LNH.
  • Premier joueur finlandais des Oilers dans la LNH.
  • Surnommé «Le petit Hulk»
  • Recrue de l'année en Finlande en 1977
  • Un des meilleurs lancés sur réception de son époque
  • Sommets de 17 buts en 1980-81 et 63 points en 1981-82
  • A seulement évolué comme défenseur
  • A joué pour les Whalers et les Nordiques
  • A joué pour 3 des 4 équipes de l'AMH qui ont gradué dans la LNH
  • Record de la LNH avec 5 passes en un match des séries (co-détenu avec Paul Coffey)
  • 90 buts et 265 passes pour 355 points en 560 matchs dans la LNH. 18 points en séries.
  • Temple de la renommée finlandais


REIJO RUOTSALAINEN

  • 2 coupes Stanley
  • 1 médaille d'argent olympique
  • 3 championnats de la ligue Suisse
  • 2 titres de meilleur défenseur en Finlande
  • 1 championnat en Finlande
  • Surnommé «Rental Rexi»
  • N'a pas joué pour les Whalers ou les Nordiques
  • A été employé comme défenseur et attaquant
  • 107 buts et 237 passes pour 344 points en 446 matchs dans la LNH. 47 points en séries.
  • Temple de la renommée finlandais
  • #10 retiré par Kärpät

Les deux ont joué avec Paul Coffey mais n'ont jamais joué ensemble, à l'exception des championnats mondiaux junior et la Coupe Canada de 1981. Les deux ont joué avec les Oilers et le HC Berne.

VOTEZ!


Sources:
Reijo Ruotsalainen téléphone à ses parents, Le Quotidien, 28 décembre 1977
Anderson sacrifié pour Siltanen, Le Soleil, 9 mars 1986
Enfin je pourrai jouer à ma manière,
Le Soleil, 9 mars 1986
Fergy en veut à Espo, Le Soleil, 2 novembre 1986

J'ai vraiment appris à aimer les Nordiques, le Soleil, 4 mai 1987
Heureux qui comme Reijo, La Tribune, 25 mai 1990


vendredi 23 août 2024

Joueur oublié des 90's #94 - Andrew McBain

 


 

 

Fort d'une saison de 120 points en 1982-83 avec les Centennials de North Bay de la OHL, l'ailier droit Andrew McBain faisait saliver les recruteurs de la LNH par sa grande stature et son potentiel de futur «power forward» à 6'3" et presque 200 livres. Les Jets de Winnipeg firent donc sa sélection avec le 8e choix au total du repêchage de 1983, tout de suite devant Cam Neely par les Canucks.

McBain refusa ensuite l'invitation de l'équipe canadienne en vue des jeux olympiques de 1984 pour passer directement aux Jets en 1983-84. Sa saison recrue fut somme toute respectable sans être spectaculaire avec une fiche de 11 buts et 19 passes pour 30 points. Il régressa toutefois lors des deux saisons suivantes, ne marquant que 7 buts en 1984-85 et ratant alors la majorité de la saison 1985-86 suite à une blessure au genou. 

Il connut ensuite une saison de seulement 32 points en 1986-87, ce qui confirma les soupçons des fans selon quoi il était définitivement un flop. Il aurait probablement été mieux pour lui de participer aux Olympiques de 1984 ou de démarrer sa carrière professionnelle dans les mineures plutôt que de passer directement du junior à la LNH. Les fans lui reprochaient également son manque d'implication physique, surtout considérant son physique avantageux.

Sa chance tourna toutefois lors de la saison 1987-88 lorsqu'il fut jumelé au prolifique Dale Hawerchuk sur la première ligne des Jets. Il répondit alors avec une saison de 63 points dont 31 buts, en plus de s'imposer davantage physiquement avec 145 minutes de pénalité. Il reprit de plus belle en 1988-89 avec 77 points dont un sommet en carrière de 37 buts. Il faisait également partie des meneurs de la ligue lors de ces deux saisons pour les buts marqués en avantage numérique.

Alors qu'il semblait être finalement en voie d'atteindre son potentiel, sa carrière dérailla plutôt lorsqu'il fut inclus dans un échange impliquant 6 joueurs avec les Penguins de Pittsburgh. En compagnie de Jim Kyte et Randy Gilhen, il prit le chemin de Pittsburgh en retour de Randy Cunneyworth, Dave McLlwain et du gardien Rick Tabaracci. 

Espérant qu'il devienne un autre atout offensif au sein des dangereux Penguins, McBain ne sembla aucunement pouvoir faire sa place. Il fut délogé des deux premiers postes d'ailiers droits par des joueurs plus compétents comme Mark Recchi et Rob Brown. Il se retrouva alors sur la 4e ligne et n'obtint que 5 buts et 14 points en 41 matchs. À la mi-saison 89-90, il fut échangé aux Canucks de Vancouver dans un autre échange à 6 joueurs. McBain, Dan Quinn et Dave Capuano prirent alors le chemin de Vancouver en retour de Tony Tanti, Barry Pederson (dans un échange-retour) et Rob Buskas.

McBain semblait initialement être un meilleur fit à Vancouver et obtint quelques points suite à la transaction, mais il se blessa et rata la moitié des matchs restants à cette saison 89-90 qu'il termina avec 25 points en 67 matchs entre les deux équipes.

 
Erreur sur cette carte alors qu'il s'agit plutôt de Jim Sandlak sur la photo


Après une dizaine de matchs sans éclats au début de la saison 1990-91, il fut rétrogradé dans les mineures pour la première fois de sa carrière. Il passa donc la majorité des deux années suivantes avec les Admirals de Milwaukee, ne revenant à Vancouver que pour six matchs, où il ne récolta qu'un seul but. 

Sa carrière dans la LNH vraisemblablement terminée, il eut toutefois la chance de se retrouver un poste suite aux nombreuses expansions du début des années 90. C'est alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa pour leur saison inaugurale de 1992-93. 

En fait, les Sénateurs originaux semblaient contenir de nombreux anciens choix de premières rondes qui avaient déçu. En plus de McBain, les Sénateurs de 92-93 comprenaient des joueurs comme Neil Brady (3e au total en 1986 par New Jersey), Jody Hull (18e au total en 1987 par Hartford), Dave Archibald (6e au total en 1987 par Minnesota) et Darren Rumble (20e au total en 1987 par Philadelphie). Il y avait aussi le collègue de McBain à la cohorte de 1983, Sylvain Turgeon (2e au total par Hartford). Ce dernier a tout de même connu une meilleure carrière que les autres joueurs sus-mentionnés.


McBain joua deux saisons à Ottawa, mais était définitivement sur du temps emprunté dans cette faible équipe avec qui il amassa dans l'ordre 23 et 19 points. Il fut libéré après la saison 1993-94, saison où il retourna aussi dans les mineures pour une vingtaine de matchs.

McBain alla ensuite terminer sa carrière dans la IHL avec le Thunder de Las Vegas en 1994-95 et ensuite une dernière saison avec les Komets de Fort Wayne.

En 608 matchs dans la LNH, McBain obtint 129 buts et 172 passes pour 301 points. De ces 301 points, presque la moitié furent obtenus durant ses deux seules bonnes saisons 1987-88 et 1988-89 (140 points).

Son fils Jack McBain fut repêché en 3e ronde par le Wild en 2018. Il fait présentement partie de l'organisation de l'Utah. 


mardi 20 août 2024

William «Flash» Hollett


Les débuts de la carrière de hockeyeur de Bill Hollett ont été pour le moins inorthodoxes et inimaginables de nos jours. Originaire du Cap-Breton, il avait d’abord été recruté pour se joindre à une nouvelle équipe de crosse à Toronto en 1932. Coéquipier du polyvalent Lionel Conacher, il fut remarqué par Conn Smythe. Devant l’échec financier de l’équipe de crosse, Smythe recruta Hollett et l’assigna à Syracuse, dans la Ligue internationale.

Hollett fut ensuite prêté par les Leafs aux agonisants Senators d’Ottawa. Il joua ainsi 30 matchs lors de leur dernière saison, avant d’enfiler le chandail des Leafs.

En 1934-35, Hollet put jouer sa première saison complète à Toronto. Il put alors démontrer tout son talent. Défenseur offensif, il marqua 10 buts. Son coup de patin lui valut d’ailleurs le surnom ″Flash″.

Malgré cela, l’année suivante il fut victime d’un surplus de talent au sein d’une équipe qui comptait déjà sur Happy Day, King Clancy et Red Horner. Les Leafs décidèrent alors de le vendre aux Bruins pour 16 500$, une somme considérable à l’époque.

À Boston, il prit deux ans avant de vraiment prendre ses aises. Il y fut souvent jumelé avec Eddie Shore, ce qui donna éventuellement de très bons résultats. En 1938-39, il connut sa deuxième saison de 10 buts. Aidés par l’arrivée de Frank Brimsek devant les buts, les Bruins dominèrent alors la ligue et remportèrent la deuxième Coupe Stanley de leur histoire.

L’année suivante, Hollett eut des résultats semblables, tout comme son club. Par contre, Boston se fit surprendre par les Rangers au premier tour des séries.

Ce ne fut toutefois que partie remise, puisqu’en 1940-41, les Bruins remportèrent à nouveau la Coupe. L’année ne fut toutefois pas si simple pour Hollett. En janvier, le directeur-gérant des Bruins, Art Ross, décida de l’envoyer avec les Bears de Hershey en compagnie de Mel Hill pour quelques matchs, pour faire de la place pour deux autres joueurs. Hollett en fut vexé et menaça de cesser de jouer. Montréal et Chicago s’intéressèrent au défenseur qui avait la réputation d’être opportuniste et de créer des occasions, mais Ross décida finalement de le conserver. Ce ne sera toutefois pas la dernière fois qu’il dut en découdre avec lui.
Il était tellement connu sous le nom de Flash, que c'est ce qui est inscrit sur la Coupe Stanley

Si les Bruins n’ont pas terminé en tête de la ligue, ni remporté la Coupe en 1941-42, ce n’est pas par manque d’effort de Hollett qui, en inscrivant 19 buts, égalisa le record pour le plus de filets pour un défenseur, détenu par Harry Cameron. Hollett réinscrivit 19 buts l’année suivante aussi.

En janvier 1944, Ross décida d’échanger Hollet aux Red Wings contre Pat Egan. Encore une fois, ce mouvement de personnel ne passa pas avec Hollet. Plutôt que de se rapporter à Détroit, il retourna chez lui, en Ontario et menaça encore de cesser de jouer, mentionnant qu’à la limite, il préférerait jouer à Toronto. Pendant ce temps, Egan demeura avec les Wings. Après quelques jours, l’entraîneur Jack Adams eut une conversation avec sa nouvelle acquisition et Hollett accepta finalement de se joindre aux Wings.

Il semblerait qu’il retrouva ses repères avec Détroit, puisqu’en 1944-45, Hollett battit son record et marqua 20 buts. Il sembla également avoir un malin plaisir à exceller contre son ancienne équipe, qui eut une séquence de 15 défaites face aux Wings, suite à l’échange.

Hollett joua une autre saison à Détroit, avant que ceux-ci ne l’échangent aux Rangers, en retour de Ab DeMarco et Hank Goldup. Toutefois, encore une fois, Hollett résista à la transaction. Par contre, à ce moment, il fit plus que de menacer d'arrêter de jouer. Il passa aux actes. En 565 matchs, il montre une fiche de 132-181-313. Au moment de sa retraite, il s’agissait du plus haut total de points pour un défenseur dans l’histoire de la Ligue nationale. Il fut également le dernier joueur actif à s’être aligné avec les Senators d’Ottawa (première version).

Il alla ensuite jouer au niveau senior, avec Kitchener-Waterloo, puis avec les Marlboros de Toronto, avec qui il remporta la Coupe Allan en 1950. Il fut aussi leur entraîneur pour une courte période.

Le record de buts de Hollett mit 24 ans à être battu, par Bobby Orr. Par contre, comme il a joué avant la création du Trophée Norris, il n’en a évidemment aucun à sa fiche. De plus, ses saisons records ont eu lieu pendant la guerre, alors que plusieurs joueurs étaient absents. Peut-être que ses refus à des échanges pendant une période où on s’attendait à ce que les joueurs obéissent n’ont pas aidé non plus, mais toujours est-il que Hollett est plutôt tombé dans l’oubli et ne fait pas partie du Temple de la renommée.

Il est décédé en 1999, à l’âge de 88 ans.

Sources :

″De son côté Toronto cède Flash Hollett aux Bruins″, La Patrie, 16 janvier 1936, page 21,

″Hollett Threatens Revolt in Hockey″, Edmonton Journal, January 9, 1941, page 13,

″Gorman After Flash Hollett″, Regina Leader-Post, January 14, 1941, page 13,

″Boston’s Hollett Defined as Best ′Clutch′ Player″ de Alan Harvey, CP, Calgary Herald, December 22, 1942, page 11,

″Flash Hollett abandonnera le hockey plutôt que Boston″, La Patrie, 7 janvier 1944, page 19,

″Adams Catches Up With Hollett″, CP, Saskatoon Star-Phoenix, January 8, 1944, page 13,

″Flash Hollett préfère jouer pour Toronto″, Le Devoir, 8 janvier 1944, page 11,

″Wings Rally, Beat Bruins By 6-3 Score″, Windsor Daily Star, December 20, 1944, page 3,

″Hockey Player Enjoys Revenge″, UP, Spokane Daily Chronicle, March 14, 1945, page 12,

″Bill ″Flash″ Hollett dit se retirer du hockey pour de bon″, PC, La Patrie, 10 septembre 1946, page 17,

″Hollett Retires, May Coach, Play Amateur″, CP, The Calgary Herald, September 11, 1946, page 18,

″Hull, Orr bag record goals″, UPI, Montreal Gazette, March 21, 1969, page 28,

″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, Montréal-Matin, 22 mars 1969, page 50,

wikipedia.org.