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vendredi 13 octobre 2023

Masque spécial vendredi 13 #7











Quoi de mieux qu'un vendredi 13 au mois d'octobre. C'est une belle occasion pour le monde de party de se faire un party d'Halloween 14 jours à l'avance … et c'est l'occasion pour moi de vous montrer le 7e masque de cette série de masques "épeurant".


C'est principalement à cause de cette photo de Michel Dion au match des étoiles de 1982 que je l'ai choisi pour cette édition. Remplacez son bâton par une machette et il serait un Jason Voorhees légitime.

Il y a deux aspects qui rendent son masque des Penguins "épeurant" : Tout d'abord, l'ouverture des yeux est très petite, donnant, à une certaine distance, l'impression qu'il n'y a pas de globes oculaire derrière cette pièce de fibre de verre. Bien entendu, le nez incurvé et massif de celui-ci, lui donnant une forme très peu courante à l'époque, mais qui aidait à distancer l'onde de choc d'un tir du visage du gardien.


Et si vous ne le saviez pas, Michel Dion a passé bien près de faire carrière professionnelle au baseball. Membre des Expos de West Palm Beach comme receveur, il décida toutefois de retourner au hockey, voyant ses chances de graduer avec le grand club s'amincir, dû aux prestations d'un de ses coéquipiers, un certain Gary Carter. Le choix de Dion lui rapporta quand même, ayant une carrière plus qu'honnête dans la LNH. Il semble qu'il n'y avait pas de froid avec Carter, ayant pu fraternisé avec ce dernier suite à un match au Forum de Montréal.





samedi 1 avril 2023

Hib Milks


 


C'est assez rare que je parle de joueurs des années 20 (1920 pas 2020) et encore moins de joueurs des anciens Pirates de Pittsburgh. Je me suis donc dit que ce serait une bonne opportunité de faire ça quand je suis tombé sur un nom comme Hib Milks...

Hibbert Henry «Hib» Milks
est né le 1er avril 1899 dans le petit village de Eardley en Outaouais, un patelin qui fut fusionné en 1975 avec 3 autres villages pour donner aujourd'hui la municipalité de Pontiac. Il déménagea de l'autre côté de la rivière, à Ottawa lors de ses 18 ans et gradua dans les différents niveaux de la ligue de hockey organisé de la région, la Ottawa City Hockey League (OCHL), qui est considérée comme la deuxième ligue organisée dans l'histoire du hockey, ses origines remontant à 1890. Au sein des Gunners d'Ottawa, Milks, qui évoluait comme ailier gauche et comme centre, forma un duo redoutable avec un joueur du nom de Harold Darragh pendant trois saisons, soit de 1919-20 à 1921-22. 
 
Milks et Darragh prirent la décision de joindre les rangs des Yellowjackets de Pittsburgh de la United States Amateur Hockey Association (USAHA) pour la saison 1922-23. Ils revinrent tous les deux dans la OCHL la saison suivante avec les New Edinburghs d'Ottawa mais cela ne dura qu'une saison avant de revenir avec les Yellowjackets en 1924-25 lors de ce qui était la dernière saison d'existence de la USAHA. La saison suivante, comme Pittsburgh allait faire son entrée dans la LNH, une dizaine d'anciens membres des défunts Yellowjackets, bref pratiquement toute l'équipe à cette époque, devinrent membres de la nouvelle organisation des Pirates de Pittsburgh, qui sont essentiellement considérés comme la continuation des Yellowjackets. On retrouvait également chez ces premiers Pirates de futurs membres du temple comme le défenseur Lionel «Big Train» Conacher et le gardien Roy Worters, en plus du fameux duo Darragh-Milks.

Les Pirates de Pittsburgh ont existé pendant seulement 5 saisons et n'ont jamais laissé une très grande marque dans l'histoire du hockey, à l'exception de la présence des Conacher et Worters. Mais si ces derniers représentaient bien le niveau défensif de l'équipe, on n'y retrouvait pas vraiment de grandes vedettes offensives. Durant 4 de ces 5 saisons, c'est Hib Milks qui termina au premier rang des pointeurs des Pirates, Darragh étant celui de la cinquième. Durant ces saisons de 44 matchs, Milks mena les Pirates pour les points avec des saisons de 19, 22, 21 et une de seulement 12 points en 1928-29, qui faisait quand même de lui le meneur des Pirates. 
 
Il faut cependant dire qu'on ne décernait pas autant de mentions d'assistance à l'époque, soit seulement une mention pour la première passe et même souvent qu'on oubliait de l'inscrire au pointage. Par exemple, Milks obtint un sommet en carrière de 18 buts en 1927-28, le restant de sa fiche étant composée de 3 passes. Autre exemple durant cette même saison 1927-28, Howie Morenz du Canadien termina avec 33 buts et 18 passes, ce qui le plaçait au premier rang pour les deux catégories.

 
Milks, au deuxième rang et Darragh à l'avant-dernier.


Les Pirates firent les séries durant deux de leurs trois premières saisons mais commencèrent à vivre des difficultés financières les forçant à vendre des joueurs pour survivre, dont Conacher. Milks et Darragh furent toutefois épargnés et terminèrent exæquo en 1928-29 avec cette mince fiche discutée plus haut de 9 buts et 3 passes chacun pour 12 points en tête des faibles Pirates qui terminèrent avec une fiche de 9-27-8. La saison 1929-30 fut ensuite la dernière de l'équipe où les choses ne firent que se dégrader davantage avec une fiche de 5-36-3.
 
La franchise fut alors achetée par le bootleger Bill Dwyer et déménagée à Philadelphie sous le nom des Quakers en 1930-31, dans l'espoir qu'un nouvel aréna soit construit à Pittsburgh pour y ramener l'équipe plus tard. Les Quakers furent encore pire que les Pirates et finirent leur seule saison d'existence avec une minable fiche de 4-36-4, ce qui est toujours le deuxième pire pourcentage de victoire après les Capitals de Washington de 1974-75. Milks fut toutefois fidèle au poste comme toujours, terminant premier compteur des Quakers avec 17 buts et 23 points. Il termina toutefois au deuxième rang pour les points derrière les 27 points d'un certain Gerry Lowrey. 
 
Cette saison marqua toutefois la fin du duo Milks-Darragh alors que ce dernier fut échangé aux Bruins  en retour d'un défenseur et d'une somme d'argent.

Hib Milks avec les Quakers
Après la disparition des Quakers, Hib Milks aboutit avec les Rangers où il ne fut que très peu utilisé en attaque, terminant la saison 1931-32 totalement blanchi de la colonne des buts avec 0 filets et seulement 4 passes. Il décida ensuite de revenir au bercail, alors qu'il signa avec les Senators, qui eux revenaient au jeu après une saison d'inactivité causée aussi par des difficultés financières. La disette de Milks continua à Ottawa alors qu'il fut de nouveau blanchi durant cette saison 1932-33. N'ayant toujours pas marqué en 19 matchs, il se blessa grièvement au genou en janvier 1933 et ne revint jamais au jeu.

Il retourna dans l'Outaouais après sa retraite et y mourut en 1949 après une longue maladie. Il avait 50 ans.

En 317 matchs dans la LNH, Hib Milks récolta 87 buts et 41 passes pour 128 points. Ses 98 points acquis avec les Pirates font de lui le meneur de l'histoire de la franchise, suivi de près par Darragh à 91 points.

Pour sa part, Darragh joua quelques matchs à Boston suite à son départ de Philadelphie. Il joua ensuite deux saisons à Toronto, mais fut cédé dans la IHL en 1933. Il y joua quelques temps avant de prendre sa retraite en 1936 et revenir lui aussi dans le coin d'Ottawa. Son plus vieux frère, Jack Darragh, joua longtemps pour les Senators, y gagnant 4 Coupes Stanley, et fut élu au temple de la renommée en 1962.

mercredi 3 février 2021

Pete le manchot...

 
 

Il y a de ces histoires que je découvre au hasard qui semblent bien inoffensives au départ. Le genre de petite anecdote cocasse qui te fait dire ''Ah ouais, cool'' et tu passes à autre chose dans ta vie. Mais il arrive quelquefois où l'on s'aventure au fond de l'histoire pour ensuite regretter son geste. C'est comme un bobo qui ne guérit pas parce qu'on arrête pas de le gratter... 
 
L'histoire de ''Penguin Pete'' fait partie de cette catégorie. Après avoir ruminé le tout en position fœtale pendant quelque heures, je pense être prêt à la partager avec vous...

 
 

Penguin Pete était un manchot originaire de l'Équateur. Il était plus précisément un ''manchot de Humboldt'', une espèce de manchot habitant principalement les côtes du Chili et du Pérou. En passant, je m'efforce ici de respecter la linguistique particulière française alors qu'un Pingouin en français et un Penguin en anglais (et dans la plupart des autres langues) ne sont pas exactement le même animal. Je vous réfère à cette archive de 2014 si vous désirez en savoir plus. Mais Penguin Pete était bel et bien un manchot et non pas un ''pingouin''...

Autre petite parenthèse sur les manchots de Humboldt avant de commencer. En 2005, il fut découvert que plusieurs de ces manchots mâles formaient des couples homosexuels dans un zoo allemand. Voulant ''remédier'' à la situation, la direction du zoo fit venir davantage de femelles dans leur environnement, ce qui fit la manchette et qui fut dénoncé par les associations LGBTQ... De toute façon, plusieurs mâles sont restés gays même après l'arrivée des femelles. Ceci ne sera malheureusement pas la dernière démonstration de la bêtise humaine dans cet article...

Retournons à nos moutons, pingouins, manchots. Mais avant, je vais aller me chercher une advil...

Revenons d'abord dans le temps en 1968. Les Penguins de Pittsburgh en sont à leur première saison et ont de la difficulté à attirer des gens aux guichets. Vous voyez alors sûrement où je veux en venir... Le fondateur et propriétaire de l'équipe, Jack McGregor, a alors eu une ampoule qui s'est allumée au dessus de sa tête. Il décida d'adopter comme mascotte non pas un simple gars déguisé en manchot mais bel et bien un manchot vivant. C'est donc devant 9000 spectateurs lors du match du 21 février 1968 contre les Flyers de Philadelphie que l'on assista aux grands débuts de Penguin Pete, ce manchot de Humboldt prêté généreusement par le zoo de Pittsburgh. Pete fut d'ailleurs donné ''cérémonieusement'' durant les cérémonies d'avant-match par McGregor comme cadeau à son fils Doug, qui fêtait ses 9 ans cette même journée. C'est aussi d'ailleurs la femme de McGregor qui avait trouvé le nom Penguins, en référence au domicile de l'équipe surnommé ''L'Igloo''... même si les manchots et pingouins résident dans l'hémisphère sud et n'ont probablement jamais vu un igloo dans toute l'histoire de la vie sur terre...

 
De gauche à droite: Doug McGregor (9 ans), son père Jack McGregor (proprio des Penguins) et Pete Schelpis (employé du zoo et responsable de Penguin Pete)


Le jeune Doug a plutôt l'air effrayé là-dessus...

Pete n'aurait fait ensuite qu'une seule autre apparition durant la saison 1967-68, ne faisant que gambader maladroitement avec un harnais sur la glace durant les intermissions et les avant-matchs. Durant l'entre-saison, McGregor commanda à CCM des patins spéciaux adaptés aux petites pattes palmées de Pete. L'anatomie particulière des manchots fit de cette commande une tâche pratiquement impossible pour CCM mais ils auraient apparemment réussi. Un entraîneur prit ensuite la tâche d'apprendre à patiner à ce pauvre Pete. L'idée était qu'il mène l'équipe hors du vestiaire et les conduise triomphalement sur la patinoire.

Cependant, surprise, les manchots ne savent pas voler et encore moins bien patiner. Ils peuvent à peine marcher si ce n'est que de cette manière adorable et non pas virile du tout... Le DG des Penguins Jack Riley se rappela que Pete préférait se laisser glisser sur son estomac lorsqu'il était sur la glace... tsé comme un manchot normal dans son habitat normal. Les médias eurent alors carte blanche pour de belles manchettes. Le Globe and Mail commenta de la sorte : ''Les Penguins ont deux problèmes majeurs à l'aube de leur deuxième saison. Ils ont un Pingouin qui ne sait pas patiner et une défensive tout aussi inexpérimentée...''


Penguin Pete n'aura fait que seulement 6 apparitions (sans patins) de la sorte, sa dernière lors d'un match contre les Rangers le 16 novembre 1968. Et il n'eut même pas l'effet escompté, alors qu'il y avait seulement 7000 spectateurs pour ce match que les Penguins perdirent 2-1. Comme à l'habitude, Pete fut retourné au zoo après le match. Cependant, le pauvre animal mourut d'une pneumonie 5 jours plus tard, soit le 23 novembre 1968. Il fut énoncé que Pete aurait attrapé cette pneumonie parce que les tenanciers de l’aréna aurait trop chauffé son espace de repos. Le changement soudain de température causé par tous ces trimbalements entre le zoo, son espace de repos et la glace de l'aréna aurait donc été fatal pour cette pauvre créature. Qui aurait pu croire qu'un animal sauvage totalement déplacé de son habitat naturel pourrait attraper une pneumonie? Sûrement pas Jack McGregor qui était incrédule face à ce diagnostic du vétérinaire. Il déclara: ''Les Penguins vivent dans les températures les plus froides de la planète! Comment pourrait-il être mort d'une pneumonie?''. Mais à la défense du jugement de McGregor, il était, en plus d'être proprio des Penguins, sénateur républicain de l'état de Pennsylvanie. Alors on comprend un peu mieux...

La farce ne s'arrête toutefois pas ici. Je finis mon shot de whisky et je vous reviens...

Après sa mort, Pete fut envoyé à un taxidermiste et il fut exposé dans un présentoir à trophée (à défaut d'en avoir des vrais) dans le lobby des bureaux des Penguins. Il disparut toutefois du radar après quelques semaines.. 
 
Il existe plusieurs théories sur ce qui advenu de ce pauvre Pete. Selon quelques sources, des gens étaient inconfortables de sa présence et il fut simplement retiré et emmené au domicile d'un des membres de l'organisation. McGregor déclare toutefois qu'il fut volé par un fan tandis que son fils Doug raconte qu'il a plutôt été jeté aux ordures par le personnel de l'équipe...

 

 
... et un autre shot de whisky pour moi svp...

N'ayant pas appris leur leçon, le zoo de Pittsburgh prêta par la suite un deuxième manchot aux Penguins. Et là vous allez sûrement penser que je vous niaise, mais cette deuxième mascotte vivante fut rebaptisée sous le nom de ''Re-Pete''... REPEAT! TU LA POGNES-TU?

Au moins Re-Pete aura été mieux traité par l'équipe et fut d'office jusqu'à la fin de la saison 1971-72 sans mourir une seule fois... Il ne fut toutefois pas aussi populaire que le Pete original et on raconte qu'il fut retiré suite à plusieurs plaintes de la SPCA. C'était le temps qu'ils rappliquent eux autres d'ailleurs...

Je me demande s'il existait une variante ''Pittsburghienne'' de notre superbe joke nationale durant ces quelques saisons à Pittsburgh... Du genre ''Pete pis Re-Pete sont sur la glace. Pete meurt d'une pneumonie. Qui qui reste?''

Rendu ici dans mon texte, j'ai pris une pose et 2-3 verres d'eau pour dé-saouler. Ensuite en retournant dans mes recherches je suis tombé sur un article qui est venu tout chambouler ce récit. Il s'agit d'un article hommage de 2017 suite à la mort de Pete Schepis, personnage adoré de Pittsburgh et employé de longue date du zoo de l'endroit. Il est celui qui transportait Pete et Re-Pete que l'on voit sur les photos et le vidéo plus haut. Dans l'article on raconte qu'il aurait débuté ses fonctions en 1969 mais que le Penguin était en fait un manchot empereur surnommé plutôt ''Slapshot'' et que ''Penguin Pete'' était plutôt lui, ce Pete Schepis... On raconte même que ''Slapshot et Penguin Pete'' étaient d'office pour chaque match local des Penguins jusqu'en 1975...

Je croyais alors qu'il ne s'agissait que d'une erreur du journal mais on retrouve dans le même article un témoignage de sa fille, Becki Schepis. Cette dernière raconte que elle et sa soeur ''adoraient se rendre à l'aréna mais qu'elles détestaient partager le Station Wagon du paternel en compagnie de ce penguin puant dans le coffre avant et après chaque match''....

CET EMPLOYÉ DU ZOO TRANSPORTAIT UN MANCHOT VIVANT DANS LE COFFRE DE SON STATION WAGON, SIMONAC. Pas étonnant que le premier soit mort d'un choc de température. C'est quoi ce zoo de merde?

Donc après ces aventures zoologiques, les Penguins arrêtèrent d'employer des mascottes, mais l'idée fut ramenée en 1992 après les deux conquêtes de la coupe Stanley par l'équipe. Cette fois-ci on abandonna l'idée d'un manchot vivant pour plutôt prendre le bon vieux classique d'un bonhomme dans un costume. L'équipe voulait alors ramener le nom de Penguin Pete mais entre temps, l'Université Youngstown State en Ohio avait repris le nom pour sa propre mascotte. Un concours fut alors lancé pour trouver un nouveau nom et c'est alors que naquit le très populaire ''Iceburgh'' que tout le monde adore depuis... sauf Jean-Claude Van Damme.




Mais comme les erreurs du passé ont tendance à ressurgir des décennies plus tard, les Penguins ramenèrent une flopée de manchots lors des célébrations de la Stadium Series de 2017. Six manchots sensibles aux changements d'environnement placés au centre d'une mer de plus de 20 000 personnes et des centaines de flashs de caméra? Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner cette fois?



Ah ben oui. Des feux d'artifices détonnés à quelques mètres d'eux. Inutile de dire que PETA fut sur le coup encore une fois et que le zoo de Pittsburgh en prit pour son rhume. Le zoo déclara que l'incident était mineur et que la réaction de choc des manchots était ''similaire'' à celle d'un humain en pareilles circonstances, qu'ils étaient rétablis du choc quelques secondes plus tard et qu'il s'agissait d'ailleurs d'une belle expérience pour eux de pouvoir découvrir de ''nouveaux sons, de nouvelles choses à voir et de nouvelles senteurs''... Wow. 
 
En tout cas, ces gens du PR du zoo savent mieux patiner que les manchots. Moi j'ai une idée. À moins de savoir vraiment ce que vous faites, laissez-donc ces pauvres animaux tranquilles. C'est pas des chiens de concours.
 
 
Sources:
Pittsburgh Hockey
100 Things Penguins Fans Should Know & Do Before They Die, Rich Buker

Penguins’ Name & Mascots Hold Legacy in Pittsburgh, The Hockey Writers, 7 avril 2020
The curious case of the Penguins’ waddling (and missing) mascot, Pittsburgh Post-Gazette, 2 mars 2016
The bizarre and sad story of the Pittsburgh Penguins' first mascot, Ottawa Citizen, 19 mai 2017
PETA Condemns N.H.L.’s Use of Real Penguins in Pittsburgh Pregame Show, NY Times, 3 mars 2017
Brookline man spent life caring for animals, Pittburgh zoo, Triblive.com, 14 juin 2017

jeudi 9 juin 2016

Le hockey à Pittsburgh (2e partie)





Après la fin de la WPHL en 1908-09 et l’avènement de plus en plus populaire du professionnalisme dans le hockey (voir 1ère partie), il y eut un léger essoufflement du hockey à Pittsburgh. Entre 1910 et 1915, aucun match ne fut joué au Duquesne Garden dont la patinoire fut reconvertie en piste pour patins à roulettes, un nouveau passe-temps qui supplanta la patin traditionnel en popularité à l'époque. Donc aucun hockey ne fut joué pendant la moitié de la décennie. Mais après cette courte pause, le hockey reprit tranquillement sa place dans cette partie de la Pennsylvanie.


Pittsburgh Yellow Jackets (USAHA)
1915-1925

En 1915, un ancien arbitre du nom de Roy Shooley, canadien d'origine, raviva le hockey à Pittsburgh en créant une nouvelle équipe amateure au Duquesne Garden. Au départ, les Yellow Jackets ne jouaient que sporadiquement dans des compétitions indépendantes. Toutefois en 1920,  la United States Amateur Hockey Association (USAHA) fut créée et Pittsburgh joignit cette dernière un an plus tard en 1921.

Encore une fois on eut droit à quelques épisodes de passe-passe durant cette période où s'opposaient les statuts d'amateurs et de professionnels. La USAHA était à la base qu'une ligue amateure senior mais il y eut rapidement des accusations envers quelques équipes de rémunérer leurs meilleurs joueurs. Shooley, pour sa part faisait partie des plus audacieux. Il réussit à convaincre nul autre que le grand Lionel Conacher (texte du 9 mai 2009) de venir jouer à Pittsburgh. Conacher, qui ne voulait pas perdre son statut d'amateur, refusa des offres pour jouer à Montréal et Toronto et s'amena avec les Yellow Jackets en 1923. Il fut nommé capitaine et il invita également plusieurs amis et anciens coéquipiers à venir le rejoindre à Pittsburgh par la suite, ce qui fit des Yellow Jackets une équipe redoutable qui remporta le championnat de la USAHA en 1924 et 1925. En plus de Conacher, les Yellow Jackets étaient munis d'un autre futur membre du temple de la renommée, le diminutif gardien Roy Worthers.

Conacher, évidemment, n'était pas simplement venu à Pittsburgh par plaisir et pour demeurer "amateur". Schooley lui dénicha un emploi dans une compagnie d'assurances et lui paya aussi ses études à l'université Duquesne où il jouait également avec l'équipe de Football.

L'attitude de mercenaires des Yellow Jackets enragea le reste des équipes de la USAHA qui surnommèrent l'équipes les "Pittsburgh Canadians" en raison de leur pourcentage élevé de joueurs importés...

La USAHA et les Yellow Jackets cessèrent leurs activités en 1925.


Équipe Olympique Américaine de 1920

Pour les premiers jeux olympiques incluant le hockey sur glace, l'équipe représentant les États-unis avait une saveur particulièrement "Pittsburghienne". Elle fut sélectionnée et dirigée par ce même Roy Shooley, alors gérant des Yellow Jackets et du Duquesne Garden où l'équipe s’entraîna en vue des jeux. Cette première édition (seulement 11 joueurs à l'époque) comprenait 2 joueurs des Yellow Jackets tandis que les autres jouaient au Minnesota ainsi qu'à Boston.

Afin de financer cette aventure olympique, une série de quatre matchs eut lieu au Duquesne Garden contre des équipes de Winnipeg et aussi contre les Tigers d'Hamilton de la LNH.

Il y eut plusieurs soupçons au niveau de l'éligibilité de certains joueurs de cette équipe. Des journaux d'Ottawa reportèrent que les joueurs de l'équipe américaine étaient pratiquement tous originaires du Canada. Mais au final l'équipe olympique de 1920 était officiellement composée de joueurs éligibles naturalisés américains malgré certaines ambiguïtés. L'équipe remporta la médaille d'argent, n'allouant que deux buts contre le Canada lors de leur seule défaite en semi-finale. Ils écrasèrent notamment la suisse 29-0 en première ronde.


Pittsburgh Pirates (NHL)
1925-1930

Après la fin de la USAHA en 1925, Shooley eut des problèmes financiers et vendit donc les Yellow Jackets à un avocat du nom de James Callahan. Ce dernier obtint par la suite une franchise de la LNH et y transféra ainsi sa nouvelle acquisition. Shooley garda tout de même les droits sur le nom des Yellow Jackets et Callahan renomma ensuite son équipe sous le nom des Pirates, comme l'équipe de baseball dont le propriétaire donna la permission d'utiliser le même nom. Ils furent la première équipe professionnelle de Pittsburgh à adopter le noir et or comme couleurs d'uniformes.

Comme les Yellow Jackets étaient tellement dominants dans la USAHA, presque tous les joueurs de l'équipe restèrent avec les Pirates lors de leur entrée dans la LNH, dont le légendaire Lionel Conacher et leur gardien Roy Worthers. Parmi les nouveaux joueurs des Pirates, il y eut notamment l'ancien des Canadiens et des Wanderers, Odie Cleghorn, qui fut nommé joueur-entraîneur de l'équipe. Cleghorn fut d'ailleurs un des premiers entraîneurs de la LNH à effectuer des changements de trios pendant que le jeu se déroulait (on the fly). Cette pratique fut rapidement adoptée par ses confrères par la suite. 


Saison 1928-29

Les Pirates connurent une bonne première saison et perdirent en demi-finale contre les éventuels champions de la coupe Stanley, les Maroons de Montréal. L'équipe ne fit pas les séries la saison suivante durant laquelle ils échangèrent Conacher, leur capitaine et meilleur joueur, aux Americans de New York. Ils retournèrent en séries l'année suivante où ils perdirent de nouveau en demi-finale contres les Rangers. Les choses allèrent en dégradant par la suite. Ils terminèrent les deux saisons suivantes au dernier rang de la ligue dont une fiche désastreuse de 5-36-3 en 1929-30 suite à quoi les effets du crash boursier de 1929 vinrent forcer les propriétaires des Pirates à déménager temporairement l'équipe à Philadelphie. Ils espéraient revenir à Pittsburgh si ils parvenaient à construire un nouvel aréna pour remplacer le Duquesne Garden qui commençait à devenir désuet.

Les Quakers de Philadelphie ne firent malheureusement pas long feu (4-36-4) en 1930-31 et la franchise dut suspendre ses opérations jusqu'à ce que les choses s'améliorent financièrement. Lorsque les plans pour un nouvel aréna à Pittsburgh échouèrent, les propriétaires des Quakers/Pirates décidèrent de fermer boutique pour de bon en 1936.

Pittsburgh Yellow Jackets (IHL, EHL, équipe indépendante)
1930-32, 1934-1937


Après le départ des Pirates, Shooley avait le champ libre pour faire renaître la franchise des Yellow Jackets (dont il détenait les droits sur le nom) dans une nouvelle ligue du nom de la International Hockey League (IHL). Cette ligue en était à sa deuxième saison lors de l'arrivée des Yellow Jackets en 1930-31. Cette première version de la IHL fusionna plus tard avec d'autres ligues et se renomma éventuellement sous le nom de la AHL en 1940. Deux ans après avoir ressuscité les Yellow Jackets, Shooley vendit l'équipe à John Harris, un propriétaire d'une chaîne de cinémas. Mais des difficultés financières et des rumeurs que les Pirates pourraient finalement reprendre leurs activités forcèrent les nouveaux proprios des Yellow Jackets à suspendre leurs opérations en 1932. Les Pirates détenaient toujours un droit territorial qui aurait empêché les deux équipes de cohabiter à Pittsburgh. Mais ces rumeurs n'aboutirent finalement à rien et les Yellow Jackets restèrent néanmoins en suspens durant deux saisons.

L'équipe reprit finalement ses activités en 1934 mais en tant qu'équipe hors-ligue indépendante et ne jouait que des matchs hors-concours lors de la saison 1934-35 avant de se retrouver une niche dans une ligue la saison suivante. Toutefois ils ne retournèrent pas dans la IHL mais plutôt dans une autre ligue du nom de la Eastern Amateur Hockey League (EAHL). Parmi les joueurs de cette nouvelle édition des Yellow Jackets on retrouvait Gordie Drillon (texte du 10 mai 2012), qui connaîtra plus tard plusieurs bonnes saisons avec les Maple Leafs.

Le meilleur joueur des Yellow Jackets fut cependant le gardien Frank Brimsek (texte du 6 octobre 2014) qui commença sa carrière avec les Yellow Jackets lors de leur saison comme équipe indépendante en 1934. Il devint plus tard un gardien étoile avec les Bruins de Boston et termina sa carrière comme étant le meilleur gardien américain de l'histoire, détenant entre autres le record pour le nombre de victoires par un américain. Il détiendra ce record jusqu'en 1994 lorsqu'il fut dépassé par Tom Barrasso... des Penguins de Pittsburgh.

Les Yellow Jackets ne jouèrent au final que deux saisons dans la EAHL avant de cesser leurs activités, principalement dû à l'arrivée d'une nouvelle équipe à Pittsburgh que vous verrez plus tard dans cette liste.


Pittsburgh Shamrocks (IHL)
1935-36

En 1935, pendant que les Yellow Jackets se préparaient à entrer dans la EAHL, une autre équipe apparut à Pittsburgh sous le nom des Shamrocks. L'entraineur des Shamrocks était l'ancienne peste du Canadien Sprague Cleghorn dont le frère Odie avait également entraîné à Pittsburgh avec les Pirates (voir plus haut). Cette nouvelle équipe de la IHL partagea le Duquesne Garden avec les Yellow Jackets durant la saison 1935-36 mais ne fit pas long feu. Les propriétaires de l'équipe perdirent 40,000$ durant cette courte aventure et fermèrent boutique après une seule saison.

Le propriétaire des Shamrocks Larry Welch déclara que "ces trèfles (traduction de shamrock) ne sont pas très chanceux".

Peu de joueurs de renom dans l'équipe si ce n'est que quelques ex-Canadiens dont les frères Conrad et Jean-Louis Bourcier ainsi que Nick Wasnie, qui selon Aurèle Joliat, serait le véritable inventeur du lancer frappé...(ce sera à éclaircir plus tard...)


Pittsburgh Hornets (IAHL - AHL)
1936-56, 1961-67


En 1936, la IHL fusionna avec la Canadian-American Hockey League (Can-Am) et se renomma la International American Hockey League (IAHL) avant de raccourcir tout ça en 1940 avec le nom American Hockey League (AHL). John Harris, le propriétaire des Yellow Jackets, acheta la franchise des Olympics de Détroit de la IHL et les déménagea à Pittsburgh. Il renomma l'équipe les Hornets (un autre nom d'insecte) qui comme les Shamrocks avant eux, partagèrent le Duquesne Garden avec les Yellow Jackets. Cette fois-ci Harris était propriétaire des deux équipes mais cela ne dura qu'une seule saison une fois de plus et les Yellow Jackets laissèrent le champ libre aux Hornets à partir de la saison 1937-38.

Les Hornets furent donc la seule équipe professionnelle de la ville pour un bon moment, soit jusqu'en 1967. Quelques joueurs des Yellow Jackets et aussi des Shamrocks restèrent en ville avec la nouvelle équipe des Hornets cependant. Le club était d'abord affilié aux Red Wings durant ses premières saisons mais devinrent plus tard le club-école des Maple Leafs de Toronto pendant plusieurs saisons, ce qui fit des Hornets une très forte équipe à l'époque avec la bonne qualité du réseau des Leafs.

Les Hornets jouèrent 20 saisons dans la AHL et remportèrent deux coupes Calder (1952 et 1955) avant de suspendre leurs activités après la saison 1955-56 car le vétuste Duquesne Gardens dut être démoli suite à un réaménagement majeur de ce secteur de la ville de Pittsburgh. Cependant aucun aréna adéquat n'était disponible et aucune équipe professionnelle ne joua à Pittsburgh jusqu'à l'ouverture du Civic Arena en 1961. Les joueurs des Hornets joignirent d'autres équipes de la AHL et de la LNH pour la saison 1956-57. 


Duquesne Garden
1895-1956

Après 5 ans d'inactivité, les Hornets revinrent sur la scène en 1961-62 et étaient cette fois affiliés aux Red Wings de nouveau. La deuxième version des Hornets devinrent une des meilleures équipes de la AHL de l'époque mais durent faire place à la nouvelle équipe des Penguins après la grande expansion de 1967. Ils terminèrent toutefois les choses en grande en remportant une dernière fois la coupe Calder en 1967.

Plusieurs joueurs de renom dans l'histoire des Hornets dont George Armstrong, Larry Aurie, Baz Bastien, Scotty Bowman, Mud Bruneteau, Tim Horton, Andy Bathgate, Roger Crozier, Pete Mahovlich, Pit Martin et même Doug Harvey le temps de 28 matchs en 1966-67. 

D'ailleurs Mahovlich, en début de carrière, fit partie de l'édition championne de 1967 en compagnie de Harvey, qui lui était alors en fin de carrière. Sur cette photo, Mahovlich est le 4e joueur de la 2e rangée et Harvey est au dernier rang de cette même rangée.
Hornets de Pittsburgh
Champions de la coupe Calder 1967


Dans la prochaine partie, je parlerai de l'arrivée des Penguins ainsi que des quelques autres équipes très obscures à avoir évolué à Pittsburgh depuis l'arrivée de ces derniers en 1967. 



Sources:
wikipedia
hockeydb


mercredi 1 juin 2016

Le hockey à Pittsburgh (1re partie)






Après Dallas, St. Louis et la baie de San Francisco, voici l’historique hockey d’une autre ville toujours présentement en série: Pittsburgh, la “ville de l’acier”.

Le hockey à Pittsburgh, à ma grande surprise, a une plus longue histoire que ce que l’on pourrait croire à première vue. On connaît bien sûr les actuels finalistes de la coupe Stanley, les Penguins et peut-être que certains d’entre vous connaissent les anciens Pirates de Pittsburgh (1925-30) mais les racines du hockey à Pittsburgh remontent en fait à la fin du 19e siècle, soit quelques années après les premiers développements du sport au Canada. J’en ai même tellement à dire qu’il s’agira d’un article en deux parties…hum peut-être même trois.

Les premiers balbutiements du hockey dans cette ville débutèrent vers 1895 alors que James Wallace Conant, un employé du futur Schenley Park Casino convainquit ses patrons d’installer une glace artificielle dans ce nouveau bâtiment. Il s’agissait alors de la première glace artificielle intérieure aux États-Unis et elle fit grandement sensation auprès de la population de Pittsburgh surtout lors de son ouverture en plein été 1895. Au départ elle n’était accessible que pour le patinage libre mais le 30 décembre 1895 on put assister au premier match d’exhibition de hockey intérieur de l’histoire de la ville (et possiblement de l’histoire des États-Unis), 20 ans après le premier match intérieur montréalais à la patinoire Victoria (voir texte du 3 mars 2015).


Le Schenley Park Casino
(circa 1895 ou 1896)


Ce match eut lieu entre des étudiants de l’Université Queen’s de Kingston en Ontario contre des patineurs de l’Université Western de Pittsburgh qui eux n’avaient jamais joué à ce sport auparavant. Ils jouèrent ce match devant environ 3000 personnes et le hockey devint une des attractions vedettes du casino à chaque vendredi soir par la suite avec la création de 3 autres équipes locales qui entamèrent une saison complète de jeu en 1896. On rapporte même que plusieurs joueurs canadiens arrivèrent à Pittsburgh pour jouer au casino et que quelques-uns d’entre eux auraient même été payés, chose taboue durant cette époque où l’amateurisme était roi. Cependant le casino eut une courte existence alors qu’il passa au feu en décembre 1896 et le hockey à Pittsburgh dut prendre une pause. Cette première “ligue” fut donc dissoute sans pouvoir disputer de championnat alors qu’aucun autre aréna adéquat n’existait à Pittsburgh.


Duquesne Garden
1899-1956


Christopher Magee, un ancien actionnaire du casino ne resta pas en reste cependant et construisit le Duquesne Garden, un nouvel aréna et amphithéatre ultra-moderne. La patinoire du complexe fut ouverte au grand public le 23 janvier 1899. Magee engagea Conant comme directeur et ce dernier ramena le hockey dans la ville le lendemain de l’ouverture de la patinoire avec un match entre l’université Western et le Pittsburgh Athletic Club (PAC) un des anciens clubs de la ligue précédente au casino. Encore une fois de nombreux canadiens vinrent jouer dans cette nouvelle patinoire qui demeura le berceau du hockey à Pittsburgh pendant presque 60 ans. 


Pittsburgh Lyceum (WPHL)
1907-08


C’est en 1899 qu’une première ligue officielle prit finalement forme sous le nom de la Western Pennsylvania Hockey League (WPHL), quoique la fondation de la ligue remonte à l’époque du casino mais ne portait pas vraiment de nom officiel à l’époque. Elle comprenait originalement trois équipes, les Bankers, le Pittsburgh Athletic Club et les Keystones, toutes établies à Pittsburgh. La WPHL devint la première ligue de hockey professionnelle lors de la saison 1901-02 en important des joueurs canadiens et les payant environ 20$ par semaine, ce qui fit de ses joueurs des parias dans les ligues amateures canadiennes. Ces signatures et accords monétaires demeuraient toutefois secrets et la ligue ne s’affichait pas ouvertement comme professionnelle.

La WPHL fut bientôt rejointe par une ligue concurente, la International Professionnal Hockey League (IPHL), une ligue basée au Michigan qui débuta ses activités en 1904. La IPHL est officiellement reconnue comme la première ligue ouvertement professionnelle alors que la WPHL est de nos jours plutôt considérée comme semi-professionnelle. La WPHL a toutefois joué un grand rôle dans l’avènement du professionnalisme dans le hockey. Les deux ligues se disputèrent un championnat en 1904 qui fut remporté par le club Portage Lake de la IPHL.

La WPHL suspendit toutefois ses activités alors que plusieurs de ses meilleurs éléments firent le saut dans la IPHL. En 1907, alors que les ligues professionnelles commencèrent à graduellement apparaître au Canada, la IPHL cessa ses activités et la WPHL fut ressuscitée pour la saison 1907-08. La nouvelle WPHL ne put toutefois pas compétitionner très longtemps avec les plus hauts salaires des nouvelles ligues et cessa ses activités pour de bon le 23 décembre 1908.

En tout, la WPHL comprit 9 équipes durant son existence mais jamais plus de 4 en même temps.

Voici quelques équipes de Pittsburgh ayant fait partie de la WPHL et aussi de la IPHL:


University of Pennsylvania (Western)
(1895-1900)


Le premier match de hockey à Pittsburgh, comme celui de Montréal d’ailleurs, eut lieu entre des étudiants universitaires. Le premier match à Pittsburgh mentionné plus haut eut lieu à la fin 1895 mais bientôt un club officiel de l’université fut formé et joua dans la ligue du casino durant sa seule saison d'existence. Le club revint par la suite dans la WPHL durant 2 saisons avant de quitter la ligue en 1900. Il s’agit évidemment d’une des premières équipes de hockey universitaires des États-unis. Le joueur le plus notable de la courte histoire de ce club fut Stanley Willett, un ancien champion de la coupe Stanley avec les Victorias de Montréal en 1896.


Pittsburgh Athletic Club
(1896-1904, 1907-1909)


Un des clubs fondateurs de la ligue avec Western, le Pittsburgh Athletic Club (PAC) remporta les trois premiers championnats de la nouvelle ligue en 1899, 1900 et 1901. Le club suspendit ses activités en 1904 comme le reste de la ligue et revint par la suite en 1908 pour une dernière saison. Le PAC est le seul club de la WPHL à avoir joué durant toute son existence.

Quelques joueurs de renom firent partie du PAC dont le légendaire joueur mercenaire Cyclone Taylor le temps de 3 matchs en 1908 ainsi que Alf Smith qui y joua en 1902 et par la suite en 1909. Durant son séjour hors-Pittsburgh, Smith gagna 4 coupes Stanley d’affilée avec les Silver Seven d'Ottawa. Les deux joueurs furent plus tard admis au temple de la renommée.


Pittsburgh Bankers
(1900-04, 1907-09)


Vers la fin du siècle, afin d’attirer de la publicité, quelques banques de Pittsburgh organisèrent une ligue amateure de hockey local et c’est ainsi que débuta la “Bankers League”. Les banques engagèrent aussi quelques joueurs canadiens mais devaient leur donner des emplois bidons afin qu’ils soient éligibles à jouer dans la ligue en tant qu'employés. Les meilleurs joueurs de la ligue furent rapidement réunis dans une seule équipe qui joignit ensuite la WPHL sous le nom des Bankers. Menés par le futur membre du temple de la renommée Hod Stuart (voir texte du 12 août 2013), les Bankers remportèrent le championnat de 1903. L’équipe fut suspendue en 1904 lors le l’arrivée de la IPHL mais revint pour la saison 1907-08 lorsque la WPHL fut ressuscitée.

Durant cette nouvelle saison, on assista à ce qui est considéré comme le premier échange de l’histoire du hockey professionnel. Le 28 janvier 1908, les Bankers et une nouvelle équipe du nom des Pirates effectuèrent un échange impliquant 6 joueurs soit 3 de chaque côté. Cet échange a du être concluant pour les Bankers qui remportèrent également le championnat en 1908 (photo).

Comme on peut aussi voir sur la photo, les Bankers portaient bien leur nom avec le signe de dollar sur leur chandail.


Pittsburgh Professionnals
(1904-1907)


Avec l’émergence de la IPHL et la dissolution de la WPHL en 1904, les meilleurs éléments de la WPHL qui n’avaient pas quitté pour d’autres équipes furent réunis en une seule équipe représentant Pittsburgh qui prit le nom des Professionnals. Les partisans locaux les surnommèrent cependant du nom des “Coal Heavers”, ce qui se traduit par les souleveurs ou transporteurs de charbon.

Hod Stuart, alors considéré comme le meilleur joueur au monde, resta avec le club de Pittsburgh après avoir joué pour les Bankers. Il fut aussi accompagné par d'autres futurs membres du temple de la renommée dont Tommy Smith, Bruce Stuart (frère de Hod) et Jimmy Gardner. Les deux frères Stuart ainsi que Gardner furent plus tard réunis avec les Wanderers de Montréal. Gardner termina sa carrière avec les Canadiens en 1915 et devint plus tard leur entraîneur. Les Professionnals ne remportèrent jamais de championnat dans la IPHL et cette dernière fut dissoute en 1907, permettant à la WPHL de revenir sur la scène à Pittsburgh.

Dans la 2e partie, on passera à l’après WPHL à Pittsburgh et à la venue temporaire de la NHL en 1925 ainsi que d'autres équipes des ligues mineures.


samedi 9 mai 2009

Lionel "Big Train" Conacher

Lionel "Big Train" Conacher fut un type d'athlète comme il ne s'en fait plus. La manière dont le sport amateur est constitué de nos jours me fait douter que des gens comme Lionel Conacher en son temps puissent exceller dans autant de sport que ce dernier, ne serait-ce que par le coût de l'équipement. Lionel Conacher connut une carrière professionnelle dans pas moins que 4 sports. Et bien qu'il connût une carrière remarquable sur la glace, ce ne fut pas en tant que hockeyeur qu'il préférait compétitionner... Lionel Conacher est d'ailleurs membre des Temples de la Renommée de crosse, du football canadien et du hockey...

Lionel Conacher est né en 1901 à Toronto dans une famille ouvrière qui comptera 10 enfants. Ses frères Roy et Charlie deviendront également des grands joueurs de hockey et constitueront avec Lionel l'unique trio de frères membres du Temple de la Renommée du hockey. Conacher dût abandonner l'école très tôt pour aider sa famille mais décida que ce n'était pas en tant qu'ouvrier mais en tant que sportif qu'il allait gagner sa vie.

C'était au football que Conacher s'appliquait le plus. C'est à 11 ans qu'il débuta la pratique de ce sport. Et bien que son attention fut portée sur le terrain de football, Conacher en vint à pratiquer plusieurs autres sport sur une base régulière comme la crosse et le baseball. C'est sur le tard que Conacher se mit au hockey. Il n'apprit à patiner qu'à l'âge de 16 ans mais comme il était un athlète complet et robuste, il devint un excellent joueur assez rapidement. Il évoluait à la défense et on peut se douter que son expérience en tant que joueur de football lui donna un caractère assez agressif. Après avoir joué pour quelques petites équipes, Conacher se joint aux Toronto Canoe Club juniors pour la saison 1919-20. Il remportera lors de cette saison la Coupe Memorial qui en était alors à sa deuxième saison d'existence. C'est à cette période qu'il refusa son premier contrat professionnel pour le hockey, préférant se concentrer sur sa carrière au football. Il refusa donc l'offre des St.Pats de Toronto de 3000$ par année. À noter aussi qu'à cette époque il marqua le coup de circuit qui allait donner le championnat à son équipe de baseball et il aurait par la suite prit un taxi pour se rendre à un match de crosse où il aurait aidé son équipe à surmonter un déficit de 3-0 en marquant 4 buts. Durant cette même année 1920, Conacher fut couronné champion de boxe mi-lourd. Il disputa d'ailleurs un match de 4 rounds contre le légendaire Jack Dempsey en 1922...

Lionel Conacher se joint aux des Argonauts de Toronto, alors un club amateur, en 1921. Il remportera d'ailleurs la Coupe Grey avec l'équipe lors de sa première saison. Toujours évoluant dans le hockey amateur mais cette fois avec une équipe nommée Aura Lees, Conacher refusa l'offre des Canadiens de Montréal de 5000$ par année en 1922. Et le talent brut de Conacher fut remarqué à cette époque au sud de la frontière et en 1923, on offrit une bourse d'étude à Conacher pour la Bellefonte Academy de Pittsburgh. devant cette opportunité, Conacher quitta donc le Canada afin d'aller s'établir dans la ville de l'acier. C'est à cette époque que le hockey prit plus de place dans sa vie. Il devint un des piliers des Yellow Jackets de Pittsburgh de la United States Amateur Hockey Association, menant l'équipe à un championnat lors des deux saisons où il évolua avec ces dernier. En 1925, les Yellow Jackets furent rachetés et devinrent une équipe de la NHL, les Pirates de Pittsburgh. C'est à cet occasion que Lionel Conacher décida de devenir un joueur de hockey professionnel, le hockey étant notamment plus payant que le football.

C'est donc dans l'uniforme des Pirates de Pittsburgh que Conacher débuta sa glorieuse carrière de hockeyeur professionnel et en marquant d'ailleurs le premier but de l'histoire de l'équipe. Le geste s'est fait le 26 novembre 1925 contre les Bruins de Boston. Bien qu'il fut le joueur vedette de l'équipe, Conacher fut échangé à la fin de la saison aux Americans de New York. À la même période, en 1926, Conacher évolua au baseball professionnel pour les Maple Leafs de Toronto durant 3 matchs. Conacher, maintenant réuni avec son ami d'enfance Billy Burch, évoluera durant 4 saisons à New York avant d'être échangé aux Maroons de Montréal en 1930. Il connut de très bonnes saisons avec les Maroons, dont sa meilleure saison sur le plan statistique en 1932-33 avec 7 buts et 21 passes en 28 matchs.

Et lors de son premier passage à Montréal, Conacher se remit à pratiquer plusieurs autres sports. Il devint un lutteur professionnel et ne perdit aucun match en tant que pugiliste. Reste à savoir si ce sport était déjà arrangé à cette époque... Et lorsque qu'il devint joueur de hockey professionnel, Conacher perdit le droit de pouvoir pratiquer un autre sport amateur. ce qui a fait en sorte que lorsque la piqûre du football lui reprit, Conacher fonda la première ligue de football canadien, rien de moins... Il évoluera également à la crosse au niveau professionnel avec les Maroons de Montréal durant cet époque...

Conacher connut qualitativement la meilleure saison de sa carrière en tant que Blackhawks de Chicago lorsque les Maroons l'échangèrent en 1933 contre un joueur nommé Teddy Graham. Il s'agit en fait de la première fois de sa carrière où il ne fut pas échangé contre de l'argent. D'ailleurs, si vous ne l'aviez pas remarqué encore, Conacher passa la majeure partie de sa carrière de hockeyeur au sein d'équipes qui n'ont pas survécu à la crise économique des années 1930... C'est donc en tant que redoutable défenseur des Blackhawks de Chicago que Lionel Conacher remporta sa première Coupe Stanley en 1934. Il fut d'ailleurs sélectionné sur la première équipe d'étoile pour la première et unique fois de sa carrière. Il fut également second au chapitre des votes pour le trophée Hart lors de cette saison derrière Aurèle Joliat, le célèbre numéro 4 des Canadiens...

Parlant des Canadiens, Lionel Conacher fut un Canadiens le temps d'un après-midi. En 1934, il fut impliqué dans l'échange d'Howie Morenz à Chicago. Les Canadiens obtinrent ses services et ceux de Leroy Goldsworthy et Roger Jenkins en retour de Morenz, du gardien Lorne Chabot et du défenseur Marty Burke. Mais Conacher ne fut, comme je viens de le dire, un joueur des Canadiens qu'une seule journée, il fut échangé le même jour aux Maroons. C'est dans l'uniforme des Maroons qu'il remportera pour la deuxième saison consécutive la Coupe Stanley en 1935. Conacher évoluera à Montréal jusqu'à la saison 1936-37 lorsqu'il prit sa retraite. La même année il fut encore une fois deuxième au chapitre des votes pour le trophée Hart mais derrière Babe Siebert cette fois. Il quitta donc le monde du sport professionnel sur une bonne note.

Aussitôt sa carrière de sportif terminée, en 1937, Conacher fut élu à l'Assemblée législative de l'Ontario, poste qu'il occupera jusqu'en 1943. En 1949 il fut élu député dans le district torontois de Trinity sous la bannière libérale. Il fut réélu en 1953 et c'est lors d'un match de balle molle entre les membres du parlement et la presse en mai 1954 que Lionel Conacher mourut d'une crise cardiaque à l'âge de 53 ans...

Lionel Conacher fut nommé plus grand athlète canadien de la première partie du XXe siècle en 1950...

Le trophée remis annuellement par la Presse Canadienne au meilleur athlète canadien se nomme le trophée Lionel Conacher. Wayne Gretzky l'emporta à titre d'athlète du siècle en 1999.

Comme je l'ai dit plus haut, les frères de Lionel Conacher, Roy et Charlie, connurent des carrières remarquables et sont également membres du Temple de la Renommée du hockey. Son fils, Brian Conacher, évolua quelques saisons avec les Maple Leafs, remportant la Coupe Stanley avec ces derniers en 1967.

(Sur la photo, on retrouve, dans l'ordre, Charlie, Roy et Lionel Conacher)