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mardi 17 février 2026

Des Italiens qui nous sont familiers - 2e partie

 


Gaetano Orlando 

Originaire de Ville Lasalle, Gaetano Orlando a été un choix de 8e ronde des Sabres de Buffalo en 1981. Lors des cinq ans qu’Orlando passa dans leur organisation, il joua 98 matchs dans leur uniforme, comptant au passage 18 buts et obtenant 26 passes, en plus de gagner la Coupe Calder avec leur club-école de Rochester. 

 En 1987, il prit le chemin du pays de ses ancêtres, alors qu’il s’aligna pour Merano, Bolzano et Milan. Il fit alors partie de l’équipe championne en 1990, 1992, 1993 et 1994, en plus de remporter le championnat des pointeurs cette dernière année.

Il allait donc de soi qu’il fasse partie de l’équipe olympique italienne pour les Jeux de Lillehammer, avec qui il fut le meilleur pointeur, avec neuf en sept matchs. Il se permit même un but contre Corey Hirsch du Canada.

Il prit ensuite le chemin de la Suisse pour à jouer à Berne, puis à Lugano. Encore une fois, il remporta beaucoup de succès avec les titres en 1997 et 1999, en plus du championnat des pointeurs en 1997.

Celui qu’on surnomme souvent ″Gates″ fut de retour aux Jeux de Nagano en 1998. L’équipe italienne y a remporté un match contre l’Autriche en ronde préliminaire, mais a perdu ceux contre le Kazakhstan et la Slovaquie, en plus de celui en ronde de classement contre la France. Elle prit finalement la douzième place sur quatorze.

Pour sa part, Orlando marqua un but contre la France en déjouant Cristobal Huet, en plus d’obtenir deux passes.

Après sa retraite comme joueur, il devint entraîneur, entre autres avec les Icehawks d’Adirondack de l’UHL et adjoint avec les River Rats d’Albany. Il fut aussi dépisteur pour les Devils.

En 2012, des ennuis de santé l’obligèrent à subir une transplantation cardiaque.

Stefan Figliuzzi 

Un peu comme Gaetano Orlando, Stefan Figliuzzi était un attaquant talentueux de petite taille. Originaire de Laval, il passa cinq saisons à empiler les points pour le compte des Castors de St-Jean de la LHJMQ. 

En 1989, toujours non repêché, il mit le cap sur l’Italie, alors qu’il s’aligna avec Brunico, puis Varèse. En 1996, il se dirigea vers l’Allemagne, puis la Suisse, le Japon et la Suède.

Au niveau international, Figliuzzi alla aussi à Lillehammer. Il marqua trois buts, tous dans les deux parties contre la France, en plus d’ajouter deux passes.

Il fut de retour pour les Jeux de Nagano, où il conserva la même fiche (3-2-5), mais cette fois en seulement quatre matchs, ce qui fit de lui le meilleur pointeur de l’équipe. Deux de ses buts furent obtenus contre l’Autriche, alors que l’autre fut compté contre la Slovaquie. 

Mario Brunetta

Choix de huitième ronde en 1985 de Québec, sa ville natale, Mario Brunetta passa trois saisons à aller de la Ligue américaine à la Ligue nationale. Il joua en tout 40 matchs à protéger la cage des Nordiques.

En 1990, lorsqu’il fut libéré, il se dirigea vers l’Italie, avec Asiago, Milan et Varèse. Il alla ensuite en Allemagne et en Suède.

En 1998, à Nagano, le gardien principal pour les Italiens fut Mike Rosati, un torontois d’origine. Brunetta était le deuxième gardien. Il débuta la partie contre le Kazakhstan, mais après avoir donné 4 buts en 23 minutes, il fut retiré du match. 


Jason Muzzatti

Si l’Italie rata les Jeux de Salt Lake, elle fut qualifiée comme pays hôte à Turin.

Devant le but, elle fit principalement confiance à Jason Muzzatti, un torontois choisi en fin de première ronde par Calgary en 1988. Il ne joua par contre que deux parties avec les Flames, avant de participer à 53 autres avec les Whalers, 6 avec les Rangers et une dernière avec les Sharks, pour ensuite se rendre en Finlande, en Allemagne et en Italie.

Aux Olympiques, Muzzatti participa à cinq des six matchs. L’Italie accumula trois défaites et deux nulles, alors que c'était lui devant le filet pour ces deux dernières.

L’Italie termina onzième, devançant seulement la Lettonie.

Il revint ensuite en Amérique du Nord pour devenir entraîneur, dans l’IHL et la NCAA avec Michigan State. Il travaille maintenant avec les Hurricanes depuis six ans. 

Jason Cirone

Au sein de cette même équipe de Turin, on retrouvait aussi Jason Cirone, un choix de troisième ronde des Jets en 1989. Il ne joua par contre que trois matchs dans la LNH, tous avec Winnipeg. Il tenta ensuite sa chance en Italie, avec Asiago, en 1992-93, avant de jouer plusieurs années dans l’AHL, l’IHL, la ECHL, la WCHL et au roller hockey, avant d’aller en Allemagne, puis de retourner à Asiago.

Pendant le tournoi olympique, Cirone marqua une fois, contre Martin Brodeur.

L’année suivante, il revint dans les ligues mineures nord-américaines, dans la CHL, puis il retourna avec les Generals de Flint de l’IHL.

Il devint ensuite entraîneur à Midland University, au Nebraska.

Il est décédé en 2024 des suites d’un cancer. 

 

Après avoir raté Vancouver, Sotchi, PyeongChang et Beijing, l'Italie est de retour comme pays hôte.

Sources :

eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

lundi 16 février 2026

Des Italiens qui nous sont familiers - 1ère partie




Merci à notre fidèle lecteur, Jellos, qui nous a suggéré ce sujet. 

Cette année, l’Italie fait un retour au tournoi olympique de hockey, puisqu’en tant que pays hôte, elle est qualifiée d’office, comme ça avait été le cas en 1956 et 2006. Ce ne sont toutefois pas ses seules apparitions, puisqu’elle y était aussi en 1936, en 1948 et en 1964. Il y eut ensuite une absence prolongée, avant de revenir en 1984, en 1992, en 1994 et en 1998, la dernière fois qu’elle s’est qualifiée sans être l’hôtesse. 

Le podium n’a toutefois jamais été une réelle possibilité, puisque son meilleur résultat fut en 1956, sur son sol à Cortina d’Ampezzo, avec une septième place dans un tournoi à 10 équipes.

Pour son retour, on a mentionné la présence de Phil Pietroniro dans l’uniforme italien, le seul québécois du tournoi, lui qui est né à St-Eustache et qui, comme son père, a joué dans la LHJMQ. S’il joue aujourd’hui à Kladno, en Tchéquie, aux côtés de Jaromir Jagr, il a déjà joué dans le championnat italien et sa double citoyenneté lui permet de représenter l’Italie aux Jeux.

Pietroniro n’est toutefois pas le premier visage familier à enfiler le gilet italien aux Olympiques. Si lors des premières éditions, l’équipe italienne était composée presque entièrement d’italiens basés en Italie, à partir de 1984, il y eut de plus en plus de canadiens qui jouaient dans la ligue italienne. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs des origines dans le pays. En voici quelques-uns.

Bob Manno

Originaire de Niagara Falls, Bob Manno a été repêché en deuxième ronde par les Canucks en 1976. Bien que l’équipe n’était pas si bonne, Manno mit du temps à devenir un régulier, faisant à quelques reprises des retours dans les mineures.

Après la saison 1980-81, Manno fut libéré par Vancouver. Il signa alors avec les misérables Leafs, où il s’intégra bien, avec son sommet en carrière de 50 points. Il alla même au match des étoiles, en remplacement de Börje Salming. À la fin de la saison, il alla représenter l’Italie aux championnats du monde. L’expérience sembla lui plaire, puisqu’au lieu de revenir avec Toronto, il signa avec Mérano de la ligue italienne. 

 

Pour la saison 1983-84, il revint toutefois dans la LNH, mais avec Détroit cette fois. Alors qu’il avait jusque-là joué principalement comme défenseur, il fut utilisé amplement à l’aile gauche et obtint une passe sur le premier but d’une jeune recrue, Steve Yzerman.

Son séjour dans la ville de l’automobile dura deux ans, avant qu’il ne retourne à Mérano. À son retour, il montra une fiche de 106 points en 36 parties et aida l’équipe à remporter le titre.

Il joua par la suite à Canazei et Bolzano, tout en représentant l’Italie aux championnats du monde (A ou B, dépendamment des années). C’est pourquoi que, lorsque l’Italie fit un retour aux Jeux olympiques, à Albertville, en 1992, Il allait de soi que Manno fasse partie de l’équipe.

Si l’équipe dirigé par l’ancien entraîneur des Penguins Gene Ubriaco ne remporta qu’un seul match, celui contre la Pologne, Manno marqua son unique but contre les États-Unis, aux dépends de Ray Leblanc. Il ajouta aussi deux passes à sa fiche.

L’Italie perdit le match de la onzième place contre cette même Pologne et termina donc au douzième et dernier rang.

Manno prit ensuite sa retraite et devint entraîneur, en Italie et en Allemagne.

Frank Nigro

Choix de cinquième ronde en 1979, celui qui est né en banlieue de Toronto fut choisi par son équipe locale, les Leafs. Lorsque Nigro fit l’équipe en 1982-83, Manno était déjà parti pour l’Italie. Par contre, après 68 matchs en deux ans avec les Leafs, toujours dans l'ère Ballard, et avoir passé l’année 1984-85 à Gardena dans la ligue italienne, il alla rejoindre Bob Manno à Mérano en 1985-86. Il surpassa même les statistiques de son nouveau coéquipier avec 132 points en 34 parties.

Il joua ensuite à Varèse et à Bolzano, avant de rejoindre Manno au sein de l’équipe olympique en 1992, alors qu’il obtint trois passes lors du tournoi.

Il prit ensuite sa retraite comme joueur. 


 

Bill Stewart

Choix de quatrième ronde de Buffalo en 1977, le torontois Bill Stewart passa les neufs années suivantes à se promener entre les mineures et les Sabres, les Blues, les Maple Leafs et les North Stars. En bout de ligne, il joua un total de 260 matchs dans la LNH.

En 1986, il prit le chemin de l’Italie, où il joua neuf ans pour Brunica, Milan (où il remporta deux championnats), Gardena et Courmayeur.

Comme Manno et Nigro, il est allé à Albertville, où il a obtenu trois passes. Par contre, contrairement aux deux autres, il a poursuivi son parcours olympique jusqu’à Lillehammer, en 1994.

Cette fois dirigée par Bryan Lefley, le frère de Chuck (décédé récemment) et ancien des Islanders des Scouts et des Rockies, l’Italie remporta un match contre la France dans le tournoi à la ronde et en gagna un autre, toujours contre la France, dans la phase de classement. Ceci lui permit de terminer au neuvième rang sur douze équipes.

Ce n’est toutefois pas en raison de sa contribution offensive qu’elle a obtenu ce résultat, puisqu’il a été blanchi. 

 

 
À partir de 1995, il devint entraîneur, dans la Ligue coloniale, la Ligue de l’Ontario et la Ligue américaine, avant de graduer dans la Ligue nationale derrière le banc des Islanders en 1998-99.  Il devint entraîneur-chef en janvier, lors que Mike Milbury décida de se concentrer sur son poste de directeur-gérant. Stewart termina la saison et suite à une fiche de 11-19-7, il fut relevé de ses fonctions. 

La suite est pour le moins étonnante. En 1999, il est devenu l’entraîneur des Colts de Barrie de l’OHL, où son passage fut plutôt chaotique. Dans cette équipe qui comptait Mike Danton (ça commence bien), un joueur fut accusé d’assaut après avoir brandi son bâton durant un match. D’autres furent accusés d’agression sexuelle. Quant à Stewart, il fut accusé d’avoir dissimulé deux fois un joueur ukrainien dans le compartiment à bagages de l’autobus pour passer la frontière. Et suite à la défaite de son équipe en finale de la Coupe Memorial contre Rimouski, Stewart a quitté le Metro Centre d’Halifax sans s’adresser à qui que ce soit. 

La saison suivante, plutôt que de retourner à Barrie, il alla en Allemagne et en Autriche. Durant son passage de 9 ans, il fut entre autres impliqué dans une bagarre générale où il blessa l’entraîneur adverse, en plus à un autre moment d’avoir simulé un évanouissement pour permettre à son joueur étoile de faire aiguiser ses patins.

Il revint une dernière fois dans l’OHL en 2011 avec le Storm de Guelph.

Sources :

″Les Suédois partent du bon pied″, AFP, 10 février 1992, La Presse, pages S8, S12,

″Phil Pietroniro, de la LHJMQ aux Jeux de Milano-Cortina″ de Jean-Patrick Balleux, 21 janvier 2026, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca),

eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

dimanche 15 février 2026

Jake Forbes


 


Le gardien Vernon Vivian Forbes, surnommé « Jake » ou « Jumpin' Jackie » en raison de son style de jeu acrobatique, est né le 4 juillet 1897 à Toronto.

Après avoir fait ses classes au hockey mineur dans divers clubs locaux, il joignit les rangs des St.Pats de Toronto durant la saison 1919-20, devenant le 3e gardien du club durant la saison, ce qui était assez rarissime à l'époque. Il devint numéro un des St.Pats la saison suivante et obtint 13 victoires en 20 matchs, aidant le club à terminer au deuxième rang. Pour la saison suivante, en 1921-22, il désirait une augmentation de salaire à 2500 dollars, ce que les St.Pats refusèrent catégoriquement. Il devint alors le premier joueur de la LNH à sacrifier une saison entière. Ce geste d'insubordination, inédit pour l'époque, s'est soldé par la vente de ses droits à la franchise des Tigers d'Hamilton la saison suivante.

Forbes revint donc en action après une saison perdue et joua les trois saisons suivantes à Hamilton, obtenant des statistiques en conséquence d'être dans le pire club de cette jeune ligue à seulement 4 équipes. Il obtint 6 victoires en 24 matchs en 1922-23 et ensuite 9 en 24 en 1923-24.

La chance des Tigers tourna toutefois lors de la saison 1924-25, le club passant de la dernière à la première place d'une ligue désormais à 6 clubs (arrivée des Bruins et Maroons), s'assurant une place en finale de la Coupe Stanley.

Cependant, les choses tournèrent au vinaigre pour Forbes et les Tigers et on peut imaginer que Forbes fut un des principaux architectes de ce qui allait se passer. Cette saison-là, la ligue avait décidé d'augmenter le nombre de matchs de la saison régulière de 24 à 30 sans offrir de compensation financière supplémentaire aux joueurs.

Menés par leur capitaine Billy Burch, Forbes et ses coéquipiers ont exigé une prime de 200 dollars par joueur pour ces rencontres additionnelles. Devant le refus catégorique des propriétaires et les menaces de suspension du président de la LNH, Frank Calder, les joueurs ont maintenu leur position et refusé de disputer les séries éliminatoires. Cette impasse a conduit à la suspension immédiate de l'équipe, privant Jake Forbes de sa meilleure chance de soulever le prestigieux trophée.

Les conséquences de ce bras de fer ont été permanentes pour le gardien de but. Bien que la franchise ait été rachetée et déménagée pour devenir les Americans de New York, et malgré le fait que Forbes soit resté un pilier de la ligue pendant encore plus d'une décennie, il n'a plus jamais eu l'occasion de jouer des matchs éliminatoires. Après avoir disputé seulement deux matchs de séries lors de sa première année complète en 1921, il a passé le reste de sa carrière au sein d'équipes de bas de classement, accumulant un total de 84 victoires contre 114 défaites. Pourtant, son efficacité individuelle est restée remarquable pour l'époque, comme en témoigne sa moyenne de buts alloués de 2,76 et ses 20 blanchissages.


 
Après quelques saisons difficiles avec les Americans et des détours dans les mineures, il fut libéré en 1930. Il passa la saison suivante dans la ligue Can-Am à l'exception de deux matchs avec les anciens Pirates de Pittsburgh, maintenant nommés les Quakers de Philadelphie, deux matchs qui se soldèrent par des défaites pour cette autre club en difficulté, qui connaîtra d'ailleurs un des pires rendements de l'histoire de la LNH avec une fiche de 4–36–4, soit le 2e pire pourcentage de points de l'histoire à 0.136%.

Les saisons suivantes furent à l'image de la difficile décennie des années 30, avec un parcours nomade dans plusieurs clubs et ligues. Il retourna jouer quelques matchs avec les Americans (son dernier dans la LNH en 1933) mais passa la majorité du temps dans les mineures avec les clubs suivants; Eagles de New Haven (Can-Am), Tigers du Bronx (Can-Am), Bulldogs de Windsor (IHL), Stars de Syracuse (IHL), Indians de Springfield (Can-Am), Tecumsehs de London (IHL) et Cardinals de Rochester (IHL).

Il a finalement pris sa retraite en 1936. En s'éteignant à l'âge de 88 ans en 1985, Jake Forbes était le dernier joueur vivant des Tigers de Hamilton.



vendredi 13 février 2026

Masque spécial vendredi 13 - #11

 






Oh la la, ça fait une éternité déjà le dernier vendredi 13 ! J'espère que vous n'avez pas oublié le concept que chaque vendredi 13, inspiré par le masque Jason Voorhees, personnage principal de la série de films Friday the 13th, je vous présente un masque de gardien "épeurant", soit par son design que par sa forme, ou tout autre critère que je juge approprié.

Et tant mieux si cette fois ça tombe en pleine période olympique, car le masque que je présente aujourd'hui vient tout droit de ma Finlande natale de la Finlande !


Ce masque fut utilisé par Jukka Airaksinen, gardien de l'équipe Ilves Tampere, en Finlande bien évidemment. Si vous parlez couramment le finnois, vous aurez compris que "Ilves" signifie "Lynx", d'où cette peinture d'un lynx en mode attaque. Avec le vieillissement du masque, il semble encore plus épeurant, quoique probablement plus faible.

Airaksinen est d'ailleurs natif de la ville de Tampere. Il a évolué pour son équipe locale de 1974 à 1983, avant de terminer sa carrière avec le club de Peliitti pour une saison. Au cours de sa carrière, il a disputé 207 matchs de saison régulière et 17 matchs de séries éliminatoires, ne réalisant qu'un seul blanchissage. Il a conduit les Lynx à la médaille de bronze de la SM-Liiga lors de sa dernière saison à Tampere.





samedi 7 février 2026

Terry O'Malley

 
 

Lorsqu'en 1961, Terry O’Malley, un défenseur, remporta la Coupe Memorial avec les Majors du Collège St. Michael’s de Toronto, son entraîneur était le Père David Bauer. Cette relation aura par après un impact majeur sur la suite de sa carrière, puisqu’O’Malley préféra plus tard le rejoindre lorsqu’il se verra confier l’équipe de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), au lieu d’accepter l’offre des Leafs. Parmi ses coéquipiers, on notait alors entre autres Dave Chambers, futur entraîneur des Nordiques.

Alors que la domination canadienne sur la scène internationale fut subitement interrompue, entre autres par l’Union soviétique et la Tchécoslovaquie, il fut décidé que d’envoyer la meilleure équipe junior ou senior ne suffisait plus. Comme les pays de l’est, il fallait mettre sur pied une équipe nationale. Et comme ce fut le Père Bauer qui en eut le mandat, il recruta O’Malley.

Le premier test eut lieu lors des Jeux olympiques d’Innsbruck, en 1964. Les résultats furent respectables lorsque l’unifolié termina quatrième, d’autant plus que c’est un changement douteux de la règle de bris d’égalité en plein milieu d’un match qui coûta une médaille au Canada.

Après une autre quatrième place aux championnats du monde en Finlande, l’équipe canadienne se retrouva à Ljubljana en Yougoslavie pour ceux de 1966. À ce moment, O’Malley avait été nommé capitaine de l’équipe.


Dans un moment caractéristique de la guerre froide, lors d’un match contre la Tchécoslovaquie arbitré par un polonais, le Canada se vit refuser un but en raison d’une pénalité douteuse. Un juge de but n’en signala pas un deuxième. Le Canada hérita aussi d’autres punitions vaseuses. C’est donc dans ce contexte plutôt absurde que la Tchécoslovaquie l’emporta 2-1. La Yougoslavie, la Pologne et la Tchécoslovaquie faisaient alors partie du bloc de l’est, mais je suppose que c’est une coïncidence.

En tant que capitaine, O’Malley dirigea alors une rencontre d’équipe où il fut décidé à l’unanimité de se retirer du tournoi. Ils finirent toutefois par se raviser et remportèrent finalement la médaille de bronze.

O’Malley et ses coéquipiers se méritèrent encore le bronze en 1967 à Vienne, en plus d’ajouter une médaille olympique à leur palmarès à Grenoble en 1968, encore le bronze.

Il déclina ensuite une offre des North Stars pour poursuivre sa maîtrise en histoire à l’Université du Manitoba, où était maintenant situé le programme national.

En 1969, il déclina une autre offre des Leafs pour demeurer avec l’équipe nationale, qui avait terminé quatrième à Stockholm. 

Les règles devaient finalement changer pour l’édition de 1970 des championnats du monde pour que les professionnels officiels (nord-américains) puissent enfin affronter les professionnels officieux (du bloc de l’est, qui avec le soutien de l'état, s'entraînaient comme des professionnels). Finalement, la Fédération internationale se ravisa. Le Canada refusa donc d’organiser le tournoi (qui devait avoir lieu à Montréal et Winnipeg) et se retira des compétitions internationales.

C’est alors qu’O’Malley poursuivit son parcours atypique dans le monde du hockey en allant à Tokyo pour porter l’uniforme du Seibu Tetsudo. Il retourna ainsi aux Jeux olympiques, qui se déroulèrent à Sapporo en 1972, comme assistant-entraîneur de l’équipe japonaise.

Il demeura ensuite au pays du soleil levant de 1972 à 78 en s’alignant avec le Kokudo Keikaku comme joueur-entraîneur. Il fut d’ailleurs le joueur le plus utile de la ligue en 1975. 



C’est en 1979 qu’O’Malley revint au Canada. L’unifolié avait fait son retour aux championnats du monde en 1977 et se préparait pour faire la même chose aux Jeux olympiques. On se tourna alors encore vers le Père Bauer. Or, lorsque ce dernier perdit Paul Reinhart, qui décida finalement de faire ses débuts avec les Flames d’Atlanta plutôt que d’aller aux Jeux de Lake Placid, le bon père se retrouva alors à court d’un défenseur. Il convainquit donc son complice de longue date, O’Malley, de faire un dernier tour de piste. À 39 ans, il était le vétéran parmi un groupe de jeunes loups qui comprenait entre autres Glenn Anderson, Paul MacLean, Jim Nill et Randy Gregg.  Suite à la sixième place de l’équipe, il accrocha ses patins. 

De 1983 à 2006, il devint entraîneur, professeur d’histoire, puis président du Athol Murray College of Notre Dame, en Saskatchewan, sauf pour une période de 5 ans, où il fut entraîneur de l’équipe de UBC et où il put terminer sa maîtrise. 

Depuis 2006, il est entraîneur-adjoint de l’équipe féminine de l’Université de Régina. 

Il compléta également un doctorat en lettres sacrées au St. Mark’s College, affilié à UBC. 

Sa carrière internationale bien remplie fut couronnée en 1998 par sa sélection par le Temple de la renommée de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG ou IIHF).

Sources :

″Canadians Almost Bolt Tourney″, March 11, 1966, Montreal Gazette, page 37,

″O’Malley picks Russians if…″, February 1st 1972, Montreal Gazette, page 13,

″Terry O’Malley est content de jouer pour l’équipe du Canada″, 19 décembre 1979, L’Évangéline, page 46,

″O’Malley leaves Wilcox to become UBC coach″ de Darrell Davis, June 18, 1986, Regina Leader-Post, page B2,

″IIHF honors pair″ de Gregg Dinnan, May 21, 1998, Regina Leader-Post, page 19,

collectionscanada.gouv.ca, cougarsandrams.com, notredame.ca, saskhockeyhalloffame.ca.


 

jeudi 29 janvier 2026

Jean Tétreault

 

En 1970, Jean Tétreault arriva chez les champions en titre de la Coupe Memorial, les Canadiens Jr. de Montréal. Si leur grande vedette, Gilbert Perreault, venait de graduer avec les nouveaux Sabres de Buffalo, il demeura que l’équipe avait toujours beaucoup de talent avec des joueurs comme Bobby Lalonde, Jocelyn Guèvremont, Richard Martin, Ian Turnbull et André St-Laurent. Tétreault eut donc un début de carrière junior modeste. 

Il eut une progression l’année suivante, mais c’est vraiment lorsqu’il passa aux Rangers de Drummondville, un club faible en 1972-73, qu’il eut l’occasion de se mettre en valeur. Il termina la saison avec 92 points en 61 matchs. 

Cette performance lui permit d’être repêché au 8e tour (120e au total) par les Blues de St-Louis et en 4e ronde (44e au total) par les Blazers de Vancouver de l'AMH

Tétreault choisit Vancouver et fit l’équipe presque immédiatement. Le 24 octobre, il obtint son premier point, une passe sur un but du vétéran John McKenzie, aux dépends de Gilles Gratton des Toros de Toronto. Quatre jours plus tard, il atteignit le fond du filet en déjouant Jack Norris des Oilers, dans une défaite des siens au pointage de 7-5. 

Ce seront ses seuls points, puisqu’après 6 matchs, il sera ensuite envoyé à la filiale des Rebels de Roanoke Valley de la Ligue Southern. Il obtint alors 68 points et aida son équipe à remporter le championnat, la Coupe James Crockett. On note parmi ses coéquipiers un certain Mike Keenan… 

L’année suivante, en 1974-75, il se retrouva dans la North American Hockey League (NAHL), une ligue réputée comme dure, avec les Jets de Johnstown, une ville tout sauf charmante. Parmi ses coéquipiers, on retrouvait trois frères excentriques, robustes à l’extrême, mais plutôt cinglés, Steve, Jack et Jeff Carlson. Tétreault termina au troisième rang des pointeurs de l’équipe, derrière Steve, mais devant Jack et Jeff. 

En séries, Johnstown a surpris les champions de la saison, les Blazers de Syracuse, avant de se faufiler en finale et de mettre la main sur la Coupe Lockhart. 

Pendant cette même saison, son coéquipier, Ned Dowd, installa des micros dans la chambre. Il aidait ainsi sa sœur Nancy pour l’écriture d’un scénario de film, en lui donnant de la matière première. Il s’agissait évidemment de Slap Shot (ou Lancer-frappé). 

L’année suivante, Tétreault revint avec les Jets, mais il eut aussi droit à trois autres matchs dans l’AMH, avec les Fighting Saints du Minnesota cette fois. L’équipe disparut toutefois en février, avant de pouvoir compléter son calendrier. 

Le projet de film prit finalement forme et certains joueurs furent invités pour y jouer comme les frères Carlson, Dave Hanson, Ned Dowd et Guido Tenesi. Lors de la disparition des Fighting Saints, Jack Carlson fut repêché par les Oilers, qui le rappelèrent. Cette situation l’empêcha de participer au tournage et au lieu de jouer le rôle de ″Killer″ Carlson, c’est Dave Hanson qui devint le troisième frère Hanson. (L’acteur Jerry Houser joua finalement ″Killer″.) Dowd (le frère de la scénariste) joua Ogie Oglethorpe et Tenesi devint le beau Billy Charlebois. 

Et Jean Tétreault dans tout ça? Comme les autres, on lui destinait un rôle de figurant parmi les adversaires des Chiefs. Toutefois, lorsqu’on convoqua les Carlson, Hanson et Tenesi au gymnase pour préparer la scène de l’autobus, Tétreault décida d’y aller. L’équipe de tournage vit qu’il n’avait pas d’affaire là, mais il fit comme s’il avait été invité. On décida finalement de l’inclure. C’est ainsi qu’il devint André Bergeron, un rôle quasi-muet qu’on retient surtout pour la scène où il enlève son dentier. Tétreault a adoré sa brève carrière d’acteur. 


Photo signée par Jean Tétreault en vente sur eBay!

Il revint à Johnstown pour la saison 1976-77, où il termina en tête des pointeurs des Jets, avec 85. L’équipe était toutefois plus faible et termina au septième rang. Il n’y eut que les Jaros de la Beauce, qui avaient suspendu leurs opérations après 30 matchs, qui terminèrent derrière eux. Si Johnstown réussit à terminer sa saison, les Jets cessèrent ensuite aussi leurs activités, comme dans le film. 

Tétreault fut alors choisi par Erie, mais finalement, c’est la ligue au complet qui s’écroula. Il se retrouva donc avec les Mohawks de Muskegon de la Ligue internationale (IHL) pour jouer les 19 derniers matchs de sa carrière, avant de revenir au Québec. 

Il a fêté son 73e anniversaire la semaine dernière. On le salue! 

Sources : 

Jackson, Jonathon, The Making of Slapshot: Behind the Scenes of the Greatest Hockey Movie, John Wiley & Sons Canada Ltd, 2010, p.110, 112,

″Oilers rumble to the top spot, glad to see last of Blazers″ de Jim Matheson, October 29, 1973, Edmonton Journal, page 47,

″′Slap Shot′ : Where Are The Charlestown Chiefs Now?″ de Dave McCoy et Liz Isenberg, April 18, 2015, The Hollywood Reporter (hollywoodreporter.com),

″Slap Shot a 40 ans : rencontre avec le vrai Ogie Oglethorpe″ de Jean-François Poirier, 24 février 2017, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca),

«Les Hanson, en réalité, ce sont de vrais débiles» d’Anthony Martineau, 3 février 2021, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

hockeydraftcentral.com.

lundi 26 janvier 2026

Six Seven









À moins que vous soyez caché sous une roche depuis quelques mois, vous avez sûrement entendu plusieurs jeunes de la génération Alpha crier le mot de l'année 2025, "Six Seven" (67). Vous vous demandez peut-être ce que ça veut dire ? Eh bien, à part que c'est tiré d'une chanson d'un rappeur, et qu'un joueur de basketball de 6'7" (six seven !) ai noté son café avec une note de 6-7 (six seven !!)  sur 10 en faisant un mouvement de ses deux mains, bien ça ne veut rien dire ! C'est toutefois devenu viral, et restera sûrement ancré dans le cerveau de plusieurs jeunes qui choisiront ce numéro dans leur équipe sportive en se croyant marrant ! En fait, ça semble déjà être le cas, juste à voir ce partisan du Rocket de Laval.

photo tiré de Facebook

Présentement dans la LNH, il n'y a que 4 joueurs qui arborent le 67 sur leur chandail. Il s'agit de Lawson Crouse du Mammoth, Xavier Parent des Devils, Declan Carlisle du Lightning et Rickard Rackell des Penguins. Dans toute l'histoire de la LNH, c'est un grand total de 41 joueurs différents qui choisirent ce numéro, dont un seul gardien et ce pendant seulement 7 matchs. Et dans ces 7 matchs avec les Mighty Ducks d'Anaheim, Tom Askey n'a remporté aucune victoire. Chez le Canadien de Montréal, trois joueurs ont décidé d'y aller avec le numéro 67, de grands joueurs comme Michael Frolik, Chris Tierney et un capitaine, un certain Max Pacioretty.

Tom Askey - 0-2-2 en 7 matchs (dont 1 défaite en séries)


Au hockey le nombre "67" fait référence à un grand évènement de la LNH, lorsque quand on l'associe à l'année 1967. C'est effectivement en 1967 que la LNH fit sa première grande expansion, quittant "l'ère des 6 équipes", doublant le cadre de la ligue alors qu'il y aurait désormais douze (12) équipes qui se disputeraient le championnat de la coupe Stanley. Ça fera donc bientôt 60 ans que les Blues de St-Louis, les Flyers de Philadelphie, les Kings de Los Angeles et les Penguins de Pittsburgh firent leur entrée dans la LNH, accompagné des Golden Seals de la Californie et des North Stars du Minnesota, qui ont depuis disparut de la carte.



N'ayant pu mettre la main sur la coupe Stanley depuis 1967 (ni remporter plus de deux séries éliminatoire d'ailleurs !), je dis également que toute cette trend de SIX SEVEN doit faire solidement suer tous les fans des Maple Leafs. Et c'est ce qu'il nous fait apprécier les Maple Leafs … ils chockent année après années.





dimanche 25 janvier 2026

Les arénas des Bruins - Boston Garden


 

Tex Rickard était un promoteur de boxe new yorkais. En 1925, il fit bâtir la troisième version du Madison Square Garden (qui n’était pas à Madison Square et qui n'est pas l'actuel MSG, la quatrième version) et y installa un locataire, les Americans de New York de la Ligue Nationale. L’année suivante, il se porta acquéreur d’une autre nouvelle équipe de la LNH, les Rangers, qu’il installa aussi au MSG. 

Devant le succès de ses entreprises, Rickard voulut avoir sept Madison Square Gardens. Il rassembla donc un groupe d’investisseurs pour construire le deuxième Madison Square Garden à Boston. Si celui de New York n’était plus sur Madison Square, imaginez de Boston… Le nom de l’aréna inauguré en 1928 fut éventuellement réduit à Boston Garden et il n'y eut pas d'autre MSG ailleurs qu'à New York.

Source: wikicommons
 

Conçu d’abord pour la boxe, la disposition des sièges était faite pour être près de l’action. Toutefois, comme le propriétaire des Bruins, Charles Adams, faisait partie des investisseurs, son équipe devint immédiatement un locataire. Ayant brisé son bail avec le Boston Arena, ceci déclencha une bataille juridique qui s’étendit jusqu’en 1933. 

Pendant la récession des années 1930, le Garden eut grandement besoin des tournées de patinage artistique de la championne olympique Sonja Henie et des Ice Follies pour rester à flot. Suite à une dispute avec le clan Henie, Walter Brown, un des propriétaires du Garden et futur propriétaire des Celtics, a fondé les Ice Capades. 

Ces mêmes Celtics furent fondés en 1946, mais contrairement aux Bruins, ils partagèrent leurs parties entre le Boston Arena et le Garden. Cette situation dura jusqu’en 1955. L’iconique parquet (fait de petits bouts de bois en raison des pénuries reliées à la guerre) venait d’ailleurs initialement du Boston Arena, avant d’être associé au Garden. C’est d’ailleurs sur ce même parquet que les Celtics eurent tant de succès (11 championnats en 13 ans, de 1957 à 1969), faisant ainsi de l’ombre aux Bruins, pour qui cette période fut beaucoup moins heureuse. Il demeure qu’en 1957, le Garden fut la première enceinte à accueillir la finale de la NBA et celle de la LNH la même année. Cette situation se répétera en 1958 et en 1974 (et arrivera aussi une fois à New York, Chicago et au New Jersey). 

En 1972-73, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre débutèrent leurs activités dans la nouvelle AMH en partageant leur temps entre l’Arena et le Garden. C’est d’ailleurs sur la patinoire de ce dernier qu’ils remportèrent la première Coupe Avco

Du côté musical, le Garden était un incontournable. Les Beatles, Elvis et Pavarotti y ont donné des spectacles. Aerosmith, un groupe local, y a été à l’affiche 10 fois. Par contre, Kiss refusa de renoncer à ses effets pyrotechniques, ce qui était interdit au Garden et y fut donc écarté. 

Source: wikicommons

Au fil du temps, le vieux Garden finit toutefois par montrer ses limites. D’abord, sa capacité (moins de 15000 personnes pour le hockey) était faible, et ce, malgré que la patinoire était plus petite que les normes (9 pieds de moins sur la longueur et 2 pieds de moins sur la largeur). Cette étroitesse où on ne pouvait se défiler pouvait toutefois être un avantage pour les Big Bad Bruins. 

Aussi, le Garden n’avait pas d’air climatisé. Lorsque les Bruins avançaient en séries, la chaleur pouvait causer du brouillard sur la glace. Et c’est sans compter les piliers structuraux qui obstruaient la vue de certaines places et la quantité impressionnante de rats qui y habitait. 

Des problèmes avec le système électrique causèrent aussi des maux de tête lors des finales de 1988 et 1990, incluant un match qui dut être repris deux jours plus tard à Edmonton. 


 

Il y eut finalement au fil des ans plusieurs projets pour remplacer le désuet Garden, incluant un au New Hampshire. 

Après de longues négociations, il y eut en 1993 une entente pour construire le nouveau Shawmut Center, qui devint le Fleet Center avant même son ouverture, lorsque la banque Shawmut fut acquise par la Fleet Bank. Il s’appelle aujourd’hui le TD Garden

Construit sur le même site, à certains endroits, il n’y avait que 9 pouces entre le vieux Garden et son nouveau voisin. 

Le dernier duel à s'y tenir fut un match présaison entre Montréal et Boston, disputé le 26 septembre 1995 que les Bruins remportèrent 3-0. 

Les deux immeubles cohabitèrent pendant 3 ans, quand le Garden fut démoli.  Les morceaux du parquet furent vendus au public.


 

Sources : 

″It’s back to school time″ de Gary Fitz, February 25, 1992, The Nashua Telegraph, page 15, 

″Boivin, Orr, Léveillé…″ de Réjean Tremblay, 27 septembre 1995, La Presse, page S3, 

″Une grande fête″, 27 septembre 1995, La Presse, page S4, 

″De beaux souvenirs du Garden″ de Réjean Tremblay, 27 septembre 1995, page S5, 

″Verdi : At old Boston Garden, rats and excessive heat had their place″ de Bob Verdi, June 18, 2013, Chicago Daily Herald,(dailyherald.com), 

wikipedia.org.

samedi 24 janvier 2026

Les arénas des Bruins - Boston Arena (ou Matthews Arena)

 

Il y a quelques années, j’avais fait une petite série de textes au sujet de tous les arénas où les Canadiens ont joué et j’étais retourné sur le site de chacun d’eux pour voir ce qui s’y trouve aujourd’hui. J’avais répété l’expérience à Toronto, puis récemment à Edmonton et Calgary

Je ne l’avais pas fait lorsque je suis allé à Boston il y a quelques années, mais je voulais un jour le faire, entre autres pour aller voir le Matthews Arena, qui s’appelait le Boston Arena lors de la naissance des Bruins en 1924. Comme il était toujours utilisé par l’Université Northeastern, je me suis dit qu’il serait intéressant d’aller y voir un match. J’avais passé devant la dernière fois que j’y suis allé, mais c’était en été et tout était verrouillé. Partie remise que je me disais. 


 

J’ai raté mon coup… C’est avec déception que j’ai appris que les Huskies de Northeastern y avaient disputé leur dernier match le 13 décembre dernier, contre les Terriers de Boston University. (Les Terriers ont gagné 4-3.) L’aréna étant construit sur du remblai, sa structure commence à s’enfoncer (tout de même plus de 110 ans après son inauguration) et devrait être démoli le mois prochain. Il sera remplacé par une nouvelle construction qui hébergera les Huskies. 

Inauguré en 1910, il était au moment de sa fermeture le plus vieil aréna toujours en opération pour du hockey. 

 

La démolition d’un immeuble situé au cœur d’un campus universitaire dense et près de deux stations de métro représentera un défi. Mais auparavant, l’intérieur sera vidé, pour y récupérer certains items qui seront réutilisés (incluant des éléments architecturaux) et d’autres qui seront conservés en souvenir ou vendus aux partisans. On peut d’ailleurs acheter des sièges pour 600$ US, même si ceux-ci sont plutôt contemporains. L’enseigne des toilettes est plus raisonnable, à 150$. 

Voici donc un texte à son sujet, même si j’aurais préféré éventuellement faire quelque chose de plus étoffé. 

Je peux tout de même vous dire qu’à son inauguration, Boston Arena était la première patinoire intérieure de la ville. Contenant 5000 places, sa présence a permis au hockey de prendre de l’ampleur dans la région. D’ailleurs, il a même accueilli Babe Ruth, qui a brièvement joué au sein d’une équipe amateur lors de son passage chez les Red Sox. 

En décembre 1918, un incendie le détruisit, mais suite à sa reconstruction, il réouvrit en janvier 1921.

Lorsque les Bruins sont devenus la première équipe américaine à se joindre à la LNH en 1924, il allait de soi qu’ils jouent au Boston Arena. Ils y rejoignirent alors les équipes de Harvard, Boston University et Boston College. 

Le séjour des Oursons y fut toutefois de courte durée. En 1928, une nouvelle enceinte fut construite, le Boston Garden. Celle-ci devint alors l’endroit principal en ville pour les galas de boxe et de lutte. Les Bruins suivirent, brisant ainsi leur bail avec le Boston Arena. Une bataille juridique s’en suivra qui dura jusqu’en 1933. 

Les Bruins furent toutefois remplacés par des équipes de ligues mineures, incluant les Olympics, qui firent brièvement partie de la Ligue de hockey senior du Québec dans les années 1940. 

En 1946, une équipe de la nouvelle Basketball Association of America (BAA, qui deviendra plus tard la NBA), les Celtics, commença ses opérations en partageant ses matchs entre l’Arena et le Garden. Cette situation demeura jusqu’en 1955. 

En 1972, un nouveau locataire arriva au Boston Arena, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre de la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH), qui partagèrent aussi leurs parties entre l’Arena et le Garden. Toutefois, ils furent coincés entre un Arena trop petit et un Garden trop occupé avec les Bruins, leur club école (les Braves) et les Celtics. Les Whalers décidèrent alors mettre le cap vers Hartford en 1974. C’est ainsi que les Baleiniers se retrouvèrent dans une ville qui n’est pas sur le bord de la mer. 

En 1979, l’Université Northeastern fit l’acquisition du Boston Arena, où son équipe de hockey jouait depuis 1930, et le renomma le Matthews Arena, en l’honneur du président de l’université. 

L’équipe qui a longtemps été dirigé par Fern Flaman a produit au fil des ans des joueurs comme David Poile (longtemps directeur-gérant des Capitals et des Predators), Chris Nilan, Jamie Oleksiak et Adam Gaudette. 

Autre que le hockey, l’Arena fut le site de nombreux discours politiques de présidents (Theodore Roosevelt, William Howard Taft, Herbert Hoover, F.D. Roosevelt). 

Il y eut aussi plusieurs concerts, comme ceux de Johnny Cash, Jerry Lee Lewis et Bob Dylan. En 1970, The Doors y donnèrent deux concerts. Le deuxième, interminable, fut interrompu lorsque les autorités coupèrent le courant, au grand déplaisir de Jim Morrison, dans un état second avancé. 

Sources : 

″The deconstruction of Matthews Arena will be ′very surgical′″ de Erin Kayata, December 9, 2025, Northeastern Global News (northeastern.edu), 

″The Last Days of Matthews Arena, Boston’s Overlooked Sports Cathedral″ de Dan Gartland, December 11, 2025, Sports Illustrated (si.com), 

rememberingmatthewsarena.myshopify.com, wikipedia.org.

 

vendredi 2 janvier 2026

Stock volé à vendre #21 - Chronique Vintage : La carte de hockey qu’Artūrs Irbe ne veut pas autographier

Peu de temps après le début de l'aventure "La Vie Est Une Puck", Martin est devenu chroniqueur pour le défunt site 25stanley.com, avec sa "Chronique Vintage". Bien qu'on croyait ces textes perdus à jamais, la magie d'Internet (et beaucoup de patience …) nous a permis d'en retrouver la majorité. Au cours des prochaines semaines / mois / années, nous en ressortirons quelques-uns des boules à mites, pour votre plus grand plaisir. 






Originalement publié le 14 août 2012

Si vous aviez entre 8 et 14 ans en 1990, vous vous rappelez certainement de cette carte de la collection de l’Armée Rouge que l’on retrouvait à raison d’une carte par paquet de la série O-Pee-Chee 1990-91. On y voyait donc le futur gardien vedette des Sharks et des Hurricanes dans l’uniforme du CSKA, la fameuse équipe de l’Armée Rouge.

Sachez que cette carte qui est considérée comme étant sa carte de recrue en est une qu’Irbe refuse d’autographier.

Artūrs Irbe est un gardien d’origine lettonne, étant né en 1966 à Riga, la capitale du pays… Il a débuté sa carrière de haut niveau en 1986 avec le Dinamo de Riga de la ligue d’URSS et y a évolué jusqu’en 1991 lorsqu’il se joint aux Sharks. La première visite d’Irbe en Amérique du Nord fut lors de la Super Série de 1988-89 alors qu’il évoluait avec son équipe.

Pour ceux qui ne le savent pas, les Super Séries étaient une série de matchs hors-concours qui avaient lieu au milieu de la saison entre des équipes soviétiques et les équipes de la LNH. C’était à l’époque où les joueurs soviétiques étaient très peu présents dans la Ligue nationale, donc où les deux types de hockey étaient très distincts et où les équipes de l’URSS, notamment le CSKA, étaient pleines de joueurs qui sont maintenant considérés comme des légendes. Donc un bon moyen de voir la différence entre les deux systèmes de hockey.

Lors de la Super Série de 1989-90, le CSKA réquisitionna les services du gardien du Dinamo de Riga pour jouer ses matchs. Or il est assez reconnu que la plupart des personnes vivant dans les pays satellites de l’URSS comme la Lettonie avaient un brin de haine envers Moscou durant l’ère soviétique, siège du pouvoir qui dirigeait ces républiques constituantes. Les lettons avaient une haine particulière envers les russes, ce qui explique le fait qu’ils furent un des 3 premiers peuples à s’affranchir de l’URSS. J’ai déjà d’ailleurs parlé d’un joueur des années 70, Helmuts Balderis qui refusa de s’aligner avec le CSKA, préférant rester avec le Dinamo Riga, et qui fut suspendu.

Artūrs Irbe, en tant que joueur d’origine lettone, n’avait pas une grand affection pour les russes. Alors lorsqu’il fut réquisitionné afin d’évoluer avec le CSKA pour la tournée 1989-90 avec le CSKA, c’est à contrecœur qu’il se joignit à la légendaire équipe…

À noter qu’en 2006, aux jeux de Turin, Irbe, qui étaient en fin de carrière à 40 ans, évolua non seulement avec son équipe nationale, mais fut le porteur de drapeau du pays. Ce n’est que pour illustrer sa fierté d’être letton et la reconnaissance du peuple de Lettonie envers ce gardien.

Et bien de nos jours, si vous lui faites parvenir des cartes de hockey pour lui faire autographier cette dernière, il signera probablement toutes vos cartes que vous lui envoyez, sauf celle-ci qui représente un moment triste dans sa carrière, où il fut réquisitionné par le système pour évoluer pour une équipe russe…

Je vous suggère de lui envoyer celle-ci :