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dimanche 29 juin 2025

Todd Ewen


 

   


Todd «Animal» Ewen
est né le 22 mars 1966 à Saskatoon. Il débuta au hockey junior à 16 ans avec les Oilers Jr. de Kamloops en 1982-83 mais fut échangé aux Bruins de New Westminster à la fin de la saison. Il joua à New Westminster durant trois saisons, avec des joueurs notables tel que Cliff Ronning, Craig Berube, Mark Recchi, Brian Noonan et Bill Ranford. 


À 6'3" et 230 livres, Ewen avait déjà accepté son rôle d'homme fort bien avant le junior. Il était toutefois rapide pour son gabarit et capable de contribuer offensivement. Durant ses années dans la WHL, il eut à confronter plusieurs de ses futurs adversaires dans la LNH, soit quelques-uns des plus redoutables hommes forts de l'histoire de la ligue qui marqueront le tournant des années 80 et 90 dont Joey Kocur, Dave Manson, John Kordic, Wendel Clark, Shane Churla et Stu Grimson.

Il fut repêché par les Oilers d'Edmonton en 8e ronde du repêchage de 1984. Il se joignit à eux comme joueur de réserve pour les séries de 1985 et il gravita donc dans l'entourage de la dynastie albertaine lors de sa reconquête de la coupe en 85, mais ne joua aucun match.

De retour au junior pour sa dernière saison en 1985-86 et nouvellement nommé capitaine, son entraineur l'encouragea à moins se battre et il connut sa meilleure saison offensive avec 52 points, mais tout de même 289 minutes de pénalité.

Avant le début de la saison 1986-87, il fut échangé aux Blues de St.Louis. Il n'aura donc jamais joué un seul match à Edmonton. Il débuta la saison dans les mineures mais termina la saison à St.Louis. Son entrée en scène comme nouveau pugiliste dans la LNH fut très remarquée lorsque lors de son deuxième combat en carrière, il mit le redoutable Bob Probert au tapis d'un seul coup de poing.

Mettons nos lunettes des années 80 pour cet extrait:


Il joua ensuite sa première saison complète en 1987-88 récoltant 4 buts et 2 passes en 64 matchs et 227 minutes de pénalité. 

Sa saison 1988-89 fut toutefois moins bonne alors qu'il fut souvent blessé et laissé de côté, ne jouant que 34 matchs. Et durant les séries de 1989, il fut suspendu pour 10 matchs pour avoir sauté sur la glace et engagé un combat contre Wayne Van Dorp des Blackhawks. Il purgea 3 de ces matchs durant le restant des séries pour les Blues et les 7 autres au début de la saison suivante. À son retour de suspension, il se blessa de nouveau et fut renvoyé dans les mineures pour récupérer. 

C'est alors que le Canadien fit son acquisition au mois de décembre 1989 en retour d'un choix de 3e ronde (Nathan LaFayette). Le Canadien avait alors un réel besoin de robustesse et il fut très bien accueilli par sa nouvelle équipe. Guy Carbonneau le compara même à Chris Nilan. Il termina la saison avec 10 points en 41 matchs avec le CH en plus de 158 minutes de punition. 

Ewen fit les manchettes de manière surprenante à l'époque en illustrant et publiant des livres pour enfants. Il mentionna d'avoir été encouragé dans cette voie par son coéquipier Ryan Walter du Canadien, lui même auteur à temps partiel de livres chrétiens.

 

Les deux saisons suivantes furent difficiles alors qu'il était souvent blessé dû à la nature de son jeu ou bien laissé de côté. Il n'avait également pas la faveur de Pat Burns, ce qui fait que Ewen ne joua que 28 matchs en 1990-91 et 46 en 1991-92. 

Toutefois, lorsque Jacques Demers remplaça Burns comme entraineur à l'été 1992, il décida d'accorder plus de place à Ewen, qu'il estimait capable de devenir aussi efficace en attaque que Bob Probert. Serge Savard voyait dans le même sens et lui accorda un nouveau contrat. Ewen répondit avec sa meilleure saison jusque-là avec 5 buts et 9 passes en 75 matchs, connaissant même un match de 2 buts au début de la saison. C'était toutefois en dessous des attentes. Demers trouva que Ewen était trop paresseux à son goût et qu'il avait «levé la patte» depuis son nouveau contrat plus lucratif. La grosse majorité de sa production fut d'ailleurs amassée en octobre et novembre. Il fut laissé de côté pour la totalité des séries de 1993, à l'exception d'un seul match en première ronde contre les Nordiques. 

Après la conquête de 1993, le Canadien décida de ne garder que Mario Roberge comme homme fort et décida de se départir de Ewen. Il fut alors échangé aux nouveau Mighty Ducks d'Anaheim en compagnie de Patrik Carnback. Le CH reçut en retour un choix de 3e ronde, qui devint l'obscur Chris Murray, un joueur qui joua tout de même une centaine de matchs avec le club. Il s'agissait de la première transaction dans l'histoire des Mighty Ducks.

Avec la nouvelle équipe californienne, Ewen fut nommé assistant-capitaine et connut sa meilleure saison en carrière en 1993-94, récoltant des sommets dans toutes les catégories avec 9 buts et 9 passes pour 18 points et 272 minutes de pénalité. Il fut également réuni avec son ancien rival de la WHL, Stu Grimson, comme brigade policière de la jeune équipe.

Il joua 3 saisons complètes à Anaheim avant d'être libéré à l'été 1996. Il demeura toutefois en Californie la saison suivante, se trouvant un poste avec les Sharks de San Jose. Après une saison avec les Sharks, il fut coupé de l'équipe au camp d'entrainement d'octobre 1997 et envoyé dans les mineures. Il ne joua toutefois aucun match par la suite, l'équipe préférant qu'il soigne une blessure au genou persistante. Cette blessure requerra une chirurgie majeure qui mit fin à sa saison. 

Il opta alors pour la retraite avant de retenter un retour au jeu deux ans plus tard lors d'un essai avec les Coyotes de Phoenix. Mais après seulement une journée au camp d'entrainement, il décida que ses genoux ne pouvaient plus suivre et opta pour une retraite permanente.

En 518 matchs dans la LNH, Ewen récolta 36 buts et 40 passes pour 76 points. Son total de minutes de pénalité s'éleva à 1911, ce qui lui vaut toujours le 61e rang dans l'histoire de la LNH. Il détient également le record de franchise pour les minutes de pénalité en une saison pour les Ducks, avec 289 minutes obtenues lors de la saison 1995-96.

Après sa retraite, il retourna s'établir à St.Louis et fut actif comme entraineur local à plusieurs niveaux, dont trois années comme entraineur-chef de l'Université de St.Louis. 

Malheureusement, Ewen fut une autre de ces victimes de ce style de jeu violent qui lui a permis de jouer plus de 500 matchs dans la LNH. Il commença à vivre des épisodes d'agression, d'anxiété, de dépression et des pertes de mémoires. Il lui arrivait même d'oublier des pratiques de son équipe universitaire, ce qui le força éventuellement à démissionner. 

En septembre 2015, il s'enleva la vie par arme à feu à l'âge de 49 ans. Il était le sixième ancien «enforcer» de la LNH en cinq ans à mourir prématurément, après Probert (juillet 2010), Derek Boogard (mai 2011), Rick Rypien (août 2011), Wade Belak (août 2011) et Steve Montador (février 2015).

Après l'analyse de son cerveau que la famille légua à la science, il fut révélé que Ewen souffrait lui aussi d'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) causée par les commotions cérébrales. Cependant, lors du premier examen, il fut révélé par le spécialiste que Ewen ne souffrait pas d'ETC. Gary Bettman sauta alors sur le cas de Ewen pour vilifier et discréditer les différentes poursuites envers sa ligue. Il alla même jusqu'à dire que Ewen aurait été trop influencé par les médias, qui l'auraient convaincu qu'il avait le ETC, ce qui n'aurait fait qu'empirer son état fragile, et non pas la maladie elle-même...

 

Mais on recommanda ensuite un deuxième examen plus approfondi qui révéla que Ewen était réellement atteint d'ETC de niveau 2. Il fut même également révélé que la spécialiste ayant fait le premier examen, la docteure Lilli-Naz Hazrati, est plus tard devenue consultante pour la LNH dans les multiples poursuites devenues monnaie courante lors des dernières années...

La veuve de Ewen porta la LNH en cour en 2019 et obtint au final un arrangement hors-cour d'un montant non-dévoilé. Elle déclara que Bettman était «un homme déshonorable».

Depuis la mort de Ewen, plusieurs autres joueurs décédés en bas âge ont été diagnostiqués comme étant atteint d'un différent stade du CTE comme Gino Odjick, Zarley Zalapski, Marek Svatos, Greg Johnson et Chris Simon. Johnson et Simon sont également mort par suicide, ce qui était aussi le cas pour Rypien et Belak.

Todd Ewen
1966-2015

 

Sources:

Todd Ewen peut-il devenir au autre Probert?,  La Tribune, 21 octobre 1992
Ewen et Carnback s'en vont à Anaheim, La Tribune, 11 août 1993
A Kid at Heart : Ducks’ Enforcer Ewen Creates Children’s Books, Los Angeles Times, 2 février 1994
Ewen ends comeback bid, NHL.com, 8 septembre 1999
SI Vault 
Researcher sheds light on exam of former NHL player Todd Ewen’s brain, TSN, 10 février 2016
Boston University finds former NHL player Ewen had CTE, contradicting earlier findings, CTV News, 30 novembre 2018
NHL, Todd Ewen’s widow settle wrongful death lawsuit, TSN, 21 avril 2021

dimanche 13 décembre 2020

Joueur oublié des 90's #44 - Jayson More

 


Il y a de ces sujets dont je ne me lasserai probablement jamais. Le meilleur exemple, vous le connaissez surement, c’est l’interminable et intarissable sujet des déménagements, fusions et défusions des franchises des Golden Seals / Barons / North Stars et ensuite des Sharks. J’en ai parlé 1 million de fois et c’est d’ailleurs en cherchant sur les Barons que je suis tombé sur ce blog il y a genre 10 ans. En fait pour les Barons, si je trouvais quelque chose d'intéressant sur leurs fournitures de bureau ou sur celui qui faisait leur nettoyage à sec, je finirais par en parler.
 
Quoi que je fasse, on dirait toujours que j’y retourne à moment donné. En reparlant à nouveau du repêchage spécial d’expansion de 1991 dans mon texte sur Alan Haworth en septembre dernier, je suis tombé sur le nom du défenseur Jayson More, un des membres des Sharks pour leur saison inaugurale de 1991-92 qui fut obtenu du Canadien au repêchage d'expansion. Je croyais qu'il n'était qu'un coup raté de la part des Sharks alors que de meilleurs joueurs étaient disponibles et que j'ignorais s'il avait joué à Montréal ou dans la LNH par la suite. Mais sans tambours ni trompettes, More fut tout de même un des bons choix obtenus par les Sharks, du moins en terme de longévité.


 

Jayson William More est né le 12 janvier 1969 dans le petit village de Souris au Manitoba (population de 1800 personnes). Il débuta son stage junior avec les Broncos de Lethbridge en 1984-85 et y joua deux saisons avant de passer aux Wheat Kings de Brandon en 1986. Il partagea ensuite la saison 86-87 avec les Wheat Kings et les Bruins de New Westminster et amassa en tout 37 points en 64 matchs en plus de 217 minutes de pénalité. 

Solide, mobile et costaud sans pour autant être une grosse menace en offensive, More était classé au 26e rang sur la centrale du repêchage. Les Rangers de New York causèrent toutefois une certaine surprise en le sélectionnant au 10e rang du repêchage de 1987. Il joua ensuite une dernière année à New Westminster et connut sa meilleure saison avec 13 buts et 60 points en plus de 270 minutes de pénalité. 

Il fit ensuite le saut chez les professionnels avec les Rangers de Denver, club-école des grands Rangers dans la IHL pour la saison 1988-89. Il joua 62 matchs à Denver et fut rappelé le temps d'un match à New York mais ce fut toutefois le seul qu'il joua avec l'équipe. Au début de la saison 1989-90, les Rangers l'échangèrent aux North Stars du Minnesota en retour d'un autre certain flop du repêchage de 1987, l'attaquant Dave Archibald (6e au total). 

Il passa donc la majorité de cette saison 1989-90 avec le club-école des North Stars à Kalamazoo, ne jouant que 5 matchs au Minnesota sans récolter de points.

Durant ce temps, les propriétaires des North Stars et anciennement des Barons de Cleveland, les frères George et Gordon Gund avaient finalisé leur entente avec la ligue et les North Stars pour se départir de l'équipe en échange d'un club d'expansion pour la saison 1991-92, les futurs Sharks. Ils reçurent également lors de cette entente le droit de partir avec 24 joueurs du système des North Stars. Bobby Clarke, alors nouvellement en poste comme DG des North Stars, avait tout un problème en vue de préparer cette liste de joueurs non-protégés pour les Sharks durant la saison 1990-91. Il déclara même que cette entente était ridicule et qu'il trouvait impossible d'améliorer son équipe avec les mains liées de la sorte.

George Gund - fondateur des Sharks de San Jose et des Barons de Cleveland

Parmi les détails de l'entente, les North Stars avaient le droit de protéger 14 patineurs et 2 gardiens ayant joué au moins 50 matchs dans la NHL avant la fin de la saison 1989-90. Les Sharks pouvaient également choisir trois espoirs non-signés par les North Stars à l'exception des joueurs issus du repêchage de 1990. Comme More n'avait pas encore 50 matchs de joués dans la LNH, les North Stars ne pouvaient le protéger et devaient donc exposer un joueur plus expérimenté à sa place. Ils décidèrent donc de l'échanger pour un joueur qui leur permettrait d'avoir plus d'options soit d'être sur cette liste de joueurs protégés avec 50 matchs en carrière ou bien d'être laissé non-protégé pour les Sharks.

Au même moment, le Canadien avait un problème dans sa cour avec le gardien Brian Hayward qui refusa de se rapporter à l'équipe au début de la saison. Insatisfait de son temps de jeu et d'être considéré comme gardien numéro 2 derrière Patrick Roy, il demanda d'être échangé. Les North Stars trouvèrent donc un bon partenaire d'échange et envoyèrent More au CH en retour d'Hayward dans un échange un contre un. More se rapporta donc avec les Canadiens de Fredericton pour le restant de la saison 90-91 pendant qu'Hayward connut une saison médiocre au Minnesota (fiche de 6-15-3) comme numéro 2 derrière Jon Casey.


Mais Bobby Clarke avait ainsi un atout supplémentaire dans sa liste de joueurs non-protégés. N'ayant pas vraiment de plans d'avenir pour lui, Hayward fut donc laissé sans protection et fit donc partie des 24 joueurs sélectionnés par les Sharks.

Après ce repêchage de ''dispersion'' entre les North Stars et Sharks, les deux équipes purent prendre part à un repêchage d'expansion traditionnel quoique les North Stars n'étaient pas une équipe d'expansion... Les 20 autres équipes de la ligue avaient le droit de protéger chacune 2 gardiens et 16 patineurs et les Sharks et North Stars allaient pouvoir chacun choisir 10 joueurs soit 1 joueur par équipe.

Jean Béliveau aurait pu revenir au jeu
à  60 ans avec les Sharks

Parmi les exigences requises, les autres équipes de la LNH se devaient d'offrir au moins un gardien ayant joué un match dans la ligue ainsi qu'un attaquant et un défenseur avec au moins 40 matchs, séries incluses. Il y avait également une technicalité totalement absurde faisant en sorte que des joueurs à la retraite pouvaient également se retrouver sur ces listes. 

On retrouvait alors pour ce repêchage d'expansion de 1991 le nom de quelques jeunes blanc-becs disponibles comme Jean Béliveau, Denis Potvin, Yvan Cournoyer, Ken Dryden, Mats Naslund et Bill Barber. Et parmi d'autres joueurs disponibles pour Bobby Clarke et son entraîneur Bob Gainey au Minnesota, on retrouvait... Bobby Clarke et Bob Gainey.

Au final je ne comprends toujours pas pourquoi la ligue avait laissé passer cette absurdité mais au final le repêchage eut lieu et le Canadien, qui avait abusé du système avec des joueurs des dynasties passées, avait tout de même quelques bons joueurs actifs parmi lesquels choisir dont Brent Gilchrist, Jean-Jacques Daigneault, Ryan Walter et Sylvain Lefebvre. Avec leur sélection du CH, les Sharks choisirent plutôt Jayson More... 

Et ce même si Pierre Mondou et Mario Tremblay étaient aussi disponibles...

Et tant qu'à faire, pourquoi les Canadiens n'ont pas aussi offert Maurice Richard, Elmer Lach ou Joe Malone? Ce dernier était techniquement décédé depuis 1969 mais je parie que ça aurait été aussi légal avec la ligue.

Voici la liste complète des joueurs disponibles. Remarquez que les Sharks auraient aussi pu sélectionner Michel Goulet, Mark Howe ou Bryan Trottier.

Le Soleil, 30 mai 1991
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Bref le CH s'en sortit bien en ne perdant que More qui n'aura joué aucun match avec eux et seulement 57 à Fredericton où il obtint 7 buts et 17 passes.

Mais pourquoi les Sharks ont-il choisi More, un défenseur avec seulement 6 matchs dans la LNH au lieu d'un autre jeune défenseur ayant davantage de potentiel et/ou d'expérience comme Daigneault, Lefebvre ou encore Donald Dufresne? Et bien la réponse se trouvait à San Jose, où en plus de se retrouver avec celui qui fut échangé contre lui, Brian Hayward, More retrouva aussi le directeur général Jack Ferreira.

Ferreira était l'ancien DG des North Stars qui fit son acquisition des Rangers en 1989. Lorsque l'accord entre la ligue et les frères Gund fut conclu, Ferreira quitta le bateau et joignit les Gunds pour cette nouvelle aventure à San Jose, ce qui amena Clarke au Minnesota. Ce dernier n'avait pas autant d'attachement pour More et c'est pourquoi il fut échangé contre Hayward. Mais ce n'était pas la première fois que More et Ferreira se croisèrent puisque avant d'être DG des North Stars, Ferreira était directeur du développement des joueurs chez... les Rangers. C'est même lui qui aurait convaincu l'état major des Rangers de le repêcher d'avance au 10e rang.

Quoiqu'il en soit, More put enfin s'épanouir à San Jose et fut un bon soldat avec l'équipe pendant 5 saisons. Même après le départ de Ferreira après la première saison d'existence des Sharks. Ironiquement, Ferreira quitta pour occuper ensuite le poste de directeur du recrutement chez le Canadien en 1992-93. More joua à San Jose jusqu'à l'aube de la saison 1996-97 lorsqu'il fut échangé aux Rangers dans un échange envoyant Marty McSorley aux Sharks. 

Seulement deux joueurs parmi ceux de l'édition inaugurale des Sharks de 1991-92 sont restés plus longtemps que More soit Ray Whitney et le gardien Wade Flaherty. Cependant, Whitney n'avait joué que 2 matchs et seulement 3 pour Flaherty, passant tous les deux la majorité de l'année dans les mineures. La plupart des joueurs obtenus des North Stars et du repêchage d'expansion ne jouèrent pas au-delà de cette saison 1991-92 avec les Sharks. Et du lot, seul More et Arthurs Irbe se rendirent jusqu'en 1996 avec l'équipe. Whitney était un choix de repêchage tandis que Flaherty était agent libre.

More connut d'ailleurs sa meilleure saison en 1991-92, sa saison recrue, avec 4 buts et 13 passes en 46 matchs. Il connut ensuite son sommet pour les buts en 1992-93 avec 5. Il fit partie des débuts modestes des Sharks au vieux Cow Palace de San Francisco et la saison record de 71 défaites en 91-92 mais aussi la présence surprise des Sharks et l'élimination encore plus surprise des Red Wings en première ronde des Séries de 1994.


Il fit donc un retour à New York en 1996-97 mais cela ne dura que 14 matchs alors qu'il passa aux Coyotes de Phoenix en retour de Dallas Eakins et Mike Eastwood. En 97-98, les Coyotes l'envoyèrent aux Blackhawks en compagnie de Chad Kilger en retour de Jim Cummins et Keith Carney.

Il retourna ensuite avec un club d'expansion mais cette fois-ci ce ne fut pas lors d'un repêchage alors qu'il signa comme agent libre avec les Predators de Nashville pour leur saison inaugurale en 1998-99. Il subit toutefois une commotion lors d'un match contre son ancienne équipe, les Sharks. Incapable de se remettre des symptomes post-commotion, il dut prendre sa retraite prématurément à 28 ans. Il intenta d'ailleurs une poursuite envers les Predators pour bris de compensations financières et gagna sa cause et plus de 100,000$ en dédommagements.

Après sa retraite, More fut introduit au temple de la renommée du hockey du Manitoba.

En 406 matchs dans la LNH, Jayson More obtint 18 buts et 54 passes pour 72 points et 702 minutes de pénalité.

 

Après son départ rapide des Sharks en 1992, Jack Ferreira continua son parcours au sein de clubs en construction. Après sa seule année comme directeur du recrutement du Canadien, il quitta pour devenir le premier DG des Mighty Ducks, poste qu'il occupa jusqu'en 1998 sans jamais plus acquérir les services de Jayson More... Il devint plus tard directeur du personnel des joueurs des Thrashers et assistant-GM des Kings de 2007 à 2018, récoltant d'ailleurs deux bagues de la coupe Stanley au passage. Il est présentement conseiller chez le Wild du Minnesota.

Brian Hayward ne joua que 51 matchs après son départ de Montréal. Il ne redevint jamais numéro un, même à San Jose où malgré son masque mémorable, il était troisième violon derrière Jeff Hackett et Arthurs Irbe. Il se retira après la saison 1992-93 pendant que ses anciens coéquipiers remportèrent la coupe et Patrick Roy le Conn Smythe.


Sources:
The Predators Deny Injury Allegations Made By Eric Nystrom
, Ontheforecheck.com
Manitoba Hockey Hall of Fame
Hayward: «J'ai hâte de me retrouver au coeur de l'action», La Presse, Jeudi 8 novembre 1990
Les Sharks pourront repêcher Béliveau... et Lafleur, Le Soleil, 30 mai 1991
San Jose choisit Jayson More, La Presse 31 mai 1991

jeudi 6 août 2020

Dan Maloney



Cadet d’une famille de neuf enfants, Dan Maloney était un joueur qui n’avait pas peur du jeu robuste. En 1969-70, il accumula d’ailleurs le deuxième plus haut total de minutes de pénalité dans la Ligue de l’Ontario, derrière l’imprévisible Steve Durbano. Par contre, il avait aussi un certain talent offensif. Ceci lui permit d’être choisi au premier tour (14e au total, 6 rangs derrière son coéquipier chez les Knights de London, Darryl Sittler), par Chicago. 

Les Black Hawks étaient à ce moment dans une bonne séquence. Après avoir terminés premiers de la ligue en 1969-70, les Hawks atteignirent la finale lors de l’année recrue de Maloney. Jouer pour une équipe d’élite (qui comprenait entre autres les frères Hull, Stan Mikita et Tony Esposito) peut être intéressant. Toutefois, il est plus difficile pour un jeune joueur d’y faire sa place. Après avoir joué 74 matchs à son année recrue, il n’en joua aucun l’année suivante. 

Il passa donc l’année 1971-72 en entier avec les Black Hawks de Dallas de la Ligue centrale. Comme Chicago n’avait pas seulement un bon club, mais en plus, la relève y était aussi, Maloney remporta la Coupe Adams avec Dallas

Ce titre lui donna un certain élan qui lui permit de retourner à Chicago. Ce fut toutefois de courte durée, puisqu’en chemin pour une autre finale (qui comme la précédente, ils perdirent contre Montréal), les Hawks sacrifièrent le jeune Maloney pour aller chercher du renfort et acquérir le vétéran Ralph Backstrom des Kings. 

À ce moment, les Kings n’étaient vraiment pas du même calibre que Chicago. Malgré tout, il y eut un certain progrès, qui culmina avec la première saison enviable de la jeune histoire des Kings, lorsqu’ils accumulèrent 105 points en 1974-75. Les choses se passèrent alors beaucoup moins bien en séries, alors qu’ils se firent surprendre au premier tour par les Leafs. 

Voulant passer au niveau suivant, le propriétaire des Kings, Jack Kent Cooke, marqua un deuxième grand coup en une semaine. Après avoir signé Kareem Abdul-Jabbar pour ses Lakers de la NBA, il signa Marcel Dionne comme agent libre pour ses Kings. À ce moment, il s’agissait d’une situation peu commune dans la LNH. Ayant droit à une compensation, les Red Wings s’entendirent pour accepter le vétéran Terry Harper, ainsi que Maloney, qui encore une fois fut sacrifié. 


À sa première année à Détroit, Maloney égalisa ses statistiques de l’année précédente (27-39-66, tous ses sommets en carrière), en plus d’atteindre son nouveau sommet de 203 minutes de pénalité. Ces résultats étaient néanmoins bien inférieurs à ceux de Dionne (à l’exception des minutes de pénalité, évidemment). L’équipe était toutefois embourbée dans la médiocrité, ratant les séries pour une neuvième fois en dix ans. 

Au début de sa première saison avec les Wings, le propriétaire des Leafs, l’imbuvable Harold Ballard, blâma son équipe pour son manque de robustesse. Il prit alors en exemple Maloney, comme étant le type de joueur qui manquait à Toronto. Environ un mois plus tard, le 5 novembre 1975 au Maple Leaf Gardens, la remarque de Ballard eut un écho inattendu. Suite à une mise en échec de Brian Glennie des Leafs sur son coéquipier Bryan Hextall, Maloney voulut lui remettre la monnaie de sa pièce. Il lui asséna d’abord un coup de poing sorti de nulle part. Une fois étalé sur la patinoire, Maloney lui prit la tête à deux reprises pour l’écraser contre la glace. Après avoir écopé d’une pénalité de cinq minutes (une décision contestée par les Leafs, mais qui leur permit de marquer trois buts dans ce qui devint une victoire de 7-4), Maloney dut utiliser ses réputés talents de pugiliste deux fois pour faire face à Dave "Tiger" Williams. 



L’esclandre de Maloney tombait plutôt mal. Au milieu des années 1970, pendant le règne de terreur des Flyers, la violence au hockey était endémique. La province de l’Ontario venait tout juste d’avoir un nouveau procureur général, Roy McMurtry, et celui-ci avait averti la LNH et l’AMH qu’elles n’étaient pas au-dessus des lois et que des gestes commis sur la glace pouvaient entraîner des mises en accusation. 

Des accusations d’assaut causant des dommages corporels (passibles de cinq ans de prison) furent finalement déposées contre Maloney, d’autant plus que malgré les mises en garde, la LNH parut laxiste. En effet, comme l’arbitre Bryan Lewis ne l’avait pas expulsé du match, selon le règlement, la ligue ne pouvait pas le suspendre. 

En attendant le procès, les avocats de Maloney lui déconseillèrent de jouer les autres matchs des Wings à Toronto, histoire de ne pas empirer son cas. 

Lors des audiences, Glennie (qui avait subi une commotion) affirma qu’il ne se souvenait pas du coup. Quant à l’entraîneur des Leafs Red Kelly, qui avait été pourtant outré de la clémence envers Maloney, témoigna en sa faveur, affirmant qu’il n’était pas un joueur salaud. De son côté, la défense de Maloney plaida que ce dernier n’avait pas créé la culture de violence du hockey, que lui et Glennie l’acceptaient en devenant joueur professionnel et qu’il serait injuste d’en faire un bouc émissaire pour l’ensemble de la situation. 

C’est finalement le 30 juin suivant, après neuf heures de délibération, que le jury l’acquitta. Il s’agissait du troisième cas relié à la LNH qui se retrouvait devant la cour après les incidents Wayne Maki – Ted Green et Dave Forbes – Henry Boucha. Aucun de ceux-ci ne résulta en une condamnation criminelle. (Il y eut toutefois une entente hors cours au civil pour Boucha.) 

De toute évidence, tout ceci ne laissa pas un goût amer à Toronto, puisqu’un peu plus de deux ans plus tard, en mars 1978, les Leafs payèrent le gros prix pour faire son acquisition avec un choix de 2e tour en 1980 (Craig Muni) contre Errol Thompson, un choix de 1er tour (Brent Peterson) et de 2e tour (Al Jensen) en 1978, ainsi qu’un choix de 1er tour en 1980 (Mike Blaisdell). Maloney devint ainsi coéquipier de Brian Glennie, en plus de reprendre contact avec Sittler, avec qui il avait joué au niveau junior. 

L’audace des Leafs rapporta certains dividendes puisqu’après s’être rapidement débarrassé de Los Angeles, Toronto causa une grande surprise en éliminant les jeunes et puissants Islanders. Les Leafs furent ensuite balayés par les Canadiens.

Maloney joua avec les Leafs jusqu’en 1981-82, après quoi il demeura avec l’équipe, mais en tant qu’assistant-entraîneur. Toutefois, Toronto était dans une période creuse, suite aux nombreux échanges exigés par leur propriétaire, le toujours aussi insupportable Harold Ballard. Après deux ans, on décida de changer d’entraîneur-chef et on donna le poste à Maloney. 

Sa première année, 1984-85, fut pénible. L’année suivante fut à peine mieux, mais ils accédèrent aux séries et surprirent les champions de leur division en balayant Chicago. Au deuxième tour, ils poussèrent les Blues à un septième match, mais ils durent finalement s’incliner. 

À la fin de la saison, devant le refus de Ballard de lui accorder une augmentation et un nouveau contrat de plusieurs années, il démissionna. 

Maloney ne mit pas de temps à se trouver du boulot et mit le cap sur Winnipeg. Il y fit sa marque immédiatement, alors que les Jets obtinrent 29 points de plus que l’année précédente et remportèrent seulement une deuxième série en huit ans depuis leur accession à la Ligue nationale. Maloney fut également en nomination pour le Trophée Jack Adams, remis au meilleur entraîneur. 

1987-88 fut un peu moins réussie et alors que les Jets étaient en voie de rater les séries, il fut congédié en février 1989. 

Il revint comme adjoint chez les Rangers en 1992-93, mais l’expérience ne dura qu’un an. 

Il retourna ensuite dans sa ville natale de Barrie, en Ontario, où il devint agent immobilier. 

Après une longue période de santé chancelante, il est décédé en novembre 2018. Il avait 68 ans.

Sources: “No suit this time” de Jack Dulmage et “Expected happens, Dionne joins Kings” AP, June 24, 1975, Windsor Star, page 24, 

”Court, Maloney to square off in violence test”, November 7 1975, Montreal Gazette, p.35,

“Ex-teammates mourn former Maple Leaf Dan Maloney” de Lance Hornby, November 21, 2018, Toronto Sun (torontosun.com), 

“Dan Maloney’s funeral brings out family, friend and former NHLers” de Peter Robinson, November 27, 2018, Barrie Today (barrietoday.com), 

hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

mercredi 24 juin 2020

Bernie Nicholls




Né le 24 juin (bonne fête et bonne St-Jean en passant) dans le petit village d'Haliburton en Ontario, Bernard Irvine Nicholls fut un des meilleurs joueurs des Kings durant les années 80 et plusieurs pensent qu'il se serait mérité une place au temple de la renommée s'il était resté à Los Angeles au delà de cette décennie. Mais plutôt que de faire partie du ''hall of fame'', il semble plutôt faire partie du fameux et nébuleux ''hall of very good''...



Un joueur habile avec la rondelle et possédant un tir vif et précis, Nicholls se fit repêcher par les Kings en 4e ronde (73e au total) du repêchage de 1980 après une première saison junior correcte (79 points) avec les Canadians de Kingston. Les Kings le gardèrent dans le junior l'année suivante, ce qui fut bénéfique selon lui car il doubla ses statistiques en 1980-81 avec 63 buts et 152 points et fut davantage prêt mentalement pour faire le saut dans la LNH.

Il débuta son parcours professionnel avec le club-école des Kings dans la ligue américaine, les Nighthawks de New Haven où il menait la ligue avec 41 buts et 71 points en 55 matchs avant d'être rappelé par les Kings pour le restant de la saison 1981-82. Il obtint ensuite une excellente fiche de 14 buts et 32 points en 22 matchs lors de cette première saison écourtée à Los Angeles en plus de 4 buts en 10 matchs durant les séries, participant d'ailleurs au ''Miracle on Manchester'', ce fameux match où les Kings remontèrent un déficit de 5 à 0 contre les Oilers pour l'emporter 6-5 et prendre les devants dans la série. Il devint également lors de ces premiers matchs avec l'équipe le premier de leur histoire à obtenir deux tours du chapeau consécutifs. Il ne retournera jamais dans les mineures par la suite.


Venant d'un petit village de moins de 100 habitants, il s'adapta toutefois rapidement à la vie d'une grande ville comme Los Angeles et devint un joueur fort populaire auprès des fans des Kings, particulièrement par sa fameuse célébration de but surnommée le ''Pumper Nicholl'' car il avait l'habitude de faire tournoyer son bras après chaque but compté.

Il était aussi très charismatique et toujours souriant en dehors de la glace où sa fougue, sa jeunesse et sa crinière blonde avec ''mullet'' correspondaient parfaitement avec le style de vie californien. Il se faisait également remarquer par ses habits et manteaux de fourrure flamboyants dont un habit complètement rose qu'il portait occasionnellement lors de ses nombreuses sorties nocturnes en début de carrière.

Il ne fut jamais reconnu pour des frasques majeures hors de la glace mais une certaine réputation d'oiseau de nuit le suivit une bonne partie de sa carrière avant de diminuer lorsqu'il devint plus vieux. Même chose pour le ''Pumper Nicholl'' qu'il arrêta graduellement de faire après s'en être lassé.




Il régressa légèrement lors de sa deuxième saison avec 50 points en 71 matchs mais se rattrapa lors des années suivantes avec des saisons de 95 points en 1983-84, une première de 100 points en 1984-85 et ensuite une de 97 points en 1985-86. Sa venue à Los Angeles venait enfin apporter plus de profondeur à l'attaque dans cette équipe qui devait auparavant dépendre presque entièrement de sa ''Triple Crown Line'' avec Marcel Dionne, Dave Taylor et Charlie Simmer pour générer de l'offensive. Étant jumelé la plupart du temps avec l'ailier Jim Fox, Nicholls était fermement campé comme deuxième centre de l'équipe et semblait lorgner la première ligne davantage au fur et à mesure que Dionne vieillissait. Mais même après l'échange de Dionne aux Rangers en 1987, il demeura comme deuxième centre dû à l'arrivée du jeune (et éphémère) prodige Jimmy Carson en 1986-87.

Après une première bonne saison, Carson explosa en 1987-88 avec 55 buts et 107 points tandis que Nicholls régressa avec des saisons de 81 et 78 points respectivement. Il n'avait toutefois joué que 65 matchs lors de cette saison de 78 points et conservait tout de même sa moyenne supérieure à 1 point par match depuis le début de sa carrière. Cependant, après deux saisons de plus de 40 buts en 1984 et 1985, Nicholls était depuis plutôt un habitué aux saisons de 30 buts et plus mais on sentait quelque peu un potentiel qui se laissait désirer.

Les choses prirent toutefois une tournure complètement différente pour Nicholls, Carson, les Kings et la LNH en général durant l'été 1988 lorsque survint ''l'Échange'' entre les Kings et les Oilers où Carson ainsi qu'un package de prospects, choix au repêchage et 15 millions de dollars prirent le chemin d'Edmonton en retour de Wayne Gretzky, Marty McSorley et Mike Krushelnyski.

Luc Robitaille, Bernie Nicholls et Steve Duchesne

L'arrivée de la merveille à Los Angeles eut l'effet d'une bombe dans le milieu du hockey et sur le paysage sportif californien. Pour Nicholls c'était une occasion de rêve et selon ses propres mots cela se comparait à ''un enfant qui reçoit ses cadeaux le matin de Noël''. La production offensive de Nicholls explosa lors de la première saison de Gretzky avec les Kings en 1988-89 alors qu'il obtint des sommets en carrière faramineux de 70 buts et 80 passes pour 150 points soit presque le double de sa saison précédente (78 points).

Nicholls parvint donc avec cet impressionnante récolte à s'inclure dans deux clubs sélects de l'histoire de la LNH soit celui des joueurs ayant franchi le cap des 70 buts (avec 9 autres joueurs) et celui encore plus sélect de seulement 5 joueurs ayant franchi le cap des 150 points, les autres étant Phil Esposito, Steve Yzerman, Mario Lemieux et bien sûr Gretzky.

En plus de franchir ces deux plateaux impressionnants avec ce 70e but, il s'agissait également de son 300e en carrière.





Malgré qu'il obtint des résultats plus que respectables durant le reste de sa carrière, Nicholls ne s'approchera plus jamais d'un tel niveau de production et est grandement reconnu pour avoir lui aussi bénéficié de la présence de Gretzky pour obtenir des statistiques élevées du genre. Ce qui fait que sa saison 88-89 de 150 points semble demeurer pour plusieurs une anomalie.

Cependant quelque chose m'a toujours intrigué à propos de cette fameuse saison. Il est indéniable que Nicholls profita de l'arrivée de Gretzky mais il y a plusieurs nuances à apporter avant de pouvoir dire que cette saison était une anomalie.

Premièrement le plus important point est que Gretzky et Nicholls étaient tous les deux joueurs de centre et durant la majorité de la saison, c'est avec Luc Robitalle et Dave taylor que Nicholls jouait, étant jumelé avec Gretzky principalement en avantage et désavantage numérique.

Match des étoiles 1989


Une grande croyance serait que Nicholls a su profiter du fait que puisque l'attention des joueurs adverses était centrée pour contrer Gretzky, il avait plus de marge de manœuvre pour que Nicholls puisse produire offensivement sur son trio moins surveillé. Une autre théorie est que Nicholls était mûr pour rebondir après une saison 1987-88 écourtée par des blessures et une suspension. Selon Nicholls lui même, la seule présence de Gretzky dans le vestiaire était inspirante et motivante pour Nicholls à passer à un niveau supérieur, même en jouant sur différents trios. Les deux joueurs avaient aussi le même âge en plus de venir de l'Ontario et devinrent de grands amis durant cette saison.

Une autre théorie est que Nicholls (alors agé de 27 ans) était alors dans son ''peak'' et entrait dans ses meilleures années. D'autres joueurs comme Brett Hull, Phil Esposito et Vincent Lecavalier ont également connu des ''jumps'' de production similaire (quoique pas aussi impressionnants) que Nicholls alors qu'ils avaient sensiblement le même âge.

Je me devais donc d'aller plus loin pour découvrir à quel point Nicholls avait profité de la présence de Gretzky. J'ai scruté chaque sommaire des matchs des Kings en 1988-89 sur le site de la ligue et j'ai ensuite décortiqué les statistiques de Nicholls. J'ai effectivement remarqué que Nicholls jouait régulièrement avec Robitaille et Taylor et n'était jumelé avec Gretzky que sur l'avantage numérique la plupart du temps. Mais plus la saison avançait et Nicholls jouait de plus en plus avec Gretzky à 5 contre 5, ce qui nous donne les statistiques suivantes:

Points obtenus par Nicholls sans Gretzky: 88
Points obtenus avec Gretzky: 62 dont 25 en avantage numérique, 11 en désavantage numérique et 26 en temps de jeu régulier.

Il est aussi à noter qu'il y a une marge d'erreur ici car même si Gretzky n'était pas sur le sommaire pour certains points de Nicholls, ça ne veut pas dire qu'il n'était pas sur la glace.




Donc j'en conclus donc que oui, Nicholls fut grandement aidé par Gretzky mais que ce dernier n'est pas le seul responsable de ses succès cette saison-là. Avec son ''peak'' discuté plus haut, il n'aurait pas obtenu 150 points mais peut-être 110-120 points sans la merveille dans le même vestiaire. Il est aussi à noter que d'autres joueurs des Kings n'ont pas obtenu le même ''boost'' avec Gretzky. C'est le cas de Robitaille d'ailleurs qui obtint moins de points (98) que la saison précédente (111).

Cette saison ''anormale'' de Nicholls est donc à prendre avec des pincettes et c'est beaucoup la suite des choses qui vint faire en somme que Nicholls n'obtint jamais plus de telles statistiques, même s'il demeura un joueur d'un point par match pour plusieurs années.

Lors de la saison 1989-90, Nicholls semblait être de nouveau sur la même voie avec 27 buts et 75 points lors de ses 47 premiers matchs ce qui lui aurait donné autour de 130 points sur une saison complète. Mais tout bascula pour Nicholls à la pause du match des étoiles de 1990 alors qu'il passa aux Rangers de New York la veille du match. La direction des Kings trouvait que l'équipe manquait de robustesse et avait des faiblesses en défensive, particulièrement en séries, et cherchait également à trouver d'autres ailiers pour entourer Gretzky.

Avec un club quelque peu en déroute dans le classement à ce moment-là, des rumeurs impliquaient le départ de Nicholls et/ou de Robitaille depuis plusieurs semaines. Ils envoyèrent finalement Nicholls à New York et réussirent à recevoir 2 joueurs contre lui soit Tony Granato et Tomas Sandstrom.

Nicholls fut initialement furieux de la décision des Kings, lui qui s'était fait promettre par le propriétaire Bruce McNall qu'il ne serait pas échangé (comme Jimmy Carson auparavant et Luc Robitaille plus tard) et qui avait signé un nouveau contrat en début de saison. Il était aussi choqué d'apprendre la nouvelle pendant les festivités du match des étoiles.

Gretzky était lui aussi choqué par l'échange mais reconnaissait que l'équipe avait besoin de plus de hargne. Nicholls encaissa malgré tout le choc et se rapporta à New York mais joua tout de même le match des étoiles pour la conférence Campbell, celle des Kings. Il termina la saison 1989-90 avec un rythme bien sûr moins productif avec 37 points en 32 matchs à New York pour un total combiné de 112 points, ce qui fut finalement sa dernière saison de plus de 100 points.

Les Kings continuèrent de peaufiner leur alignement au cours des saisons suivantes et Granato et Sandstrom furent importants pour l'équipe durant le parcours jusqu'en finale en 1993. Cependant les Kings eurent beaucoup de difficulté à remplir le poste de deuxième centre après le départ de Nicholls, tentant des expériences avec des joueurs dont j'ai parlé dans les derniers mois comme Todd Elik, Bob Kudelski et Corey Millen. C'est d'ailleurs en remarquant le thème récurrent de l'abscence de Nicholls en écrivant ces autres textes que je me suis finalement décidé à m'attaquer à son cas...

Nicholls continua donc son chemin à New York et devint populaire avec les fans de sa nouvelle équipe, se méritant d'ailleurs le surnom ''Broadway Bernie''. Tom Hanks, un grand fan de hockey et particulièrement des Kings, porta même un chandail des Rangers à son effigie lors d'une participation à Saturday Night Live avec Aerosmith...


Il revint donc à son rythme plus standard d'un point par match en 1990-91 lors de sa première saison complète avec les Rangers (73 points en 71 matchs) mais les Rangers voulaient également avoir leur équipe championne et effectuèrent donc eux aussi un ''Échange'' avec un E majuscule en s'appropriant une vedette des Oilers d'Edmonton.

L'été 1991 n'était pas de tout repos pour les Oilers qui effectuèrent à contre gré un démantèlement massif de leur ancienne équipe championne, à peine plus d'un an après leur dernière conquête (voir texte du 16 avril 2017). Après les départs subséquents de Jari Kurri, Grant Fuhr et Glenn Anderson durant la saison morte, les Oilers durent se départir également de leur capitaine Mark Messier qui ne s'était pas rapporté au camp des Oilers et avait demandé d'être échangé après avoir vu que l'équipe ne voulait pas tenter de demeurer compétitive. Messier fut donc également échangé aux Rangers quelque peu après le début de la saison 1991-92.

En retour de Messier, les Oilers mirent la main sur Nicholls ainsi que Louis DeBrusk et Steven Rice en plus d'une somme d'argent de quelques millions de dollars.

Encore plus choqué par ce deuxième échange en moins de deux ans, Nicholls refusa de se rapporter aux Oilers, déclarant d'abord ne pas vouloir jouer au Canada dans une équipe en reconstruction. Il demandait également à ce que les Oilers lui offre une augmentation substantielle pour l'amener à Edmonton. Il fut donc suspendu par sa nouvelle équipe mais Nicholls eut par la suite d'autres raisons personnelles pour ne pas quitter New York puisque sa conjointe était confiné au lit alors qu'elle était enceinte de jumeaux. Le couple avait précédemment eu des difficultés à procréer et Nicholls refusa donc de quitter son chevet jusqu'à ce que ses enfants soient nés.

Les jumeaux Nicholls virent le jour à la fin du mois de novembre 1991 et porté par la bonne nouvelle et la tension disparue, il annonça aux Oilers qu'il était prêt à se rapporter avec eux. Il perdit donc plus de 200,000$ en salaire durant cet épisode mais fut grandement applaudi par ses pairs et par les fans pour avoir décidé de supporter sa famille durant cette épreuve.



Il arriva donc à Edmonton et après quelques jours à seulement s'entraîner avec l'équipe pour retrouver la forme, il fit ses débuts en tant que Oiler à la mi-décembre. Il obtint un respectable 20 buts et 49 points en 49 matchs durant cette saison écourtée de 1991-92 en plus de 19 points en 16 matchs durant les séries où les Oilers continuèrent de surprendre en ces années post-dynastie. Ce bon rendement de Nicholls lui permit d'entretenir une bonne relation avec les fans des Oilers qui l'appréciaient malgré qu'il devait porter les lourdes chaussures de Messier.

Le temps de Nicholls à Edmonton était toutefois emprunté. Il déclara lors de son arrivée qu'il jouerait de son mieux avec les Oilers mais qu'il désirait que l'équipe l'échange de nouveau, préférablement dans la côte est pour être plus près de sa famille (qui ne le suivit pas à Edmonton) ou bien qu'ils le renvoient à Los Angeles. L'équipe n'avait pas vraiment l'intention qu'il demeure à Edmonton très longtemps d'ailleurs. Désirant continuer de se rajeunir (et de couper dans la masse salariale) ils exaucèrent le souhait de leur meilleur joueur de centre en l'envoyant aux Devils du New Jersey en janvier 1993.

En retour, les Oilers obtinrent les attaquants Zdeno Ciger et Kevin Todd. Malgré que son séjour à Edmonton fut quelque peu tourmenté et qu'il n'avait pas vraiment le désir d'y jouer, il déclara plus tard qu'il était fier d'avoir porté leur chandail malgré tout.

Nicholls termina donc la saison 1992-93 avec sa 4e équipe en moins de 4 ans mais joua du hockey peu inspiré avec seulement 5 buts en 23 matchs au New Jersey et étant même laissé de côté à quelques reprises. Il termina la saison avec tout de même 60 points en 69 matchs avec les deux clubs mais un autre épisode familial en coulisses affecta son jeu durant cette période.

La conjointe de Nicholls, Heather, était retombée enceinte rapidement après la naissance de leurs jumeaux et un autre fils, Jack, naquit prématurément en novembre 1992. Jack était cependant né avec la trisomie 21 et développa plusieurs problèmes de santé après sa naissance. Un peu moins d'une semaine après son échange au New Jersey, Nicholls reçut le diagnostic que son fils souffrait d'une méningite bactérienne. Un prise de moelle épinière pour détecter le virus aurait par la suite mal tournée, ce qui provoca un arrêt cardiaque au pauvre Jack et qui le laissa dans un coma profond jusqu'à sa mort quelques jours avant son 1er anniversaire...

À travers cette épreuve les Devils accommodèrent Nicholls du mieux qu'ils pouvaient en lui permettant de retourner à Los Angeles (où la famille était désormais relocalisée) et en défrayant les frais pour les billets d'avion. Les Nicholls intentèrent plus tard une poursuite contre les médecins qui effectuèrent la prise de moelle épinière à leur fils, mais j'ignore quel en fut le dénouement.

La mort de Jack fut toutefois une libération pour la famille Nicholls qui était soulagée malgré tout de voir ses souffrances se terminer. Nicholls reprit graduellement du galon et le désir de jouer durant la saison 1993-94 où il ne joua que 61 matchs et récolta 46 points au sein d'une équipe davantage portée sur le jeu défensif. Il devint davantage efficace en défensive sous les ordres de Jacques Lemaire, ce qui l'aida à graduellement se ré-inventer pour le dernier droit de sa carrière.

C'est aussi avec les Devils qu'il franchit le cap des 400 buts et des 1000 points en carrière. Il fut également un des éléments importants des Devils en séries alors qu'ils s'inclinèrent en 7 parties contre les Rangers en finale de conférence. Il obtint 13 points en 16 matchs durant ces séries.


Les Devils décidèrent cependant de ne pas lui offrir un nouveau contrat et le laissèrent aller. Il signa donc ensuite un contrat de deux saisons avec les Blackhawks de Chicago où il continua de retrouver le plaisir de jouer après plusieurs mois et années difficiles. Il termina au premier rang des pointeurs des Blackhawks avec 51 points lors de la saison écourtée de 1995 ainsi que 12 points en 11 matchs durant les séries. Il connut ensuite une autre bonne saison en 1995-96 avec 60 points en seulement 59 matchs alors qu'il rata une partie de la saison avec diverses blessures.

Il est donc facile de croire que Nicholls se serait de nouveau approché du plateau des 100 points si les saisons précédentes avaient été complètes, sans grèves, blessures et problèmes personnels. Et imaginez s'il était demeuré avec les Kings...

Nicholls se plaisait à Chicago mais les Hawks ne lui offrirent ensuite qu'un contrat d'un an, ce qu'il refusa. Plusieurs autres équipes étaient intéressés à ses services mais il décida de terminer sa carrière en retournant en Californie. Il signa donc à l'été 1996 un contrat de deux saisons avec les Sharks de San Jose où il fut amené pour agir comme mentor envers leurs jeunes joueurs comme Owen Nolan et plus tard Patrick Marleau.



Après deux saisons dans un rôle plus défensif où il obtint respectivement 45 et 28 points, les Sharks le signèrent pour une autre saison en 1998-99. Il fut cependant libéré après 10 matchs après que les Sharks aient échoué à trouver une équipe qui désirait de ses services. Il fut donc forcé vers la retraite en novembre 1998. Apparemment que son entraineur Darryl Sutter lui préféra son frère Ron pour occuper son poste sur le 4e trio.

Depuis sa retraite, Nicholls partage son temps entre sa résidence à Las Vegas et dans son patelin d'origine à Haliburton où il occupe beaucoup de temps à chasser et pêcher. Il a également quelques entreprises sur internet dont il est investisseur. En 2011, il revint dans le monde de la LNH lorsque ce même Darryls Sutter le ramena dans le giron des Kings comme consultant entraîneur où il aidait les joueur à perfectionner leur lancer. Son implication lui valut finalement une bague de la coupe Stanley en 2012 et il put amener la coupe à Haliburton durant cet été-là et il l'emmena même à la chasse avec lui...



Il fit aussi partie des quelques 300 anciens joueurs qui poursuivirent la LNH il y a quelques années pour avoir négligé les diagnostics de commotions cérébrales. Comme plusieurs anciens joueurs, Nicholls sentit qu'il avait développé des symptômes au cours des années suivant sa retraite comme des pertes de mémoires et de l'irritabilité.

En 1127 matchs en carrière, il obtint 475 buts et 734 passes pour 1209 points, ce qui lui confère à ce jour le 47e rang de l'histoire dans la LNH. S'il avait pu jouer avec Gretzky pendant 3 ou 4 saisons de plus, nulle doute qu'il y aurait davantage de discussions pour son introduction au temple de la renommée. Mais il demeure qu'il n'a jamais remporté la coupe en tant que joueur ni remporté de trophées individuels. Il est donc un peu dans la même catégorie que les Pierre Turgeon, Jeremy Roenick et Vincent Damphousse de ce monde.


Sources:
It's Pumper-Nicholl on a roll, Sports Illustrated, 22 nov. 1982
Where he reigns, Goals pour, Sports Illustrated, 19 déc. 1988
Bernie Nicholls turned job as Wayne Gretzky’s sidekick into starring role, LA Times, 19 avril 2010
Only mortal after all?, Sports Illustrated, 26 février 1990
Remembering the Bernie Nicholls Trade, Big Mouth Barry, 28 janvier 2012
When a Crisis Sets In, Nicholls Puts Family First, New York Times, 3 janvier 1993
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mercredi 29 avril 2020

Steve Payne




Vous m'excuserez mais ces temps-ci on dirait que mes sujets sont pas mal dans la même veine soit des joueurs des années 70 et 80 des Seals, Barons ou North Stars (un sujet assez récurrent sur ce blog en général de toute manière). C'est aussi souvent parfumé de Capitals et de Canucks. Souvent lorsque je fais des recherches sur un joueur, je tombe sur un coéquipier ou un adversaire qui m'inspire un autre article, un peu à la manière du jeu ''seven degrees on Kevin Bacon''.

Donc, mon article sur Gary Smith m'a inspiré à (re)parler des Seals et d'Al MacAdam qui m'a inspiré aujourd'hui à parler de son ancien coéquipier au Minnesota, Steve Payne. Et ensuite on verra bien comment la chaîne continuera.



Né le 16 août 1958 à Toronto, Steven John Payne joua l'entièreté de sa carrière avec les North Stars mais cette carrière fut brutalement écourtée par plusieurs blessures. Un habile marqueur, il semblait toutefois en laisser plusieurs sur leur appétit quant à son potentiel offensif. Il se rattrapait toutefois au printemps lorsque les séries arrivèrent et il devint un des meilleurs ''clutch players'' de son époque.

Payne joua son hockey junior au sein des puissants 67's d'Ottawa menés par Bobby Smith et Jim Fox. Il récolta 47 points en 61 matchs durant sa saison recrue en 1976-77 mais se démarqua davantage durant les séries où il récolta 18 points en 19 matchs et où il aida les 67's à remporter le championnat de la OHL de 1977. Ils s'inclinèrent ensuite en finale de la Coupe Memorial.

Jumelé la saison suivante avec Smith et Tim Higgins, Payne explosa et obtint 57 buts et 94 points. Les trois joueurs furent ensuite sélectionnés au repêchage de 1978. Smith fut le premier choix au total par les North Stars tandis qu'Higgins fut choisi 10e par les grands rivaux des North Stars, les Blackhawks. Espérant recréer la même chimie qui existait à Ottawa, les North Stars sélectionnèrent Payne en 2e ronde avec le 19e choix de l'encan de 1978.

Tandis que Smith fit immédiatement l'équipe et remporta le trophée Calder en 1978-79, Payne débuta son parcours professionnel avec le club-école de l'équipe à Oklahoma City dans la CHL. Il fut toutefois rappelé assez rapidement alors qu'il récolta 7 points en 5 matchs à Oklahoma City. Il gradua donc avec les North Stars et rejoignit Smith pour jouer ensemble cette première saison recrue où il récolta 23 buts et 40 points. Lui et Smith étaient en quelque sorte le symbole de cette renaissance des North Stars après la fusion de l'équipe avec les Barons de Cleveland l'été précédent.





Payne et son équipe progressèrent rapidement lors des saisons suivantes. Il connut sa meilleure saison en carrière en 1979-80, obtenant 42 buts et 85 points, bon pour le premier rang des buteurs des North Stars (ex-æquo avec MacAdam) et deuxième pour les points. Il participa également au match des étoiles pour la première fois de sa carrière (il y retournera en 1985). L'équipe se rendit en finale de conférence et élimina au passage les Canadiens, mettant fin à la dernière dynastie des glorieux.

Payne sembla régresser en 1980-81 alors que ses statistiques diminuèrent à 30 buts et 58 points. Il se rattrapa toutefois en séries alors qu'il mena les North Stars avec un total de 17 buts et 29 points en 19 matchs lors du parcours cendrillon de l'équipe en finale de la coupe Stanley qu'ils perdirent aux mains des puissants Islanders. Ces 17 buts sont une des meilleurs récoltes offensives de l'histoire du circuit en séries alors que seulement 8 joueurs (incluant Payne) en ont récolté autant.

Seulement 3 joueurs ont récolté plus de 17 buts en une année éliminatoire soit Joe Sakic (18 buts en 1995-96) et les co-détenteurs du record de 19 buts, Reggie Leach des Flyers (1975-76) et Jari Kurri (1984-85). Payne est donc le joueur le plus obscur de ce groupe sélect. 



Les meilleurs buteurs en une année éliminatoire


Payne connut des saisons similaires lors des années suivantes où sa production oscilla aux alentours des 30 buts par année. Les North Stars ne se rendirent plus jamais aussi loin avec Payne dans leur alignement mais il continua d'exceller davantage en série malgré tout. En 71 matchs éliminatoires avec les North Stars, il récolta 35 buts et 70 points.

C'est en 1985-86 que Payne commença à connaître des ennuis de santé. Des douleurs abdominales le harcelaient depuis un moment donc il se fit opérer pour réparer un disque cervical en septembre et il ne revint au jeu qu'en décembre. Il se blessa ensuite au genou en février 1986 et rata le reste de la saison. Tous ces ennuis de santé firent de Payne un joueur moins aventureux qu'à ses débuts. Il devint plus frileux et ses statistiques en souffrirent. Il ne joua ensuite que 48 matchs en 1986-87 et ne récolta que 10 points.

En septembre 1987, il se fit plaquer par derrière contre un match à Washington et subit une blessure au cou qui n'aura éventuellement pas guéri adéquatement ce qui lui causa des problèmes au niveau de sa colonne vertébrale. Il tenta tout de même de retourner au jeu, jouant même quelques matchs dans les mineures mais au final il aura joué son dernier match en carrière en décembre 1987 suite à quoi les docteurs de l'équipe lui ordonnèrent de se retirer avant d'empirer sa condition.

En 613 matchs en carrière, sa fiche fut de 228 buts, 238 passes pour 466 points. 

Estimant avoir subi (entre autres) plusieurs commotions cérébrales durant sa carrière, il fit partie de la poursuite envers la LNH intentée par plus d'une centaine d'anciens joueurs en 2013.