C'est devenu une tradition pour moi (avec deux jours de retard cette année) de traquer les gardiens éphémères de chaque organisation qui atteint la finale de la Coupe Stanley. Je recherche donc celui qui a participé au moins de match, ou de minutes, dans l'histoire de ces équipes. J'ai fait l’exercice l'an passé, l'autre d'avant et il y a quatre ans. Dans un format de séries de fin de saison inédit, nous aurons donc droit à une finale opposant le Lightning de Tampa Bay aux Cowboys Stars de Dallas.
Pour leur première présence en finale depuis 2015, c'est Andreï Vas-y Levski Vasylevski qui gardera le filet des "Éclairs". Ce n'est pas la chance qu'aura eu Riku Helenius, lui qui n'a disputé que 6 minutes et 52 secondes dans un match le 30 janvier 2009. Repêché 15e au total au repêchage de 2006 alors qu'il évoluait en Finlande, Helenius devait être l'équivalent de Tuuka Rask, repêché l'année précédente par les Maple Leafs (il fut échangé contre Phil Kessel ... rien de plus à dire). Helenius fit le saut en Amérique du Nord en 2007 avec les Thunderbirds de Seattle avant de rejoindre les Admirals de Norfolk dans la AHL. Il fut rappelé par le grand club à la fin du mois de janvier pour seconder Mike Smith. Il fit sa seule apparition lorsque Smith accorda un 6e but aux Flyers. Il disputa les dernières minutes du match, arrêtant les 2 tirs auxquels il fit face. Il retourna ensuite dans les mineures, se promenant entre les clubs école du Lightning dans la ECHL et la Ligue Américaine, mais ne réussit jamais réellement à s'établir comme le futur de l'organisation. Il s'exila dans la KHL en 2014 pour rejoindre le Jokerit d'Helsinki et prit sa retraite suite à la saison 2017.
Retournant en finale de la Coupe Stanley pour la première fois depuis l'an 2000 (et ayant gagné la coupe en 1999), les Stars ont utilisé plusieurs gardiens depuis leur arrivée à Dallas. Je ne me suis effectivement pas attardé aux années au Minnesota pour cet article. Jusqu'à maintenant, c'est Jake Oettinger qui a joué le moins longtemps pour eux, lui qui n'a disputé que 15 minutes pendant les présentes séries. Mais ne sachant pas s'il aura a prendre la relève d'Anton Khudobin d'ici la remise du trophée de Lord Stanley, je vais plutôt vous présenter Jordan Willis. Sélectionné en 10e ronde (243e au total) du repêchage de 1993 par les Stars, Willis termina son stage junior avec les Knights de London avant de rejoindre les K-Wings du Michigan pour la saison 1995-96. Il fut toutefois rappelé au mois de janvier 1996 car autant Andy Moog que Darcy Wakaluk furent blessés. Il servit donc de réserviste à Manny Fernandez. Le 17 janvier, Willis remplaça Fernandez qui venait d'accorder 3 buts aux Oilers. Willis effectua 13 arrêts, mais accorda le but de la victoire dans une défaite de 4-3. Il fut retourné aux K-Wings quelques jours plus tard lorsque Dallas fit l'acquisition d'Allan Bester. Il disputa une autre saison au Michigan avant de rejoindre l'équipe nationale Canadienne. Il s'offrit par la suite un parcours de nomade entre la ECHL et la IHL, allant même disputer deux saisons en Angleterre avec les Panthers de Nottingham. Il prit sa retraite en 2002.
Sur ce, je vous souhaite une bonne finale. Est-ce que les miracles d'Anton Khudobin pourront contenir l'attaque dévastatrice du Lightning ?
Le 20 mars 1982, les Nordiques affrontaient les Canucks de Vancouver au Colisée. Montrant une fiche de 31-27-14, il y avait peu d’enjeu pour eux. En effet, à ce moment, les équipes qui accédaient aux séries étaient désignées par division. Dans la division Adams, les faibles Whalers étaient déjà éliminés depuis un moment, assurant les quatre autres équipes, incluant les Nordiques, de leur place. Toutefois, au quatrième rang et avec seulement huit matchs à disputer, il leur était impossible de rattraper les Sabres au troisième rang.
La situation des Canucks était différente. Dans la division Smythe, les Oilers s’étaient détachés par le haut, les Rockies du Colorado avaient été largués par le bas, mais les trois autres équipes, Vancouver, Calgary et Los Angeles, étaient au cœur d’une lutte serrée.
Alors que les Canucks menaient 3-2 en troisième période, Marián Šťastný égalisa la marque à 17:44, dans un match jusque-là sans réel éclat.
Dans la dernière minute de jeu de ce qui s'avéra un match nul de 3-3, son frère Peter appliqua une mise en échec sur le subtile Dave "Tiger" Williams, près du banc des Canucks. Celui-ci répliqua en s’élançant avec son bâton à la hauteur de la tête. Une bagarre éclata et le tout tourna à la foire.
Un partisan plutôt téméraire en profita alors pour frapper Williams. Ses coéquipiers Marc Crawford (futur entraîneur des Nordiques), Curt Fraser et Doug Halward sont ensuite venus à sa défense au milieu de la foule, tout comme son entraîneur Harry Neale.
Des accusations de voies de fait ont été portés, en plus d’autres qui ont visé des spectateurs qui ont lancé des objets sur la patinoire.
Une semaine plus tard, le président de la ligue, John Ziegler, rendit sa décision. L’entraîneur Harry Neale fut suspendu pour 10 matchs, Halward pour 7 matchs et Kevin McCarthy pour un. De plus, Halward, McCarthy, Marc Crawford, Curt Fraser et le soigneur Larry Ashley ont reçu des amendes de 500$ chacun, auxquelles s’ajoutèrent celle de 7500$ de l’équipe. Halward et Neale estimèrent la situation injuste, jugeant qu’ils ne faisaient que défendre leur coéquipier. Neale mentionna également que les baies vitrées devraient être plus hautes au Colisée.
Il s’agissait de la deuxième fois dans LNH où une bagarre se transporta dans les estrades. La première fois, c’était le 23 décembre 1979, alors que des joueurs des Bruins montèrent dans les estrades du Madison Square Garden et que Mike Milbury frappa un partisan des Rangers avec une chaussure.
À ce moment, il ne restait que cinq matchs à la saison des Canucks. Par contre, les suspensions imposées avaient la particularité d’inclure les séries. C’est l’entraîneur-adjoint, Roger Neilson, qui remplaça Neale derrière le banc des Canucks. Par contre, avec Neilson en place, Vancouver ne perdit aucun match en saison et balaya les Flames au premier tour des séries. Au même moment, les Kings surprirent les favoris, les Oilers.
Comme les Canucks ne perdaient plus, Neilson fut confirmé comme entraîneur-chef. Quant à Neale, il fut promu au poste de directeur-gérant.
En mission, les Canucks, qui jusque-là avaient une histoire peu glorieuse et qui n’avaient jamais remporté une série, continuèrent leur chemin, en éliminant Los Angeles et Chicago. Ils atteignirent ensuite la finale, où toutefois ils perdirent contre les Islanders.
D’une certaine façon, on peut donc dire que le mémorable parcours en séries des Canucks de 1982 a débuté un samedi soir au Colisée de Québec.
Vancouver retomba ensuite dans sa médiocrité et dut attendre dix ans avant de remporter une autre série.
Sources : "Un partisan frappe Dave « Tiger » Williams" d’André Bellemare, Presse canadienne, Le Devoir, 22 mars 1982, page 10,
"Nordiques fans rile Canucks in 3-3 tie", CP, Montreal Gazette, March 22, 1982, page E2,
"Les Nordiques sauvent les meubles" de Maurice Dumas, Le Soleil, 22 mars 1982, page C2,
"Les Canucks poursuivis", Le Soleil, 23 mars 1982, page C1,
"Neale se prétend remis de son choc", UPI, Le Soleil, 29 mars 1982, page C1,
Johannes Gottselig est né en 1905, pendant ce qui a été appelé la révolution russe de 1905. Il est né dans un territoire du gouvernement de Tauride, qui fait aujourd’hui partie de l’Ukraine. Toutefois, il quitta cet endroit avec sa famille quelques mois après sa naissance, pour s’établir à Régina.
En 1925, il connut un parcours remarquable qui mena son équipe, les Pats de Régina, à leur première Coupe Memorial.
Après un passage par le niveau senior et dans les mineures, dans la AHA, Gottselig fit ses débuts dans la LNH en 1928, avec Chicago. À ce moment, les Black Hawks n’étaient qu’à leur troisième saison dans la ligue et éprouvaient toujours beaucoup de difficultés.
À sa deuxième année avec Chicago, Gottselig devint le meilleur buteur de son équipe, exploit qu’il répéta la saison suivante et qui aida les Hawks à atteindre la finale pour la première fois. Par contre, ils durent s’incliner devant les Canadiens.
En 1933-34, Tommy Gorman fut engagé comme entraîneur. De plus, Lionel Conacher s’est joint à l’équipe. La force des Hawks était par contre la défensive, leur attaque étant anémique. La recette sembla fonctionner, puisque Chicago remporta sa première Coupe Stanley. Par contre, le tout ne dura pas. Gorman se disputa avec le propriétaire et quitta pour les Maroons. De son côté, Conacher fit partie d’un échange qui permit aux Hawks d’acquérir Howie Morenz.
À ce moment, Morenz n’était plus aussi dominant et malgré sa présence, Gottselig fut encore le meilleur buteur de l’équipe.
C’est ensuite en 1935 que Gottselig devint capitaine au sein d’une équipe sur la pente descendante.
Gottselig mena d’ailleurs cette équipe aux grands honneurs en 1938, malgré une fiche des plus ordinaires de 14-25-9. Chicago fit à peine les séries, avant d’éliminer les Canadiens et les Americans de New York, avant de surprendre les favoris, les Leafs, en finale. Avec un pourcentage de 0,385, il s’agit de l’équipe avec la plus mauvaise fiche à remporter un titre d’un des quatre circuits majeurs nord-américains. La surprise fut telle que la ligue n’avait même pas prévu apporter la Coupe à Chicago lors du quatrième (et décisif) match.
Gottselig demeura avec l’équipe en permanence jusqu’en 1940. Par la suite, il passa du temps avec les Black Hawks, mais aussi dans la AHA, et cessa d’être capitaine.
En 1944, il devint entraîneur des Hawks, mais il eut plus ou moins de succès et il fut congédié en décembre 1947. Il demeura par contre dans l’organisation au niveau des relations publique pendant plusieurs années. Il était d’ailleurs toujours là lorsque Chicago gagna sa troisième Coupe en 1961.
Dans les années 1940, ayant déjà été gérant d'une équipe de softball au Canada, Gottselig occupa aussi un emploi d’été, alors qu’il fut gérant de trois équipes féminines de baseball. (Peut-être avez-vous vu le film "A League of Their Own" ou "Une ligue en jupons", sorti en 1992, mettant en vedette Geena Davis et Madonna et qui s’inspirait de cette ligue.) Gottselig mena d’ailleurs les Belles de Racine (l'équipe qui perd la finale dans le film) au premier titre de l’histoire de la ligue.
La géographie changeante de cette région du monde rend un peu compliqué d’expliquer la place de Gottselig dans l’histoire de la LNH. En effet, il est né dans l’Empire russe. Par contre, jusqu’en 1917, le Grand Duché de Finlande faisait également partie de l’Empire. Comme Albert Pudas, natif de Finlande pendant cette période, a joué avant Gottselig, ce dernier n’est donc pas le premier natif de l’Empire russe à y jouer.
Si on prend les anciennes frontières de l’URSS, alors Gottselig y est né, mais pas Pudas. Par contre, si on prend les frontières actuelles de la Russie, Gottselig n’est pas le premier russe, puisque son lieu de naissance fait aujourd’hui partie de l’Ukraine.
Une chose est sûre par contre. Gottselig est le premier capitaine d’une équipe championne de la Coupe Stanley et le premier entraîneur né en Europe de l’histoire de la Ligue nationale.
Par contre, d'une manière ou d'une autre, on parle ici du lieu de naissance, puisque Gottselig a clairement fait ses classes au Canada, et non dans une entité qui a ou qui a eu un lien avec la Russie.
Gottselig est décédé en 1986, à l’âge de 80 ans.
Sources : "Blackhawks fans eye Cup clincher at home, paying huge game 6 tickets prices" de Darren Rovell, June 14, 2015, ESPN (espn.com),
Voici l'histoire d'un joueur qui m'intrigue depuis des années. Ayant été trop jeune pour l'avoir vu évoluer dans la LNH, ce n'est que plus tard que je l'ai découvert et il réside dans mon subconscient depuis ce temps. Je me suis toujours dit que je me devais d'en savoir plus à son sujet un jour et donc aujourd'hui voici l'histoire d'Alan Haworth, un joueur qui fit partie de deux transactions complètement à l'opposée en terme d'importance dans l'histoire des Nordiques; une première transaction majeure qui demeure probablement la plus importante de l'histoire de l'équipe et une autre très mineure qui demeure à ce jour une des anecdotes les plus loufoques de l'histoire de la ligue...
Né le 1er septembre 1960, l'attaquant Alan Joseph Gordon Haworth grandit à Drummondville d'où est également originaire son père Gordie Haworth, un ancien joueur de la ligue senior du Québec avec les Citadelles de Québec et les Braves de Valleyfield, qui joua également deux matchs avec les Rangers de New York dans les années 50 et plusieurs années dans la WHL. Après sa retraite, le paternel travailla au sein de la compagnie de bâtons Canadien, basée également à Drummondville.
Alan débuta son hockey junior avec les Saguenéens de Chicoutimi, où il joua deux saisons moyennes avant de passer aux Castors de Sherbrooke en 1978-79. Il explosa avec les Castors avec une récolte de 50 buts et 120 points en 70 matchs, ce qui incita les Sabres de Buffalo à faire sa sélection en 5e ronde (95e au total) du repêchage de 1979. Il demeura dans le junior la saison suivante mais ne joua que 45 matchs, récoltant 64 points. Durant ces deux années passées à Sherbrooke, il aida son équipe à se rendre à chaque fois en finale du trophée du président mais l'équipe s'inclina dans les deux cas.
Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1980-81, d'abord avec le club-école des Sabres, les Americans de Rochester. Après 21 matchs où il obtint un excellent 14 buts et 32 points, Haworth fut rappelé par les Sabres pour terminer la saison. Jumelé par moments avec Gilbert Perreault, il amassa 16 buts et 36 points en 49 matchs et fut nommé recrue de l'année chez les Sabres. Il s'imposa également en séries avec 4 buts et 8 points en 7 matchs.
Il régressa toutefois légèrement durant sa deuxième saison avec 39 points en 57 matchs et fut parfois rétrogradé dans les mineures. Les Sabres perdirent rapidement patience dans son cas et l'envoyèrent aux Capitals de Washington en retour de deux choix au repêchage de 1982. Aucun de ces choix n'aboutirent à grand chose au final.
À Washington, Haworth devint un joueur fiable et y joua durant cinq saisons. Rapide et possédant un puissant tir frappé, il était également sous-estimé comme fabricant de jeu, alors qu'il passa la majorité de ses années à Washington sur la 2e ou 3e ligne. Il était également versatile, pouvant jouer au centre comme à l'aile droite. Sa production oscillait autour de 25 buts par saison, mais il connut une certaine progression en 1985-86 avec des sommets en carrière de 34 buts et 73 points. Il se blessa au genou la saison suivante mais était en voie de connaître une saison similaire avec 25 buts et 41 points en 50 matchs.
Vint ensuite le repêchage amateur de 1987, qui eut lieu à Detroit le 13 juin 1987. Les Nordiques de Québec volèrent la vedette lorsqu'ils envoyèrent leur joueur vedette de longue date Dale Hunter, ainsi que le gardien Clint Malarchuk aux Capitals en retour d'Haworth, de l'attaquant Gaétan Duchesne ainsi que du 1er choix des Capitals à ce repêchage. La transaction ne fit pas l'unanimité chez les journalistes et les fans des Nordiques, alors que Hunter était un des joueurs les plus populaires de l'équipe et il se plaisait à Québec. Hunter était même présent au repêchage ce jour-là et il avait peine à contenir ses émotions devant les journalistes. Certains disaient que les Nordiques avaient perdu le cœur de l'équipe avec le départ de Hunter et avec du recul, cette transaction marquait le début d'une longue traversée du désert pour l'équipe qui ratera les séries lors des cinq saisons suivantes, et qui se départira du reste de ses joueurs populaires comme Michel Goulet et Peter Stastny dans d'autres transactions contestées...
Le Soleil, 14 juin 1987
Cependant, avec encore plus de recul, les Nordiques retrouvèrent un nouveau ''cœur'' dans cette transaction car il utilisèrent ce premier choix des Capitals, le 15e au total, pour repêcher leur futur capitaine et supervedette pour les 20 années suivantes, Joe Sakic. Plusieurs recruteurs sur place le jour de cette transaction énoncèrent même que Sakic allait être meilleur que les deux premiers choix au total soit Pierre Turgeon et Brendan Shanahan, ce qui en rétrospective est probablement vrai. Shanahan termina avec plus de buts et de matchs joués que Sakic mais ce dernier fut un modèle de stabilité et de leadership pour la franchise Québec/Colorado et termina devant Shanahan au niveau des points, figurant d'ailleurs toujours au 9e rang avec 1651 points comparativement à 1354 pour Shanahan. Turgeon termina pour sa part sa carrière avec 1327 points. Et en défense supplémentaire pour les Nordiques, au moment de l'échange, Hunter était ennuyé par une blessure à la jambe qui mit fin à sa saison 1986-87 où il ne joua que 46 matchs. On parlait même que cette blessure allait peut-être mettre fin à sa carrière ou du moins diminuer grandement son rendement.
Mais pour revenir à Haworth, il était également avantageux pour les Nordiques d'obtenir lui et Duchesne dans la transaction car il serait plus facile pour eux de convaincre deux joueurs québécois à rester dans l'organisation et non pas un autre anglophone récalcitrant qui n'aurait pas voulu rester longtemps à Québec, un problème récurrent dans l'organisation durant ces années-là. Les Nordiques désiraient apparemment faire son acquisition depuis de nombreuses années et voulaient même le repêcher avant que les Sabres ne le sélectionnent en 1979.
Haworth débuta donc avec sa nouvelle équipe en 1987-88 et connut une bonne saison avec 23 buts et 57 points en 72 matchs, ce qui était son deuxième meilleur total en carrière. Jusque-là dans sa carrière, Haworth n'était pas vraiment un joueur qui allait souvent au banc des pénalités mais il accumula durant cette saison un sommet en carrière de 112 minutes de pénalité. D'ailleurs, les seuls vidéos que j'ai pu trouver de Haworth avec les Nordiques sont des batailles... avec Dale Hunter dans les deux cas.
Haworth écoulait toutefois la dernière année de son contrat en 1987-88 et les négociations n'aboutirent jamais avec les Nordiques. Il désirait soit recevoir un nouveau contrat plus payant ou être échangé à une équipe américaine pour payer moins d’impôts. Voyant la lenteur et le peu de progrès dans ses discussions avec les Nordiques, Haworth lorgna vers l'Europe à quelques reprises durant la saison. À la première journée après la fin de la saison, Haworth tourna le dos définitivement aux Nordiques et signa un lucratif contrat avec l'équipe du Berne SC dans la première division suisse. Les Nordiques tentèrent de le ramener lors des saisons suivantes mais encore une fois, il refusa pour gagner davantage d'argent en Suisse où il devint un joueur vedette de sa nouvelle équipe, avec qui il gagna 3 fois le championnat national et joua jusqu'à la saison 1991-92.
Durant cette même saison 1991-92, on vit apparaître une nouvelle formation sur la scène de la LNH, lorsque débuta la franchise des Sharks de San Jose. L'origine de cette équipe est en soi une histoire complexe et je vous invite à lire cet ancien texte pour en savoir plus. Mes recherches pour le texte d'aujourd'hui me permettent d'ailleurs de boucler plusieurs interrogations que je traînais depuis l'écriture de cet autre texte...
Mais brièvement, les propriétaires des nouveaux Sharks étaient les anciens propriétaires des North Stars qui reçurent en compensation une équipe d'expansion à condition de ne pas déménager les North Stars et de les vendre à un autre acheteur. Également comme compensation, ils avaient droit de choisir plusieurs joueurs du système des North Stars pour leur nouvelle équipe en plus du repêchage d'expansion traditionnel. Pour renflouer leurs pertes de personnel, les North Stars purent également participer à ce repêchage d'expansion, même s'ils n'étaient pas une équipe d'expansion...
Avec la dernière sélection disponible à ce repêchage hors de l'ordinaire, il ne restait aux North Stars que les Nordiques à qui prendre un joueur. Comme les Nordiques étaient à ce moment une équipe de fond de cave, il n'y avait pas grand chose d'intéressant à sélectionner pour le DG des North Stars Bobby Clarke. Sur la liste des joueurs non-protégés des Nordiques on retrouvait des joueurs comme Scott Gordon, Jeff Jackson, Miroslav Horava, Mario Doyon, Gerald Bzdel, Brent Severyn, Trevor Stienburg en plus des droits de deux joueurs exilés en Europe, soient le gardien Mario Brunetta, ainsi que Alan Haworth.
Clarke avait seulement de l'intérêt envers Haworth et tenta de le sélectionner. Cependant on retrouvait dans les règles de ce repêchage une règle selon quoi les équipes ne pouvaient sélectionner plus d'un joueur autonome, ce que Haworth était techniquement. Comme Clarke avait précédemment choisi un autre joueur autonome, Bengt-Ake Gustafsson des Red Wings, la ligue refusa la sélection de Haworth. Alors Clarke retourna à ses papiers et au bas de la liste des Nordiques on retrouvait également le nom de deux joueurs retraités soit l'attaquant Alain Côté (celui du but) qui était retraité depuis 1989, et également le légendaire Guy Lafleur, dont la deuxième retraite définitive était connue de tous. Lafleur n'était pas techniquement retraité car il n'avait pas encore signé un formulaire auprès de la ligue mais il avait déjà accepté un poste à la direction des Nordiques.
Si vous trouvez étrange que la liste de joueurs non-protégés des Nordiques incluaient des joueurs retraités, et bien ils n'était pas les seuls à avoir fait de même. Parmi les joueurs disponibles à travers la ligue on retrouvait entre autres Willi Plett (inactif depuis 1988), André Lacroix (1980), Bill Barber (1984), Brian Sutter (1988) et Marc Crawford (1989). Les Canadiens poussèrent même l'audace jusqu'à inclure les noms de Jean Beliveau, Yvan Cournoyer, John Ferguson, Pierre Mondou, Mario Tremblay et Ken Dryden! D'ailleurs Clarke et son entraîneur Bob Gainey durent être assez surpris de voir qu'ils étaient eux-mêmes disponibles sur la liste des Flyers et du Canadien respectivement...
Le lendemain de ce repêchage, les Nordiques envoyèrent les droits d'Haworth aux North Stars en retour de ceux de Lafleur, qui fut membre du Minnesota pour l'espace de 24 heures. Il pouvait ainsi passer de joueur à employé des Nordiques sans trop de complications administratives. Les principaux intéressés prirent le tout à la rigolade. Lafleur déclara ''Je suis flatté qu'on m'ait choisi avant Jean Béliveau et Yvan Cournoyer... J'ai compris la situation. Les Nordiques n'étaient pas pour offrir un joueur qu'ils risquaient de perdre pour rien. Dans mon cas, ils ne courraient aucun danger.''
Bobby Clarke déclara ''Je ne veux pas embarrasser les Nordiques mais il n'y avait personne qui m'intéressait à l'exception de Haworth''. Ce dernier déclara pour sa part: ''Dans 20 ans, la question fera encore partie d'un quiz quelconque: Quel joueur de hockey à été échangé en retour de Guy Lafleur à la retraite? Et bien ce joueur-là c'est moi!".
Cependant, à 30 ans, Haworth n'avait pas encore fait une croix sur un possible retour dans la LNH. S'il recevait vraiment un intérêt de la part de Clarke et des North Stars, il aurait considéré de revenir, de plus qu'il aurait eu la chance de revenir jouer aux États-Unis et qu'il s'ennuyait du niveau de compétition de la LNH. Il déclara également que les North Stars s'intéressaient déjà à lui avant ce repêchage. Il y aurait même eu des rumeurs pour qu'il signe avec l'équipe pour les séries de 1991.
Cependant une telle offre ne se matérialisa jamais et Haworth demeura en Suisse pour la saison 1991-92, suite à quoi il prit sa retraite après un dernier championnat avec Berne. Il joua également un match avec l'équipe nationale canadienne durant cette dernière saison.
Avec le club SC Berne
Plus tard après sa retraite, Haworth devint entraîneur, tout d'abord dans la LNAH avec les Papetiers de Windsor (2001-02) et le Prolab de Thetford Mines (2002-03). Il retourna ensuite en Suisse comme entraîneur de différents clubs comme le EHC Olten (2003), le HC Innsbruck (2005-07) et également son ancien club, le SC Bern (2003-05). Il revint ensuite dans la LNAH avec Thetford Mines pour la saison 2007-08. Il est depuis de nouveau dans l'organisation des Capitals comme dépisteur, poste qu'il occupe depuis 2009. Il reçut une bague et une visite de la Coupe à Drummondville après la conquête des Caps en 2018.
En 525 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 189 buts et 211 passes pour 400 points.
Sources: Le coeur des Nordiques battra à...Washington, Le Soleil, 14 juin 1987 Haworth échangé entre deux bouchées de pizza!, Le Soleil, 16 juin 1987 ''J'avais du respect pour Maurice Fillion'', Le Soleil, 19 avril 1988 ''Je n'ai pas de comptes à rendre aux Nordiques'', Le Soleil, 19 avril 1988 Un grand intérêt pour Haworth, Le Soleil, 15 juin 1989 Les Sharks pourront repêcher Béliveau...et Guy Lafleur, Le Soleil 30 mai 1991 Clarke réclame Guy Lafleur, La Tribune, Sherbrooke 31 mai 1991 Une blague très sérieuse de Clarke, La Tribune, Sherbrooke, 11 juin 1991 Alan Haworth a partagé la coupe Stanley, Journal L'Express, 26 nov.2018