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mardi 10 mars 2026

Jari Kurri et les Devils de Milan (1990-91)


 
 
 
Parmi mes nombreux joueurs cultes, un qui est définitivement dans le top 10, sans être des plus obscurs comme la plupart des joueurs dont j’aime parler, figure l’original «Finnish Flash», Jari Kurri.

Il serait toutefois trop facile de faire un simple texte sur lui. Comme tout bon membre du temple, la quantité de textes déjà disponibles sur lui sont légion, particulièrement tout ce qui touche à la dynastie des Oilers et Wayne Gretzky. Ce qui m’intéresse toutefois aujourd’hui est de parler d’un chapitre assez oublié dans la carrière de la légende finlandaise, soit sa saison 1990-91 passée en Italie avec le club des Devils de Milan.

Malgré une 5e coupe remportée avec les Oilers au printemps 1990, parfois surnommée la coupe de «rédemption» et de la «consécration» des Oilers, et deux ans après l’infâme échange de Gretzky à Los Angeles, Kurri surprend tout le monde à l’été 1990 en décidant de quitter les Oilers et la LNH pour signer un contrat avec un club méconnu d’une ligue nettement plus inférieure pour un joueur de son calibre.



 
Ce n’était toutefois pas tellement une surprise de voir Kurri, ou tout autre joueur européen à l’époque, dire non à la LNH malgré une carrière florissante. C’était d’ailleurs particulièrement présent chez les clubs Canadiens. Des joueurs suédois de renom comme Hakaan Loob et Kent Nilsson avaient, au cours des années précédentes, plié bagage après plus ou moins une décennie dans la LNH, pour soit retourner jouer dans leurs patries respectives, ou bien ailleurs en Europe. Plusieurs disaient vouloir que leurs enfants puissent être éduqués dans leur langue maternelle. Quelques semaines avant l’annonce du départ de Kurri, on assistait à Montréal à une situation similaire avec Mats Naslund qui s’était également expatrié en Europe, en Suisse dans ce cas-ci.

Mais le cas de la vedette des Oilers, où l’hécatombe ne faisait que s’accentuer avec son départ, a davantage fait tourner les têtes.

Malgré qu’il n’était plus jumelé avec la merveille, Kurri venait de récolter un excellent 93 points en 1989-90 et un autre 25 points en séries, connaissant même un de ses meilleurs matchs en carrière durant la finale contre les Bruins lorsqu’il amassa 3 buts et 2 passes lors du deuxième match.

 
 
 

Ce départ n'était pas une simple retraite anticipée ou retour aux sources, mais était en grande partie une manœuvre stratégique. En conflit avec la direction des Oilers qui refusait de l'échanger aux Kings de Los Angeles pour rejoindre Gretzky, Kurri a utilisé l'Europe comme levier de pression. Mais selon lui, cet exil lui permettait quantité de choses; prendre une "pause mentale" après dix saisons intenses dans la LNH, pouvoir participer aux Championnats du monde de 1991, organisés dans sa Finlande natale, et, ultimement, de forcer les Oilers à négocier son transfert pour rejoindre son ancien coéquipier.

Malgré l'euphorie post-championnat, Kurri était rentré en Finlande immédiatement après la victoire. Il avait même mis sa maison d'Edmonton en vente. Le message était clair : son chapitre en Alberta était terminé.

Lui et son agent, Don Baizley, refusèrent même une offre financière supérieure des Oilers pour emprunter une voie totalement inattendue, soit un contrat de deux ans avec les Devils de Milan, avec qui il était associé depuis un certain temps et qui appartenaient à nul autre que Silvio Berlusconi. Ce dernier, avant de devenir le premier ministre controversé dont on se rappelle davantage de nos jours, était alors propriétaire d’un empire médiatique en Europe et possédait de nombreux clubs professionnels, dont le célèbre AC Milan, qu’il sauva de la faillite en 1986.
 
Dans le cercle de la LNH, on ne parvenait pas à faire du sens de la décision de Kurri. Le journaliste Cam Cole compara la situation à Magic Johnson qui partirait jouer au basketball en Yougoslavie. L'entraineur des Oilers John Muckler admit qu'il aurait davantage compris si Kurri aurait opté pour jouer chez lui en Finlande, dans une ligue davantage compétitive à défaut de jouer dans la la meilleure ligue au monde. Pour lui, il était risqué de faire un tel choix, expliquant qu'il aurait même de la difficulté à revenir dans la LNH.
 
De plus, contrairement à d'autre clubs plus prestigieux ou traditionnels d'Europe, par exemple en Suisse ou en Allemagne, le HC Milan Devils n’était pas un club avec une grande tradition, ayant été fondés juste un an avant l'arrivée de Kurri. Ils n’auront d'ailleurs existé que jusqu’en 1996, lorsque le club déménagea à Courmayeur, dans le nord de l’Italie, avant d’être dissout pour de bon en 1999.
 
Vous pouvez appercevoir Kurri dans l'uniforme milanais ici (#25):
 
 

Il y eut beaucoup de spéculations sur le montant de la transaction. Les médias suisses rapportèrent à l’époque une somme de plus d'un million de dollars. Le journal allemand Salzburger Nachrichten parlait plutôt d’un salaire de 350 000 dollars US, assorti d’un logement dans un château luxueux en plus d’une Mercedes. La ligue italienne comptait alors 10 équipes et le calendrier de 36 matchs se jouait les mardis et samedis, avec les dimanches toujours libres, donc un ratio salaire par match nettement avantageux.

L’arrivée de Kurri eut un effet marqué sur le hockey sur glace italien et les experts locaux convenaient que l’équipe de l’entraîneur-chef Jim Webster seraient les favoris du championnat italien.

Avec les Devils, Kurri opta bizarrement de troquer son fétiche #17 pour le #25. Le 17 appartenait au Canadien Mark Morrison, un ancien choix de 3e ronde des Rangers qui ne joua qu’une dizaine de matchs dans la LNH, et qui en était à sa deuxième saison avec les Devils, ayant terminé la saison précédente avec 113 points. Il est cependant étrange que Morrison n’ait pas légué le 17 à la grande vedette Kurri pour l’occasion.
 
Kurri, à gauche, et son coéquipier Mark Morrison qui portait le #17 à sa place...


Et bien que la présence de Kurri aida à remplir les patinoires et à revigorer le prestige de la Serie A, les Devils de Milan échouèrent en 1990-91. Ils terminèrent en troisième place et s'inclinèrent en séries face à leur rival immédiat, le HC Saima Milan. Lors de cette saison, Kurri rata six matchs et contribua 27 buts et 48 passes en 30 matchs. Avec ce 75 points, il ne figurait que 15e sur la liste des pointeurs, derrière des noms comme l’ancien des Flames Kevin Lavallée, l’ancien joueur éphémère des North Stars Dusan Pasek, ainsi que nul autre que Mark Napier. L’ancien du Canadien avait même terminé au premier rang de la ligue avec 118 points. Et selon ce que j’ai lu, Kurri rata également les séries, pour une raison que j’ignore.

Après son année en Italie, l'impasse persistait entre Kurri et les Oilers. Il menaça finalement de retourner chez les Devils pour exercer l’option de sa deuxième année de contrat s'il n'était pas échangé avant le 31 mai. Il avait également clairement établi que les retrouvailles avec Gretzky étaient sa priorité absolue.

Sather, qui ne ne voulait pas perdre une saison supplémentaire de ses services, finit par céder. Ainsi, une heure avant l'échéance fixée par l'ailier droit, Sather échangea ses droits, ainsi que Dave Brown et Corey Foster, à Philadelphie en retour de Craig Fisher, Scott Mellanby et Craig Berube. Les Flyers ont ensuite envoyé le joueur de 31 ans, accompagné de Jeff Chychrun, vers Los Angeles contre Steve Duchesne, Steve Kasper et un choix de quatrième tour au repêchage de 1991.

Un détail moins connu est que Kurri a failli rejoindre les Red Wings de Detroit, qui offraient plus d'argent que les Kings. Kurri était prêt à accepter, mais Detroit n'étant pas intéressé par un échange complexe à trois clubs, Sather a privilégié la transaction avec Philadelphie et Los Angeles.




Le deuxième chapitre de la carrière de Kurri dans la LNH, post-Italie, commença donc avec la fameuse réunion tant attendue avec Gretzky. On peut dire sans équivoque que cette deuxième moitié de carrière fut nettement moins resplendissante que la première. Le tandem Gretzky-Kurri version L.A, malgré quelques étincelles et une chimie toujours efficace, (dont un tour du chapeau lors de son premier match en tant que Kings) ne fut pas aussi mémorable qu’à leurs plus jeunes années à Edmonton. Il était évidemment grandement terminé le temps des saisons de 200 points de Gretzky et de 60+ buts/100+ points de Kurri. À cette première saison à L.A en 1991-92, Kurri ne récolta que 60 points, dont 23 buts, et les Kings se firent éliminer une fois de plus par les Oilers en première ronde. 
 
En fait, les Oilers post-finale de 1990 étaient toujours davantage compétitifs que leurs expatriés à Los Angeles. Malgré l’éxode continuel de plusieurs autres vedettes (Glenn Anderson, Grant Fuhr, Kevin Lowe, Adam Graves, Mark Messier, etc) les Oilers se rendirent tout de même jusqu'en finale de conférence en 1990-91 et 1991-92 tandis que les Kings ne firent jamais long feu. 

Les choses semblèrent toutefois débloquer en 1992-93, malgré une blessure importante à Gretzky qui lui fit manquer la moitié de la saison. Kurri prit davantage de place durant l’année, étant parfois muté au centre, et il termina la saison à 87 points. On énonça que le leadership tranquille de Kurri était une des principales raisons que les Kings parvinrent à redresser le bateau en l’absence de la merveille. Le parcours des Kings de l’ère Gretzky connut ainsi son apogée au printemps 1993 avec une participation en finale de la Coupe Stanley, pliant toutefois l’échine en 5 matchs face à Patrick Roy et le Canadien de Montréal.

Les Kings (pas seulement Gretzky et Kurri) ne furent plus jamais les mêmes par la suite, devant attendre l’arrivée d’une nouvelle génération à la fin des années 2000 avant de finalement passer à un autre niveau. Ils ratèrent les séries en 1993-94 et de nouveau durant la saison écourtée de 1995. Kurri connut sa dernière saison véritablement respectable offensivement en 93-94 avec 77 points dont 31 buts.
 

 
Après ces deux saisons décevantes et hors des séries, le club alors en quasi-faillite (et le propriétaire Bruce McNall en prison) liquida une grande partie de ses effectifs durant la saison 1995-96 et non pas seulement lors du fameux «2e échange» de Gretzky l’envoyant aux Blues de St.Louis (contre pas grand chose). Deux semaines suivant le départ du 99, le 17 plia également bagage, pour Manhattan dans son cas, en compagnie de Marty McSorley. En retour, les Kings obtinrent notamment Ray Ferraro. Cet échange est toutefois très impopulaire dans l’histoire des Rangers, les fans n’ayant pas apprécié Kurri autant qu’ils aimaient Ferraro. Kurri ne fit effectivement que passer à NY, et ce sans grande étincelle. Il n’obtint que 5 points en 14 matchs (dont seulement 1 but) pour clore la saison. Et malgré qu’il se racheta légèrement en séries avec 8 points en 11 matchs, les Rangers le laissèrent aller, son contrat échu.

Kurri joua ensuite deux dernières saisons dans la LNH, une en 1996-97 avec les Mighty Ducks d’Anaheim, où il put côtoyer son protégé Teemu Selanne, et une ultime saison en 1997-98 avec l’Avalanche du Colorado. À ce stade-ci de sa glorieuse carrière, Kurri était davantage devenu un attaquant de soutien défensif. Il n’eut que 13 buts et 35 points avec les Ducks et ensuite seulement 5 buts et 22 points avec l’Avalanche. 
 
C’est avec ces derniers qu’il put toutefois franchir de justesse l’illustre cap des 600 buts, terminant sa carrière dans la LNH avec un total de 601 buts, 797 passes pour 1398 points en 1251 matchs. Il était alors le recordman des points pour les joueurs européens. Il a depuis été détrôné de cette distinction par Selanne (1457) , Alex Ovechkin (1673 - au moment d’écrire ces lignes) et finalement le meneur, et #2 de tous les temps dans la LNH, Jaromir Jagr avec 1921 points.

Pour leur part, malgré que les Devils n'ont pas remporté le championnat d'Italie durant le court séjour de Kurri, et qu’ils ont disparu rapidement de la scène par la suite, ils ont toutefois soulevé le trophée les trois printemps suivants avant que le club ne soit aboli, soit en 1992, 1993 et 1994.
 
Sylvio Berlusconi (à droite) avec son club des Devils de Milan

 
Sources:
https://www.eishockeyblog.ch/als-kurri-nach-mailand-kam/
https://seura.fi/seuran-mies/miksi-jari-kurri-pelasi-kesken-nhl-uransa-kauden-italiassa/
https://www.nhl.com/kings/news/jari-kurri-almost-a-red-wing-before-he-became-a-king-285678450
https://oilersnation.com/news/an-oral-history-of-how-jari-kurri-left-the-edmonton-oilers-to-play-hockey-in-italy 

mardi 17 février 2026

Des Italiens qui nous sont familiers - 2e partie

 


Gaetano Orlando 

Originaire de Ville Lasalle, Gaetano Orlando a été un choix de 8e ronde des Sabres de Buffalo en 1981. Lors des cinq ans qu’Orlando passa dans leur organisation, il joua 98 matchs dans leur uniforme, comptant au passage 18 buts et obtenant 26 passes, en plus de gagner la Coupe Calder avec leur club-école de Rochester. 

 En 1987, il prit le chemin du pays de ses ancêtres, alors qu’il s’aligna pour Merano, Bolzano et Milan. Il fit alors partie de l’équipe championne en 1990, 1992, 1993 et 1994, en plus de remporter le championnat des pointeurs cette dernière année.

Il allait donc de soi qu’il fasse partie de l’équipe olympique italienne pour les Jeux de Lillehammer, avec qui il fut le meilleur pointeur, avec neuf en sept matchs. Il se permit même un but contre Corey Hirsch du Canada.

Il prit ensuite le chemin de la Suisse pour à jouer à Berne, puis à Lugano. Encore une fois, il remporta beaucoup de succès avec les titres en 1997 et 1999, en plus du championnat des pointeurs en 1997.

Celui qu’on surnomme souvent ″Gates″ fut de retour aux Jeux de Nagano en 1998. L’équipe italienne y a remporté un match contre l’Autriche en ronde préliminaire, mais a perdu ceux contre le Kazakhstan et la Slovaquie, en plus de celui en ronde de classement contre la France. Elle prit finalement la douzième place sur quatorze.

Pour sa part, Orlando marqua un but contre la France en déjouant Cristobal Huet, en plus d’obtenir deux passes.

Après sa retraite comme joueur, il devint entraîneur, entre autres avec les Icehawks d’Adirondack de l’UHL et adjoint avec les River Rats d’Albany. Il fut aussi dépisteur pour les Devils.

En 2012, des ennuis de santé l’obligèrent à subir une transplantation cardiaque.

Stefan Figliuzzi 

Un peu comme Gaetano Orlando, Stefan Figliuzzi était un attaquant talentueux de petite taille. Originaire de Laval, il passa cinq saisons à empiler les points pour le compte des Castors de St-Jean de la LHJMQ. 

En 1989, toujours non repêché, il mit le cap sur l’Italie, alors qu’il s’aligna avec Brunico, puis Varèse. En 1996, il se dirigea vers l’Allemagne, puis la Suisse, le Japon et la Suède.

Au niveau international, Figliuzzi alla aussi à Lillehammer. Il marqua trois buts, tous dans les deux parties contre la France, en plus d’ajouter deux passes.

Il fut de retour pour les Jeux de Nagano, où il conserva la même fiche (3-2-5), mais cette fois en seulement quatre matchs, ce qui fit de lui le meilleur pointeur de l’équipe. Deux de ses buts furent obtenus contre l’Autriche, alors que l’autre fut compté contre la Slovaquie. 

Mario Brunetta

Choix de huitième ronde en 1985 de Québec, sa ville natale, Mario Brunetta passa trois saisons à aller de la Ligue américaine à la Ligue nationale. Il joua en tout 40 matchs à protéger la cage des Nordiques.

En 1990, lorsqu’il fut libéré, il se dirigea vers l’Italie, avec Asiago, Milan et Varèse. Il alla ensuite en Allemagne et en Suède.

En 1998, à Nagano, le gardien principal pour les Italiens fut Mike Rosati, un torontois d’origine. Brunetta était le deuxième gardien. Il débuta la partie contre le Kazakhstan, mais après avoir donné 4 buts en 23 minutes, il fut retiré du match. 


Jason Muzzatti

Si l’Italie rata les Jeux de Salt Lake, elle fut qualifiée comme pays hôte à Turin.

Devant le but, elle fit principalement confiance à Jason Muzzatti, un torontois choisi en fin de première ronde par Calgary en 1988. Il ne joua par contre que deux parties avec les Flames, avant de participer à 53 autres avec les Whalers, 6 avec les Rangers et une dernière avec les Sharks, pour ensuite se rendre en Finlande, en Allemagne et en Italie.

Aux Olympiques, Muzzatti participa à cinq des six matchs. L’Italie accumula trois défaites et deux nulles, alors que c'était lui devant le filet pour ces deux dernières.

L’Italie termina onzième, devançant seulement la Lettonie.

Il revint ensuite en Amérique du Nord pour devenir entraîneur, dans l’IHL et la NCAA avec Michigan State. Il travaille maintenant avec les Hurricanes depuis six ans. 

Jason Cirone

Au sein de cette même équipe de Turin, on retrouvait aussi Jason Cirone, un choix de troisième ronde des Jets en 1989. Il ne joua par contre que trois matchs dans la LNH, tous avec Winnipeg. Il tenta ensuite sa chance en Italie, avec Asiago, en 1992-93, avant de jouer plusieurs années dans l’AHL, l’IHL, la ECHL, la WCHL et au roller hockey, avant d’aller en Allemagne, puis de retourner à Asiago.

Pendant le tournoi olympique, Cirone marqua une fois, contre Martin Brodeur.

L’année suivante, il revint dans les ligues mineures nord-américaines, dans la CHL, puis il retourna avec les Generals de Flint de l’IHL.

Il devint ensuite entraîneur à Midland University, au Nebraska.

Il est décédé en 2024 des suites d’un cancer. 

 

Après avoir raté Vancouver, Sotchi, PyeongChang et Beijing, l'Italie est de retour comme pays hôte.

Sources :

eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

lundi 16 février 2026

Des Italiens qui nous sont familiers - 1ère partie




Merci à notre fidèle lecteur, Jellos, qui nous a suggéré ce sujet. 

Cette année, l’Italie fait un retour au tournoi olympique de hockey, puisqu’en tant que pays hôte, elle est qualifiée d’office, comme ça avait été le cas en 1956 et 2006. Ce ne sont toutefois pas ses seules apparitions, puisqu’elle y était aussi en 1936, en 1948 et en 1964. Il y eut ensuite une absence prolongée, avant de revenir en 1984, en 1992, en 1994 et en 1998, la dernière fois qu’elle s’est qualifiée sans être l’hôtesse. 

Le podium n’a toutefois jamais été une réelle possibilité, puisque son meilleur résultat fut en 1956, sur son sol à Cortina d’Ampezzo, avec une septième place dans un tournoi à 10 équipes.

Pour son retour, on a mentionné la présence de Phil Pietroniro dans l’uniforme italien, le seul québécois du tournoi, lui qui est né à St-Eustache et qui, comme son père, a joué dans la LHJMQ. S’il joue aujourd’hui à Kladno, en Tchéquie, aux côtés de Jaromir Jagr, il a déjà joué dans le championnat italien et sa double citoyenneté lui permet de représenter l’Italie aux Jeux.

Pietroniro n’est toutefois pas le premier visage familier à enfiler le gilet italien aux Olympiques. Si lors des premières éditions, l’équipe italienne était composée presque entièrement d’italiens basés en Italie, à partir de 1984, il y eut de plus en plus de canadiens qui jouaient dans la ligue italienne. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs des origines dans le pays. En voici quelques-uns.

Bob Manno

Originaire de Niagara Falls, Bob Manno a été repêché en deuxième ronde par les Canucks en 1976. Bien que l’équipe n’était pas si bonne, Manno mit du temps à devenir un régulier, faisant à quelques reprises des retours dans les mineures.

Après la saison 1980-81, Manno fut libéré par Vancouver. Il signa alors avec les misérables Leafs, où il s’intégra bien, avec son sommet en carrière de 50 points. Il alla même au match des étoiles, en remplacement de Börje Salming. À la fin de la saison, il alla représenter l’Italie aux championnats du monde. L’expérience sembla lui plaire, puisqu’au lieu de revenir avec Toronto, il signa avec Mérano de la ligue italienne. 

 

Pour la saison 1983-84, il revint toutefois dans la LNH, mais avec Détroit cette fois. Alors qu’il avait jusque-là joué principalement comme défenseur, il fut utilisé amplement à l’aile gauche et obtint une passe sur le premier but d’une jeune recrue, Steve Yzerman.

Son séjour dans la ville de l’automobile dura deux ans, avant qu’il ne retourne à Mérano. À son retour, il montra une fiche de 106 points en 36 parties et aida l’équipe à remporter le titre.

Il joua par la suite à Canazei et Bolzano, tout en représentant l’Italie aux championnats du monde (A ou B, dépendamment des années). C’est pourquoi que, lorsque l’Italie fit un retour aux Jeux olympiques, à Albertville, en 1992, Il allait de soi que Manno fasse partie de l’équipe.

Si l’équipe dirigé par l’ancien entraîneur des Penguins Gene Ubriaco ne remporta qu’un seul match, celui contre la Pologne, Manno marqua son unique but contre les États-Unis, aux dépends de Ray Leblanc. Il ajouta aussi deux passes à sa fiche.

L’Italie perdit le match de la onzième place contre cette même Pologne et termina donc au douzième et dernier rang.

Manno prit ensuite sa retraite et devint entraîneur, en Italie et en Allemagne.

Frank Nigro

Choix de cinquième ronde en 1979, celui qui est né en banlieue de Toronto fut choisi par son équipe locale, les Leafs. Lorsque Nigro fit l’équipe en 1982-83, Manno était déjà parti pour l’Italie. Par contre, après 68 matchs en deux ans avec les Leafs, toujours dans l'ère Ballard, et avoir passé l’année 1984-85 à Gardena dans la ligue italienne, il alla rejoindre Bob Manno à Mérano en 1985-86. Il surpassa même les statistiques de son nouveau coéquipier avec 132 points en 34 parties.

Il joua ensuite à Varèse et à Bolzano, avant de rejoindre Manno au sein de l’équipe olympique en 1992, alors qu’il obtint trois passes lors du tournoi.

Il prit ensuite sa retraite comme joueur. 


 

Bill Stewart

Choix de quatrième ronde de Buffalo en 1977, le torontois Bill Stewart passa les neufs années suivantes à se promener entre les mineures et les Sabres, les Blues, les Maple Leafs et les North Stars. En bout de ligne, il joua un total de 260 matchs dans la LNH.

En 1986, il prit le chemin de l’Italie, où il joua neuf ans pour Brunica, Milan (où il remporta deux championnats), Gardena et Courmayeur.

Comme Manno et Nigro, il est allé à Albertville, où il a obtenu trois passes. Par contre, contrairement aux deux autres, il a poursuivi son parcours olympique jusqu’à Lillehammer, en 1994.

Cette fois dirigée par Bryan Lefley, le frère de Chuck (décédé récemment) et ancien des Islanders des Scouts et des Rockies, l’Italie remporta un match contre la France dans le tournoi à la ronde et en gagna un autre, toujours contre la France, dans la phase de classement. Ceci lui permit de terminer au neuvième rang sur douze équipes.

Ce n’est toutefois pas en raison de sa contribution offensive qu’elle a obtenu ce résultat, puisqu’il a été blanchi. 

 

 
À partir de 1995, il devint entraîneur, dans la Ligue coloniale, la Ligue de l’Ontario et la Ligue américaine, avant de graduer dans la Ligue nationale derrière le banc des Islanders en 1998-99.  Il devint entraîneur-chef en janvier, lors que Mike Milbury décida de se concentrer sur son poste de directeur-gérant. Stewart termina la saison et suite à une fiche de 11-19-7, il fut relevé de ses fonctions. 

La suite est pour le moins étonnante. En 1999, il est devenu l’entraîneur des Colts de Barrie de l’OHL, où son passage fut plutôt chaotique. Dans cette équipe qui comptait Mike Danton (ça commence bien), un joueur fut accusé d’assaut après avoir brandi son bâton durant un match. D’autres furent accusés d’agression sexuelle. Quant à Stewart, il fut accusé d’avoir dissimulé deux fois un joueur ukrainien dans le compartiment à bagages de l’autobus pour passer la frontière. Et suite à la défaite de son équipe en finale de la Coupe Memorial contre Rimouski, Stewart a quitté le Metro Centre d’Halifax sans s’adresser à qui que ce soit. 

La saison suivante, plutôt que de retourner à Barrie, il alla en Allemagne et ensuite en Autriche. Durant son passage de 9 ans, il fut entre autres impliqué dans une bagarre générale où il blessa l’entraîneur adverse, en plus à un autre moment d’avoir simulé un évanouissement pour permettre à son joueur étoile de faire aiguiser ses patins.

Il revint une dernière fois dans l’OHL en 2011 avec le Storm de Guelph.

Sources :

″Les Suédois partent du bon pied″, AFP, 10 février 1992, La Presse, pages S8, S12,

″Phil Pietroniro, de la LHJMQ aux Jeux de Milano-Cortina″ de Jean-Patrick Balleux, 21 janvier 2026, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca),

eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

vendredi 26 juin 2020

Joueur oublié des 90's #33 - Frank Pietrangelo





Né le 17 décembre 1964 à Niagara Falls en Ontario, Frank Pietrangelo n'eut qu'une carrière relativement courte et principalement comme gardien adjoint dans la LNH mais il eut  tout de même l'opportunité de briller au bon moment et de laisser sa place dans le folklore sportif de Pittsburgh. 




Après avoir débuté dans le junior B avec les Canucks de Niagara Falls, Pietrangelo joua ensuite dans le junior A avec les Warriors de Brampton. Désirant se faire remarquer davantage dans l'espoir d'être repêché, il opta de prendre l'avenue des universités américaines. Il reçut des offres d'une vingtaine d'équipes intéressés mais s'enrôla finalement avec les Golden Gophers de l'Université du Minnesota car il s'agissait d'une des universités qui formaient le plus de futurs joueurs dans la LNH. Il était cependant le seul canadien de l'équipe, elle qui ne recrutait que très rarement hors de l'état du Minnesota.

Il obtint le poste de partant avec les Gophers et termina sa première saison en 1982-83 avec une fiche de 15-6-1. Les Penguins de Pittsburgh furent assez impressionnés pour tenter leur chance avec lui en le repêchant en 4e ronde (63e) au total du repêchage de 1983. Mais comme plusieurs joueurs universitaires (comme son coéquipier Corey Millen avec les Gophers), il n'était pas considéré comme un espoir de haut niveau et il était bien établi qu'il compléterait ses 4 années d'université avant de devenir professionnel.

Il joua donc 3 autres années avec les Gophers mais ne connut pas d'aussi bonnes saisons que sa première en 82-83 et l'équipe commença à partager le filet avec d'autres gardiens. Il retrouva toutefois sa forme d'antan à sa dernière année avec une fiche de 15-7-0.

Diplôme en poche mais jamais signé par les Penguins ou une autre équipe, Pietrangelo se chercha du boulot pour la saison 1986-87. Heureusement pour lui, son beau-frère était l'ancien joueur des Whalers Rick Ley qui était désormais entraîneur-chef des Lumberjacks de Muskegon dans la IHL. Il fut donc signé par les Lumberjacks et connut une très bonne saison en 1986-87 avec une fiche de 23-11-0 en 35 matchs. Coïncidemment, les Lumberjacks étaient aussi le club-école des Penguins. Ces derniers retrouvèrent donc Pietrangelo sur leur radar et le signèrent enfin pour la saison 1987-88. 

Il obtint quelques départs avec les Penguins au début de la saison mais fut finalement renvoyé à Muskegon après 3 défaites consécutives. Il fut ramené à la mi-janvier et connut de meilleurs moments avec l'équipe, devant même un favori de la foule. Il connut en tout une fiche de 9-11-0 lors de cette première saison au sein d'une équipe douée en offensive mais pourrie en défensive qui peinait à bâtir une équipe compétitive autour de Mario Lemieux. 

Les Penguins avaient également des problèmes dans les buts et sentaient de la pression des fans pour obtenir un véritable gardien numéro un. Il y avait des rumeurs que l'équipe était en tête du derby Andy Moog durant la saison, lui qui était en bris de contrat avec les Oilers. Cependant les Penguins refusèrent les demandes de Glen Sather et le jeu inspiré de Pietrangelo vint calmer un peu leur sentiment d'urgence et ils ne firent pas l'acquisition de Moog qui prit finalement le chemin de Boston.

Pietrangelo ne devint toutefois jamais le numéro un des Penguins alors que ces derniers firent finalement leur move en novembre 1988 lorsqu'ils se portèrent acquéreur du gardien Tom Barrasso des Sabres de Buffalo. Pietrangelo devint donc l'adjoint de Barrasso mais fut également en compétition avec Wendell Young pour ce poste, partageant donc les deux saisons suivantes entre Pittsburgh et Muskegon. En 1989-90, Barrasso fut blessé pendant la moitié de la saison mais c'est Young qui obtint la faveur de l'entraîneur pour le remplacer. À l'aube de la saison 1990-91, Pietrangelo désirait plus de stabilité et en avait assez du va-et-vient dans les mineures. Il considéra des offres pour aller jouer en Italie mais les Penguins lui offrirent finalement un contrat à un volet et optèrent pour une rotation à trois gardiens en 1990-91 où Pietrangelo obtint une fiche moyenne de 10-11-1.

À l'aube des séries de 1991, Young fut blessé à son tour et sa saison était terminée. C'est donc Pietrangelo qui obtint le poste d'adjoint. Il eut finalement sa chance de briller lors de cette première participation en séries de sa carrière. En retard de 3-2 dans leur série de première ronde contre les Devils et avec Barrasso blessé, les Penguins donnèrent les rênes à Pietrangelo pour le 6e match où ils durent également faire sans les services de leur défenseur étoile Paul Coffey. Avec une mince avance de 2-1 en fin de première période, les Penguins furent pénalisés lorsque Pietrangelo obtint une pénalité pour avoir retardé le match.

Durant ce désavantage numérique, Pietrangelo se racheta en attrapant miraculeusement avec sa mitaine un tir à bout portant de Peter Stastny qui avait une cage déserte devant lui. Stastny, les joueurs des Devils et les fans croyaient d'ailleurs tous qu'il s'agissait d'un but certain et avaient même les bras en l'air avant de constater que la rondelle était dans la mitaine de Pietrangelo.



Surnommé jusqu'à ce jour ''The Save'' par les fans des Penguins, cet arrêt sembla couper les jambes des Devils qui s'inclinèrent finalement 4-3 lors de ce match. Pietrangelo blanchit ensuite New Jersey 4-0 lors du 7e match et les Penguins remportèrent la série. Il débuta ensuite la 2e ronde contre les Capitals où il joua les deux premiers matchs et garda les Penguins dans le coup. Barrasso put ensuite revenir alors que la série n'était qu'à 1-1. 

Il eut également la chance de jouer en finale, soit lors du 5e match contre les North Stars alors que la série était égale 2-2. Barrasso fut plaqué par Basil McRae en fin de première et Pietrangelo garda donc le reste du match qui se termina 6-4 pour Pittsburgh. Les Penguins l'emportèrent finalement le match suivant avec Barrasso de retour dans les buts mais Pietrangelo eut la chance de jouer et de performer au bon moment en tant qu'adjoint et s'était pleinement mérité cette bague en 1991.

Mark Recchi en compagnie de Pietrangelo en 1991


Les choses se dégradèrent toutefois pour Pietrangelo à Pittsburgh alors qu'il n'avait pas la même faveur avec le nouvel entraîneur des Penguins Scotty Bowman en plus de rater plusieurs matchs à cause d'une blessure au dos en 1991-92. Il ne joua qu'un seul match pour Bowman après cette blessure et les Penguins firent également une autre transaction impliquant un gardien lorsqu'ils acquirent Ken Wregget des Flyers dans un blockbuster à trois équipes impliquant Coffey, Mark Recchi, Rick Tocchet et plusieurs autres. Il ne joua donc que 5 matchs durant cette saison et frustré de jouer aussi peu, il demanda au DG Craig Patrick de l'échanger à une équipe où il aurait la chance de devenir numéro un. Patrick acquiesça à sa demande en mars 1992 lorsqu'il fut envoyé aux Whalers de Hartford pour des considérations futures.
Beaucoup de gens (dont moi-même au départ) ont souvent confondu cet échange avec celui avec ces même Whalers qui amena Ron Francis à Pittsburgh en mars 1991. Cependant comme vous avez pu voir, Pietrangelo était toujours avec les Penguins et donc coéquipier de Francis lors de leur première coupe en 1991. L'échange était en fait constitué de John Cullen, Zarley Zalapski et Jeff Parker qui prirent le chemin de Hartford en retour de Francis, Ulf Samuelsson et Grant Jennings.

Les Penguins et les Whalers étaient d'ailleurs de fréquents partenaires d'échange. On confond également les joueurs impliqués dans l'échange de Francis avec un autre échange 1 contre 1 entre les deux équipes en décembre 1990 lorsque les Penguins envoyèrent Rob Brown aux Whalers en retour de Scott Young...

L'échange de Pietrangelo fut d'ailleurs plus compliqué car les deux équipes ne purent ensuite s'entendre sur ces ''considérations futures''. Les Penguins désiraient un choix de 3e ronde ainsi que le gardien Kay Whitmore tandis que les Whalers s'y refusaient et offraient seulement deux choix (3e et 4e ronde) en 1994 et la cause alla en arbitrage. L'arbitre (peut-être par pitié dû à l'échange Francis) trancha finalement en faveur des Whalers, probablement pour tenter d'égaliser le score en ce qui concerne les transactions gagnées entre les deux équipes...

Les Whalers étaient toujours compétitifs à ce moment-là mais leur tandem constitué de Peter Sidorkiewicz et Kay Whitmore éprouvait des difficultés. Ils étaient en pourparlers constants avec les Devils pour faire l'acquisition du gardien Sean Burke qui était alors en grève et jouait dans la IHL avec les Gulls de San Diego. Ces négociations traînèrent et les Whalers durent finalement se rabattre sur Pietrangelo comme renfort pour les séries. Pietrangelo termina donc la saison 1991-92 avec les Whalers et obtint une fiche de 3-1-1 en 5 matchs et fut le partant des siens pour les séries où ils s'inclinèrent en 7 matchs contre Montréal, soit la dernière participation aux séries de l'histoire de la franchise à Hartford.


La saison 1992-93 fut ensuite horrible pour Pietrangelo alors qu'il ne devint jamais numéro un car l'équipe obtint finalement Burke des Devils durant la saison morte. Il joua 30 matchs et ne put faire mieux qu'une fiche de 4-15-1 au sein de cette équipe qui commençait son processus de reconstruction. Sa saison 1993-94 ne fut pas meilleure et après l'acquisition du gardien Jeff Reese des Flames en novembre 1993, Pietrangelo fut envoyé dans les mineures avec les Indians de Springfield. Il ne fut rappelé que pour un seul dernier match en mars 1994.

Il fut libéré par les Whalers mais se retrouva un poste avec les Islanders de NY comme agent libre. Il ne joua cependant que quelques matchs pré-saison avant d'être libéré et envoyé au Moose du Minnesota dans la IHL. Il se blessa ensuite au pouce et aux genoux durant cette saison et dut se faire opérer. Il opta alors pour la retraite ou plutôt une sabbatique puisqu'il décida d'enfin faire le saut en Italie après plusieurs années à avoir mis ce plan de côté. Alors que ses parents sont originaires d'Italie, il avait toujours comme plan B de jouer là-bas et avait même la double nationalité depuis 1988. Avec un nouvel entrain et un bilan de santé positif, il signa donc avec le HC Balzano pour la saison 1996-97 avec qui il remporta le championnat Italien lors de sa première année.

Il partagea ensuite la saison 1997-98 en Italie avec le HC Asiago et en Allemagne avec le club Kaufbeurer Adleren première division. Désirant ensuite évoluer dans un marché anglophone pour l'éducation de ses enfants, il signa avec le Storm de Manchester en Angleterre. Il remporta de nouveau un championnat lors de sa première saison avec le Storm mais les blessures le rattrapa lors des saisons suivantes et il prit sa retraite définitive en 2001.

Il devint ensuite agent de joueur et se porta plus tard acquéreur de son premier club junior dans sa ville natale, les Canucks de Niagara Falls où il occupe également le poste d'entraîneur-chef. Il y entraîna d'ailleurs son fils Dylan et sa fille Paige et les deux graduèrent comme leur fils dans la NCAA. Son neveu est le défenseur et capitaine des Blues, Alex Pietrangelo, qui ramena la coupe Stanley dans la famille en 2019.

En 141 matchs dans la LNH, Frank obtint une fiche globale de 46 victoires, 59 défaites et 6 matchs nuls.


Sources:
Hockey draft Central
Greatest hockey legends
The Strangest one of all
NHL.com
WHALERS ACQUIRE PIETRANGELO, Hartford Courrant, 11 mars 1992
Manchester Storm
Stanley Cup winner returned to Niagara Falls to buy junior team, Niagara Falls Review, 4 oct 2017






mercredi 26 octobre 2016

La Alps Hockey League






À chaque nouvelle saison de hockey, moi et Martin ITFOR avons depuis quelques années une tradition assez particulière que j’appelle “Où est rendu Francis Verreault-Paul?”. Cet ancien joueur des Saguenéens et des Redmen était un de nos joueurs favoris lorsqu’il évoluait à l’Université McGill il y a quelques années et nous suivons sa carrière de loin depuis sa dernière saison à McGill en 2011-12. Nous savions qu’il avait le potentiel de poursuivre sa carrière après son stage universitaire et d’au moins performer dans les ligues mineures à défaut de pouvoir se rendre dans la LNH.

Il a tout d’abord terminé la saison 2011-12 dans la Ligue américaine avec les Bears de Hershey où il joua 6 matchs. Il commença ensuite un parcours vagabond entre la ECHL et différentes ligues européennes et depuis ce temps, à chaque début de saison, nous avons comme devoir de le retracer. Il a joué la dernière saison avec les Stars de Gentofte dans la ligue du Danemark et je me demandais bien qu’est-ce qu’il allait nous réserver en 2016-17 alors que des rumeurs régionales le ramenaient au Saguenay avec le Marquis de Jonquière, ce qui m’excitait grandement alors que j’aurais pu revoir ce joueur fougueux en action. Il a cependant décidé de continuer son aventure en europe, cette fois-ci avec les Broncos de Sterzing-Vipiteno dans la Alps Hockey League.


Verreault-Paul avec sa nouvelle équipe en 2016-17


Comme moi, vous vous dites sûrement “What the fuck is the Alps Hockey League?”. Et bien c'est normal de ne jamais en avoir entendu parler car figurez-vous que la ligue de hockey des Alpes est en fait une toute nouvelle ligue qui a débuté ses activités cette saison. Et comme j'ai une fascination pour les ligues mineures obscures, je me devais d'en savoir plus.

Cette ligue est née des cendres de deux ligues, la Serie A italienne et la Inter-National League, qui ont fusionné à la fin de la dernière saison. La Serie A était la première ligue en importance en Italie et existait depuis 1925 alors que la Inter-National League était une ligue semi-pro plus récente (fondée en 2012) avec des clubs en Slovénie, en Autriche et aussi en Italie. Il est triste de voir une ligue presque centenaire terminer ainsi ses activités mais la fédération Italienne de hockey espère ainsi relancer le hockey professionnel italien qui battait supposément de l’aile. La Seria A a connu des difficultés financières et avait perdu du lustre au cours des dernières années avec la défection d'une de ses équipes phares, le HC Bolzano, dans la ligue Autrichienne (EBEL).

La nouvelle Alps Hockey League regroupe donc 16 équipes dont la plupart étaient dans ces deux ligues auparavant. On retrouve en fait 7 équipes basées en Autriche, 8 en Italie (toutes situées au nord) et une seule en Slovénie pour l'instant. Deux des équipes autrichiennes serviront également de clubs-écoles pour la ligue Autrichienne. Pour éviter toute confusion avec l’autre AHL en Amérique, la Alps Hockey League prendra l’abréviation Alps-HL.


Carte de la Alps-HL en 2016-17



Si tout va bien dans les prochaines années, la ligue espère prendre de l’expansion en Allemagne, en Croatie, en République Tchèque et en Slovaquie même si techniquement, la Slovaquie et la République Tchèque ne font pas partie du territoire des Alpes. Si la Alps-HL voudrait vraiment faire honneur à son nom, elle devrait plutôt viser la Suisse et la France mais bon...

Outre Verreault-Paul, je n’ai pas vraiment trouvé beaucoup de noms familiers dans cette nouvelle ligue. Il s’agit principalement de jeunes joueurs locaux et quelques joueurs provenant des ligues mineures nord-américaines comme Verreault-Paul. Je suis toutefois tombé sur Boris Valabik, un ancien premier choix des Thrashers d’Atlanta qui évolue avec le club autrichien de Lustenau et qui est le seul membre de la ligue à avoir joué dans la LNH.

Si ça vous intéresse, on peut trouver plusieurs matchs de la ligue sur Youtube et ce même en direct apparemment. En voici un du 12 octobre dernier entre l’équipe de Verreault-Paul, les Broncos, contre le HC Asiago, une équipe dirigée par l’ancien gardien des Penguins Tom Barrasso.





Je souhaite donc bonne chance à Verreault-Paul et à la Alps-HL en 2016-17 et pour les prochaines saisons! Si ça ne fonctionne pas, je suis sûr qu'il pourra joindre les rangs du Marquis de Jonquière éventuellement.




vendredi 5 septembre 2014

Wayne Bianchin









Vous avez aimé l'histoire de l'accident de cart de golf d'Erik Johnson, vous allez aimer celle de Wayne Bianchin...



Wayne Bianchin est né en 1953 en Colombie-Britannique d'une famille d'origine italienne. C'est notamment avec les fameux Bombers de Flin Flon lors de la saison 1972-73 que Bianchin se fit remarquer avec une très respectable récolte de  114 points dont 60 buts, ce qui fit en sorte qu'il interessa les Penguins qui le repêchèrent en deuxième ronde, 23e au total, au printemps de 1973.

Dès la saison 1973-74, le rapide attaquant connut une première saison assez respectable, récoltant 25 points en une soixantaine de matchs pour une équipe qui ne remporta que 28 matchs. C'est par contre à l'été que la carrière de Bianchin connut un dénouement un peu tragique.

Alors qu'il était en vacance, Bianchin eut un accident alors qu'il surfait. Bianchin se brisa le cou et rata la majeure partie sa deuxième saison dans la NHL, ne jouant qu'un seul match en 1974-75 avec les Penguins et une poignée avec les Bears de Hershey et les Jets de Syracuse de la NAHL. L'année suivante, Bianchin passa encore la majeure partie de la saison à Hershey, récoltant 46 points dont 24 buts en 54 matchs et jouant seulement qu'une douzaine de matchs avec les Penguins.

C'est lors de la saison 1976-77 que Bianchin redevint un régulier dans la NHL et récolta un bon 34 points dont 28 buts en 79 matchs alors qu'il formait une ligne avec Greg Malone (père de Ryan) et Blair Chapman. La saison suivante, bien qu'avec un club médiocre, Bianchin atteint à nouveau le cap des 20 buts, récoltant 33 points en 61 matchs. Lors de cette saison, Bianchin rata près d'un mois de jeu en raison de maux de dos qui allaient limiter sa poussée. 

Après une saison décevante en 1978-79 avec les Penguins, ne jouant que 40 matchs, ces derniers le laissèrent tomber. Réclamé par les Oilers lors du repêchage d'expansion. Le nouveau départ espéré de Bianchin ne produisit pas, lui qui ne joua que 11 matchs sans points à Edmonton, passant la majeure partie de cette saison 1979-80 à Houston dans la CHL. Devant la profondeur des Oilers et pris de maux de dos, Bianchin n'était pas de calibre pour une équipe qui aspirait déjà aux grands honneurs en entrant dans la NHL...

Wayne Bianchin passa par la suite quelques saisons dans le pays de ses ancêtres, en Italie, représentant même l'Italie en 1981 lors du Championnat du monde division 2, avant de tirer la plug pour de bon après la saison 1981-82 avec le AS Mastini Varese.


mardi 23 octobre 2012

Jim Corsi

Vendredi dernier, je suis allé voir les Stingers de Concordia affronter les Gee-Gee's d'UOttawa en compagnie de mon collaborateur Benoît AKA KeithActon ainsi que ses deux jeunes garçons. Lorsque Benoît et ses héritiers sont allé à la pause toilette semi-obligatoire entre les périodes, alors que les locaux tiraient de l'arrière 5 à 2 contre l'alma mater de celui qui était parti au petit coin avec sa marmaille, le mec devant moi s'est détourné pour me jaser un peu. Il m'a dit que lorsqu'il a étudié dans cette université, à l'époque où Concordia était deux universités distinctes, soit Loyola et Sir Georges Williams, il y avait beaucoup plus de gens qui venaient assister aux matchs des Warriors de Loyola. Il affirmait ça en regard du fait qu'il n'y avait pratiquement personne dans les estrades pour assister à ce match. En fait, s'il y avait une cinquantaine de personnes qui ont assisté à la rencontre...

Ce que le mec m'a dit, c'est qu'à l'époque où il étudiait à Loyola, l'équipe non seulement attirait des foules, mais remportait souvent la victoire. Il m'a fait état de grands joueurs qui ont porté les couleurs de cette université de l'ouest de Montréal durant laquelle cette dernière est devenue le Concordia que l'on connaît de nos jours. Il m'a d'ailleurs parlé de Jim Corsi en me vantant les qualités athlétiques de ce dernier.

J'avoue que je ne connaissais pas Jim Corsi, on ne peut pas tout savoir, mais il vaut mieux tard que jamais. Jim Corsi est né à Montréal en 1954 d'un famille italienne. Sachant marier la culture sportive de son pays d'origine et celle de son pays natal, Corsi fut, avant de devenir un très bon gardien de but au niveau collégial, un jeune joueur de soccer professionnel évoluant avec l'Olympique de Montréal, une équipe qui évoluait dans la NASL de 1971 à 1973. D'ailleurs afin de me montrer à quel point Corsi était un grand athlète, il m'a parlé de ce fait.

L'autre fait qu'il m'a énoncé pour me dire à quel point Corsi était un superbe gardien à l'époque, il m'a dit qu'il jouait pour les Nordiques. En effet, en 1976, après ses études à Concordia/Loyola, Corsi a signé à titre d'agent libre avec les Nordiques de l'AMH. À sa première saison, Corsi passa plus de temps avec les Nordiques du Maine de la NAHL, la fameuse ligue où sévissaient les Jets de Johnstown et les Jaros de Beauce (qui disparaîtront durant cette saison). Corsi mènera d'ailleurs cette équipe en finale de la ligue où les Nordiques s'inclinèrent en 4 contre les Blazers de Syracuse.

L'année suivante, Corsi, qui joua 13 matchs à Québec lors de sa première saison professionnelle, fut appelé à jouer un plus grand rôle dans la vieille capitale, partageant la tâche avec Richard Brodeur. Durant cette saison 1977-78, Corsi joua 23 matchs avec les Nordiques. L'année suivante, Corsi se verra assigné de la moitié de la charge de travail avec le Roi Richard. 

Lors de l'entrée des Nordiques dans la NHL, Corsi ne fut pas retenu pour entrer en tant que gardien du fleurdelisé dans la Grande Ligue, ce qui fit en sorte qu'il signa à titre d'agent libre avec une autre nouvelle équipe de la NHL, les Oilers d'Edmonton. Corsi fut donc le premier gardien des Oilers lors de leur entrée dans la NHL. 


Malheureusement pour Corsi, son entrée dans la NHL fut plus ou moins un succès. En ne jouant que 26 matchs avec la bande à Gretzky, Corsi ne remporta que 8 matchs, ce qui lui valut non seulement une démotion vers les ligues mineures mais un échange aux North Stars du Minnesota pour des considérations futures. Corsi fut aussitôt relégué aux Stars d'Oklahoma City de la CHL. 

Suite à ses insuccès dans la NHL, Corsi fit un move plutôt inhabituel. Il prit alors le chemin de l'Italie afin d'évoluer dans la ligue élite du pays. D'ailleurs, ayant sa citoyenneté italienne, Corsi devint également un choix de première afin de représenter le pays de ses ancêtres sur la scène internationale. Il fit d'ailleurs parti de cette équipe qui surprit le Canada lors du Championnat du monde de 1982 en surprenant cette puissante équipe avec Wayne Gretzky dans son prime par la marque de 3-3 et vainquit les États-Unis par la marque de 7 à 5. Corsi évolua jusqu'en 1992 en Italie, faisant la pluie et le beau temps dans ce pays méconnu pour le hockey...


À son retour d'Italie, Corsi évolua au sein de différentes équipes, notamment avec son alma mater des Stingers de Concordia, leurs rivaux locaux, les Redmen de McGill, les St. Michael's Majors de Toronto de l'OHL, les Gee-Gee's d'UOttawa et l'équipe féminine canadienne...

Depuis 2001, Corsi est l'entraîneur des gardiens des Sabres de Buffalo...

Corsi est connu depuis non seulement reconnu pour être le coach de Ryan Miller, il est connu comme ayant développé une statistique spéciale au hockey que l'on nomme le Corsi Number. Cette statistique qu'il a développée en s'inspirant de statistiques tenues au soccer est le fait de calculer le différentiel du nombre de tirs au but au lieu des buts à 5 contre 5. Selon lui, on peut mieux calculer l'efficacité d'une équipe, ce qui selon moi est intéressante en la croisant avec celle régulière des buts.

Vous savez, c'est le genre de stats qui font capoter les geeks de stats...



En 1997, Corsi fut intronisé au Temple de la renommée des athlète de Concordia. Son numéro 1 fut retiré en 2002...

Voilà, on ne voit pas seulement du bon hockey en allant voir du hockey universitaire, on peut y apprendre des choses...

Ah, et les Gee-Gee's ont vaincu les Stingers par la marque de 5 à 3. Ne vous fiez pas au score, ce fut un match à sens unique... D'ailleurs, l'ancien des Sags Dominic Jalbert a obtenu deux points...