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dimanche 15 février 2026

Jake Forbes


 


Le gardien Vernon Vivian Forbes, surnommé « Jake » ou « Jumpin' Jackie » en raison de son style de jeu acrobatique, est né le 4 juillet 1897 à Toronto.

Après avoir fait ses classes au hockey mineur dans divers clubs locaux, il joignit les rangs des St.Pats de Toronto durant la saison 1919-20, devenant le 3e gardien du club durant la saison, ce qui était assez rarissime à l'époque. Il devint numéro un des St.Pats la saison suivante et obtint 13 victoires en 20 matchs, aidant le club à terminer au deuxième rang. Pour la saison suivante, en 1921-22, il désirait une augmentation de salaire à 2500 dollars, ce que les St.Pats refusèrent catégoriquement. Il devint alors le premier joueur de la LNH à sacrifier une saison entière. Ce geste d'insubordination, inédit pour l'époque, s'est soldé par la vente de ses droits à la franchise des Tigers d'Hamilton la saison suivante.

Forbes revint donc en action après une saison perdue et joua les trois saisons suivantes à Hamilton, obtenant des statistiques en conséquence d'être dans le pire club de cette jeune ligue à seulement 4 équipes. Il obtint 6 victoires en 24 matchs en 1922-23 et ensuite 9 en 24 en 1923-24.

La chance des Tigers tourna toutefois lors de la saison 1924-25, le club passant de la dernière à la première place d'une ligue désormais à 6 clubs (arrivée des Bruins et Maroons), s'assurant une place en finale de la Coupe Stanley.

Cependant, les choses tournèrent au vinaigre pour Forbes et les Tigers et on peut imaginer que Forbes fut un des principaux architectes de ce qui allait se passer. Cette saison-là, la ligue avait décidé d'augmenter le nombre de matchs de la saison régulière de 24 à 30 sans offrir de compensation financière supplémentaire aux joueurs.

Menés par leur capitaine Billy Burch, Forbes et ses coéquipiers ont exigé une prime de 200 dollars par joueur pour ces rencontres additionnelles. Devant le refus catégorique des propriétaires et les menaces de suspension du président de la LNH, Frank Calder, les joueurs ont maintenu leur position et refusé de disputer les séries éliminatoires. Cette impasse a conduit à la suspension immédiate de l'équipe, privant Jake Forbes de sa meilleure chance de soulever le prestigieux trophée.

Les conséquences de ce bras de fer ont été permanentes pour le gardien de but. Bien que la franchise ait été rachetée et déménagée pour devenir les Americans de New York, et malgré le fait que Forbes soit resté un pilier de la ligue pendant encore plus d'une décennie, il n'a plus jamais eu l'occasion de jouer des matchs éliminatoires. Après avoir disputé seulement deux matchs de séries lors de sa première année complète en 1921, il a passé le reste de sa carrière au sein d'équipes de bas de classement, accumulant un total de 84 victoires contre 114 défaites. Pourtant, son efficacité individuelle est restée remarquable pour l'époque, comme en témoigne sa moyenne de buts alloués de 2,76 et ses 20 blanchissages.


 
Après quelques saisons difficiles avec les Americans et des détours dans les mineures, il fut libéré en 1930. Il passa la saison suivante dans la ligue Can-Am à l'exception de deux matchs avec les anciens Pirates de Pittsburgh, maintenant nommés les Quakers de Philadelphie, deux matchs qui se soldèrent par des défaites pour cette autre club en difficulté, qui connaîtra d'ailleurs un des pires rendements de l'histoire de la LNH avec une fiche de 4–36–4, soit le 2e pire pourcentage de points de l'histoire à 0.136%.

Les saisons suivantes furent à l'image de la difficile décennie des années 30, avec un parcours nomade dans plusieurs clubs et ligues. Il retourna jouer quelques matchs avec les Americans (son dernier dans la LNH en 1933) mais passa la majorité du temps dans les mineures avec les clubs suivants; Eagles de New Haven (Can-Am), Tigers du Bronx (Can-Am), Bulldogs de Windsor (IHL), Stars de Syracuse (IHL), Indians de Springfield (Can-Am), Tecumsehs de London (IHL) et Cardinals de Rochester (IHL).

Il a finalement pris sa retraite en 1936. En s'éteignant à l'âge de 88 ans en 1985, Jake Forbes était le dernier joueur vivant des Tigers de Hamilton.



samedi 1 avril 2023

Hib Milks


 


C'est assez rare que je parle de joueurs des années 20 (1920 pas 2020) et encore moins de joueurs des anciens Pirates de Pittsburgh. Je me suis donc dit que ce serait une bonne opportunité de faire ça quand je suis tombé sur un nom comme Hib Milks...

Hibbert Henry «Hib» Milks
est né le 1er avril 1899 dans le petit village de Eardley en Outaouais, un patelin qui fut fusionné en 1975 avec 3 autres villages pour donner aujourd'hui la municipalité de Pontiac. Il déménagea de l'autre côté de la rivière, à Ottawa lors de ses 18 ans et gradua dans les différents niveaux de la ligue de hockey organisé de la région, la Ottawa City Hockey League (OCHL), qui est considérée comme la deuxième ligue organisée dans l'histoire du hockey, ses origines remontant à 1890. Au sein des Gunners d'Ottawa, Milks, qui évoluait comme ailier gauche et comme centre, forma un duo redoutable avec un joueur du nom de Harold Darragh pendant trois saisons, soit de 1919-20 à 1921-22. 
 
Milks et Darragh prirent la décision de joindre les rangs des Yellowjackets de Pittsburgh de la United States Amateur Hockey Association (USAHA) pour la saison 1922-23. Ils revinrent tous les deux dans la OCHL la saison suivante avec les New Edinburghs d'Ottawa mais cela ne dura qu'une saison avant de revenir avec les Yellowjackets en 1924-25 lors de ce qui était la dernière saison d'existence de la USAHA. La saison suivante, comme Pittsburgh allait faire son entrée dans la LNH, une dizaine d'anciens membres des défunts Yellowjackets, bref pratiquement toute l'équipe à cette époque, devinrent membres de la nouvelle organisation des Pirates de Pittsburgh, qui sont essentiellement considérés comme la continuation des Yellowjackets. On retrouvait également chez ces premiers Pirates de futurs membres du temple comme le défenseur Lionel «Big Train» Conacher et le gardien Roy Worters, en plus du fameux duo Darragh-Milks.

Les Pirates de Pittsburgh ont existé pendant seulement 5 saisons et n'ont jamais laissé une très grande marque dans l'histoire du hockey, à l'exception de la présence des Conacher et Worters. Mais si ces derniers représentaient bien le niveau défensif de l'équipe, on n'y retrouvait pas vraiment de grandes vedettes offensives. Durant 4 de ces 5 saisons, c'est Hib Milks qui termina au premier rang des pointeurs des Pirates, Darragh étant celui de la cinquième. Durant ces saisons de 44 matchs, Milks mena les Pirates pour les points avec des saisons de 19, 22, 21 et une de seulement 12 points en 1928-29, qui faisait quand même de lui le meneur des Pirates. 
 
Il faut cependant dire qu'on ne décernait pas autant de mentions d'assistance à l'époque, soit seulement une mention pour la première passe et même souvent qu'on oubliait de l'inscrire au pointage. Par exemple, Milks obtint un sommet en carrière de 18 buts en 1927-28, le restant de sa fiche étant composée de 3 passes. Autre exemple durant cette même saison 1927-28, Howie Morenz du Canadien termina avec 33 buts et 18 passes, ce qui le plaçait au premier rang pour les deux catégories.

 
Milks, au deuxième rang et Darragh à l'avant-dernier.


Les Pirates firent les séries durant deux de leurs trois premières saisons mais commencèrent à vivre des difficultés financières les forçant à vendre des joueurs pour survivre, dont Conacher. Milks et Darragh furent toutefois épargnés et terminèrent exæquo en 1928-29 avec cette mince fiche discutée plus haut de 9 buts et 3 passes chacun pour 12 points en tête des faibles Pirates qui terminèrent avec une fiche de 9-27-8. La saison 1929-30 fut ensuite la dernière de l'équipe où les choses ne firent que se dégrader davantage avec une fiche de 5-36-3.
 
La franchise fut alors achetée par le bootleger Bill Dwyer et déménagée à Philadelphie sous le nom des Quakers en 1930-31, dans l'espoir qu'un nouvel aréna soit construit à Pittsburgh pour y ramener l'équipe plus tard. Les Quakers furent encore pire que les Pirates et finirent leur seule saison d'existence avec une minable fiche de 4-36-4, ce qui est toujours le deuxième pire pourcentage de victoire après les Capitals de Washington de 1974-75. Milks fut toutefois fidèle au poste comme toujours, terminant premier compteur des Quakers avec 17 buts et 23 points. Il termina toutefois au deuxième rang pour les points derrière les 27 points d'un certain Gerry Lowrey. 
 
Cette saison marqua toutefois la fin du duo Milks-Darragh alors que ce dernier fut échangé aux Bruins  en retour d'un défenseur et d'une somme d'argent.

Hib Milks avec les Quakers
Après la disparition des Quakers, Hib Milks aboutit avec les Rangers où il ne fut que très peu utilisé en attaque, terminant la saison 1931-32 totalement blanchi de la colonne des buts avec 0 filets et seulement 4 passes. Il décida ensuite de revenir au bercail, alors qu'il signa avec les Senators, qui eux revenaient au jeu après une saison d'inactivité causée aussi par des difficultés financières. La disette de Milks continua à Ottawa alors qu'il fut de nouveau blanchi durant cette saison 1932-33. N'ayant toujours pas marqué en 19 matchs, il se blessa grièvement au genou en janvier 1933 et ne revint jamais au jeu.

Il retourna dans l'Outaouais après sa retraite et y mourut en 1949 après une longue maladie. Il avait 50 ans.

En 317 matchs dans la LNH, Hib Milks récolta 87 buts et 41 passes pour 128 points. Ses 98 points acquis avec les Pirates font de lui le meneur de l'histoire de la franchise, suivi de près par Darragh à 91 points.

Pour sa part, Darragh joua quelques matchs à Boston suite à son départ de Philadelphie. Il joua ensuite deux saisons à Toronto, mais fut cédé dans la IHL en 1933. Il y joua quelques temps avant de prendre sa retraite en 1936 et revenir lui aussi dans le coin d'Ottawa. Son plus vieux frère, Jack Darragh, joua longtemps pour les Senators, y gagnant 4 Coupes Stanley, et fut élu au temple de la renommée en 1962.

vendredi 10 mai 2019

Joe Miller



Après avoir joué avec des équipes plus ou moins professionnelles de la région de Pittsburgh, des équipes de la région d’Ottawa et au Minnesota, Joe Miller eut l’occasion de déloger Jake Forbes devant le filet des faibles Americans de New York et de faire ses débuts dans la Ligue nationale en 1927-28.

Miller parvint à se débrouiller, mais il ne put pas faire de miracles derrière une défensive poreuse. Critiqué malgré tout, il demanda lui-même aux Americans de l’envoyer aux Cataracts de Niagara Falls de la Canadian Professional Hockey League, l’ancêtre de l’IHL. Jake Forbes prit le chemin inverse et reprit son poste devant le but des Americans. Par contre, Miller devint ainsi considéré comme un gardien de relève potentiel dans une LNH où les équipes n’avaient qu’un seul portier.

L’occasion se présenta dans des circonstances plutôt dramatiques. Lors du deuxième match de la finale, le gardien des Rangers Lorne Chabot fut durement atteint près de l’œil gauche. Comme il ne pouvait pas continuer, les Rangers demandèrent la permission d’utiliser les services d’Alex Connell des Senators, qui se trouvait dans la foule. Toutefois, leurs adversaires, les Maroons de Montréal, refusèrent. Devant cette impasse, l’entraîneur et ex-joueur Lester Patrick, décida d’aller lui-même défendre les buts des Rangers, même si ça n’avait jamais été sa position lorsqu’il jouait. Patrick se débrouilla bien, permettant à New York de l’emporter 2-1 en prolongation et d’égaliser la série. Toutefois, le problème demeurait pour les autres matchs.

Les deux équipes s’entendirent finalement pour permettre aux Rangers d’utiliser Miller.

L’ex-gardien des Americans put ainsi enfin bénéficier d’une défensive digne de ce nom. Nels Stewart et Babe Siebert le déjouèrent tout de même, permettant aux Maroons de l’emporter 2-0. Le jeu de Miller fut néanmoins souligné. Mais ce n’était que partie remise.

Miller blanchit Montréal lors du quatrième match, remporté 1-0 par New York. Le cinquième et décisif match aurait donc lieu au Forum.

À ce moment, Frank Boucher marqua deux fois, avant que Miller, solide, ne cède finalement devant Bill Phillips en fin de troisième période. Il céda ensuite devant Eddie Oatman, mais l’arbitre signala un hors-jeu et annula le but. Ceci provoqua l’ire de la foule, qui lança une multitude d'objets sur la glace et qui tenta de faire un mauvais parti au président de la ligue, Frank Calder.

Les Rangers tinrent le coup et remportèrent alors une première Coupe Stanley à seulement leur deuxième saison, et Miller en faisait partie.

Les Americans profitèrent alors de la valeur accrue de Miller pour l’envoyer aux Pirates de Pittsburgh avec 20 000$ pour obtenir un autre gardien, Roy Worters. Ce dernier donna raison aux Americans, en remportant le Trophée Hart.

De son côté, Miller se retrouva à nouveau au sein d’une formation faible, avec une attaque anémique. Il passa deux ans à Pittsburgh, avant de déménager avec le reste de l’équipe à Philadelphie et de jouer une dernière saison avec les misérables Quakers en 1930-31. Il joua finalement une dernière saison dans l’IHL, avec Syracuse.

Miller joua donc l’entièreté de ses 127 matchs en saison régulière (24-87-16) avec des équipes non seulement très faibles, mais qui n’existent plus. Toutefois, la blessure à Lorne Chabot lui permit de participer à trois petits matchs en séries, ses seuls avec une équipe qui existe toujours, qui lui permirent d’avoir son moment de gloire et de remporter une Coupe Stanley avec une équipe qui n’était pas la sienne.

Il est décédé en 1963, à l’âge de 62 ans.


Sources : “Morenz On Scoring Bee As Canadiens Beat Americans”, 5 décembre 1927, Montreal Gazette, page 18, “Americans Jolted Confident Maroon Team, Forcing Tie”, 8 février 1928, Montreal Gazette, page 16, “New York Rangers Even Count In Stanley Cup Competition Defeating Montrealers 2 To 1”, Canadian Press, 9 avril 1928, Ottawa Citizen, page 11, “Joe Miller gardera les buts du club Rangers lors de la troisième partie”, 10 avril 1928, La Patrie, page 10, “Maroons Still Are Favored, Despite Knotted Series”, 10 avril 1928, Montreal Gazette, page 14, “Maroons Took Lead In Hockey Finals, Beat Rangers 2-0”, 11 avril 1928, Montreal Gazette, page 16, "N.Y. Rangers Took Stanley Cup And Hockey Laurels", 16 avril 1928, Montreal Gazette, page 16, hhof.com, wikipedia.org.

mercredi 25 février 2015

Les derniers joueurs actifs (3ème partie)






Voici la 3ème partie sur les derniers joueurs actifs des nombreuses équipes défuntes de la LNH. Cliquez ici si vous voulez lire ou relire la 1ère et la 2ème partie.


Maroons de Montréal (1924-1938) : Toe Blake (1948)

J'aimerais commencer par rectifier une erreur de ma part dans la 1ère partie. Un lecteur m'a fait part que contrairement à ce que j'ai écrit, ce n'est pas Herb Cain qui fut le dernier membre des Maroons mais bien le légendaire Toe Blake. Cain joua dans la ligue nationale jusqu'en 1946 mais Blake y joua jusqu'en 1948. Il commença sa glorieuse carrière non pas avec les Canadiens mais avec les Maroons avec qui il joua 8 match en 1934-35 avant d'être échangé aux Canadiens par la suite. Il joua avec les glorieux jusqu'en 1948, occupant les 8 dernières saisons comme capitaine. Il devint par la suite entraineur en remplacement de Dick Irvin en 1955 et gagna un record de 8 coupes Stanley comme entraineur en plus de ses 3 comme joueur. À noter qu'une de ses coupes gagnées comme joueur fut avec les Maroons en 1935. Malgré le fait qu'il ne joua pas durant les séries, son nom fut quand même inscrit sur la coupe. Merci donc à ce lecteur anonyme pour sa vigilance. J'espère croire qu'il n'y a pas d'autres erreurs de ma part mais libre à vous de me corriger si c'est le cas.

Écart entre la fin des Maroons et le dernier match de Blake : 10 ans.



Seals de Californie/Barons de Cleveland (1967-1976) : Dennis Maruk (1988)

Le dernier joueur actif d'une des franchises favorites à LVEUP est aussi un de nos joueurs fétiches et un des plus sous-estimés de tous les temps, le grandiose Dennis Maruk. Il fut repêché par les Seals au 21ème rang en 1975 et il fit l'équipe pour la dernière saison de l'histoire des Seals en 1975-76 avant de déménager à Cleveland. Il termina premier compteur lors des 2 seules années d'existence des Barons suite à quoi l'équipe fut fusionnée avec les North Stars du Minnesota en 1978. Il commença donc la saison 1978-79 avec les North Stars mais fut échangé aux Capitals de Washington après seulement 2 matchs. C'est avec les Caps qu'il connaitra le plus de succès dont une saison magique de 60 buts et 136 points en 1981-82. Il se retrouve donc avec la 31ème meilleure saison par un joueur de la LNH au niveau des points. Consultez cette liste c'est assez impressionant d'y voir le nom de Maruk entouré de toutes ces légendes. Malheureusement, il ne fut jamais capable de reproduire de tels résultats. Sa production chuta à 81 points la saison suivante et en 1983 il fut aquis de nouveau par les North Stars où il joua jusqu'en 1988. Une blessure au genou mirent fin prématurément à sa carrière qu'il termina avec 878 points en 888 matchs.

Écart entre la fin de la franchise des Seals/Barons et le dernier match de Maruk : 12 ans.

À noter qu'un autre ex-Seal et ex-Barons, Charlie Simmer, joua dans la LNH jusqu'en 1987 et joua par la suite dans la IHL jusqu'en 1992. 


Pirates de Pittsburgh (1925-1930) : Cliff Barton (1940)

Les Pirates de Pittsburgh commencèrent leurs activités en 1925 et reçurent la permission de l'équipe du même nom au baseball pour pouvoir utiliser le surnom des Pirates. L'équipe connut 5 saisons de misère avant d'être forcé de déménager à Philadelphie à cause des difficultés économiques engendrées par le crash boursier de 1929 et la grande dépression qui s'en suivit. Le dernier joueur à avoir porté l'uniforme des Pirates fut Cliff Barton qui joua sa première saison professionnelle avec les Pirates en 1929-30 et une autre saison l'année suivante avec Philadelphie. Il retourna par la suite dans les ligues mineures pendant presque 10 ans avant de refaire un retour dans la LNH, cette fois avec les Rangers de New York où il joua 3 matchs durant la saison 1939-40. Il jouera dans les ligues mineures jusqu'en 1944.

Écart entre la fin des Pirates et le dernier match de Barton : 9 ou 10 ans, car je ne sais par s'il joua ses 3 matchs en 1939 ou en 1940...


Quakers de Philadelphie (1930-1931) : Syd Howe (1946)

Les Pirates déménagèrent donc à Philadelphie où il connurent encore plus d'ennuis avant de suspendre la franchise après une seule saison à Philly en 1930-31. Un des seuls bons éléments des Quakers fut le jeune Syd Howe, qui fut prêté par les Senators après la saison 1929-30. Howe connaitra éventuellement une carrière exceptionnelle avec les Red Wings de Détroit où il remporta 3 coupes Stanley entre 1934 jusqu'à sa retraite en 1946. Martin lui a déjà consacré un article plus complet que vous pouvez lire ici. Entretemps, il fallut attendre jusqu'en 1967 pour revoir Philadelphie et Pittsburgh dans la LNH.

Écart entre la disparition des Quakers et la retraite de Howe : 15 ans.


Jets de Winnipeg (1972-1996) : Shane Doan (encore actif)

Doan fut le premier choix des Jets en 1995 (7ème au total) et commença sa carrière lors de la dernière saison de la franchise à Winnipeg en 1995-96. Il suivit l'équipe lors du déménagement à Phoenix et y est toujours après plus de 1300 matchs. Avec les Coyotes, Doan connut 12 saisons de plus de 20 buts et est capitaine de l'équipe depuis 2003-04. Il est au premier rang de l'histoire des Jets/Coyotes pour le nombre de matchs joués et deuxième pour les points derrière Dale Hawerchuk. Il est également le seul joueur dans cette série d'articles à être encore actif dans la LNH, à l'exception des joueurs des Thrashers d'Atlanta, la plus récente équipe défunte.

Écart entre la fin des Jets et la fin de la carrière de Doan : 19 ans et ça continue...


Deron Quint
 
Un autre ancien Jets est toujours actif, cette fois dans la KHL. Deron Quint commença également sa carrière professionnelle lors de la dernière saison des Jets en 1995-96 et joua avec les Coyotes jusqu'en 2000. Il joua par la suite avec les Devils, Blue Jackets, Blackhawks, fit un retour avec les Coyotes et joua quelques matchs dans la ligue américaine au travers de tout ça avant de jouer son dernier match dans la LNH avec les Islanders en 2006. Il traversa ensuite l'atlantique afin de jouer dans la ligue allemande avec les Polar Bears de Berlin de 2006 à 2009 et fit le saut par la suite dans la KHL. Il est présentement membre du Traktor de Chelyabinsk à l'âge de 38 ans.


Whalers de Hartford (1972-1997) : Jean-Sébastien Giguère (2014)

Giguère fut repêché par les regrettés Whalers de Hartford au 13ème rang lors du repêchage de 1995. C'est durant la saison 1996-97 qu'il fit ses débuts dans la LNH, ne jouant que 8 matchs. Lors du déménagement de l'équipe en Caroline, il fut échangé aux Flames de Calgary en compagnie de Andrew Cassels en retour de Gary Roberts et Trevor Kidd. Les Flames ne lui donnèrent jamais une véritable chance de s'établir dans la LNH et l'échangèrent aux Mighty Ducks d'Anaheim en 2000 contre un choix de 2ème ronde. Il connaitra d'excellentes saisons à Anaheim, notemment en 2003 lorsqu'il mena l'équipe à une finale cendrillon contre les Devils. Il remporta d'ailleurs le trophée Conn Smythe, le dernier à remporter ce trophée lors d'une cause perdante. Il mènera finalement des Ducks à la conquête de la coupe en 2007. Il fut plus tard échangé aux Maple Leafs où il joua 3 saisons avant de terminer sa carrière en 2014 avec l'Avalanche. Il joua son dernier match contre les Ducks à Anaheim en même temps que le dernier match de son ancien coéquipier Teemu Selanne.

Écart entre la fin des Whalers et le dernier match de Giguère : 17 ans.


Michael Nylander

D'autres anciens Whalers sont toujours actifs en Europe, c'est le cas de Michael Nylander qui commença sa carrière avec Hartford en 1992-93 et qui joua par la suite pour plusieurs autres équipes durant sa carrière de plus de 900 matchs dans la LNH. Il joua notemment pour les Flames, le Lightning, les Bruins, les Blackhawks, les Rangers et finalement les Capitals où il joua pour la dernière fois en 2009. Il joua par la suite en Suisse et en Italie et joue présentement pour le AIK à Stockholm en première division dans son pays natal, la Suède. Le fils de Nylander, William, fut repêché par les Maple Leafs, 8ème au total en 2014.


Robert Petrovicky

Petrovicky fut un choix de première ronde des Whalers (9ème au total) en 1992. Comme Nylander, il ne joua que 2 saisons avec les Whalers avant de quitter l'équipe. Mais il ne put jamais s'établir comme joueur régulier dans la LNH. Il joua aussi pour les Stars, le Lightning, les Blues et les Islanders mais passa la plupart du temps dans la ligue américaine et ne joua plus dans la LNH à partir de 2001. Il fut le capitaine de l'équipe de la Slovakie au jeux olympique de 2002 et joua ensuite plusieurs années en Suisse, en Suède, dans la KHL et depuis quelques années dans la ligue de Slovakie.


C'est donc ce qui complète ce palmarès des derniers joueurs actifs. La dernière équipe à avoir déménagé furent les Thrashers d'Atlanta en 2011. On peut s'amuser à prédire qui sera le dernier joueur qui aura porté le splendide uniforme des Thrashers. Je mettrais un petit deux sur Evander Kane. Ou peut-être Zach Bogosian ?





lundi 3 février 2014

Herb Drury








 

Né à Midland, au nord de Toronto, Herb Drury se rendit à Pittsburgh en 1916 pour s’aligner avec le club local de la United States Amateur Hockey Association (USAHA).
Naturalisé américain, il interrompit sa carrière de hockeyeur en 1918 pour servir dans l’armée.  Ce n’est qu’en 1920 qu’il la reprit.  Par contre, c’est dans un contexte bien particulier qu’il le fit.  Pour la première fois, le hockey sur glace faisait partie du programme des Jeux Olympiques, disputés à Anvers, en Belgique.
Les concurrents étaient par contre bien inégaux.  Au sein de l’équipe américaine, Drury compta 14 buts en quatre matchs.  Son équipe battit entre autres la Suisse 29-0, la Suède 7-0 et la Tchécoslovaquie 16-0.  En fait, la seule défaite que les Américains subirent fut aux mains des Canadiens, lors du match qui détermina en bout de ligne la médaille d’or, par une marque de 2-0.  Cette performance leur valut la médaille d’argent. 
En 1924, il y eut une nouveauté importante dans le mouvement olympique.  On divisa les Jeux en deux : hiver et été.  Les premiers Jeux d’hiver eurent lieu à Chamonix, en France.  À ce moment, comme porte-drapeau, on choisit Drury.  Le premier porte-drapeau américain à des Jeux d’hiver était donc un canadien d’origine.
Le tournoi de hockey fut disputé sur une patinoire extérieure et encore une fois, il y eut une domination des Canadiens et des Américains.  Comme à Anvers, les États-Unis ne subirent qu’une défaite, face au Canada.   Drury y compta le seul but américain, dans un revers de 6-1.  Au total, il amassa 22 buts et 3 passes en 6 matchs.  Il fut ainsi le meilleur pointeur de son équipe (le quatrième du tournoi) et mit la main sur une deuxième médaille d’argent.
Il retourna ensuite à Pittsburgh, pour jouer avec son équipe, qui s’appelait dorénavant les Yellow Jackets.  L’équipe se mérita le championnat en 1924 et en 1925, dans ce qui s’avéra être les deux dernières années d’existence de la ligue. 
Par la suite, ce qu’il restait du groupe passa au niveau professionnel et fut admis dans la LNH sous le nom de « Pirates » (comme l'équipe de baseball de la même ville).  C’est dans ces circonstances que Drury fit son entrée dans la Ligue Nationale.  Il y resta pour les cinq ans que dura l’aventure des Pirates, où l’équipe obtint des résultats plutôt moyens.  Drury y fut aussi beaucoup moins prolifique que lors des Olympiques, puisqu’il compta un total de 24 buts, soit à peine plus que pendant les seuls Jeux de Chamonix.
En 1930, les Pirates déménagèrent à Philadelphie, pour devenir les Quakers.  Le nom faisait bien sûr référence à l’important mouvement religieux.  Pourtant, depuis 1928, même si sur papier, l’équipe appartenait à l’ex-boxeur Benny Leonard, le réel propriétaire était quelqu’un qui n’observait pas vraiment les enseignements des Quakers.  Leonard était en fait l’homme de main de Bill Dwyer, propriétaire des Americans de New York et célèbre bootlegger.  (voir texte du 26 octobre 2012)  Dans ce qui allait être la seule saison de leur existence, ils eurent des résultats pathétiques (4-36-4).  (voir texte du 28 janvier 2009)  De son côté, Drury joua 24 matchs et se contenta de deux passes.  Par la suite, les Quakers suspendirent leurs activités, pour finalement ne jamais les reprendre.  Il avait été question que l’équipe retourne à Pittsburgh si la ville se dotait d’un aréna plus adéquat pour la LNH, mais comme la Grande Dépression s’aggravait, autant le projet d’aréna que l’équipe tombèrent à l’eau.
Drury est celui au bout de la première rangée, à droite
De son côté, Drury quitta le monde du hockey et retourna à Pittsburgh pour travailler comme tuyauteur.  Il y resta jusqu’à sa mort en 1965.  Il ne vit donc pas le retour de sa ville dans la LNH, lorsque les Penguins se joignirent à la ligue en 1967.
Sources : “Let’s Learn From the Past: Herb Drury” de Brady Smith, 24 janvier 2013, Pittsburgh Post-Gazette (post-gazette.com), legendsofhockey.net, pittsburghhockey.net, wikipedia.org.

vendredi 26 octobre 2012

Bill Dwyer : Prohibition et hockey



J'ai une fascination pour l'histoire de la Prohibition aux États-Unis. J'ai beaucoup lu sur le sujet, j'ai regardé beaucoup de documentaire à ce sujet. D'ailleurs, je vous recommande fortement la série sur la Prohibition de PBS produite l'an dernier. En fait, ce que j'aime de l'histoire de la Prohibition, c'est qu'elle nous montre bien que ce n'est pas en interdisant des choses que certains jugent immorales que l'on peut les empêcher. On peut se baser sur l'exemple de la Prohibition aux États-Unis afin de penser la relation qu'on a en tant que collectivité avec certaines pratiques sociales même si on est en désaccord avec (à vous de les nommer).

Anyway, dans cette volumineuse histoire où les États-Unis étaient déchirés entre les grandes villes pratiquant un édonisme hypocrite de A à Z avec la loi et une campagne sur le pied de guerre avec des principe moraux, la prohibition a eu des répercussions jusque dans le monde du hockey. C'est d'ailleurs la prohibition qui a aidé le développement du hockey aux États-Unis. Cette histoire est reliée à un gangster nommé Bill Dwyer.

Bill Dwyer est né en 1883 dans Hell's Kitchen, quartier de New York. Il travaillait comme manutentionnaire dans le Port de New York lorsque le vote de l'acte Volstead en 1919 qui instaurait la Prohibition passa. Dwyer, qui contrôlait les entrées et venues du Port de New York, devint rapidement un des organisateurs principaux de l'entrée illégale d'alcool à Manhattan. Avec le temps, Dwyer organisa un système puissant afin d'importer de l'alcool de l'Europe. En 1925, il se fit arrêter par un agent du Prohibition Bureau qui faisait une opération undercover en garde-côte que Dwyer essayait de corrompre afin de faciliter l'entrée d'alcool aux États-Unis. Il fut alors condamné à 2 ans de prison. Après avoir servi 13 mois, il fut libéré pour bonne conduite. Il quitta à sa sortie le milieu criminel en tentant de légitimer ses affaires, notamment dans le domaine du gambling ainsi, et c'est le cas qui nous concerne, dans le sport professionnel.



C'est en 1925 qu'un certain Tex Rickard, un puissant promoteur de boxe de New York, recommanda à Dwyer d'acheter une équipe de hockey afin de les faire évoluer dans le nouveau Madison Square Garden, cet amphithéâtre moderne dont ce dernier avait la gestion des évènements sportifs. Dwyer écouta le conseil de son ami (qui fondera par la suite sa propre équipe afin de compétitionner avec les Americans, les Rangers de New York) et acheta les Tigers d'Hamilton pour la somme de 75000$. Les Tigers (anciens Bulldogs de Québec) avaient connu une saison de rêve en 1924-25, mais avaient été suspendus et retirés des séries éliminatoires en raison de protestations des joueurs qui revendiquaient de plus gros salaires. C'est donc une équipe assez forte qui prit le chemin de New York afin de devenir la deuxième équipe américaine de la NHL après les Bruins qui firent leur entrée l'année précédente. 

Possédant de gros moyens, Dwyer offrit des lucratifs contrats aux joueurs de la NHL. Il offrit par exemple un contrat à la bougie d'allumage de l'équipe, Billy Burch, gagnant du trophée Hart en 1925, un contrat qui aurait été de 25000$ pour 3 ans, une forte somme pour l'époque. Dwyer, en bon homme issus du crime organisé, essayait également de truquer les matchs afin de tirer profit des paris. On raconte qu'il payait par exemple des juges de but qui se devaient d'allumer la lumière lorsque la rondelle touchait la ligne de but. Malgré ce stratagème, les Americans étaient une équipe assez moyenne, malgré ses succès. 

Étant le propriétaire d'une équipe connaissant assez de succès, Dwyer se porta acquéreur secrètement d'une autre équipe de la NHL en 1928, les Pirates de Pittsburgh. Aussitôt achetée, Dwyer utilisa le boxeur Benny Leonard afin de paraître comme étant le propriétaire de l'équipe. 

En 1930, Dwyer acheta les Triangles de Dayton de la NFL et les déménagea à Brooklyn en les renommant les Dodgers de Brooklyn. Utilisant le même nom que la fameuse équipe de baseball, les Dodgers jouaient également au Ebbets Field, le célèbre stade de l'équipe. Malheureusement pour lui, l'expérience fut assez catastrophique. Il vendra l'équipe après 3 saisons qui furent déficitaires, Dwyer vendit l'équipe à des anciens joueurs des Giants, Chris Cagle et John Simms Kelly. À la même époque, les Pirates, alors déménagés à Philadelphie sous le nom Quakers, disparurent. Il ne resta donc à Dwyer que ses Americans.

Durant les années 1935 et 1936, le gouvernement américain poursuivit Dwyer afin de lui saisir ses avoirs acquis fait durant la Prohibition, ce qui le laissa sans le sou mis à part son équipe de hockey. N'ayant pas d'argent pour investir dans son équipe dont la popularité diminua en raison des succès des Rangers, la NHL menaça de saisir l'équipe. Passant à l'action, la NHL saisit l'équipe au début de la saison 1936-37. Dwyer poursuivit par la suite la NHL mais les deux partis en vinrent à une entente, laissant Dwyer diriger l'équipe en espérant qu'il paie ses dettes. Afin de s'y faire, le manager/entraîneur des Americans, Red Dutton, prêta 20000$ à Dwyer qui le perdit aussitôt en jouant. À la fin de la saison, voyant que les finances de Dwyer étaient toujours au plus bas, la NHL saisit l'équipe.

 
Bill Dwyer mourût en 1946 d'une crise cardiaque dans un relatif anonymat. L'équipe de hockey qu'il avait aidé à fonder, les Americans de New York, était alors une franchise suspendue depuis 4 ans. La franchise fut d'ailleurs officiellement suspendue la même année que la mort de son propriétaire original. 

Contrairement à la plupart des fondateurs des diverses équipes de la NHL, Bill Dwyer ne fut jamais intronisé au Temple de la renommée en tant que bâtisseur, pourtant, malgré l'illégalité de la plupart de ses revenus, il aida fortement à l'établissement du hockey aux États-Unis... D'ailleurs, Tex Rickard n'a également jamais été intronisé non plus...

vendredi 30 septembre 2011

Syd Howe


Si, cet hiver on honorera Mark Howe au Temple de la Renommée, cela fera en sorte que trois anciens joueurs des Red Wings portant le nom de famille Howe seront maintenant des membres du Temple de la Renommée. Trois? Oui, il y aura donc Mark et son légendaire papa Gordie qui forment un des rares duo père/fils intronisé au Temple, mais il y a également Syd Howe qui est un ancien des Red Wings qui fut intronisé au Temple. Ce dernier par contre n'était pas un membre de la vénérable famille de Gordie. Mais en raison du fait qu'il porte le nom de famille et qu'il a joué avec la même équipe que l'un des plus grands joueurs de tous le temps, il sera toujours connu comme l'autre Howe et non comme un grand joueur de l'histoire des Wings comme il se devrait...

Sydney Harris Howe est né en 1911 à Ottawa. C'est à l'âge de 18 ans qu'il débuta sa carrière professionnelle en 1929-30 avec les Senators d'Ottawa après un parcours dans le milieu junior local assez remarqué où notamment il mena les Gunners d'Ottawa en finale de la Coupe Memorial en 1928. Il joua 14 matchs avec l'équipe, 12 en saison et deux en séries éliminatoires, lors de cette saison. La saison suivante, les Senators l'envoyèrent à la nouvelle équipe des Quakers de Philadelphie, les anciens Pirates de Pittsburgh. Le jeune joueur des Quakers récolta un respectable 20 points donc 9 buts, ce qui n'est pas si mal pour une équipe qui ne marqua que 76 buts en 44 matchs et en laissa passer pas moins que 184.



Après avoir joué l'unique saison de cette équipe qui compétitionne avec les Blackhawks de 1926-27 et les Capitals de Washington de 1974-75 pour le titre d'équipe la plus "poche" de l'histoire de la NHL, Howe ne put retourner avec les Senators d'Ottawa, ces derniers ayant suspendu leurs activités pendant la saison 1931-32. Howe fut réclamé par les Maple Leafs qui l'envoyèrent passer la majeure partie de la saison avec leur club-école des Stars de Syracuse. Il ne joua en tout que trois matchs avec l'équipe de Conn Smythe, alors une puissance de la NHL.


Lorsque les Senators reprirent leurs activités pour la saison 1932-33, Howe revint avec l'équipe de la capitale du Canada à nouveau. Bien qu'encore jeune, Howe démontra assez bien de qualités pour être nommé capitaine de l'équipe lors de la saison 1933-34. Lorsque les Senators prirent le chemin de St-Louis pour devenir les Eagles en 1934, Howe prit avec l'équipe la direction du Missouri et maintint son titre de capitaine. C'est durant cette saison 1934-35 que la carrière prit un tournant important. La nouvelle équipe de St-Louis étant aux prises avec des difficultés financière, ne serait-ce que pour couvrir ses frais de transport assez exorbitants du Midwest vers les autres villes, elle décida de vendre son jeune capitaine aux Red Wings. Après plusieurs saisons un peu tumultueuses avec des équipes aux finances précaires, Howe pouvait non seulement joindre une équipe un peu plus stable, mais devenir une des pièces qu'il manquait aux Red Wings pour devenir une véritable puissance...

Dès sa première saison complète avec les Red Wings, en 1935-36, Howe agit comme un joueur important des Red Wings dans la conquête de la première Coupe Stanley de l'histoire de l'équipe. Howe était même sur la glace du Forum de Montréal contre les Maroons le 25 mars 1936 alors que Mud Bruneteau marqua un but dans ce qui allait terminer la plus longue partie de l'histoire de la NHL. Detroit élimina par la suite les Marroons en 3 pour aller éliminer les puissants Leafs en 4 (c'était des séries 3 de 5) pour remporter son premier championnat de la NHL. Les Red Wings répéteront l'exploit la saison suivante, devenant la première équipe américaine à remporter consécutivement la Coupe Stanley. À cette époque, les succès des Red Wings aidèrent à faire en sorte de considérer Detroit comme "Hockeyville USA". Ce sont les succès des Red Wings plus d'une décennie plus tard qui feront en sorte de consacrer cette appellation...

Howe devitn rapidement un des joueurs les plus important des Red Wings, lors de la saison 1941-42, on le nomma capitaine. C'est lors de cette saison que les Red Wings atteignirent la finale de la Coupe Stanley et s'inclinèrent après avoir échappé une avance de 3-0 dans la série face aux Leafs. L'année suivante, la troupe de Howe, qui céda son "C" à Sid Abel au début de la saison, se vengèrent et remportèrent la Coupe Stanley pour une troisième fois de son histoire.

Syd Howe connut un match spectaculaire le 4 février 1944 alors qu'il récolta six buts. Le record à l'époque était celui de 7 de Joe Malone qui tient toujours de nos jours, mais on avait marqué 6 buts seulement qu'à deux époques auparavant. D'ailleurs, depuis ce temps, seulement deux joueurs, Red Berenson et Darryl Sittler, ont marqué six buts durant un match. La chose est donc vraiment impressionnante...

Lorsqu'il prit sa retraite en 1945-46, Syd Howe était le meilleur pointeur de tous les temps de la NHL avec 528 points en 697 matchs. Sa meilleure saison fut en 1943-44 où il récolta 60 points dont 32 buts en 46 matchs. Vous voyez donc à quel point il était bon...

Quand il prit sa retraite, il retourna jouer avec les Senators d'Ottawa, alors un club senior dans la Ligue du Québec. Il était alors le dernier joueur actif ayant joué avec les Quakers de Philadelphie, les Senators d'Ottawa et les Eagles de St-Louis...

Il fut intronisé au Temple de la Renommée en 1965...

Il mourut en 1976 à l'âge de 64 ans...

Howe était donc une véritable vedette de la première heure des Red Wings dont le nom de famille a fait en sorte d'être oublié non seulement dans l'histoire des Red Wings de Detroit, mais de la NHL car il a beaucoup aidé à cimenter la plus glorieuse équipe de hockey américaine...

vendredi 27 mai 2011

Wilf Cude



Wilf Cude est de loin un des gardiens qui a eu l'une des carrières les plus étranges de la NHL. Si étrange qu'il mériterait selon moi d'être intronisé au Temple de la Renommée pour son unicité...

Wilfred Reginald Cude est né au Pays de Galles en 1910. En fait, il est né un 4 juillet comme le film. Bien qu'il soit né en Grande-Bretagne, sa famille immigra au Manitoba alors qu'il était très jeune. C'est là qu'il apprit à jouer au hockey et se fit connaître au sein d'équipes locales de Winnipeg. Ses prouesses furent connues très rapidement en dehors de la grande ville du Manitoba ce qui fit en sorte qu'il fut invité à se joindre aux Millionnaires de Melville de la Ligue senior de Saskatchewan en 1929-30 où il termina la saison avec une surprenante moyenne de 1,89. Ses performances avec les Millionnaires firent en sorte qu'il fut remarqué par la NHL.

Ce sont les Pirates de Pittsburgh (oui, de la NHL!) qui mirent sous contrat ce jeune gardien prometteur le 18 février 1930. Malheureusement pour lui, il ne portera jamais les couleurs des plus qu'ordinaires Pirates de Pittsburgh. Les dirigeants des Pirates prirent alors la décision en octobre 1930 de déménager l'équipe à Philadelphie et de la renommer Quakers. La NHL avait d'ailleurs l'intention de prendre de l’expansion à Cleveland et Philadelphie pour la fin des années 20, mais la crise économique vint faire changer les plans de la ligue. Mais ce n'était pas nécessairement de bon cœur pour la ville de Philadelphie que les Pirates déménagèrent dans cette ville. L'intention des propriétaires de l'équipe, avec l'ancien boxeur Benny Leonard à l'avant plan, était de construire un nouvel aréna à Pittsburgh durant la saison et de se refaire une santé financière dans cette ville pour ensuite déménager à nouveau l'équipe dans la ville de l'acier à la saison suivante. L'ancien aréna de Pittsburgh, le Duquesne Gardens, ne pouvait plus accueillir une équipe du calibre de la NHL, ayant été construit en 1895 dans une ancienne grange. Dans sa nouvelle ville, l'équipe allait désormais évoluer dans un aréna moderne, le Philadelphia Arena, construit quelques années auparavant. Afin de capitaliser sur la renommée de son principal propriétaire, l'équipe allait d'ailleurs être annoncée comme étant Benny Leonard's Philadelphia Quakers.

C'est dans dans ces étranges circonstances que Wilf Cude arriva dans la NHL. La saison des Quakers fut plus que catastrophique. Avec la saison inaugurale des Black Hawks et celle des Capitals de Washington, elle est considérée comme l'une des pire formation ayant évolué dans la NHL. Les Quakers terminèrent cette saison catastrophique avec une fiche de 4–36–4. Ils égalèrent par le fait même le record du moins de victoires que les Bulldogs de Québec de 1919-20 détenaient et seul les Capitals de 1974-75 eurent un pourcentage de victoires inférieur au .136 des Quakers avec un .131. Ils ne marquèrent que 76 buts et en accordèrent 184, ce qui fait une moyenne de 4,18 buts accordés par match.

Wilf Cude pour sa part joua 30 matchs, terminant avec une fiche de 4,22 et avec une fiche de 2-25-3. Il y a mieux pour une saison recrue...

À la fin de la saison 1930-31, deux équipes de la NHL allaient suspendre le temps d'une saison leurs opérations en raison de problèmes financiers, les Quakers et les Senators d'Ottawa. Les Senators revinrent en 1932-33 alors que les Quakers ne revinrent jamais. On remit le retour de la franchise de saison en saison jusqu'à la suspension définitive de la franchise en 1936. Il fallut attendre jusqu'en 1967 avant que Philadelphie n'accueille à nouveau le hockey de la NHL avec l'arrivée de notre équipe jaune orange préférée, les Flyers.

Alors que la seule saison des Quakers fut terminée et que la franchise fut mise sur la glace, Cude demeura la propriété de l'équipe. Lors de la saison 1931-32, alors que les Quakers étaient supposés revenir à la saison suivante, Cude servit à titre de remplaçant pour l'ensemble de la ligue nationale. Rappelons qu'à l'époque, les gardiens jouaient l'entièreté des matchs. Il fallu attendre une trentaine d'année avant que les Red Wings introduisent le concept de second gardien habillé. Alors, bien souvent, il fallait être assez ingénieux afin de pallier à l'absence du gardien d'une équipe. Ainsi, on pouvait aller chercher un gardien dans les rangs mineurs ou encore faire une chose assez inconcevable de nos jours, emprunter le gardien d'une autre équipe...

C'est dans ce type de hockey que Cude devint le joueur remplaçant officiel de la NHL alors qu'il n'avait plus d'équipe officielle, étant toujours la propriété d'une "équipe en suspens". Il joua de cette manière quelques matchs avec les Bruins et les Black Hawks durant la saison 1931-32. Il demeura le gardien suppléant une autre saison en 1932-33 alors que les Quakers ne firent pas leur retour espéré lors de cette saison. La franchise suspendue l'échangea aux Canadiens pour de l'argent en 1933. Alors que le CH avait toujours dans leur alignement le légendaire George Hainsworth, ils échangèrent ce dernier aux Maple Leafs en retour de Lorne Chabot. Cude ne disputa qu'un match en 1933-34 avec Montréal, avant d'être prêté pour de l'argent aux Red Wings pour le restant de la saison. Il mena Detroit à la finale de la coupe Stanley, où ils s'inclinèrent face aux Black Hawks. Cude termina d'ailleurs la saison avec la meilleure moyenne de but alloués de la NHL. Il ne remporta toutefois pas le trophée Vézina lors de cette saison, la règle donnant ce trophée au gardien avec la meilleure moyenne étant instaurée en 1945.


Impressionnés par ses prouesses avec les Wings les Canadiens, échangèrent le légendaire Lorne Chabot afin de lui faire de la place devant le filet. Wilf Cude allait devenir le gardien numéro un avec le Canadiens lors de cette saison 1934-35 avec qui il joua jusqu'à la fin de sa carrière en 1940-41. Malgré que cette période est considérée souvent comme la pire de l'histoire du Canadien, Cude donna le meilleur de lui-même devant la cage de cette faible équipe. En 1935-36, saison reconnue comme la pire de tous les temps du Canadien de Montréal, l'équipe terminant avec une fiche de 11-26-11, Cude enregistra les 11 victoires de l'équipe dont 6 étaient des blanchissages...

En évoluant avec de très médiocres équipes, Wilf Cude se retira avec 100 victoires en 282 matchs, dont 73 avec le Canadien. En tout, il termina sa carrière avec une moyenne de 2,72.

Il représenta l'équipe lors des matchs des étoiles de 1937 et 1939 afin de ramasser des fonds respectivement afin d'aider les familles d'Howie Morenz et Babe Siebert.

Il fit également parti des deuxième équipes d'étoiles d'après-saison en 1936 et en 1937.

Wilf Cude est également considéré comme le gardien le moins pesant de l'histoire, n'ayant apparemment jamais excédé les 130 livres...

Après sa carrière, il emménagea à Rouyn-Noranda où il devint représentant privé de la British-American Oil Company.

Il mourut à l'âge de 57 ans d'une longue maladie le 5 mai 1968...

mercredi 28 janvier 2009

Les Quakers de Philadelphie, une histoire de hockey en temps de crise...


Le monde entier a présentement le doigt sur le bouton panique à propos de la crise économique et il est bon à cet effet de se poser des questions à propos de la santé en temps de crise de notre sport national. Il serait intéressant par exemple de faire un "death pool" afin de gager sur la première équipe de la NHL qui disparaîtra. Pour une fois, tout le monde se préoccuperait des Thrashers d'Atlanta ou des Coyotes de Phoenix...

Bon, trêve d'humour noir sur les malheurs financiers de Wayne Gretzky...

L'histoire de la NHL aux alentours de la Crise de 1929 peut nous donner des signes intéressants sur l'intérêt du hockey aux États-Unis en temps de crise économique ou même au Canada. Presque l'entièreté des équipes de la NHL eurent à cette époque de sérieux ennuis financiers. Même les Red Wings, qui s'appelaient alors les Falcons, ont passé extrêmement proche de la disparition. Mais de toutes les équipes qui se sont débattus avec des problèmes économiques lors des années 1930, les Quakers de Philadelphie furent les premiers à écoper... Ils ne connurent qu'une seule saison dans la NHL qui n'a passé à l'histoire que dans le Panthéon des pires fiches en une saison...

L'histoire des Quakers débuta en 1925 alors que deux équipes firent leur entrée dans la NHL, les Pirates de Pittsburgh et les Americans de New York. L'équipe qui nous intéresse ici est celle des Pirates, qui prirent ce nom afin d'attirer l'attention des fans de l'équipe de baseball locale qui porte toujours le même nom. Avec les futurs membres du Temple de la renommée Roy Worters et Lionel Conacher (qui allaient plus tard être vendus), l'équipe connut un bon début dans la NHL, terminant 3e au classement général de la ligue. La jeune équipe allait toutefois s'incliner en séries éliminatoires face à l'équipe qui allait remporter la Coupe Stanley cette année-là, les Maroons de Montréal. Ils allaient également s'incliner à leur seule autre qualification pour les séries éliminatoire de leur histoire deux ans plus tard mais cette fois contre les Rangers de New York. L'équipe ne connut jamais des grandes foules, en 1927-28 elle allait par exemple attirer seulement que 40000 personnes en tout. Pour comparer, les Senators d'Ottawa allaient être cette saison-là la seconde pire équipe aux tourniquets avec seulement 100000 visites. Afin de garder les Pirates à Pittsburgh, d'autres intérêts locaux firent leurs acquisitions avec le désir de revamper l'équipe. Malgré un désir de rendre l'équipe populaire, les propriétaires attirèrent plus les dettes que les fans. Après la désastreuse saison de 1929-30, les dirigeants de l'équipe décidèrent qu'il était temps de faire un peu de ménage.


Les dirigeants des Pirates prirent alors la décison en octobre 1930 de déménager l'équipe à Philadelphie et de la renommer Quakers. La NHL avait d'ailleurs l'intention de prendre de l'expension à Cleveland et Philadelphie pour la fin des années 20, mais la crise économique vint faire changer les plans de la ligue. Mais ce n'était pas nécessairement de bon coeur pour la ville de Philadelphie que les Pirates déménagèrent dans cette ville. L'intention des propriétaires de l'équipe, avec l'ancien boxeur Benny Leonard à l'avant plan, était de construire un nouvel aréna à Pittsburgh durant la saison et de se refaire une santé financière dans cette ville pour ensuite déménager à nouveau l'équipe dans la ville de l'acier à la saison suivante. L'ancien aréna de Pittsburgh, le Duquesne Gardens, ne pouvait plus accueillir une équipe du calibre de la NHL, ayant été construit en 1895 dans une ancienne grange. Dans sa nouvelle ville, l'équipe allait désormais évoluer dans un aréna moderne, le Philadelphia Arena, construit quelques années auparavant. Afin de capitaliser sur la renommée de son principal propriétaire, l'équipe allait d'ailleurs être annoncée comme étant Benny Leonard's Philadelphia Quakers.

Les débuts de l'équipe à Philadelphie furent catastrophiques. Ils jouèrent leur premier match le 11 novembre 1930 contre les Rangers de New York. Il perdirent ce match 4-0 devant une foule estimée entre 4000 et 5000 personnes qui quittèrent avant la fin du match. Une mince foule de 2000 personnes allait revenir la semaine suivante au Philadelphia Arena pour le second match local des Quakers. Il fallut 3 matchs avant de marquer saux Quackers avant de marquer leur premier but et trois autres avant de gagner leur premier match en battant les Maple Leafs 2-1 le 25 novembre 1930. Il leur fallut par la suite attendre le 10 janvier et 15 défaites avant leur seconde victoire de 4-3 contre les Maroons. Ce record de 15 défaites de suite allait tenir pendant 44 ans avant que ce qui est considéré comme la pire formation de tous les temps, les Capitals de Washington de 1974-75, porte à 17 ce record.

Les Quakers terminèrent cette saison catastrophique avec une fiche de 4–36–4. Ils égalèrent par le fait même le record du moins de victoires que les Bulldogs de Québec de 1919-20 détenaient et seul les Capitals de 1974-75 eurent un pourcentage de victoire inférieur au .136 des Quakers avec un .131. Ils ne marquèrent que 76 buts et en accordèrent 184, ce qui fait une moyenne de 4,18 buts accordés par match.

À la fin de la saison 1930-31, deux équipes de la NHL allaient suspendre le temps d'une saison leurs opérations en raison de problèmes financiers, les Quakers et les Senators d'Ottawa. Les Senators revinrent en 1932-33 alors que les Quakers ne revinrent jamais. On remit le retour de la franchise de saison en saison jusqu'à la suspension définitive de la franchise en 1936. Il fallut attendre jusqu'en 1967 avant que Philadelphie n'accueille à nouveau le hockey de la NHL avec l'arrivée de notre équipe jaune organe préférée, les Flyers.




Des joueurs ayant joué pour les Quakers à leur unique saison, Syd Howe (la photo du haut) est le seul joueur faisant parti du temple de la renommée du hockey. Howe connut du succès avec les redoutables Red Wings de la fin des années 1930 et du début des années 1940.

Le gardien Wilf Cude passa par la suite plusieurs années devant la cage du Canadiens. Et son histoire est quand même unique. Lors de la saison 1931-32 alors que les Quakers étaient supposés revenir à la saison suivante, Cude servit à titre de remplaçant pour l'ensemble de la ligue nationale. Il joua de cette manière quelques matchs avec les Bruins et les Black Hawks durant cette saison. Il faut rappeler qu'à l'époque, les équipes n'avaient pas nécessairement de gardien suppléant. La franchise suspendue l'échangea aux Canadiens pour de l'argent en 1933. Alors que le CH avait toujours dans leur alignement le légendaire George Hainsworth qu'ils échangèrent quelques semaines plus tard, Cude fut prêté pour de l'argent aux Red Wing pour la saison 1933-34 qu'il mena à la Coupe Stanley. Inutile de dire que ces pratiques ne se font plus de nos jours... Il allait revenir l'année d'après avec le Canadiens avec qui il joua jusqu'à la fin de sa carrière en 1940-41. Wilf Cude est également considéré comme le gardien le moins pesant de l'histoire, n'ayant apparemment jamais excédé les 130 livres...

Des 10 équipes évoluant dans la ligue nationale à l'époque, 4 seront disparues au début des années 1940... Reste à savoir quelles équipes survivront à la présente crise économique...

Fait intéressant... Le 26 janvier 2007, les Phantoms de Philadelphie de la Ligue Américaine rendirent un hommage à cette équipe en portant un gilet à l'effigie des Quakers lors d'un match contre les Penguins Wilkes-Barre/Scranton. Ils vendirent ces chandails aux enchères afin d'amasser des fonds pour les oeuvres de charités de l'équipe.