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mardi 17 octobre 2023

Gloire et misère: Anaheim

 


Voici une autre série de textes interminables qui devrait me prendre un autre 4 ans à finir.

Chaque franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé analyser chaque franchise sous deux angles différents, soient ses années de gloire (l'âge d'or) d'un côté et ses années de misère de l'autre (l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des années «normales». Parfois on peut retrouver plus d'un âge d'or ou âge de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère» sont relatives selon l'équipe. Genre je sais pas trop ce que ça va donner pour les Blue Jackets mais on verra rendu là.

J'ai en même temps établi quels ont été les différents «no man's land» de la LNH au cours des années, soit les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.

Allons-y donc.

(Mighty) Ducks d'Anaheim

Années de misère: 1999-2000 à 2001-02
Après quelques années d'expansion normales, même meilleures que beaucoup de clubs d'expansion, les Mighty Ducks ont continué à se développer et ont accédé aux séries pour la première fois en 1996-97. Menés par un duo excitant composé de Paul Kariya et Teemu Selanne, les Ducks semblaient bien enlignés vers la gloire. Cependant, les saisons suivantes furent décevantes pour tout le monde, dont Kariya qui manqua beaucoup de matchs dû à plusieurs blessures et une dispute contractuelle en 1997-98. 

Les Ducks ne firent les séries qu'une seule fois entre 1997-98 et 2001-02, et ce ne fut qu'une sortie rapide en première ronde au printemps 1999, saison où les fans eurent tout de même du bon hockey à se mettre sous la dent avec une saison de 100+ points chacun pour le duo Selanne/Kariya. 

Les deux joueurs regressèrent toutefois à des saisons de 80 points la saison suivante et on commença à sentir la lassitude s'installer à Anaheim où les assistances diminuèrent. Le bas-fond fut atteint en mars 2001 lorsque le directeur général Pierre Gauthier échangea le populaire Selanne à ses rivaux de division, les Sharks. Les fans n'ont jamais pardonné cet affront à Gauthier, qui avait promis de ne pas l'échanger, et il fut finalement limogé après la saison 2001-02, saison où les Ducks attirèrent le moins de spectateurs dans leur histoire, soit une moyenne de 12 000 par match.


Joueur emblématique de cette période: Jeff Friesen 
Celui obtenu en retour de Selanne, il a eu énormément de difficulté à remplacer son prédécesseur sur la première ligne et dans le coeur des fans. Et après une saison moyenne de seulement 43 points en 2001-02, il fut échangé aux Devils en compagnie d'Oleg Tverdovsky en retour de Petr Sykora, Mike Commodore et autres joueurs au travers de tout ça. Friesen revint ensuite hanter les Ducks lors de la finale de 2003, marquant notamment 2 buts lors du 7e match décisif, ce qui fit définitivement de lui l'un des plus mal-aimés des ex-Ducks.

Années de gloire: 2002-03 à 2010-11 / 2012-13 à 2016-17
Une fois Pierre Gauthier parti (spoiler: on réentendra ça une ou deux autres fois ailleurs), les Mighty Ducks, et ensuite seulement Ducks, sont devenus une équipe phare des années 2000. La sauce a commencé à lever dès leur saison surprise en 2002-03 où après trois ans sans faire les séries, le nouvel entraineur Mike Babcock (dans le temps qu'il devait être encore semi-gentil) mena l'équipe à sa première saison de 40 victoires et la finale contre les Devils dans une cause perdante. On assista alors à l'émergence de Jean-Sébastien Giguère comme gardien dominant.

Cela prendra ensuite quelques saisons à bien remettre tout en place, dont le départ de Kariya, le bref séjour de Sergei Fedorov et une petite saison hors des séries en 2003-04. Mais après de grosses acquisitions du nouveau DG Brian Burke (Scott Niedermayer, Chris Pronger, François Beauchemin), des choix au repêchages et des signatures judicieuses (Corey Perry, Ryan Getzlaf, Chris Kunitz) et surtout le retour d'exil de Selanne, les Ducks devinrent des brutes et connurent leur apogée en 2006-07 avec une victoire sans équivoque de la Coupe Stanley contre les Sénateurs, un parcours où ils ne perdirent que 5 matchs durant l'ensemble des 4 rondes.

 


Cette ère des Ducks, qu'on pourrait surnommer l'ère Randy Carlyle, dura jusqu'en 2010-11 et l'équipe connut 6 saisons de 40+ victoires durant cette période. L'équipe glissa en 2009-10 avec une exclusion des séries, mais se reprit l'année suivante avec 47 victoires et un trophée Hart et Maurice Richard pour Corey Perry.

Après un léger «reset» autour de 2012, les Ducks redevinrent compétitifs sous les ordres de Bruce Boudreau et malgré qu'ils ne sont jamais retourné en finale, les Ducks connurent leurs meilleures fiches à vie au milieu des années 2010 avec deux saisons de 54 et 51 victoires respectivement en 2013-14 et 2014-15. Durant cette deuxième partie de leur âge d'or, les Ducks se rendirent deux fois en finale de conférence.

Joueur(s) emblématiques de cette période: Chris Pronger/Scott Niedermayer


Ouf. J'avais comme pas le choix d'en prendre deux quand tu as deux défenseurs membres du temple à ta disposition. Non mais quel duo. Ils se succédèrent d'ailleurs comme capitaines. J'aurais pu aussi mettre Giguère ou même Getzlaf, Perry ou Selanne. Tant de choix tellement cette période fut glorieuse et diversifiée pour les Ducks. Mais Pronger et Niedermayer représentaient réellement à quel point cette équipe de 2006-07 était redoutable et à prendre au sérieux. Pronger était définitivement la pièce manquante au casse-tête, alors qu'il jouait avec les Oilers lorsque ces derniers avaient éliminé les Ducks en finale de conférence au printemps 2006. Quant à lui, Niedermayer eut un impact immédiat au niveau du leadership et connut même ses meilleures saisons offensives à Anaheim.

Années de misère: 2018-19 à maintenant
Un retour de Carlyle derrière le banc en 2016-17 n'a pas été très fructueux et les Ducks sont misérables et médiocres depuis, surtout par l'inaction et attitude crasse du DG Bob Murray qu'on a même désigné comme pire DG ici en 2021.

Leur dernière participation aux séries remonte à 2018, donc un record de franchise de 5 saisons consécutives (et probablement plus) sans y participer. Donc selon moi les partisans des Ducks vivent actuellement leurs pires moments. Pire que quand Selanne est parti (au moins ils leur restait Kariya). Leur fiche de l'an passée (23-47-0-9) est la pire de leur histoire avec leur pire pourcentage de victoire (.354). Même les premiers Mighty Ducks de 1994, avec Troy Loney, Bob Corkum et Terry Yake étaient meilleurs (33-46-5).


Murray a finalement démissionné en novembre 2021, suite en grande partie à des allégations d'abus verbaux envers les employés et les joueurs. C'est désormais Pat Verbeek, un de mes joueurs cultes qui est en poste comme DG et on lui souhaite bonne chance parce qu'à date, à part des jeux de la semaine de la part de Trevor Zegras, c'est «quackement» poche.

Joueur emblématique de cette période: John Gibson
On retrouve beaucoup de Ducks parmi nos récents récipiendaires de trophées LVEUP, surtout le pauvre Gibson, triple lauréat du trophée Gary «Suitcase» Smith. À moment donné faudrait bien trouver un autre goaler...

Ce sera tout pour ce premier tome, le prochain dans l'ordre alphabétique: Arizona. Oh boy que j'ai du pain sur la planche dans la colonne années décennies de misères...

dimanche 15 octobre 2023

Les derniers (2e partie)

 


On a bien aimé mon texte de l'autre jour sur les derniers joueurs à avoir fait telle ou telle chose, si bien que j'ai pensé faire une suite, avec quelques suggestions de mes collègues et de quelques lecteurs. Allons-y donc.

Aussi je vous rappelle de vous abonner à notre infolettre pour vous permettre de voir des textes que vous avez peut-être manqué dans les dernières semaines, ainsi que des succès souvenirs et autres trucs.


Mick McGeough
Dernier arbitre sans casque


Dans la première partie, on a parlé du célèbre Craig MacTavish, le dernier joueur sans casque en 1997, ainsi que d'Andy Brown, le dernier gardien sans masque. Mais qu'en est-il des arbitres?

Comme la règle permettant à MacTavish de jouer sans casque vu qu'il avait signé son premier contrat dans la LNH avant la saison 1979-80, la même chose s'appliqua plus tard aux arbitres, soit à partir de 1988. Ayant commencé sa carrière d'arbitre dans la LNH en 1987, Mike McGeough put donc arbitrer les cheveux à l'air pendant les 20 saisons suivantes, soit jusqu'en 2005-06. La saison suivante, la LNH annula cette «clause grand-père» et McGeough dut lui aussi porter le casque. Il arbitra (avec casque) jusqu'à la fin de la saison 2007-08. Il mourut malheureusement des suites d'un avc en 2018 à l'âge de 62 ans.

Kerry Fraser
Dernier arbitre à avoir arbitré seul

La LNH implanta le système à 2 arbitres à temps plein pour la saison 2000-01. Entretemps il fallait tester la formule lors des saisons précédentes. On vit donc un 4e homme zébré apparaitre de plus en plus sur les glaces lors des saisons 98-99 et 99-00 et pour tous les matchs des séries durant ces deux saisons. Vers la fin de la saison 99-00, les matchs à un seul arbitre se firent de plus en plus rares, jusqu'à tomber à temps plein à deux arbitres en fin de saison.

J'ai donc du éplucher les sommaires d'une centaine de matchs à partir de la fin du calendrier 99-00 afin de trouver le dernier match où il n'y avait qu'un officiel. C'était vraiment palpitant.

Mais finalement j'ai trouvé, puisque lors du mardi 21 mars 2000 on programma deux derniers matchs avec seulement un officiel, un entre les Panthers et les Rangers à New York et le second entre les Flyers et les Predators à Nashville. Comme les matchs à Nashville ont tendance à débuter plus tard (20h-21h généralement), c'est donc durant ce match que le dernier arbitre tout seul fut tout seul pour la dernière fois. Et qui d'autre pour conclure cette ère que le fameux Kerry Fraser...

Ce match fut remporté 2-0 par les Flyers avec des buts de John Leclair et Simon Gagné...


Jonas Hiller
Dernier gardien à porter la marque KOHO


Suggestion d'un lecteur ici du nom de Dannick Rivest. Difficile à confirmer ici mais selon toute vraisemblance, Jonas Hiller serait vraiment le dernier à porter de l'équipement de marque KOHO. Cette marque emblématique de notre jeunesse, qu'on a vu notamment sur de nombreuses cartes ou posters de Patrick Roy, est de nos jours discontinuée.

Comme la suédoise JOFA avant elle, KOHO était une compagnie d'équipement scandinave, en Finlande cette fois, qui connut des années fastes à partir des années 70 et 80, étant même une des premières à offrir des jambières de couleur. Et comme JOFA, KOHO fut avalée par CCM/Reebok durant les années 2000 avant de disparaître tranquillement du radar. La marque fut rachetée par une compagnie du nom de Monkeysports en 2008 et on revit brièvement KOHO par la suite mais c'est désormais chose du passé, alors que je n'ai trouvé aucun produit KOHO sur leur site.

Hiller fut donc le dernier aperçu à porter du KOHO, suite à ses derniers matchs dans la LNH avec les Flames en 2015-16. Il joua ensuite quatre saisons dans sa Suisse natale avant de prendre sa retraite en 2020.


Wade Flaherty
Dernier gardien à accorder un but à Wayne Gretzky


C'est le 29 mars 1999 que Wayne Gretzky marqua son huit-cent-quatre-vingt-quatorzième (894e) but en carrière en saison régulière, lors d'une victoire des Rangers 3-1 sur leurs rivaux new-yorkais, les Islanders. Dans les buts des Insulaires se trouvait l'éternel Wade Flaherty, qui agissait alors en tant que remplaçant à Félix Potvin, qui était blessé. 

En plus d'être le dernier but de Gretzky, il s'agissait également de son 1072e but professionnel, en incluant les séries et ses statistiques dans l'AMH. Cela lui valut de battre à nouveau Gordie Howe à ce niveau.

Éternel second, Flaherty joua deux autres saisons avec les Islanders, avant de jouer une poignée de matchs par la suite avec le Lightning (avec plusieurs autres collègues), les Panthers et les Predators.


Keith Yandle
Dernier joueur de la LNH à avoir été coaché par Gretzky


On se souvient pas mal moins glorieusement de la carrière de Gretzky comme entraîneur. Et avec raison avec sa fiche de 143-161-0-24 en quatre saisons où les Coyotes ratèrent les séries à chaque fois. Il n'a jamais retenté l'expérience par la suite, démissionnant avant la saison 2009-10 suite au redémarrage de la franchise après une de ses faillites.

Donc, parmi les quelques dizaines de joueurs ayant joué sous les ordres de la merveille entre 2005-06 et 2008-09, il ne reste aucun joueur actif dans la LNH, le dernier étant Keith Yandle avec les Flyers en 2021-22. Il en reste toutefois une poignée en Europe comme Peter Mueller dans la ligue tchèque ainsi que Nigel Dawes en Allemagne.

José Théodore
Dernier gardien à accorder un but à Mario Lemieux


On parle de Gretzky mais faudrait quand même pas oublier Mario Lemieux. Très diminué et en proie avec des difficultés cardiaques lors de sa dernière saison en 2005-06, il marqua son dernier but contre José Théodore et le Canadien de Montréal le 10 novembre 2005. Il joua ensuite 9 matchs sans marquer jusqu'à son dernier match le 16 décembre contre les Sabres. Il officialisa sa retraite en janvier 2006.

Pour sa part, Théo en était à ses derniers miles avec le CH à ce moment, étant échangé à l'Avalanche en mars 2006. Il prit sa retraite en 2013.


Robbie Tallas
Dernier gardien à accorder un but à Ray Sheppard

Une date à jamais gravée dans les annales du destin, celle du 5 avril 2000 durant laquelle les Panthers de la Floride remportèrent un duel face aux Bruins de Boston par la marque de 6-3. La grande étoile de ce match, inutile de le mentionner, fut bien sûr Ray Sheppard avec 2 buts et 1 passe. La légende mythique qu'était «Ray» a d'abord marqué son premier du match contre le gardien partant John Grahame qui se fit plus tard sortir du match après 5 buts accordés. Nul autre que Pavel Bure obtint une passe sur ce magnifique but. J'ai pas vu ce but mais je sais qu'il était magnifique.
 
Sheppard en marqua ensuite un deuxième contre son remplaçant Robbie Tallas, ce qui donna un total de 10 filets pour clore la magnifissime carrière du numéro 26.

Il opta ensuite de jouer une dernière saison en Suisse en 2000-01 avec le club des Tigers de Langnau. Il m'a été malheureusement et criminellement impossible de savoir contre qui il marqua son véritable dernier but dans cette ligue. 
 
Il marqua toutefois 13 buts en 13 matchs en Suisse donc à mon avis il aurait pu continuer encore un bon 10-15 ans dans la LNH si ce n'était de l'injustice flagrante de ne pas avoir obtenu un nouveau contrat.
 
Suite à sa véritable retraite, on mit les drapeaux en berne et une procession d'enfants aveugles firent le pèlerinage vers Compostelle en son honneur tandis que le Dalaï-lama fit un jeûne de trois semaines.


3 janvier 1932
Dernier match avec les dégagements acceptés


Pour me sauver du temps, je copie-colle ici un passage d'un ancien texte de Martin sur ce fameux match:

Le 8 décembre 1931, les Bruins reçurent la visite des Americans de New York. Durant ce match, les Americans de New York tentèrent une nouvelle tactique. Aussitôt qu'ils le purent, les joueurs des Americans dégagèrent la rondelle dans le territoire adverse. Comme il n'y avait aucun règlement concernant les dégagements, les Americans dégagèrent 61 fois, laissant un mauvais goût aux fans et surtout aux joueurs des Bruins qui eurent à courir après la rondelle plus souvent qu'à leur tour. La tactique sembla marcher car les Americans remportèrent le match 3 à 2...

Mais comme la vengeance est un plat qui se sert froid, les Bruins décidèrent de présenter une version améliorée de la tactique du 8 décembre lors de la rencontre suivante entre les Americans et les Bruins, le 3 janvier 1932 à New York. Lors de ce match, les Bruins dégagèrent la rondelle à 87 reprises dans un match qui se termina par la marque de 0-0. Rien de bon pour vendre le hockey... Les autres propriétaires firent pression afin de donner une amende à Jack Adams, le propriétaire des Bruins pour avoir poussé cette tactique au maximum. Le président de la NHL Frank Calder décida de ne pas sévir sous prétexte qu'avec les règlements qui étaient en cours, les joueurs n'avaient pas dérogé et avaient respecté le règlement. Par contre, avant qu'un autre match de la sorte ne se reproduise, la NHL développa rapidement une réglementation afin de limiter le nombre de dégagements.



24 février 2004
Dernier match de 0-0 dans l'histoire de la LNH



Si les dégagements acceptés étaient choses du passé à partir de 1932, ce n'était pas encore le cas pour les matchs nuls se terminant 0-0. J'ai parlé du dernier but égalisateur et dernier match nul à la fin de la saison 2003-04 dans la première partie, mais le dernier «snooze-fest» de 0-0 se produisit quelques semaines plus tôt, soit le 24 février 2004 à Long Island lors d'un match d'anthologie entre les Bruins et les Islanders.

De quoi on peut bien parler après un match de 0-0... Félix Potvin des Bruins et Rick DiPiertro des Islanders récoltèrent le jeu blanc, tandis que Trent Hunter, Brian Rolston et Martin Lapointe récoltèrent chacun 5 tirs. Ah oui, également un jeune Patrice Bergeron fut utilisé pendant seulement 29 secondes durant ce match...


Jack Walker
Dernier joueur ayant joué comme «Rover»

On va terminer avec une suggestion de mon collègue KirkMclean ici. Ça m'a demandé beaucoup de travail. Merci Kirk.
 
Le Rover, ou «Maraudeur» est une ancienne position datant des débuts du hockey, dans le temps où on alignait 6 patineurs sur la glace. Utilisé comme joueur de transition entre les 2 défenseurs et les 3 attaquants, le Rover se promenait à sa guise où il se sentait utile. Il s'agissait souvent du meilleur patineur de l'équipe. L'évolution de cette position devint en quelque sorte celle du défenseur offensif, dans le style des Bobby Orr, Paul Coffey et Erik Karlsson.
 
Plus le hockey se développa et plus le rover devenait encombrant. L'ancêtre de la LNH, la National Hockey Association (NHA), retira la position et adopta le système à 5 patineurs lors de sa deuxième saison d'existence en 1910-11, et la LNH poursuivit dans la même voie par la suite. 
 
Cependant, les ligues de l'ouest, la PCHA (Pacific Coast Hockey Association) et la WCHL (West Coast Hockey League) gardèrent le Rover, et ce jusqu'en 1923.

 


Donc, qui fut le dernier «Rover»? Et bien il est assez difficile, voire impossible de trouver réellement. Beaucoup de joueurs ont un jour évolué ou alterné comme rover, et il n'existe à ma connaissance pas d'endroits où ces vieilles informations sont entièrement répertoriées. De plus, lorsque la Coupe Stanley fut disputée entre la NHA/LNH et les ligues de l'ouest, soit jusqu'en 1926, la finale opposant les deux ligues alternait les règles entre chaque matchs, soient les règles et positions LNH durant un et celles de l'ouest lors du suivant. Ça devait être fuckant solide tout ça. Il y a donc quelques joueurs de la LNH qui ont brièvement joué comme rover lors de ces matchs de finale jusqu'à l'abolition de la position en 1923 et il est pratiquement impossible de savoir lesquels exactement. À moins que j'aille éplucher des archives de journaux comme un craqué mental mais là heille c'est assez.

En fait, le seul endroit que j'ai trouvé répertoriant une liste de rovers est celui du site du temple de la Renommée où l'on retrouve les joueurs intronisés ayant été aperçus à cette position. On y retrouve quelques noms familiers comme Newsy Lalonde, Didier Pitre, Frank «Cyclone» Taylor et Hobie Baker. 
 
Comme on considère que le Rover était souvent le meilleur joueur ou meilleur patineur de l'équipe, on peut extrapoler pour dire que les meilleurs rovers ont joué plus longtemps que les autres, donc la liste des membres du temple ayant été rovers est ma meilleure option. Parmi cette liste, celui qui prit sa retraite en dernier fut nul autre que Jack Walker
 
Né le 29 novembre 1888, Walker a joué 27 saisons de hockey professionnel, soit de 1907 à 1933, et ce au sein de plusieurs ligues, dont la New Ontario Hockey League, la NHA, la PCHA/PCHL, la WHL et la LNH. Il joua le plus longtemps pour les Metropolitans de Seattle, soit de 1915 à 1924. On raconte même qu'il était le meilleur rover de son époque lors de ses années à Seattle. 
 
Il aurait aussi été l'instigateur du balayage de bâton (ou hook check) consistant à soutirer la rondelle à l'adversaire. Il remporta la Coupe Stanley à trois reprises, soit en 1914 avec les Blueshirts de Toronto, en 1917 à Seattle et en 1925 avec les Cougars de Victoria.

Après la dissolution des ligues de l'ouest, Walker et les autres Cougars devinrent les nouveaux Cougars de Détroit, alors que l'équipe fut achetée et transférée dans l'est et dans la LNH. Il y joua deux saisons avant de revenir dans l'ouest dans une nouvelle ligue, la Pacific Coast Hockey League, avec les Eskimos de Seattle. Il y joua jusqu'en 1931, suite à quoi il joua deux autres saisons dans une ligue en Californie dont je me dois de consacrer probablement un autre texte plus tard, la California Hockey League. 
 
Walker joua alors pour les Stars d'Hollywood et les Sheiks d'Oakland avant de finalement prendre sa retraite en 1933. Il fut introduit au temple en 1960.

À noter aussi qu'un autre ex-Rover joua jusqu'en 1930 avec les Bruins, soit Mickey Mackey, un ancien adversaire de Walker avec les Millionnaires de Vancouver. Mackey serait donc le dernier Rover à avoir joué dans la LNH mais je considère Walker comme le véritable dernier Rover. Que celui qui ose me contredire me lance la première pierre...

Donc ce sera tout pour les derniers, à moins que vous ayez encore d'autres suggestions...


vendredi 13 octobre 2023

Masque spécial vendredi 13 #7











Quoi de mieux qu'un vendredi 13 au mois d'octobre. C'est une belle occasion pour le monde de party de se faire un party d'Halloween 14 jours à l'avance … et c'est l'occasion pour moi de vous montrer le 7e masque de cette série de masques "épeurant".


C'est principalement à cause de cette photo de Michel Dion au match des étoiles de 1982 que je l'ai choisi pour cette édition. Remplacez son bâton par une machette et il serait un Jason Voorhees légitime.

Il y a deux aspects qui rendent son masque des Penguins "épeurant" : Tout d'abord, l'ouverture des yeux est très petite, donnant, à une certaine distance, l'impression qu'il n'y a pas de globes oculaire derrière cette pièce de fibre de verre. Bien entendu, le nez incurvé et massif de celui-ci, lui donnant une forme très peu courante à l'époque, mais qui aidait à distancer l'onde de choc d'un tir du visage du gardien.


Et si vous ne le saviez pas, Michel Dion a passé bien près de faire carrière professionnelle au baseball. Membre des Expos de West Palm Beach comme receveur, il décida toutefois de retourner au hockey, voyant ses chances de graduer avec le grand club s'amincir, dû aux prestations d'un de ses coéquipiers, un certain Gary Carter. Le choix de Dion lui rapporta quand même, ayant une carrière plus qu'honnête dans la LNH. Il semble qu'il n'y avait pas de froid avec Carter, ayant pu fraternisé avec ce dernier suite à un match au Forum de Montréal.





samedi 7 octobre 2023

Joueur oublié des 90's #83 - Igor Kravchuk




Lorsqu'il fut repêché par les Blackhawks de Chicago en 1991 au 71e rang, Igor Aleksandrovich Kravchuk avait 25 ans et était déjà un défenseur accompli au sein de la première ligue russe et sur la scène internationale. Il est d'ailleurs malgré lui un personnage faisant partie à jamais du folklore du hockey canadien alors qu'il était le seul défenseur tentant d'empêcher la fameuse montée à 3 contre 1 de Mario Lemieux, Wayne Gretzky et Larry Murphy lors du célèbre but gagnant du #66 lors de la Coupe Canada de 1987.

Né le 13 septembre 1966 à Ufa, Kravchuk débuta sa formation avec le club local, le Ufa Salavat Yulayev, en 1982 à l'âge de seulement 16 ans. Il fut plus tard acquis par le puissant club du CSKA Moscou en 1987, en vue des Olympiques de Calgary, où il remporta la médaille d'or avec le puissant club soviétique.



Il retarda son entrée dans la LNH afin de participer de nouveau aux Olympiques en 1992, tournoi qui se solda de nouveau par une médaille d'or pour l'équipe soviétique, cette fois connue sous le nom d'«Équipe unifiée» en raison des bouleversements politiques de l'époque. 

Avec une fiche de 3 buts et 2 passes en 8 matchs, Kravchuk fut également élu au sein l'équipe d'étoiles du tournoi. 

Une fois les jeux terminés, il mit le cap sur Chicago pour faire ses débuts dans la grande ligue en cette fin de saison 1991-92. Il marqua lors de son premier match avec les Blackhawks et termina cette saison avec 1 buts et 8 passes en 18 matchs, en plus de 8 points en 18 matchs en séries où les Blackhawks se rendirent en finale contre les Penguins. Les Blackhawks semblaient alors avoir dégoté un pas pire défenseur.



Cependant, durant la saison suivante se présenta aux Blackhawks la chance d'obtenir l'attaquant Joe Murphy des Oilers d'Edmonton, auteur d'une saison de 82 points la saison précédente. En grève depuis le début de la campagne, Murphy passa finalement aux Blackhawks en février 1993 en retour de Kravchuk et de l'attaquant Dean McAmmond. Kravchuk termina cette saison 92-93 avec une fiche de 27 points en 55 matchs partagés entre Edmonton et Chicago, en plus d'être blessé plusieurs semaines.

Kravchuk fit très bien à Edmonton, connaissant son sommet en carrière en 93-94 avec 12 buts et 38 passes pour 50 points au sein du faible club des Oilers où il devint brièvement leur meilleur défenseur. 

Il joua une autre demi-saison complète avec les Oilers en 1995 avant d'être échangé de nouveau, cette fois aux Blues en janvier 1996 lors d'un échange multi-défenseurs. En plus de Kravchuk, les Blues obtinrent le défenseur Ken Sutton. En retour, ils cédèrent Jeff Norton et Donald Dufresne.

Après deux saisons de 34 et 35 points respectivement, Kravchuk fut de nouveau utilisé comme monnaie d'échange, cette fois lors d'un échange avec les Senators d'Ottawa, alors qu'il fut échangé un contre un en retour de Steve Duchesne durant l'été 1997.

À Ottawa, Kravchuk eut de la difficulté à remplir les patins du plus populaire et plus offensif Steve Duchesne. Mais au final, l'échange porta fruit alors que Kravchuk était plus fiable défensivement et les Senators eurent une meilleure fiche que l'année précédente. 

Pour couronner le tout, la petite équipe qui termina au 8e rang parvint à causer la surprise en première ronde en éliminant les Devils. Kravchuk marqua le but d'assurance lors du dernier match de cette série, officialisant la première série remportée dans l'histoire du club.



Durant cette même saison 1997-98, Kravchuk put participer de nouveau au tournoi olympique, ses troisièmes jeux en carrière. Il est d'ailleurs le seul de l'histoire à avoir représenté son pays sous trois incarnations différentes. Il le fit sous le drapeau de l'Union Soviétique en 1988, de l'«Équipe Unifiée» en 1992 et finalement sous celui de la Russie en 1998. Ce fut cette fois une médaille d'argent pour Kravchuk et les Russes.

Kravchuk joua deux autres saisons complètes à Ottawa mais ses statistiques baissèrent d'année en année. Afin de couper dans leur masse salariale, les Sénateurs le placèrent au ballotage en novembre 2000. Il fut alors réclamé par sa troisième équipe canadienne, les Flames de Calgary.

Kravchuk joua une saison supplémentaire à Calgary, avant d'être libéré durant l'été 2002. Il ne refit pas surface avant le mois de mars 2003, lorsqu'il fut engagé comme agent libre par les Panthers pour la fin de la saison. Ce furent alors ses 7 derniers matchs en carrière avant de prendre sa retraite.

En 699 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 64 buts et 210 passes pour 274 points.

Depuis sa retraite, il a été entraîneur ou adjoint à plusieurs niveaux, dont le niveau junior russe ainsi que quelques équipes en KHL. Il devint en 2018-19 entraîneur-chef des Lions de Lac-St-Louis au niveau Bantam AAA québécois, là où évoluait son fils Roman Kravchuk. Son autre fils Chris avait également évolué au Québec dans le passé, dont brièvement avec le Drakkar de Baie-Comeau. 

Igor est présentement entraîneur-adjoint de son ancien club, le CSKA Moscou.