29/30... On est presque mais presque à la fin de cette série débutée en 2017 par un jeune blogueur naif...
Je vous rappelle rapidement la formule des équipes All-Star des Oubliettes. Il s’agit de la meilleure
équipe partante de l'histoire d'une franchise mais elle se doit d'être composée des
joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce
soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs)
ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés
selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez
subjectif également. Parfois aussi, j'omets d'inclure un joueur pour
le mettre dans une autre équipe. Je les ajoute cependant dans les
mentions honorables.
Jamais une super-vedette mais un joueur quand même solide et durable qui a tout de même amassé plus de 400 buts dans la LNH. On se souvient surtout de lui pour le but gagnant du 6e match de la finale de 2000 avec les Devils qui élimina les Stars et ramena la coupe au New Jersey.
Après ses années à Edmonton et New Jersey, il joua pour les Stars et les Predators, où il fut capitaine, avant de revenir au New Jersey par voie d'échange durant l'été 2010. Cependant les Devils faisaient du surplace en 2010-11 et Arnott leva sa clause de non-échange à la date limite des transactions pour aboutir chez les Capitals et avoir une autre chance de remporter la Coupe Stanley. Il fut principalement acquis par les Caps pour apporter du leadership dans la chambre, ce qu'il fit apparemment avec brio. Il obtint 7 points en 11 matchs pour clore cette saison et 6 autres points en 9 matchs des séries.
Il ne fut toutefois pas ramené à Washington et signa plutôt comme agent libre avec les Blues de St.Louis où il joua une dernière saison en 2011-12. Il aurait toutefois tenté de revenir une dernière saison lors de la saison écourtée de 2013 lorsqu'il signa avec les Rangers. Il échoua cependant ses tests physiques et le contrat fut annulé par les Rangers.
Rick Tocchet 13 matchs (1996-97)
Un autre marqueur de plus de 400 buts dans la ligue qui ne joua qu'une douzaine de matchs avec les Capitals, Rick Tocchet s'amena dans la capitale américaine lors du méga-échange Capitals-Bruins du 1er mars 1997. Lui, Adam Oates et le gardien Bill Ranford quittèrent Boston en retour de Jason Allison, Anson Carter, du gardien Jim Carey. Les Bruins reçurent également un choix de 3e ronde en 1997 en plus d'un choix conditionnel en 1998.
C'était le 4e gros échange de la carrière de Tocchet et aussi le 4e en 5 ans... Mais comme les Bruins, les Capitals étaient une équipe décevante en 1996-97 et ratèrent les séries. Quant à lui, Tocchet obtint 5 buts et 5 passes en 13 matchs pour terminer la saison. Il restait une année d'option à son contrat mais il décida de ne pas l'exercer pour devenir agent libre, ce qui valut donc aux Bruins un choix de 2e ronde en 1998 avec leur choix conditionnel.
Tocchet signa donc comme agent libre avec les Coyotes de Phoenix où il joua trois saisons avant de revenir terminer sa carrière à Philadelphie où il joua de 2000 à 2002.
Sergei Fedorov 70 matchs (2008-09)
Un des meilleurs joueurs russes de sa génération, il faisait absolument du sens de le réunir avec un autre d'une autre génération. J'hésitais à l'inclure ici car ce fut quand même assez mémorable de voir Sergei Fedorov avec les Capitals lorsqu'il fut acquis des Blue Jackets en février 2008. J'aurais pu aussi le mettre avec l'équipe des Ducks ou de ces mêmes Blue Jackets car sa deuxième moitié de carrière était pas mal moins mémorable qu'à Détroit. Mais au final c'est à Washington qu'il aura joué le moins de matchs. Il faut cependant avouer que c'était vraiment un fit parfait. C'est probablement aidé par le fait de le revoir dans un chandail rouge qui lui va pas mal mieux qu'un chandail des Ducks ou des Blue Jackets... Donc ce n'est pas le joueur le plus «oublié» mais il mérite tout de même d'être remémoré davantage.
Il fut principalement amené à Washington comme mentor envers Alex Ovechkin et Alex Semin, probablement une idole pour ces deux joueurs. Et cela aura été assez efficace car selon Ovechkin, Fedorov était le meneur dans le vestiaire et ils apprirent beaucoup de lui. Il venait de connaître plusieurs saisons décevantes, n'obtenant d'ailleurs qu'une seule saison de plus de 20 buts après son départ de Detroit (31 buts en 2003-04) et seulement des saisons de 40 points par la suite. Mais il retrouva quelque peu sa touche offensive lorsqu'il fut amené à Washington à la date limite des transactions en 2008. Il termina alors la saison avec 13 points en 18 matchs et 5 points en 7 matchs en séries, les Capitals se faisant de nouveau éliminer en première ronde. D'ailleurs les Capitals n'avaient à ce moment remporté aucune ronde en séries depuis leur présence en finale en 1998... contre Fedorov et les Red Wings d'ailleurs.
Fedorov joua ensuite à 39 ans une dernière saison dans la LNH en 2008-09, saison où il ne put jouer que 52 matchs mais où il récolta une fiche respectable de 11 buts et 33 points comme joueur de soutien chez les Caps. Il se distingua ensuite surtout en séries. Il n'obtint qu'un but durant ce parcours mais ce but demeure un des plus mémorables de l'histoire des Caps selon leurs fans.
Pas mal pour un dernier but en carrière. Ce but vainqueur élimina les Rangers et amena enfin les Caps en deuxième ronde. Fedorov obtint en tout 8 points en 14 matchs durant ce parcours où l'équipe fut éliminée par leurs ennemis jurés, les Penguins, aussi en 7 matchs.
Donc quand même pas le joueur le plus oublié dans l'histoire des Caps mais le reste du monde ont peut-être oublié cette fin de carrière de Fedorov.
Malgré un intérêt de la part des Capitals pour qu'il demeure à Washington, il quitta ensuite la LNH mais joua trois autres saisons dans la KHL avec le Metallurg Magnitogorsk afin de réaliser un rêve personnel de jouer dans la même équipe que son frère, Fedor Fedorov, un ancien choix de 3e ronde des Canucks qui ne joua qu'une dizaine de matchs dans la LNH.
Mentions honorables: Ilya Kovalchuk (7 matchs 2019-20), Esa Tikkanen (20 matchs 1997-98), Trevor Linden (28 matchs 2001), Andrew Cassels (31 matchs 2005-06), Jeff Friesen (33 matchs 2005-06), Mike Ribeiro (48 matchs 2012-13), Brendan Morrison (74 matchs 2009-10), Brian Bellows (87 matchs 1997-99), Robert Lang (145 matchs 2002-04), Geoff Courtnall (159 matchs 1988-90)
DÉFENSEURS
Roman Hamrlik 72 matchs (2011-13)
L'ancien du CH et premier choix au total en 1992 n'a jamais été un grande superstar, du moins digne d'un premier choix, mais il a été un défenseur fiable pendant de nombreuses saisons dont plusieurs à un haut niveau qui lui valurent trois participations au match des étoiles. Vers la fin de sa carrière, il parvenait toujours à amasser sa trentaine de points par saison tout en étant efficace défensivement.
Lorsque son contrat avec le CH se termina, il signa un contrat de deux saisons avec les Capitals. Sa première saison en 2011-12 fut en dessous de ses standards avec seulement 13 points en 68 matchs. La saison suivante fut écourtée à cause du lock-out, durant laquelle il ne se fit pas d'amis au sein de sa confrérie en critiquant Donald Fehr et l'association des joueurs pour être trop gourmands et de ne pas se presser pour en terminer avec le conflit de travail, s'estimant trop vieux pour attendre davantage. Plusieurs de ses coéquipiers auraient apparemment été furieux envers lui. En mauvaise forme lors de la reprise des activités à la mi-saison, il joua seulement quatre matchs avant d'être laissé dans les gradins.
Il fut plus tard placé au ballottage et il termina la saison et sa carrière avec les Rangers de New York. Il n'obtint qu'une seule passe en 16 matchs lors de cette dernière saison.
Kevin Shattenkirk 19 matchs (2016-17)
Pas vraiment une star non plus mais il y avait un moment ou Kevin Shattenkirk semblait en être une. Après 6 saisons de plus de 40 points en 7 ans depuis ses débuts dans la ligue, Shattenkirk allait devenir une prise de choix sur le marché des joueurs autonomes de l'été 2017. Incapable de s'entendre avec les Blues, ces derniers l'échangèrent donc aux Capitals à la date limite des transactions. Il obtint 14 points en 19 matchs pour clore la saison avec sa nouvelle équipe et 6 autres points en séries, où il s'avéra qu'il n'était définitivement pas ce que l'équipe croyait qu'il allait devenir, soit l'élément manquant pour remporter la coupe Stanley.
Il devint alors agent libre et signa un lucratif contrat avec les Rangers, contrat qui fut racheté après deux saisons décevantes. L’entraîneur Barry Trotz déclara plus tard que Shattenkirk était vendu comme un défenseur #1 ou #2 mais finalement ce n'était pas le cas. Shattenkirk signa ensuite avec le Lightning et rebondit quelque peu avec 34 points et les aida à remporter la coupe en 2020. Il évolue présentement avec les Ducks.
*BONUS
John Kordic 7 matchs (1990-91)
Petit bonus ici avec la présence définitivement oubliée du légendaire matamore John Kordic. Je me rappelle de lui bien sûr avec le CH, les Leafs ou même les Nordiques mais les Capitals ça j'avais vraiment pas sauvegardé ça et c'était une surprise de le voir popper dans la liste...
Ayant développé une dépendance à la cocaïne et un gros penchant pour l'alcool durant ses premières saisons à Montréal, le tragique défenseur John Kordic fut obtenu par les Leafs en 1988 en retour de Russ Courtnall.
D'ailleurs parenthèse ici. L'échange Courtnall/Kordic a été maintes fois ridiculisé mais je vous invite à lire cet hilarant texte de Sean McIndoe (Down Goes Brown) qui vient un peu nuancer les choses, expliquant que oui, ce n'était pas un super échange mais que c'était loin d'être un des pires échanges de l'histoire comme on le laisse souvent entendre. Il explique que dans la division Norris où les Leafs évoluaient, la robustesse était de mise et un homme fort était absolument nécessaire car la division comportait de nombreux matamores (Bob Probert, Link Gaetz, Shayne Churla, Dave Manson etc...) et les Leafs n'en comptaient aucun qui faisait bien la job à ce moment. Le prix à payer était élevé pour obtenir Kordic, mais il était considéré comme un des meilleurs dans ce rôle alors ils acceptèrent de sacrifier un peu d'offensive pour protéger leurs meilleurs joueurs. C'est vraiment un texte intéressant que je vous invite à mettre dans votre liste.
Bref Kordic joua deux saisons à Toronto où ses problèmes et ses totaux de minutes de pénalité n'allèrent qu'en augmentant. Il fut ensuite renvoyé dans les mineures au début de la saison 1990-91. Mais le scénario de 1988 se répéta avec les Caps qui voulaient eux aussi davantage de robustesse mais qui furent plus sérieux quant aux actions à poser avec les problèmes personnels de Kordic, l'invitant avec eux seulement s'il adhérait à des règles strictes de conduite hors-glace. Il fut donc obtenu des Leafs en janvier 1991 en compagnie de Paul Fenton en retour d'un choix de 5e ronde.
Mais Kordic ne joua que 7 matchs à Washington où il prit part à 9 combats et accumula 101 minutes de pénalité. Après son 4e match, il fut suspendu par l'équipe pour avoir manqué une pratique en raison de ses déboires nocturnes et fut envoyé dans un centre de réhabilitation. À son retour deux semaines plus tard, il joua 3 autres matchs mais fut suspendu de nouveau, cette fois par la LNH pour un geste obscène qu'il aurait fait durant un match contre les Devils. Il dérapa ensuite encore plus et rata d'autres pratiques, suite à quoi l'équipe le suspendit indéfiniment sans salaire. Kordic déclara alors que sa carrière était probablement terminée après cet épisode.
Après un été où il tenta de rester sobre, il obtint une dernière chance auprès de Pierre Pagé chez les Nordiques pour la saison 1991-92, et malgré une autre entente très stricte sur ses agissements, Kordic n'améliora pas sa situation et il fut éventuellement expulsé de l'équipe. Il mourrut des suites d'un accident cardio-vasculaire causé par une surdose de cocaine et d'injection de stéroides dans une chambre d’hôtel de Québec en août 1992.
Aussi obtenu dans le méga-échange Oates/Tocchet/Allison/Carter/Carey etc... mentionné plus haut, Bill Ranford venait d'entreprendre la phase nomade de sa carrière lorsqu'il s'amena d'abord à Boston (où il faisait un retour) en provenance d'Edmonton en janvier 1996. Lors du méga-échange un an plus tard, les Capitals venaient de lancer la serviette avec l'énigmatique Jim Carey et l'incluèrent dans ce «package deal» pour les Bruins, misant plutôt sur un autre prospect du nom d'Olaf Kolzig. On inclua donc Ranford dans l'échange afin qu'il serve de mentor à Kolzig, ce qu'il effectua avec brio.
Il termina la saison perdue 1996-97 des Capitals comme numéro un par défaut mais Kolzig prit son envol en 97-98, remportant 33 victoires et menant les Capitals à une présence surprise jusqu'en finale, un parcours que Ranford regarda du bout du banc, ne participant à aucun des 22 matchs des Capitals en séries.
Après cette seule saison complète à Washington, il fut échangé au Lightning durant l'été en retour de deux choix au repêchage. Il partagea la saison 98-99 avec Tampa Bay et Detroit avant de finir sa carrière avec un retour à Edmonton pour 18 derniers matchs en 1999-2000. Il était alors le dernier Oiler de leur dernière coupe de 1990.
Mentions honorables: Roger Crozier (3 matchs 1976-77), Jaroslav Halak (12 matchs 2013-14), Cristobal Huet (13 matchs 2007-08), Tomas Vokoun (48 matchs 2011-12), Mike Liut (64 matchs 1989-92)
C'est ce qui complète cette 29e partie. On se termine ça dans la 30e bientôt avec les Jets (et anciens Thrashers... )
Né à Toronto le 14 janvier 1965, Robert Earle Essensa se fit repêcher par les Jets de Winnipeg avec la 69e sélection au total du repêchage de 1983. Il venait alors de mener son club junior B, les Henry Carr Crusaders, à une saison parfaite en 1982-83 alors qu'ils terminèrent avec une fiche de 34 victoires, 0 défaites et 2 matchs nuls. Essensa avait été d'office pour 31 de ces victoires. Les Crusaders ne perdirent ensuite que 2 matchs en séries avant de remporter le championnat.
Essensa était toutefois un projet à long terme pour les Jets et donc au lieu de prendre le chemin du junior canadien, il s’enrôla dans la NCAA avec l'Université Michigan State, une des meilleures équipes universitaires de l'époque. Il joua quatre ans à Michigan State, cumulant une fiche globale de 62-13-2 et les aidant à remporter le titre national en 1986 en plus d'établir plusieurs records d'équipes, battus depuis.
Michigan State (1983-1987)
Il débuta par la suite son parcours professionnel en 1987-88 avec les Hawks de Moncton, le club-école des Jets dans la Ligue américaine. Il traversa ensuite dans la IHL en 88-89 avec les Komets de Fort Wayne avant d'être rappelé par les Jets pour terminer la saison. Il s'en sortit bien et devint ensuite le portier de confiance des Jets en 1989-90, terminant la saison avec une fiche de 18-9-5 en 36 matchs et déclassant ses collègues chez les espoirs dans les buts des Jets comme Stéphane Beauregard et Daniel Berthiaume. Il se mérita également une place sur l'équipe d'étoiles des recrues en 1989-90.
Il fut donc le gardien principal de l'équipe à partir de ce moment et se mérita plusieurs accolades comme le titre du joueur de l'année chez les Jets en 90-91 et il mena la ligue pour les blanchissages en 1991-92 avec 5 jeux blancs, ce qui lui valut d'être parmi les trois finalistes pour le trophée Vézina (remporté par Patrick Roy). Il connut ensuite sa saison la plus occupée, et sa meilleure, en 1992-93 avec une fiche de 33-26-6 en 67 matchs.
Mais les Jets piquèrent du nez en 1993-94, alors que Teemu Selanne se blessa à long terme et qu'Essensa connut une saison médiocre (19-30-6 en 56 matchs). Il fut alors obtenu par les Red Wings en compagnie du défenseur Sergei Bautin en retour du gardien Tim Cheveldae et de Dallas Drake. Ce fut ce qu'on peut considérer un échange perdant pour les deux équipes alors que Cheveldae était sur la pente descendante et fut plus tard remplacé par Nikolai Khabibulin. En fait, c'est Dallas Drake qui fut le meilleur élément obtenu dans cette transaction alors qu'il fut une partie importante de l'équipe pour les sept saisons suivantes. Quant à Essensa, il ne put se racheter à Detroit malgré le soutien d'une meilleure défensive (fiche de 4-7-2 en 11 matchs), et se fit supplanter par le jeune Chris Osgood pour les séries où les Wings se firent surprendre en première ronde par les Sharks.
Winnipeg (1988-1994)
Détroit (1994-1996)
Les choses empirèrent encore plus pour Essensa en 1994-95 alors que les Red Wings avaient fait l'acquisition du vétéran Mike Vernon des Flames durant l'été. L'insulte ultime arriva par la suite lorsque, n'ayant même pas de place pour lui dans leurs clubs-école, les Red Wings prêtèrent Essensa aux Gulls de San Diego dans la IHL, ce qu'on appelle dans le jargon se faire «enterrer dans les mineures». Ce scénario se répéta en 1995-96 alors qu'il fut cette fois prêté aux Komets de Fort Wayne, où il avait déjà évolué en 1998-89. Je me demande d'ailleurs si ce n'était pas une demande spéciale de sa part de pouvoir retourner à Fort Wayne... Il dut donc évoluer pendant deux saisons dans la IHL en attendant d'avoir une chance de revenir dans la LNH, ce qui ne put arriver qu'en juin 1996 lorsqu'il fut échangé aux Oilers d'Edmonton en retour de considérations futures.
Essensa dut d'abord se mériter un poste au camp des Oilers et il devint ensuite l'adjoint de Curtis Joseph durant les deux saisons suivantes jusqu'au départ de ce dernier pour Toronto en 1998-99. Essensa se partagea alors la cage des Oilers avec Mikhail Shtalenkov, mais aucun des deux ne put vraiment s'établir comme numéro un, ce qui incita les Oilers à faire l'acquisition de Tommy Salo des Islanders en mars 1999.
Edmonton (1996-1999)
Maintenant agent libre, il signa un contrat avec les Coyotes de Phoenix en 1999-2000. Il n'y joua qu'une seule saison, mais cela lui permit d'améliorer les records d'équipe qu'il avait établi avec l'ancienne incarnation de la franchise à Winnipeg. Il devint le meneur de la franchise avec 129 victoires, un record qui fut plus tard battu par Ilya Bryzgalov, qui est désormais le meneur avec une seule victoire de plus, soit 130. Il était aussi le meneur pour les matchs joués avec 311, ce qui fut également battu par un seul match par le portier Mike Smith.
De nouveau agent libre en 2000-01, Essensa revint une fois de plus dans l'ouest canadien, cette fois avec les Canucks. Après le départ de Félix Potvin pour Los Angeles durant la saison, Essensa obtint la majorité des départs des Canucks et s'en sortit bien avec une fiche de 18-12-3 en 39 matchs. Malgré cette bonne fiche et qu'il était un des favoris de la foule à Vancouver, l'équipe ne prolongea pas son contrat et il redevint une fois de plus agent libre. Il signa alors un autre contrat d'un an avec les Sabres de Buffalo, déclarant qu'il s'agirait toutefois de sa dernière saison. Après le départ de Dominik Hasek, Essensa était surtout appelé à remplir le rôle de mentor envers les jeunes Martin Biron et Mika Noronen des Sabres. Ce ne fut toutefois pas une super fin de carrière alors qu'il ne put remporter la victoire avec les Sabres avec une fiche de 0-5-0 en 9 matchs.
Phoenix (1999-2000)
Vancouver (2000-2001)
Buffalo 2001-2002
Après sa retraite, il devint entraîneur des gardiens chez les Bruins pour la saison 2003-04. Il est toujours fidèle au poste jusqu'à ce jour, obtenant au passage son nom sur la Coupe Stanley en 2011. À l'âge de 50 ans, il dut remettre les jambières pour occuper le siège du gardien d'urgence en 2015 lors d'un match où Tuukka Rask se blessa. Il n'eut cependant pas à jouer dans ce match.
Boston (2015)
En 446 matchs dans la LNH, Bob Essensa a obtenu 173 victoires, 176 défaites et 47 matchs nuls en plus de 18 blanchissages.
Suite au départ à la retraite de Bernard Parent, résultat d'une blessure à un oeil, les Flyers de Philadelphie pensaient bien pouvoir continuer les succès des "Broad Street Bullies" avec la sélection de Pelle Lindbergh au repêchage de 1979. D'ailleurs, ce dernier leur donna raison, en connaissant d'excellentes premières saisons, aidant les Flyers à atteindre la finale de la coupe Stanley en 1985 et remportant même le trophée Vézina à la fin de cette même saison. Les espoirs étaient nombreux et légitimes chez les Flyers. Malheureusement, l'accident mortel de Lindbergh en novembre 1985 firent évanouir leurs plans.
Depuis, plusieurs gardiens se sont succédé devant les poteaux de l'équipe la "ville de l'amour fraternel", mais peu réussirent à avoir de longs succès. Plusieurs d'entre eux sont d'ailleurs arrivés à Philadelphie pour, sans mauvais jeu de mots, mourir en Flyers.
Glenn Resch s'amena à Philadelphie en mars 1986, après avoir passé les 3 dernières saisons derrière les (alors) pitoyables Devils du New Jersey, afin de terminer la saison aux côtés de Bob Froese. Dès la saison suivante, le jeune Ron Hextall s'appropria le poste de gardien partant des Flyers. Resch servit alors de mentor pour la jeune sensation, participant à 17 matchs et récoltant sa première fiche victorieuse (6v - 5d - 2n) depuis la saison 1980-81, alors qu'il était avec les puissants Islanders. Resch ne participa à aucun match du parcours éliminatoire des Flyers, qui durent s'avouer vaincus lors du 7e match de la finale de la coupe Stanley contre les Oilers d'Edmonton. En fait, la dernière présence de Resch sur une patinoire ne fut cependant pas devant le filet, mais plutôt lors de la bataille générale qui eut lieu AVANT le 6e match de la série contre les Canadiens de Montréal en finale d'association, match remporté par les Flyers, leur donnant accès à la finale. Il était le plus vieux joueur alors actif dans la LNH lorsqu'il prit sa retraite après la défaite en finale et devint commentateur pour Fox Sports, décrivant les matchs des Devils.
L'avatar de mon collègue, Pete Peeters, avait déjà fait partie de l'organisation des Flyers faisant, en quelque sorte, le pont entre deux grands gardiens de l'organisation. Il joua lors de la dernière saison de Bernard Parent et lors de la première de Pelle Lindbergh. À sa saison recrue en 1979-80, il aida l'équipe à constituer une séquence presque imbattable de 35 matchs sans défaites et aida les Flyers à atteindre la finale de la coupe Stanley, où les Flyers furent défaits face aux puissants Islanders. Peeters ne put toutefois pas supporter la pression d'être le gardien numéro un à Philadelphie, il fut échangé aux Bruins en 1982 contre Brad McCrimmon. Après trois saisons et demi avec les Bruins où il connut deux excellentes saisons, et quatre saisons avec les Capitals de Washington, Peeters fut de retour à Philadelphie tout juste avant la saison 1989-90. Alors que Ron Hextall était sous le coup d'une suspension de 12 matchs, Peeters était en quelque sorte une bouée de secours jusqu'à son retour. Par contre, suite à une blessure à l'aine, Hextall rata quelques matchs à l'automne 1989 en plus de rater 29 matchs à partir de décembre 1989. Peeters serva donc principalement de second à Ken Wregget, disputant 24 parties mais ne récoltant qu'une seule victoire. La saison suivante, le ménage à trois se poursuivit, alors qu'Hextall subit une entorse du ligament collatéral médial du genou gauche, le forçant à rater cinq semaines d'activités, permettant à Peeters de jouer dans 26 matchs. Avec l'arrivée de Dominic Roussel dans la LNH, Peeters décida de prendre sa retraite avant le début de la saison suivante. Il retourna à la ferme familiale à Edmonton, avant de devenir entraîneur des gardiens, principalement avec les Jets de Winnipeg et les Oilers d'Edmonton.
Jeff Hackett a fait une solide job avec une équipe moribonde des Canadiens à la fin des années 90, en plus d'être le mentor de José Théodore. Mais après une blessure à l'épaule qui l'a limité qu'à une trentaine de matchs en deux saisons, et avec l'émergence de son dauphin, Hackett se retrouva à Boston pour terminer la saison 2002-03. Dès le 1er juillet 2003, il signa un contrat de deux ans avec les Flyers de Philadelphie. Il débuta très bien son parcours avec les Flyers, récoltant deux blanchissages à ses deux premiers départs et aidant les Flyers à récolter 24 points en 17 matchs. Ça se gâta par la suite ; il perdit 8 des 9 matchs suivant. Victime d'étourdissements, il fut diagnostiqué avec des problèmes récurrents de vertige. Après avoir raté un mois d'activités et avec les symptômes qui ne s'atténuaient pas, il prit sa retraite en février 2004. En 2006, il est revenu dans la LNH en étant embauché comme entraîneur des gardiens par l’Avalanche du Colorado, poste qu'il occupa jusqu'en 2009.
Le gardien au caractère bouillant, Ray Emery, avait déjà évolué avec les Flyers en 2009-10, après six saisons dans l'organisation des Sénateurs d'Ottawa et une saison dans la KHL. Il fit ensuite un passage avec les Ducks d'Anaheim avant de passer deux saisons avec les Blackhawks de Chicago, avec qui il remporta la coupe Stanley en 2013. Il signa ensuite un contrat d'une saison avec les Flyers, servant d'auxiliaire à Steve Mason. Après une saison "honnête" de 9 victoires en 28 matchs, il resigna pour une autre année à Philadelphie. Il joua un peu plus, participant à 31 matchs, récoltant 10 victoires. Il se fit ensuite offrir un essai professionnel avec le Lightning de Tampa Bay mais ne put se tailler un poste avec eux. Il évolua donc dans la AHL pour la saison 2015-16, avant de signer un contrat d'un an avec les Eagles de Manheim dans la DEL pour la saison 2015-16. En mars 2016, les Flyers le rapatrièrent comme police d'assurance jusqu'à la fin de la saison, mais il ne participa à aucun match avec eux. Il prit sa retraite à la fin de la saison. Il est tragiquement décédé noyé en juillet 2018.
La plupart des joueurs que je prends pour cette série sont soit des joueurs oubliés (duh) méconnus ou bien sous-estimés. Mais le joueur d'aujourd'hui est plutôt un vrai mystère...
Jan Caloun est né le 20 décembre 1972 à Ústí nad Labem en Tchéquie. Ailier droit de 5' 11" et 176 livres, Caloun était un marqueur né et il domina assez tôt dans le système mineur tchèque comme par exemple sa saison 1988-89 avec le HC Litvinov dans la division des moins de 16 ans où il mena la ligue avec 66 buts et 95 points en seulement 24 matchs. Il continua à se démarquer lors des années suivantes, le tout culminant en 1991-92 alors qu'il mena la première ligue tchèque avec 32 buts en 37 matchs, devançant des joueurs de renom comme Zigmund Palffy et Martin Straka. Il se distingua également au championnat mondial junior où il mena le tournoi au niveau des buts marqués avec 8.
Les Sharks de San Jose en firent ensuite leur choix de 4e ronde au repêchage de 1992 avec la 75e sélection au total. Il demeura en Tchéquie lors des deux saisons suivantes et mena la ligue une fois de plus pour les buts en 1992-93 avec 45 buts en 47 matchs.
Bref, le gars était un scorer.
Il traversa en Amérique du nord pour la saison 1994-95 qu'il passa avec le club-école des Sharks, les Blades de Kansas City dans la IHL. Il s'en sortit bien lors de cette première saison alors qu'il termina premier pointeur des Blades avec 34 buts et 73 points en 76 matchs, et ensuite 13 buts en 21 matchs en séries alors que les Blades s'inclinèrent en finale de la IHL. Il demeura à Kansas City en 1995-96 où après 38 buts en 61 matchs, il fut finalement rappelé par les Sharks pour terminer la saison.
Il étonna alors dans la plus grande ligue au monde en marquant à son premier tir lors de son premier match. Lors de son deuxième, il obtint deux autres tirs et marqua également sur chacun d'entre eux. À son troisième match, il marqua encore une fois. Cela porta sa séquence à 4 buts marqués lors de ses 4 premiers tirs en carrière, ce qui demeure un record à ce jour. Il obtint en tout un excellent 8 buts et 3 passes pour 11 points en 11 matchs pour terminer cette saison.
On peut appeler ça un très bon départ et je le rappelle, tout un scorer.
Mais alors que tout semblait bien parti pour Caloun dans la LNH, les Sharks le retournèrent dans leur club-école en 1996-97, cette fois-ci dans la Ligue américaine avec les Thoroughblades du Kentucky. Il ne fut rappelé que pour deux petits matchs en décembre où il ne joua que très peu et ne récolta pas de points. Il continuait pourtant de prouver sa valeur dans les mineures, alors qu'il récolta 43 buts et 43 passes pour 86 points en 66 matchs et fut élu sur la deuxième équipe d'étoiles de la AHL. Cependant, les Sharks ne firent plus jamais appel à ses services et il opta plutôt de mettre le cap sur la Finlande dans la SM-Liiga en 1997-98 avec le club HIFK d'Helsinki.
Il devint un joueur culte avec HIFK, les menant d'abord au championnat de la SM-Liiga en 1998, saison où il termina au deuxième rang des pointeurs de la ligue. Il participa également aux Jeux olympiques de Nagano avec l'équipe de la République Tchèque, qu'il aida à remporter l'or.
En 1998-99, lui et le défenseur américain Brian Rafalski brulèrent la SM-Liiga alors que Caloun termina au premier rang de la ligue avec 81 points, une des meilleures saisons offensives de l'histoire de la SM-Liiga (saison de 54 matchs), le record étant de 93 points par un certain Kari Jalonen en 1986-87. Quant à lui, Rafalski termina au premier rang des défenseurs avec 53 points, ce qui lui valut le titre du joueur de l'année et un contrat avec les Devils la saison suivante. On connait la suite dans son cas.
Caloun remporta également l'or avec l'équipe tchèque aux championnats du monde de 1999.
Championnat de la SM-Liiga en 1998 avec Brian Rafalski et Olli Jokinen dans le haut de l'image
Donc on avait quand même droit à tout un joueur ici et il est vraiment à se demander ce qui s'est passé avec les Sharks pour ne pas qu'il puisse avoir droit, non seulement à pouvoir débuter la saison 96-97 avec eux mais au moins à se mériter une meilleure chance par la suite... Un marqueur qui marque 4 buts à ses 3 premiers matchs et avec un superbe pourcentage de tir (40%), normalement tu es un peu plus patient. Mais comme je disais, c'est un peu un mystère alors que je n'ai pas vraiment trouvé grand chose comme explication à travers mes recherches.
Du moins en anglais et en français. Je ne parle malheureusement pas le tchèque.
J'ai cependant trouvé cette entrevue qu'il réalisa en Finlande en 1998 alors qu'il était fraichement débarqué de la LNH. Je me disais peut-être que je pourrais voir s'il parlait un peu de son traitement par les Sharks mais l'entrevue est bel et bien en tchèque avec sous-titres en finnois...
Je me suis alors souvenu que Google Translate existait.
Mais là vous ne pensez tout de même pas que j'allais retranscrire tout ça manuellement dans Google Translate? Juste pour tenter de trouver une parcelle d'information sur un joueur obscur qui intéresse probablement juste moi et quelques autres geeks?
...
Oui je l'ai fait...
Je suis un craqué mental, je l'ai déjà dit.
Étonnement ça a vraiment bien marché avec Google Translate pour la plupart du texte. Un petit truc que je vous donne si jamais l'occasion se présente à vous de traduire du russe, du finnois ou whatever, c'est de mettre la deuxième langue en anglais. Comme ça, ça peut vous éviter des petits pièges d’ambiguïté avec la langue française difficile à traduire.
Voici mon transcript de la partie de cette entrevue où il parle de son séjour avec les Sharks:
- I still don't know why. In 11 matches, i had 8 goals and 3 assists. The team management promised that I get to play NHL. In the summer at home in the Czech Republic, I was preparing for a NHL career but in the fall in San Jose, almost the management of the whole team and all the coaches changed and I got to start all over again, achievements of the previous period wiped off, in addition to the coach who did not like Europeans like me and Ville Peltonen. The coach didn’t like us and sent us to the farm team.
Donc on a ici une bonne explication sur ce qui s'est passé après sa bonne prestation à la fin de la saison 1995-96 et on peut finalement compléter la narrative. Les Sharks de 1995-96 étaient médiocres et connurent surtout une saison décevante après deux saisons où ils avaient accédé aux séries, dont la victoire surprise contre les Red Wings en première ronde des séries de 1994. L'entraîneur Kevin Constantine fut congédié durant la saison, étant remplacé par Jim Wiley pour le restant de l'année. C'est ce Wiley qui donna sa chance à Caloun pour la fin de cette saison à oublier pour les Sharks où il est souvent habituel de tester quelques recrues. Le DG Chuck Grillo fut lui aussi congédié en mars 1996 et remplacé par Dean Lombardi.
La saison suivante, les Sharks nommèrent Al Sims comme nouvel entraîneur, et apparemment qu'il n'aimait pas les européens selon Caloun. Ce ne fut pas mieux pour les Sharks avec Sims, qui fut également congédié après une seule saison où les Sharks terminèrent avant-derniers, ce qui leur permit toutefois de repêcher Patrick Marleau au repêchage de 1997.
Donc, malheureusement, le timing n'était pas bon pour Caloun et probablement qu'il fut victime de la vieille garde en place dans l'équipe et dans la ligue où il s'agissait d'une époque difficile pour les marqueurs et petits joueurs de finesse.
Caloun demeura donc en Finlande lors des années suivantes tandis que ses droits demeurèrent avec les Sharks pendant qu'il brûlait la ligue finlandaise. Il eut finalement une autre chance dans la LNH lorsque les Sharks échangèrent ses droits aux Blue Jackets de Columbus pour leur saison inaugurale en 2000-01. Il fit donc partie de l'alignement partant des Blue Jackets au début de leur histoire mais malheureusement, la magie de ses débuts n'opérait plus. Après 11 matchs où il amassa seulement 3 passes, les Blue Jackets le placèrent au ballotage. N'étant pas réclamé, il fut libéré et retourna en Finlande avec HIFK à la mi-novembre.
Il joua jusqu'en 2004 dans la SM-Liiga, passant aux Blues d'Espoo en 2001-02 et continuant d’amasser des points et de se distinguer dans cette ligue, terminant une nouvelle fois au premier rang des pointeurs en 2002-03.
Petite parenthèse intéressante ici, le trophée de la SM-Liiga du meneur pour les points (l'équivalent du Art Ross) est le trophée Veli-Pekka Ketola, cet ancien joueur des Jets dans l'AMH avec un des meilleurs noms ever.
Caloun retourna ensuite en Tchéquie en 2004-05 avec le HC Chemopetrol, en plus de jouer quelques matchs en Russie. Il joua pour plusieurs clubs en première et deuxième divisions tchèques jusqu'à sa retraite en 2010, un an après un dernier championnat en deuxième division. Il devint ensuite entraineur au niveau junior et plus tard DG du HC Slovan dans son patelin d'Ústí nad Labem. Quel beau nom pour une ville d'ailleurs. Je serais curieux d'y voyager un jour.
Ses exploits avec le HIFK furent honorés lors d'une cérémonie en 2020.
Voici ses statistiques dans les différentes ligues où il a joué:
LNH: 24 matchs, 8 buts et 6 passes pour 14 points.
SM-Liiga: 298 matchs, 145 buts et 230 passes pour 375 points. IHL: 137 matchs, 72 buts et 69 passes pour 141 points. AHL: 66 matchs, 43 buts et 43 passes pour 83 points.
Ligue Tchèque (division 1 et 2): 249 matchs, 123 buts et 95 passes pour 218 points.
Il marqua également plus de 200 buts au niveau international en combinant les nombreux tournois auquel il a participé. Vraiment dommage qu'il soit tombé chez les Sharks.