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mardi 31 mars 2026

Gagner le trophée Calder deux ans de suite


   

Ivan Demidov est en ce moment ex-aequo au premier rang des recrues de la LNH et figure donc parmi les favoris pour l'obtention du trophée Calder remis à la recrue de l'année. La lutte sera toutefois serrée car l'excellent Matthew Schaefer est à égalité ainsi que Beckett Sennecke des Ducks, tous les trois à 56 points au moment d'écrire ces lignes. Schaefer, défenseur et premier choix l'an dernier, semble toutefois le véritable favori. Est-ce que les faits saillants électrisants de Demidov feront davantage peser dans la balance? Si c'est le cas, le CH remporterait le trophée Calder pour une deuxième année de suite, ce qui est extrêmement rare, encore moins dans une LNH avec autant d'équipes ou de parité. 

Mais même avant cette époque moderne, c'était déjà très peu commun même à l'époque des «Original 6».

Voici les quelques équipes à avoir accompli ce fait depuis la création du trophée en 1932.

 

MAPLE LEAFS DE TORONTO - 1943, 1944, 1945
Gaye Stewart - Gus Bodnar - Frank McCool

La première fois qu'on eu droit à un «repeat» du Calder fut lors de la deuxième guerre mondiale avec en plus une troisième année consécutive chez les Maple Leafs. La seule fois de l'histoire qu'une équipe l'emporta trois ans d'affilée.

L'ailier droit Gaye Stewart l'emporta d'abord en 1943, suite à une saison de 47 points en 48 matchs. Il continuera de plus belle l'année suivante avec 37 buts, au premier rang des marqueurs de la ligue.

Son coéquipier Gus Bodnar ramena ensuite le Calder l'année suivante avec une saison de 44 points et le gardien Frank McCool compléta le triplé en 1945, année de consécration pour les Leafs et ces trois jeunes joueurs qui menèrent l'équipe à la victoire de la coupe au printemps 1945. McCool établit d'ailleurs le record toujours valide de trois blanchissages consécutifs en séries. Il fut également le premier gardien de l'histoire à avoir une passe enregistrée dans ses statistiques.

Après une autre victoire de la coupe en 1947, les Leafs procédèrent à une transaction majeure. Stewart, Bodnar, Bob Goldham, Ernie Dickens et Bud Poile prirent le chemin de Chicago en retour le l'attaquant vedette Max Bentley et Cy Thomas.

Quant à McCool, des problèmes d'ulcères majeures le forcèrent malheureusement à prendre sa retraite prématurément après la saison 1945-46.

Les Leafs remportèrent de nouveau le Calder après cette conquête de 1947 avec le jeune Howie Meeker.

Toronto eut quelques autres lauréats par la suite; Frank Mahovlich (1958), Dave Keon (1961) et Kent Douglas (1963). Leur plus récent lauréat fut Auston Matthews en 2017.

 

RANGERS DE NEW YORK - 1953, 1954
Gump Worsley - Camille Henry

Équipe de misère durant les années 40 et début des années 50, les Rangers commencèrent finalement à redevenir respectables au milieu de la décennie et sans aucun doute que cela eut lieu grâce à leur recrutement. Le gardien Gump Worsley devint une légende et Camille Henry fut lui aussi une grande vedette.

Depuis ce temps, les Rangers ne sont pas vraiment une équipe réputée pour le développement. C'est plutôt l'inverse alors qu'ils sont plutôt dans le camp d'aller signer des joueurs à gros prix ou faire de grosses transactions. Depuis ce doublé de 1953-54, ils n'ont eu que deux récipiendaires du Calder, soit l'attaquant Steve Vickers en 1973 et le défenseur Brian Leetch en 1989.

BRUINS DE BOSTON - 1967, 1968
Bobby Orr - Derek Sanderson

Les puissants Bruins de Boston des années 70 ont débuté leur parcours comme bien d'autres équipes, soit en remontant la pente après des saisons de misère et du recrutement hors-pair. Recruter le meilleur défenseur de tous les temps, ça aide bien sûr beaucoup. Mais l'ajout du centre Derek Sanderson l'année suivante fut un tour de force qui amena encore plus de punch à l'attaque des Bruins. On connait la suite pour le problématique Sanderson, mais à ses débuts, il était un digne lauréat du joueur le plus prometteur en 1968.

Les Bruins ont depuis remporté le Calder en 1980 (Raymond Bourque), 1998 (Sergei Samsonov) et pour la dernière fois en 2004 avec le gardien Andrew Raycroft. 

 

Le doublé des Bruins de 1967-1968 fut la dernière fois où l'on put voir la même équipe remporter le Calder deux ans de suite. Il y eut toutefois quelques cas à prendre en considération.

FLAMES D'ATLANTA / CALGARY - 1975, 1977, 1986, 1988, 1990
Eric Vail - Willi Plett, Gary Suter, Joe Nieuwendyk, Sergei Makarov

Il fut un temps bien lointain où le mot «Flames» rimait avec excellence en développement. Malgré que la première incarnation de l'équipe à Atlanta ne fit pas beaucoup de «flammèches», ils développaient très bien leurs joueurs, ce qui permit aux dirigeants de l'équipe de poursuivre sur de bonnes bases à Calgary. L'attaquant Eric Vail l'emporta en premier en 1975 avec une saison de 39 buts et sera un des meilleurs joueurs de l'équipe jusqu'en 1981. Le dur à cuire Willi Plett récidiva deux ans plus tard.

10 ans plus tard, avec l'équipe définitivement implantée à Calgary, les Flames remirent la main sur le Calder, en même temps qu'une participation en finale, avec la saison recrue de l'excellent défenseur Gary Suter. Le futur membre du temple Joe Nieuwendyk suivra en 1988. Tout ça aida l'équipe à finalement passer à un autre niveau en 1989, obtenant leur première et dernière Coupe Stanley à ce jour.

Ils remirent la main sur le Calder une dernière fois en 1990, et ce de manière controversée alors que le récipiendaire, Sergei Makarov, était alors âgé de 31 ans, ce qui ne faisait pas vraiment de sens avec le mot «recrue» puisqu'il évoluait parmi les meilleurs équipes en Russie et sur la scène internationale depuis plus de 10 ans. La LNH abaissa finalement l'âge limite à 26 ans. Le dernier récipiendaire à s'être autant approché de cette limite de 26 ans fut le gardien Evgeni Nabokov des Sharks en 2001, alors âgé de 25 ans.

ISLANDERS DE NEW YORK - 1974, 1976, 1978
Denis Potvin - Bryan Trottier - Mike Bossy


Pendant que les Flames recrutaient bien, les Islanders recrutaient encore mieux alors que les deux équipes s'alternèrent le Calder annuellement entre 1974 et 1978.

Dans le cas des Islanders et bien... ça a marché pas à peu près.

Les Islanders ont depuis gagné le trophée à deux reprises, soit en 1997 avec le défenseur Bryan Berard et plus récemment en 2018 avec Mathew Barzal. 

Est-ce qu'ils reprendront le trophée cette année avec Schaefer?

 

Depuis ce temps, la seule équipe à avoir véritablement dominé à l'obtention du Calder fut l'Avalanche du Colorado avec Gabriel Landeskog (2012), Nathan MacKinnon (2014) et Cale Makar (2020). 

dimanche 29 mars 2026

Bernie Saunders

 


C’est à Châteauguay qu’a grandi Bernie Saunders. Dans cette région, il a joué pour un entraîneur qui fera parler de lui par la suite, Jacques Demers. 

Sa famille déménagea toutefois à Ajax, près de Toronto. S’alignant avec les Panthers de Pickering, il croisa un autre entraîneur qui travaillera éventuellement dans la LNH, Sherry Bassin, qui sera plus tard assistant directeur-gérant chez les Nordiques, en plus d’être directeur-gérant du club école des As de Cornwall. 

Si Saunders avait vécu des situations de racisme auparavant, la situation empira avec Pickering, mais Bassin mobilisa son équipe derrière lui et alla même jusqu’à la retirer à une occasion, pour qu’on intervienne pour sortir l’adversaire fautif. Saunders, un jeune timide et discret, fut affecté par ces injures, mais il comprenait aussi que le meilleur marqueur de l’équipe n’aiderait pas les siens en passant plus de temps au banc des pénalités. 

 


Au moment d’atteindre le niveau junior, Saunders alla aux camps de Kingston et de Montréal, mais son père insista pour qu’il prenne la voie universitaire, un chemin qui demeurait moins fréquent à l’époque. Il choisit donc les Broncos de l’Université Western Michigan. Après quatre saisons à Kalamazoo, il devint le meilleur buteur de l’histoire du programme, même s’il fut souvent ciblé par ses adversaires. Son coéquipier, Neil Smith, qui sera plus tard directeur-gérant des Rangers et des Islanders, mentionna que, même s’il était conscient de ce qui se passait à ce moment, il n’avait pas réalisé à quel point Saunders était affecté.

Au repêchage de 1979, il fut ignoré. Il reçut par contre de l’intérêt de Détroit, Winnipeg, Québec et des Islanders. Voulant maximiser ses chances d’atteindre la Ligue nationale, il signa donc avec les Nordiques, qui se joignaient alors à la LNH et qui étaient à ce moment dirigés par son ancien entraîneur, Jacques Demers.

Saunders fut finalement assigné aux Firebirds de Syracuse, une équipe de la Ligue américaine qui servait de club école à Québec et à Pittsburgh et qui était dirigée par l’ex-Nordique Michel Parizeau. Saunders performa bien à ses débuts professionnels et eut même droit à un rappel par les Nordiques.

C’est donc le 19 mars 1980, au Chicago Stadium, qu’il fit des débuts dans la grande ligue. Il devint alors le cinquième joueur noir à l’atteindre, après Willie O’Ree, Mike Marson, Bill Riley et Tony McKegney. Ce grand moment fut toutefois terni par la pluie de ce qu’on appelle aujourd’hui de mots en ″n″ à chaque fois qu’il passait devant le banc des Black Hawks.

Le séjour de Saunders avec les Nordiques dura quatre matchs.

Au camp suivant, il pensait que la bonne performance qu’il y afficha le mettait en bonne position pour faire l’équipe. Il faut toutefois noter qu’avec Marc Tardif, Alain Côté, le robuste John Wensink et le nouveau venu Anton Stastny, il y avait beaucoup de compétition à l’aile gauche. Saunders fut donc retourné dans la Ligue américaine. 


Par contre, les Firebirds de Syracuse avaient cessé leurs activités. Les Nordiques tentèrent donc de les acquérir pour les installer à St-Jean, au Nouveau-Brunswick. Lorsque le plan échoua, ils durent donc loger leurs espoirs où ils purent. Saunders se retrouva alors avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, où les Canadiens préféraient faire jouer leur propre relève, qui comprenait entre autres Guy Carbonneau, Craig Laughlin et Dan Daoust, plutôt que les espoirs de leurs rivaux. Il eut donc peu de temps de glace.

Saunders fut tout de même rappelé en novembre. Il joua six matchs et obtint une passe sur un but de Marc Tardif au Colisée.

Lors de son retour avec les Voyageurs, il entendit un coéquipier qui venait de se battre avec un adversaire noir crier le mot en ″n″. Il voulut s’en prendre à lui, mais on l’empêcha. Un des entraîneurs lui expliqua alors que oui, il avait hurlé le mot en ″n″, mais que ce n’était pas destiné à lui, mais à l’autre. Saunders n’en croyait pas ses oreilles…

Saunders termina sa saison 1980-81 avec moins de points que l’année précédente (38 vs 40), tout en jouant plus de matchs (69 vs 38).

Au camp d’entraînement de l’automne 1981, Saunders fut à nouveau retranché. Les Nordiques avaient par contre maintenant un club école à eux, l’Express de Fredericton. L’entraîneur de celui-ci était Jacques Demers, qui tenta de convaincre son ancien joueur de le rejoindre en lui disant qu’ils retourneraient ensemble dans la LNH. Toutefois, Saunders en avait assez. Il demanda donc aux Nordiques de racheter son contrat. Il retourna ensuite dans la ville où il avait connu ses heures de gloire au niveau universitaire, en signant avec les Wings de Kalamazoo de la Ligue internationale.

Il y amassa 75 points en 70 parties et se fit un plaisir de brandir le poing lorsqu’il marquait un but, en signe du Black Power.

Frustré de la tournure des événements, il mit ensuite fin à sa carrière en brûlant ses patins et en jetant ce qui en restait dans un lac.

Il demeura au Michigan, où il se construisit alors une carrière dans l’industrie pharmaceutique, travaillant entre autres pendant 17 ans pour Upjohn.

Dans ses propos, il affiche une certaine sérénité, bien qu’on sente qu’un sentiment d’injustice demeure.  Quelle carrière aurait-il eu s'il avait été blanc?

Si pour lui, la page était tournée, il sentit, dans la foulée du sort réservé à George Floyd et du mouvement Black Lives Matter, le besoin de raconter son histoire. Il écrivit donc ″Shut Out : The Game That Did Not Love Me Black″, publié en 2021.

Aujourd’hui à la retraite, il habite maintenant en Caroline du Sud.

Son frère John, aussi joueur de hockey et aujourd’hui décédé, a connu une longue carrière comme commentateur à ESPN et à la diffusion des matchs des Raptors de la NBA.

Sources :

Cléroux, Benoît et Dumont, Pierre-Yves, Il était une fois… les Nordiques : 100 joueurs racontent, Éditions Sylvain Harvey, Québec, 2024, pages 174 à 176, 190, 201, 229 à 230,

″Bernie Saunders reflects on His Impact on WMU Hockey″ de Paul Morgan, February 6, 2020, WMU (wmubroncos.com),

″’I love the game, but the game didn’t love me’: How hockey shaped one of NHL’s first black players on and off the ice″ de Kamila Hinkson, February 22, 2020, CBC (cbc.ca),

″Color of hockey : Saunders wants to spread diversity message″ de William Douglas, May 11, 2020, (nhl.com),

″Bernie Saunders, NHL’s fifth Black player, opens up on racial discrimination″ de Peter Mendelsohn, June 19, 2020, Sportsnet (sportsnet.ca),

″Livre choc pour un ancien Nordique″ de Stéphane Cadorette, 12 juin 2021, Journal de Québec (journaldequebec.com),

″K-Wings Black Excellence Spotlight: Bernie Saunders″, February 5, 2025, (kwings.com),

hockey-reference.com.

samedi 28 mars 2026

La Collection de cartes LVEUP


  

Voici un projet que je peaufine depuis quelques mois et qui vient finalement d'être complété: la collection de cartes exclusive «La vie est une puck». Ça faisait un bon moment que je désirais concevoir ce projet et cet hiver qui s'éternise était le bon moment de réaliser tout ça.

Cette collection contient du contenu LVEUP à son meilleur. On a réussi à trouver une assez bonne quantité de photographies du domaine public qui se portaient merveilleusement bien à être adaptées sous forme de cartes de hockey. En écrivant les résumés sur ces joueurs et ces équipes au verso des cartes, je me suis rendu compte que l'ensemble de ces cartes représente bien le genre de contenu que La vie est une puck vous a habitué depuis plus de 15 ans. Pour plusieurs de ces joueurs, il s'agit probablement rien de moins que de leur première carte de hockey...

Cliquez ici pour accéder à notre boutique. 

Je ne veux pas «spoiler» l'ensemble des 50 cartes ici mais en voici une en détail pour vous donner un preview:




 On a ici le norvégien Bjørn Skaare, qui avait d'ailleurs eu droit à un texte de Martin ITFOR en 2010

Parmi ces 50 cartes, on retrouve bien sûr quelques membres du Temple de la Renommée, dont certains demeurent assez méconnus. Il y a beaucoup de joueurs de ligues mineures obscures et défuntes comme la Pacific Coast Hockey League, cette ligue mineure-pro de l'ouest nord-américain qui ne fit pas long feu dans les années 40. Il y a aussi plusieurs équipes et ligues défuntes qui sont bien représentées, comme l'ancienne Western Hockey League, la International Hockey League des années 20 et la ligue concurrente de la LNH à ses débuts, la Pacific Coast Hockey Association (PCHA). 

Il y a aussi bien sûr quelques équipes défuntes de la LNH comme les Pirates de Pittsburgh ou les Americans de Brooklyn. 

Il y a aussi des équipes comme les très éphémères Rockets de Philadelphie, qui n'ont existé que trois misérables saisons médiocres dans la AHL:


Donc j'espère que ce projet vous intéressera et que vous aurez l'envie de vous procurer cette collection unique en son genre. Je ne vous garantis pas que vous allez vous mettre riche (quoique on sait jamais), mais vous aiderez à encourager LVEUP dans nos divers projets et à continuer encore plusieurs années. Qui sait, peut-être y aura-t'il davantage de cartes dans une autre série dans le futur?  

Il n'y a qu'une petite quantité de copies de la collection pour l'instant et tout ça est assemblé à la main par moi-même, incluant l'emballage. La collection est disponible en paquets de 5 cartes (7,50$ + shipping) ou bien la collection complète de 50 cartes pour seulement 35$ (+shipping).

La collection vient dans un petit cahier style «duo-tang» en plastique rigide, comme ceci:

 

Ou, si vous ne désirez pas avoir la collection au complet, pensez à commander quelques paquets, le shipping n'est pas aussi dispendieux pour ces derniers:

Au plaisir de voir votre nom sur une enveloppe prochainement. Comme d'habitude, j'envoie également quelques petites surprises avec chaque commande...

Cliquez ici pour accéder à notre boutique.

mercredi 25 mars 2026

Joueur oublié des 90's #104 - Sergei Bautin



 


Né le 11 mars 1967 à Rogachyov, dans ce qui est aujourd'hui la Biélorussie, Sergei Bautin a fait ses armes dans la ligue soviétique, d'abord avec le Kristall Saratov en deuxième division, puis ensuite avec le puissant Dynamo de Moscou. C'est là qu'il a bâti sa réputation de défenseur à vocation défensive de premier ordre. Il n'obtenait presque pas de points (6 points en plus de 60 matchs) mais sa présence physique a aidé à remporter le championnat à deux reprises, en 1991 et 1992, au sein d'une équipe qui comptait également Alexei Kovalev, Alexander Karpovtsev et Darius Kasparaitis. 
 
Grand et robuste, il a aussi contribué à la performance de l'Équipe Unifiée qui a remporté quatre de ses cinq matchs lors du tour préliminaire des Jeux olympiques d'Albertville en 1992, ne s'inclinant que face à la Tchécoslovaquie. En séries éliminatoires, ils ont battu la Finlande, les États-Unis et enfin le Canada (3-1), décrochant une médaille d'or historique pour un pays alors en pleine transition.

Quelques mois plus tard, il a représenté la Russie (depuis ré-unifiée) au Championnat du monde, mais en peu de temps, l'ancienne Union soviétique était totalement démantelée et l'équipe a terminé cinquième. 
 
Les joueurs pouvant désormais s'expatrier librement en Amérique du Nord, Bautin a été repêché par les Jets de Winnipeg lors de l'été 1992 au 17ème rang au total. Trois de ses compatriotes et coéquipiers sur la scène internationale furent sélectionnés avant lui : Alexei Yashin (2ème), Kasparaitis (5ème) et Andrei Nazarov (10ème). Les Capitals de Washington ont également choisi Sergei Gonchar au 14ème rang.

À l'époque, demeurer en Russie n'était donc pas la priorité. Les clubs n'avaient plus les moyens de payer les joueurs, le pays traversait une crise majeure et la LNH pouvait enfin mettre la main sur ce qu'elle convoitait depuis des années, des joueurs de hockey russes. En conséquence, presque tout l'effectif du Dynamo Moscou a traversé l'Atlantique.

Bautin a donc rejoint les Jets pour la saison 1992-93. Pendant l'essentiel de ses deux premières années, il fut un élément stable, souvent jumelé à un autre Russe, Igor Ulanov, ou aligné sur le premier bloc aux côtés de Teppo Numminen. Contrairement à beaucoup de ses compatriotes, Bautin avait véritablement adopté le côté physique du jeu nord-américain, se révélant être un adepte des mises en échec solides. Cependant, des doutes subsistaient quant à sa qualité de patinage et sa vision de jeu ; il semblait souvent mal positionné ou accusait un temps de retard par rapport aux autres joueurs de son âge.

Sergei a signé un contrat de trois ans avec les Jets. Malgré le déracinement, son adaptation à sa nouvelle vie ne fut pas trop difficile, le club ayant également recruté Ulanov, le jeune centre Alexei Zhamnov (coix de 4e ronde en 1990) et Evgeny Davydov (12e ronde de 1989).
 
Sa saison recrue s'est plutôt bien déroulée. Il a inscrit un total respectable (et son meiller total à vie en une saison) de 5 buts et 18 mentions d'aide, assortis de 96 minutes de pénalité en 71 matchs, aidant les Jets à atteindre les séries éliminatoires où ils se sont inclinés en six matchs face aux Canucks de Vancouver. 
 
La saison 1993-94 fut beaucoup moins clémente. Le club décida d'échanger le défenseur vedette Phil Housley aux Blues de St. Louis contre Nelson Emerson et Stéphane Quintal, et la nouvelle brigade défensive des Jets ne parvint jamais à se replacer. Après un début de saison correct (6-3-1), une série catastrophique de 2 victoires, 20 défaites et 2 nulles en janvier et février a fait sombrer le club au dernier rang de la Conférence Ouest. 
 
Donc complètement hors du portrait, le 18 février 1994, les Jets ont conclu une transaction avec Detroit, envoyant Bautin et le gardien Bob Essensa aux Red Wings en échange de Dallas Drake et Tim Cheveldae.
 
Sous les nouveaux ordres de Scotty Bowman, les Wings commençaient à accumuler les joueurs russes dans l'idée de former cette fameuse unité complète de cinq joueurs. Avec Fedorov, Kozlov et Konstantinov comme piliers, il en fallait deux de plus : un défenseur et un attaquant. Bautin était initialement censé être ce second défenseur.

Cependant, les Wings ont immédiatement constaté un grave problème de condition physique chez Bautin. Il n'avait aucune endurance, était incapable de soulever son propre poids (185 livres) au développé couché (bench press) et était un gros fumeur, le Chicago Tribune rapportant même qu'il fumait deux paquets par jour. « Côté condition physique, il était tout en bas de notre organisation », a déclaré le directeur général de Winnipeg, John Paddock, après l'échange. « Il n'a aucune rapidité et aucune force. » Bautin ne joua qu'un match à Détroit en fin de saison et se blessa même en entrant en collision avec Kris Draper lors d'un entrainement.
 
Il fut donc envoyé au club-école de l'époque, les Red Wings d'Adirondack dans la ligue américaine pour le lock-out à l'automne 1994, Détroit ne le rappelant aucunement. En fait, les Wings avaient rapidement trouvé la solution pour leur deuxième défenseur du «Russian five» en obtenant nul autre que Viacheslav Fetisov des Devils durant cette saison écourtée de 94-95.

Son contrat signé avec les Jets étant échu, Bautin signa comme agent libre avec San Jose dans l'espoir de jouer avec ses compatriotes Igor Larionov et Sergei Makarov. Son sort ne s'arrangea toutefois pas. Il ne disputa qu'un seul match avec les Sharks en début de saison, son dernier dans la LNH. Les entraîneurs et la direction des Sharks ont rapidement réalisé que le défenseur n'avait plus le coup de patin nécessaire pour la ligue, et il fut envoyé aux Blades de Kansas City dans la IHL. Au même moment à Détroit, le «R5» fut finalement complété avec l'ajout de ce même Larionov, qui fut obtenu de ces même Sharks, en retour d'un gars pas pire pentoute, Ray Sheppard, après seulement 5 matchs au début de la saison.
 


 
Bautin est ensuite devenu assez globe-trotter. Après sa saison 95-96 passée à Kansas City,  il joua deux saisons en Suède avec le Luleå HF, où il mena la ligue pour les minutes de pénalité en 1996-97, une saison en Russie avec le Ak Bars Kazan, et ensuite une en Allemagne (Ice Tigers de Nurnberg). Il joua ensuite deux saisons au Japon (JIHL) avant de revenir terminer sa carrière dans sa patrie avec le Metallurg Manitogorsk et finalement une dernière saison en deuxième division avec le Krylia Sovetov de Moscou.

Après avoir pris sa retrait, Bautin est retourné aux États-Unis pour entraîner des équipes de jeunes à Kansas City, là où il avait joué durant son séjour pour les Sharks. Il a plus tard entraîné au Colorado et de nouveau au Japon avant de rentrer chez lui. Bautin a été intronisé au Temple de la renommée du hockey russe en 2014.

Sergei Bautin s'est éteint la veille du jour de l'An à l'âge de 55 ans, après une longue lutte contre une maladie oncologique.

lundi 23 mars 2026

Tous le joueurs de 1000 buts au hockey professionnel

 
Nous avons droit ici à une contribution d'un lecteur au pseudo de Funda, texte qu'il a d'abord présenté à la radio à l'émission «C'est l'fun le matin, avec Funda» sur les ondes de CHEF 99 Radio Matagami dans la Baie James.


Alex Ovechkin, le joueur russe, vient de marquer son 1000e but en carrière dans la Ligue nationale de hockey, en compilant les statistiques de la saison régulière et des séries éliminatoires. Par contre, on ne mentionne pas les matchs hors-concours, car je n'ai pas réussi à trouver les données.

Il est le deuxième à atteindre ce plateau après Wayne Gretzky.

Je voulais aujourd’hui de parler de tous les joueurs de hockey ayant marqué plus de 1000 buts au niveau professionnel. On inclut toutes les ligues professionnelles, en saison régulière et en séries. Je ne compte pas les compétitions internationales comme les Jeux olympiques. Mes références sont toutes tirées du site HockeyDB.com.

Alex Ovechkin

Oui, il a 1000 buts dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Mais en début de carrière, il a évolué dans deux saisons dans la Superligue russe avec le Dynamo de Moscou et de nouveau dans ce qui était devenu la KHL en 2012-2013 en raison d'un lock-out de la LNH. Au total, en date d'hier, il cumule 1057 buts en 1923 matchs (une moyenne de 0,55 but par match sur 25 saisons pro). 

Ovechkin avec le Dynamo de Moscou


Wayne Gretzky


Celui qui a détenu le record du plus grand nombre de buts dans la LNH en saison régulière du 23 mars 1994 au 26 avril 2025 (soit plus de 31 ans). Au total, en saison et en séries dans la LNH uniquement, Gretzky compte 894 + 122 = 1016 buts.

Mais avant de joindre la Ligue nationale, il a joué un an dans l'Association mondiale de hockey (AMH). Il y a marqué 46 buts, plus 10 en séries. Au total, Wayne Gretzky a donc marqué 1072 buts au hockey professionnel. Il a réussi cet exploit en 22 ans et 1788 parties, soit une moyenne de 0,60 but par match. 

Wayne Gretzky et Gordie Howe au match des étoiles de l'AMH en 1979



Gordie Howe

Le quatrième meilleur compteur de l'histoire de la LNH. Il affiche 801 buts en saison régulière dans la Ligue nationale, plus 68 en séries. Il a aussi joué six ans dans l'Association mondiale pour une récolte totale de 202 buts.

Le grand total pour Gordie Howe est de 1071 buts, soit un seul de moins que Wayne Gretzky. Howe a accompli cela en 2421 parties, soit 0,44 but par match durant 32 saisons complètes. C'est comme si le premier choix au repêchage de cette année, Matthew Schaefer, jouait jusqu'en 2058 !

Bobby Hull


Grosse vedette de la LNH dans les années 60 et au début des années 70. Après 15 ans dans la LNH, il a signé un contrat majeur en 1972 avec la nouvelle ligue : l'Association mondiale de hockey. Hull avait alors 33 ans. Il y joue jusqu'à ce que la ligue fusionne avec la Ligue nationale. Il dispute une dernière saison dans la LNH en 1979-1980, à l'âge de 41 ans.

Au total, séries incluses, il a marqué 672 buts dans la LNH et 346 buts dans l'AMH. Cela donne un grand total de 1018 buts en 1653 matchs. Sa moyenne est de 0,62 but par rencontre durant 23 saisons, ce qui est un meilleur ratio que celui de Wayne Gretzky. 

#9, #9 et #99


Jaromir Jagr

Il a commencé sa carrière professionnelle en 1988 à l'âge de 16 ans et n'a pas arrêté depuis. Par contre, en entrevue sur son compte Instagram le 22 février 2026 (le mois dernier), il annonçait que sa carrière était probablement terminée. C'était une semaine après son 54e anniversaire.

Il a déclaré : « Il faudrait un miracle. Dieu devrait m’aider, entrer en moi et me rajeunir de 15 ans ! Je ne fais rien d’autre que manger et regarder la télé. »

Il a également annoncé qu'il se tenait en forme, mais pas assez pour reprendre la compétition, mentionnant avoir pris 4 à 5 kilos. Il joue depuis 2017 en Extraliga pour le HC Kladno, équipe qu'il a achetée (même s'il a vendu 80 % de ses parts du club en janvier 2025). En six matchs cette saison, il affiche zéro but et une passe. Son dernier match remonte au 21 décembre 2025. 

Jaromir Jagr n'a marqué qu'un seul but (celui-ci), son dernier dans la LNH, avec les Flames de Calgary au début de la saison 2017-18 avant de se retirer après 22 matchs.


Malgré tout, Jagr a évolué dans plusieurs ligues professionnelles : la 1. Liga, l'Extraliga, la Série A, la Superliga, la KHL et la LNH. Au total, il a joué 573 matchs pro en dehors de la LNH pour un total de 203 buts (séries incluses). Dans la Ligue nationale, il a disputé 1941 parties et compté 844 buts.

Son grand total est ainsi de 1047 buts en 2514 matchs, soit une moyenne de 0,41 but par match, alors qu'il en est à sa 38e saison.

Bien qu'il ne revienne peut-être pas au jeu, les médias locaux doutent encore de sa retraite alors que les séries éliminatoires approchent.

Résumé

Plus grand nombre de buts au hockey professionnel : Wayne Gretzky (1072).
Meilleur ratio de buts par match : Bobby Hull (0,62).
Plus grand nombre de parties jouées : Jaromir Jagr (2514).
Plus grand nombre de saisons professionnelles : Jaromir Jagr (38).

J'espère qu'avec tous ces chiffres sur des filets, je ne vous ai pas mêler parce que «ce n'était pas mon but.»


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NOTES de LVEUP :

Il faut ajouter à ce groupe, même s’il s’agit d’une carrière passée dans les niveaux inférieurs du Royaume-Uni, le nom de Tony Hand. 

Ses totaux de buts, dans les différentes ligues britanniques et d’Écosse vont ainsi, séries incluses :

- BHL (British Hockey League – 1982-1996) : 1069 buts en 566 parties 
- BISL (British Ice Hockey Superleague - 1996-2001): 73 buts en 243 parties 
- GBR II (British National League Division 2 – 2001-2004): 77 buts en 137 parties 
- EIHL (Elite Ice Hockey League – 2004-2009): 82 buts en 247 parties 
- EPIHL (English Premier Ice Hockey League 2009-2015): 102 buts en 294 parties  


Tout cela nous donne un total ahurissant de 1403 buts en 1487 parties, soit une moyenne de 0,94 buts par match.

Et ce n’est même pas le véritable total, étant donné qu’il a en plus participé à un grand nombre de tournoi post-séries en Angleterre et ailleurs en Europe. Il y a par exemple la «Autumn Cup» qui fut disputé pendant une grande partie des années 80 et 90 et où il amassa 181 buts en 149 matchs joués. Il y a aussi la «Crossover Cup», la «EIHL Cup», la «Scottish Cup» et j’en passe. 

Voir ce texte d'archive pour en savoir plus sur lui. 

--------- RaySheppard


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dimanche 15 mars 2026

Petites photos pour le plaisir #106 - La Coupe Molson à Ottawa





La pratique de décerner les trois étoiles date de la saison 1936-37, alors qu’Imperial Oil (aujourd’hui connu sous la marque Esso) s’entendit d’abord avec les Leafs, puis les Canadiens pour souligner les trois meilleurs joueurs d’un match, tout en faisant référence à sa marque d’essence ″Trois étoiles″. Imperial cessa cette commandite de la Soirée du hockey 1976, mais la pratique demeura.

On instaura à Montréal la Coupe Molson pour la saison 1972-73. Décerné selon un système de points au joueur ayant reçu le plus de mention lors des trois étoiles du match, c’est Ken Dryden qui en fut le premier récipiendaire. 
 

Les Leafs suivirent l’année suivante. Leur propriétaire d’alors, l’imbuvable Harold Ballard, y vit une occasion d’arracher un peu d’argent de commandite à la brasserie du même nom. Il put aussi effacer un peu plus la glorieuse histoire des Leafs, qui contrastait avec le présent, en faisant ainsi disparaître la Coupe J.P. Bicknell, qui occupait plus ou moins le même rôle depuis 1953.

La troisième équipe canadienne à cette époque, les Canucks, firent de même en 1975-76.

Les autres équipes canadiennes adoptèrent la pratique à leur arrivée dans la LNH : Edmonton et Winnipeg en 1979, Calgary en 1980 et Ottawa en 1992. Les Nordiques, détenus par la brasserie rivale, firent exception et adoptèrent plutôt la remise de la Coupe O’Keefe. 
 
Winnipeg cessa la pratique à son départ pour Phoenix en 1996.

Calgary l’abandonna en 2011, avant de reprendre un honneur semblable baptisé le ″Sportsnet 3 star Cup″ en 2017.

Les Leafs la mirent de côté pendant la covid, avant de la ramener l’an dernier.

Les Canucks ne réfèrent plus à la brasserie, se contentant de nommer le prix ″Three Star Award″.

La deuxième version des Jets décerne quant à elle le ″Three Stars of the Game Award″.

Les Canadiens et les Oilers la décernent toujours.

À Ottawa, on ne la décerne plus, mais la coupe est toujours exposée au Centre Canadian Tire, au niveau 200. Toutefois, honnêtement, elle a fort mauvaise mine… Elle aurait sérieusement besoin d’un peu de polissage.

Les gagnants au fil des ans ont été :

1992-93 Sylvain Turgeon

1993-94 Alexeï Yashin

1994-95 Don Beaupré

1995-96 Damian Rhodes

1996-97 Alexeï Yashin

1997-98 Alexeï Yashin

1998-99 Alexeï Yashin

1999-00 Marian Hossa

2000-01 Patrick Lalime

2001-02 Daniel Alfredsson

2002-03 Daniel Alfredsson

2003-04 Daniel Alfredsson

2005-06 Daniel Alfredsson

2006-07 Ray Emery

2007-08 Martin Gerber

2008-09 Daniel Alfredsson

2009-10 Brian Elliott

2010-11 Jason Spezza

2011-12 Craig Anderson

2012-13 Craig Anderson

2013-14 Craig Anderson

2014-15 Erik Karlsson

2015-16 Erik Karlsson

2016-17 Erik Karlsson


 
Selon wikipedia, le gagnant de 2017-18 aurait été Erik Karlsson, mais la Coupe n’a pas de plaque pour cette année. Est-ce à dire qu’on ne se serait même pas la peine d’honorer son dernier récipiendaire?

Sources :

″Top 10 Hockey gimmicks… or if you prefer, innovations.″, November 24, 2003, CBC Sports (web.archive.org),

« Cheers to tradition as Maple Leafs revive Molson Cup three stars-award » de Lance Hornby, April 11, 2025, Toronto Sun (torontosun.com),

wikipedia.org.

 


vendredi 13 mars 2026

Masque spécial vendredi 13 - #12







J'aime les vendredis 13 en février, ça veut dire que j'en ai un qui suit pile 28 jours plus tard. Ça donne justement le ton pour le thème de ce mois-ci … Si vous avez fait le lien, "28 jours plus tard" est le premier film d'une trilogie d'horreur, précisément de zombies. Eh bien c'est justement ce que j'avais envie de vous partager, soit des masques de zombies (ou de squelettes revenant, c'est quasiment la même chose).

Tout d'abord, pour être 100% dans le thème, nous avons l'ancien récipiendaire du trophée Calder remis à la recrue de l'année dans la LNH en 2009, et j'ai nommé Steve Mason. Si vous souvenirs ne sont pas trop vague, vous vous rappellerez qu'il a obtenu ce titre avec les Blue Jackets de Colombus. Mais après avoir perdu des plumes après son bon départ dans la ligue (ça me rappelle un certain Andrew Raycroft ou même Jim Carey), Mason fut échangé aux Flyers lors de la saison écourté de 2012-13, où il resta un peu plus de quatre saisons, soit une éternité à Philadelphie. Dans ses choix de design, il lui vint l'idée de représenter ses coéquipiers et certaines figures légendaires des Broad Street Bullies sous forme de zombie.


Suite à son passage dans la ville de l'amour fraternel, Mason signa un contrat avec les Jets de Winnipeg mais après des résultats plus qu'ordinaire, il fut échangé à la fin du mois de juin 2018 en compagnie de Joel Armia aux Canadiens de Montréal en retour de Simon Bourque. N'ayant pas besoin de ses services, le CH racheta son contrat dès le lendemain et ce fut fini pour lui dans la LNH.

L'autre masque présenté ce mois-ci (oui oui, je vous offre un doublé ici) provient justement de la première équipe de Steve Mason, alors que Curtis McElhinney décida de représentant des blousons bleus revenants sur son masque.

Je sais que ce n'était pas le but, mais avec les crânes et le sabre, ça donne un petit look "Pirates des Caraïbes" non ?

mardi 10 mars 2026

Jari Kurri et les Devils de Milan (1990-91)


 
 
 
Parmi mes nombreux joueurs cultes, un qui est définitivement dans le top 10, sans être des plus obscurs comme la plupart des joueurs dont j’aime parler, figure l’original «Finnish Flash», Jari Kurri.

Il serait toutefois trop facile de faire un simple texte sur lui. Comme tout bon membre du temple, la quantité de textes déjà disponibles sur lui sont légion, particulièrement tout ce qui touche à la dynastie des Oilers et Wayne Gretzky. Ce qui m’intéresse toutefois aujourd’hui est de parler d’un chapitre assez oublié dans la carrière de la légende finlandaise, soit sa saison 1990-91 passée en Italie avec le club des Devils de Milan.

Malgré une 5e coupe remportée avec les Oilers au printemps 1990, parfois surnommée la coupe de «rédemption» et de la «consécration» des Oilers, et deux ans après l’infâme échange de Gretzky à Los Angeles, Kurri surprend tout le monde à l’été 1990 en décidant de quitter les Oilers et la LNH pour signer un contrat avec un club méconnu d’une ligue nettement plus inférieure pour un joueur de son calibre.



 
Ce n’était toutefois pas tellement une surprise de voir Kurri, ou tout autre joueur européen à l’époque, dire non à la LNH malgré une carrière florissante. C’était d’ailleurs particulièrement présent chez les clubs Canadiens. Des joueurs suédois de renom comme Hakaan Loob et Kent Nilsson avaient, au cours des années précédentes, plié bagage après plus ou moins une décennie dans la LNH, pour soit retourner jouer dans leurs patries respectives, ou bien ailleurs en Europe. Plusieurs disaient vouloir que leurs enfants puissent être éduqués dans leur langue maternelle. Quelques semaines avant l’annonce du départ de Kurri, on assistait à Montréal à une situation similaire avec Mats Naslund qui s’était également expatrié en Europe, en Suisse dans ce cas-ci.

Mais le cas de la vedette des Oilers, où l’hécatombe ne faisait que s’accentuer avec son départ, a davantage fait tourner les têtes.

Malgré qu’il n’était plus jumelé avec la merveille, Kurri venait de récolter un excellent 93 points en 1989-90 et un autre 25 points en séries, connaissant même un de ses meilleurs matchs en carrière durant la finale contre les Bruins lorsqu’il amassa 3 buts et 2 passes lors du deuxième match.

 
 
 

Ce départ n'était pas une simple retraite anticipée ou retour aux sources, mais était en grande partie une manœuvre stratégique. En conflit avec la direction des Oilers qui refusait de l'échanger aux Kings de Los Angeles pour rejoindre Gretzky, Kurri a utilisé l'Europe comme levier de pression. Mais selon lui, cet exil lui permettait quantité de choses; prendre une "pause mentale" après dix saisons intenses dans la LNH, pouvoir participer aux Championnats du monde de 1991, organisés dans sa Finlande natale, et, ultimement, de forcer les Oilers à négocier son transfert pour rejoindre son ancien coéquipier.

Malgré l'euphorie post-championnat, Kurri était rentré en Finlande immédiatement après la victoire. Il avait même mis sa maison d'Edmonton en vente. Le message était clair : son chapitre en Alberta était terminé.

Lui et son agent, Don Baizley, refusèrent même une offre financière supérieure des Oilers pour emprunter une voie totalement inattendue, soit un contrat de deux ans avec les Devils de Milan, avec qui il était associé depuis un certain temps et qui appartenaient à nul autre que Silvio Berlusconi. Ce dernier, avant de devenir le premier ministre controversé dont on se rappelle davantage de nos jours, était alors propriétaire d’un empire médiatique en Europe et possédait de nombreux clubs professionnels, dont le célèbre AC Milan, qu’il sauva de la faillite en 1986.
 
Dans le cercle de la LNH, on ne parvenait pas à faire du sens de la décision de Kurri. Le journaliste Cam Cole compara la situation à Magic Johnson qui partirait jouer au basketball en Yougoslavie. L'entraineur des Oilers John Muckler admit qu'il aurait davantage compris si Kurri aurait opté pour jouer chez lui en Finlande, dans une ligue davantage compétitive à défaut de jouer dans la la meilleure ligue au monde. Pour lui, il était risqué de faire un tel choix, expliquant qu'il aurait même de la difficulté à revenir dans la LNH.
 
De plus, contrairement à d'autre clubs plus prestigieux ou traditionnels d'Europe, par exemple en Suisse ou en Allemagne, le HC Milan Devils n’était pas un club avec une grande tradition, ayant été fondés juste un an avant l'arrivée de Kurri. Ils n’auront d'ailleurs existé que jusqu’en 1996, lorsque le club déménagea à Courmayeur, dans le nord de l’Italie, avant d’être dissout pour de bon en 1999.
 
Vous pouvez appercevoir Kurri dans l'uniforme milanais ici (#25):
 
 

Il y eut beaucoup de spéculations sur le montant de la transaction. Les médias suisses rapportèrent à l’époque une somme de plus d'un million de dollars. Le journal allemand Salzburger Nachrichten parlait plutôt d’un salaire de 350 000 dollars US, assorti d’un logement dans un château luxueux en plus d’une Mercedes. La ligue italienne comptait alors 10 équipes et le calendrier de 36 matchs se jouait les mardis et samedis, avec les dimanches toujours libres, donc un ratio salaire par match nettement avantageux.

L’arrivée de Kurri eut un effet marqué sur le hockey sur glace italien et les experts locaux convenaient que l’équipe de l’entraîneur-chef Jim Webster seraient les favoris du championnat italien.

Avec les Devils, Kurri opta bizarrement de troquer son fétiche #17 pour le #25. Le 17 appartenait au Canadien Mark Morrison, un ancien choix de 3e ronde des Rangers qui ne joua qu’une dizaine de matchs dans la LNH, et qui en était à sa deuxième saison avec les Devils, ayant terminé la saison précédente avec 113 points. Il est cependant étrange que Morrison n’ait pas légué le 17 à la grande vedette Kurri pour l’occasion.
 
Kurri, à gauche, et son coéquipier Mark Morrison qui portait le #17 à sa place...


Et bien que la présence de Kurri aida à remplir les patinoires et à revigorer le prestige de la Serie A, les Devils de Milan échouèrent en 1990-91. Ils terminèrent en troisième place et s'inclinèrent en séries face à leur rival immédiat, le HC Saima Milan. Lors de cette saison, Kurri rata six matchs et contribua 27 buts et 48 passes en 30 matchs. Avec ce 75 points, il ne figurait que 15e sur la liste des pointeurs, derrière des noms comme l’ancien des Flames Kevin Lavallée, l’ancien joueur éphémère des North Stars Dusan Pasek, ainsi que nul autre que Mark Napier. L’ancien du Canadien avait même terminé au premier rang de la ligue avec 118 points. Et selon ce que j’ai lu, Kurri rata également les séries, pour une raison que j’ignore.

Après son année en Italie, l'impasse persistait entre Kurri et les Oilers. Il menaça finalement de retourner chez les Devils pour exercer l’option de sa deuxième année de contrat s'il n'était pas échangé avant le 31 mai. Il avait également clairement établi que les retrouvailles avec Gretzky étaient sa priorité absolue.

Sather, qui ne ne voulait pas perdre une saison supplémentaire de ses services, finit par céder. Ainsi, une heure avant l'échéance fixée par l'ailier droit, Sather échangea ses droits, ainsi que Dave Brown et Corey Foster, à Philadelphie en retour de Craig Fisher, Scott Mellanby et Craig Berube. Les Flyers ont ensuite envoyé le joueur de 31 ans, accompagné de Jeff Chychrun, vers Los Angeles contre Steve Duchesne, Steve Kasper et un choix de quatrième tour au repêchage de 1991.

Un détail moins connu est que Kurri a failli rejoindre les Red Wings de Detroit, qui offraient plus d'argent que les Kings. Kurri était prêt à accepter, mais Detroit n'étant pas intéressé par un échange complexe à trois clubs, Sather a privilégié la transaction avec Philadelphie et Los Angeles.




Le deuxième chapitre de la carrière de Kurri dans la LNH, post-Italie, commença donc avec la fameuse réunion tant attendue avec Gretzky. On peut dire sans équivoque que cette deuxième moitié de carrière fut nettement moins resplendissante que la première. Le tandem Gretzky-Kurri version L.A, malgré quelques étincelles et une chimie toujours efficace, (dont un tour du chapeau lors de son premier match en tant que Kings) ne fut pas aussi mémorable qu’à leurs plus jeunes années à Edmonton. Il était évidemment grandement terminé le temps des saisons de 200 points de Gretzky et de 60+ buts/100+ points de Kurri. À cette première saison à L.A en 1991-92, Kurri ne récolta que 60 points, dont 23 buts, et les Kings se firent éliminer une fois de plus par les Oilers en première ronde. 
 
En fait, les Oilers post-finale de 1990 étaient toujours davantage compétitifs que leurs expatriés à Los Angeles. Malgré l’éxode continuel de plusieurs autres vedettes (Glenn Anderson, Grant Fuhr, Kevin Lowe, Adam Graves, Mark Messier, etc) les Oilers se rendirent tout de même jusqu'en finale de conférence en 1990-91 et 1991-92 tandis que les Kings ne firent jamais long feu. 

Les choses semblèrent toutefois débloquer en 1992-93, malgré une blessure importante à Gretzky qui lui fit manquer la moitié de la saison. Kurri prit davantage de place durant l’année, étant parfois muté au centre, et il termina la saison à 87 points. On énonça que le leadership tranquille de Kurri était une des principales raisons que les Kings parvinrent à redresser le bateau en l’absence de la merveille. Le parcours des Kings de l’ère Gretzky connut ainsi son apogée au printemps 1993 avec une participation en finale de la Coupe Stanley, pliant toutefois l’échine en 5 matchs face à Patrick Roy et le Canadien de Montréal.

Les Kings (pas seulement Gretzky et Kurri) ne furent plus jamais les mêmes par la suite, devant attendre l’arrivée d’une nouvelle génération à la fin des années 2000 avant de finalement passer à un autre niveau. Ils ratèrent les séries en 1993-94 et de nouveau durant la saison écourtée de 1995. Kurri connut sa dernière saison véritablement respectable offensivement en 93-94 avec 77 points dont 31 buts.
 

 
Après ces deux saisons décevantes et hors des séries, le club alors en quasi-faillite (et le propriétaire Bruce McNall en prison) liquida une grande partie de ses effectifs durant la saison 1995-96 et non pas seulement lors du fameux «2e échange» de Gretzky l’envoyant aux Blues de St.Louis (contre pas grand chose). Deux semaines suivant le départ du 99, le 17 plia également bagage, pour Manhattan dans son cas, en compagnie de Marty McSorley. En retour, les Kings obtinrent notamment Ray Ferraro. Cet échange est toutefois très impopulaire dans l’histoire des Rangers, les fans n’ayant pas apprécié Kurri autant qu’ils aimaient Ferraro. Kurri ne fit effectivement que passer à NY, et ce sans grande étincelle. Il n’obtint que 5 points en 14 matchs (dont seulement 1 but) pour clore la saison. Et malgré qu’il se racheta légèrement en séries avec 8 points en 11 matchs, les Rangers le laissèrent aller, son contrat échu.

Kurri joua ensuite deux dernières saisons dans la LNH, une en 1996-97 avec les Mighty Ducks d’Anaheim, où il put côtoyer son protégé Teemu Selanne, et une ultime saison en 1997-98 avec l’Avalanche du Colorado. À ce stade-ci de sa glorieuse carrière, Kurri était davantage devenu un attaquant de soutien défensif. Il n’eut que 13 buts et 35 points avec les Ducks et ensuite seulement 5 buts et 22 points avec l’Avalanche. 
 
C’est avec ces derniers qu’il put toutefois franchir de justesse l’illustre cap des 600 buts, terminant sa carrière dans la LNH avec un total de 601 buts, 797 passes pour 1398 points en 1251 matchs. Il était alors le recordman des points pour les joueurs européens. Il a depuis été détrôné de cette distinction par Selanne (1457) , Alex Ovechkin (1673 - au moment d’écrire ces lignes) et finalement le meneur, et #2 de tous les temps dans la LNH, Jaromir Jagr avec 1921 points.

Pour leur part, malgré que les Devils n'ont pas remporté le championnat d'Italie durant le court séjour de Kurri, et qu’ils ont disparu rapidement de la scène par la suite, ils ont toutefois soulevé le trophée les trois printemps suivants avant que le club ne soit aboli, soit en 1992, 1993 et 1994.
 
Sylvio Berlusconi (à droite) avec son club des Devils de Milan

 
Sources:
https://www.eishockeyblog.ch/als-kurri-nach-mailand-kam/
https://seura.fi/seuran-mies/miksi-jari-kurri-pelasi-kesken-nhl-uransa-kauden-italiassa/
https://www.nhl.com/kings/news/jari-kurri-almost-a-red-wing-before-he-became-a-king-285678450
https://oilersnation.com/news/an-oral-history-of-how-jari-kurri-left-the-edmonton-oilers-to-play-hockey-in-italy