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mardi 14 avril 2020

Joueur oublié des 90's #29 - Michal Grošek



Né le 1er juin 1975 dans la petite ville de Vyškov en Tchécoslovaquie (maintenant en République Tchèque), Michal Grošek fut à l'origine un choix de 6e ronde (145e au total) des Jets de Winnipeg au repêchage de 1993.



Il traversa immédiatement en Amérique du Nord suite à cette sélection et partagea la saison 1993-94 d'abord avec les Rockets de Tacoma dans la WHL. Il sembla être trop fort pour le junior alors qu'il récolta 45 points en 30 matchs avec les Rockets. Il gradua donc rapidement avec le club-école des Jets, les Hawks de Moncton dans la Ligue américaine. Il joua également ses premiers matchs dans la LNH, récoltant son premier but durant 3 matchs avec le grand club. Malgré que les Jets furent historiquement des pionniers dans l'acquisition de joueurs européens (notamment en Suède et en Finlande), Grošek était le premier joueur tchèque dans l'histoire de l'organisation.

Il retourna terminer la saison avec Tacoma pour les séries et lorsque ces derniers furent éliminés, il alla porter renfort aux Hawks de Moncton pour leur parcours en séries. 

Il partagea ensuite les deux saisons suivantes avec les Jets et leur club-école (désormais les Falcons de Springfield) mais il fut échangé aux Sabres en février 1996 dans un échange important pour la franchise des Jets (bientôt relocalisés en Arizona). Grošek prit le chemin de Buffalo en compagnie du défenseur Darryl Shannon. En retour, les Jets mirent la main sur le vétéran défenseur Craig Muni et un choix de première ronde en 1996. Ce choix deviendra quelques mois plus tard la future vedette des nouveaux Coyotes de Phoenix, Daniel Brière. On pourrait donc considérer que cet échange fut perdant pour les Sabres, mais ils se rattraperont plus tard en faisant l'acquisition de Brière en 2003 (contre Chris Gratton).

Grošek mit donc le cap sur Buffalo où il prendra son envol.  Les Sabres comptaient dans leur équipe plusieurs autres joueurs de l'ex-Tchécoslovaquie dont Richard Smehlik, Vaclav Varada, Miroslav Satan et bien sûr le meilleur gardien au monde à ce moment, Dominik Hasek. Grošek connut des débuts modestes avec sa nouvelle équipe, récoltant tout d'abord deux saisons de 36 et 30 points respectivement. Il devint toutefois un joueur d'impact pour les Sabres durant les séries de 1998, récoltant 10 points en 15 matchs et marquant le but vainqueur qui élimina les Flyers en première ronde.





Lui et les Sabres reprirent de plus belle en 1998-99 alors que Grošek récolta 20 buts et 50 points et que les Sabres se rendirent en finale de la coupe Stanley. Grošek ne connut pas de grandes séries cependant, ne récoltant que 4 passes en 13 matchs et ratant quelques matchs sur la liste des blessés.

Il sembla ensuite perdre la confiance de son entraîneur, Lindy Ruff, qui le laissa de côté à plusieurs reprises la saison suivante. Il demanda à la direction de l'échanger, ce qui arriva en mars 2000. Il fut vendu à prix fort aux Blackhawks contre le vétéran Doug Gilmour et un jeune Jean-Pierre Dumont. Cet échange est considéré comme l'un des meilleurs de l'histoire des Sabres, alors que Gilmour, quoique plus âgé, vint apporter davantage de leadership à l'équipe, tandis que Dumont eut un impact immédiat avec les Sabres, récoltant 4 saisons de plus de 20 buts en 5 ans. La veille de l'échange de Grošek aux Blackhawks, les Sabres avaient également transigé avec le Lightning pour obtenir Chris Gratton (qui deviendra monnaie d'échange pour amener Daniel Brière à Buffalo).

Donc, pendant que les Sabres reconstruisirent leur équipe, Grošek disparut graduellement et discrètement du radar le la LNH. Il déclara plus tard que sa demande de transaction aux Sabres fut la plus grande erreur de sa carrière.

Il termina cette saison 1999-00 avec les Blackhawks (6 points en 14 matchs) et ces derniers l'échangèrent aux Rangers en compagnie de l'ancien défenseur du CH Brad Brown en retour de considérations futures (que j'ignore). Il joua 65 matchs avec les Rangers en 2000-01, ne récoltant que 20 points et étant relégué dans la Ligue américaine. Il passa ensuite la majorité de la saison 2001-02 dans la AHL avec le Wolf Pack de Hartford, ne jouant que 15 matchs avec les Rangers et étant placé quelque fois au ballottage, sans être réclamé dû à son jeu inconsistant et son salaire trop élevé.


Il trouva ensuite du boulot avec les Bruins. Désormais un joueur d'utilité, confiné sur les deux derniers trios, il joua 63 matchs en 2002-03 (20 points) et ensuite seulement 33 matchs en 2003-04, saison où il passa plusieurs semaines sur la liste des blessés suite à une commotion. Il mit ensuite le cap sur la Suisse lors du lock-out de 2004-05 et ne revint ensuite plus jamais dans la LNH. Il joua quelques saisons pour le club Genève-Servette tout en faisant des détours dans la KHL et la deuxième division de Suède. Il prit sa retraite comme joueur en 2008 et devint entraîneur-chef en deuxième division suisse.

En 526 matchs dans la LNH, il récolta 84 buts, 137 passes pour 221 points.

vendredi 10 avril 2020

Samuel Rothschild



Le père de Samuel Rothschild était un immigrant juif qui quitta la Russie avec ses trois frères, pour immigrer aux États-Unis. Ils allèrent ensuite à Montréal, avant de suivre le train vers l’ouest et de s’établir à Sudbury en 1883. Ils vendirent d’abord des marchandises aux travailleurs du rail, avant de s’ouvrir un magasin général, une boucherie et un magasin d’alcool (qu’ils perdront lors de la prohibition en 1915).

C’est donc dans une famille commerçante relativement prospère qu’est né Rothschild en 1899.

Celui-ci a ensuite déménagé à Montréal, où il étudia à McGill et s’aligna avec leur équipe de hockey. Il enfila également l’uniforme d’autres équipes mineures montréalaises, avant de retourner à Sudbury et de jouer pour les Wolves de l’endroit, d’abord en version junior, puis en version senior.

En octobre 1924, une nouvelle équipe de la LNH basée à Montréal, les Maroons, étaient sur le point de faire leurs débuts. Étant en recrutement, ils lui offrirent un contrat de 2 ans à 3500$ par année, en plus d’un boni à la signature de 1000$.

Le 1er décembre 1924 à Boston, les Maroons firent ainsi leurs débuts contre leurs frères d’expansion, les Bruins. Il s’agissait alors du premier match régulier de la Ligue nationale disputé aux États-Unis. (Des équipes américaines de la PCHA avaient par contre accueilli des matchs de la finale de la Coupe Stanley, puisqu’à ce moment, elle n’était pas encore exclusive à la LNH.) Au même moment, Rothschild faisait ses débuts et devenait ainsi le premier juif à jouer dans la Ligue nationale. Les Bruins l’emportèrent 2-1.

La première saison des Maroons se conclut avec une fiche de 9-19-2, terminant avant-derniers, devant les Bruins. Quant à Rothschild, ses 5 buts et 4 passes en 27 matchs lui assurèrent la troisième position chez les pointeurs de son équipe, derrière Punch Broadbent et Reg Noble.

L’année suivante, l’arrivée de Nels Stewart et de Babe Siebert améliora grandement la famélique attaque des Maroons. À eux deux, ils comptèrent plus de buts que l’équipe en entier en avait marqué lors de la saison inaugurale. (Par contre, il faut noter que le calendrier avait passé de 30 à 36 matchs.)

Ces performances aidèrent les Maroons à grandement s’améliorer. Ils terminèrent la saison régulière en deuxième place, pour ensuite surprendre Ottawa en séries et rafler la Coupe O'Brien et se mériter le droit d’affronter les champions de la WHL, les Cougars de Victoria, pour la Coupe Stanley.

Nels Stewart marqua 6 des 10 buts de son équipe, permettant aux Maroons de remporter la Coupe à leur deuxième année. Cette finale marqua aussi la dernière apparition d’une équipe n’appartenant pas à la LNH en finale de la Coupe Stanley, puisque la WHL cessa ensuite ses activités.

De son côté, bien que membre d’une équipe championne, Rothschild vit son utilisation diminuée et il se contenta de 2 buts et une passe en saison régulière.

Il revint tout de même pour une troisième saison, où il accumula un but et une passe.

Ses droits furent ensuite vendus aux Pirates de Pittsburgh en novembre 1927, mais son séjour dans la ville de l’acier fut de courte durée. En décembre, il fut suspendu par l’équipe parce qu’il ne s’était pas conformé aux règles de l’équipe pour ce qui est des pratiques, en plus de ne pas être suffisamment en forme. Il termina alors la saison avec les Americans de New York, avant de prendre sa retraite, suite à une blessure au genou.

Il retourna ensuite à Sudbury, où il devint entraîneur des Wolves. Son équipe, qui avait un jeune Toe Blake dans ses rangs, remporta d’ailleurs la Coupe Memorial en 1932.

Il devint également représentant pour Seagram pendant de longues années et s’impliqua au niveau du curling, devenant à un moment président de l’association nationale. Il est d’ailleurs membre du Temple de la renommée du curling canadien. Il a aussi été conseiller municipal et président de la chambre de commerce, toujours à Sudbury.

Il est décédé en 1987, à l’âge de 87 ans.


Sources:
“Rothschild Suspended”, December 26, 1926, Montreal Gazette, page 14,
“Rothschild Released”, December 39, 1926, page 14,
“The Rothschilds Story”, June 1, 2011, Sudbury Living Magazine, (sudburylivingmagazine.com),
“Sudbury, Sports” (ontariojewisharchives.org), curling.ca/hof, wikipedia.org.

mardi 7 avril 2020

Bengt-Åke Gustafsson




Né le 23 mars 1958 à Karlskoga en Suède, Bengt-Åke Gustafsson fut un des joueurs les plus efficaces des Capitals de Washington durant les années 80. Son jeu complet et ses talents de passeur firent de lui en quelque sorte l'ancêtre de Nicklas Backstrom dans la capitale américaine. Quoique sa carrière fut quelque peu courte en Amérique du nord, il continua sur sa lancée en Europe et devint éventuellement un entraîneur de renom.


Gustafsson débuta sa carrière pour le club de sa ville natale, le KB Karlskoga en 2e division suédoise. Il gradua éventuellement dans la ligue élite suédoise avec le légendaire club Färjestads BK en 1977-78 et suite à cette première saison, il fut sélectionné en 4e ronde (55e au total) par les Capitals. Après une autre saison avec Färjestads, il décida de faire le saut en Amérique mais plutôt que de rejoindre les Capitals, il mit le cap sur l'AMH avec les Oilers d'Edmonton, qui le recrutèrent comme renfort pour les séries de 1979. Il joua deux matchs durant ces séries avec les Oilers, récoltant 1 but et 2 passes. Je ne sais pas pourquoi il a réussi à jouer ces deux matchs car il fut par la suite jugé inéligible à jouer car les équipes de l'AMH n'avaient pas le droit de recruter des joueurs européens si tard dans la saison. Sans Gustafsson (mais quand même avec un jeune Wayne Gretzky), les Oilers perdirent en finale contre les Jets durant ce dernier championnat de l'histoire de la ligue rebelle.

Suite à la fusion de l'AMH et la LNH, les Oilers avaient le droit de protéger 3 joueurs pour leur entrée dans la grande ligue. Ils protégèrent Gretzky, Gustafsson et le gardien Dave Dryden. Cependant, les Capitals ne voulaient pas voir Gustafsson leur filer entre les doigts et firent valoir leurs droits à son endroit auprès de la ligue. Gustafsson voulait rester à Edmonton et la cause se rendit entre les mains du président John Ziegler qui trancha en faveur des Caps. Il est à se demander de quoi auraient eu l'air les puissants Oilers avec un joueur talentueux comme Gustafsson en plus de tous les autres...

Mais Gustafsson avala la pilule et débuta avec les Capitals pour la saison 1979-80. Il connut une excellente première saison dans la LNH avec 22 buts et 60 points, ce qui à l'époque était un record d'équipe pour une recrue. 

Désormais surnommé ''Gus'' par les médias locaux et les fans, il joua tout d'abord 7 saisons complètes à Washington. Sa meilleure saison fut celle de 1983-84 où il obtint 32 buts et 75 points, étant muté sur le premier trio avec Dave Christian et Mike Gartner. Il connut même un match de 5 buts en janvier 1984, une soirée où il marqua sur chacun de ses 5 tirs. Il répliqua son sommet en carrière de 75 points en 1985-86 mais fut victime d'une terrible blessure en fin de saison lorsqu'il se cassa la jambe suite à une collision avec Denis Potvin des Islanders. 

Il rata le reste de la saison et les séries, et décida de retourner en Suède la saison suivante pour compléter sa réhabilitation. Il retourna à ses premières amours alors qu'il joua quelques matchs en première division pour le club de sa ville natale, désormais nommé le Bofors IK. Il avait perdu de la vitesse suite à sa blessure, mais il se réinventa et retrouva éventuellement sa confiance. Il permit ensuite à la Suède de remporter l'or aux Championnats du monde de 1987.

Gustafsson était d'ailleurs un habitué de la scène internationale, participant presque annuellement au championnat du monde et aux différentes coupes Canada durant les années 80. 

Suite à cette saison en Suède, les Capitals lui offrirent un nouveau contrat et il revint à Washington pour la saison 1987-88. Toujours efficace, il joua deux autres saisons avec les Caps, récoltant dans l'ordre 54 et 69 points.




En 1989-90, il décida de retourner pour de bon en Suède. Il retourna d'abord avec le Färjestads BK avec qui il remporta le titre du MVP de la ligue en 1989-90. Au sein du club cette année-là, on retrouvait d'autres anciennes gloires suédoises des années 80 qui avaient récemment quitté la LNH comme Hakan Loob et Kjell Dahlin.

Durant ce temps, ses droits dans la LNH furent réclamés par les Red Wings au ballotage en octobre 1990 et il fut ensuite repêché par les Sharks lors de leur repêchage d'expansion en 1991. Malgré qu'il n'avait pas joué dans la LNH depuis la fin de la saison 1988-89, O-Pee-Chee lui accorda tout de même une carte de hockey pour son set de 1991-92 qui mit en vedette des cartes ''spéciales'' pour ces joueurs repêchés par la nouvelle équipe des Sharks. Personnellement, cette fameuse carte fut la première fois que j'entendis parler de Gustafsson...

Au moins ils n'ont pas fait de carte ''spéciale'' pour Guy Lafleur avec les North Stars...


Il joua donc plutôt 4 saisons avec Färjestad, en plus de participer au championnat du monde de 1991 (une autre médaille d'or) et aux Olympiques de 1992. En 1993-94, il mit toutefois le cap sur l'Autriche, s'alignant avec le club VEU Feldkirch avec qui il remporta le championnat durant 5 saisons d'affilée. Le point culminant de cette fin de carrière fut en 1998 lorsqu'à 40 ans, en tant que joueur et assistant entraîneur, il aida l'équipe à remporter le championnat de la EHL (European Hockey League). Ce tournoi (qui n'existe plus) était alors le meilleur niveau de compétition en Europe, mettant en opposition les 24 meilleures équipes d’Europe et de Russie. Il récolta 12 points en 10 matchs durant ce tournoi.

Il débuta ensuite une longue et fructueuse carrière d'entraîneur. Il prit d'abord les rênes du VEU Feldkirch et ensuite du SC Langnau dans la ligue suisse. Il fut également assistant entraîneur pour l'équipe nationale suisse aux championnats du monde jusqu'en 2002. Il revint par la suite en Suède comme entraîneur de son ancien club, le Färjestads BK qu'il mena au championnat de 2002 et avec qui il fut en poste jusqu'en 2005. Il fut entre-temps élu au temple de la renommée de la IIHF en 2003.

Toutefois, son année de consécration comme entraîneur fut en 2006 alors qu'il fut nommé entraîneur-chef de l'équipe nationale suédoise aux championnats du monde et aux Olympiques de Turin. Son équipe remporta l'or dans les deux tournois et il fut déclaré entraîneur chef de l'année en Suède. Il s'agissait de la première fois qu'un entraîneur remportait l'or aux deux tournois la même année.


Gustafsson et l'équipe suédoise aux Olympiques de 2010 à Vancouver

Il occupa ses fonctions jusqu'en 2010. Il entraîna ensuite une saison en suisse et fit le saut dans la KHL en 2011-12 avec le club Atlant Mytishch. Ce fut cependant un fiasco et il fut rapidement congédié au mois de novembre. Il entraîna ensuite en Allemagne, revint en Suisse et on le vit pour la dernière fois à ce jour en Norvège avec le club Stjernen Fredrikstad en 2018-19.


Sa fiche dans la LNH fut de 196 buts, 359 passes et 555 points en 629 matchs.

dimanche 5 avril 2020

Réal Lemieux



Bien que natif de Victoriaville, c’est à Sorel qu’a grandi Réal Lemieux.

En 1963, il participa au camp du Canadien Junior, mais comme il n’appartenait à aucune organisation, le journaliste Guy Émond lui conseilla plutôt de signer avec les Red Wings. Il se retrouva donc avec les Red Wings de Hamilton de la Ligue de l’Ontario.

Il y évolua ainsi deux ans. En 1964-65, il marqua 48 buts en 48 matchs, avant de passer aux Wings de Memphis de la Ligue centrale.

Que ce soit à Hamilton ou à Memphis, Lemieux s’est retrouvé au sein d’équipes assez faibles, prélude aux années pénibles qui suivront pour les Red Wings. Toutefois, nous sommes toujours pendant la période des six équipes et les postes sont difficiles à obtenir. Malgré cela, Lemieux eut tout de même l’occasion de faire ses débuts dans la LNH en étant rappelé pour un match en 1966-67.

À la fin de la saison, la Ligue nationale doubla ses effectifs, passant de 6 à 12 équipes. Ceci créa de nombreux postes, et Lemieux en bénéficia en étant choisi par Los Angeles.

C’est dans un rôle d’attaquant défensif et en jouant en désavantage numérique que le fougueux Lemieux se fit une place avec les Kings. Celui qui avait disputé quelques combats de boxe dans le cadre des Golden Gloves, n’accumula pourtant pas tant de minutes de pénalité.

Lemieux demeura deux ans sur la côte ouest, avant d’être échangé aux Rangers, contre Léon Rochefort et Dennis Hextall. Son expérience dans la Grosse Pomme fut par contre plus ou moins heureuse, où il n’eut pas tant de temps de glace. D’ailleurs, New York le retourna à Los Angeles au mois de février avec Juha Widing contre Ted Irvine. Les Kings, qui après deux années respectables pour une équipe d’expansion sous les ordres de Red Kelly, étaient d’ailleurs dans une année horrible, où le nouvel entraîneur Hal Laycoe n’a pas fait long feu. Los Angeles termina alors la saison avec 38 points, 20 points derrière les avant-derniers, les pauvres Seals d'Oakland.

Une saison aussi mauvaise aurait en théorie permis de mettre la main sur un espoir de premier plan au repêchage. Il y en avait d’ailleurs de disponible, mais Gilbert Perreault se retrouva plutôt avec les nouveaux Sabres, tandis que leurs frères d’expansion, les Canucks, choisirent le futur directeur-gérant des Panthers, Dale Tallon. Quant aux Kings, ils auraient dû choisir au troisième rang, mais ils avaient échangé leur choix aux Bruins contre Skip Krake. C’est ainsi que Reggie Leach aboutit à Boston et que les Kings ratèrent aussi les séries les trois années suivantes.

Les choses semblaient se replacer pour les Kings en 1973-74, mais Lemieux n’eut pas la chance de retourner en séries, puisque le scénario se répéta. En novembre, Los Angeles l’envoya à nouveau aux Rangers avec Gilles Marotte contre Sheldon Kannegiesser, Mike Murphy et Tom Williams.

Toutefois, le deuxième séjour à New York de Lemieux sera encore plus court que le premier. Après seulement 8 matchs, les Rangers l’échangèrent aux Sabres contre un joueur des mineures.

À la fin de la saison, ses services ne furent pas retenus par Buffalo et il décida donc de prendre sa retraite. Au total, il joua 457 matchs dans la LNH. Sa fiche est de 51-104-155.

Il retourna ensuite à Sorel, pour travailler pour une compagnie du domaine de l’acier. Malheureusement, le retour à la maison tourna au tragique. En octobre 1975, Lemieux fut victime d’une fatale rupture d'anévrisme cérébrale. Il n'avait que 30 ans.

Pour venir en aide à sa famille, un match bénéfice eut lieu à Sorel en août, match auquel participèrent ses anciens coéquipiers Rodrigue Gilbert et Gilles Marotte et plusieurs autres joueurs de la Ligue nationale et de l’AMH.

Un parc porte aujourd’hui son nom sur la rue Martin, à Sorel-Tracy.



Sources:
Moran, Jay, The Rangers, the Bruins and the End of an Era, AuthorHouse, Bloomington, 2009, p.165,
"Match de hockey en mémoire de Réal Lemieux", 19 juillet 1976, La Presse, page C5;
"Souvenir pour la famille Lemieux", 28 août 1976, Le Nouvelliste, page 8;
“La Coupe aux Kings et une pensée pour Réal Lemieux” de Jean Doyon, 12 juin 2012, Sorel-Tracy Magazine (soreltracy.com),
"Les chroniques du Panthéon : Réal Lemieux, joueur de hockey sorelois, fougueux et vaillant" de Jean Doyon, 6 mars 2017, Sorel-Tracy Magazine, (soreltracy.com),
hockeydb.com, hockey-reference.com, wikipedia.com.