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samedi 1 avril 2023

Hib Milks


 


C'est assez rare que je parle de joueurs des années 20 (1920 pas 2020) et encore moins de joueurs des anciens Pirates de Pittsburgh. Je me suis donc dit que ce serait une bonne opportunité de faire ça quand je suis tombé sur un nom comme Hib Milks...

Hibbert Henry «Hib» Milks
est né le 1er avril 1899 dans le petit village de Eardley en Outaouais, un patelin qui fut fusionné en 1975 avec 3 autres villages pour donner aujourd'hui la municipalité de Pontiac. Il déménagea de l'autre côté de la rivière, à Ottawa lors de ses 18 ans et gradua dans les différents niveaux de la ligue de hockey organisé de la région, la Ottawa City Hockey League (OCHL), qui est considérée comme la deuxième ligue organisée dans l'histoire du hockey, ses origines remontant à 1890. Au sein des Gunners d'Ottawa, Milks, qui évoluait comme ailier gauche et comme centre, forma un duo redoutable avec un joueur du nom de Harold Darragh pendant trois saisons, soit de 1919-20 à 1921-22. 
 
Milks et Darragh prirent la décision de joindre les rangs des Yellowjackets de Pittsburgh de la United States Amateur Hockey Association (USAHA) pour la saison 1922-23. Ils revinrent tous les deux dans la OCHL la saison suivante avec les New Edinburghs d'Ottawa mais cela ne dura qu'une saison avant de revenir avec les Yellowjackets en 1924-25 lors de ce qui était la dernière saison d'existence de la USAHA. La saison suivante, comme Pittsburgh allait faire son entrée dans la LNH, une dizaine d'anciens membres des défunts Yellowjackets, bref pratiquement toute l'équipe à cette époque, devinrent membres de la nouvelle organisation des Pirates de Pittsburgh, qui sont essentiellement considérés comme la continuation des Yellowjackets. On retrouvait également chez ces premiers Pirates de futurs membres du temple comme le défenseur Lionel «Big Train» Conacher et le gardien Roy Worters, en plus du fameux duo Darragh-Milks.

Les Pirates de Pittsburgh ont existé pendant seulement 5 saisons et n'ont jamais laissé une très grande marque dans l'histoire du hockey, à l'exception de la présence des Conacher et Worters. Mais si ces derniers représentaient bien le niveau défensif de l'équipe, on n'y retrouvait pas vraiment de grandes vedettes offensives. Durant 4 de ces 5 saisons, c'est Hib Milks qui termina au premier rang des pointeurs des Pirates, Darragh étant celui de la cinquième. Durant ces saisons de 44 matchs, Milks mena les Pirates pour les points avec des saisons de 19, 22, 21 et une de seulement 12 points en 1928-29, qui faisait quand même de lui le meneur des Pirates. 
 
Il faut cependant dire qu'on ne décernait pas autant de mentions d'assistance à l'époque, soit seulement une mention pour la première passe et même souvent qu'on oubliait de l'inscrire au pointage. Par exemple, Milks obtint un sommet en carrière de 18 buts en 1927-28, le restant de sa fiche étant composée de 3 passes. Autre exemple durant cette même saison 1927-28, Howie Morenz du Canadien termina avec 33 buts et 18 passes, ce qui le plaçait au premier rang pour les deux catégories.

 
Milks, au deuxième rang et Darragh à l'avant-dernier.


Les Pirates firent les séries durant deux de leurs trois premières saisons mais commencèrent à vivre des difficultés financières les forçant à vendre des joueurs pour survivre, dont Conacher. Milks et Darragh furent toutefois épargnés et terminèrent exæquo en 1928-29 avec cette mince fiche discutée plus haut de 9 buts et 3 passes chacun pour 12 points en tête des faibles Pirates qui terminèrent avec une fiche de 9-27-8. La saison 1929-30 fut ensuite la dernière de l'équipe où les choses ne firent que se dégrader davantage avec une fiche de 5-36-3.
 
La franchise fut alors achetée par le bootleger Bill Dwyer et déménagée à Philadelphie sous le nom des Quakers en 1930-31, dans l'espoir qu'un nouvel aréna soit construit à Pittsburgh pour y ramener l'équipe plus tard. Les Quakers furent encore pire que les Pirates et finirent leur seule saison d'existence avec une minable fiche de 4-36-4, ce qui est toujours le deuxième pire pourcentage de victoire après les Capitals de Washington de 1974-75. Milks fut toutefois fidèle au poste comme toujours, terminant premier compteur des Quakers avec 17 buts et 23 points. Il termina toutefois au deuxième rang pour les points derrière les 27 points d'un certain Gerry Lowrey. 
 
Cette saison marqua toutefois la fin du duo Milks-Darragh alors que ce dernier fut échangé aux Bruins  en retour d'un défenseur et d'une somme d'argent.

Hib Milks avec les Quakers
Après la disparition des Quakers, Hib Milks aboutit avec les Rangers où il ne fut que très peu utilisé en attaque, terminant la saison 1931-32 totalement blanchi de la colonne des buts avec 0 filets et seulement 4 passes. Il décida ensuite de revenir au bercail, alors qu'il signa avec les Senators, qui eux revenaient au jeu après une saison d'inactivité causée aussi par des difficultés financières. La disette de Milks continua à Ottawa alors qu'il fut de nouveau blanchi durant cette saison 1932-33. N'ayant toujours pas marqué en 19 matchs, il se blessa grièvement au genou en janvier 1933 et ne revint jamais au jeu.

Il retourna dans l'Outaouais après sa retraite et y mourut en 1949 après une longue maladie. Il avait 50 ans.

En 317 matchs dans la LNH, Hib Milks récolta 87 buts et 41 passes pour 128 points. Ses 98 points acquis avec les Pirates font de lui le meneur de l'histoire de la franchise, suivi de près par Darragh à 91 points.

Pour sa part, Darragh joua quelques matchs à Boston suite à son départ de Philadelphie. Il joua ensuite deux saisons à Toronto, mais fut cédé dans la IHL en 1933. Il y joua quelques temps avant de prendre sa retraite en 1936 et revenir lui aussi dans le coin d'Ottawa. Son plus vieux frère, Jack Darragh, joua longtemps pour les Senators, y gagnant 4 Coupes Stanley, et fut élu au temple de la renommée en 1962.

samedi 25 septembre 2021

Roy Worters



En 1920, alors qu’elle n’en était qu’à sa deuxième édition, la Coupe Memorial fut remise au Toronto Parkdale Canoe Club. On retrouvait dans leur alignement une future légende, Lionel Conacher. Dans les buts, on retrouvait aussi un petit gardien de but, Roy Worters.

Après être passé par le hockey senior, Worters pensa abandonner. Son ancien coéquipier, Conacher, le convainquit toutefois de le suivre à Pittsburgh, pour s’aligner avec les Yellow Jackets de la USAHA. Lorsqu’en 1925, l’équipe fut convertie en formation de la Ligue Nationale et devint les Pirates, Worters fit ses débuts dans la LNH. À 5’3’’ et 135 livres, il est devenu (et demeure à ce jour) l’un des plus petits joueurs de l'histoire de la ligue. Selon la légende, la tête de celui qui était surnommé "Shrimp" (crevette) touchait la barre transversale lorsqu’il était profondément dans son filet.

Malgré une faible défensive, Worters tint le fort du mieux qu’il put, faisant des Pirates une équipe moyenne. D’ailleurs, le 26 décembre 1926, il réussit 70 arrêts contre les Americans de New York, mais ce fut malgré tout insuffisant. Pittsburgh s’inclina 3-1.

Après trois saisons, il eut une dispute salariale avec Pittsburgh, ce qui entraîna son échange vers les Americans de New York. En retour, les Pirates, une équipe avec des problèmes aux guichets, obtinrent Joe Miller et 20 000$.

Les Americans étaient alors une équipe pathétique, détenue par Bill Dwyer, un individu louche impliqué dans le trafic d’alcool, avec un entourage qui l’était tout autant.  Il était fréquent de voir ses acolytes armés dans ses bureau du Madison Square Garden. 

Worters rejoignit alors Conacher et ne mit pas de temps à faire sa marque. Il aida les Americans à atteindre les séries pour la première fois. Dans une série de deux matchs au total des buts, ils perdirent toutefois 1-0 en prolongation contre leurs rivaux new yorkais, les Rangers.

Les efforts de Worters furent tout de même soulignés, puisqu’il remporta le Trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe, pour la saison 1928-29.  Il fut d'ailleurs le premier gardien à être choisi pour cet honneur, et il faudra attendre à la saison 1949-50 avant que Chuck Rayner ne réédite l'exploit. 

Le 27 février 1930, il se passa quelque chose qui serait inimaginable aujourd’hui. Le gardien des Canadiens, George Hainsworth, souffrait de grippe. Comme à l’époque, il n’y avait pas de gardien auxiliaire, il fallut donc lui trouver un remplaçant. Il arrivait alors que dans de telles circonstances, une équipe prête un joueur à une autre. Comme les Canadiens avaient joué le samedi précédent contre les Americans, qu’ils jouaient ensuite à Montréal contre Toronto le jeudi et que les Americans jouaient après à Montréal contre les Maroons le samedi suivant, il était logique d’un point de vue logistique que Worters se joigne aux Canadiens pour revenir à Montréal, joue le match contre Toronto dans leur uniforme, avant d’être rejoint par les Americans pour leur match contre les Maroons.

Worters se tira très bien d’affaires et les Canadiens l’emportèrent 6-2. Le samedi suivant, ce fut un retour à la normale pour Worters, alors que les Americans s’inclinèrent 5-1 contre les Maroons. Ce match avec le Bleu Blanc Rouge fut sa seule (et courte) expérience avec une équipe championne, puisque les Canadiens remportèrent ensuite la Coupe Stanley, alors que Worters passa le reste de sa carrière avec les Americans, qui ne s’approchèrent jamais du titre. En fait, ce petit match fut son seul au sein d’équipe qui existe toujours, puisque les Pirates et les Americans ont disparu depuis longtemps.

Ça n’empêcha pas Worters de reprendre le collier et l’année suivante, il le fit de brillante façon. Il remporta le Trophée Vézina pour avoir accordé le moins de buts en 1930-31. Il aida ainsi les Americans à être une équipe moyenne, malgré le fait qu’ils avaient aussi l’attaque la plus anémique de la ligue (à égalité avec les misérables Quakers de Philadelphie). Étonnamment, malgré cet honneur, son nom ne fut pas retenu, ni pour la première équipe d’étoiles, ni pour la deuxième.

Le diminutif Worters n’hésita alors pas à tenir tête à son patron peu fréquentable pour obtenir une augmentation de salaire. Mais Dwyer, qui aimait bien Worters, qui le faisait rire, finit par céder et lui concéda un contrat de trois ans à 8500$ par année, un sommet à ce moment pour un gardien.

Shrimp joua jusqu’en 1937, moment où il dut subir une chirurgie pour une hernie. Il investit ensuite ses économies, dont il avait pris grand soin, dans divers projets hôteliers dans la région torontoise. Il devint ainsi un prospère homme d’affaires.

Il demeura alors en contact avec son ex-entraîneur (et plus tard président de la ligue) Merv "Red" Dutton. Lorsque ce dernier l’initia à la chasse et que Worters tua sa première oie, c’est avec son humour habituel qu’il déclara qu’elle était plus grosse que lui…

Malheureusement, Worters ne put jouir très longtemps de ses succès en affaires, étant emporté par un cancer de la gorge en 1957, à l’âge de 57 ans.

Il fut intronisé à titre posthume au Temple de la renommée en 1969.

Sources:

"Worters occupera le poste de Hainsworth, Roy Worters, de l’Américain, remplacera Geo. Hainsworth", 27 février 1930, La Patrie, page 13,

"Canadiens Capture Second Position By Beating Leafs, 6-2", February 28, 1930, Montreal Gazette, page 16,

"Famous N.H.L. Goalie, Roy Worters, 57, Dies", CP, November 8, 1957, Montreal Gazette, page 25,

"Good Morning" de Vern Greer, November 8, 1957, Montreal Gazette, page 25,

"Former Netminder Ace, Worters, Dies", CP, November 8, 1957, Calgary Herald, page 46.

vendredi 10 avril 2020

Samuel Rothschild



Le père de Samuel Rothschild était un immigrant juif qui quitta la Russie avec ses trois frères, pour immigrer aux États-Unis. Ils allèrent ensuite à Montréal, avant de suivre le train vers l’ouest et de s’établir à Sudbury en 1883. Ils vendirent d’abord des marchandises aux travailleurs du rail, avant de s’ouvrir un magasin général, une boucherie et un magasin d’alcool (qu’ils perdront lors de la prohibition en 1915).

C’est donc dans une famille commerçante relativement prospère qu’est né Rothschild en 1899.

Celui-ci a ensuite déménagé à Montréal, où il étudia à McGill et s’aligna avec leur équipe de hockey. Il enfila également l’uniforme d’autres équipes mineures montréalaises, avant de retourner à Sudbury et de jouer pour les Wolves de l’endroit, d’abord en version junior, puis en version senior.

En octobre 1924, une nouvelle équipe de la LNH basée à Montréal, les Maroons, étaient sur le point de faire leurs débuts. Étant en recrutement, ils lui offrirent un contrat de 2 ans à 3500$ par année, en plus d’un boni à la signature de 1000$.

Le 1er décembre 1924 à Boston, les Maroons firent ainsi leurs débuts contre leurs frères d’expansion, les Bruins. Il s’agissait alors du premier match régulier de la Ligue nationale disputé aux États-Unis. (Des équipes américaines de la PCHA avaient par contre accueilli des matchs de la finale de la Coupe Stanley, puisqu’à ce moment, elle n’était pas encore exclusive à la LNH.) Au même moment, Rothschild faisait ses débuts et devenait ainsi le premier juif à jouer dans la Ligue nationale. Les Bruins l’emportèrent 2-1.

La première saison des Maroons se conclut avec une fiche de 9-19-2, terminant avant-derniers, devant les Bruins. Quant à Rothschild, ses 5 buts et 4 passes en 27 matchs lui assurèrent la troisième position chez les pointeurs de son équipe, derrière Punch Broadbent et Reg Noble.

L’année suivante, l’arrivée de Nels Stewart et de Babe Siebert améliora grandement la famélique attaque des Maroons. À eux deux, ils comptèrent plus de buts que l’équipe en entier en avait marqué lors de la saison inaugurale. (Par contre, il faut noter que le calendrier avait passé de 30 à 36 matchs.)

Ces performances aidèrent les Maroons à grandement s’améliorer. Ils terminèrent la saison régulière en deuxième place, pour ensuite surprendre Ottawa en séries et rafler la Coupe O'Brien et se mériter le droit d’affronter les champions de la WHL, les Cougars de Victoria, pour la Coupe Stanley.

Nels Stewart marqua 6 des 10 buts de son équipe, permettant aux Maroons de remporter la Coupe à leur deuxième année. Cette finale marqua aussi la dernière apparition d’une équipe n’appartenant pas à la LNH en finale de la Coupe Stanley, puisque la WHL cessa ensuite ses activités.

De son côté, bien que membre d’une équipe championne, Rothschild vit son utilisation diminuée et il se contenta de 2 buts et une passe en saison régulière.

Il revint tout de même pour une troisième saison, où il accumula un but et une passe.

Ses droits furent ensuite vendus aux Pirates de Pittsburgh en novembre 1927, mais son séjour dans la ville de l’acier fut de courte durée. En décembre, il fut suspendu par l’équipe parce qu’il ne s’était pas conformé aux règles de l’équipe pour ce qui est des pratiques, en plus de ne pas être suffisamment en forme. Il termina alors la saison avec les Americans de New York, avant de prendre sa retraite, suite à une blessure au genou.

Il retourna ensuite à Sudbury, où il devint entraîneur des Wolves. Son équipe, qui avait un jeune Toe Blake dans ses rangs, remporta d’ailleurs la Coupe Memorial en 1932.

Il devint également représentant pour Seagram pendant de longues années et s’impliqua au niveau du curling, devenant à un moment président de l’association nationale. Il est d’ailleurs membre du Temple de la renommée du curling canadien. Il a aussi été conseiller municipal et président de la chambre de commerce, toujours à Sudbury.

Il est décédé en 1987, à l’âge de 87 ans.


Sources:
“Rothschild Suspended”, December 26, 1926, Montreal Gazette, page 14,
“Rothschild Released”, December 39, 1926, page 14,
“The Rothschilds Story”, June 1, 2011, Sudbury Living Magazine, (sudburylivingmagazine.com),
“Sudbury, Sports” (ontariojewisharchives.org), curling.ca/hof, wikipedia.org.

samedi 25 mai 2019

Frank Fredrickson



Frank Fredrickson est né à Winnipeg de parents islandais. En 1913, il se joignit aux Falcons de l’endroit. En trois ans, il mit à profit ses talents de buteurs, en plus de jouer avec l’équipe de l’Université du Manitoba.

En 1915, la guerre faisait rage et Fredrickson se joignit alors à l’armée. Il joua une saison avec l’équipe du 223e bataillon, avant de se diriger vers l’Europe avec ses frères d’armes. Pendant la guerre, Fredrickson survécut à un naufrage, alors que son navire avait été torpillé par les Allemands.

À son retour au pays, il retourna avec les Falcons, avec qui il marqua 23 buts en 10 matchs. Ceux-ci firent alors leur chemin jusqu’au titre de la Coupe Allan de 1920. Encore une fois, Fredrickson remplit le but, en marquant 22 fois en 6 matchs.

Suite à cette victoire, il y avait une nouveauté. Pour la première fois, le hockey serait représenté aux Jeux Olympiques et ce sont les champions de la Coupe Allan qui furent désignés pour représenter le Canada. À noter qu’à l’époque, les Jeux d’hiver n’existaient pas encore. Les Falcons se rendirent donc à Anvers, en Belgique. Par contre, le tournoi de hockey n’a pas eu lieu en même temps que les autres compétitions d’été. Fredrickson et ses coéquipiers ont joué au mois d’avril, alors que les autres médailles ont été décernées en août et en septembre. À partir de 1924, des Jeux d’hiver, distincts, furent organisés.

Lors du tournoi, on remarqua rapidement une grande disparité entre le Canada et les États-Unis d’un côté et les pays européens de l’autre. De l’aveu même de Fredrickson, il devenait difficile de se restreindre pour ne pas trop humilier l’adversaire. Ça n’empêcha toutefois pas les Américains de rosser la Tchécoslovaquie 16-0 et la Suisse 29-0. Du côté canadien, Fredrickson fut le meilleur buteur de son équipe, en comptant 12 fois en 3 matchs, dont 7 lors du match qui assura le Canada de l’or, une victoire de 12-1 contre la Suède.

De retour au pays, Fredrickson songeait à poursuivre sa carrière militaire en se joignant à l’aviation. Il reçut toutefois une offre de Lester Patrick de 2 500$ pour se joindre à une équipe de sa ligue, l’Association de hockey de la Côte du Pacifique (PCHA). Il s’aligna donc avec les Aristocrats (plus tard renommés Cougars) de Victoria, l’équipe entraînée par Patrick.

En 1922-23, Fredrickson fut le meilleur buteur (39) et le meilleur pointeur de la ligue (55), cette dernière marque constituant un record de la PCHA.

À cette époque, les champions de l’ouest défiaient les champions de la LNH (uniquement dans l’est) pour la Coupe Stanley. Fredrickson et ses coéquipiers des Cougars atteignirent ainsi la finale en 1925 et en 1926, parvenant à défaire les Canadiens la première fois et perdant contre les Maroons la deuxième.

Suite à cette saison, la Western Hockey League (WHL), qui a avait absorbé deux ans plus tôt les équipes restantes de la PCHA, cessa à son tour ses activités. Au même moment, la LNH procédait à une triple expansion. Les joueurs des Rosebuds de Portland servirent alors de base pour la formation des Black Hawks. Quant à Fredrickson et plusieurs autres joueurs de Victoria, ils prirent la route de Détroit pour former les Cougars (et futurs Red Wings). Les Rangers, de leur côté, firent cavalier seul.

Fredrickson ne demeura toutefois pas longtemps avec les faibles Cougars, puisqu’en janvier, il fut échangé aux Bruins. Au cours de cette campagne 1926-27, il accumula tout de même un respectable total de 18 buts en 44 matchs.

Deux ans plus tard, ce fut au tour des Bruins de l’échanger, aux Pirates de Pittsburgh cette fois, contre Mickey MacKay et 12 000$. N’ayant joué que 12 matchs avec Boston et n’étant plus là lors de leur victoire de 1929, le nom de Fredrickson n’aurait pas dû se retrouver sur la Coupe Stanley. Toutefois, pour des raisons obscures, on inclut son nom lorsqu’on refit la Coupe en 1957-58.

En 1929-30, Fredrickson devint l’un des rares joueurs-entraîneurs de l’histoire de la LNH, avec les Pirates. Ceux-ci connurent par contre la pire saison (5-36-3) de leur peu glorieuse histoire. Ils déménagèrent ensuite à Philadelphie, mais sans Fredrickson, qui fut libéré et qui retourna à Détroit pour une dernière saison dans la LNH.

Il fut par la suite entraîneur, entre autres des équipes de l’Université de la Colombie-Britannique et de Princeton.

Son passé militaire refit également surface en 1942, alors qu’il mena l’équipe de l’aviation au titre de la Coupe Allan, dans une équipe qui comptait tout de même sur les services de la Kraut Line (Woody Dumart, Milt Schmidt et Bobby Bauer) au complet, qui avaient quitté les Bruins pour se joindre à l’effort de guerre.

Celui qui fut aussi conseiller municipal à Vancouver et qui fut intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1958, est décédé en 1979, à l’aube de ses 84 ans.


Sources : hhof.com, wikipedia.org.

vendredi 10 mai 2019

Joe Miller



Après avoir joué avec des équipes plus ou moins professionnelles de la région de Pittsburgh, des équipes de la région d’Ottawa et au Minnesota, Joe Miller eut l’occasion de déloger Jake Forbes devant le filet des faibles Americans de New York et de faire ses débuts dans la Ligue nationale en 1927-28.

Miller parvint à se débrouiller, mais il ne put pas faire de miracles derrière une défensive poreuse. Critiqué malgré tout, il demanda lui-même aux Americans de l’envoyer aux Cataracts de Niagara Falls de la Canadian Professional Hockey League, l’ancêtre de l’IHL. Jake Forbes prit le chemin inverse et reprit son poste devant le but des Americans. Par contre, Miller devint ainsi considéré comme un gardien de relève potentiel dans une LNH où les équipes n’avaient qu’un seul portier.

L’occasion se présenta dans des circonstances plutôt dramatiques. Lors du deuxième match de la finale, le gardien des Rangers Lorne Chabot fut durement atteint près de l’œil gauche. Comme il ne pouvait pas continuer, les Rangers demandèrent la permission d’utiliser les services d’Alex Connell des Senators, qui se trouvait dans la foule. Toutefois, leurs adversaires, les Maroons de Montréal, refusèrent. Devant cette impasse, l’entraîneur et ex-joueur Lester Patrick, décida d’aller lui-même défendre les buts des Rangers, même si ça n’avait jamais été sa position lorsqu’il jouait. Patrick se débrouilla bien, permettant à New York de l’emporter 2-1 en prolongation et d’égaliser la série. Toutefois, le problème demeurait pour les autres matchs.

Les deux équipes s’entendirent finalement pour permettre aux Rangers d’utiliser Miller.

L’ex-gardien des Americans put ainsi enfin bénéficier d’une défensive digne de ce nom. Nels Stewart et Babe Siebert le déjouèrent tout de même, permettant aux Maroons de l’emporter 2-0. Le jeu de Miller fut néanmoins souligné. Mais ce n’était que partie remise.

Miller blanchit Montréal lors du quatrième match, remporté 1-0 par New York. Le cinquième et décisif match aurait donc lieu au Forum.

À ce moment, Frank Boucher marqua deux fois, avant que Miller, solide, ne cède finalement devant Bill Phillips en fin de troisième période. Il céda ensuite devant Eddie Oatman, mais l’arbitre signala un hors-jeu et annula le but. Ceci provoqua l’ire de la foule, qui lança une multitude d'objets sur la glace et qui tenta de faire un mauvais parti au président de la ligue, Frank Calder.

Les Rangers tinrent le coup et remportèrent alors une première Coupe Stanley à seulement leur deuxième saison, et Miller en faisait partie.

Les Americans profitèrent alors de la valeur accrue de Miller pour l’envoyer aux Pirates de Pittsburgh avec 20 000$ pour obtenir un autre gardien, Roy Worters. Ce dernier donna raison aux Americans, en remportant le Trophée Hart.

De son côté, Miller se retrouva à nouveau au sein d’une formation faible, avec une attaque anémique. Il passa deux ans à Pittsburgh, avant de déménager avec le reste de l’équipe à Philadelphie et de jouer une dernière saison avec les misérables Quakers en 1930-31. Il joua finalement une dernière saison dans l’IHL, avec Syracuse.

Miller joua donc l’entièreté de ses 127 matchs en saison régulière (24-87-16) avec des équipes non seulement très faibles, mais qui n’existent plus. Toutefois, la blessure à Lorne Chabot lui permit de participer à trois petits matchs en séries, ses seuls avec une équipe qui existe toujours, qui lui permirent d’avoir son moment de gloire et de remporter une Coupe Stanley avec une équipe qui n’était pas la sienne.

Il est décédé en 1963, à l’âge de 62 ans.


Sources : “Morenz On Scoring Bee As Canadiens Beat Americans”, 5 décembre 1927, Montreal Gazette, page 18, “Americans Jolted Confident Maroon Team, Forcing Tie”, 8 février 1928, Montreal Gazette, page 16, “New York Rangers Even Count In Stanley Cup Competition Defeating Montrealers 2 To 1”, Canadian Press, 9 avril 1928, Ottawa Citizen, page 11, “Joe Miller gardera les buts du club Rangers lors de la troisième partie”, 10 avril 1928, La Patrie, page 10, “Maroons Still Are Favored, Despite Knotted Series”, 10 avril 1928, Montreal Gazette, page 14, “Maroons Took Lead In Hockey Finals, Beat Rangers 2-0”, 11 avril 1928, Montreal Gazette, page 16, "N.Y. Rangers Took Stanley Cup And Hockey Laurels", 16 avril 1928, Montreal Gazette, page 16, hhof.com, wikipedia.org.

jeudi 9 juin 2016

Le hockey à Pittsburgh (2e partie)





Après la fin de la WPHL en 1908-09 et l’avènement de plus en plus populaire du professionnalisme dans le hockey (voir 1ère partie), il y eut un léger essoufflement du hockey à Pittsburgh. Entre 1910 et 1915, aucun match ne fut joué au Duquesne Garden dont la patinoire fut reconvertie en piste pour patins à roulettes, un nouveau passe-temps qui supplanta la patin traditionnel en popularité à l'époque. Donc aucun hockey ne fut joué pendant la moitié de la décennie. Mais après cette courte pause, le hockey reprit tranquillement sa place dans cette partie de la Pennsylvanie.


Pittsburgh Yellow Jackets (USAHA)
1915-1925

En 1915, un ancien arbitre du nom de Roy Shooley, canadien d'origine, raviva le hockey à Pittsburgh en créant une nouvelle équipe amateure au Duquesne Garden. Au départ, les Yellow Jackets ne jouaient que sporadiquement dans des compétitions indépendantes. Toutefois en 1920,  la United States Amateur Hockey Association (USAHA) fut créée et Pittsburgh joignit cette dernière un an plus tard en 1921.

Encore une fois on eut droit à quelques épisodes de passe-passe durant cette période où s'opposaient les statuts d'amateurs et de professionnels. La USAHA était à la base qu'une ligue amateure senior mais il y eut rapidement des accusations envers quelques équipes de rémunérer leurs meilleurs joueurs. Shooley, pour sa part faisait partie des plus audacieux. Il réussit à convaincre nul autre que le grand Lionel Conacher (texte du 9 mai 2009) de venir jouer à Pittsburgh. Conacher, qui ne voulait pas perdre son statut d'amateur, refusa des offres pour jouer à Montréal et Toronto et s'amena avec les Yellow Jackets en 1923. Il fut nommé capitaine et il invita également plusieurs amis et anciens coéquipiers à venir le rejoindre à Pittsburgh par la suite, ce qui fit des Yellow Jackets une équipe redoutable qui remporta le championnat de la USAHA en 1924 et 1925. En plus de Conacher, les Yellow Jackets étaient munis d'un autre futur membre du temple de la renommée, le diminutif gardien Roy Worthers.

Conacher, évidemment, n'était pas simplement venu à Pittsburgh par plaisir et pour demeurer "amateur". Schooley lui dénicha un emploi dans une compagnie d'assurances et lui paya aussi ses études à l'université Duquesne où il jouait également avec l'équipe de Football.

L'attitude de mercenaires des Yellow Jackets enragea le reste des équipes de la USAHA qui surnommèrent l'équipes les "Pittsburgh Canadians" en raison de leur pourcentage élevé de joueurs importés...

La USAHA et les Yellow Jackets cessèrent leurs activités en 1925.


Équipe Olympique Américaine de 1920

Pour les premiers jeux olympiques incluant le hockey sur glace, l'équipe représentant les États-unis avait une saveur particulièrement "Pittsburghienne". Elle fut sélectionnée et dirigée par ce même Roy Shooley, alors gérant des Yellow Jackets et du Duquesne Garden où l'équipe s’entraîna en vue des jeux. Cette première édition (seulement 11 joueurs à l'époque) comprenait 2 joueurs des Yellow Jackets tandis que les autres jouaient au Minnesota ainsi qu'à Boston.

Afin de financer cette aventure olympique, une série de quatre matchs eut lieu au Duquesne Garden contre des équipes de Winnipeg et aussi contre les Tigers d'Hamilton de la LNH.

Il y eut plusieurs soupçons au niveau de l'éligibilité de certains joueurs de cette équipe. Des journaux d'Ottawa reportèrent que les joueurs de l'équipe américaine étaient pratiquement tous originaires du Canada. Mais au final l'équipe olympique de 1920 était officiellement composée de joueurs éligibles naturalisés américains malgré certaines ambiguïtés. L'équipe remporta la médaille d'argent, n'allouant que deux buts contre le Canada lors de leur seule défaite en semi-finale. Ils écrasèrent notamment la suisse 29-0 en première ronde.


Pittsburgh Pirates (NHL)
1925-1930

Après la fin de la USAHA en 1925, Shooley eut des problèmes financiers et vendit donc les Yellow Jackets à un avocat du nom de James Callahan. Ce dernier obtint par la suite une franchise de la LNH et y transféra ainsi sa nouvelle acquisition. Shooley garda tout de même les droits sur le nom des Yellow Jackets et Callahan renomma ensuite son équipe sous le nom des Pirates, comme l'équipe de baseball dont le propriétaire donna la permission d'utiliser le même nom. Ils furent la première équipe professionnelle de Pittsburgh à adopter le noir et or comme couleurs d'uniformes.

Comme les Yellow Jackets étaient tellement dominants dans la USAHA, presque tous les joueurs de l'équipe restèrent avec les Pirates lors de leur entrée dans la LNH, dont le légendaire Lionel Conacher et leur gardien Roy Worthers. Parmi les nouveaux joueurs des Pirates, il y eut notamment l'ancien des Canadiens et des Wanderers, Odie Cleghorn, qui fut nommé joueur-entraîneur de l'équipe. Cleghorn fut d'ailleurs un des premiers entraîneurs de la LNH à effectuer des changements de trios pendant que le jeu se déroulait (on the fly). Cette pratique fut rapidement adoptée par ses confrères par la suite. 


Saison 1928-29

Les Pirates connurent une bonne première saison et perdirent en demi-finale contre les éventuels champions de la coupe Stanley, les Maroons de Montréal. L'équipe ne fit pas les séries la saison suivante durant laquelle ils échangèrent Conacher, leur capitaine et meilleur joueur, aux Americans de New York. Ils retournèrent en séries l'année suivante où ils perdirent de nouveau en demi-finale contres les Rangers. Les choses allèrent en dégradant par la suite. Ils terminèrent les deux saisons suivantes au dernier rang de la ligue dont une fiche désastreuse de 5-36-3 en 1929-30 suite à quoi les effets du crash boursier de 1929 vinrent forcer les propriétaires des Pirates à déménager temporairement l'équipe à Philadelphie. Ils espéraient revenir à Pittsburgh si ils parvenaient à construire un nouvel aréna pour remplacer le Duquesne Garden qui commençait à devenir désuet.

Les Quakers de Philadelphie ne firent malheureusement pas long feu (4-36-4) en 1930-31 et la franchise dut suspendre ses opérations jusqu'à ce que les choses s'améliorent financièrement. Lorsque les plans pour un nouvel aréna à Pittsburgh échouèrent, les propriétaires des Quakers/Pirates décidèrent de fermer boutique pour de bon en 1936.

Pittsburgh Yellow Jackets (IHL, EHL, équipe indépendante)
1930-32, 1934-1937


Après le départ des Pirates, Shooley avait le champ libre pour faire renaître la franchise des Yellow Jackets (dont il détenait les droits sur le nom) dans une nouvelle ligue du nom de la International Hockey League (IHL). Cette ligue en était à sa deuxième saison lors de l'arrivée des Yellow Jackets en 1930-31. Cette première version de la IHL fusionna plus tard avec d'autres ligues et se renomma éventuellement sous le nom de la AHL en 1940. Deux ans après avoir ressuscité les Yellow Jackets, Shooley vendit l'équipe à John Harris, un propriétaire d'une chaîne de cinémas. Mais des difficultés financières et des rumeurs que les Pirates pourraient finalement reprendre leurs activités forcèrent les nouveaux proprios des Yellow Jackets à suspendre leurs opérations en 1932. Les Pirates détenaient toujours un droit territorial qui aurait empêché les deux équipes de cohabiter à Pittsburgh. Mais ces rumeurs n'aboutirent finalement à rien et les Yellow Jackets restèrent néanmoins en suspens durant deux saisons.

L'équipe reprit finalement ses activités en 1934 mais en tant qu'équipe hors-ligue indépendante et ne jouait que des matchs hors-concours lors de la saison 1934-35 avant de se retrouver une niche dans une ligue la saison suivante. Toutefois ils ne retournèrent pas dans la IHL mais plutôt dans une autre ligue du nom de la Eastern Amateur Hockey League (EAHL). Parmi les joueurs de cette nouvelle édition des Yellow Jackets on retrouvait Gordie Drillon (texte du 10 mai 2012), qui connaîtra plus tard plusieurs bonnes saisons avec les Maple Leafs.

Le meilleur joueur des Yellow Jackets fut cependant le gardien Frank Brimsek (texte du 6 octobre 2014) qui commença sa carrière avec les Yellow Jackets lors de leur saison comme équipe indépendante en 1934. Il devint plus tard un gardien étoile avec les Bruins de Boston et termina sa carrière comme étant le meilleur gardien américain de l'histoire, détenant entre autres le record pour le nombre de victoires par un américain. Il détiendra ce record jusqu'en 1994 lorsqu'il fut dépassé par Tom Barrasso... des Penguins de Pittsburgh.

Les Yellow Jackets ne jouèrent au final que deux saisons dans la EAHL avant de cesser leurs activités, principalement dû à l'arrivée d'une nouvelle équipe à Pittsburgh que vous verrez plus tard dans cette liste.


Pittsburgh Shamrocks (IHL)
1935-36

En 1935, pendant que les Yellow Jackets se préparaient à entrer dans la EAHL, une autre équipe apparut à Pittsburgh sous le nom des Shamrocks. L'entraineur des Shamrocks était l'ancienne peste du Canadien Sprague Cleghorn dont le frère Odie avait également entraîné à Pittsburgh avec les Pirates (voir plus haut). Cette nouvelle équipe de la IHL partagea le Duquesne Garden avec les Yellow Jackets durant la saison 1935-36 mais ne fit pas long feu. Les propriétaires de l'équipe perdirent 40,000$ durant cette courte aventure et fermèrent boutique après une seule saison.

Le propriétaire des Shamrocks Larry Welch déclara que "ces trèfles (traduction de shamrock) ne sont pas très chanceux".

Peu de joueurs de renom dans l'équipe si ce n'est que quelques ex-Canadiens dont les frères Conrad et Jean-Louis Bourcier ainsi que Nick Wasnie, qui selon Aurèle Joliat, serait le véritable inventeur du lancer frappé...(ce sera à éclaircir plus tard...)


Pittsburgh Hornets (IAHL - AHL)
1936-56, 1961-67


En 1936, la IHL fusionna avec la Canadian-American Hockey League (Can-Am) et se renomma la International American Hockey League (IAHL) avant de raccourcir tout ça en 1940 avec le nom American Hockey League (AHL). John Harris, le propriétaire des Yellow Jackets, acheta la franchise des Olympics de Détroit de la IHL et les déménagea à Pittsburgh. Il renomma l'équipe les Hornets (un autre nom d'insecte) qui comme les Shamrocks avant eux, partagèrent le Duquesne Garden avec les Yellow Jackets. Cette fois-ci Harris était propriétaire des deux équipes mais cela ne dura qu'une seule saison une fois de plus et les Yellow Jackets laissèrent le champ libre aux Hornets à partir de la saison 1937-38.

Les Hornets furent donc la seule équipe professionnelle de la ville pour un bon moment, soit jusqu'en 1967. Quelques joueurs des Yellow Jackets et aussi des Shamrocks restèrent en ville avec la nouvelle équipe des Hornets cependant. Le club était d'abord affilié aux Red Wings durant ses premières saisons mais devinrent plus tard le club-école des Maple Leafs de Toronto pendant plusieurs saisons, ce qui fit des Hornets une très forte équipe à l'époque avec la bonne qualité du réseau des Leafs.

Les Hornets jouèrent 20 saisons dans la AHL et remportèrent deux coupes Calder (1952 et 1955) avant de suspendre leurs activités après la saison 1955-56 car le vétuste Duquesne Gardens dut être démoli suite à un réaménagement majeur de ce secteur de la ville de Pittsburgh. Cependant aucun aréna adéquat n'était disponible et aucune équipe professionnelle ne joua à Pittsburgh jusqu'à l'ouverture du Civic Arena en 1961. Les joueurs des Hornets joignirent d'autres équipes de la AHL et de la LNH pour la saison 1956-57. 


Duquesne Garden
1895-1956

Après 5 ans d'inactivité, les Hornets revinrent sur la scène en 1961-62 et étaient cette fois affiliés aux Red Wings de nouveau. La deuxième version des Hornets devinrent une des meilleures équipes de la AHL de l'époque mais durent faire place à la nouvelle équipe des Penguins après la grande expansion de 1967. Ils terminèrent toutefois les choses en grande en remportant une dernière fois la coupe Calder en 1967.

Plusieurs joueurs de renom dans l'histoire des Hornets dont George Armstrong, Larry Aurie, Baz Bastien, Scotty Bowman, Mud Bruneteau, Tim Horton, Andy Bathgate, Roger Crozier, Pete Mahovlich, Pit Martin et même Doug Harvey le temps de 28 matchs en 1966-67. 

D'ailleurs Mahovlich, en début de carrière, fit partie de l'édition championne de 1967 en compagnie de Harvey, qui lui était alors en fin de carrière. Sur cette photo, Mahovlich est le 4e joueur de la 2e rangée et Harvey est au dernier rang de cette même rangée.
Hornets de Pittsburgh
Champions de la coupe Calder 1967


Dans la prochaine partie, je parlerai de l'arrivée des Penguins ainsi que des quelques autres équipes très obscures à avoir évolué à Pittsburgh depuis l'arrivée de ces derniers en 1967. 



Sources:
wikipedia
hockeydb


mercredi 1 juin 2016

Le hockey à Pittsburgh (1re partie)






Après Dallas, St. Louis et la baie de San Francisco, voici l’historique hockey d’une autre ville toujours présentement en série: Pittsburgh, la “ville de l’acier”.

Le hockey à Pittsburgh, à ma grande surprise, a une plus longue histoire que ce que l’on pourrait croire à première vue. On connaît bien sûr les actuels finalistes de la coupe Stanley, les Penguins et peut-être que certains d’entre vous connaissent les anciens Pirates de Pittsburgh (1925-30) mais les racines du hockey à Pittsburgh remontent en fait à la fin du 19e siècle, soit quelques années après les premiers développements du sport au Canada. J’en ai même tellement à dire qu’il s’agira d’un article en deux parties…hum peut-être même trois.

Les premiers balbutiements du hockey dans cette ville débutèrent vers 1895 alors que James Wallace Conant, un employé du futur Schenley Park Casino convainquit ses patrons d’installer une glace artificielle dans ce nouveau bâtiment. Il s’agissait alors de la première glace artificielle intérieure aux États-Unis et elle fit grandement sensation auprès de la population de Pittsburgh surtout lors de son ouverture en plein été 1895. Au départ elle n’était accessible que pour le patinage libre mais le 30 décembre 1895 on put assister au premier match d’exhibition de hockey intérieur de l’histoire de la ville (et possiblement de l’histoire des États-Unis), 20 ans après le premier match intérieur montréalais à la patinoire Victoria (voir texte du 3 mars 2015).


Le Schenley Park Casino
(circa 1895 ou 1896)


Ce match eut lieu entre des étudiants de l’Université Queen’s de Kingston en Ontario contre des patineurs de l’Université Western de Pittsburgh qui eux n’avaient jamais joué à ce sport auparavant. Ils jouèrent ce match devant environ 3000 personnes et le hockey devint une des attractions vedettes du casino à chaque vendredi soir par la suite avec la création de 3 autres équipes locales qui entamèrent une saison complète de jeu en 1896. On rapporte même que plusieurs joueurs canadiens arrivèrent à Pittsburgh pour jouer au casino et que quelques-uns d’entre eux auraient même été payés, chose taboue durant cette époque où l’amateurisme était roi. Cependant le casino eut une courte existence alors qu’il passa au feu en décembre 1896 et le hockey à Pittsburgh dut prendre une pause. Cette première “ligue” fut donc dissoute sans pouvoir disputer de championnat alors qu’aucun autre aréna adéquat n’existait à Pittsburgh.


Duquesne Garden
1899-1956


Christopher Magee, un ancien actionnaire du casino ne resta pas en reste cependant et construisit le Duquesne Garden, un nouvel aréna et amphithéatre ultra-moderne. La patinoire du complexe fut ouverte au grand public le 23 janvier 1899. Magee engagea Conant comme directeur et ce dernier ramena le hockey dans la ville le lendemain de l’ouverture de la patinoire avec un match entre l’université Western et le Pittsburgh Athletic Club (PAC) un des anciens clubs de la ligue précédente au casino. Encore une fois de nombreux canadiens vinrent jouer dans cette nouvelle patinoire qui demeura le berceau du hockey à Pittsburgh pendant presque 60 ans. 


Pittsburgh Lyceum (WPHL)
1907-08


C’est en 1899 qu’une première ligue officielle prit finalement forme sous le nom de la Western Pennsylvania Hockey League (WPHL), quoique la fondation de la ligue remonte à l’époque du casino mais ne portait pas vraiment de nom officiel à l’époque. Elle comprenait originalement trois équipes, les Bankers, le Pittsburgh Athletic Club et les Keystones, toutes établies à Pittsburgh. La WPHL devint la première ligue de hockey professionnelle lors de la saison 1901-02 en important des joueurs canadiens et les payant environ 20$ par semaine, ce qui fit de ses joueurs des parias dans les ligues amateures canadiennes. Ces signatures et accords monétaires demeuraient toutefois secrets et la ligue ne s’affichait pas ouvertement comme professionnelle.

La WPHL fut bientôt rejointe par une ligue concurente, la International Professionnal Hockey League (IPHL), une ligue basée au Michigan qui débuta ses activités en 1904. La IPHL est officiellement reconnue comme la première ligue ouvertement professionnelle alors que la WPHL est de nos jours plutôt considérée comme semi-professionnelle. La WPHL a toutefois joué un grand rôle dans l’avènement du professionnalisme dans le hockey. Les deux ligues se disputèrent un championnat en 1904 qui fut remporté par le club Portage Lake de la IPHL.

La WPHL suspendit toutefois ses activités alors que plusieurs de ses meilleurs éléments firent le saut dans la IPHL. En 1907, alors que les ligues professionnelles commencèrent à graduellement apparaître au Canada, la IPHL cessa ses activités et la WPHL fut ressuscitée pour la saison 1907-08. La nouvelle WPHL ne put toutefois pas compétitionner très longtemps avec les plus hauts salaires des nouvelles ligues et cessa ses activités pour de bon le 23 décembre 1908.

En tout, la WPHL comprit 9 équipes durant son existence mais jamais plus de 4 en même temps.

Voici quelques équipes de Pittsburgh ayant fait partie de la WPHL et aussi de la IPHL:


University of Pennsylvania (Western)
(1895-1900)


Le premier match de hockey à Pittsburgh, comme celui de Montréal d’ailleurs, eut lieu entre des étudiants universitaires. Le premier match à Pittsburgh mentionné plus haut eut lieu à la fin 1895 mais bientôt un club officiel de l’université fut formé et joua dans la ligue du casino durant sa seule saison d'existence. Le club revint par la suite dans la WPHL durant 2 saisons avant de quitter la ligue en 1900. Il s’agit évidemment d’une des premières équipes de hockey universitaires des États-unis. Le joueur le plus notable de la courte histoire de ce club fut Stanley Willett, un ancien champion de la coupe Stanley avec les Victorias de Montréal en 1896.


Pittsburgh Athletic Club
(1896-1904, 1907-1909)


Un des clubs fondateurs de la ligue avec Western, le Pittsburgh Athletic Club (PAC) remporta les trois premiers championnats de la nouvelle ligue en 1899, 1900 et 1901. Le club suspendit ses activités en 1904 comme le reste de la ligue et revint par la suite en 1908 pour une dernière saison. Le PAC est le seul club de la WPHL à avoir joué durant toute son existence.

Quelques joueurs de renom firent partie du PAC dont le légendaire joueur mercenaire Cyclone Taylor le temps de 3 matchs en 1908 ainsi que Alf Smith qui y joua en 1902 et par la suite en 1909. Durant son séjour hors-Pittsburgh, Smith gagna 4 coupes Stanley d’affilée avec les Silver Seven d'Ottawa. Les deux joueurs furent plus tard admis au temple de la renommée.


Pittsburgh Bankers
(1900-04, 1907-09)


Vers la fin du siècle, afin d’attirer de la publicité, quelques banques de Pittsburgh organisèrent une ligue amateure de hockey local et c’est ainsi que débuta la “Bankers League”. Les banques engagèrent aussi quelques joueurs canadiens mais devaient leur donner des emplois bidons afin qu’ils soient éligibles à jouer dans la ligue en tant qu'employés. Les meilleurs joueurs de la ligue furent rapidement réunis dans une seule équipe qui joignit ensuite la WPHL sous le nom des Bankers. Menés par le futur membre du temple de la renommée Hod Stuart (voir texte du 12 août 2013), les Bankers remportèrent le championnat de 1903. L’équipe fut suspendue en 1904 lors le l’arrivée de la IPHL mais revint pour la saison 1907-08 lorsque la WPHL fut ressuscitée.

Durant cette nouvelle saison, on assista à ce qui est considéré comme le premier échange de l’histoire du hockey professionnel. Le 28 janvier 1908, les Bankers et une nouvelle équipe du nom des Pirates effectuèrent un échange impliquant 6 joueurs soit 3 de chaque côté. Cet échange a du être concluant pour les Bankers qui remportèrent également le championnat en 1908 (photo).

Comme on peut aussi voir sur la photo, les Bankers portaient bien leur nom avec le signe de dollar sur leur chandail.


Pittsburgh Professionnals
(1904-1907)


Avec l’émergence de la IPHL et la dissolution de la WPHL en 1904, les meilleurs éléments de la WPHL qui n’avaient pas quitté pour d’autres équipes furent réunis en une seule équipe représentant Pittsburgh qui prit le nom des Professionnals. Les partisans locaux les surnommèrent cependant du nom des “Coal Heavers”, ce qui se traduit par les souleveurs ou transporteurs de charbon.

Hod Stuart, alors considéré comme le meilleur joueur au monde, resta avec le club de Pittsburgh après avoir joué pour les Bankers. Il fut aussi accompagné par d'autres futurs membres du temple de la renommée dont Tommy Smith, Bruce Stuart (frère de Hod) et Jimmy Gardner. Les deux frères Stuart ainsi que Gardner furent plus tard réunis avec les Wanderers de Montréal. Gardner termina sa carrière avec les Canadiens en 1915 et devint plus tard leur entraîneur. Les Professionnals ne remportèrent jamais de championnat dans la IPHL et cette dernière fut dissoute en 1907, permettant à la WPHL de revenir sur la scène à Pittsburgh.

Dans la 2e partie, on passera à l’après WPHL à Pittsburgh et à la venue temporaire de la NHL en 1925 ainsi que d'autres équipes des ligues mineures.


mercredi 25 février 2015

Les derniers joueurs actifs (3ème partie)






Voici la 3ème partie sur les derniers joueurs actifs des nombreuses équipes défuntes de la LNH. Cliquez ici si vous voulez lire ou relire la 1ère et la 2ème partie.


Maroons de Montréal (1924-1938) : Toe Blake (1948)

J'aimerais commencer par rectifier une erreur de ma part dans la 1ère partie. Un lecteur m'a fait part que contrairement à ce que j'ai écrit, ce n'est pas Herb Cain qui fut le dernier membre des Maroons mais bien le légendaire Toe Blake. Cain joua dans la ligue nationale jusqu'en 1946 mais Blake y joua jusqu'en 1948. Il commença sa glorieuse carrière non pas avec les Canadiens mais avec les Maroons avec qui il joua 8 match en 1934-35 avant d'être échangé aux Canadiens par la suite. Il joua avec les glorieux jusqu'en 1948, occupant les 8 dernières saisons comme capitaine. Il devint par la suite entraineur en remplacement de Dick Irvin en 1955 et gagna un record de 8 coupes Stanley comme entraineur en plus de ses 3 comme joueur. À noter qu'une de ses coupes gagnées comme joueur fut avec les Maroons en 1935. Malgré le fait qu'il ne joua pas durant les séries, son nom fut quand même inscrit sur la coupe. Merci donc à ce lecteur anonyme pour sa vigilance. J'espère croire qu'il n'y a pas d'autres erreurs de ma part mais libre à vous de me corriger si c'est le cas.

Écart entre la fin des Maroons et le dernier match de Blake : 10 ans.



Seals de Californie/Barons de Cleveland (1967-1976) : Dennis Maruk (1988)

Le dernier joueur actif d'une des franchises favorites à LVEUP est aussi un de nos joueurs fétiches et un des plus sous-estimés de tous les temps, le grandiose Dennis Maruk. Il fut repêché par les Seals au 21ème rang en 1975 et il fit l'équipe pour la dernière saison de l'histoire des Seals en 1975-76 avant de déménager à Cleveland. Il termina premier compteur lors des 2 seules années d'existence des Barons suite à quoi l'équipe fut fusionnée avec les North Stars du Minnesota en 1978. Il commença donc la saison 1978-79 avec les North Stars mais fut échangé aux Capitals de Washington après seulement 2 matchs. C'est avec les Caps qu'il connaitra le plus de succès dont une saison magique de 60 buts et 136 points en 1981-82. Il se retrouve donc avec la 31ème meilleure saison par un joueur de la LNH au niveau des points. Consultez cette liste c'est assez impressionant d'y voir le nom de Maruk entouré de toutes ces légendes. Malheureusement, il ne fut jamais capable de reproduire de tels résultats. Sa production chuta à 81 points la saison suivante et en 1983 il fut aquis de nouveau par les North Stars où il joua jusqu'en 1988. Une blessure au genou mirent fin prématurément à sa carrière qu'il termina avec 878 points en 888 matchs.

Écart entre la fin de la franchise des Seals/Barons et le dernier match de Maruk : 12 ans.

À noter qu'un autre ex-Seal et ex-Barons, Charlie Simmer, joua dans la LNH jusqu'en 1987 et joua par la suite dans la IHL jusqu'en 1992. 


Pirates de Pittsburgh (1925-1930) : Cliff Barton (1940)

Les Pirates de Pittsburgh commencèrent leurs activités en 1925 et reçurent la permission de l'équipe du même nom au baseball pour pouvoir utiliser le surnom des Pirates. L'équipe connut 5 saisons de misère avant d'être forcé de déménager à Philadelphie à cause des difficultés économiques engendrées par le crash boursier de 1929 et la grande dépression qui s'en suivit. Le dernier joueur à avoir porté l'uniforme des Pirates fut Cliff Barton qui joua sa première saison professionnelle avec les Pirates en 1929-30 et une autre saison l'année suivante avec Philadelphie. Il retourna par la suite dans les ligues mineures pendant presque 10 ans avant de refaire un retour dans la LNH, cette fois avec les Rangers de New York où il joua 3 matchs durant la saison 1939-40. Il jouera dans les ligues mineures jusqu'en 1944.

Écart entre la fin des Pirates et le dernier match de Barton : 9 ou 10 ans, car je ne sais par s'il joua ses 3 matchs en 1939 ou en 1940...


Quakers de Philadelphie (1930-1931) : Syd Howe (1946)

Les Pirates déménagèrent donc à Philadelphie où il connurent encore plus d'ennuis avant de suspendre la franchise après une seule saison à Philly en 1930-31. Un des seuls bons éléments des Quakers fut le jeune Syd Howe, qui fut prêté par les Senators après la saison 1929-30. Howe connaitra éventuellement une carrière exceptionnelle avec les Red Wings de Détroit où il remporta 3 coupes Stanley entre 1934 jusqu'à sa retraite en 1946. Martin lui a déjà consacré un article plus complet que vous pouvez lire ici. Entretemps, il fallut attendre jusqu'en 1967 pour revoir Philadelphie et Pittsburgh dans la LNH.

Écart entre la disparition des Quakers et la retraite de Howe : 15 ans.


Jets de Winnipeg (1972-1996) : Shane Doan (encore actif)

Doan fut le premier choix des Jets en 1995 (7ème au total) et commença sa carrière lors de la dernière saison de la franchise à Winnipeg en 1995-96. Il suivit l'équipe lors du déménagement à Phoenix et y est toujours après plus de 1300 matchs. Avec les Coyotes, Doan connut 12 saisons de plus de 20 buts et est capitaine de l'équipe depuis 2003-04. Il est au premier rang de l'histoire des Jets/Coyotes pour le nombre de matchs joués et deuxième pour les points derrière Dale Hawerchuk. Il est également le seul joueur dans cette série d'articles à être encore actif dans la LNH, à l'exception des joueurs des Thrashers d'Atlanta, la plus récente équipe défunte.

Écart entre la fin des Jets et la fin de la carrière de Doan : 19 ans et ça continue...


Deron Quint
 
Un autre ancien Jets est toujours actif, cette fois dans la KHL. Deron Quint commença également sa carrière professionnelle lors de la dernière saison des Jets en 1995-96 et joua avec les Coyotes jusqu'en 2000. Il joua par la suite avec les Devils, Blue Jackets, Blackhawks, fit un retour avec les Coyotes et joua quelques matchs dans la ligue américaine au travers de tout ça avant de jouer son dernier match dans la LNH avec les Islanders en 2006. Il traversa ensuite l'atlantique afin de jouer dans la ligue allemande avec les Polar Bears de Berlin de 2006 à 2009 et fit le saut par la suite dans la KHL. Il est présentement membre du Traktor de Chelyabinsk à l'âge de 38 ans.


Whalers de Hartford (1972-1997) : Jean-Sébastien Giguère (2014)

Giguère fut repêché par les regrettés Whalers de Hartford au 13ème rang lors du repêchage de 1995. C'est durant la saison 1996-97 qu'il fit ses débuts dans la LNH, ne jouant que 8 matchs. Lors du déménagement de l'équipe en Caroline, il fut échangé aux Flames de Calgary en compagnie de Andrew Cassels en retour de Gary Roberts et Trevor Kidd. Les Flames ne lui donnèrent jamais une véritable chance de s'établir dans la LNH et l'échangèrent aux Mighty Ducks d'Anaheim en 2000 contre un choix de 2ème ronde. Il connaitra d'excellentes saisons à Anaheim, notemment en 2003 lorsqu'il mena l'équipe à une finale cendrillon contre les Devils. Il remporta d'ailleurs le trophée Conn Smythe, le dernier à remporter ce trophée lors d'une cause perdante. Il mènera finalement des Ducks à la conquête de la coupe en 2007. Il fut plus tard échangé aux Maple Leafs où il joua 3 saisons avant de terminer sa carrière en 2014 avec l'Avalanche. Il joua son dernier match contre les Ducks à Anaheim en même temps que le dernier match de son ancien coéquipier Teemu Selanne.

Écart entre la fin des Whalers et le dernier match de Giguère : 17 ans.


Michael Nylander

D'autres anciens Whalers sont toujours actifs en Europe, c'est le cas de Michael Nylander qui commença sa carrière avec Hartford en 1992-93 et qui joua par la suite pour plusieurs autres équipes durant sa carrière de plus de 900 matchs dans la LNH. Il joua notemment pour les Flames, le Lightning, les Bruins, les Blackhawks, les Rangers et finalement les Capitals où il joua pour la dernière fois en 2009. Il joua par la suite en Suisse et en Italie et joue présentement pour le AIK à Stockholm en première division dans son pays natal, la Suède. Le fils de Nylander, William, fut repêché par les Maple Leafs, 8ème au total en 2014.


Robert Petrovicky

Petrovicky fut un choix de première ronde des Whalers (9ème au total) en 1992. Comme Nylander, il ne joua que 2 saisons avec les Whalers avant de quitter l'équipe. Mais il ne put jamais s'établir comme joueur régulier dans la LNH. Il joua aussi pour les Stars, le Lightning, les Blues et les Islanders mais passa la plupart du temps dans la ligue américaine et ne joua plus dans la LNH à partir de 2001. Il fut le capitaine de l'équipe de la Slovakie au jeux olympique de 2002 et joua ensuite plusieurs années en Suisse, en Suède, dans la KHL et depuis quelques années dans la ligue de Slovakie.


C'est donc ce qui complète ce palmarès des derniers joueurs actifs. La dernière équipe à avoir déménagé furent les Thrashers d'Atlanta en 2011. On peut s'amuser à prédire qui sera le dernier joueur qui aura porté le splendide uniforme des Thrashers. Je mettrais un petit deux sur Evander Kane. Ou peut-être Zach Bogosian ?