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dimanche 6 avril 2025

Pat Price


Les talents offensifs de Pat Price ne prirent pas de temps à attirer l’attention. Le défenseur des Blades de Saskatoon de la Ligue de l’ouest fut même comparé à nul autre que Bobby Orr.

Lors de la Coupe Memorial de 1974 à Calgary, il s’y rendit avec son entourage, même si son équipe n’y participait pas. Il prit alors une chambre d’hôtel où son agent venait lui faire part des différentes offres qu’il recevait.

Dans la Ligue Nationale, le premier choix appartenait aux nouveaux Capitals de Washington. Dans l’Association mondiale (AMH), ce sont les Blazers de Vancouver qui avaient ce privilège. Propriété du richissime Jim Pattison, ceux-ci recherchaient un moyen de damner le pion aux Canucks, misérables depuis le début de leur existence en 1970.

La surenchère monta à un niveau inespéré pour Price. Son but était clairement de jouer dans la Ligue nationale, mais si une équipe de l’AMH pouvait le convaincre, c’était celle de sa province natale. Et elle a mis toute la gomme. On lui offrit pratiquement tous les biens qu’il voulait et on conclut finalement pour un contrat de 5 ans de 1,3 million $ (énorme à l’époque), un boni à la signature de 250 000$ (1,6 million $ en dollars d’aujourd’hui) et l’utilisation d’une Ferrari. Comme il s’agissait de plus d’argent qu’il n’avait gagné dans toute sa vie, le père de Price crut que le chèque visé du boni à la signature de son fils avait une erreur, car il croyait qu’il y avait un zéro de trop. Price voulut inviter tout le monde à souper pour fêter le tout, mais personne ne voulait encaisser son chèque…

Les Blazers choisirent ainsi Price au repêchage. Les Capitals passèrent donc leur tour et choisirent plutôt Greg Joly pour débuter leur existence, avec des résultats qui seront mitigés. La suite pour Price ne fut pas non plus à la hauteur des énormes attentes à son endroit.

D’abord, un mois et demi après la signature de son contrat, il eut des problèmes de voiture. Alors qu’il roulait à 140 km/h sous la pluie, il fit une sortie de route et emboutit sa Ferrari. Heureusement, il ne fut pas blessé, mais on la remplaça toutefois par une Monte Carlo.

Avant le début de la saison, Price fut invité à se joindre à l’équipe d’étoiles de l’AMH qui allait disputer l’équivalent du circuit maudit de la série du siècle. Sa participation fit toutefois aussi une sortie de route. À l’hôtel, Gerry Cheevers attendait un appel au sujet de l’état de santé de son beau-père. Comme il n’était pas aux alentours lorsque le téléphone sonna finalement, Price se précipita pour prendre l’appel mais du haut de ses souliers plateformes, il chuta. Il en résulta une foulure de la cheville et il rata ainsi la série.

Une fois finalement sur la glace, Price eut de la difficulté à faire la transition du style ouvert où il dominait dans le junior vers un style plus serré et robuste de l’AMH. De plus, il ne s’entendait pas vraiment avec son entraîneur de la vieille garde, Joe Crozier. Le vétéran Andy Bathgate voulut servir d’intermédiaire entre les deux, mais il arriva à Price de faire preuve d’arrogance envers cette légende pour qui il éprouvait pourtant du respect.

Lorsque l’équipe eut des problèmes, le climat se détériora. Quand Price se retrouvait en difficulté, ses coéquipiers, peu inspirés par son attitude et son salaire élevé, avaient peu tendance à venir à son aide.

En bout de ligne, Price termina sa saison avec 5 buts et 29 passes, ce qui n’était pas mauvais, mais insuffisant pour justifier son salaire. Voulant jouer dans la LNH, il s’entendit alors avec les Blazers (qui déménagèrent à Calgary pour devenir les Cowboys) pour rompre son contrat.

Maintenant libre, Price fut un choix de premier tour des Islanders en 1975, où ses anciens coéquipiers avec Saskatoon, Dave Lewis et Bob Bourne, eurent de bons mots à son sujet.

Sous les ordres d’Al Arbour, Price s’éloigna de son rôle purement offensif, où Denis Potvin remplissait ce rôle de toute façon, pour devenir un défenseur plus complet. La jeune équipe montra une progression certaine, mais sans parvenir à se rendre jusqu’au bout. Lors des séries de 1979, Price joua toutefois peu et exigea un échange.

Son souhait fut exaucé lorsque les Islanders le laissèrent sans protection lors du repêchage d’expansion et qu’il fut choisi par les Oilers. Une fois en Alberta, il se mit à pratiquer un style plus robuste. Il obtint également son plus haut total de buts avec 11. Pendant ce temps, à New York, les Islanders remportèrent la première de leur quatre Coupes consécutives.

Sa saison suivante fut partagée entre Edmonton et Pittsburgh, alors qu’il fut échangé contre Pat Hughes. Sa récolte de 42 points fut alors son sommet en carrière. En 1981-82, ce fut son total de minutes de punition qui atteignit son sommet, avec 322.

L’année suivante, il fut l’un des joueurs qui se brouilla avec l’entraîneur Eddie Johnston et fut alors soumis au ballotage. Ayant besoin de renfort suite aux blessures de Jean Hamel et Mario Marois, les Nordiques le réclamèrent en retour de 2500$.

La présence de Price à Québec fut toutefois l’objet d’un faux-départ. Après quatre parties dans l’uniforme fleudelysé, il fut victime d’un mal sérieux et mystérieux pour lequel différents diagnostiques furent émis. La conclusion fut finalement une grave infection virale au cerveau. Si celle-ci lui fit finalement manquer deux mois d’activité, elle aurait aussi pu lui coûter la vie.

Ce ne fut toutefois que partie remise. Par la suite, Price rendit de fiers services aux Nordiques. Ayant déjà des connaissances en français à son arrivée, il s’intégra bien à la vie dans la Vieille capitale, qu’il apprécia beaucoup. Pendant son séjour, il incita ses coéquipiers à apprendre la langue de Molière et l’équipe à les soutenir dans leurs efforts. Il investit également dans une entreprise locale de déménagement. Ce fut finalement à Québec qu’il joua le plus de matchs dans sa carrière professionnelle, avec 255, où il fut au cœur de la rivalité Québec - Montréal.

L’aventure québécoise de Price prit fin en mars 1987, lorsqu’il fut échangé aux Rangers en retour de Lane Lambert, qui deviendra plus tard l’entraîneur-chef que Patrick Roy a remplacé derrière le banc des Islanders l’an dernier.

Price termina la saison à New York, avant d’être à nouveau échangé, aux North Stars cette fois, contre Willi Plett.

Il joua ses 14 derniers matchs dans la Ligue nationale avec le Minnesota avant de prendre sa retraite. En 726 matchs, sa fiche est de 43-218-261, en plus d’avoir amassé 1456 minutes de pénalité.

S’il avait déjà envisagé de s’établir en permanence à Québec, il décida finalement de retourner dans sa Colombie-Britannique natale, où il opéra pendant dix ans une entreprise dans le domaine du bois avec son frère.

Il conduisit également des remorqueurs, en plus de travailler en restauration et pour un club de golf.

Sources :

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.141 à 146,

″Pat Price n’a pas le temps de s’ennuyer″ d’Alain Bouchard, 3 janvier 1983, Le Soleil, page B1,

″Pat Price… acte II″ d’Alain Bouchard, 15 mars 1983, Le Soleil, page C1,

″Pat Price réclame plus de français″, PC, 19 août 1986, La Tribune, page D2,

″I’m one of the fortunate few who have realized their dreams″ de Emanuel Sequeira et Will Johnson, Black Press, July 29, 2014, Nelson Star (nelsonstar.com),

″Le sang bleu à jamais″ de Jean-François Tardif, 24 août 2015, Le Soleil, page 38,

″Canucks at 50: Vancouver Blazers tries, but failed to capture the hockey market″ de Ed Willes, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com),

banqueducanada.ca, hockeydraftcentral.com, hockey-reference.com.

jeudi 13 février 2025

La Finlande dans l'AMH









En marge de la Confrontation des 4 Nations et du match qui a lieu ce soir, je crois qu'il est logique de parler de l'AMH...

Car peu importe ce que vous pouvez trouver sur l'AMH, ça finit plus que très régulièrement avec une histoire abracadabrante de broche à foin. Et comme la ligue à été ainsi de ses débuts jusqu'à sa fin, rien n'est surprenant d'apprendre qu'une équipe n'a joué qu'un seul match de saison régulière dans les rangs du circuit maudit.

Vous avez bien lu : un seul match de saison régulière !

C'était lors de la dernière saison de l'AMH, en 1978-79. Suite à la faillite des Racers d'Indianapolis après 25 matchs, il ne restait que 6 équipes pour terminer la saison et leur calendrier (une source de revenus malgré tout) se voyait amputé. Les dirigeants de la ligue décidèrent donc d'aller chercher des équipes "mercenaires" pour conclure la saison. C'est ainsi que l'équipe nationale de la Tchécoslovaquie et une équipe d'étoile de l'URSS furent recrutées, tout comme ce fut le cas la saison précédente d'ailleurs. Les six équipes restantes du circuit maudit jouèrent chacun un match contre chacune de ces deux équipes, afin de compléter un calendrier de 80 parties. 

Par contre, comme les Racers ont disparu après un nombre impair de matchs, les Oilers se retrouvaient qu'avec 79 matchs de prévus. Pour remédier à la situation, l'AMH fit appel à une autre équipe nationale qui n'avait pas le lustre qu'elle a aujourd'hui : la Finlande !

Affiche promotionnelle pour la coupe Canada 1976
La Finlande de la fin des années 1970 ! L'équipe nationale qui regorgeait de joueurs connus tel que Tomi Taimio, Matti Kaario, Reijo Lappanen et Jarmo Mikatolo.

Dans ce lot, seulement deux joueurs avaient fait un séjour en Amérique du Nord. Le vétéran Seppo Repo (ça sonne comme Kappo Kakko non ?) avait joué une saison dans la même AMH, en 1976-77, inscrivant 60 points avec les Roadrunners de Phoenix. Le jeune Matti Hagman avait disputé 90 parties en 2 saisons avec les Bruins de Boston, ayant été repêché par ces derniers en 1975. Il finit cependant la saison 1977-78 dans l'AMH, à Québec, avec les Nordiques.

Bref, à la fin du mois de mars 1979, cette bande de joyeux lurons atterrirent en Alberta pour se frotter aux Oilers, qui avaient d'ailleurs pu profiter des problèmes financier des Racers afin de mettre la main sur Wayne Gretzky plus tôt dans la saison. 

La partie eut lieu le 20 mars 1979. La Finlande débuta le match en force, surprenant les Oilers en période d'adaptation, déjouant Dave Dryden à peine 2 minutes après le début du match. Après 10 minutes de jeu, Edmonton avait trouvé leurs repères, inscrivant 7 buts sans riposte contre le gardien Jorma Valtonen, dont trois à l'intérieur de 36 secondes au début du deuxième engagement.

Le victoire en poche, les Oilers ont alors envoyé leur gardien finlandais, Hannu Kamppuri, dans la mêlée, pour son deuxième et dernier match de la saison. Il accorda trois buts à ses compatriotes pendant la troisième période, permettant une marque finale de 8 à 4 en faveur d'Edmonton.

Les Oilers amassèrent donc 2 autres points au classement (ils allaient finir premiers), alors que la Finlande n'en récolta bien entendu aucun. De toute façon, n'étant que de passage dans l'AMH, leur point n'aurait pas été comptabilisé.

Ce match a également permis aux Oilers de garder un œil sur deux joueurs de l'équipe finlandaise, alors qu'ils firent signer un contrat à Matti Hagman avant la saison 1980 (il joua 2 saisons à Edmonton), peu de temps après avoir repêché un joueur qui devint un membre important de la dynastie albertaine, le membre du Temple de la Renommée du hockey, Jari Kurri.


Sources : hockeyreference.com, hockeydb.com, wikipedia.org, https://youtu.be/NF9r1OxWje8?si=E5BVrtUeZ0yd1bXW

mercredi 3 juillet 2024

Fernand Tessier, un ex-prisonnier dans l'AMH

 


 

Alors qu'il achevait de purger 11 ans au pénitencier St-Vincent-de-Paul de Laval, Fernand «Fern» Tessier fit les manchettes en 1974 lorsqu'il prit la peine d'envoyer une lettre à toutes les équipes professionnelles d'Amérique du nord afin d'offrir des services comme hockeyeur. 

La lettre se résumait essentiellement à ceci:
« Je suis un défenseur agent libre qui se cherche un poste dans un club professionnel. Je vais bientôt être libéré de prison mais j'espère que cela n'influencera pas négativement votre décision envers moi et la chance que je recherche.»

Tessier avait d'abord été reconnu coupable de 15 ans de prison pour un vol de banque alors qu'il n'avait que 17 ans. Il fut acquité et libéré environ 5 ans plus tard après qu'il fut révélé qu'un autre homme aurait commis le vol. 

Il écopa toutefois d'une nouvelle peine pour vol de banque en 1968, qu'il écoula cette fois jusqu'à cette libération au printemps 1974.

Âgé de 28 ans et n'ayant pas joué au hockey organisé depuis son adolescence au niveau midget, il s'était toutefois grandement entraîné en prison, d'abord au gym et lors d'une soixantaine de parties au total durant ces 11 années en prison. 

Il estima toutefois avoir une détermination à toute épreuve et qu'en plus, il avait grandement étudié le jeu en écoutant tous les matchs du Canadien et des Nordiques à la télévision et d'avoir ainsi grandement développé son hockey.

Aucune équipe professionnelle ne contacta Tessier pour faire suite à sa demande, à l'exception des fameux Fighting Saints du Minnesota de l'AMH, une équipe davantage reconnue pour mettre la robustesse et la violence à l'avant plan, tant au niveau des joueurs sur la glace qu'au niveau du marketing.

On imagine possiblement que durant ces années de «Broad Street Bullies» et de «Slapshot», avoir un ancien prisonnier dans ton alignement serait grandement vendeur aux guichets. Harry Neale, l'entraîneur des Fighting Saints, fut très intéressé par sa lettre et offrit donc une chance à Tessier. Il l'invita à venir s'entraîner avec les Fighting Saints lors d'une visite du club à Québec, lors d'un entraînement avant un match contre les Nordiques en février 1974, soit à peine trois jours après sa libération. 

 

Harry Neale (3e de la première rangée) et les Fighting Saints du Minnesota de 1973-74


Après cet essai, Neale déclara «Il était encore un peu secoué par le fait d'être libre et de pouvoir faire ce qu'il veut, mais il nous en a montré assez pour recevoir un deuxième essai. Il peut patiner, il est très costaud. Il peut soulever 350 livres et peut faire 500 push-ups en 16 minutes... Il peut définitivement jouer quelque part. On espère qu'il peut nous en démontrer davantage pour se mériter une place dans notre organisation. Mais il demeure que son inexpérience pourrait le rattraper. Il n'a pas de famille, pas d'argent, pas de travail. Tout ce qu'il a demandé c'est d'avoir une chance et nous lui en offrons une.»

Après ce premier essai, Tessier fut officiellement invité au camp d'entraînement des Fighting Saints en septembre 1974, en vue de la saison qui allait s'amorcer. Il ne fut toutefois pas retenu par l'équipe et fut donc libéré sans jouer un seul match régulier.

J'ignore quelle fut la suite des choses pour Tessier suite à cette opportunité. Aucun autre club professionnel ou semi-pro ou en Europe ne semble avoir tenté sa chance avec lui car je n'ai trouvé aucune trace de lui sur les divers sites de statistiques professionnelles. 

J'ignore également où il peut résider ni même s'il est toujours en vie. Si jamais vous avez quelques détails ou informations supplémentaires sur lui (ou si vous êtes lui), je suis bien sûr preneur.


Sources:
Ex-prisonier de St-Vincent de Paul, il veut jouer dans l'AMH, La Presse, 22 février 1974
L'ex-détenu Tessier crée une favorable impression, La Voix de l'est, 23 février 1974
Now he's a Saint, but once he wasn't, Star Tribune, 27 septembre 1974
NY Times, 23 février 1974

jeudi 13 juin 2024

La dernière Coupe Avco


C’est il y a maintenant 45 ans que l’Association mondiale de hockey (AMH) a cessé ses activités. Avec ses innovations, ses coups d'éclat, mais aussi ses histoires parfois chaotiques, la ligue a dû peiner pour attirer l’attention et se démarquer de sa rivale mieux établie, la LNH.

Au niveau du titre, bien qu’elle ait donné lieu à du jeu très intéressant, avec des joueurs de qualité, la Coupe Avco n’avait évidemment pas le prestige de la Coupe Stanley. Toutefois, lors de la dernière saison du circuit maudit, il y avait un défi supplémentaire.

La fusion entre la LNH et l’AMH (ou si vous préférez l’absorption des équipes restantes de l’AMH) était dans l’air depuis un moment. Ce ne fut donc pas une totale surprise lorsque la Ligue nationale, deux semaines après avoir voté contre, a finalement voté pour la proposition, le 22 mars 1979. C’est le lendemain que le tout fut confirmé par les quatre équipes restantes de l’AMH (Edmonton, Hartford, Québec et Winnipeg, Birmingham et Cincinnati furent exclus). Par contre, à ce moment, les équipes devaient toujours disputer 13 ou 14 matchs pour compléter leur saison, avant de se lancer en séries. À quel genre de compétition devrait-on s'attendre lorsqu’on sait déjà que tout ça disparaîtra sous peu?

Au niveau des joueurs, les compétiteurs veulent gagner, mais il faut aussi garder en tête qu’il y avait beaucoup d’incertitude. Les règles ″d’expansion″ dures envers les équipes de l’AMH faisaient en sorte qu’il était loin d’être évident qu’elles parviendraient à conserver leurs joueurs. De plus, la disparition de deux équipes impliquait forcément la perte de postes. Les hockeyeurs avaient donc intérêt à ne pas lever le pied et à se faire valoir en vue de l’année suivante.

Au niveau des médias et du public, c’est un peu différent. Si on regarde par exemple pour la ville de Québec, on peut voir en consultant Le Soleil de l’époque qu’une fois la déception passée suite au balayage des Nordiques contre les Jets en demi-finale, l’espace consacré à l’AMH diminue sensiblement. La priorité est plutôt accordée aux modalités de passage des Nordiques à la Ligue nationale, avec les défis organisationnels que ça impliquait. La couverture de la finale de la Coupe Stanley, où les Canadiens avaient la possibilité de gagner un quatrième titre de suite, prenait également beaucoup de place. La finale de l’AMH était donc limitée à de petits articles d’agence de presse dans des pages lointaines, les journalistes locaux étant occupés à autre chose.

La finale opposa les champions en titre, Winnipeg, contre Edmonton. À noter par contre que les Oilers (avec leur nouveau joueur, Wayne Gretzky) avaient dominé la saison régulière. Par contre, une fois en finale, si Edmonton a massacré Winnipeg à deux reprises (8-3 et 10-2), les expérimentés Jets ont remporté trois matchs serrés, avant de conclure avec une victoire de 7-3.

C’est le robuste Dave Semenko des Oilers qui a marqué le dernier but de l’histoire de l’AMH, en déjouant Gary "Suitcase" Smith.

Lors des entrevues d’après-match, l’entraîneur des Jets, Tom McVie, était déjà passé à autre chose, en mentionnant ce qu’il rechercherait pour sa future équipe de la LNH. De son côté, le richissime propriétaire des Oilers, Peter Pucklington, était tout de même déçu de la défaite, malgré le fait qu’après de longues et pénibles négociations, il avait finalement obtenu son entrée dans la Ligue nationale. Quant à Dennis Sobchuk, alors avec les Oilers et qui connut son lot de difficulté au cours de sa carrière, il rata le chant du cygne de la ligue, en raison… d’un bête empoisonnement alimentaire.

On statua alors que les Jets, qui avaient remporté trois titres en sept ans, pourraient conserver la Coupe Avco. Par contre, il y en avait trois copies. Les deux autres sont maintenant au Temple de la renommée à Toronto et en Nouvelle-Écosse.

Comme les Jets remportèrent le dernier titre du circuit maudit le 20 mai 1979, il en fut question dans les journaux de l’édition du 21 mai. Par contre, il s’agissait aussi de la journée où les Canadiens avaient la chance de terminer leur série contre les Rangers en finale de la Coupe Stanley (ce qu’ils ont effectivement fait). La dernière Coupe Avco a donc été plutôt éclipsée par la finale de la grande ligue.

Le 22 mai, les Jets ont organisé leur parade. Il s’agissait par contre aussi d’une journée d’élection fédérale, qui avait évidemment aussi beaucoup attiré l’attention pendant cette période.

Suite à la victoire des Conservateurs de Joe Clark sur les Libéraux de Pierre Elliott Trudeau, la question était plutôt de savoir si les fonds promis pour l’agrandissement du Colisée (nécessaire pour le passage à la Ligue nationale) seraient toujours disponibles.

Ils le furent. Les Nordiques passèrent donc à la Ligue nationale. On enterra ainsi discrètement l’AMH, qui fut tout de même brièvement ressuscitée plus tard.

Sources :

″La Nationale dit oui à l’expansion″, PC, Le Soleil, 23 mars 1979, page C1,

″La LNH à Québec l’automne prochain″ de Claude Larochelle, Le Soleil, 24 mars 1979, page A1,

″Les Jets en quête d’un troisième titre″, PC, Le Soleil, 10 mai 1979, page C2,

″Les Jets gagnent la première″, Le Soleil, 12 mai 1979, page C7,

″Champagne for Jets, but beer for Oilers″, CP, May 21 1979, Calgary Herald, page C2,

″Les Jets pourront garder la Coupe Avco″, UPI, Le Soleil, 22 mai 1979, page C7,

″Lamontagne croit que les conservateurs ne bloqueront pas l’agrandissement du Colisée″, PC, Le Soleil, 23 mai 1979, page A2,

″Sport en bref - Hockey″, Le Soleil, 23 mai 1979, page F5,

hhof.com.

mercredi 8 mai 2024

Les Roadrunners de Phoenix






 


Les Coyotes de Phoenix/Arizona ne sont plus! Alléluia! 

Ne vous laissez pas influencer par ces tristes 28 fans ou autres Auston Matthews que l'on voit pleurer leur vie sur le fait que l'équipe de leur enfance qui leur a donné envie de jouer au hockey n'existe plus et snif snif snif que c'est triste, etc... etc... etc... 

Non. Les Coyotes sont enfin morts et y'était temps. Oui c'est un peu triste pour la base de fans trahis par un proprio de merde, mais il y avait aussi plein de fans tristes à Québec ou à Hartford et oui MÊME À CLEVELAND! Combien de fans n'ont plus de hockey à Québec et ne s'en sont pas remis? C'est triste pour les fans parce que oui c'est triste de perdre du hockey, le meilleur sport au monde, donc c'est normal de trouver des fans tristes. Et c'est pas comme si les Coyotes n'avaient pas eu 478 autres chances de survivre par le passé. Les résidents payeurs de taxes et les élus ont jamais voulu rien savoir. Alors fuck it. RIP Coyotes, c'est fini et c'est tant mieux et c'est pas trop tôt.

En fait, si les Coyotes ont semblé avoir 9 vies, c'était aussi le cas pour l'autre incarnation du hockey professionnel à Phoenix, les Roadrunners. Oui Roadrunner, comme Will E. Coyote et son éternel ennemi à plumes des Looney Tunes...

Ils n'ont jamais existé aussi longtemps que les Coyotes, mais les Roadrunners de Phoenix ont aussi existé pendant plusieurs décennies, mais sous plusieurs incarnations dans plusieurs ligues, que je vais décortiquer ici pour vous en détails interminables...

WHL (1967-1974)

Le premier club sous ce nom débuta en 1967-68 dans l'ancienne Western Hockey League, qui était à l'époque l'équivalent de le la ligue américaine dans l'ouest nord-américain. Avant de s'installer à Phoenix, la franchise opérait auparavant sous le nom des Comets de Spokane (1958 à 1963), les Invaders de Denver (1963-64) et les Maple Leafs de Victoria (1964 à 1967).

Le club joua ses matchs dans un aréna du nom de l'Arizona Veterans Memorial Coliseum, le même édifice que les Suns de Phoenix occupèrent dans la NBA jusqu'en 1992, et qui abritera plusieurs autres Roadrunners plus tard...

Les premiers Roadrunners ont joué de 1967-68 à 1973-74 dans la WHL, soit jusqu'à la fin de cette ligue suite au développement de la LNH dans l'ouest et l'arrivée de l'AMH lors des années précédentes. Il ne restait alors que six équipes en place dans la WHL et ce sont les Roadrunners qui furent champions de la Coupe Lester Patrick lors de ses deux dernières campagnes.

Parmi les Roadrunners de renom dans la WHL, on retrouve le trifluvien André Hinse, qui termina au premier rang des pointeurs de leur histoire avec 313 points en 277 matchs, ainsi que quelques futurs joueurs de la LNH comme René Robert (qui y joua seulement 7 matchs), l'ancien du CH André Pronovost, Walt McKechnie et Gary «Cobra» Simmons.

J'ai trouvé ce fascinant vidéo d'époque où l'on peut voir l'équipe en action pendant ces années WHL. C'est la première fois que je vois autant de matériel vidéo de qualité de cette ancienne ligue disparue. C'est même très rare. On y voit les débuts de la franchise et plus loin les séries de 1972-73.



Après la fin de la WHL en 1974, l'équipe était assez bien implantée à Phoenix et décida de continuer l'aventure en migrant dans l'Association mondiale de Hockey (AMH) pour la saison 1974-75. J'avais initialement lu quelque part que l'équipe était demeurée presque intacte pour son passage dans l'autre ligue mais il n'y a en fait que 6 joueurs qui sont demeurés en poste à Phoenix, le reste étant de nouveaux arrivants. L'équipe avait toutefois le même coach, Alex «Sandy» Hucul, un ancien joueur des Roadrunners qui avait fait le saut derrière le banc en 1972-73. 

AMH (1974-1977)
Les Roadrunners étaient généralement bons dans l'AMH, du moins pour ses deux premières saisons, étant menés par Dennis Sobchuk et surtout un jeune Robbie Ftorek qui connut deux saisons de 113 et 117 points respectivement. La franchise connut toutefois des déboires financiers et décida de ne pas renouveler le contrat du populaire coach Hucul après la saison 1975-76. 

Ici, je pourrais faire une joke plate comme par exemple «Il a dû tomber su'l'hucul en apprenant la nouvelle» ou quelque chose du genre. Mais c'est pas vraiment mon style.

En plus la page wikipedia de Hucul m'a appris qu'il a longtemps été aux prises d'un cancer du rectum. Ce sont des choses qui ne s'inventent pas et je ne peux juste pas rien dire de plus. Rien.

De plus, on prononce son nom «Huckle» donc c'est même pas drôle.

Hucul fut donc remplacé par l'ancien gardien Al Rollins, ce qui s'avéra une mauvaise décision alors que ce dernier était détesté par les fans des Roadrunners, car il était autrefois le coach de leurs rivaux dans la WHL, les Golden Eagles de Salt Lake City. La saison 1976-77 des Roadrunners fut difficile alors qu'ils terminèrent derniers de leur association et durent vendre plusieurs joueurs pour survivre, dont Ftorek. La franchise fut finalement dissoute après la saison,

Une autre pause vidéo? En fait ici c'est la suite de l'autre de tout à l'heure et on les voit remporter la coupe Lester Patrick dans la WHL. Ensuite on les voit dans l'AMH dans un match contre les Nordiques et comme il s'agissait de la saison 1974-75, on voit les Nordiques dans le fameux chandail avec la Fleur de lys «Québec» dont j'ai parlé l'autre jour. Toute est dans toute man.



CHL (1977)
Après la fin des Roadrunners dans l'AMH, ce ne fut toutefois pas la fin du nom et du logo des Roadrunners puisque l'équipe naquit de ses cendres immédiatement dans une autre ligue, la Central Hockey League, dès la saison 1977-78. La CHL était une ligue sponsorisée par la LNH et chaque club en faisant partie était affilié à un club de la LNH. 

Dans le cas des Roadrunners, il s'agissait d'une double association avec les Rockies du Colorado et les Barons de Cleveland. Comme il s'agissait exclusivement d'une ligue de développement, cette fois-ci, aucun Roadrunner ne suivit l'équipe de l'AMH à la CHL. Mais l'équipe ramena toutefois le populaire Sandy Hucul comme entraîneur-chef. 

Cependant, j'ignore où tout a foiré, mais après seulement 27 matchs et une horrible fiche de 4-20-3, la franchise quitta abruptement la CHL en décembre 1977 et abandonna ainsi les prospects des Barons et Rockies. J'ai lu que l'équipe avait de la difficulté à aligner assez de joueurs à chaque match. J'imagine aussi que les difficultés financières des Barons et Rockies au même moment ne devaient pas aider beaucoup. 

Les Rockies avaient un club-école secondaire de disponible dans la IHL mais les Barons, aux prises avec déjà beaucoup de problèmes, n'avaient même pas de club en backup et leurs prospects se retrouvèrent prêtés à travers les autres ligues mineures. C'était le cas du défenseur John Baby dont j'ai parlé l'autre jour.

PHL (1977-1979)
Oui, ils ont repris les mêmes
programmes et simplement
masqué le CHL dessus...

Quoiqu'il en soit, les Roadrunners firent faux bond à la CHL et migrèrent encore plus profond, soit dans la Pacific Hockey League pour terminer cette saison 1977-78. La «PHL» est une ligue tellement obscure que je n'avais jamais encore eu la chance d'en parler dans ma carrière de blogueur, si ce n'est que très brièvement. Et j'ai parlé de beaucoup de ligues profondes... Disons que j'ai peur pour la suite.

L'origine de la PHL est en fait liée à l'AMH alors que l'idée de sa création aurait eu lieu lors du match des étoiles de l'AMH à l'hiver 1977. Voyant que sa ligue rebelle allait éventuellement fusionner avec la LNH ou carrément disparaitre, le fondateur de l'AMH Dennis Murphy aurait lancé l'idée à d'anciens propriétaires d'équipes de l'AMH de créer une nouvelle ligue mineure dans l'ouest, pour palier à l'absence d'équipes depuis le départ de quelques unes de l'AMH et la fin de la WHL. Plusieurs anciennes équipes défuntes de l'AMH allaient ainsi pouvoir revivre dans la PHL.

Les choses déboulèrent rapidement par la suite et la Pacific Hockey League débuta dès cette saison 1977-78 avec seulement 3 équipes. Je n'ai toujours pas compris pourquoi ils n'en firent pas partie à la base mais bref, les Roadrunners quittèrent la CHL pour la PHL à la mi-saison et vinrent arrondir la ligue à 4 équipes. Ils se rendirent en finale, s'inclinant contre les Shamrocks de San Francisco.

La PHL était toutefois un autre de ces plans foireux digne de l'instabilité du hockey dans les années 70 et la ligue ne put terminer sa deuxième année en 1978-79. Après la fin de la saison régulière, qui vit deux de ses six équipes plier bagage mi-saison, la PHL annula ses séries et ferma boutique. Les Roadrunners, alors en première place au classement, furent sacrés champions par défaut.

Outre Sandy Hucul, les Roadrunners version PHL avaient plusieurs anciens membres du temps de la WHA et même WHL dans leurs rangs, comme le québécois Michel Cormier et l'ancien des Red Wings Howie Young qui appréciaient probablement cette fin de carrière professionnelle au soleil... Il y avait également Jeff Carlson, un des frères Hanson tout frais de son succès dans le film Slap Shot l'année précédente, qui joua l'entièreté de l'existence du club dans cette fameuse PHL.

Donc après 12 saisons d'existence sans interruption (mais dans quatre ligues), les Roadrunners disparurent du radar du hockey professionnel. Ce n'est qu'en 1989-90 qu'ils refirent surface, toujours avec le même logo, mais cette fois dans la célèbre International Hockey League, alors une ligue en plein essor (surtout après la fin des autres ligues discutées précédemment) qui visait l'implantation d'équipes dans de gros marchés. 

IHL
1989-1997


Sans remporter de championnat, les Roadrunners eurent tout de même de bonnes années dans la IHL. Affiliés aux Kings de Los Angeles, ils virent passer plusieurs prospects des Kings dans les années 90 comme Yanic Perreault, Robert Lang, Chris Kontos, Vitali Yachmenev, Sean O'Donnel, Byron Dafoe et Jamie Storr. Ils eurent également comme entraineurs Ralph Backstrom et Gary Unger

Wayne Gretzky a même porté le chandail des Roadrunners lors d'un match d'exhibition à Phoenix entre le grand club et le club-école. Était-ce la première tentation de la merveille envers Phoenix?

Cependant, vous vous en doutez bien, la franchise ne put durer longtemps avec l'arrivée éventuelle d'une équipe de la LNH en 1996 lorsque les Jets de Winnipeg déménagèrent en Arizona. Avant la première saison des Coyotes en 1996-97, le propriétaire Lyle Abraham loua les Roadrunners à un consortium amérindien qui continua d'opérer la franchise malgré la présence des Coyotes dans le portrait. Oui, pendant une seule saison, on vit le Coyote et le Roadrunner en même temps à Phoenix. Les Coyotes jouaient cependant dans un tout nouvel aréna, le America West Arena, tandis que les Roadrunners jouaient toujours dans le vieux Veterans Coliseum de leurs ancêtres. 

Le America West Arena n'était toutefois pas configuré pour le hockey des ligues majeures, ce qui poussa éventuellement les Coyotes à déménager à Glendale, et enclencher le fiasco que l'on connait...

Mais revenons en 1997 où le Coyote, pour la première fois, l'emporta sur le Roadrunner. Ayant subi de lourdes pertes financières et des baisses d'assistances, la franchise des Roadrunners fut retournée à Lyle Abraham et fut dissoute après la saison, sans déménagement dans une autre ville.

Faisons ici une autre pause vidéo et regardons un match de la IHL entre les Roadrunners et les Aeros de Houston. Vous allez revoir plusieurs visages familiers, surtout dans les buts...



Donc on pourrait croire que l'arrivée des Coyotes dans le portrait viendrait sonner le glas à jamais pour les Roadrunners, surtout à Phoenix, mais ce ne fut pas vraiment le cas. 

Et premièrement il faut faire un détour compliqué pour parler des Roadrunners... de Toronto.

Roadrunners de Toronto (AHL)
2003-2004

L'ancien propriétaire des Roadrunners de l'IHL, l'albertain Lyle Abraham, décida quelques années plus tard de retenter sa chance dans le hockey professionnel, cette fois dans la AHL, mais dans un tout nouveau marché plus sécuritaire. Il tenta alors de déménager la franchise dormante des Panthers de Louisville au Ricoh Coliseum de Toronto, un aréna qu'il prévoyait de faire passer de 5000 à 9000 places par un ambitieux projet d'agrandissement. 

Cependant, les Maple Leafs ne voulaient pas de compétition directe dans leur marché (à moins d'en être bénéficiaires) et firent pression auprès des Bulldogs d'Hamilton pour faire avorter le plan d'Abraham. Les Bulldogs, détenant des droits territoriaux dans la AHL, appliquèrent donc leur véto. Abraham ne fut toutefois pas abattu et décida de simplement se porter acquéreur des Bulldogs, pour ensuite les déménager sans encombres à Toronto pour la saison 2003-2004. Les Bulldogs étaient alors le club-école des Oilers et comme Abraham était aussi originaire d'Edmonton, j'imagine qu'il put utiliser ses contacts pour bien faire passer la transaction.

Mais là, vous vous souvenez sûrement des Bulldogs d'Hamilton, le club-école du Canadien durant les années 2000? Comment le club qui aurait déménagé à Toronto aurait pu être ce même club qui a hébergé Carey Price, Jaroslav Halak, P.K. Subban et tant d'autres? Et bien au même moment de l'annonce du déménagement des Bulldogs à Toronto, les Citadelles de Québec déménagèrent à Hamilton et reprirent immédiatement l'identité des Bulldogs... J'ai tu dis que c'était compliqué? 

C'est pour ça que pendant une saison, soit en 2002-03, les Bulldogs furent partagés entre le CH et les Oilers d'Edmonton, les rénovations au Ricoh Coliseum n'étant pas encore prêtes avant la saison 2003-04.

Bref, Abraham retrouva une franchise de hockey professionnelle et la nomma à nouveau sous le nom des Roadrunners, avec une fois de plus le vieux logo dont l'origine remonte aux années 60. Cependant, ce fut très éphémère à Toronto. Des assistances sous les attentes et des problèmes avec les autorités locales suite aux rénovations forcèrent Abraham à regarder ailleurs. De plus, les Oilers désiraient faire jouer leur club-école à Edmonton durant la saison 2004-05, en prévision du lock-out qui allait faire annuler toute la saison. 

Road Runners d'Edmonton (AHL)
2004-2005

On vit donc apparaître une autre incarnation du Roadrunner, cette fois à Edmonton pour combler l'absence de la LNH, et pour une rare fois avec un logo différent (et horrible). En fait cette fois-ci, l'équipe s'appelait Road Runners en deux mots. Pourquoi en deux mots? Je sais pas. 

Cependant, il était écrit dans le ciel que ce déménagement était temporaire et qu'une fois le lock-out terminé, les Roadrunners auraient à quitter Edmonton. On tenta alors de déménager la franchise à Saskatoon, dans un rarissime cas d'échange de franchise ET de ligue où on aurait également fait déménager les Blades de Saskatoon de la WHL (junior) à Edmonton... Je n'ai jamais entendu parler d'une chose du genre auparavant, tellement que je doute de la véracité de la chose, mais pour l'instant je la laisse.

Ouff.... je suis épuisé.

De toute manière, la «transaction» échoua et la franchise AHL des Roadrunners fut mis en suspens. Ce n'est qu'en 2010 qu'elle fut réactivée, lorsque naquit la franchise des Barons d'Oklahoma City, mais cette fois-ci, on s'en doute par le nom, Abraham n'était plus dans le portrait. 

ECHL
2005-2009

En fait, ce dernier avait précédemment vendu le nom et le logo des Roadrunners aux proprios des Suns de Phoenix, qui ramenèrent l'oiseau au bercail une fois de plus, cette fois-ci dans la ECHL pour la saison 2005-06. Pour l'occasion, le logo fut quelque peu mis à jour mais garda la même position que l'original.

Donc, après la WHL (1967-74), l'AMH (1974-77), la CHL (1977-78), la PHL (1977-79) et la IHL (1989-97), les Roadrunners de Phoenix firent un retour sous une 6e incarnation dans une 6e ligue, la ECHL.

Les Roadrunners version ECHL avaient comme président l'ancien des Coyotes Claude Lemieux, mais ce dernier démissionna après une seule saison. Le club joua ses matchs dans l'ancien premier aréna des Coyotes, le America West Arena, mais cette fois-ci reconfiguré avec moins de siège. L'équipe fut plus qu'ordinaire et la franchise fut dissoute après la saison 2008-09, soit seulement 4 saisons dans la cave du classement de la ECHL.

Autre pause vidéo, mais cette fois-ci sans saveur alors que regarder de la ECHL de la fin des années 2000 est pas mal plus plate que des vieux vidéos granuleux des années 60 et 70...


Il n'y a pas vraiment grand chose d'autre à dire sur ces derniers Roadrunners version ECHL, si ce n'est qu'ils ont retiré trois numéros en honneur des anciennes gloires «roadrunniennes» du passé, soit le #8 de Robbie Ftorek, le #3 de Adam Keller, un ancien joueur et DG ainsi que le #4 de Sandy Hucul. 

Le seul joueur notable des Roadrunners ECHL à s'être rendu dans la LNH par la suite fut Daniel Winnik. Sinon, l'équipe employait une mascotte du nom de Rocky Roadrunner, qui datait des débuts des premiers Roadrunners en 1967, soit la mascotte la plus vieille de tous les clubs professionnels de l'histoire de l'Arizona.

Roadrunners de Tucson (AHL)
2016 -

Depuis, et bien il n'y ait jamais eu d'autres clubs du nom des Roadrunners de Phoenix. Mais la tradition continue tout de même en Arizona puisque les Coyotes ont acheté en 2016 la franchise des Falcons de Springfield de la AHL pour la déménager à Tucson en Arizona sous le nom des Roadrunners. Cette fois-ci c'est l'ancien oiseau du logo d'origine qui revint en action, dans un nouveau chandail rappelant celui du grand club.

Ces Roadrunners évoluent donc à Tucson (à environ 1h30 de Phoenix) depuis la saison 2016-17 mais il serait possible qu'ils viennent éventuellement reprendre la place des Coyotes au Mullett Arena de l'Université Arizona, ce qui serait assez ironique... 

Donc il serait possible d'éventuellement revoir les Roadrunners à Phoenix sous une 7e incarnation et une 7e ligue si cela se produit. Je crois honnêtement que ce serait formidable. Cela confirmerait que Phoenix est définitivement une ville des ligues mineures pour le hockey.

Il n'y a rien de mal à ça. Faut accepter ses limites dans la vie. Il y a eu plein de villes géniales et emblématiques des ligues mineures à travers l'histoire. Je pense entre autres à Hershey et ses Bears, Springfield au Massachusetts, Providence, Cleveland, New Haven, Tulsa, Fort Wayne, Kalamazoo, Syracuse, Rochester, etc. Il n'y aurait rien de honteux à inclure Phoenix et les Roadrunners dans la liste.

Bref. c'est à suivre... qui sait si ce ne sera pas plutôt le Coyote qui reviendra d'ici 5 ans...

Voici en complément d'autres photos des Roadrunners à travers les âges, que j'ai piqué sur différents sites et pages Facebook:

Sandy Hucul dans un des premiers chandails des Roadrunners sans le logo.

Le gardien Marv Edwards dans l'uniforme circa 1971. Edwards jouera ensuite deux saisons comme backup avec les Seals de Californie.

Une bonne clope pour Gary Simmons après la victoire de la coupe Patrick en 1973


Originaire de Trois-Rivières, Michel Cormier a joué avec les Roadrunners dans la WHL, AMH et PHL.


Qui dit club-école des Kings dans les années 90 veut inévitablement dire «Bob Jay»






Sources:
Les Roadrunners s'éteignent en douce, Le Soleil, 2 avril 1977
Daniel Chicoine en pays de connaissance, La Tribune, 26 décembre 1977
Fun While it Lasted
The Old Western Hockey League - Facebook

vendredi 3 mai 2024

Le chandail 1974-75 des Nordiques

 



 

De leurs débuts dans l'AMH en 1972-73 jusqu'à leur entrée dans la LNH en 1979-80, les Nordiques de Québec ont changé leur chandail, subtilement ou drastiquement, à pratiquement chaque saison. 

La première version de 1972-73 était rouge et bleu poudre. Le chandail devint bleu royal la saison suivante avec de légères modifications dans les bandes. Le chandail traditionnel avec les fleurs de lys fit finalement son apparition en 1975-76 avec la différence notable étant le pantalon rouge ainsi que le logo blanc sur le chandail à l'étranger. 

J'imagine qu'à travers tout ça on voulait évidemment se différencier de la palette du Canadien en misant davantage sur le bleu que le rouge. Le pantalon rouge disparut d'ailleurs la saison suivante et le chandail demeura identique pour le restant de l'histoire de la franchise dans l'AMH. 

Le logo blanc devint finalement rouge sur le chandail à l'étranger lors de la deuxième saison de l'équipe dans la LNH en 1980-81 et le chandail ne changea pratiquement plus à partir de ce point. Le seul changement notable étant le logo qui fut grossi à partir de la saison 1991-92, en plus de l'ajout d'un léger contour rouge au lettrage. Voir avant et après.


Cependant, vous avez peut-être remarqué que j'ai omis de parler du chandail porté lors de la saison 1974-75. Ce chandail était en fait identique à celui de 1973-74 mais avec une nouveauté importante, soit l'ajout d'une fleur de lys sur chaque épaule.


Chandail 1974-75

J'ai toujours cru que cette fameuse fleur de lys était semblable à toutes les autres fleurs de lys. Mais l'autre jour, je suis tombé sur ces deux photos en gros plan du glorieux Jean-Claude Tremblay:




Ce «Québec» incrusté adroitement dans le design de la fleur de lys était un détail que je n'avais jamais remarqué sur ce chandail, ni même aucun chandail des Nordiques. Peut-être que je n'y avais jamais porté vraiment attention, et étant trop jeune pour les avoir vu jouer à l'époque, ce n'est pas quelque chose que je pourrais vraiment me rappeler. 

Cependant, la documentation sur ces Nordiques de l'AMH étant peu abondante, il n'existe pas beaucoup d'autres photos d'époque où l'on peut bien voir ce logo. Je suis quand même devenu un bon recherchiste de photos de hockey et dans ce cas-ci, mes recherches étaient très frustrantes et surtout inconsistantes.

Comme par exemple sur ces cartes de hockey de Serge Bernier. On est trop éloigné pour bien y voir les fleur de lys donc c'est peu concluant. Euh... en fait je dirais plus «La» fleur de lys puisqu'elle semble totalement absente de l'épaule droite du joueur.




Tandis qu'on peut bien voir sur la prochaine carte qu'elle était bien présente sur les deux épaules normalement...


Mais le gros point d'interrogation de l'histoire réside dans le fait qu'il semble y avoir deux versions du «Québec». Ici on a deux photos de chandails authentiques provenant des sites Classic Auctions et Gameworn qui sont les deux meilleurs artéfacts que j'ai réussi à trouver.


On y voit que le «Québec» et la fleur de lys sont conceptualisés différemment d'un chandail à l'autre, alors que la version à l'étranger a un QUÉBEC plus gras qui remplace la barre horizontale de la fleur de lys. Sur l'autre version à domicile, le Québec est plutôt inscrit dans la barre horizontale, et ce de manière très peu lisible, surtout comparé à l'autre version.


Je n'ai pas réussi à trouver davantage de bonnes photos d'époque ou d'autres chandails authentiques pour m'aider à bien comprendre le fond de l'histoire. La plupart des photos étant trop éloignées ou de mauvaise qualité. Il y a même des sites trompeurs de vente de chandails rétro qui faussent la donne avec de mauvaises versions. 

Mais la constante demeure que plusieurs chandails d'époque ont ces mêmes détails et différences.

Je suis donc logiquement porté à croire que le logo variait simplement du chandail à domicile de celui à l'étranger. Pour avoir travaillé dans le domaine de l'identification vestimentaire et sportive, il est très probable que la belle patch «Québec» bleue provenait d'un autre fournisseur qui n'avait que la version bleue de disponible. Comme le bleu ne serait pas tellement visible sur les épaules rouges du chandail à domicile, ils ont simplement décidé de prendre une fleur de lys vierge et d'y inscire le Québec avec une étampe bleue cheap. Probablement même une simple étampe de bureau volée au comptable de l'équipe...

Mais en me relisant ici, je reconstate que photos de J.C Tremblay viennent vraiment changer la donne puisqu'il porte un chandail à l'étranger ET à domicile et que dans les deux cas, le «Québec» est identique, soit la version cool. Peut-être qu'ils ont juste manqué de patchs durant la saison... C'était quand même en 1974 dans l'AMH...

Lors de la saison suivante, le chandail traditionnel a commencé à prendre forme avec désormais 8 fleur de lys sur l'ensemble du chandail (3 en avant, 3 en arrière et 2 aux épaules) et on a probablement décidé d'abandonner ce détail encombrant, ce qui laisse cette version 1974-75 comme une anomalie temporaire du passé (mais très cool).

Si jamais quelqu'un a plus de détails ou d'informations sur cette histoire, ou encore mieux si vous avez vous-même un chandail qui contredirait ma théorie, laissez-moi savoir dans les commentaires.

Et encore encore mieux, si vous êtes celui qui est allé voler l'étampe au comptable. Vous êtes un héros national et je veux vous interviewer... 

Trouvez-moi cet homme.