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lundi 3 avril 2023

Joueur oublié des 90's #74 - Wendell Young

 


  


Wendell Young a eu une carrière honnête dans la LNH, principalement comme adjoint et quelque fois comme partant, mais il a surtout passé la majorité de sa carrière dans les mineures. Cependant, le fait d'avoir dominé (ou d'être tombé au bon endroit) dans la plupart des équipes où il a joué a fait en sorte qu'il possède un fait d'arme qu'aucun autre joueur ne pourra accomplir.

Wendell Edward Young est né le 1er août 1963 à Halifax. Il débuta son stage junior dans la OHL avec les Rangers de Kitchener pour la saison 1980-81, devenant rapidement le gardien #1 de l'équipe qui remporta le championnat, la J.Ross Robertson Cup. Cette bonne première saison permit à Young d'être repêché par les Canucks de Vancouver en 4e ronde (73e au total) du repêchage de 1981. Il remit ça de plus belle la saison suivante, menant de nouveau les Rangers à la J.Ross Robertson Cup en plus cette fois du championnat de la coupe Memorial.

Il évolua ensuite dans les diverses équipes du système des Canucks lors des saisons suivantes, d'abord dans la CHL à Salt Lake City, ensuite à Milwaukee dans la IHL et finalement avec l'Express de Fredericton dans la AHL. Il fit finalement ses débuts dans la LNH en 1985-86, étant rappelé pour 22 matchs en saison régulière (fiche de 4-9-3) ainsi qu'un match en séries.

Il joua ensuite 8 autres matchs en 1986-87, mais ce fut ses derniers dans l'organisation de Vancouver alors qu'il fut échangé aux Flyers de Philadelphie durant l'été 1987. En plus de Young, les Flyers reçurent un choix de 3e ronde en 1990, choix qui devint le grand voyageur Kimbi Daniels. En retour les Canucks reçurent le gardien Darren Jensen et le défenseur Daryl Stanley.

À Philadelphie, Young ne fit qu'une courte présence en début de saison, étant rapidement récalé après 6 matchs dans la AHL avec les Bears de Hershey. Il y connut toutefois une saison du tonnerre, terminant d'abord au premier rang de la ligue pour les victoires avec 33 gains, avant de mener les Bears à la coupe Calder, parcours où l'équipe ne perdit aucun match (trois rondes 4 de 7) et où Young fit l'histoire en remportant un record de 12 matchs consécutifs. Il reçut ainsi les trophées Baz Bastien pour le gardien de l'année dans la AHL ainsi que le Jack A. Butterfield, remis au joueur le plus utile en séries.

 

Inutile de dire que cette saison 87-88 attira l'attention mais pas celle de Flyers, plutôt celle de leurs ennemis naturels de Pennsylvanie, les Penguins, qui firent l'acquisition de Young en retour d'un choix de 3e ronde en 1990 qui devint le défenseur Chris Therien pour les Flyers.

Young put donc revenir dans la LNH comme adjoint de Tom Barrasso en compagnie de Frank Pietrangelo (également membre de cette série) qui s'alternèrent au bout du banc. Young joua 22 matchs en 1988-89, remportant 12 victoires contre 9 défaites.

Des blessures limitèrent Barrasso à seulement 24 matchs en 1989-90 et c'est Young qui hérita de la majorité des départs en son absence, terminant la saison avec 16 victoires, 20 défaites et 3 matchs nuls. Ce fut toutefois la seule saison de sa carrière où il put être considéré comme numéro un, car ce fut ensuite à son tour d'être atteint de blessures lors des deux saisons suivantes, ne jouant que 18 matchs en 90-91 et encore 18 matchs en 91-92. 

Le mauvais timing de ces blessures firent en sorte qu'il était toujours sur le carreau lors des deux parcours jusqu'en finale et les coupes Stanley des puissants Penguins. Il se mérita toutefois ces deux bagues malgré qu'il ne joua aucun match en séries.

Durant la saison 91-92, les Penguins avaient de nouveau cueilli un gardien auxiliaire chez l'ennemi à Philadelphie en se portant acquéreurs de Ken Wregget lors du méga-échange à trois équipes entre les Flyers, les Penguins et les Kings impliquant entre autres Paul Coffey, Mark Recchi et Rick Tocchet. Ils n'avaient donc plus besoin de Pietrangelo, qui fut peu après échangé à Hartford, ni de Young qui fut laissé sans protection au repêchage d'expansion de 1992.

C'est ainsi que Young devint le premier membre de l'organisation du nouveau Lightning de Tampa Bay, étant réclamé lors du premier choix de ce repêchage. Il fut alors le premier gardien de l'équipe floridienne, étant le portier partant lors de leur premier match où il récolta la première victoire de l'équipe.

Une épaule disloquée vint toutefois nuire à sa saison et il ne joua donc que 31 matchs en 92-93, connaissant une année de 7-19-2 avec l'équipe d'expansion. Il retourna également dans les mineures pour la première fois depuis 1989, étant envoyé à Atlanta dans la IHL pour quelques matchs. Une autre blessure subie lors du camp d'entraînement vint lui nuire davantage en 93-94 et il ne put jouer aucun match avant la fin février. 


Durant ce temps, le Lightning avait fait l'acquisition de Darren Puppa et Young n'était donc plus dans les plans de l'équipe, en plus qu'il était tout le temps blessé. Il fut donc prêté aux nouveaux Wolves de Chicago dans la IHL pour la saison 1994-95. 

Au retour des activités après la grève de 1994, les Penguins découvrirent une grave blessure de Tom Barrasso datant des séries précédentes. Ils durent alors trouver du renfort et c'est alors que Wendell Young fit son retour dans l'organisation comme second de Ken Wregget jusqu'au retour de Barrasso. Young joua alors 10 matchs durant cette demie-saison, ses derniers dans la LNH.

Sans contrat la saison suivante, il opta de retourner comme agent libre avec les Wolves de Chicago où il se plaisait bien. Il y joua comme gardien numéro un lors des six saisons suivantes, soit jusqu'à la dissolution de la IHL après la saison 2000-01. Avec les Wolves, Young put ajouter encore plus de vaisselier à son armoire de trophées alors qu'il remporta à deux reprises la coupe Turner dans la IHL, soit en 97-98 et en 99-2000. 

 

Ces deux conquêtes additionnelles font de Young le seul joueur dans l'histoire à avoir remporté les quatre coupes majeures de son époque, soit la coupe Memorial (1982), la coupe Calder (1988), la coupe Stanley (1991 et 1992) et la coupe Turner (1998 et 2000)

Ajoutez à tout ça ses deux coupes Robertson dans la OHL ainsi que ses trophées Baz Bastien et Jack Butterfield dans la AHL en 1988. Young hérita alors du surnom «Ringmaster».

Après la fin de la IHL, les Wolves furent une de ses six équipes qui purent migrer dans la Ligue américaine. Young décida toutefois qu'il s'agissait alors du bon moment pour prendre sa retraite. Lors de la première saison des Wolves dans la AHL, ils retirèrent le numéro 1 de Young en décembre 2001. Lors de cette cérémonie, les quatre coupes remportées par Young furent présentées à la foule pour souligner son exploit.

Dans l'ordre: coupe Calder, coupe Turner, coupe Stanley et coupe Memorial.
 

Comme la IHL n'existe plus, il demeurera le seul à avoir accompli l'exploit. Cependant, depuis ce temps c'est plus ou moins la ECHL qui a  remplacé la IHL dans l'échelon des ligues mineures. Donc il est techniquement possible qu'un autre joueur effectue l'équivalent de cet exploit en gagnant les championnats dans les trois ligues professionnelles actuelles en Amérique du nord (coupe Stanley, coupe Calder et coupe Kelly dans la ECHL) en plus de la coupe Memorial. 

Cependant, jusqu'à ce jour, un seul joueur est passé près d'accomplir cet exploit, soit l'attaquant Jay Beagle, qui remporta la coupe Kelly en 2007 avec les Steelheads de l'Idaho, la coupe Calder en 2009 et 2010 avec les Bears de Hershey, et ensuite la coupe Stanley avec les Capitals de Washington en 2018. Il n'a cependant jamais gagné la coupe Memorial...

Après sa retraite, Young fut brièvement entraîneur des gardiens pour les Flames de 2001 à 2003. Il revint ensuite avec les Wolves comme assistant entraîneur de 2003 à 2009, entre autres lors de la conquête de la coupe Calder des Wolves de 2008. Il passa ensuite au 2e étage comme DG, poste qu'il occupe encore jusqu'à ce jour, menant de nouveau les Wolves aux grands honneurs en 2022 avec une autre coupe Calder. Il fut également élu au Temple de la renommée du sport de la Nouvelle-Écosse.

En 187 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 59 victoires, 86 défaites et 12 matchs nuls.
En 329 matchs dans la IHL, sa fiche fut de 174 victoires, 104 défaites et 31 matchs nuls.*
En 138 matchs dans la AHL, sa fiche fut de 71 victoires, 39 défaites et 10 matchs nuls.
Ses totaux dans les trois ligues professionnelles de son époque furent donc de 304 victoires, 229 victoires et 53 matchs nuls en 654 matchs.
*stats incomplètes dans la IHL

 

Sources:
hockeydraftcentral.com
chicagowolves.com
eliteprospects.com
NHL.com
hockeydb.com
nhltradetracker.com


mercredi 25 janvier 2023

Gino Odjick : un hommage qui décoiffe





Durant le temps des fêtes 2022, j’ai eu l’idée de produire mon premier billet sur LVEUP au sujet d’une carte de hockey qui m’a toujours intrigué. La voici dans toute sa splendeur avec une légende de mon Outaouais natal, le grand - et désormais regretté - Gino Odjick.




Je vous explique le contexte de l’apparition de cette carte dans ma collection. Alors que la folie des cartes de hockey du début des années 1990 faisait rage à mon école secondaire, un de mes amis m’avait vendu - beaucoup trop cher lol - sa collection de cartes de hockey de la série 7th Inning Sketch Memorial Cup (CHL) de 1990. Celle-ci comportait les cinq équipes ayant participé à la coupe Mémorial de 1990.

Il y avait les Blazers de Kamloops de la Ligue de l’Ouest, favoris du tournoi et dirigés par nul autre que Ken Hitchcock avec de futurs joueurs de la LNH comme Darryl Sydor et le fantastique Scott Niedermayer.

Il y avait ensuite les Rangers de Kitchener de la Ligue de l’Ontario qui avaient dans leurs rangs un peu moins de profondeur avec seulement Jason York (ancien défenseur de mes Sénateurs d’Ottawa), Steven Rice (trop souvent blessé) et Gilbert Dionne (immortalisé avec panache sur cette carte) comme joueurs notables ayant joué ensuite dans la LNH. 

Pour leur part, les Generals d’Oshawa comprenaient un certain Eric Lindros bien entouré et dominant à souhait.

De son côté, la Ligue junior majeur du Québec avait pour représentants les négligés du tournoi avec le Titan de Laval. C’était une équipe composée certes de futurs joueurs de la LNH au talent offensif reconnu comme Martin Lapointe et Patrice Brisebois, mais le secret de la sauce lavalloise était surtout dans les minutes de pénalité récoltées par une escouade semant la terreur dans le Colisée de Laval, aussi surnommé la “House of Pain”. D'ailleurs, lors de la saison 1989-1990, on retrouvait dans l’équipe du Titan trois futurs hommes forts de la LNH : Gino Odjick (280 min), Sandy McCarthy (269 min) et Claude Boivin (309 min).

Aux dires d’Eric Lindros, plusieurs joueurs du Titan de Laval avaient décidé de colorer leurs cheveux pour arborer un mohawk bleaché. Quelques cartes de la série 7th Inning Sketch Memorial Cup 1990 comportent justement quelques joueurs du Titan avec cette chevelure colorée. C’est le cas de Sandy McCarthy dont le dessus de la tête est très blond :



On remarque aussi de tels cheveux blonds chez l’ailier gauche Allen Kerr dont la carrière fut très courte :


Mais LA photo où le mohawk décrit par Eric Lindros est le plus évident est sans contredit celle de Gino Odjick, vue ici en version agrandie :


C’est bien d’avoir des vieilles cartes de hockey qui nous intriguent, car elles permettent de creuser un passé qui n'apparaît pas sur les cartes! C’est pourquoi je me suis dit qu’il y avait sûrement des vidéos de l’époque où on allait pouvoir admirer les cheveux colorés de l’escouade de la House of Pain en pleine action! Et on peut remercier des fans de hockey anonymes d’avoir enregistré et diffusé de vieilles vidéos de cette époque sur YouTube!

À titre d’exemple, dans cette vidéo datée du 3 avril 1990, on voit par derrière la coupe Mohawk de Gino Odjick dans son combat contre Pierre Côté des Cataractes de Shawinigan, donc avant la Coupe Memorial de la même année. Il se fait ensuite escorter au banc des punitions par l’arbitre et on peut alors admirer un court instant ses cheveux ornés d’une brosse dorée et rebelle.


 

Dans cette autre vidéo datée du 12 avril 1990, on voit très bien la coupe de cheveux de Gino Odjick dans cette bagarre avec Rob Melançon des Olympiques de Hull.

   

Enfin, la vidéo la plus claire à ce sujet que j’ai pu retracer sur YouTube est ce combat de Gino Odjick contre Craig Martin des Olympiques de Hull le 12 avril 1990, ce qui signifie qu’il se serait battu au moins deux fois lors du même match!


 

La recherche réalisée pour ce billet de LVEUP m’a permis de mieux comprendre ce qui se passait avec les cheveux de Gino Odjick sur sa carte de 1990, car à l’époque, avec mes yeux de lynx myope et pas encore d’Internet pour aller vérifier de telles informations, je pensais que Gino avait carrément rasé le milieu de sa tête! Je ne décernais pas bien que c’était des cheveux bleachés et je trouvais donc ça vraiment intense qu’il ait osé se raser le milieu de la tête lol!

Parallèlement, une recherche de vidéos sur YouTube de Gino Odjick dans la LHJMQ au début de 1990 démontre qu’il n’arborait pas son mohawk bleaché avant le printemps, comme en témoigne cette bagarre avec Pierre Côté des Cataractes de Shawinigan le 19 janvier 1990 :

 

Il semble donc avoir coloré ses cheveux vers la fin de la saison 89-90 en prévision des séries éliminatoires. Par ailleurs, en regardant l’endos de sa carte recrue Score, on constate qu’il a cessé de se teindre les cheveux quand il a rejoint la Ligue Nationale de Hockey en 1990. Parallèlement, des vidéos YouTube de ses bagarres dans la LNH à l’automne 1990 ne m’ont pas permis de revoir son glorieux mohawk jaune.


Pour conclure ce billet, je dois dire que je suis très attristé que Gino nous ait quittés, lui qui a marqué le hockey nord-américain par sa combativité légendaire, sa protection de joueurs vedettes comme Pavel Bure, sa bonne humeur, sa gentillesse, mais aussi et surtout sa grande implication dans sa communauté autochtone de Kitigan Zibi en Outaouais. Il fut et demeurera un fier représentant des Premières nations et je vous invite à écouter ce magnifique message qu’il a fait le 30 mars 2022 pour les fans des Canucks de Vancouver dans le cadre du First Nations Night :
Merci pour les beaux souvenirs Gino et continue de guider et soutenir les membres de ta communauté où que tu sois! :)

Sources :

1990 7th Inning Sketch Memorial Cup (CHL). Trading card database. Page visitée le 22 janvier 2023.

Chandails retirés. Titan d’Acadie-Bathurst. Page visitée le 22 janvier 2023.

The 1990 Memorial Cup was the best of them all. The Hockey News. 12 juillet 2015.



mercredi 27 avril 2022

Gary MacGregor

 


 


Lorsque j'ai écrit mon texte sur Ray Ferraro il y a quelques mois, j'ai découvert qu'il faisait partie d'un club sélect de seulement 5 joueurs à avoir franchi le cap des 100 buts en une saison dans toute l'histoire du hockey junior canadien. Ferraro (108 buts en 1983-84) est d'ailleurs le seul en dehors de la LHJMQ à avoir accompli l'exploit. Il avait ainsi rejoint d'illustres joueurs légendaires tels que Guy Lafleur (2 fois; 103 en 1969-70 et 130 en 1970-71), Pat Lafontaine (104 buts en 82-83), Mario Lemieux (record de 133 buts en 83-84) 

ainsi que... Gary MacGregor.

Né le 21 septembre 1954 à Kingston en Ontario, MacGregor était un petit joueur de centre frêle (5'9" et 170 livres) qui souffrait du diabète. Cela n'avait toutefois pas empêché un joueur comme Bobby Clarke de se rendre à la LNH, et plus tard au temple de la renommée, donc MacGregor suivit son exemple et devint un joueur électrisant et très hargneux au sein de son équipe Midget à Kingston où il était le leader et le meilleur joueur.

Les Royals de Cornwall avaient l'habitude de recruter à Kingston et après leur deuxième saison dans la LHJMQ où ils terminèrent derniers, ils avaient besoin de renflouer leur alignement presque au complet alors que seulement une demi-douzaine de joueurs allaient revenir en 1971-72. L'entraîneur Orval Tessier savait que si MacGregor acceptait de joindre les Royals, d'autres joueurs de Kingston accepteraient également l'invitation. 

C'est donc avec MacGregor et son ami de Kingston Bob Murray (futur membre des Blackhawks et DG des Ducks) que les Royals de Cornwall démarrèrent leur saison 1971-72, saison où ils firent un virage à 180 degré et remportèrent non seulement la première place et le championnat de la LHJMQ mais également la coupe Memorial. MacGregor fut un élément clé de cette saison magique des Royals, récoltant 39 buts et marquant le filet vainqueur lors du match de la finale de la coupe Memorial.

Il continua sa progression en 72-73 avec 43 buts en seulement 45 matchs. Son talent de marqueur était alors plus qu'évident alors qu'il récolta un record de l'époque avec 26 buts en 16 matchs durant les séries de 73 où les Royals s'inclinèrent contre les Remparts en finale du championnat de la LHJMQ. Ce record fut plus tard battu par Mario Lemieux en 1984 avec 29 buts et ensuite Jean-Pierre Dumont en 1998 avec le record actuel de 31 buts.

Il repartit ensuite de plus belle en 1973-74 lors de sa dernière saison junior où il franchit cette barre incroyable des 100 buts en une saison alors qu'il termina exactement à 100 buts en plus de 74 passes pour 174 points, ce qui lui valut le 7e rang de la LHJMQ à ce niveau mais le premier pour les buts marqués. À noter également que Jacques Locas des Remparts passa très près de le rejoindre alors qu'il termina pour sa part à 99 buts lors de cette même saison. MacGregor se mérita ainsi le trophée Michel Brière pour le joueur le plus utile ainsi que le trophée Frank Selke pour le joueur le plus gentilhomme.

Étant alors éligible au repêchage de 1974, il se fit sélectionner par les Canadiens en 2e ronde (30e au total) ainsi que dans l'AMH au 10e rang par les Cougars de Chicago. 

Malgré les recommandations de Orval Tessier qui l'implorait de choisir les Canadiens, MacGregor tenta sa chance dans le circuit maudit. Il faut dire que les Cougars lui offraient davantage d'argent que les Canadiens en plus d'avoir la chance de jouer immédiatement, ce que les puissants Canadiens de l'époque ne garantissaient probablement pas, vu la qualité de l'équipe.

MacGregor connut des débuts fracassants dans l'AMH, terminant premier pointeur des Cougars en 1974-75 avec 42 buts et 34 passes pour 76 points. Ce fut toutefois sa dernière bonne saison alors que sa carrière piqua vers le bas aussitôt la saison terminée. En difficulté financière, les Cougars venaient de jouer leur dernière saison et leurs joueurs furent dispersés à travers la ligue. Cependant, ce sont les nouveaux Spurs de Denver qui héritèrent de la plupart des joueurs des Cougars, dont MacGregor. Les Spurs sont d'ailleurs souvent considérés comme la continuation des Cougars. 

Mais les Spurs étaient encore plus instables et ne purent même pas jouer une seule saison complète, étant forcés de déménager à Ottawa avant le passage du jour de l'an. Désormais sous le nom des Civics (mais avec toujours le même chandail des Spurs), l'équipe continuait d'être dans le rouge et malgré de bonnes foules, elle ne dura que deux semaines dans la capitale canadienne avant d'être officiellement dissoute. À travers de toute cette instabilité, MacGregor vit sa production chuter alors qu'il n'obtint que 16 buts en 38 matchs avec les Spurs/Civics. Il fut réclamé par les Crusaders de Cleveland pour terminer la saison 75-76 et ne marqua que 5 buts en 35 matchs avec eux.

Cette instabilité et chute de production continua les saisons suivantes pour MacGregor dans cette AMH et ses équipes en difficulté. On imagine à ce moment qu'il regrettait sa décision de ne pas avoir choisi les Canadiens... La franchise des Crusaders, confrontée à l'arrivée des Barons de Cleveland dans la LNH,  déménagea au Minnesota durant l'été 1976. Il ne joua cependant jamais au Minnesota, étant plutôt échangé en septembre 1976 aux Racers d'Indianapolis en retour du légendaire Dave Keon

Après seulement 16 matchs sans aucun but à sa fiche à Indianapolis, MacGregor continua sa grande tournée de l'AMH en étant échangé en novembre 1976 aux Whalers de la Nouvelle-Angleterre en retour de Rosaire Paiement. Ce fut encore une fois très bref alors qu'il fut échangé une troisième fois en seulement 5 mois, alors qu'il fut envoyé aux Cowboys de Calgary en janvier 1977. J'imagine toutefois qu'il était blessé à ce moment car il ne rejoua pas de la saison 76-77 et ne joua jamais pour les Cowboys non plus, alors que la franchise ferma aussi ses portes une fois la saison terminée. 

La saison 1977-78 débuta ensuite dans l'AMH, mais cette dernière ne comprenait plus que 8 équipes, comparativement aux 12 de la saison précédente et les 14 de la saison 1975-76. MacGregor aboutit alors avec les Oilers mais ne joua que 37 matchs avec eux, étant même relégué dans leur club-école, les Flyers de Spokane de la WIHL. Il se retrouva du boulot avec les Racers au début de la saison 1978-79 et semblait avoir retrouvé un peu de sa touche offensive alors qu'il avait une fiche de 8 buts et 12 points en 17 matchs. Il était aussi un des premiers coéquipiers de Wayne Gretzky qui fit ses débuts professionnels avec les Racers à ce moment. Cependant les Racers ne terminèrent évidemment pas la saison, fermant boutique après seulement 25 matchs, et s'être départi de Gretzky après seulement 8...

MacGregor fit alors une brève incursion dans l'organisation du Canadien lorsqu'il fit partie des Voyageurs de la Nouvelle-Écosse de la Ligue américaine l'espace de 5 matchs. Il termina toutefois cette saison 78-79 avec les Indians de Springfield, toujours dans l'AHL.


Après une saison sabbatique en 1979-80, il revint jouer une autre saison avec les Indians en 80-81 pour ensuite terminer sa carrière avec une dernière saison en Allemagne en 1982.

Sa fiche fut de 90 buts et 70 passes pour 160 points en 251 matchs dans l'AMH. On peut dire qu'il fut victime de l'instabilité du circuit maudit alors qu'il joua en tout pour 7 de ses équipes (incluant 2 équipes avec les Spurs/Civics) en 5 saisons...

Cependant sa santé n'était malheureusement pas la meilleure pour espérer de se démarquer davantage alors qu'il dut s'absenter à plusieurs reprises après sa seule bonne saison à Chicago en 1974-75. Reconverti en homme d'affaires, il mourut subitement d'une crise cardiaque en avril 1995 alors qu'il n'avait que 40 ans.

Il fut admis au temple de la renommée des sports de Kingston en 2002.


vendredi 25 février 2022

Ray Ferraro

 


 

Faut croire que je me spécialise pas mal dans les années 90 tellement j'y reviens souvent. J'ai lancé la série des «Joueurs oubliés des 90's» mais quelquefois j'ai envie de parler de ces joueurs moins oubliés mais qui sont pas non plus des joueurs du temple ou des supervedettes. J'ai fait par exemple Brian Propp, Pat Verbeek et Bernie Nicholls et je crois que Ray Ferraro fitte bien aussi dans cette catégorie... Ou bien peut-être que pour une raison que j'ignore, j'aime le nom Ray... 

On connaît plus Ray Ferraro de nos jours pour son poste dans les médias mais on se doit quand même de revenir davantage sur sa carrière de joueur, une carrière longue et bien remplie.

Raymond Vincent Ferraro est né le 23 août 1964 à Trail en Colombie-Britannique (ville des Smoke Eaters). Après avoir débuté dans les niveaux junior inférieurs à Trail, il joignit les rangs des Knights de Penticton au Junior A dans la BCHL. Il mena la ligue en 1981-82 avec 135 points, ce qui incita les Whalers de Hartford à le sélectionner en 5e ronde (88e au total) du repêchage de 1982. Il est d'ailleurs un des rares joueurs à avoir été sélectionné directement de la BCHL. Il refusa ensuite une bourse de l'Université Northern Michigan pour plutôt graduer dans la WHL avec les Winter Hawks de Portland. 

Les Winter Hawks étaient une équipe assez boostée pour la première saison de Ferraro en 1982-83, alors qu'ils menaient la ligue pour les buts marqués et comptaient sur 6 pointeurs de plus de 100 points dans leur alignement, dont la future légende des Bruins Cam Neely avec 120 points. Ferraro aurait probablement pu se joindre au groupe alors qu'il termina à 90 points mais en seulement 50 matchs alors qu'il en rata 22. En plus de Neely et Ferraro, les Winter Hawks pouvaient aussi compter sur plusieurs futurs joueurs de la LNH comme Ken Yaremchuk, Alfie Turcotte, Richard Kromm, Brian Curran et surtout le terrible John Kordic à la défense. Les Winter Hawks, qui avaient participé à la Coupe Memorial en 1982, y retournèrent en 1983, cette fois-ci comme équipe hôtesse. 

Et comme si les Winter Hawks n'étaient pas assez boostés, ils purent bénéficier des règlements de l'époque permettant d'emprunter un gardien supplémentaire pour ce tournoi. C'est ainsi qu'ils purent emprunter nul autre que Mike Vernon des Wranglers de Calgary... Il s'agissait de toute une acquisition, alors que Vernon avait remporté le trophée du meilleur gardien et du joueur le plus utile de la WHL en 1981-82 et avait également été invité à se joindre au Winter Hawks lors de la précédente Coupe Memorial... Il avait même déjà fait ses débuts professionnels plus tôt dans la saison avec les Flames avant de revenir avec les Wranglers. Bref c'était une saison idéale pour débuter dans la WHL alors que Ferraro et les Winter Hawks remportèrent la Coupe Memorial et Vernon fut nommé nommé meilleur gardien du tournoi.

Winter Hawks de Portland - 1983
Cliquez pour une plus grande résolution et amusez-vous à tenter trouver Vernon, Neely et Ferraro...


 

Cependant, durant l'été, Ferraro fit partie d'un échange à 6 joueurs entre les Winter Hawks et les Wheat Kings de Brandon. Il refusa initialement de se rendre à Brandon au Manitoba, préférant demeurer plus à l'ouest. Il fut toutefois convaincu de s'y rapporter et au sein d'une équipe moins achalandée, il connut une saison légendaire en 1983-84 avec une récolte record de 108 buts et 84 passes pour 192 points

Ces 108 buts demeurent à ce jour le record pour le plus de buts en une saison dans la WHL. Il est également le seul de la WHL à avoir franchi le plateau des 100 buts. Et dans toute l'histoire du junior majeur canadien, les seuls autres à avoir accompli l'exploit sont tous dans la LHJMQ; Guy Lafleur (2 fois, 130 et 103), Mario Lemieux (record de 133), Pat Lafontaine (104) et Gary MacGregor (100). Aucun joueur de la OHL n'y est parvenu. Les 192 points de Ferraro ne sont pas un record mais il demeure tout de même au 4e rang de l'histoire, alors que c'est Rob Brown qui est le détenteur du record avec 212 points en 1986-87.

Avec les Wheat Kings de Brandon

 

Donc, Ray Ferraro connut une carrière junior exemplaire, voire légendaire, et était fin prêt à faire ses débuts professionnels en 1984-85, une saison qu'il débuta avec le club-école des Whalers à Binghamton avant d'être rappelé à la mi-saison avec le grand club. Il connut une bonne première saison par séquence à Hartford, récoltant 11 buts et 28 points en 44 matchs. Il connaîtra ensuite sa première saison de 30 buts en 1985-86 avec une fiche de 30 buts et 47 passes pour 77 points. 

Joueur de centre de petit gabarit mais qui jouait avec le diable à ses trousses, il devint un favori de la foule à Hartford, marquant plus de 20 buts durant ses 5 saisons complètes passées là-bas, dont un sommet en carrière de 41 buts en 1988-89. Mais après une saison en dessous de ses standards en 89-90 et une disette au début de la saison suivante, il fut échangé aux Islanders de New York en retour du défenseur Doug Crossman. 

Cet échange fut un des nombreux mauvais deals des Whalers de l'époque qui semblaient vouloir saboter leur équipe le plus possible. Pas que Doug Crossman fut mauvais mais ils l'échangèrent à peine 3 mois plus tard aux Red Wings en retour de Doug Houda...

Ferraro continua d'être un des favoris de la foule à Long Island, malgré un début lent avec sa nouvelle équipe (seulement 42 points en 90-91). Il sortit de sa torpeur et connut une de ses meilleures saisons en 91-92 avec 40 buts et 40 passes pour 80 points, une saison où il fit également partie du match des étoiles. Il manqua toutefois 3 mois d'action en 92-93 suite à une collision avec Ed Belfour. Il dut même retourner dans les mineures pour se remettre en forme le temps d'un match. 

Il rattrapa toutefois cette saison gaspillée durant les séries où il mena les surprenants Islanders avec 13 buts et 20 points en 18 matchs durant ce parcours jusqu'en finale de conférence. Il fait d'ailleurs partie à jamais du folklore des Islanders pour ses exploits durant ces séries dont deux buts en prolongation durant la série de première ronde contre les Capitals en plus d'une passe savante sur le fameux but de David Volek qui élimina les puissants Penguins.




 

Les saisons suivantes furent décevantes pour les Islanders et Ferraro semblait désormais plus campé sur les 2e et 3e trios, mais amassait tout de même son 20 buts par saison. Frustré d'évoluer pour des petites équipes perdantes et incapable de s'entendre avec les Islanders qui voulaient le signer à rabais, il signa comme agent libre chez l'ennemi avec les Rangers pour la saison 1995-96, enrageant davantage les fans des Islanders envers la direction de l'équipe. Ce sentiment ne fera d'ailleurs que s'accentuer lors de cette première saison sans Ferraro mais avec le nouveau chandail Fishsticks...

Les Rangers avaient une nouvelle attitude plus agressive en 1995-96 avec cette acquisition de Ferraro, en plus de la venue de ses anciens coéquipiers à Hartford, Pat Verbeek et Ulf Samuelsson. Ferraro remplit adéquatement son rôle de deuxième centre d'énergie cette saison-là, récoltant 25 buts en 65 matchs avec les Rangers. Cependant l'équipe était plutôt moyenne et désirait faire des changements à la date limite des transactions en vue des séries. 

Voulant sans doute répéter la recette de 1994, ils firent de nouveau l'acquisition d'une ancienne vedette des Oilers, obtenant Jari Kurri des Kings ainsi que Shane Churla et Marty McSorley. En retour, les Rangers sacrifièrent beaucoup de profondeur et de relève en se départissant de Ferraro en plus de Ian Laperrière, Nathan LaFayette ainsi que du défenseur prometteur Mattias Norstrom, futur capitaine des Kings. Cet échange est souvent mentionné parmi les pires de l'histoire des Rangers, alors que Norstrom et Laperrière furent des morceaux importants des Kings pendant plusieurs saisons et que la perte de Ferraro fut grandement remarquée chez les Rangers. Pour sa part, Jari Kurri ne fit que passer avec les Rangers, n'obtenant qu'un but en 14 matchs avant de se racheter légèrement en séries avec 8 points en 11 matchs. Il signa avec les Mighty Ducks la saison suivante.


 

Au sein d'une équipe des Kings en plein début de reconstruction, Ferraro continua son bon travail, obtenant une autre saison de 25 buts en 1996-97. Les deux saisons suivantes furent toutefois difficiles alors qu'il rata 40 matchs en 97-98 et 18 matchs en 98-99 à cause de sérieux problèmes aux genoux qui lui firent même songer à la retraite. Sa dernière saison à Los Angeles fut moyenne avec seulement 31 points en 65 matchs, suite à quoi son contrat se termina et il redevint agent libre. 

Il sentit toutefois que ses problèmes de genoux étaient réglés et oublia la retraite, acceptant un contrat de deux ans avec les nouveaux Thrashers d'Atlanta pour leur saison inaugurale en 1999-2000.

Amené à Atlanta avec un rôle de leader et de mentor, Ferraro rebondit également offensivement en 99-00 avec 19 buts et 44 points. Il connut ensuite une saison surprenante de 29 buts et 76 points en 2000-01 lorsqu'il fut jumelé avec Donald Audette et Andrew Brunette sur le premier trio. Il fut ensuite nommé comme capitaine de la jeune équipe en 2001-02, succédant à Steve Staios. C'est aussi avec les Thrashers qu'il atteignit le plateau des 400 buts en carrière.

 

Mais les Thrashers étant encore en mode d'apprentissage à la dure comme récente équipe d'expansion, ils exaucèrent les voeux de leur capitaine qui désirait une dernière chance de remporter la coupe Stanley en l'échangeant à la date limite des transactions. Ils l'envoyèrent donc avec les Blues de St.Louis en retour d'un choix de 4e ronde. Il termina donc la saison avec les Blues qui se firent toutefois éliminer en 2e ronde, suite à quoi Ferraro prit sa retraite.

Par la suite, il devint un commentateur télé réputé, d'abord pour ESPN, ensuite TSN, CTV, Sporstnet et présentement de retour avec ESPN en plus de ABC. Il fait également partie des commentateurs de la série NHL de EA Sports.

Il eut deux fils avec sa première épouse, dont un du nom de Landon qui fut repêché par les Red Wings. Les deux firent les manchettes lorsque le paternel interviewa le fils lors de son premier match avec sa nouvelle équipe, les Bruins, durant la saison 2015-16. Landon évolue présentement dans la ligue d'Allemagne.


Après son divorce de sa première épouse, Ferraro se remaria avec l'ex-joueuse membre du temple de la renommée Cammi Granato. Ray avait précédemment joué avec son futur beau-frère, Tony Granato, durant son séjour avec les Kings. Il a eu deux autres fils avec Cammi.

En 1258 dans la LNH, Ray Ferraro a obtenu 408 buts et 490 passes pour 898 points. Il fut élu au sein du temple de la renommée du hockey de la Colombie-Brittanique.


Ferraro et ses deux fils

Ray Ferraro et Cammie Granato

 

Match contre le beau-frère... avec le même numéro...


Sources:
BCHL Draft History, BCHL.ca
Ray Ferraro: 1983 Memorial Cup Season, Dub Network, 7 mars 2021
Ray Ferraro still treasures WHL-record 108-goal season, Regina Leader-Post, 29 décembre 2020
Ferraro Signs With the Rangers, NY Times, 20 juillet 1995
1995-96 Rangers: Sad End to Stanley Cup Hopes, The Hockey Writers, 23 août 2021
Thrashers sign Ray Ferraro
, CBS News, 2 août 1999
Hockey Draft Central


mercredi 25 avril 2018

Les coupes oubliées - Les Royals dans la LHJMQ








En 1996, lorsque les Prédateurs de Granby ont mis la main sur la coupe Memorial, plusieurs médias indiquaient qu'ils étaient les premiers représentant du Québec à la remporter, depuis les Remparts de Québec de Guy Lafleur en 1971. Pourtant, la LHJMQ a mis la main à trois reprises sur la précieuse coupe entre 1971 et 1996. Par contre, les représentants de la LHJMQ étaient basés à Corwall, en Ontario et s'appelaient les Royals !


Orval Tessier porté en triomphe par ses joueurs
Une équipe déjà existante depuis 1961 dans la Central Junior A Hockey League (aujourd'hui la Central Canada Hockey League), les Royals ont tenté de se joindre à la OHL. Voyant leur demande d'admission rejetée, ils ont alors décidé de se joindre à la LHJMQ lors de la création de la ligue en 1969. Après deux années moribondes, les Royals connurent une excellente saison 1971-72, défaisant en finale de la coupe du Président les champions défendant de la coupe Memorial, les Remparts de Québec, en 6 matchs. Alors sous les instructions de l'entraîneur Orval Tessier et avec Richard Brodeur devant les filets, les Royals se dirigèrent à Ottawa pour disputer la coupe Memorial aux Petes de Peterborough et aux Oil Kings d'Edmonton. C'était la première année que les champions des trois ligues junior canadienne s'affrontaient dans une formule "Tournoi à la ronde". Ce ne fut qu'à partir de 1983 que la ville hôtesse fut également invitée au tournoi de la coupe Memorial.

Les Royals baissèrent pavillon devant les Petes avant de battre les Oil Kings dans le tournoi à la ronde. N'ayant remporté aucune partie, les Oil Kings furent écarté de la finale qu'allait se livrer Cornwall et Peterborough. Les Royals remportèrent le match au compte de 2-1 pour mettre la main sur une deuxième coupe Memorial consécutive pour la LHJMQ.

La saison suivante, ce fut au tour de Ron Racette de diriger les Royals, qui passèrent près de retourner au tournoi de la coupe Memorial, mais ils s'inclinèrent en 7 matchs face au Remparts de Québec, maintenant dirigé par ... Orval Tessier.

De 1973 à 1979, les Royals firent partie des bonnes équipes de la LHJMQ, mais ne purent jamais dépasser la 2e ronde des séries. C'est en 1980 que les Royals retournèrent au tournoi de coupe Memorial. Ils avaient dans leurs rangs des noms connus des amateurs de hockey : Dale Hawerchuk, Marc Crawford, Scott Arniel, Fred Arthur ainsi que le fils du Golden Jet (mais n'ayant pas le talent de son frère Brett) Bobby Hull JR. Dirigé par Doug Carpenter, les Royals se frottèrent aux Pats de Regina ainsi qu'aux Petes de Peterborough dans un tournoi à la ronde où chaque équipe allait s'affronter à deux reprises. Les Royals s'en sortirent avec une fiche de 2 victoires contre 2 défaites, dont une dégelée de 11-2 face aux Pats de Regina qui savourèrent ainsi leur seule victoire du tournoi. La finale allait donc opposer Cornwall à Peterborough, comme 8 ans auparavant. Encore une fois, la finale se décida par un seul but, alors que les Royals parvinrent à déjouer Rick Laferrière lors de la période de prolongation afin de remporter leur deuxième coupe Memorial, au compte de 3-2.


Avec le même noyau de joueurs que l'année précédente, plus l'ajout d'un jeune Doug Gilmour, les Royals maintenant dirigé par Bob Kilger dominèrent une fois de plus la LHJMQ. En finale, ils affrontèrent les Draveurs de Trois-Rivières qui avaient fini 3 points derrière eux au classement. Trois-Rivières ne parvint pas à vaincre Cornwall, qui remporta la série en 5 matchs pour se diriger à une deuxième participation consécutive au tournoi de la Coupe Memorial. Cette fois, le tournoi avait lieu à Windsor et les Royals allaient affronter les Cougars de Victoria et les Rangers de Kitchener, entraîné par l'ancien entraîneur des Royals, Orval Tessier. Les Royals finirent premier du tournoi à la ronde, n'échappant qu'un match contre les Rangers, qu'ils retrouvèrent en finale. Lors de ce match, les Royals ne firent qu'une bouchée des Rangers de Kitchener, l'emportant au compte de 8-2, remportant ainsi une deuxième coupe Memorial consécutive, la 4e en 11 saisons pour la LHJMQ.


Suite à ce triomphe, les Royals quittèrent la LHJMQ pour joindre les rangs de la OHL. Le changement irrita plusieurs partisans de l'équipe qui se trouvaient à la frontière entre les deux provinces et les assistances aux matchs de l'équipe allèrent en déclinant, tout comme les résultats de l'équipe qui ne parvint jamais plus à percer le troisième tour des séries éliminatoires. Suite à la saison 1991-92, les Royals déménagèrent à Newmarket. Après deux saisons, l'équipe fut acheté et déménagé à Sarnia pour devenir le Sting.

En 1996, les médias et la ligue parlaient peu des conquêtes de la coupe Memorial de la LHJMQ par une équipe qui n'était pas basée dans la province. Maintenant, les Royals ont un chapitre à eux dans l'histoire de la LHJMQ sur le site internet de la ligue. De toute façon, en ajoutant les coupes remportés par les Sea Dogs de St-John's (2011) et les Mooseheads d'Halifax (2013), le pourcentage de coupes remportées par des équipes hors-Québec est de 50%. Pas le choix de les reconnaître !

mercredi 12 septembre 2012

Les Raiders de Prince Albert et la représentation de l'autre

Un peu d'actualité et pas en même temps...

Voici l'uniforme des Raiders de Prince Albert tel que porté par l'équipe notamment en 1985 lorsque l'équipe remporta la Coupe Memorial. Ce présentoir se retrouve au Temple de la Renommée du hockey de la Saskatchewan situé à Swift Current.


Ce qui m'a toujours fasciné avec ce chandail, c'est bien certainement le logo. J'ai toujours été surpris de cette image de guerrier arabe stéréotypée avec des patins et un bâton de hockey comme le logo d'un équipe d'une petite ville de Saskatchewan. (Vous remarquerez également les fameux pantalons Cooperall.)

En fait, en connaissant un peu mieux l'histoire du hockey, je me suis apperçu que ce n'était pas la première représentation du monde arabo-musulman dans un logo ou un nom d'équipe. Dans l'ancienne WCHL (Western Canada Hockey League) qui compétitionnait contre les équipes de la NHL et de la PCHL dans les années 20 pour la Coupe Stanley (jusqu'en 1926), une équipe se nommait les Sheiks de Saskatoon. En fait le nom de l'équipe fut les Crescent de Saskatoon, mais elle porta officiellement le nom Sheiks lors de la saison 1925-26. Durant cette dernière saison où cette ligue pût disputer la Coupe Stanley et portait le nom "Sheiks", le gardien de l'équipe était le légendaire Georges Hainsworth, futur gardien vedette du Canadien.

Bon, revenons aux Raiders de Prince Albert...

C'est lors de la saison 1982-83 que les Raiders firent leur entrée dans la WHL. L'équipe fut fondée en 1972 dans une ligue junior de deuxième niveau nommée la Saskatchewan Junior Hockey League (SJHL). Ça explique peut-être un peu mieux l'origine du logo caricatural représentant un personnage arabo-musulman. Il est quand même drôle qu'une équipe ait décidé de prendre ce type d'image pour représenter un "raider", un personnage qui attaque d'une manière vive et qui menace son assaillant, mais il est peut-être signe de son temps. 

L'idée de représenter un personnage arabo-musulman retourne à une image presque millénaire de la symbolisation de ces derniers. Les arabo-musulmans représentent, pour l'Occident, l'idée de l'autre, de ceux qui menacent la civilisation, notamment depuis les incursions maures dans la péninsule Ibérique. La manière dont les Raiders utilisent donc cette image retourne à une image très stéréotypée de l'autre, du barbare.


(C'est probablement une question de commanditaire, mais je n'ai jamais compris le pourquoi des télévisions sur les photos des vainqueurs de la Coupe Memorial des années 80-90.)

Ça me rappelle beaucoup la représentation que Walt Disney par exemple dans la manière de représenter les autres culture comme une image figée dans le temps. Regardez ce vidéo de Donald Duck de 1940 par exemple, et remarquez comment on y représente les russes et les amérindiens :


Il n'y a pas si longtemps que des pensées aussi caricaturales de l'autre ont été abandonnées dans la culture populaire, ne serait-ce que parce que le monde est de plus en plus en intercommunication et que cet autre revendique une image plus actuelles et non-stéréotypée de sa culture. Au Québec par exemple, on dit souvent que les québécois se sont ouverts sur le monde lors de l'Expo 67, ce qui est assez récemment en considérant l'histoire du monde. Mais encore dans les années 80, dans des émissions de télévision comme Rock et Belles Oreilles, on avait au Québec des représentations assez stéréotypées de l'étranger. D'ailleurs, RBO ont souvent affirmé qu'ils n'auraient jamais pu faire ce qu'ils ont fait comme humour de nos jours, les sensibilités quant à la représentation de l'autre étant plus mises de l'avant de nos jours.


On ne se surprendra pas dans cet ordre d'idée de voir qu'une équipe de hockey d'une petite ville de Saskatchewan a décidé dans les années 70 d'utiliser comme emblème un guerrier arabo-musulman afin de montrer qu'ils sont une troupe de valeureux guerrier qui peuvent détruire tout sur leur passage. L'idée n'était mauvaise à l'origine, mais elle retourne au final à une idée stéréotypée des peuples arabo-musulmans. On ne se surprendra pas non plus de savoir que l'équipe a abandonné dans les années 90 ce logo en tant que logo principal pour adopter un logo représentant un pirate qui n'est pas sans rappeler le logo "Bruce Bucs" des Buccaneers de Tampa Bay et se rapprochant plus de celui des légendaires Raiders d'Oakland de la NFL, le pirate faisant des raids étant moins chargé au niveau des significations que l'autre logo : 

Ce changement de logo entre dans un mouvement en Occident d'atténuation des représentations stéréotypées de l'autre. Si je reviens par exemples aux représentations caricaturales de Disney. Dans les DVD qui ont été publiés il y a quelques années avec tous les courts métrages de Disney, lorsqu'on retrouve des représentations de l'autre qui peuvent choquer certains auditeurs par leurs aspects caricaturaux comme dans le film présenté plus haut, un petit avertissement fait par l'historien Leonard Maltin est faite avant le film. Collection de DVD très intéressante, en passant...

Pour illustrer autrement ce changement dans les représentations de l'autre dans le sport, prenons l'exemple de l'iconographie de l'autochtone dans le sport. Dans les années 80, beaucoup d'équipes sportives ayant des amérindiens comme iconographie (Redskins de Washington, Indians de Cleveland...) ont été fortement critiquées. C'est pourquoi les Black Hawks de Chicago, par exemple, ont changé le nom de l'équipe de Black Hawks à Blackhawks afin de décharger le nom de l'équipe de la représentation éréotypée des amérindiens, Blackhawks ayant été le nom du bataillon du fondateur de l'équipe, Frederic McLaughlin, durant la Première Guerre mondiale et non le nom du chef le la nation Sauk et Fox, tribu de l'Illinois, au 19e siècle lorsque les deux noms sont séparés. 

Ce sont des signes du temps. Nous sommes à une époque où en un clic une allusion à l'autre peut occasionner des crises, vous n'avez qu'à regarder l'actualité d'aujourd'hui. Je ne suis pas ici pour dire si c'est pour un bien ou pour un mal, mais on voit que la représentation de ce qui est différent de nous a changé depuis quelques décennies. Il n'est donc plus accepté socialement de représenter une culture d'une manière stéréotypée parce qu'elle est souvent erronée ou exagérée... 

Vous n'êtes d'ailleurs pas un bûcheron québécois vivant dans le fond des bois en manches courtes se gavant de sirop d'érable entre deux coups de hache... (En fait, si vous l'êtes, vous avez plus que mon respect, en tant que fier descendant de bûcherons du Saguenay!)


En ce sens, l'histoire sémiotique des Raiders de Prince Albert est très représentative de ce changement des mentalités en Occident...

Ah, et oui, les Raiders portent toujours le vieux logo sur leur épaule...