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samedi 1 août 2020

Le hockey à Seattle





La LNH, après plusieurs décennies d'attente et tentatives ratées (voir texte du 23 janvier 2014) est finalement installée à Seattle et nous venons tout juste de découvrir quelles seront leurs couleurs avec le dévoilement du KRAKEN! Personnellement j'adore le nom et le logo quoique le chandail n'est pas parfait, mais tout de même intéressant et acceptable.

Dans la tradition de LVEUP de parler du hockey dans les villes (voir Dallas, St.Louis, San Jose/San Francisco, Pittsburgh et Laval), voici aujourd'hui un résumé des principales équipes professionnelles, junior et semi-pro à avoir joué dans cette ville du nord-ouest américain. Et en bonus au passage on va également décortiquer beaucoup d'informations sur plusieurs histoires d'anciennes ligues (dont plusieurs avec le même nom) de ce coin du continent.


Seattle Metropolitans
1915-1924

La première équipe professionnelle de la ville furent les Metropolitans qui furent fondés en 1915 par les frères Frank et Lester Patrick comme nouvelle équipe d'expansion de leur ligue, la Pacific Coast Hockey Association (PCHA). Cette ligue créée en 1911 fut avant-gardiste au cours des années avec plusieurs innovations comme la ligne bleue, la passe avant et les tirs de pénalité. L'équipe fut nommée les Metropolitans en honneur de la compagnie Metropolitan Building Company qui construisit leur aréna. 

L'équipe dura 9 saisons soit jusqu'en 1924 lorsque la PCHA fusionna avec la Western Canada Hockey League et se renomma la Western Hockey League (WHL). Les Metropolitans ne continuèrent pas l'aventure cependant car le site de l'aréna était la propriété de L'Université de Washington et cette dernière avait vendu le terrain à un hôtel qui désirait raser l'aréna pour en faire un stationnement. 

Les Metropolitans furent toutefois une des franchises les plus stables de cette époque où les joueurs de hockey étaient un peu considérés comme du bétail et des mercenaires. Même s'ils ont commencé sur le tard, ils terminèrent comme étant la meilleure équipe de la courte histoire de cette ligue avec 5 championnats et ils devinrent en 1917 la première équipe américaine à remporter la Coupe Stanley, alors disputée entre la NHA et la PCHA. Ils retournèrent disputer la coupe en 1919, celle qui fut malheureusement annulée en raison de l’épidémie de grippe espagnole qui en força l'annulation. Les ''Mets'' étaient d'ailleurs en avance 3-2 dans cette série et Montréal, décimé par la contagion (qui emportera d'ailleurs Joe Hall) offrit de déclarer forfait et de laisser Seattle partir avec la coupe. Cependant les Mets refusèrent par esprit sportif et la coupe n’eut donc pas de récipiendaire en 1919. Les deux équipes eurent toutefois leur nom gravés sur le trophée.




Ils retournèrent disputer la coupe en 1920 mais s'inclinèrent cette fois contre les Senators d'Ottawa.

Parmi les joueurs des Metropolitains on retrouve les joueurs suivants qui font partie du temple de la renommée:  Frank C. Foyston, Harry (Hap) Holmes, Jack Walker, Gordon (Doc) Roberts ainsi que Lester Patrick qui en plus d'être un des fondateurs de l'équipe, joua la saison 1917-18 avec eux.


Seattle Eskimos
1928-1931

La WHL formée après la fin de la PCHA ne dura que très peu longtemps durant cette période difficile pour le hockey professionnel dans le nord-ouest. Plusieurs des joueurs vedettes de cette ligue durent être vendus à des équipes de la LNH pour perdurer. Après la saison 1925-26, la plus riche LNH racheta les contrats de l'ensemble des joueurs de la WHL pour 258 000$ et la ligue ferma boutique. Les joueurs des Cougars de Victoria et des Rosebuds de Portland devinrent  respectivement membres des nouvelles équipes de Détroit et Chicago. Quelques équipes survivantes de l'ouest canadien formèrent ensuite la ''Prairie Hockey League'' mais cette ligue ne dura que deux saisons. La fin de la WHL signifiait aussi le début de l'exclusivité de la coupe Stanley pour la LNH...

Les frères Patrick, financés par leur père Joseph Patrick, ne restèrent toutefois pas longtemps en plan et formèrent une nouvelle ligue en 1928 sous le nom de la Pacific Coast Hockey League (PCHL). C'était souvent la norme à l'époque de simplement changer le mot ''Association'' pour ''League'' et de redémarrer...

Les problèmes d'aréna à Seattle étaient désormais réglés suite à la construction du Civic Ice Arena, un amphithéâtre qui hébergera du hockey jusqu'en 1995, et L'ancien gérant des Metropolitans, Pete Muldoon refonda donc une équipe à Seattle à temps pour les débuts de la PCHL. Comme vous pouvez voir sur cette photo retouchée, les Eskimos de Seattle reprirent les couleurs des Metropolitans. Ils se rendirent en finale lors de cette première saison et une fois de plus en 1931 mais perdirent à chaque fois contre les Lions de Vancouver, suite à quoi l'équipe et la ligue cessèrent leurs activités suite à des problèmes financiers durant cette période de crise économique.


Seattle Seahawks/Olympics
1933-1941

Le hockey professionnel ne prit qu'une pause de deux ans à Seattle alors qu'une nouvelle ligue du nom de la North West Hockey League (NWHL) fit son apparition en 1933 avec 5 équipes à Calgary, Edmonton, Vancouver, Portland et Seattle. Après trois saisons, les équipes albertaines fermèrent boutique et celles de Vancouver, Portland et Seattle allèrent rejoindre une nouvelle version de la Pacfific Coast Hockey League en 1936. Les Seahawks gagnèrent toutefois le dernier championnat de la NWHL.

Dans cette nouvelle PCHL avec désormais des équipes à Spokane et Oakland (voir texte de San Francisco), les Seahawks étaient performants mais avaient comme ennemis jurés les Lions de Vancouver qui l'emportèrent en finale contre les Seahawks 4 fois en 5 occasions en incluant les années dans la NWHL.

En 1940, l'équipe fut vendue et renommée les Olympics mais ils ne durèrent qu'une saison sous ce nom alors que la PCHL ferma les livres après la saison 1940-41.


Seattle Ice Hockey League
1932-43 (environ)

Pendant que le hockey professionnel essayait de s'implanter correctement à Seattle et dans le nord-ouest, le hockey amateur continua de semer des graines suite à l'ouverture du Civic Ice Arena. Un des circuits amateur d'envergure de la région fut la Seattle Ice Hockey League. Deux des hommes de hockey les plus importants de cette ville firent leur classe dans cette ligue soit Al Leader, président d'une future PCHL et WHL (voir plus loin) ainsi que Vince Abbey, actionnaire des futurs Totems de Seattle et un des plus grands supporters pour la venue d'un club de la LNH à Seattle dans les décennies qui suivirent. 


Seattle Ironmen
1944-1952

Vers la fin des efforts de guerre, il était désormais possible de reprendre les ambitions passées et de ressusciter une fois de plus la Pacific Coast Hockey League, cette fois sous les ordres de Al Leader. Autrefois joueur, entraîneur et parfois arbitre dans la Seattle Ice Hockey League, Leader fut grandement responsable pour le développement et le maintien du hockey dans la région du nord-ouest, s'impliquant ailleurs dans les diverses associations de hockey amateur des États-unis. Il fut même élu au Temple de la renommée comme bâtisseur en 1969.

La PCHL repartit donc en force en 1944-45 et avait de grandes ambitions avec des équipes tout le long de la côte ouest. On retrouvait donc des équipes à Los Angeles, San Diego, San Francisco et même ''Hollywood'' en plus de retourner dans certaines villes des précédentes incarnations de la ligue comme Vancouver (maintenant les Canucks), Portland et bien sûr Seattle avec l'arrivée des Ironmen de Seattle. On retrouvait d'ailleurs deux équipes à Seattle lors de la première saison de la PCHL alors qu'il y eut également la présence des Stars de Seattle en 1944-45 mais cette équipe ne dura qu'une saison et j'ai trouvé bien peu d'informations à son sujet. 

D'abord considérée comme ligue amateur ou semi-pro, la PCHL se déclara éventuellement complètement professionnelle en 1948. 

Les Ironmen étaient auparavant une équipe du nom des Issacson Iron Workers de Seattle et étaient membres de la Northwest International Hockey League, une ligue éphémère qui ne dura qu'une saison. Ils raccourcirent leur nom l'année suivante lors de la fondation de la PCHL et ils remportèrent le premier championnat de cette nouvelle ligue en 1945. Les années suivantes furent toutefois en demi-teinte et ne retournèrent jamais en finale... du moins sous ce nom et dans cette ligue encore en formation...


Seattle Bombers
1952-1954

La PCHL se renomma sous l'ancien nom de la Western Hockey League en 1952 et les Ironmen décidèrent également de changer de nom pour l'occasion en devenant les Bombers de Seattle. Après avoir perdu quelques équipes vers 1950, la PCHL avait décidé de fusionner une autre ligue en difficulté, la Western Canada Senior Hockey League, en 1951 et avait ainsi rapatrié les équipes de Calgary et d'Edmonton. Il était alors logique d'inclure ces régions pour le changement de nom de la ligue. La WHL deviendra un des principaux circuits mineur du continent, rivalisant avec la ligue américaine pour ce qui était considéré comme le deuxième meilleur circuit en Amérique du nord.

Les Bombers ne garderont ce nom que durant deux saisons plutôt moyennes mais c'est sous cette incarnation que Seattle vit apparaitre le plus grand joueur de l'histoire de cette ville toutes ligues confondues, le légendaire Guyle Fielder (voir texte du 17 août 2011). Fielder, un des joueurs les plus cruellement méconnus de l'histoire du hockey, deviendra éventuellement le meilleur pointeur de l'histoire des ligues mineures avec 1929 points en saison régulière, ce qui le place 4e au total des points dans le hockey professionnel derrière Wayne Gretzky, Jaromir Jagr et Gordie Howe. Il fut également le premier à franchir le cap des 2000 points, si on inclut ses statistiques en séries.

Incapable de percer l'alignement des Red Wings et fatigué des longs voyages en autobus dans la AHL, Fielder fut convaincu par son oncle (nul autre que Al Leader) de joindre la WHL et les Bombers de Seattle pour la saison 1953-54. Il remporta le championnat des pointeurs avec 88 points en plus de remporter le titre de recrue de l'année. Il débuta ensuite son long parcours légendaire dans la WHL, principalement à Seattle, ne retournant que très peu dans la LNH ou la AHL.

Les Bombers étaient toutefois en déroute financière et durent suspendre leurs opérations en 1954-55. Les joueurs furent dispersés dans les autres équipes de la ligue durant ce temps mais c'en était fini des ''Bombers''... sous ce nom.


Seattle Americans
1955-1958

Un nouveau départ et un nouveau nom pour l'équipe de Seattle qui après un an d'inactivité revint sur la scène de la WHL pour la saison 1955-56. À ce moment, le proprio précédent des Bombers ne pouvait continuer à financer l'équipe. Al Leader, alors président de la WHL, voulait à tout prix que Seattle ait son équipe alors que c'était le seul marché américain disponible à ce moment-là puisque la ligue n'avait plus aucune équipe américaine après l'arrêt des Bombers. Il fit donc plusieurs démarches pour monter un groupe d'acheteurs pour l'équipe et finalement Seattle revint en scène sous le nom des Americans de Seattle. Il fallut ensuite attendre jusqu'en 1958 pour revoir une deuxième équipe américaine dans la WHL lorsque Spokane revint dans le décor.

Peu de moments forts pour cette équipe mais elle pouvait compter sur le retour de Guyle Fielder dans ses rangs après une saison passée avec le club de New Westminster. Fielder continua de s'imposer comme la grande vedette de ce circuit avec une récolte record de 122 points en 1956-57. Il s'agissait à ce moment du record de points toutes ligues confondues.

Les ''Americans'' n'existèrent toutefois que 3 saisons sous ce nom avant de rechanger de nouveau mais le meilleur resta à venir pour cette franchise.


Seattle Totems
1958-1975

Nouveaux propriétaires pour l'équipe de Seattle qui changea de nom une fois de plus pour devenir les Totems de Seattle et commencer un parcours mémorable de 10 saisons que les vieux fans du nord-ouest surnomment le deuxième ''âge d'or'' du hockey à Seattle, le premier étant l'époque glorieuse des Metropolitans de 1917 à 1920.

Les Totems débutèrent en force en 1958-59 en remportant 40 victoires et leur premier championnat depuis l'époque des Ironmen en 1945. Grandement menés par Fielder (capitaine sur la photo) ainsi que des joueurs comme Rudy Fillion, Bill MacFarland et le gardien Bev Bentley, les Totems furent une des meilleures équipes de la WHL pour les 10 années suivantes, dominant particulièrement au niveau des pointeurs.

Pendant ce temps la WHL redevenait de plus en plus américaine dans les années 60 avec le retour d'équipes à Los Angeles et San Francisco en plus d'implanter de nouvelles équipes à Denver, San Diego, Phoenix et Salt Lake City. Mais la ligue demeurait somme toute petite alors que le nombre d'équipe oscillait davantage autour de 6-7 équipes annuellement et n'en eut jamais plus que 9 durant les années 50. À partir de la saison 1965-66, la WHL et la AHL tentèrent l'expérience de jouer un calendrier inter-relié où chaque équipe devait partir sur la route pour un séjour de quelques semaines dans l'autre ligue. Ce calendrier spécial ne dura que deux saisons mais la crainte de voir les deux ligues fusionner et de devenir une compétition directe à la LNH fut apparemment le facteur décisif qui mena finalement la grande ligue à étendre son territoire avec la grande expansion de 1967. Cette dernière vint particulièrement couper l'herbe sous les pieds de la WHL qui perdit ses marchés de Los Angeles et San Francisco/Oakland et tomba à son plus bas nombre d'équipes, soit 5 en 1967-68.

Changement d'uniforme en 1966

Les Totems profitèrent toutefois de la situation et retrouvèrent le chemin de la victoire. Maintenant dotés de leur splendide chandail vert émeraude et menés par MacFarland qui était dorénavant entraineur, les Totems remportèrent deux championnats de suite en 1967 et 1968. Les choses n'allèrent pas aussi bien par la suite. Fielder fut échangé à Salt Lake City pour la saison 1969-70 et les Totems ne remportèrent plus jamais une ronde en séries, étant même hors de qualification de 1971 à 1974 dont un horrible 12-53-7 en 71-72.

Il s'agissait également des 4 dernières années de l'existence de la ligue qui commençait à battre de l'aile avec la perte de marchés d'envergure (Vancouver surtout) suite aux expansions de la LNH des années suivantes et la présence de la nouvelle AMH. Les Totems commencèrent évidemment à perdre de l'argent et l'équipe fut finalement vendue à Northwest Sports, les même propriétaires que les Canucks et dont ils seraient désormais le club-école, ce qui devait être assez étrange pour les fans des Totems et qui devait s'apparenter à ce qu'on retrouvait lors de l'époque des Citadelles de Québec..

Un des seuls points forts de cette époque tumultueuse eut lieu lors du jour de Noël 1972 lorsque les Totems furent le premier club nord-américain (à l'exception de l'équipe canadienne de la Série du siècle) à accueillir l'équipe nationale soviétique pour un match d'exhibition. Le match fut serré pendant une bonne partie alors que le score était même de 4-4 en fin de deuxième. Les soviétiques étaient toutefois grandement supérieurs et explosèrent en 3e, terminant avec une victoire de 9-4. Les Totems se vengèrent toutefois en janvier 1974 lorsque l'équipe russe revint à Seattle. Cette fois ce sont les Totems qui s'imposèrent et infligèrent une rare défaite à la puissance machine russe en l'emportant 8-4.

Pendant ce temps, l'AMH et la LNH se disputaient le continent et les marchés de Denver et Seattle furent grandement convoités. Après la saison 1973-74, il fut finalement annoncé que Seattle et Denver obtiendraient chacune une équipe d'expansion dans la LNH pour la saison 1976-77. Suite à cette annonce, la WHL décida de cesser ses opérations.

En attendant l'entrée des Totems dans la LNH, le club joignit les rangs de la CHL pour la saison 1974-75. Cependant, le proprio des Totems Vince Abney n'était pas capable de sécuriser les sommes nécessaires pour compléter son adhésion et devant cette incertitude et le climat instable de la LNH et du hockey professionnel après toutes ces expansions, l'expansion de 1976 n'eut finalement pas lieu. Abney, estimant perdre trop d'argent, décida également de cesser les opérations des Totems après cette seule saison sans histoire dans la CHL. Il avait également dû racheter les parts des Canucks dans les Totems et toute cette histoire le mit en furie. En attendant la chance que représentait cette équipe d'expansion, il laissa passer l’opportunité de se procurer une équipe de l'AMH et aussi de se porter acquéreur des Penguins de Pittsburgh ou des Seals de Californie à la même époque. Il intenta une poursuite envers la LNH ainsi que les Canucks pour monopole et complot l'empêchant de se procurer une équipe de la LNH. Cette saga judiciaire dura jusqu'en 1986 et se régla en faveur de la LNH.

C'en était donc fini des Totems et du hockey professionnel à Seattle et ce pour plus de 40 ans...

En tout dans l'histoire des Totems/Americans/Bombers/Ironmen on a vu passer plusieurs légendes des ligues mineures comme Guyle Fielder mais aussi quelques futurs et/ou ex joueurs de la LNH comme Ed Kea, Bob Woytowich, Emile Francis, Noel Picard, Gerry Meehan, Val Fonteyne, Bobby Schmautz, Bill Dineen, Charlie Hodge, Al Rollins et Fred Shero.


Seattle Breakers
1977-1985

Après ce dernier échec pour le hockey professionnel à Seattle, on opta de viser moins haut en implantant une équipe junior de la Western Canada Hockey League pour la saison 1977-78, lorsque les Chiefs de Kamloops déménagèrent plus au sud et devinrent les Breakers de Seattle. En compagnie des Bighorns de Billings (Montana), il s'agissait de la première incursion en sol américain pour cette ligue qui élimina le ''Canada'' de son nom et adopta ensuite le nom vacant de la Western Hockey League en 1978. C'était également les premières équipes américaines de toute l'histoire du hockey junior au Canada.

Les Breakers jouaient leurs parties locales dans l'ancien Civic Ice Arena. D'une capacité d'environ 4,500 places, il était sans doute plus approprié pour le junior que le plus grand et récent Colisée de Seattle, qui hébergeait les Totems depuis 1964 et les SuperSonics de la NBA depuis 1967.

Cependant, l'équipe ne roulait pas sur l'or à ses débuts et peinait à attirer des fans. On y retrouvait davantage d'histoires à la ''Slap Shot'' que de moments glorieux. Par exemple, avec 7 matchs à faire à la saison 1980-81, l'entraîneur des Breakers fut congédié par manque d'argent pour le payer. Il fut remplacé par un de ses joueurs pour terminer la saison. En janvier 1983, l'équipe échangea les droits du joueur universitaire américain Tom Martin aux Cougars de Victoria en retour d'un bus usagé et de ''considérations futures''... Le DG des Breakers John Hamilton déclara qu'il s'agissait d'un de ses meilleurs échanges...

Donc en plus de leurs finances douteuses et de leurs chandails et logo atroces, les Breakers ne furent pas un succès. Ils n'eurent qu'une saison gagnante en 8 ans mais réussirent tout de même à se faufiler en séries assez souvent et ils se rendirent même en finale de conférence à 2 reprises.

En temps que Breakers, la franchise vit passer de futurs joueurs de la LNH comme Glenn Anderson (7 matchs seulement), Ken Daneyko, Tim Hunter, John Kordic et Ryan Walter.

Mais lorsqu'une équipe ne fonctionne pas à Seattle qu'est-ce qu'on fait? On la vend et on la renomme!


Seattle Thunderbirds
1985 -

De nouveaux propriétaires se pointèrent en 1985 et rebaptisèrent l'équipe sous le nom des Thunderbirds de Seattle en plus d'adopter un logo et des couleurs rappelant les défunts Totems mais aussi inspiré des Whalers de Hartford. Ils modifièrent même le chandail aux couleurs des nouveaux chandails des Whalers dans les années 90. Donc en plus des Totems, les Thunderbirds honorent également une autre franchise défunte qui nous est chère aux teintes de couleurs vertes. Ils ont toutefois eu des variantes médiocres comme la photo du coin droit (avec Patrick Marleau) et d'étranges design dans les années 80 également.

Sans être une puissance régulière dans la WHL, les Thunderbirds ont connu leur part de succès dont deux défaites en finale en 1997 et 2016 mais ils sont finalement parvenus à devenir champions en 2017 soit le premier championnat de Seattle au hockey depuis les Totems en 1968.

Un gros ''bœuf de l'ouest'' !
Mais pour nous au Québec, la franchise des Thunderbirds est synonyme de trois premiers choix décevants d'affilée au repêchage par le Canadien; Lindsay Vallis (13e au total en 1989), Turner Stevenson (12e en 1990) et Brent Bilodeau (17e en 1991). J'espère que ce recruteur basé à Seattle a été affecté ailleurs par la suite...

Parenthèse ici. En fait le Canadien n'a jamais vraiment eu de chance dans la WHL. À l'exception de Brendan Gallagher et Carey Price, beaucoup des flops du Canadien au repêchage proviennent de la WHL. Dans les 2 premières rondes depuis 1980 on retrouve; Doug Wickenheiser, Alfie Turcotte, Mark Pederson, David Wilkie, Valeri Bure, Terry Ryan, Matt Higgins, Marcel Hossa, Kyle Chipchura et Nikita Scherbak... et il y en a d'autres... Anyway fin de la parenthèse.

Les Thunderbirds se sont donc bien implantés à Seattle et déménagèrent ensuite dans le plus gros Seattle Coliseum, alors renommé le KeyArena, en 1995 suite à des rénovations majeures. Ces rénovations étaient cependant plus adaptées pour le basketball ce qui laissa de nombreuses sections de sièges avec la vue obstruée. Après plus de 10 ans à endurer les plaintes des fans, les Thunderbirds déménagèrent en banlieue de Seattle, soit dans la ville de Kent, pour la saison 2008-09.

Les Thunderbirds ont formé plusieurs joueurs de la LNH (pas juste des flops du Canadien) avec entre autres Patrick Marleau, Brendan Witt, Shea Theodore, Oleg Saprykin, Mark Parrish, Chris Osgood, Petr Nedved, Brooks Laich, Shawn Chambers, Ethan Bear et Mathew Barzal.

Toutefois on ne sait pas vraiment ce qui arrivera avec la franchise lorsque débuteront les activités du KRAKEN (on dirait que je ne peux pas l'écrire autrement qu'en majuscule...). Kent est située à environ 20 milles de Seattle et ne compte que 11 000 habitants. Est-ce que les fidèles des Thunderbirds se taperont le trafic pour aller les voir? Ou vont-ils plutôt s'arracher les billets du KRAKEN? 

Il y a également une autre équipe de la WHL en banlieue de Seattle, les Silvertips d'Everett, une agglomération de 100 000 habitants à environ 40 kilomètres du centre-ville... Ajoutez à ça deux autres équipes dans l'état de Washington soit les Americans de Tri-City et les Chiefs de Spokane et une autre équipe très près dans l'Oregon, les Winterhawks de Portland. Cependant le hockey junior semble davantage marcher dans les villes de l'ouest qui ont déjà une équipe de la LNH comme Vancouver, Calgary et Edmonton que dans l'est. Rappelez-vous de toutes ces équipes junior qui n'ont pas fonctionné sur l'Île de Montréal...


Un match Silvertips vs. Thunderbirds

Seattle serait en fait la seule ville américaine actuelle à avoir une équipe dans la LNH et la CHL. La dernière ville à avoir tenté le coup était Detroit qui pendant 25 ans hébergea les ''Compuware Ambassadors'', les Red Wings Jr et les Whalers de Plymouth dans la OHL. L'équipe déménagea à Flint au Michigan en 2015, citant que malgré des assistances respectables, il était difficile d'obtenir de la visibilité et des commanditaires dans un marché dominé par une équipe aussi populaire que les Red Wings...

Est-ce que le hockey s'est vraiment assez développé dans la région depuis l'époque des Totems, des PCHL et des autres ligues pour supporter toutes ces équipes? Je sais que c'est deux niveaux de jeu différents mais tout de même, je ne serais pas surpris de voir une des deux équipes junior de Seattle déménager dans les prochaines années, surtout si le KRAKEN est autant un succès que les Golden Knights...


Everett Silvertips
2003 -

Histoire de ne rien laisser en plan, je ne pensais pas avoir à parler des Silvertips car j'ignorais avant d'écrire ce texte qu'il s'agissait d'une banlieue de Seattle. Et comme elle est à pratiquement la même distance que Kent et des Thunderbirds, je me dois donc de faire mention aux Silvertips... Mais je vais faire ça plus rapidement parce que ça commence à faire long... Ils débutèrent comme équipe d'expansion en 2003-04 et n'ont jamais gagné le championnat encore quoiqu'ils s'inclinèrent en finale lors de leur première année d’existence et une autre fois en 2018. Parmi les ''alumni'' de cette jeune franchise, on retrouve Ryan Murray, Radko Gudas, Nikita Scherbak, Noah Juulsen et le gardien Carter Hart.


*BONUS

Seattle Totems
2006-2013

En plus des Thunderbirds, une autre équipe rendit hommage aux défunts Totems avec leurs uniformes lorsqu'on vit arriver les Totems de Seattle, une équipe évoluant dans la Northern Junior Hockey League, une défunte ligue junior de bas niveau du nord-ouest pendant 7 saisons.
 

Seattle KRAKEN
2021 -

Quoiqu'il en soit, la suite des choses s'annonce excitante dans la région du nord-ouest américain. En espérant que les choses reviennent à la normale d'ici 2021 et que Guyle Fielder, maintenant âgé de 89 ans, puisse aller voir un match du KRAKEN... La direction de l'équipe a d'ailleurs fait un bon coup en honorant Fielder avec une plaque à son nom qui sera remise annuellement à un joueur démontrant la détermination et le leadership (un peu comme le Masterton) ainsi qu'une place de vestiaire commémorative en son honneur qui arborera l’amphithéâtre du KRAKEN. On a hâte maintenant au repêchage d'expansion!

Petit vidéo émouvant ici pour terminer de belle manière. Cet homme mériterait selon moi sa place au temple de la renommée.




Sources:
Arenadigest.com
Seattle Times
Wikipedia
Hockey DB
Eliteprospects

lundi 19 octobre 2015

Bob Barlow



Bob Barlow fait partie de ces joueurs qui ont vu leurs perspectives de carrière dans la Ligue nationale limitées par le fait qu’il n’y avait que six équipes. Après avoir passé quelques années dans la Ligue américaine avec les Barons de Cleveland et les As de Québec, c’est finalement dans l’ouest, dans la WHL, qu’il se fit une place.

En 1962-63, il se joignit aux Totems de Seattle (voir texte du 16 février 2012), où il s’entendit à merveille avec Guyle Fielder. (voir texte du 17 août 2011) Alors que Fielder remporta le championnat des pointeurs de la ligue, il obtint 80 passes, dont plusieurs d’entre elles servirent à alimenter Barlow, qui marqua 47 buts.

Barlow demeura à Seattle pendant trois ans, avant de se retrouver à Victoria, avec les Maple Leafs. À sa première saison dans leur uniforme, les Leafs remportèrent la Coupe Lester-Patrick, emblème de de la suprématie de la WHL.

Lorsque l’expansion de 1967 est finalement arrivée, Barlow n’a pas eu sa chance. Il est demeuré dans l’organisation torontoise, mais ceux-ci l’ont transféré à leur premier club ferme, les Americans de Rochester de la Ligue américaine. Barlow en profita alors pour ajouter une Coupe Calder à son palmarès, même si l’expérience dans l’est fut de courte durée. L’année suivante, il retourna dans la WHL, avec Vancouver. Pour une troisième fois en quatre ans, Barlow fit partie de l’équipe championne, et sa performance de 36 buts et 84 points lui ouvrit finalement des portes.

Il se retrouva dans l’organisation des North Stars du Minnesota, où il put enfin accéder à la LNH. Le 12 octobre 1969, à l’âge de 34 ans, il est devenu la plus vieille recrue de la Ligue nationale. (Son record a depuis été battu par Connie Madigan, voir texte du 3 septembre 2013.) Mais sa journée mémorable ne s’est pas arrêtée là. À sa première présence sur la glace, après six secondes, il marqua son premier but. Et comme victime, il ne s’agissait pas du moindre. C’est Bernard Parent qui gardait les buts des Flyers. À son retour au banc, Barlow n’a pas pu s’empêcher de taquiner son entraîneur Wren Blair en lui disant que cette ligue n’avait rien de spécial et qu’on aurait dû le rappeler depuis des lustres… Le record Barlow du but le plus rapide à son entrée dans la ligue tient toujours.

Barlow termina la saison avec une fiche de 16-17-33. L’année suivante, il joua 7 autres matchs avec les North Stars, avant de retourner dans la WHL, avec les Roadrunners de Phoenix cette fois. Barlow y ajouta une troisième et une quatrième Coupe Lester-Patrick, en 1973 et en 1974.

La saison suivante, la plupart des marchés traditionnels de la WHL avaient reçu une équipe de la LNH ou de l’AMH, incluant Phoenix. Barlow joua donc une saison dans l’AMH, avec les nouveaux Roadrunners. La WHL, ligue dans laquelle Barlow marqua près de 300 buts, cessa ses activités. La Coupe Lester-Patrick se retrouve maintenant au Temple de la renommée.

En 1975-76, Barlow passa une dernière saison dans le monde du hockey dans la CHL, alors qu’il joua quelques matchs et fut pendant une demi-saison entraîneur des éphémères Mavericks de Tucson.

Bob Barlow habite aujourd’hui sur l’île de Vancouver. Ayant joué pendant la période où le fonds de pension des joueurs était chiche, sa carrière de 77 matchs dans la LNH lui donne droit à un chèque de 5,16$ à tous les mois…

Sa fille Wendy a été championne canadienne de tennis. Elle a joué à Wimbledon et a représenté le Canada à la Fed Cup.

Sources :
Stott, Jon C., Ice Warriors : The Pacific Coast / Western Hockey League 1948-74, Heritage House Publishing, 2011,

″He was the oldest NHL rookie ever and he scored in seconds″ de Tom Hawthorn, 12 septembre 2010, The Globe and Mail (theglobeandmail.com), hockeydb.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

jeudi 23 janvier 2014

La non-expansion de 1976





Vous l'avez probablement lu, ça a fait une bonne blague un peu partout, mais les deux équipes qui s'affronteront pour le Super Bowl sont deux équipes représentant les grandes villes des deux États américains ayant légalisé la cannabis pour des fins récréatives... Si en plus vous savez que le terme bowl est utilisé pour désigner en anglais le compartiment où l'ont met le cannabis dans une pipe, ce qui peut faire encore plus de farce à cette effet... (Vous pouvez d'ailleurs avoir les meilleures recettes à base de cannabis en prévision du Super "Weed" Bowl en cliquant ici...)

Mais savez-vous que ces deux villes, dans un monde idéal, auraient dû faire leur entrée dans la NHL en même temps, en 1976...


Pour moi, le fait que la NHL n'a jamais tâté officiellement le marché de Seattle demeure une énigme ou une anomalie historique car Seattle possède une histoire assez brillante au niveau hockey. Seattle fut l'hôte, en 1917, de la première équipe de hockey américaine championne de la Coupe Stanley, les Metropolitans et leur chandail légendaire. Durant ces fortes années, les Metropolitans passèrent également près de remporter une autre Coupe Stanley en 1919, lors de cette fameuse confrontation avec le Canadien qui fut annulée en raison de la grippe espagnole...

Quelques décennie plus tard, les Totems de Seattle de la WHL, équivalent plus ou moins de l'Ouest de la AHL, connurent également des beaux jours, remportant notamment 4 fois (incluant celle remportée sous le nom Ironmen) la Lester Patrick Cup remise au champion de cette ligue... Les Totems sont également reconnus pour avoir été été l'équipe où Guyle Fielder, l'un des trois joueurs (outre Gordie Howe et Wayne Gretzky) à avoir accumulé plus de 2000 points dans les ligues professionnelles nord-américaines...


Pour sa part, Denver a eu un passé relativement plus modeste que Seattle en termes de hockey professionnels, j'ai déjà parlé des éphémères Invaders et des Spurs, une équipe qui a entre autre eu le logo le plus cinglé de l'histoire du hockey... Avant son passage éphémère dans la WHA (qui s'est conclu avec un déménagement à Ottawa après une demi-saison avant d'officiellement fermer les livres 8 matchs plus tard), les Spurs furent une équipe quand même respectable de la WHL, remportant notamment le championnat de la ligue en 1972 qui marquait d'ailleurs le premier championnat de sport professionnel dans la ville de Denver...

Nous sommes donc en 1974, la NHL et la WHA se disputent les marchés libres et les villes de Denver et Seattle représentent alors deux marchés de hockey potentiellement forts pour le hockey de haut niveau...

Le 12 juin 1974, il fut donc annoncé une expansion conditionnelle à des groupes d'investisseurs de Denver et de Seattle pour que des nouvelles équipes se joignent à la NHL lors de la saison 1976-77. La nouvelle a fait en sorte d'ailleurs que le même jour, la WHL annonça qu'elle cessait ses activités, étant privée de deux de ses marchés principaux. En attendant d'entrer dans la NHL, les Totems et les Spurs allaient entrer dans la CHl pour la saison 1974-75.

Toutefois, en 1975, la NHL commença à changer son fusil d'épaule face à cette nouvelle expansion. L'une des raisons principale était que certaines équipes avaient des problèmes financiers et que les plus récentes équipes de la NHL, les Capitals de Washington et les Scouts de Kansas City, ont offert sur glace à leur première saison, un rendement plus que minable. Je vous rappelle qu'en 8 ans, la NHL a triplé le nombre d'équipes en plus d'avoir dans sa cour arrière une ligue paralèle qui elle-même à cette époque comptait une douzaine d'équipes, ce qui fait que les équipes professionnelles étaient passées entre 1967 et 1975 de 6 à 30, diminuant ainsi le talent...

(On se paye encore la traite...)

Donc nous sommes en 1975... Ivan Muelnix, celui à la tête du projet d'expansion de Denver et propriétaire des Spurs, fit en sorte que le nouvel aréna, le McNichols Sports Arena, soit terminé rapidement afin de devancer d'un an l'expansion vers la NHL. Ce dernier fit en sorte de négocier le déménagement des Golden Seals de la Californie, alors propriété de la NHL, au lieu d'une expansion. La négociation ayant échoué, le groupe décida d'acquérir une équipe d'expansion de la WHA pour la saison 1975-76 afin de préparer l'entrée de l'équipe dans la NHL. Mais malgré l'arrivée de la WHA, les fans de hockey de cette ville au pied des Rocheuses délassèrent l'aréna, ayant été vendus au rêve d'avoir la NHL à Denver et ainsi refusant ce prix de consolation qui, comme je l'ai dit plus haut, se termina au milieu de la saison...

Pour sa part, le groupe de Seattle eut également en tête d'acheter une franchise faible de la NHL et de la déménager à Seattle. La cible de l'équipe était alors les Penguins de Pittsburgh, alors une équipe assez piteuse de la NHL et, tout comme les Seals, propriété de la ligue... Par contre, le groupe de Vince Abbey, propriétaire des Totems, eut plus de difficulté à rencontrer les conditions financières de la NHL et tomba rapidement sous le mauvais oeil de la NHL et fut menacé d'annuler l'expansion. Après avoir refusé une entrée dans la WHA pour deux millions de dollars, le groupe d'Abbey rata l'achat des Penguins dans une vente aux enchères. Les Penguins furent vendus pour la somme de 4,4 millions de dollars par le groupe d'Al Savill, Otto Frenzel, et Wren Blair et furent maintenus à Pittsburgh. Quelques temps plus tard, la NHL décida de retirer l'expansion à Seattle, n'ayant soi-disant pas remplis les conditions financière d'expansion...

S'en suivit une poursuite contre le la NHL et les Canucks de Vancouver pour monopole car, selon Abbey, cette équipe de la NHL aurait joué contre lui pour son obtention d'une franchise de la NHL... Le tout se régla qu'en 1986 en faveur de la NHL...

Et comme la franchise des Totems de la CHL disparut lors de ce même été de 1975, la ville de Seattle perdit se retrouva sans hockey professionnelle pour la première fois depuis des décennies...

Les deux villes connurent par la suite des destins différents...


La saison suivante, en 1976-77, les Scouts de Kansas City déménagèrent à Denver pour devenir les Rockies, équipe portant les couleurs du merveilleux drapeau du Colorado. L'équipe ne joua quelques saison à Denver sans trop de succès et devint, en 1982, les Devils du New Jersey actuels... Et vous connaissez la suite, les Nordiques, Patrick Roy, la Coupe, bla bla bla... Mais demeure un fait indéniable, les Rockies avaient un plus beau chandail que celui que porte l'Avalanche présentement...

Pour sa part, Seattle devint l'une des premières ville américaine à obtenir une franchise au sein des ligues junior canadiennes,  les Thunderbirds de Seattle (Breakers avant 1984). L'équipe évolue depuis dans la WHL et n'a jamais remporté de championnat. Et comme vous le savez, la NHL garde un oeil très intéressé sur cette ville, d'autant plus qu'un nouvel aréna est en construction...

Et si une équipe de la NHL devait devait aboutir à Seattle, quel nom devrait-elle avoir selon vous?

lundi 18 mars 2013

René et Marc Boileau









Au début des années 1920, René Boileau jouait au niveau amateur dans la région de Montréal.  L’arrivée d’une première équipe de la LNH à New York, les Americans, créa alors des opportunités pour les joueurs.
Les Americans signèrent donc Boileau pour une somme apparemment minime.  Toutefois, dans le but de s’en servir comme coup de publicité et d’attirer l’attention du cirque médiatique new yorkais, l’équipe annonça la signature de « Rainy Drinkwater », originaire de Caughnawaga (aujourd’hui Kahnawake, près de Châteauguay) et premier autochtone de l’histoire de la LNH.  Considérant l'histoire de la naissance des Americans (voir texte du 26 octobre 2012), ce genre d'attrape n'est pas vraiment étonnant.
 
L’histoire fit couler beaucoup d’encre à l’époque, mais Boileau n’en fit peu de cas, son but était surtout d’avoir sa chance dans la Ligue Nationale.  C’est finalement la Gazette de Montréal qui dévoila la supercherie.

Le passage de Boileau au plus haut niveau fut toutefois de courte durée.  En sept matchs, il n’amassa aucun point.  Il joua ensuite à Niagara Falls et New Haven dans la Ligue Can-Am, puis trois ans avec les Flyers de St.Louis de la American Hockey Association, avant de revenir au Québec et de jouer quelques années au calibre semi-professionnel.  Il est décédé en 1969.

Son fils Marc suivit plus tard ses traces.  De 1953 à 1972, il roula sa bosse dans le hockey professionnel.  Ses arrêts les plus longs furent avec les Blades de Los Angeles et les Totems de Seattle (voir texte du 16 février et du 24 mai 2012) de la WHL, ainsi qu’avec les Komets de Fort Wayne de la IHL.  Ce n’est qu’en 1961-62 qu’il parvint à la Ligue Nationale, jouant 54 parties avec les Red Wings et amassant 11 points.  Il retourna ensuite dans la WHL.  À la fin de sa carrière de joueur, il passa derrière le banc des Komets (à ce moment affiliés aux Penguins de Pittsburgh), qu’il mena d’ailleurs à la Coupe Turner en 1972-73. 

En février 1974, il prit la barre des Penguins, en remplacement de Ken Schinkel.  En 1974-75, l’équipe connut un certain succès.  Pour la première fois de son histoire, elle présenta une fiche supérieure à .500 (37-28-15) et accéda aux séries.  Elle eut toutefois la piètre distinction de perdre une série 4 de 7 après avoir mené 3-0.  Ce sont finalement les jeunes Islanders qui accédèrent au troisième tour.  Ces derniers réalisèrent ainsi un exploit que seulement les Leafs de 1942 avaient déjà réussi.  (Les Flyers réussirent le même tour en 2010, contre Boston.)  Les Penguins, de leur côté, durent attendre jusqu’en 1991 avant de finalement atteindre une demi-finale.  La saison suivante se passa moins bien et Boileau fut congédié en janvier, pour être remplacé par ce même Ken Schinkel.

Au début de la saison 1976-77, il prit la route de Québec pour diriger les Nordiques de l’AMH.  À sa première saison à leur barre, en plus d’afficher la deuxième meilleure fiche de la Ligue (47-31-3), il les guida vers leur seul titre de la Coupe Avco.  La saison suivante, l’équipe connut une importante léthargie et il fut à nouveau congédié.  Maurice Filion termina l’année, avant que Jacques Demers prenne place derrière le banc pour la dernière année du circuit maudit.

Dans une réunion de ligue, Boileau en était venu aux coups avec l’entraîneur des très scientifiques et européens Jets de Winnipeg, Bobby Kromm.  Le but de la réunion était de tenter de trouver des moyens… de diminuer la violence.
Boileau dirigea par après à Flint, dans la IHL, de 1978 à 1981.  Il reprit ensuite le chemin de Seattle, dans la WHL, de 1983 à 1986.  C’est d’ailleurs là qu’il eut sous ses ordres pour une courte période John Kordic.  Son arrêt suivant fut de l’autre côté de l’Atlantique, aux Pays-Bas.  Il termina finalement sa carrière à Amiens, en France, où il mena les Écureuils de Picardie pour une première fois en finale, en 1989.

Il est décédé en 2000, à l’âge de 68 ans.

Sources : Willes, Ed, “The Rebel League, The Short and Unruly Life of the World Hockey Association”, McClelland & Stewart, 2004,

hockeydb.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

jeudi 24 mai 2012

Tom McVie


Je me suis récemment procuré un merveilleux livre, L.N.H. 1977-78 de Jim Proodfoot, un superbe livre mal traduit qui nous présente toutes les équipes et leur joueurs principaux et tout en prédisant ce que les équipes feront dans la saison 1977-78... Une superbe lecture de toilette!


Dans le chapitre des Capitals de Washington, le tout commence avec un passage assez étrange :


Quand on visite le vestiaire des Capitals de Washington, on entend quelque chose de différent de la musique rock'n'roll  omniprésente ailleurs dans la L.N.H. L'entraîneur Tommy McVie tient en effet à ce que ses joueurs écoutent des marches militaires.
"Il y a quelque chose dans le tempo, une certaine excitation musicale, qui inspire les gens, explique McVie. Des siècles d'histoire l'ont démontré et j'ai toujours trouvé que ça fonctionnait avec les équipes que je dirigeais."

Je ne sais pas pourquoi, mais ça m'a fait pensé à cette citation d'Einstein qui n'a pas rapport tant que ça :

La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique.

Ou encore cette parole de Renaud :

Les marches militaires, ça m' déglingue Et votr' République, moi j' la tringle,

Personnellement, je ne pense pas que mettre de la musique militaire dans un vestiaire devrait avoir une influence, mais néanmoins, l'histoire nous dit que ça n'a jamais fonctionné pour les Capitals de Washington...

Tom McVie a entraîné les Capitals de 1975-76 à 1978-79, donc à partir de la deuxième saison de cette équipe qui formait à cette époque une équipe de fond de cave de la NHL. Il a fait le saut avec les Capitals alors qu'il était entraîneur avec les Gems de Dayton de la IHL, club-école des Capitals de Washington. 

McVie est né en 1935 à Trails en Colombie-Britannique. McVie débuta sa carrière en 1956-57 avec les Mercurys de Toledo de la IHL. L'année suivante, il se joignit aux puissants Totems de Seattle de la WHL, alors une puissance de cette ligue, notamment avec l'excellent Guyle Fielder, l'un des joueurs les plus sous-estimés de l'histoire du hockey. En 1959, il remporta le championnat de cette ligue avec les Totems. La seconde fois qu'il remporta le championnat de la WHL fut en 1965 avec les Buckaroos de Portland avec qui il s'alignait depuis 1961.

À la fin des années 70, McVie fut reconnut pour ses talent de leader et se vit offrir un poste de joueur-entraîneur avec les Jets de Johnstown, l'équipe qui inspira les Chiefs de Charlestown... Par contre, notez que ce n'est pas lui qui inspira le rôle de Reggie Dunlop, ce dernier étant inspiré du légendaire Jack Brophy. Après une saison 1972-73 avec les Jets, il devint entraîneur à temps plein avec les Gems de Dayton de la IHL qu'il mena jusqu'à sa promotion avec les Capitals en 1975.

En 1979, il quitta la barre des Capitals en fin de saison pour aller vers les Jets de la WHA pour les aider à remporter la dernière Coupe AVCO de l'histoire. McVie fit le saut avec les Jets dans la NHL pour dirigé une équipe mutilée par les autres équipes de la NHL qui réclamèrent les joueurs qui les appartenaient. Après une saison de misère, McVie fut remercié au début de la saison 1980-81. Au début des années 90, après un passage dans les ligues mineurs, McVie revint dans la NHL avec les Devils du New Jersey après plusieurs années à diriger les Devils d'Utica. Encore une fois, McVie se retrouva à la barre d'une équipe misérable de la NHL. C'était la préhistoire des Devils, vous savez, quand cette équipe était insignifiante...

McVie se retrouva par la suite avec l'organisation des Bruins avec qui il occupa plusieurs postes jusqu'à nos jours... Après toutes ces années, McVie se retrouva avec une équipe championne pour la première fois depuis 1979 lorsque les Bruins remportèrent la Coupe Stanley...

L'histoire ne dit pas s'il a mis des marches militaires dans le vestiaire des Bruins... 

mercredi 17 août 2011

Guyle Fielder




Il y a des joueurs dont le nom ne résonne pas trop dans l'imaginaire collectif mais qui ont laissé une marque à leur manière dans l'histoire du hockey. C'est une des choses que j'aime le plus à faire ce blogue, faire valoir le nom de joueurs remarquables qui n'ont pas nécessairement une reconnaissance parce qu'ils n'ont pas brillé dans la NHL ou parce qu'ils ont vécu à une époque différente. Si vous vous rappelez de joueurs comme André Lacroix, Fred Glover, Helmuts Balderis ou Bohumil Modrý dont j'ai déjà parlé sur le blogue, on a bel et bien affaire selon moi à de grands joueurs de hockey, mais comme ils ne sont pas reconnus pour leur passage dans la NHL, on ne leur accordera jamais assez l'importance qu'ils ont dans l'histoire. C'est également le cas de Guyle Fielder...

Ayant joué la plupart de sa carrière en dehors de la NHL, Fielder ne sera jamais reconnu comme un des meilleurs attaquants de l'histoire du hockey. Pourtant, dans le hockey des 6 équipes, bien qu'il n'ait jamais récolté aucun points lors de ses 15 matchs joués en carrière dans la NHL, il est le seul après Wayne Gretzky, Mark Messier et Gordie Howe à avoir accumulé plus de 2000 points dans le hockey professionnel nord-américain et comme cette production s'est faite au sein d'une ligue disparue depuis très longtemps, la Western Hockey League, on ne reconnaîtra jamais assez ses exploits...

Guyle Fielder est né en 1930 à Potlach en Idaho. Alors qu'il n'avait pas encore deux ans, sa famille déménagea en Saskatchewan où il apprit jouer au hockey. Très tôt, il quitta l'école pour se consacrer à temps plein au hockey. Après des passages au niveau juniors à Prince Albert et à Lethbridge où sa finesse fut reconnue, Fielder signa avec les Blackhawks de Chicago en 1951. Joueur gentleman très talentueux, Fielder entre donc dans le hockey de la NHL à une époque où non seulement les places étaient réservées, mais où un seul style était prédominant.

Le hockey des années 50 était un hockey robuste où les meilleurs joueurs étaient également les plus salauds. On a fait des statues à des joueurs comme Maurice Richard et Gordie Howe, mais ces joueurs n'étaient pas nécessairement les meilleurs candidats au trophée Lady Bing. Il est même fort à parier qu'un Wayne Gretzky ou un Pavel Datsyuk n'aurait pas fait long feu dans ce type de hockey... C'est un peu ce qui se passa avec Guyle Fielder. À son premier essais dans la NHL, en 1950-51, il ne joua que 3 matchs, n'impressionnant guère l'équipe avec son jeu fin qui aurait probablement soulevé des foules dans les années 80. Après cette saison, Fielder prit le chemin de New Westminster dans la PCHL en attendant d'être rappelé par les piteux Black Hawks, mais en vain. Ainsi débuta le long chemin de Fielder dans le hockey professionnel...

Au début de la saison 1952-53, Fielder fut échangé aux Red Wings, alors l'équipe à battre de la NHL qui l'assignèrent aussitôt dans les mineures avec les Flyers d'Edmonton de la WHL et par la suite avec les Flyers de St-Louis de l'AHL. C'est lros des séries éliminatoires du printemps 1953 que Fielder vit enfin le hockey de la NHL. Malheureusement pour lui, les Wings furent défaits en 6 et Fielder n'eut aucun impact ni dans les victoires, ni dans les défaites.

L'année suivante, Fielder qui connut quand même 83 points en 62 matchs dans l'AHL avec St-Louis et fut nommé recrue de l'année de la ligue, arriva dans une ville qui le connaîtra sous toutes ses coutures plus tard, Seattle. Avec les Bombers de Seattle, Fielder empocha pas moins de 88 points en 68 matchs, ce qui lui valut une invitation au printemps à se joindre aux Bruins de Boston en séries éliminatoires. Encore une fois, le style fin de possession de rondelle de Fielder ne fut que très peu efficace dans la NHL et Fielder prit à nouveau le chemin de l'Ouest pour la saison 1954-55, à nouveau avec les Royals de New Westminster (c'est en Colombie Britannique en passant).

Après avoir empoché 87 points en 70 matchs avec les Royals, Fielder retourna à Seattle la saison suivante pour enfin d'établir d'une manière permanente... C'est là que Fielder, au début avec les Americans de la place qui deviendront les Totems par la suite, devint le plus grand héros que cette ville de l'Ouest connut. Il passa en tout 15 saisons successives avec l'équipe, récoltant pas moins de 1022 points en 767 matchs et tout comme Wayne Gretzky plus tard, Fielder fut reconnu comme un fin fabriquant de jeu, comme un magicien de la rondelle, accumulant plus de passes (800) que de buts (222).

Lors de ses premières années avec les Americans de Seattle, le nom de Fielder revint souvent dans les discussions des dirigeants de la NHL et pour cause, le jeune joueur de l'Ouest cumula des saisons de 122 points en 1956-57 et de 111 en 1957-58. Même au sein de ligues inférieurs, de tels chiffres étaient remarquables, si bien que les Red Wings firent à nouveau l'acquisition de Fielder en 1957 pour lui donner à nouveau une chance dans la Grande Ligue. Malheureusement pour lui, ce nouveau passage dans la NHL ne fut pas plus concluante que les trois premiers, même en le faisant débuter la saison 1957-58 aux côtés de Gordie Howe et Fielder fut renvoyé à nouveau à Seattle où, comme je viens de le dire, il empochera 111 points lors de cette saison... Ce sera la dernière présence de Fielder dans la NHL où il ne put accumuler aucun points en 15 matchs avec trois équipes différentes...


Lors de la saison suivante, en 1958-59, Fielder aida son équipe à se hisser au sommet de cette ligue quelque peu équivalente à la Ligue Américaine dans l'Ouest en remportant pour la première fois de son histoire la Coupe Lester Patrick remise au champion de la ligue... Il l'a remporta à nouveau avec l'équipe en 1967 et en 1968 après presque une décennie de hockey solide au sein d'une ligue remplie de joueur attendant la chance inouïe de se retrouver au sein d'une des six équipes de la NHL avec des yeux remplis du venin que l'on nomme le désir de vaincre. Demandez à n'importe qui qui a connu le hockey professionnel de cette époque et on vous dira que bien des équipes aurait pu prendre compétitionner dans la NHL tant elles étaient remplis de joueurs criminellement oubliés à une époque où le niveau ultime de ce sport ne comprenait que six équipes... Aucun sport professionnel n'a connu un niveau ultime aussi concentré que le hockey sur glace lors des 25 saison que dura l'époque des 6 équipes (1942 à 1967)...

En tout, Guyle Filder joua presque continuellement de la saison 1955-56 à la saison 1968-69 avec les Americans/Totems de Seattle, ne connaissant que deux épisodes avec d'autres équipes. Il y eut en 1957 ce passage avec les Red Wings de 6 matchs cité et il se joint aux As de Québec de la AHL au printemps 1964 afin d'évoluer durant un match avec l'équipe. Fielder se plaisait assez à briller avec les Totems qu'en 1958, les Red Wings l'échangèrent aux Leafs et il refusa de se joindre à l'équipe, préférant poursuivre sa carrière à Seattle.
À la fin de la saison 1968-69, Fielder fut échangé aux Golden Eagles de Salt Lake City, alors un club-école du Canadien. Il passa 3 saisons avec les Golden Eagles avant de prendre le chemin de Portland lors de la troisième saison pour passer les deux dernières saisons de sa longue carrière avec les Buckaroos de l'endroit. Une seule saison après cette saison 1972-73 que fut la dernière de Fielder, la WHL cessa se activités...

Il se retira du hockey professionnel avec un total de 1,929 points en 1496 matchs professionnels dans la WHL, la AHL et la NHL. Il s'agit de records toujours valides de matchs joués et de points dans les rangs professionnels mineurs. Pour vous donner une idée, le records de points dans l'AHL est de 1375 points et appartient à Willie Marshall, un joueur qui passa principalement sa carrière avec les Bears de Hershey et les Clippers de Baltimore. Avec les points accumulés durant les séries éliminatoires, cela donne un total bien sûr de plus de 2000 points accumulé pour Guyle Fielder, ce qui le met dans un club sélect avec Gordie Howe, MArk Messier et Wayne Gretzky. Le plus surprenant dans tout ça, c'est qu'aucun de ses points ne provient de la NHL...

Il fut nommé sur 12 équipes d'étoiles d'après-saison, nommé trois fois meilleur joueur de la WHL, trois fois le meilleur gentilhomme et a mis sa main à quatre reprise sur la Coupe Lester Patrick avec les Totems de Seattle...

À être né 20 ans plus tard, Guyle Fielder aurait pu connaître une carrière aussi glorieuse que celle d'un Gilbert Perreault, d'un Denis Savard ou encore même d'un Wayne Gretzky... Il a malheureusement fait le gros de ses exploits dans une époque de hockey très robuste au sein de la troisième ligue en importance dans la pyramide du hockey nord-américain et comme cette ligue disparut quelques temps, il n'a malheureusement jamais reçu la reconnaissance qu'il mérite...

En 2008, les Thunderbirds de Seattle lui ont toutefois rendu hommage... C'est alors qu'on intronisa celui que plusieurs considèrent comme le plus grand joueurs de hockey mineur de tous les temps au State of Washington Sports Hall of Fame...