Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu

lundi 8 juin 2020

Les premiers choix des Scouts / Rockies




Si les Devils ont connu du succès, remportant la Coupe Stanley en 1995, 2000 et 2003, leurs débuts ont été beaucoup plus pénibles, et leurs prédécesseurs, les Scouts de Kansas City et les Rockies du Colorado n’ont guère fait mieux.

Il faut dire qu’ils ont été en bonne partie artisans de leur propre malheur en gérant très mal leurs premiers choix au repêchage, que ce soit en échangeant la sélection ou le joueur choisi, ou en ne prenant pas la meilleure option.

1974

Pour leur premier repêchage, les Scouts ont tout de même bien débuté. Alors que leurs frères d’expansion, les Capitals ont raté leur coup en choisissant Greg Joly au premier rang, ils ont eu la main plus heureuse avec le franco-ontarien Wilfrid Paiement. Après plus de cinq bonnes saisons avec l’équipe, il servit de monnaie d’échange pour obtenir Lanny McDonald des Maple Leafs.

Sa carrière de près de 1000 matchs dans la LNH comprend un remarqué passage dans l’uniforme des Nordiques.



1975

Pour le deuxième repêchage des Scouts, les choses se sont gâtées. Au deuxième rang, ils ont choisi Barry Dean. Celui-ci choisit plutôt d’aller jouer avec les Roadrunners de Phoenix de l’AMH pour une saison. Il se joignit ensuite à l’équipe, qui avait alors déménagé au Colorado.

Les Rockies ne le conservèrent qu’un an avant de l’envoyer aux Flyers contre Mark Suzor, qui ne joua aussi qu’une saison avec eux.

Dean n’a joué que 165 match dans la Ligue nationale. Mince consolation, il s’agissait d’un encan avec peu de profondeur.



1976

Toujours mauvais, les Scouts (qui deviendront les Rockies du Colorado avant le début de la saison 1976-77) auraient dû se faire entendre au deuxième rang. Toutefois, pour mettre la main sur le matamore Steve Durbano et sur Chuck Arnason, les Scouts ont inversé leur choix de première ronde avec les Penguins, en plus de leur envoyer Simon Nolet et Ed Gilbert.

Au 11e rang, ils choisirent Paul Gardner. Le marqueur de 201 buts en carrière s’avéra une bonne sélection. Dommage qu’après trois ans, ils l’expédièrent à Toronto contre deux joueurs qui ne leur apportèrent pas tant (Don Ashby et Trevor Johansen).

Avec le choix des Scouts, les Penguins ont choisi Blair Chapman.

Bernie Federko a été choisi par les Blues au 7e rang.


1977

Toujours aussi misérables, les Rockies avaient encore droit au deuxième choix.

La sélection du robuste défenseur Barry Beck n’était pas une mauvaise décision, bien que Doug Wilson (choisi au 6e rang par Chicago) aurait été un meilleur choix. Toutefois, il ne joua qu’un peu plus de deux saisons au Colorado, avant de se retrouver avec les Rangers. En retour, les Rockies ont obtenu cinq joueurs (Lucien Deblois, Mike McEwen, Dean Turner, Pat Hickey et Bobby Sheehan), incluant quelques-uns qui leur ont rendu certains services.



1978

Une performance un peu meilleure, combinée au fait qu’ils évoluaient dans une division pathétiquement faible permirent aux Rockies de participer aux séries pour la seule fois de leur histoire (sans surprise, une sortie expéditive).

Colorado se retrouva tout de même avec le cinquième choix. C’est le futur agent de joueur et directeur-gérant des Canucks Mike Gillis qui fut l’élu. Celui-ci eut une courte carrière de joueur, qui se limita à 246 matchs, dont seulement 121 avec les Rockies.

Ken Linseman, que les Flyers sélectionnèrent deux rangs plus tard, aurait été une meilleure option.


1979

Suite à une année horrible, les Rockies avaient droit au premier choix. Ils jetèrent alors leur dévolu sur Rob Ramage. Ce dernier eut une belle carrière de plus de 1000 matchs.

Néanmoins, il ne joua que trois ans au Colorado, avant d’être échangé à St-Louis. De plus, Mike Gartner, Raymond Bourque, Brian Propp ou Michel Goulet auraient été des choix plus judicieux.



Jusqu’ici, ce n’est pas terrible, mais à partir de maintenant, ça dérape.


1980

Presque quatre ans avant le repêchage de 1980, le Colorado a acquis deux joueurs relativement mineurs, Ron Andruff et Sean Shanahan, des Canadiens contre de l’argent et l’option d’inverser de leurs premiers choix de 1980.

Andruff a joué 147 matchs pour les Rockies et au moment de l’encan de 1980, il jouait en Allemagne de l’Ouest. Quant à Shanahan, il a joué 30 matchs avec le Colorado. En 1980, sa carrière professionnelle était terminée.

Suite à une saison 1979-80 épouvantable avec Don Cherry derrière le banc, Colorado termina dernier.

Les Canadiens exercèrent l’option. Ils repêchèrent 1er, choix qui devint Doug Wickenheiser. Les Rockies repêchèrent 19e, choix qui devint Paul Gagné.

Oui, Irving Grundman a gaffé en prenant Doug Wickenheiser au premier rang, mais s’ils avaient conservé leur sélection, Dave Babych, Denis Savard, Larry Murphy et Paul Coffey étaient aussi disponibles.

Au moment de la transaction, en 1976, les joueurs étaient repêchés à 19 ans, et non à 18. La légende veut que le dg des Canadiens de l’époque, Sam Pollock, plaçait ses pions pour obtenir un jeune prodige qui faisait déjà parler de lui, Wayne Gretzky.



1981

Suite à une autre mauvaise saison, Colorado aurait dû choisir troisième. Par ailleurs, Hartford, qui repêchait quatrième, convoitait ouvertement Bob Carpenter, un joueur local. Mais apparemment que les Capitals, qui choisissaient au 5e rang, avaient aussi des visées sur Carpenter.

Le jour du repêchage, les Capitals réalisèrent un coup de théâtre en inversant leur choix de premier tour avec le Colorado. Pour compléter la transaction, les Rockies reçurent le choix de 2e ronde des Caps et donnèrent leur choix de 3e ronde.

Ce 2e choix devint Rich Chernomaz, qui ne joua que 37 matchs avec l’équipe. Pour l’obtenir, les Rockies ont donc renoncé à Carpenter, ou à Ron Francis, qui est devenu le choix des Whalers. Grant Fuhr, choisi au 8e rang par les Oilers, était aussi disponible. Au 5e rang, les Rockies ont plutôt choisi Joe Cirella.

Comme dans le cas de Barry Beck ou Rob Ramage, Cirella (qu’on a aussi vu à Québec) n’était pas un vilain joueur, mais de meilleures options étaient disponibles.



1982

On aurait pu croire que les Rockies avaient appris de leur bourde pour le repêchage de 1980... Pourtant...

À l’été 1981, les Rockies avaient acquis Dwight Foster de Boston, en retour de leur 2e choix de 1982 (qui devint Brian Curran). En plus, les Bruins obtinrent l’option d’échanger leurs premiers choix respectifs en 1982.

Suivant une autre saison pénible (la dernière au Colorado), les Rockies, maintenant devenus les Devils, auraient dû repêcher premiers. Toutefois, étant donné l’acquisition de Foster (qui ne joua que 74 matchs avec l’équipe), Boston exerça son option.

Le joueur le plus convoité de ce repêchage était Brian Bellows. Pour s’assurer que les Bruins ne le sélectionnent pas, les North Stars (qui choisissaient au deuxième rang) leur envoyèrent Brad Palmer. Boston choisit donc Gord Kluzak, qui aurait pu avoir une belle carrière s’il n’avait pas eu tous ses problèmes aux genoux. Scott Stevens (choisi au 5e rang par Washington) et Phil Housley (choisi au 6e échelon par Buffalo) étaient aussi disponibles.

Au moins, les Rockies devenus Devils ne perdirent pas tout, puisqu’avec le choix des Bruins au 19e rang, ils optèrent pour Ken Daneyko, qui joua presque 1300 matchs dans leur uniforme. (À noter toutefois qu'au cours de sa longue carrière, Daneyko ne marqua qu'un total de 36 buts, un de plus que Bellows en marqua lors de sa seule année recrue...)

Les Devils n’eurent pas autant de chance avec la 8e sélection, obtenue des Blues contre leur choix de 1979, Rob Ramage. Ils choisirent Rocky Trottier, le frère de Bryan, qui ne joua que 38 matchs dans la Ligue nationale. Heureusement, dans le même échange, ils obtinrent aussi le premier choix des Blues de 1983, qui devint John MacLean.



1983

À l’encan de 1983, les Devils avaient joué leur première saison au New Jersey, mais ils durent encore subir les conséquences d’une transaction réalisée par leurs prédécesseurs, les Rockies.

En octobre 1981, quelques mois après avoir échangé leur choix de 1982, ils avaient obtenu des champions de la Coupe Stanley, les Islanders, Bob Lorimer, un défenseur excédentaire. En retour, ils leur donnèrent leur premier choix de 1983.

Les Devils n’ayant pas été meilleurs que lorsqu’ils étaient au Colorado, ils auraient dû choisir au 3e rang, sélection dont toutefois ils avaient fait cadeau aux Islanders, qui choisirent… Pat Lafontaine. Aux échelons suivants, Détroit prit Steve Yzerman et Buffalo prit Tom Barrasso.

Lorimer était un joueur honnête, mais sans plus, qui joua 5 ans avec l’équipe. Lafontaine et Yzerman sont au Temple de la renommée.



Évidemment qu’il est facile après coup de dire que tel joueur aurait été une meilleure option, mais pour s’amuser, faisons preuve de mauvaise foi un instant en comparant ceux que les Scouts / Rockies / Devils ont choisi ou obtenu avec la meilleure option disponible.


Choisi ou obtenu Meilleure option ou joueur échangé
1974 Wilfrid Paiement Wilfrid Paiement
1975 Barry Dean Rick Lapointe
1976 Steve Durbano Simon Nolet
Chuck Arnason Ed Gilbert
Paul Gardner Bernie Federko
1977 Barry Beck Doug Wilson
1978 Mike Gillis Ken Linseman
1979 Rob Ramage Raymond Bourque
1980 Ron Andruff Denis Savard
Paul Gagné
1981 Joe Cirella Ron Francis
Rich Chernomaz
1982 Dwight Foster
Ken Daneyko Scott Stevens
1983 Bob Lorimer Steve Yzerman

Si les Scouts / Rockies / Devils avaient choisi la meilleure option ne serait-ce que le tiers des années, ils n’auraient peut-être pas attendu à la saison 1987-88 (leur 14e) avant de finalement compiler une fiche (à peine) supérieure à 0,500…

Heureusement pour eux, les choses se sont améliorées par la suite, d'abord en conservant leurs premiers choix. En 1984, ils l'ont conservé et ont sélectionné Kirk Muller au deuxième rang, tout juste derrière Mario Lemieux.


Sources: hockeydb.com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

vendredi 5 juin 2020

Joueur oublié des 90's #31 - Darin Kimble





Lors de la publication sur Facebook du précédent joueur oublié des 90's, Bob Kudelski, j'ai mentionné qu'on acceptait les suggestions des lecteurs pour des joueurs à choisir comme sujet. Et bien il n'y a pas eu beaucoup de suggestions offertes. Seulement une en fait, celle de SaRj Dubé qui nous a suggéré de parler de Darin Kimble.

J'ai donc pensé honorer sa requête aujourd'hui mais je vais faire cette bio de façon un peu différente. Normalement quand je fais une bio de joueur, j'ai choisi ce joueur, je le connais assez bien et j'ai quand même une bonne idée de sa carrière même s'il est un joueur ''oublié". Je sais donc normalement comment enligner mon texte mais ici je vous avouerai que j'ai pas mal oublié Darin Kimble. Encore plus que le joueur oublié typique de cette série. Tout ce que je crois me rappeler de Kimble avant de commencer ce texte est qu'il était un homme fort et que je crois qu'il a joué avec les Sénateurs à moment donné.

Je vais donc faire différent aujourd'hui et expérimenter avec une nouvelle forme de texte soit une bio ''improvisée". C'est à dire que je vais écrire au fur et à mesure ma bio selon ma méthode standard mais je ne vais pas faire de narrative pré-construite d'avance et je ne vais rien effacer. Si j'écris une information (pertinente ou non) elle restera dans mon texte quoiqu'il arrive. Comment allez vous croire que je n'ai rien effacé? Et bien hier, imaginez-vous donc que mon chat a vomi deux fois. Il faudrait peut-être qu'on l’emmène chez le vétérinaire. Vous voyez, je n'aurais normalement pas parlé de ça ou je l'aurais effacé mais vous voyez que je l'ai gardé!

En même temps je vais vous expliquer ma démarche lorsque j'écris une bio. C'est pas mal plus ou moins la même formule. Je vais donc vous mettre des commentaires explicatifs en italique. Alors allons-y avec la bio ''improvisée'' de Darin Kimble.


La première chose que je fait normalement (après une première photo) c'est d'aller sur Wikipedia non pas pour faire du copier-coller mais pour voir le nom complet du joueur et sa date de naissance et ça me permet de commencer mon texte comme suit:

Né le 22 novembre 1968 à Lucky Lake en Saskatchewan, Darin Kimble...


Normalement Wikipedia m'aide à m'enligner sur le parcours du joueur, surtout pour son enfance et ses années de formation. Mais dans le cas de Kimble, sa page est plutôt vide... Cependant à première vue je me suis trompé alors qu'il n'a jamais joué pour les Sénateurs... en cherchant davantage, je me rends compte que je l'ai confondu avec Darren Rumble... Kimble m'est alors encore plus oublié que je le croyais...

Après Wikipedia je fouille davantage sur Google et d'autres sites comme Greatest Hockey Legends et les sites de hockey traditionnel comme HockeyDB, EliteProspects et Hockey Reference. Mais dans le cas de Kimble je me retrouve encore en chemin inconnu car il n'a pas vraiment eu d'autres bios consacrées à lui et il s'agit d'un dur à cuire, le genre de joueur dont je ne parle pas souvent...

Recommençons:


Né le 22 novembre 1968 à Lucky Lake en Saskatchewan, Darin Kimble était un solide gaillard de 6'2'' et plus de 200 livres. Son parcours dans le hockey professionnel fut typique de plusieurs des autres durs à cuire dans son genre à son époque, soit un parcours nomade à travers plusieurs ligues et organisations.


J'aurais pu faire une blague sur le nom de son patelin ''Lucky Lake'' mais j'ai rien trouvé de potable autre que ça sonne comme Lucky Luke... Donc après mon intro si je n'ai rien à dire d'intéressant sur la jeunesse du joueur (et il est parent d'aucun joueur de hockey) je passe direct à ses années junior que je décortique selon les années et les niveaux.


Raides de Prince Albert
Déjà lors de son stage junior on voyait présager son avenir mouvementé alors qu'il joua pour 4 clubs dans la WHL en 4 ans. Il débuta d'abord avec les Wranglers de Calgary lors d'un match des séries en 1985. En 1985-86 il commença la saison avec les Wranglers mais fut rapidement échangé aux Bruins de New Westminster. Et avant que la saison se termine il passa aux Wheat Kings de Brandon. Avec un temps de jeu limité, il récolta tout de même 154 minutes de pénalité au sein de ces 3 équipes.

Avant la saison 1986-87 il passa à sa quatrième et dernière équipe junior, les Raiders de Prince Albert avec qui il put finalement trouver sa niche. En 68 matchs avec les Raiders, il récolta 17 buts et 30 points tout en récoltant 190 minutes de pénalité. Lors de sa dernière saison junior et alors qu'il n'était toujours pas repêché, il connut sa meilleure saison avec 35 buts, 71 points en 307 minutes de pénalité, ce qui le plaçait au 4e rang à ce niveau dans la ligue. Devant lui au 3e rang on retrouvait le fameux ''missing Link'', Link Gaetz.


Également lorsque je décortique ses années junior, je regarde s'il a gagné quelque trophée individuel ou championnat. Je regarde aussi avec et contre qui il a joué si ça peut être intéressant. C'est un bonus si je vois qu'il a joué avec ou contre un joueur qu'on a déjà parlé sur ce blog. Link Gaetz étant un personnage culte, je me dois d'en parler. Comme ce sont deux durs à cuire, j'imagine qu'ils se sont battu l'un contre l'autre à moment donné. Heureusement, la culture des vidéos de bagarres est forte sur Youtube. Cependant je n'ai rien trouvé comme bagarre dans le junior pour Kimble mais j'ai trouvé plein d'autres bagarres que j'utiliserai plus loin probablement.




Avec les Raiders, Kimble avait comme coéquipier l'éventuel premier choix du repêchage de 1988, l'américain Mike Modano. Cela me rappelle l'anecdote de Lou Nanne, ancien DG des North Stars, qui avait déclaré avoir repêché Link Gaetz en 2e ronde pour être le garde du corps de Modano mais qu'il aurait dû ensuite repêcher un avocat pour Gaetz en 3e ronde. C'est donc Gaetz qui hérita du rôle de protecteur de Modano dans la LNH mais Kimble fut également repêché suite à cette saison d'éclosion alors que les Nordiques de Québec le sélectionnèrent en 4e ronde de ce même repêchage 1988 avec le 66e choix au total.

Kimble débuta donc son parcours professionnel dans l'organisation des Nordiques. Il commença la saison 1988-89 avec les Citadels d'Halifax et fut éventuellement rappelé par le grand club en janvier où il connut un fort premier match avec deux bagarres et aussi son premier but en carrière. Le vidéo de cette première bagarre se retrouve en français sur Youtube:





Parmi le peu de documentation que j'ai pu trouvé sur Kimble j'ai tout de même trouvé sur un extrait intéressant du livre ''Warriors on the ice: hockey's toughest talk'' écrit par Brian D'Ambrosio. On y retrace le moment ou Kimble devint un bagarreur à craindre dans la ligue lors du premier match de sa saison 1989-90 où il obtint la décision contre le dur à cuire Marc Laforge des Whalers. Laforge avait une solide réputation surtout après avoir été banni à vie de la OHL (suspension de 2 ans lors de sa troisième année junior) et cette victoire de Kimble à ses dépends est qualifiée selon le livre d'une des ''plus propres, rapides et efficaces bagarres de l'histoire de la ligue''. Le match dût être interrompu quelques minutes pour bien enlever tout le sang de Laforge au centre, près du logo des Whalers...





Du hockey familial quoi!

Sa valeur comme bagarreur augmenta ensuite la saison suivante alors qu'il remporta une bagarre contre Troy Crowder des Devils. Crowder était le supposé champion en titre à ce moment-là alors qu'il avait réussi à battre le célèbre Bob Probert des Red Wings, ce qui fit parler de lui à travers la ligue.





À travers tout ça, Kimble continuait à faire occasionnellement la navette entre Québec et Halifax. Mais cependant, les Nordiques étant durant leur pire période, plusieurs joueurs ne faisaient pas long feu avec l'organisation. Il passa en tout 3 saisons avec les Nordiques mais jamais à temps plein. Sa meilleure saison statistiquement fut sa deuxième de 1989-90 avec 5 buts et 5 passes en 44 matchs et 185 minutes de pénalités. Étant insatisfait de son utilisation et avec sa valeur à son plus haut suite à son combat contre Crowder, il demanda un échange, ce qui arriva en février 1991 alors qu'il passa aux Blues de St. Louis.

En retour de seulement Kimble, les Nordiques obtinrent Tony Twist, Herb Raglan et Andy Rymsha.




À St.Louis, Kimble allait avoir l'opportunité d'être couronné comme le meilleur bagarreur de la ligue alors qu'il se retrouva dans la même division que Probert, la fameuse division Norris où les pires de cette espèce était apparemment tous concentré. Même si je ne suis pas généralement friand des bagarres, la Norris de l'époque est assez fascinante. Voici une petite parenthèse avec un petit compte-rendu des principaux durs à cuire de la Norris durant cette époque:

Blackhawks: Mike Peluso, Dave Manson, Stu Grimson, Bob McGill
Red Wings: Bob Probert, Joey Kocur, Randy McKay
North Stars: Shane Churla, Basil McRae, Link Gaetz
Maple Leafs: Luke Richardson, Wendel Clark, John Kordic
Blues: Kimble, Kelly Chase, Tony Twist

D'ailleurs parlant de la Norris, Kimble eut la ''chance" de participer au ''St.Patrick's day Massacre'' entre les Blues et les Blackhawks le 17 mars 1991, une des meilleures démonstrations de cette division intense...




Harold Snepsts jouait encore en 1991??


Kimble eut finalement la chance de se mesurer à Probert en mars 1991 mais ce dernier n'était pas le meilleur pour rien...




Bon je penses que c'est assez de vidéos de fights pour aujourd'hui...


Kimble joua donc le reste de cette saison 1990-91 avec les Blues et obtint en tout 242 minutes de pénalités et 9 points en 51 matchs. Il joua également 13 matchs en séries avec les Blues durant le printemps de 1991.

Il joua une autre saison à St.Louis mais ne fut utilisé que durant 46 matchs, récoltant 4 points. Durant l'été 1992, il fut envoyé au nouveau Lightning de Tampa Bay en compagnie de Pat Jablonski et deux autres joueurs en retour d'un choix au repêchage lors des 3 années suivantes (qui n'aboutirent à rien de très concret).

Cependant il ne joua jamais pour le Lightning alors qu'il prit plutôt ensuite la voie de Boston en septembre 1992. En retour, le Lightning mit la main sur Ken Hodge Jr et Matt Hervey.




Il joua donc la saison 1992-93 à Boston, répliquant son sommet en carrière de 10 points et continuant de protéger ses coéquipiers mais aussi en retournant ici et là dans les mineures. Il signa ensuite comme agent libre avec les nouveaux Panthers de la Floride durant l'été 93 mais comme avec le Lightning, il ne joua jamais avec eux alors que l'équipe l'échangea aux Blackhawks avant la saison.

En retour les Panthers obtinrent le vétéran défenseur de longue date Keith Brown. Il fit l'équipe à temps plein en 1993-94 mais ne joua ensuite que 14 matchs durant la saison écourtée de 1995 qui fut sa dernière dans la LNH.

Il joua le reste des années 90 dans divers clubs affilés à la LNH, principalement dans la IHL. Ses droits passèrent entre autres aux Devils et aux Coyotes de Phoenix mais, à l'exception d'un match pré-saison en septembre 1997 avec les Coyotes où il eut la chance d'en découdre de nouveau avec Probert (maintenant avec les Blackhawks), c'en était fini de Kimble dans la LNH.




Oups un dernier...


Il partagea ensuite la saison 1997-98 dans la IHL avec les Blades de Kansas City et les Dragons de San Antonio. J'en parle parce qu'en regardant l'alignement des Dragons j'ai retrouvé... Darren Rumble. Cette saison 1997-98 fut la dernière de Kimble sur le ''radar'' des principales ligues nord-américaines. Il joua ensuite dans la WPHL dans des clubs aux noms exotiques comme les Mudbugs de Shreveport et les Glaciercats de l'Arkansas. Il ''gradua'' ensuite dans la UHL avec les River Otters du Missouri où il joua les trois dernières saisons professionnelles de sa carrière, à l'exception d'un court séjour de 10 matchs avec les Rivermen de Peoria dans la ECHL en 1999-00.

Il se retira ensuite du jeu et il habite présentement en Illinois où il enseigne dans le hockey mineur.

En 311 matchs dans la LNH, il amassa 23 buts, 20 passes pour 43 points et 1082 minutes de pénalités.


Voilà pour Kimble, j'ai bien apprécié de défi de cette expérience ''improvisée'' d'un joueur que je ne connaissais pas vraiment. Et au final, même si je suis pas vraiment un fan des bagarres, j'ai quand même eu du fun avec ce billet. N'hésitez pas à nous faire d'autres demandes spéciales de joueurs des années 90 ou d'autres décennies!



mercredi 3 juin 2020

Les Comets de Clinton





Entre Syracuse et Albany, à environ 20 minutes de la ville d'Utica dans l’état de New York, on retrouve Clinton, un petit village d'environ 2000 habitants. C'est dans ce lieu qu'eut lieu dans les années 60 une des meilleures saisons de l'histoire du hockey professionnel.



Fondé en 1928, le Clinton Hockey Club était d'abord composé que de joueurs d'écoles secondaires et jouait sporadiquement une dizaine de matchs par année, tout d'abord sur une patinoire extérieure faute d'aréna ou dans les villes et villages voisins. L'intérêt envers le club grandit graduellement mais ils durent attendre les années 40 avant de voir la construction d'un aréna local. 

Ils n'étaient d'abord affiliés à aucune ligue ce qui changea en 1931 lorsque le club joignit les rangs de la Amateur Athletic Union où ils jouèrent jusqu'en 1948. Le club, désormais nommé les Comets, joignit ensuite les rangs de la Amateur Hockey Association et évolua en même temps dans la New York/Ontario League à partir de 1951. Ils gagnèrent le championnat de la AHA de 1951 à 1953.

1955-56


En 1954, le club devint professionnel suite à son adhésion à la légendaire Eastern Hockey League (EHL), cette fameuse ligue qui servira partiellement d'inspiration plus tard pour plusieurs équipes et personnages du film Slap Shot.

D'ailleurs, Joe ''Indian'' Nolan (#16 sur la photo), un des premiers joueurs des Comets dans la EHL jouera dans Slap Shot le rôle de Clarence ''Screaming Buffalo'' Swampton, cet indien fou que les joueurs des Chiefs croyaient banni à vie.




Dans la vraie vie, Nolan ne fut jamais banni à vie mais fut le premier joueur de la ligue à franchir la barre des 300 minutes de pénalités en une saison. Il jouera plus tard pour les Jets de Johnstown (la vraie équipe dont les Chiefs furent basés) mais retournera plus tard résider à Clinton et il devint même juge de ligne.

Comme le hockey fonctionnait à Clinton, la ligue accommoda l'équipe pour qu'elle joue la plupart de ses matchs locaux le samedi alors que leur aréna d'une capacité de 4000 spectateurs était plus facile à remplir les fins de semaine. Même si la EHL était basse dans l'échelon du hockey professionnel de l'époque, le petit marché de Clinton faisait quand même tout un contraste avec d'autres marchés de la même ligue comme Philadelphie, Washington, Charlotte, Baltimore et Nashville...

1961-62


Le club fut rapidement compétitif dans sa nouvelle ligue, perdant en finale en 1956 et remportant le championnat en 1959. Durant la saison 1959-60, Clinton vit les débuts professionnels du futur membre du temple de la renommée, Ed Giacomin qui y joua une vingtaine de matchs avant de graduer dans la AHL. On y vit également plusieurs futurs et ex-joueurs de la LNH comme Pete Babando, Benny Woit ainsi que quelques joueurs du Saguenay-Lac-St-Jean comme Jeannot Gilbert et Jean Lamirande.

Le club gagna de nouveau le championnat en 1964 (la coupe Walker). En 1965-66, l'équipe donna les rênes à un joueur-entraîneur légendaire du nom de Pat Kelly qui deviendra plus tard entraîneur des Rockies du Colorado et également le fondateur de la ECHL dont le trophée du championnat porte d'ailleurs son nom, la Kelly Cup. Sous les ordres de Kelly, les Comets remportèrent le championnat durant trois années d'affilée, soit de 1968 à 1970.


Pat Kelly


1967-68
Une des meilleures équipes de l'histoire des ligues mineures professionnelles

Cependant, aucune des ses saisons à la barre des Comets n'égala celle de 1967-68 alors que les Comets, lors d'un calendrier de 72 matchs, dominèrent la EHL avec une fiche de 57 victoires, 5 défaites et 10 matchs nuls pour ensuite remporter le premier des trois championnats de suite de l'équipe. Cette fiche de 57-5-10 serait apparemment un record d'excellence dans le hockey professionnel pour un calendrier d'au moins 70 matchs. Le pourcentage de victoire des Comets de 1967-68 est effectivement de 0.861%. À titre de comparaison, les Canadiens de 1976-77 ont le meilleur pourcentage de l'histoire de la LNH post-expansion à 0.825%.

Borden Smith
Chez les marqueurs des Comets durant cette saison 1967-68, on retrouvait 6 joueurs ayant récolté plus de 100 points. Le meilleur marqueur fut Borden Smith, originaire de Rouyn-Noranda, avec 69 buts. Kelly, en tant que joueur-entraîneur, récolta 68 points mais il était défenseur...

Le coeur et âme de cette équipe était toutefois le centre et capitaine Jack Kane qui joua de 1960 à 1972 avec les Comets et qui obtint presque 1000 points (972) en plus de 800 matchs avec eux.

À la direction, les Comets avaient comme directeur général Wren Blair qui fut en poste de 1958 à 1967. Ce n'était toutefois pas son seul emploi puisqu'il fonda également les Generals d'Oshawa en 1960 et c'est lui qui amena Bobby Orr à signer avec les Bruins de Boston en l'amenant à Oshawa, club sponsorisée par les Bruins. De 1963 à 1965, il fut également, en plus des Comets, DG des Bruins de Minneapolis dans la CHL. En 1967, Blair devint DG des nouveaux North Stars du Minnesota. Il était donc déjà parti de Clinton lors de ce ''three-peat'' de 68 à 70 mais l'équipe fut entièrement bâtie par lui.

Au début des années 70, la situation dans la EHL devint de plus en plus compliquée suite à plusieurs restructurations et changements à la direction. Il y avait également des bisbilles au sein des différents propriétaires et dirigeants d'équipe. En 1972, les clubs de la EHL s'étendaient le long de la côte est, soit de New York et du Massachusetts jusqu'en Floride. Les propriétaires des clubs plus au sud étaient en froid avec ceux des clubs plus au nord (comme Clinton) alors qu'il y avait plusieurs difficultés à s'entendre sur les frais de voyage. Avec le nouveau climat incertain du hockey avec l'explosion du nombre d'équipe suite à l'expansion de 1967 et l'arrivée de l'AMH en 1972, les dirigeants de la EHL décidèrent de fermer boutique après la saison 1972-73.

Les Comets de Clinton jouèrent donc leur dernière saison dans la EHL en contraste avec la plupart de leurs années où ils dominaient dans cette ligue alors qu'ils terminèrent au dernier rang avec seulement 18 victoires.

Après cette dernière saison 1972-73, la ligue fut dissoute et 4 clubs plus au sud de la ligue formèrent la Southern Hockey League (SHL) tandis que 5 autres clubs plus au nord joignirent les rangs de la nouvelle North American Hockey League (NAHL) dont les Jets de Johnstown qui éventuellement auront dans leurs rangs un jeune joueur du nom de Ned Dowd dont la sœur écrira plus tard le fameux film Slap Shot selon les souvenirs et récits de son frère. La NAHL allait également servir de ligue affiliée à la nouvelle AMH.

1972-73
Dernière édition des Comets de Clinton


Pour leur part, les Comets firent également le saut dans la NAHL mais pas à Clinton. L'équipe fut achetée par un groupe d'hommes d'affaires d'Utica où ils décidèrent de déménager l'équipe. Utica était une plus grande ville (60 000 habitants) avec plusieurs collèges et universités. Plusieurs spectateurs venaient d'ailleurs d'Utica lors de ces matchs de fin de semaine alors qu'il n'y a qu'une vingtaine de kilomètres entre les deux villes. L'équipe se renomma toutefois les Comets de Mohawk Valley. Mohakw Valley étant une région centrale de l'état située entre les montagnes Adirondack et les montagne Catskills.

En plus de ce changement de ville, les Comets perdirent également leur joueur-entraîneur de longue date, Pat Kelly, qui prit le chemin du sud et devint entraîneur des Checkers de Charlotte dans la SHL. Il mènera ces derniers au championnat de cette ligue en 1976.



Peu de joueurs de renom jouèrent pour les Comets durant cette période NAHL malgré que plusieurs eurent ou auront une petite ''tasse de café'' dans la LNH. Les plus célèbres Comets de l'ére NAHL furent le gardien Michel Dion, l'ex-défenseur des Bruins et des Penguins Bob Woytowich et comme on était dans la NAHL durant les années 70, on se doit de retrouver un des frères Carlson à un moment donné. Ici c'est Jeff Carlson qui y joua 17 matchs en 1976-77.

Le climat du hockey professionnel durant cette période devint ce que l'on sait avec la dilution de talent suite à cette explosion d'équipes professionnelles. Les plus bas niveaux du hockey comme la NAHL étaient un terreau peu fertile en talent mais davantage en bagarres et en instabilité au niveau organisationnel. Le film Slap Shot est pratiquement un documentaire à ce niveau... Les Comets réussirent à survivre durant l'entièreté de l'existence de la NAHL mais cette dernière ne dura que 4 saisons. À l'automne 1977, les Comets ainsi que la NAHL cessèrent leurs activités. 

Malgré que le hockey professionnel ne revint jamais dans la petite municipalité de Clinton, le hockey continua à connaitre des hauts et des bas à Utica (ou à Mohawk Valley). Un autre club du nom des Mohawks d'Utica évolua dans deux autres ligues éphémères, la Northeastern Hockey League (1978-79) et ensuite dans une nouvelle Eastern Hockey League pour une saison (1979-80). Cette deuxième EHL fut ensuite réorganisée en une nouvelle ligue, la Atlantic Coast Hockey League (ACHL) qui sera en opération de 1981 jusqu'en 1987 et dont plusieurs clubs joindront ensuite les rangs de la ECHL.

Martin Brodeur
avec les Devils d'Utica
Dans la ACHL, on vit apparaître les Stars de Mohawk Valley qui reprendront le nom des Comets en 1985. Après la fin de la ACHL, le club-école des Devils s'établit à Utica. Les Devils d'Utica joueront dans la ''mohawk valley'' jusqu'en 1993 et on revit finalement dans la région de futurs joueurs de la LNH comme Martin Brodeur, Valeri Zelepukin et Paul Ysebaert entre autres.

Les années 90 furent toutefois difficiles à Utica alors qu'on y vit plusieurs clubs éphémères après le départ des Devils en 1993. Les Bulldogs (1993-94) et ensuite les Blizzards (1994-97) évoluèrent dans la profonde Colonial Hockey League et on vit apparaître par la suite les Prowlers (1997-2001) dans la United Hockey League. Ensuite on ne vit presque pas de hockey dans la région si ce n'est qu'au niveau collégial avec Utica College.

En 2013, on vit finalement l'apparition d'un nouveau club affilié à la LNH, les Comets d'Utica, qui demeurent associés aux Canucks depuis ce jour. En 2016, le club honora les anciens Comets de Clinton et l'édition 1967-68 de cette dernière lors d'une cérémonie d'avant-match et avec un nouveau chandail vintage pour les Comets. Sous les ordres de Travis Green, les Comets s'inclinèrent en finale en 2015 mais Green gradua éventuellement avec les Canucks en 2017.

Comets d'Utica

Soirée et bannière en honneur des Comets de 1967-68




Chandail vintage des Comets


Bref, le hockey professionnel continue d'évoluer à Utica mais pour Clinton c'est quelque chose du passé. Clinton fut toutefois élue comme ville hôtesse du concours Kraft Hockeyville en 2018 et accueillit donc un match pré-saison entre les Sabres et les Blue Jackets en septembre 2018.


Sources:
Record-setting Clinton Comets honored, Utica Observer Dispatch, 4 juin 2012

Pat Kelly reflects on his time with the Clinton Comet, ECHL.com
Buffalo Hockey beat 
Thank you Albert Perryman
Utica Comets
Fun While it lasted


lundi 1 juin 2020

Glenn "Chico" Resch



En 1967, Glenn Resch fit un choix peu commun à ce moment pour un jeune joueur originaire de la Saskatchewan. Plutôt que de poursuivre son apprentissage au niveau junior avec les Pats de Régina, un club à ce moment relié aux Canadiens, avec qui il passa la saison 1966-67, il choisit plutôt de prendre la voie universitaire. C’est avec l’équipe de l’Université du Minnesota-Duluth qu’il continua à jouer, tout en obtenant son baccalauréat en éducation.

Après des performances plus qu’intéressantes, il fut invité au camp du Tricolore. Toutefois, avec Rogatien Vachon, Philippe Myre, Michel Plasse, Wayne Thomas et surtout la jeune sensation Ken Dryden, qui venait de mener l’équipe à la Coupe Stanley, il y avait déjà embouteillage devant le filet. Resch en profita tout de même pour observer Vachon, un autre gardien de petite taille qui lui, jouait sans crainte. Resch décida de s’en inspirer.

Resch fut coupé et assigné aux Mohawks de Muskegon de l’IHL. (Ce n’était pas même pas le club-école principal. Les principaux espoirs devaient plutôt se rapporter aux Voyageurs de la Nouvelle-Écosse de la Ligue américaine.) Avant de quitter, Resch demanda à l’équipe la permission de rester un peu pour pouvoir assister à son premier match de la Ligue nationale, avant de prendre le chemin de Muskegon, permission qu’on lui accorda.

Il fit tout de même très bonne impression en remportant les titres de recrue de l’année et meilleur gardien de l’IHL pour la saison 1971-72. À ce moment, deux nouvelles équipes devaient joindre à la LNH, les Islanders de New York et les Flames d’Atlanta. Son ancien entraîneur à Régina, Bob Turner, était devenu dépisteur, d’abord pour les Seals d’Oakland, mais celui-ci avait suivi son collègue Bill Torrey, qui avait été nommé directeur-général des Islanders. Turner suggéra donc à ce dernier de faire l’acquisition de Resch. Montréal possédant des actifs excédentaires, le Tricolore l’envoya donc avec Denis DeJordy, Alex Campbell (obtenu en même temps que Ken Dryden quelques années plus tôt) et Germain Gagnon contre un deuxième choix qui deviendra Glenn Goldup.

Resch ne fit pas l’équipe immédiatement, mais lorsque Gerry Desjardins quitta pour signer avec les Stags du Michigan de l’AMH en 1974-75, il alla former un superbe duo avec Billy Smith, au sein d’une jeune équipe qui progressait rapidement. C’est à ce moment que son coéquipier Doug Rombough le surnomma "Chico", à cause de sa ressemblance avec le personnage interprété par Freddie Prinze dans la comédie de situation "Chico and the Man". Le surnom dura beaucoup plus longtemps que l’émission (qui se termina suite à la mort tragique de Prinze), puisqu’il fut même transmis quelques décennies plus tard au gardien des Coyotes et des Flyers Robert Esche, en raison de la similarité de son nom (R. Esche).

Dès ses premières séries, en 1974, Resch attira l’attention. Après avoir été second derrière Billy Smith toute l’année, les deux gardiens se partagèrent le premier tour, une victoire surprise face aux Rangers. Au deuxième tour, Smith fut battu trois fois de suite par les Penguins. Faisant face à l’élimination, l’entraîneur Alger Arbour décida de se tourner vers Resch. Celui-ci ne rata pas sa chance, aidant les Islanders à remporter les quatre matchs suivants. Il s’agissait de seulement la deuxième fois où une équipe parvint à remonter un déficit de 0-3. (Les Leafs l’avaient fait en 1942 et les Flyers l’ont fait en 2010.) Au tour suivant, Resch et Smith se sont partagé le filet. Comme les Penguins, les Flyers ont pris les devants 3-0, avant de voir les Islanders revenir de l’arrière et égaliser la série. Par contre, les Flyers ont remporté le match décisif, en route vers leur première Coupe Stanley. Toutefois, à seulement leur troisième saison d’existence, les jeunes Islanders ont démontré beaucoup de caractère.

En 1976, Resch fut invité à faire partie de l’équipe canadienne de la première Coupe Canada. Il n’eut pas de temps de glace, mais encore une fois, il eut l’occasion d’observer Rogatien Vachon, qui fut nommé meilleur gardien du tournoi. Ce fut la dernière fois qu’il représenta l’unifolié, puisqu’il prit éventuellement la citoyenneté américaine, en lien avec son mariage avec une américaine, qu’il avait rencontré à l’université. Il alla même jusqu’à porter les couleurs des États-Unis aux championnats du monde de 1982 et à l’édition de 1984 de la Coupe Canada.

Au cours des années suivantes, les Islanders ont eu des parcours intéressants en séries, mais sans aller jusqu’au bout, incluant des années où Resch reçut une part du blâme. C’est finalement suite à la saison 1979-80 qu’ils atteignirent la finale pour la première fois et qu’ils se méritèrent leur première Coupe. C’est toutefois Billy Smith qui prit le filet la plupart du temps.

Si Resch participa à la montée des Islanders, il ne put toutefois pas profiter de toutes leurs années de gloire, puisqu’en mars 1981, il fut échangé aux misérables Rockies du Colorado avec Steve Tambellini. En retour, les Islanders obtinrent Mike McEwen et Jari Kaarela. Un peu comme ça avait été le cas l’année précédente lorsque Billy Harris et Dave Lewis prirent le chemin de Los Angeles pour pouvoir obtenir Butch Goring, Resch servit de monnaie d’échange aux Islanders pour faire des ajustements en fin de saison. Au moins, Resch fit partie de l’équipe gagnante d’une des quatre Coupes des Islanders, ce qui ne fut pas le cas pour Harris et Lewis.

Au Colorado, Resch se mérita le Trophée Bill Masterton en 1981-82, pour sa persévérance et pour avoir donné plus de confiance à son équipe. Les mauvaises langues pourraient dire qu‘il s’agissait d’une récompense pour avoir enduré la pire équipe de la ligue… Il s’agit d’ailleurs du seul trophée remporté par les Rockies au cours de leur histoire.

L’année suivante, l’équipe prit le chemin du New Jersey pour devenir les Devils.

Pendant trois saisons, Resch fut pratiquement le seul joueur décent des Devils au sein d'une équipe particulièrement mauvaise.

C’est finalement en mars 1986 que Resch sortit du New Jersey pour aller appuyer Bob Froese chez les Flyers, alors que ce dernier avait hérité du poste de numéro un, suite au décès de Pelle Lindbergh.

L’année suivante, sa dernière dans la LNH, il seconda un jeune gardien recrue, Ron Hextall. Il fut également impliqué dans un incident dont se souviennent peut-être certains partisans des Canadiens. Le 14 mai 1987, lors de l’échauffement d’un match de séries, une bagarre générale impliquant Claude Lemieux éclata avant le début du match. Malgré sa petite taille, Resch fit partie des instigateurs et fut expulsé.




Suite à sa carrière de joueur, il a travaillé comme analyste à la CBC et pour les réseaux des North Stars et des Devils. Il a aussi été entraîneur des gardiens des Sénateurs et directeur-gérant des Americans de Tri-Cities de la WHL.

Comme Brett Hull, il a vu les Bulldogs de l’Université du Minnesota-Duluth retirer son numéro.

Il habite toujours le New Jersey.

Sources : "UMD to retire Glenn “Chico” Resch’s no.1 jersey on October 30”, 30 septembre 2015 (umdbulldogs.com), "Chico Resch credits Rogie Vachon for his success" de Dave Stubbs, 12 novembre 2016 (nhl.com), nhltradetracker.com, wikipedia.org.