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lundi 4 avril 2022

Les excursions LVEUP 2021-22 #10 - Lions de Trois-Rivières ECHL

 
 

Voici notre 10e excursion LVEUP 2021-22 où je vous le rappelle notre mission divine, soit d’aller voir, moi et mes collègues, le plus de niveaux de hockey différents durant la saison. Donc après le collégial (RSEQ), la LHJMQ, la LHJAAAQ, l'universitaire (Usports), la AHL, le Junior A, AA et B, le juvénile D1 et la LNH, il ne nous restait que très peu de niveaux à cocher sur notre liste. 

Cependant, le niveau quelque peu à l'origine de ce projet demeurait toujours non-complété et cela tombe parfaitement à point pour ce 10e compte-rendu alors que la ECHL, toute nouvelle au Québec, était non seulement sur notre liste mais on se prévoyait depuis longtemps d'en profiter pour faire un sommet LVEUP entre les collaborateurs du blog. Le timing était donc parfait en ce samedi 2 avril dernier, lors d'un match d'après-midi contre les Royals de Reading. 

Donc en plus de nous donner la rare chance de nous réunir entre puckeux et d'arrondir à 10 nos excursions, est-ce que le match allait être à la hauteur de nos attentes?

Comme le match avait lieu à 15h, on a décidé de se réunir avant pour dîner à la Microbrasserie Archibald de Trois-Rivières, moi RaySheppard, keithacton, Kirk McLean et PetePeeters. Il manquait malheureusement notre Martin ITFOR national qui ne pouvait faire le voyage. C'était moi qui avais le plus de route à faire, soit environ 4 heures entre Alma et Trois-Rivières. Kirk partait de Victoriaville tandis que Pete et Keith faisaient la route ensemble à partir de Montréal. Je suis quand même arrivé le premier, battant mes collègues de 5-10 minutes... Ma blonde me surnomme d'ailleurs le «Time Master» par mon habileté légendaire à bien estimer le temps et les distances...

Donc après notre copieux dîner, une bonne bière et s'être échangé quelques cartes, nous avons gagné le site du tout nouveau Colisée Vidéotron de Trois-Rivières pour ce match tant attendu où nous pourrions finalement découvrir cette ligue. En plus de notre anticipation, j'avais aussi bien préparé le terrain durant les mois précédents avec ma longue série sur l'histoire de la ECHL et ses nombreuses équipes. Après avoir parlé autant de la «East Coast», j'avais vraiment hâte d'y mettre les pieds pour de vrai.

Le Colisée est situé dans un quartier en plein développement donc on comprend que c'est présentement un peu vide aux alentours. La signalisation est d'ailleurs encore un peu déficiente au niveau du stationnement dans les environs. Alors que je tentais de trouver un spot, j'ai pris la rue qui mène devant l'entrée principale et un employé de la ville m'a engueulé parce que c'était le chemin seulement pour les stationnements VIP... JE LE SAIS TU MOÉ??? C'est pas indiqué, connard... Moi qui tentais de trouver une borne électrique pour mon char (il y en a d'ailleurs juste 2 apparemment... chose à corriger), j'ai laissé faire assez rapidement... Mais il faut bien dire que l'accès à l'aréna est vraiment facile, surtout par l'autoroute 40.


 
Nos sièges

Prochaine fois... pas à côté du garde...

Les Royals sont affiliés aux Flyers, logo sur l'épaule et bande orange à l'appui



Du «cheap labour» pour nettoyer la glace durant les pauses


Un match Lions contre... Lions
 

Bref, malgré ce léger contretemps, j'ai retrouvé mes collègues à leurs sièges et nous avons pu admirer ce très bel amphithéâtre qui sent encore le char neuf. L'aréna est moderne mais on retrouve quand même un certain cachet intimiste. Nous avions acheté des billets dans la 4e rangée du côté des visiteurs, mais on trouvait qu'on aurait pu acheter des billets plus reculés et avoir une meilleure vue, pour le même tarif... La capacité est de 4390 places (contrairement aux 6000 que je m'attendais) et il y avait 3315 personnes lors de ce match. 

Il y a un bel écran indicateur moderne et des écrans panoramiques dans le haut, toutes des choses modernes imitant les ligues majeures. C'est d'ailleurs un peu dérangeant ce côté «on sait qu'on est pas la LNH ni le Canadien» mais on est quand même «su'a coche». C'est peut-être parce que le tout est moussé à la saveur de popcorn Vidéotron/Québécor où la promotion et «l'auto-flattage» sont vraiment trop mis à l'avant-plan. Des entrevues et des capsules avec les joueurs à l'écran (où on entendait d'ailleurs très mal), un animateur de foule fatiguant, etc... Personnellement c'est pas vraiment ce que je recherche... Mettez-moi juste des petites musiques d'orgues et des Go!Lions!Go! et c'est ben assez. Aussi, parlant de Videotron, ni moi ni mes collègues avions une bonne connexion internet nulle part dans l'aréna. Moi avec Telus, PetePeeters avec Bell et même Kirk McLean pourtant avec Videotron... J'ai dû tenter pendant une bonne demi-heure de faire une Story sur Instagram avant d'abandonner. Elle s'est finalement uploadé une fois dans mon auto après le match...

Mais bref tout ça c'est pas trop grave. Tant qu'on a un bon match à se mettre sous la dent.

Est-ce qu'on a eu un bon match?

Euh... Non.

Ça s'est terminé 2-1 pour les Royals, les meneurs de la section nord, durant ce deuxième match en trois jours de ce «programme triple» à Trois-Rivières. Ils avaient également gagné la veille par la marque de 5-1. 

Des fois un match de 2-1 ou 1-0 peut être la chose la plus excitante au monde mais ce n'était pas vraiment une de ces fois en ce samedi après-midi. D'ailleurs il y avait ce «je-ne-sais-quoi» qui semble faire la différence entre un match pépère d'après-midi et un match excitant en soirée. En fait je me sentais plus dans une ambiance de dimanche matin... Le jeu était assez décousu chez les Lions, malgré un barrage de 37 tirs de leur part. L'effort y était mais il manquait définitivement une étincelle. Il faut dire que les Royals ont la réputation d'être des experts dans l'art d'étouffer le jeu et on en a eu une bonne démonstration. Leur gardien était aussi excellent et il s'est d'ailleurs mérité la première étoile. 

Durant la 3e période, moi et mes collègues étions davantage en mode jasette qu'en mode d'écoute attentive du match... Durant une intermission, l'animateur de foule a procédé à un concours de style «the Price is Right» où des fans devaient deviner des prix d'articles de la circulaire des supermarchés Métro. Genre une bouteille de ketchup à 5$ ou un 6 pack de Pepsi à 6.99$... C'était très divertissant et en blague j'ai lancé que c'était le meilleur moment du match... mes collègues ont éclaté de rire, ce qui venait confirmer tragiquement le tout.

On a quand même eu droit à un but des Lions mais ce n'était vraiment pas un but d'anthologie...



On croyait même que le but serait refusé... et on n'aurait pas eu grands arguments contre...

À la défense des Lions qui ont quand même fourni un bel effort, ils ont eu jusqu'à maintenant un ahurissant total de 83 joueurs dans l'alignement durant la saison... gracieuseté de cette saison Covid. Difficile de créer des lignes stables de joueurs qui se connaissent dans un tel scénario.

Bref malgré quelques mauvais côtés c'était tout de même une belle expérience que de goûter à cette fameuse ECHL. Un match de hockey c'est jamais totalement plate et on pense même répéter l'expérience de ce sommet LVEUP l'an prochain (ou même avant qui sait?). On est content pour Trois-Rivières d'avoir leur nouvel aréna et du hockey professionnel qui vient ajouter à une diversité qui manquait cruellement dans la province. En plus à 28$ le billet c'est très bon marché. 

On semble d'ailleurs être tombé sur un mauvais match puisque la troupe d'Éric Bélanger s'est vengée de ses deux défaites consécutives en remportant le 3e match contre les Royals le dimanche soir par la marque de 4-3. De plus les spectateurs pouvaient demeurer en place gratuitement après le match pour visionner celui des Patriotes de l'UQTR en finale du championnat universitaire canadien sur l'écran géant... Mais anyway je n'aurais pas pu rester pour ça alors que le match des Patriotes se termina tard en 2e prolongation et que je travaillais le lendemain donc avec mon 4 heures de route on aurait oublié ça.

C'est donc ce qui complète cette 10e excursion LVEUP en 2021-22. Malgré la Covid qui est venue brouiller les cartes, on a quand même réussi à clancher les principaux niveaux d'importance disponibles au Québec et dans nos régions respectives. Personnellement il ne me reste que très peu de temps pour voir les Marquis dans la LNAH, je pense y aller ce vendredi alors qu'ils sont présentement en séries contre les Pétroliers de St-Jérome (égalité de 2-2 dans la série). Sinon j'ai en vue le fameux Tournoi Provincial Midget d'Alma qui se déroulera cette année exceptionnellement en mai, contrairement au mois de janvier. Et peut-être les Sags qui sait... même si Kirk McLean a vu ses Tigres.

Donc à la revoyure. On a des gros projets sur la planche pour vous bientôt...


Les excursions LVEUP 2021-22 (avec la liste de niveaux potentiels):

** RaySheppard **
Juvénile D1
ECHL

LHJMQ
LNAH
M18AAA
JMS - Ligue de hockey Midget Saguenay Lac-St-Jean


** KirkMcLean **
Collégial 2e division
Ligue Régionale de hockey (Senior A) - Cougars de Warwick
LNAH - Assurancia de Thetford Mines
LHJQAAA - Titan de Princeville
LHSAAAQ - Métal Pless de Plessisville
LNH ?

**KeithActon**


mardi 29 mars 2022

Démantèlement d'une équipe championne : Stars de Dallas 1999


 


J'ai parlé dans le passé du démantèlement d'équipes championnes de la coupe Stanley comme les Flames de 1989 ainsi que les dynasties des Oilers et des Islanders. Mais aucune de ces équipes ne m'a jamais autant intrigué que les Stars de Dallas de 1999.

En fait, c'est pas tellement la manière dont ils furent démantelés qui m'intrigue, mais davantage la manière dont un tel groupe de joueurs disparates fut assemblé au départ. Un parfait mélange d'acquisitions coûteuses, de choix au repêchage, de plombiers et de vétérans expérimentés... le tout avec une petite touche «Vintage Bob Gainey»...

À l'aube de la saison 1998-99, les Stars en étaient à leur sixième saison au Texas suite au déménagement du Minnesota en 1993. Ils venaient de récolter leur premier trophée du Président avec une récolte de 109 points en 1997-98, suite à quoi ils s'inclinèrent en finale de conférence contre les Red Wings. La table était donc mise pour les prochaines séries, où les Stars continuèrent sur leur lancée et étaient de retour au sommet avec un deuxième trophée du Président consécutif, avec un record de franchise de 51 victoires. Les Stars connurent ensuite un meilleur dénouement en séries, éliminant d'abord les Oilers, les Blues et ensuite l'Avalanche avant de disposer des Sabres en 6 matchs pour remporter la finale.

En plus de la Coupe et un 2e trophée du Président chez les Stars, Jere Lehtinen remporta un deuxième trophée Selke (le premier l'année précédente) tandis qu'Ed Belfour et Roman Turek se partagèrent le trophée William Jennings pour la meilleure moyenne de buts accordés.

Bob Gainey, ex-coach

Au coeur de cette équipe, nous retrouvions le directeur-général Bob Gainey qui était en place depuis la saison 90-91 au Minnesota comme entraîneur-chef, suite à quoi il occupa également la fonction de DG à partir de janvier 1992. Il décida toutefois d'abandonner le titre d'entraîneur durant la saison 1995-96 afin de passer le flambeau à Ken Hitchcock. Jusque-là, les Stars (et North Stars) étaient plutôt moyens, n'ayant récolté qu'une seule saison de .500 en 93-94. Même la présence en finale surprise des North Stars de 1991 était un coup de chance, alors que le nombre d'équipes à l'époque faisaient en sorte qu'on pouvait se faufiler en séries malgré une fiche déficitaire. Les North Stars de 90-91 avaient alors terminé derniers de leur section avec une fiche de 27-39-14, mais connurent un parcours Cendrillon jusqu'en finale contre les Penguins.

Joe Nieuwendyk

Donc, libéré de ses fonctions d'entraîneur, Gainey se mit au travail comme DG à temps plein. Il eut particulièrement plus d'aisance avec l'arrivée d'un nouveau propriétaire en 1996 qui était prêt à accorder plus de budget envers les joueurs.

J'ai pensé diviser le travail de Gainey en analysant l'équipe championne de 1999 que j'ai divisée en 4 catégories:

1. Les gros coups sur le marché des échanges et des joueurs autonomes:

  • Joe Nieuwendyk (C) des Flames en décembre 1995 en retour de Jarome Iginla et Corey Millen
  • Darryl Sydor (D) obtenu des Kings en février 1996 en retour de Shane Churla et Doug Zmolek
  • Sergei Zubov (D) des Penguins en juin 1996 en retour de Kevin Hatcher. (un vrai vol)
  • Pat Verbeek (AD) comme joueur autonome en juillet 1996
  • Ed Belfour (G) comme joueur autonome en juillet 1997
  • Brett Hull (AD) comme joueur autonome en juillet 1998

2. Un excellent noyau de joueurs repêchés et développés par l'équipe au fil des années:

  • Mike Modano (C) 1er choix au total en 1988
  • Derian Hatcher (D) 8e choix au total en 1990
  • Roman Turek (G) choix de 6e ronde en 1990
  • Richard Matvichuk (D) 8e choix au total en 1991
  • Jere Lehtinen (AD) choix de 4e ronde en 1992
  • Jamie Langenbrunner (AD) choix de 2e ronde en 1993

3. Catégorie spéciale que j'appelle «Les anciens chums de Gainey à Montréal»:

  • Craig Ludwig (D) obtenu des Islanders en juin 1991 contre Tom Kurvers
  • Guy Carbonneau (C), obtenu des Blues en octobre 1995 contre Paul Broten
  • Mike Keane (AD) et Brian Skrudland (C), obtenus ensemble des Rangers en mars 1998 contre Bob Errey et Todd Harvey.

4. Le reste des échanges, signatures mineures et joueurs repêchés:

  • Grant Marshall (AD) joueur autonome en 1995
  • Jonathan Sim (AG) choix de 3e ronde en 1996
  • Brad Lukowich (D) obtenu des Islanders en juin 1996
  • Dave Reid (AG) joueur autonome en 1996-97
  • Shawn Chambers (D) joueur autonome en 1997-98
  • Tony Hrkac (C) obtenu des Predators en juin 1998
  • Blake Sloan (AG) joueur autonome en 1998
  • Brett Severyn (D) joueur autonome en 1998
  • Doug Lidster (D) joueur autonome en 1999
  • Derek Plante (C) obtenu des Sabres en mars 1999
  • Benoit Hogue (AG) obtenu du Lightning en mars 1999


 

C'est donc avec ce groupe particulier que les Stars remportèrent la coupe de 1999, une finale entachée à jamais par le but légal/illégal de Brett Hull en prolongation lors du 6e match. D'ailleurs l'acquisition de Hull semble avoir été l'élément qui manquait aux Stars l'année précédente. 

J'aimais particulièrement ce côté agressif de Gainey sur le marché des joueurs autonomes.
1996: Bam! Pat Verbeek.
1997: Bam! Ed Belfour.
Pas assez?
1998: Bam! Brett Hull.

Difficile de faire mieux.

Alors avec une équipe presque parfaite, les autres changements pour l'édition 1999 furent les acquisitions mineures de vétérans comme Tony Hrkac, Doug Lidster, Benoit Hogue et Derek Plante, ces deux derniers à la date limite des transactions. Hogue faisait toutefois un retour à Dallas alors qu'il y avait joué de 1995-96 à 1997-98. Il avait signé avec le Lightning durant l'été mais Gainey semblait s'ennuyer de la profondeur et du leadership qu'il amenait aux Stars. Il le ramena donc au bercail en retour du défenseur Sergei Gusev.

Cela nous donna tout un mélange intéressant de vétérans... et très peu de jeunesse, le plus jeune étant Jamie Langenbrunner à 23 ans. À cette époque, la LNH n'était véritablement pas une ligue de jeune. On avait définitivement plus tendance à se vieillir qu'à se rajeunir... Par exemple; Dave Reid, acquis en 1996 comme joueur autonome, était un choix des Bruins en 1982...

C'est un peu la même recette que les Red Wings recréèrent (et améliorèrent) en 2002, avec Brett Hull encore une fois...

 

LE DÉMANTÈLEMENT

Après cette conquête de 1999, l'équipe toujours dominante retourna en finale la saison suivante mais s'inclina toutefois contre les Devils. Le noyau de l'équipe était pratiquement intact avec seulement quelques pièces de rechange au travers, mais on pouvait déjà voir le démantèlement s'effectuer rapidement entre la finale de 1999  et celle de 2000:

  • Pat Verbeek quitta comme agent libre avec les Red Wings à l'été 1999.
  • Craig Ludwig et Doug Lidster prirent leur retraite.
  • Roman Turek fut échangé aux Blues.
  • Dave Reid signa avec l'Avalanche.
  • Tony Hrkac signa avec les Islanders
  • Benoit Hogue signa avec les Coyotes.

Quelques recrues se greffèrent avec l'équipe pour l'édition 99-00 dont Brendan Morrow, Roman Lyashenko et le gardien Manny Fernandez. Et Gainey amena encore une fois d'anciens membres du CH en renfort, dont Kirk Muller comme agent libre ainsi que Scott Thornton (contre l'éternel Juha Lind) et Dave Manson. Il fit également l'acquisition du vétéran défenseur Sylvain Côté à la date limite des transactions en retour de Derek Plante

Après cette 2e présence de suite en finale, on vit d'autres joueurs partir à la retraite:

  • Guy Carbonneau
  • Brian Skrudland
  • Shawn Chambers

Guy Carbonneau

Les Stars demeurèrent compétitifs en 2000-01 avec plus ou moins le même noyau sans véritables acquisitions majeures à noter. L’hécatombe se produisit toutefois à la saison 2001-02 avec les mouvements majeurs suivants:

  • Brett Hull signa comme agent libre avec les Red Wings durant l'été 2001.
  • Mike Keane signa avec les Blues durant l'été 2001.
  • Grant Marshall signa avec les Blue Jackets durant l'été 2001.
  • Joe Nieuwendyk et Jamie Langenbrunner furent échangés aux Devils en mars 2002 (en retour de Jason Arnott, Randy McKay et un choix de première ronde).
  • Ed Belfour signa avec les Maple Leafs à l'été 2002.
  • Brad Lukowich signa avec le Lightning à l'été 2002.

Après avoir décidé de ne pas exercer la dernière année d'option du contrat de Hull, ce dernier signa avec les Red Wings. Maintenant dans un nouvel aréna, les Stars n'allaient nulle part durant la saison 2001-02 et allaient rater les séries, ce qui les poussa à se départir de Nieuwendyk et Langenbrunner à la date limite des transactions. Ironie du sort, ils obtinrent celui qui marqua le but vainqueur pour les Devils lors de la finale de 2000, Jason Arnott... L'entraîneur Ken Hitchcock fut également licencié durant cette fatidique saison. Ensuite, Belfour quitta pour signer avec les Maple Leafs.

 

Ed Belfour

Ensuite, trois autres morceaux de longue date à la défense quittèrent lors des saisons suivantes:

  • Le capitaine Derian Hatcher signa avec les Red Wings pour la saison 2003-04.
  • Darryl Sydor fut échangé aux Blue Jackets contre Mike Sillinger durant l'été 2003.
  • Richard Matvichuk signa avec les Devils en 2005-06.

Quelques saisons plus tard ce fut ensuite le départ des derniers survivants de cette équipe championne de 1999:

  • Sergei Zubov quitta pour la KHL après la saison 2008-09 et se retira peu après.
  • Darryl Sydor fit deux retours avec les Stars, d'abord en 2006-07 et une autre saison en 2008-09. Il signa ensuite avec les Blues en 2009-10.
  • Jere Lehtinen prit sa retraite après la saison 2009-10. Il avait gagné un 3e trophée Selke en 2003.
  • Mike Modano, le visage de la franchise depuis plus de deux décennies, quitta finalement Dallas après la saison 2009-10 et joua une dernière saison à Detroit en 2010-11 avant de prendre sa retraite.
  • Jamie Langenbrunner fit un retour avec les Stars lorsqu'il fut rapatrié des Devils durant la saison 2010-11. Il signa ensuite avec les Blues la saison suivante. Il fut le dernier joueur actif de cette édition 1999, se retirant après seulement 4 matchs au début de la saison 2012-13.


Donc au tournant de la décennie suivante, l'équipe avait naturellement un tout autre visage avec maintenant des joueurs comme Jamie Benn, Mike Richards, Mike Ribeiro, Stéphane Robidas et Kari Lehtonen dans les buts. 

Ils se faufilèrent en finale en 2020 dans une cause perdante contre le Lightning. Il s'agissait de la 5e présence en finale de l'équipe en incluant les années au Minnesota (1981, 1991, 1999, 2000 et 2020).

Bob Gainey revint brièvement avec les Stars après son parcours moins glorieux comme DG des Canadiens. Il devint consultant pour les Stars en 2012 mais quitta pour occuper le même poste avec les Blues en 2014.

samedi 26 mars 2022

D'un autre angle #7 : Maurice Richard et Sugar Henry


 

 

Re-bienvenue à cette série où je vous montre quelques-uns des plus grands moments photographiés de l'histoire du hockey vus sous un autre angle.

Une autre des photographies les plus célèbres de l'histoire du hockey fut prise au Forum de Montréal le 8 avril 1952 lors du 7e match de la demi-finale de la Coupe Stanley entre les Bruins de Boston et le Canadien. C'est durant ce match que le légendaire Maurice Richard marqua ce qui selon plusieurs fut son plus beau but en carrière.

Alors que les deux équipes étaient à égalité à 1-1, Richard tenta une montée en territoire ennemi. En tentant d'éviter de défenseur Hal Laycoe, il ne vit pas apparaître l'autre défenseur des Bruins Léo Labine qui plaqua solidement Richard. Ce dernier reçut un coup de bâton et ensuite un coup de genou au visage, ce qui l'envoya violemment sur la glace. Après avoir perdu connaissance et avoir retraité au vestiaire, il revint héroïquement au jeu en troisième et alors que l'égalité perdurait toujours, il effectua une montée avec moins de 4 minutes à faire et déjoua le gardien Jim «Sugar» Henry avec un but d'anthologie. Ce but devint le filet décisif et après la fin du match, lors de la poignée de mains entre les deux équipes, un photographe captura cette célèbre photo où Jim Henry s'incline devant un Maurice Richard ensanglanté.




Cette photographie est une des plus célèbres de Richard et de l'histoire du hockey en général. Elle a même été recrée dans le film Maurice Richard, paru en 2005.




Vous avez donc probablement vu cette photo dans le passé et entendu parler de cet autre épisode légendaire de la carrière de Maurice. Mais voici cette photo vu d'un autre angle:

Premièrement, parlons du but menant à cette fameuse poignée de main. Malheureusement il n'existe pas d'archives vidéos de ce but (selon mes moyens) mais on retrouve plusieurs photographies. C'est d'ailleurs davantage ce but qui fut illustré sous différents angles dans les journaux le lendemain et non pas le célèbre cliché Richard/Henry.





Ce photographe était moins bien positionné mais ça nous donne quand même un angle intéressant...


Ensuite et bien lorsque la fameuse photographie de Richard serrant la main à Jim Henry a été prise, c'est normalement la photo suivante que vous avez pu voir.




Cependant cette photo n'était pas cadrée telle quelle à l'origine. Voici la photo intégrale:




On peut y voir non seulement Richard et Henry mais aussi une bonne partie de cette cérémonie de félicitations d'après série. On voit qu'il s'agissait plus d'un «free for all» que la traditionnelle rangée de poignées de main que l'on retrouve de nos jours.

Je me demande ce que le joueur du CH derrière Maurice est en train de dire...

Ensuite je n'ai pas trouvé d'autres «angles» de cette fameuse photo mais quand même d'autres photographies de ces mêmes célébrations d'après-match:




D'abord Henry avec le gardien du Canadien Gerry McNeil. On voit qu'avec ce dernier il n'avait pas à s'incliner...




Ici on voit Maurice avec son père dans le vestiaire après le match. Et à droite on voit une photo du premier but du match, celui d'Eddie Mazur (#23) du Canadien.
 


Un autre cliché de Maurice avec son père et ensuite de sa rencontre avec le président du club Donat Raymond où il éclata en sanglots. Une scène qui fut d'ailleurs recréée dans le film.


Ici on peut voir une photo de Maurice étendu sans connaissance sur la glace après l'impact violent qu'il venait de subir.


Ensuite et bien c'est principalement la photo principale qui demeure célèbre de nos jours. Elle a été immortalisée en peinture à plusieurs reprises:
 





«Sugar» Jim Henry est décédé 4 ans après le Rocket, dans sa ville natale de Winnipeg en 2004 à l'âge de 83 ans. Il a toujours été lié à cette photographie et a d'ailleurs toujours été honoré d'avoir pu être immortalisé de la sorte aux cotés d'un joueur légendaire comme Maurice Richard. Il avait même lui aussi une reproduction de cette photo célèbre à sa résidence:
 
 

 

Sources:
The legend of Sugar Jim, Winnipeg Free Press, 8 sept. 2020
Le Canada, 10 avril 1952
La Patrie, 9 avril 1952
La Presse 9 avril 1952


jeudi 24 mars 2022

Bernie Morris


Originaire du Manitoba et orphelin à l’âge de 8 ans, Bernie Morris fit tout de même son chemin jusque dans la PCHA (Pacific Coast Hockey Association). Après une saison 1914-15 avec les Aristocrats de Victoria où il fut blessé, il se retrouva avec les Metropolitans de Seattle. Il prit son erre d’aller avec la nouvelle équipe, où ses 32 buts en 18 matchs lui assurèrent le plus haut total de la ligue, en plus d’être le deuxième pointeur de la ligue derrière Cyclone Taylor.

Ce ne fut que partie remise pour la saison 1916-17, où Morris accumula 54 points en 24 matchs, lui permettant ainsi de remporter le championnat des compteurs de la PCHA.

Leur fiche de 16-8 a permis aux Metropolitans de terminer en tête et de se procurer ainsi un billet pour la finale de la Coupe Stanley contre les champions de la Ligue nationale. Ce furent les vainqueurs de la Coupe de l’année précédente, les Canadiens de Montréal, qui eurent le privilège de traverser le continent et de disputer la première finale en sol américain. (Les transports de l’époque ne permettant pas d’alterner, la finale devaient alors se fixer à un seul endroit, une année dans l’est et l’autre sur la côte ouest.)

Après une première défaite, Seattle a pris son rythme et n’a plus regardé derrière. Les Mets ont remporté les trois matchs suivants et le titre. Morris fut d’ailleurs aux premières loges de ce triomphe, alors qu’il marqua 14 des 23 buts de son équipe. Le dernier match se termina alors par la marque de 9-1, où il en compta 6.

Pour la saison 1917-18, les Metropolitans terminèrent à nouveau au premier rang, mais ils durent faire face à une nouveauté pour la PCHA : une série éliminatoire. Malheureusement pour eux, ils s’inclinèrent devant les Millionaires de Vancouver. Sur une base individuelle, Morris termina deuxième meilleur pointeur, encore une fois derrière Cyclone Taylor, de Vancouver.

En 1919, le même scénario s’est répété sur une base individuelle (Taylor meilleur pointeur, Morris deuxième), mais il a été inversé au niveau des équipes (Vancouver premier mais s’inclina devant Seattle en séries).

C’est toutefois à ce moment que les choses se sont corsées. Alors que Seattle s’apprêtait à recevoir les Canadiens pour jouer la finale, Morris fut arrêté par l’armée américaine. Comme il ne s’était pas rapporté pour la conscription, il fut accusé de désertion. Étant citoyen canadien, Morris évoqua qu’il n’avait pas à se rapporter. De plus, lorsque son avis fut livré à son domicile, il mentionna qu’il était à Vancouver pendant la saison estivale, ne pouvant ainsi pas en prendre connaissance et demander sa dispense. Toutefois, comme il avait affirmé plus tôt dans l’année au cours du procès de son divorce qu’il résidait à Seattle à temps plein, l’armée américaine en arriva à une autre conclusion. Il fut donc emprisonné et condamné en cour martiale à deux ans de prison aux travaux forcés à Alcatraz. (Il ira finalement dans une autre prison militaire.)

Les Metropolitans durent donc disputer la finale sans leur vedette offensive. Après cinq matchs, il y avait égalité (deux victoires de chaque côté et une nulle). Toutefois, à ce moment, la deuxième vague de l’épidémie de grippe espagnole frappait. Chez les Canadiens, il y eut entre autres Odie Cleghorn, Newsy Lalonde, Louis Berlinguette, Bert Corbeau, Billy Coutu et le propriétaire George Kennedy qui furent affectés à des degrés divers. Mais on se souviendra surtout que l’épidémie fut fatale pour Bad Joe Hall, qui mourut une semaine plus tard. Kennedy ne se rétablit jamais vraiment et décéda en 1921. Les Canadiens déclarèrent forfait, mais l’entraîneur de Seattle, Pete Muldoon, refusa de remporter la Coupe ainsi. La finale fut donc annulée et la Coupe Stanley ne fut pas décernée pour la première fois. (La deuxième fois étant évidemment en 2005, l’année du lock out.) Est-ce que Seattle aurait pu clore la série avant que la pandémie ne fasse ses ravages si leur as Morris avait été là?  Nous ne le saurons jamais.

Du côté de Morris, sa sentence lui fit rater sa saison 1919-20. Ce n’est qu’en mars 1920 qu’il eut sa décharge. Il put tout de même se joindre alors aux Mets, qui avaient encore atteint la finale, mais ils se sont finalement inclinés devant les Senators d’Ottawa.

Morris joua trois autres saisons avec Seattle, tout en maintenant une bonne production offensive.

Il fut ensuite échangé aux Tigers de Calgary de la Western Canada Hockey League (WCHL). (On pouvait alors faire des échanges avec des équipes d’autres ligues.) Depuis sa création en 1921-22, les champions de la WCHL pouvaient affronter les champions de la PCHA, pour déterminer qui affronteraient ceux de la LNH. En 1924, les Tigers eurent le dessus sur les Capitals de Régina, ce qui leur donna le privilège d’affronter Vancouver. En vainquant ensuite les champions de la PCHA, Calgary put se rendre dans l’est, mais la Coupe lui échappa en s’inclinant ensuite devant les Canadiens de Montréal.

En janvier 1925, Calgary échangea Morris aux Maroons de Montréal de la LNH, qui le refilèrent immédiatement à la première équipe américaine de la ligue, les Bruins de Boston. L’expérience fut toutefois peu concluante, même au sein d’une équipe d’expansion. Il ne marqua qu’un but en six matchs et fut alors libéré par les Bruins.

Morris tenta l’expérience de la nouvelle California Hockey League en 1926, alors qu’il aida le Palais-de-Glace de Los Angeles à remporter le titre, avant de poursuivre sa carrière dans d’autres ligues de calibre inférieur. Il fut aussi brièvement entraîneur.

Il revint ensuite dans la région de Seattle et devint éleveur de dindes.

L’arrivée récente du Kraken à Seattle mit l’attention sur les exploits des anciens Metropolitans. Il fut alors question de l’absence de Morris du Temple de la renommée, malgré sa fiche de 154-76-230 en 163 matchs dans la PCHA. Toutefois, le fait que ses exploits datent d’il y a longtemps et qu’il n’a presque pas évolué dans la LNH, assorti d'un séjour en prison (peu importe les circonstances), rendent la chose peu probable. Et même à l’époque, sa personnalité peu charismatique n’a pas joué en sa faveur.

Il est décédé en 1963, à l’âge de 72 ans.

Sources :

Lalancette, Mikaël, Georges Vézina, l’Habitant silencieux, Les Éditions de l’Homme, 2021, pp.164-165, 196 à 198,

"Seattle Overwhelmed Canadiens and Landed Championship", March 27, 1917, Ottawa Citizen, page 8,

"Opening Stanley Cup Contest at Seattle Tonight", March 19, 1919, Edmonton Journal, page 19,

"Bernie Morris Sent To Prison For Two Years", April 13, 1919, Edmonton Journal, page 13,

"Seattle’s ill-fated Stanley Cup run of 1919" de Feliks Banel, April 3, 2019, MYNorthwest (mynorthwest.com),

"Local push is on to get Seattle Metropolitans star Bernie Morris into Hockey Hall of Fame" de Geoff Baker, The Seattle Times, October 17, 2019, The Seattle Times (seattletimes.com),

"When the Stanley Cup Was Canceled Because of a Pandemic" de Michael Weinreb, March 18, 2020, Smithsonian Magazine (smithsonianmag.com),

hockey-reference.com, wikipedia.org.