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vendredi 19 juin 2020

Stan Weir



Au sein des Tigers de Medicine Hat, Stan Weir faisait partie d’une équipe junior avec une offensive redoutable. En 1971-72, il termina au deuxième pointeur de la Ligue de l’ouest, derrière son collègue, Tom Lysiak. Par contre, la meilleure attaque fut plombée par une défensive beaucoup moins efficace et les résultats furent en bout de ligne plutôt moyens. Ceci n’empêcha toutefois pas Weir d’attirer l’attention des Golden Seals de la Californie, qui le choisirent au deuxième tour, avec la 28e sélection du repêchage de 1972. L’année suivante, ses deux coéquipiers, Lysiak et Lanny McDonald, furent parmi les premiers appelés (2e et 4e respectivement). À ce moment toutefois, Weir n’était plus là, puisqu’il avait déjà réussi à se tailler un poste chez les faibles Seals.

À sa troisième saison à Oakland, ses 45 points lui valurent la première place (ex-aequo) dans l’équipe, qui comme à son habitude, était mauvaise. La réponse des Seals fut alors de l’échanger aux Maple Leafs, où il alla rejoindre son ami Lanny McDonald. Après moins de deux mois après le début de la saison, l’autre meneur, Larry Patey, avait aussi quitté l’équipe, ayant été aussi échangé, aux Blues dans son cas.

Son passage à Toronto a bien débuté, lui permettant de connaître ce qui était à ce moment sa meilleure saison avec 51 points, et de participer aux séries pour la première fois. Ses résultats allèrent toutefois en déclinant lors des deux saisons suivantes, allant même jusqu’à inclure un séjour prolongé dans la Ligue centrale, à Tulsa, en 1977-78.

Ce séjour dans les mineures l’incita à signer avec l’AMH, du côté des Oilers d’Edmonton, lui permettant ainsi de retourner dans sa province natale, mais aussi Glen Sather, lui qui avait fréquenté son école de hockey dans sa jeunesse.

La saison 1978-79 des Oilers ne fut pas seulement marquée par l’arrivée de Weir, mais aussi et surtout, par celle de Wayne Gretzky. Edmonton se rendit en finale mais s’inclina devant Winnipeg, dans ce qui s’avéra la dernière année du circuit maudit.

Comme l’AMH cessa d’exister, les droits de Weir furent retournés aux Leafs. Toutefois, ceux-ci le soumirent au ballotage, ce qui permit aux Oilers de le réclamer.

Ce travailleur acharné marqua son retour dans la LNH avec sa meilleure saison en carrière, marquant 33 buts et obtenant 33 passes, même s'il jouait sur un trio relativement défensif. Avec Dave Hunter et Dave Lumley, on les surnommait la "Gangrene Line", parce qu'à l'entraînement, leurs chandails étaient verts.

Fait cocasse, lors de ses années à Edmonton au début des années 1980, il portait une barbe fournie. En ajoutant le fait qu’il jouait sans casque, il avait une allure typique d’un joueur du milieu des années 1970, alors que la chevelure et la barbe se portaient longues. Pourtant, lors de ces mêmes années, il était plutôt glabre ou au plus, moustachu, comme s’il suivait la mode à retardement.

Comme pour son séjour à Toronto, ses performances allèrent ensuite en déclinant. En mars 1982, il fut d’ailleurs échangé aux pauvres Rockies du Colorado, avant donc que les Oilers atteignent leurs sommets.

Weir termina donc l’année avec les Rockies, mais à la fin de la saison, au lieu de déménager au New Jersey avec le reste de l’équipe, il retourna à Edmonton. Comme il fut découvert que le joueur contre qui il avait été échangé, Ed Cooper, avait une blessure non dévoilée, la Ligue Nationale annula l’échange. Plutôt que de le reprendre, les Oilers l’envoyèrent plutôt à Détroit contre un montant d’argent.

Suite à sa seule saison avec les Red Wings, Weir retourna dans la Ligue centrale, mais cette fois, avec le Magic du Montana, une barque qui prenait l’eau et qui fit faillite avant la fin de la saison.

Il joua une autre saison dans la Ligue internationale, à Milwaukee, avant de prendre sa retraite.

Il fit un retour en 1986-87 avec les Mott's Clamato's de Brantford, cette improbable équipe senior composée de plusieurs anciens de la LNH, qui remporta la Coupe Allan. Cette conquête vint ensuite conclure pour de bon sa carrière de hockeyeur.

Après avoir travaillé en vente pour une compagnie pétrolière à Toronto, il retourna dans sa province natale, mais cette fois à Calgary. Il y travailla aussi en vente, mais pour une entreprise qui vendait de l'outillage pour l'exploration pétrolière. Il continua malgré tout à appuyer les Oilers, même s'il habitait dans la ville de leurs grands rivaux albertains.


Sources:
“Does Calgary’s Stan Weir cheer for the Oilers? Absolutely!” de Dave Staples, 2 avril 2008, Edmonton Journal (edmontonjournal.com)
hockeydb.com, hockeydraftcentral.com, hockey-reference.com, wikipedia.org.

samedi 13 juin 2020

Équipe All-star des oubliettes #23 - Penguins de Pittsburgh




Un des items de ma bucketlist de confinement est de finir ou du moins continuer d'avancer cet éternel projet des équipes All-star des oubliettes commencé en 2017... Nous en sommes maintenant à la 23e équipe, les Penguins de Pittsburgh.


Je reconnais aucun de ces joueurs de 1983-84...


Je vous rappelle rapidement la formule, il s’agit de la meilleure équipe partante de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez subjectif également. Parfois aussi, j'omets d'inclure un joueur pour le mettre dans une autre équipe. Je les ajoute cependant dans les mentions honorables.

Allons-y donc.

Articles précédents de la série:
AnaheimBostonBuffaloCalgaryChicagoArizonaCarolineColoradoColumbusDallasDetroit, Edmonton, Floride, Los Angeles, Minnesota, Montréal , Nashville, New Jersey, New York Islanders, New York Rangers, Ottawa, Philadelphie


ATTAQUANTS


Luc Robitaille
46 matchs (1995)

Une saison assez anonyme de Lucky Luke à Pittsburgh durant la saison écourtée de 1995 lors de son (premier) exil de Los Angeles. Avant ça, il se serait apparemment fait jouer dans le dos par Wayne Gretzky qui voulait amener son ami Rick Tocchet le rejoindre à L.A. Robitaille fut donc utilisé comme monnaie d'échange pour soi-disant faire plaisir à Gretzky. Il y aurait aussi eu des tensions entre les deux légendes bien avant cet épisode et Robitaille serait resté amer envers Gretzky pendant quelques années. S'étant fait promettre par l'ancien propriétaire Bruce McNall qu'il ne serait jamais échangé, Robitaille se sentit trahi et déclara aux journalistes qu'il trouvait que Gretzky avait trop de pouvoir sur le personnel des Kings.

Il s’amena donc à Pittsburgh durant cette étrange demie-saison 1995 où Mario Lemieux était en sabbatique et il s'en sortit tout de même bien avec 23 buts et 42 points en 46 matchs. Il n'était cependant qu'au 4e rang des pointeurs de l'équipe derrière Jaromir Jagr, Ron Francis et Tomas Sandstrom.

Après cette seule saison, il fut utilisé de nouveau comme monnaie d'échange lorsqu'il passa aux Rangers de New York en échange d'un joueur que vous verrez plus loin dans ce décompte. Le séjour de Robitaille à Pittsburgh fut donc court et peu mémorable mais il fut quand même immortalisé à jamais avec ceci:



''On va les enculer..''

À New York, Robitaille connut deux saisons moyennes et fut même réuni avec Gretzky lorsque ce dernier signa avec les Rangers en 1996-97. Ils déclarèrent alors tous les deux qu'il n'y avait pas de problèmes entre eux, qu'ils étaient contents d'être réunis et de tourner la page sur les années difficiles des Kings après la finale de 1993. Cependant les Rangers le renvoyèrent à Los Angeles en août 1997 contre... un ex-Penguins, Kevin Stevens.


Pete Mahovlich
117 matchs (1977-79)

Un des échanges les plus malfamés pour les fans des Penguins se produisit en 1977 lorsque le populaire Pierre Larouche (alors âgé de 22 ans) fut envoyé aux Canadiens en compagnie de Peter Marsh. En retour les Penguins désiraient des joueurs plus combatifs et agguéris. Ils obtinrent donc les services du plus vieux Pete Mahovlich (alors âgé de 31 ans) et de Peter Lee. Le propriétaire des Penguins à l'époque, Al Savill, déclara ''les gars qu'on a échangé étaient des perdants. Ceux qu'on a amené sont des gagnants''. Il faisait également référence à l'acquisition récente de l'ex-Flyer Dave Schultz.

L'échange tourna cependant rapidement en faveur des Canadiens alors que Larouche connut une autre saison de 50 buts avec le CH en 1979-80 tandis que Mahovlich était souvent blessé et sur la pente descendante. Il obtint tout de même des saisons de 61 et 53 points soit près d'un point par match et il était populaire auprès des fans.

Cependant les Penguins décidèrent le l'échanger après la saison 1978-79 aux Red Wings en retour de Nick Libett. Il joua 1 saison et demie à Detroit et termina ensuite sa carrière dans les mineures.


Zigmund Palffy / John Leclair
42 matchs (2005-06) / 94 matchs (2005-07)

J'ai combiné ces deux joueurs pour le dernier poste d'attaquant car leur histoire est assez similaire.

Les premiers Penguins de l'ère "post-lockout/nouvelle LNH'' de 2005-06 étaient une drôle d'espèce. On retrouvait d'une part les jeunes loups qui incarnaient le renouveau de la franchise comme Marc-André-Fleury, Ryan Whitney, Maxime Talbot et bien sûr Sidney Crosby. Et de l'autre part on retrouvait des vieux routiers comme Mark Recchi, Lyle Odelein et bien sûr un Mario Lemieux qui en était à ses derniers miles comme joueur. En renfort pour cette nouvelle équipe après le lock-out, on retrouvait également deux des meilleurs marqueurs des 10 années précédentes qui signèrent avec l'équipe pour entourer Crosby et Lemieux. 

Le premier, l'ex-Islander et King Zigmund Palffy signa avec les Penguins après 5 saisons passées à Los Angeles. Il avait auparavant raté la moitié de la saison 2003-04 avec une blessure sérieuse à l'épaule. Il complimentait bien le trio de Crosby et récolta 42 points en autant de matchs. Sa blessure le rattrapa toutefois et il choqua l'équipe en décidant de prendre sa retraite en janvier. Après une saison sabbatique, il revint toutefois au jeu dans sa Slovaquie natale et y joua même jusqu'en 2013, participant au passage aux Jeux Olympique de Vancouver en 2010.

Le deuxième, l'ex-Canadien et ex-Flyer John Leclair fut libéré par ces même Flyers au retour du lock-out pour épargner de l'argent sur la masse salariale, eux qui étaient une des équipes les plus dépensières. Il se retrouva donc chez l'ennemi à Pittsburgh, ce qui demeure étrange à voir jusqu'à ce jour. Il n'était plus le marqueur de 40-50 buts qu'il était à ses belles années mais fit un travail honnête en 2005-06 avec 22 buts et 51 points en 73 matchs. Les choses se gâchèrent toutefois la saison suivante alors qu'après seulement 7 points en 21 matchs et ayant également blessé le nouveau venu Evgeny Malkin lors d'un entraînement, l'équipe le libéra et le plaça au ballottage. Ne trouvant pas preneur et ne voulant pas se rapporter dans les mineures, il décida de prendre également sa retraite.

Mentions honorables:
Marian Hossa (12 matchs 2007-08), Jarome Iginla (13 matchs 2012-13), Derek Sanderson (13 matchs 1977-78), Wilf Paiement (23 matchs 1987-88), Pat Falloon (30 matchs 1999-00), Alexandre Daigle (33 matchs 2002-03), Charlie Simmer (50 matchs 1987-88), Ron Duguay (53 matchs 1985-87), Gary Roberts (57 matchs 2006-08), Stephane Richer (58 matchs 2001-02), Miroslav Satan (65 matchs 2008-09), Steve Sullivan (79 matchs 2011-12), Andy Bathgate (150 matchs 1967-71)


DÉFENSEURS


Sergei Zubov
64 matchs (1995-96)

Après une saison 1995 décevante pour Sergei Zubov et les Rangers, ces derniers décidèrent de pousser davantage pour renforcer leur attaque afin de remporter une autre coupe Stanley durant l'ère Mark Messier. Ils se départirent donc de l'as défenseur russe qui prit le chemin de Pittsburgh en compagnie de l'attaquant Petr Nedved avant le début de la saison 1995-96. En retour de ces deux jeunes joueurs, les Rangers obtinrent deux joueurs plus expérimentés mais plus vieux en Luc Robitaille (voir plus haut) et Ulf Samuelsson. Il y aurait aussi eu un échange avorté quelques mois auparavant avec les Nordiques impliquant Mike Ricci mais ça c'est une autre histoire.

En 64 matchs avec les Penguins, Zubov s'en sortit bien avec 11 buts et 66 points. Mais parlant du nombre 66, il y avait apparemment des conflits professionnels entre Mario Lemieux (revenu de sa sabbatique mentionnée plus haut) et son nouveau coéquipier. La légende raconte que Lemieux trouvait que Zubov perdait trop de temps durant les avantages numériques et ne lançait pas assez. Et comme Gretzky à L.A, Lemieux en menait large à Pittsburgh dans les décisions hockey et la direction échangea donc Zubov aux Stars de Dallas en juin 1996.

En retour de Zubov, les Penguins obtinrent le défenseur Kevin Hatcher des Stars. Apparemment que ce dernier avait une influence négative sur son jeune frère Derian à Dallas. Hatcher ne joua que 3 saisons à Pittsburgh tandis que Zubov fut le pilier de la défense des Stars pendant plus de 10 ans, gagnant au passage une 2e coupe Stanley en 1999.



Marty McSorley
134 matchs (1983-85, 1993-94)

J'était un peu embêté par le peu de choix croustillants pour le poste de deuxième défenseur mais en scrutant davantage je me suis attardé au parcours de McSorley. Oui ce n'était pas vraiment une superstar et sa réputation est à jamais entachée depuis son coup de bâton sauvage à Donald Brashear en 1999-2000. Cependant il eut quelques moments où il était considéré comme un solide joueur et faute de meilleur options je me lance avec lui.

Je me rappelais vaguement de lui avec les Penguins en 1993-94 mais j'ignorais totalement qu'il avait déjà joué là-bas auparavant soit au début de sa carrière. Non repêché, McSorley parvint à obtenir un contrat avec l'équipe en 1983 et joua la saison 1983-84 au complet avec eux, récoltant 224 minutes de pénalités. Il fut toutefois renvoyé dans les mineures la saison suivantes et ne refit surface qu'à l'automne 1985 lorsqu'il fut échangé aux Oilers contre le (légendaire) gardien Gilles Meloche. 

McSorley devint garde du corps de Gretzky à Edmonton et ensuite à Los Angeles alors qu'il fit partie de ''L'échange''. Il se réinventa graduellement à Los Angeles en devenant un joueur plus complet et capable de contribuer offensivement. Les Kings l'échangèrent toutefois après les séries de 1993 aux Penguins en retour du jeune joueur prometteur Shawn McEachern. McSorley ré-enfila donc l'uniforme noir et or des Penguins mais cela ne dura que 47 matchs alors que la transaction fut en quelque sorte annulée. En février 1994, McSorley retourna à Los Angeles en compagnie de Jim Paek en retour du même McEachern et de Tomas ''Clin d'oeil'' Sandstrom.

Les Penguins du milieu des années 90 étaient weird...


Mentions honorables:
Bryan Fogarty (12 matchs 1992-93), Mark Streit (19 matchs 2016-17), Philippe Boucher (25 matchs 2008-09), Lyle Odelein (27 matchs 2005-06), Tim Horton (44 matchs 1971-72), Christian Ehrhoff (49 matchs 2014-15), Darryl Sydor (82 matchs 2007-09), Fredrik Olausson (127 matchs 1996-98)


GARDIEN


Gilles Meloche
104 matchs (1985-88)

Un autre poste qui me posait problème et qui retarda la sortie de ce billet était celui du gardien. J'avais d'abord choisi Tomas Vokoun mais je n'avais pas grand chose à dire sur les 20 matchs qu'il joua à Pittsburgh en 2012-13 avant de prendre sa retraite. Même chose pour des joueurs comme Jocelyn Thibault ou Ron Tugnutt dont je n'avais rien d'intéressant à raconter. Mais après avoir parlé de McSorley tantôt et d'y avoir croisé notre notre vénérable Gilles Meloche et aussi que je voulais sortir ce billet pour cette fin de semaine, j'ai donc décidé de me faire plaisir et de l'inclure ici malgré que je l'ai aussi élu dans l'équipe des Blackhawks...

Après avoir trimé dur avec les Golden Seals de Californie, les Barons de Cleveland et ensuite avec les North Stars du Minnesota (où il connut finalement un peu de succès), Meloche fut finalement échangé pour la première fois de sa carrière. Malgré les loyaux services qu'il rendit aux North Stars, les plus jeunes Don Beaupre et Roland Melanson lui poussaient dans le dos. Il mit alors le cap sur Pittsburgh via les Oilers d'Edmonton qui l'obtinrent d'abord en mai 1985 contre l'attaquant Paul Houck. Cependant cette acquisition faisait peu de sens pour les Oilers qui étaient bien garnis en gardien avec Grant Fuhr et Andy Moog. Il ne joua donc jamais avec les Oilers qui l'échangèrent avant le début de la saison 1985-86.

Malgré qu'il aurait pu probablement écrire son nom sur la Coupe Stanley à Edmonton dans un rôle réduit de 3e gardien, je crois que Meloche préférait de se retrouver à Pittsburgh et jouer davantage alors que ces derniers l'obtinrent en retour du McSorley vu plus haut ainsi que l'ailier Tim Hrynewich.

De retour au sein d'une équipe encore médiocre à Pittsburgh, Meloche continua son travail honnête, partageant le filet pendant 3 saisons avec entres autres Roberto Romano, Pat Riggin, Steve Guenette et Frank Pietrangelo. Il obtint en tout une fiche de 34 victoires, 43 défaites et 17 matchs nuls avec les Penguins et se retira après la saison 1987-88, alors un des derniers ex-Seals et Barons encore en service. Il demeure toutefois dans l'organisation jusqu'à ce jour comme dépisteur et il occupa aussi pendant quelques saisons le poste d'entraîneur des gardiens. Il a donc pu finalement goûter au champagne dans la Coupe Stanley à 5 reprises depuis sa retraite.



Mentions honorables:
Antti Niemi (3 matchs 2017-18), Ron Tugnutt (7 matchs 1999-00), Tomas Vokoun (20 matchs 2012-13), Jocelyn Thibault (38 matchs 2005-07), Patrick Lalime (39 matchs 1996-97).


Dans le prochain épisode, nous passons dans l'ouest avec les Blues de St.Louis. J'espère que ce sera avant l'automne...

Sources:
Robitaille blames trade on new order, LA Times 31 juillet 1994
Kings trade Robitaille for Tocchet, LA Times, 30 juillet 1994
Robitaille Looking Beyond Gretzky Feud, New York Times, 10 sept. 1996
The Pittsburgh Penguins: The First 25 Years, Greg Enright
Ziggy Palffy announces his retirement, NHL.com, 17 janvier 2006
Penguins assign John LeClair to AHL, CBC Sports, 2 décembre 2006
Embrace the Debate: I can't believe he was a Penguin, Pensburgh.com, 7 sept. 2016
Reflecting on Sergei Zubov, the Ranger and Hockey Hall of Famer, Blue Shirt Banter, 24 nov. 2019




mercredi 10 juin 2020

Joueur oublié des 90's #32 - Corey Millen




Suite à mon dernier article et ma première demande spéciale accordée à un lecteur avec Darin Kimble j'ai reçu plusieurs nouvelles suggestions qui viennent remplir ma banque de choix pour de probables textes futurs. Je ne garantis pas que je vais tous les faire mais je ne pourrai pas avoir comme défaite que je manque d'inspiration. 

Maintenant, une de ces nouvelles suggestions tombe parfaitement dans mes cordes, celle de Steeve Sénéchal qui me demande de parler de Corey Millen...




Né le 30 mars 1964, Corey Eugene Millen grandit dans la petite ville de Cloquet au Minnesota, un patelin d'environ 12 000 habitants qui produira en plus de Millen d'autres joueurs de la LNH comme Derek Plante et Jamie Langenbrunner.  Joueur de centre de petite stature à 5'7'' et 170 livres, Millen était toutefois un joueur très rapide et énergétique, bon aux mises en jeu et capable de contribuer offensivement et défensivement. Mais avant de se rendre à la LNH, Millen emprunta plusieurs avenues dans les années 80, avant de finalement rejoindre le grand circuit.

Il se fit d'abord remarquer lors de sa dernière saison avec le club de son école secondaire, les Lumberjacks de Cloquet, où il domina la ligue en 1981-82 avec une récolte incroyable de 46 buts et 79 points en seulement 18 matchs.  Suite à cette saison du tonnerre, les Rangers prirent le pari de le repêcher en 3e ronde (57e au total) du repêchage amateur de 1982. 

Il semblait toutefois considéré comme un projet à long terme et il s'enrôla donc ensuite avec les Golden Gophers de l'Université du Minnesota, où il joua durant 4 ans et fut élu capitaine lors de sa dernière année.  Il demeure à ce jour au troisième rang de l'histoire du club pour les buts et les points.




Il mit cependant son stage universitaire en pause durant sa deuxième année, alors qu'il joignit plutôt les rangs de l'équipe nationale américaine en vue des Jeux Olympiques de 1984. Il revint avec les Gophers l'année suivante et compléta ses 3 autres années d'éligibilité. Après sa quatrième et dernière année, il rejoignit de nouveau l'équipe nationale en vue de participer à ses deuxièmes Jeux Olympiques, en 1988.

Après avoir été le meilleur pointeur de son pays lors de ces jeux, il termina la saison en Suisse avec le club HC Ambri-Piotta, avec qui il signa ensuite un contrat de deux saisons. Il connut de bons débuts professionnels en Suisse, avec une récolte de 13 points en 6 matchs lors des séries et ensuite une saison de 32 buts et 60 points en 36 matchs lors de la saison 1988-89.

Il retourna également avec l'équipe américaine lors des championnats du monde en avril 1989, mais fut suspendu après un match contre le Canada lorsqu'il fut testé positif aux stéroïdes non-anabolisants. Millen et l'équipe tentèrent de renverser la décision en plaidant que Millen avait une condition génétique qui lui faisait produire davantage de testostérone que la moyenne, ce qui faussait ses résultats lors de ce test.

L'équipe plaida également qu'il avait été testé positif pour le même test aux Olympiques de 1984 et que les documents médicaux de l'équipe avaient été suffisants pour ne pas l'exclure de ces Jeux à l'époque.

Même les docteurs de l'équipe canadienne approuvaient ces documents. Cependant, la fédération internationale ne broncha pas une deuxième fois. Elle bannit Millen du tournoi et le suspendit de toute compétition internationale pendant 18 mois.

La fortune de Millen sembla toutefois tourner après ce désagréable épisode. Près de 7 ans après l'avoir repêché mais ne l'ayant jamais invité à aucun camp d'entraînement, les Rangers commencèrent finalement à le vouloir dans leurs rangs et le voulaient en renfort pour la fin de la saison 1988-89.  Cependant, la LNH avait comme règlement à l'époque qu'un joueur qui avait commencé la saison en Europe ne pouvait se rapporter au club possédant ses droits dans la ligue qu'après avoir passé au ballottage. Plutôt que de risquer de le perdre, les Rangers lui laissèrent terminer la saison en Suisse mais rachetèrent ensuite la dernière année de son contrat là-bas.



Il débuta donc finalement son parcours professionnel en Amérique du Nord avec les Rangers en 1989-90. Cependant, la malchance continua de s'acharner sur Millen, alors qu'il se blessa au genou lors d'une collision avec Bryan Trottier des Islanders pendant le camp d'entraînement.  Cette blessure le mit au rencart pendant la moitié de la saison, suite à quoi il ne fut utilisé que sporadiquement.  Il ne joua que 4 matchs avec les Rangers sans récolter de points et passa le reste du temps dans la IHL avec les Spirits de Flint. Il mit du temps à se remettre de sa blessure et dut se faire opérer. Les blessures furent ensuite un problème récurrent pour le reste de sa carrière.

Il gradua la saison suivante avec l'autre club-école des Rangers, à Binghampton dans la AHL mais dut d'abord attendre la fin de sa convalescence qui dura jusqu'en décembre.  Il décolla ensuite pour de bon et connut quand même une excellente saison écourtée en 1990-91 avec 56 points en 40 matchs.

Il fut ensuite rappelé par le grand club pour terminer la saison et il s'imposa avec 4 points en 4 matchs et ensuite 3 points en 6 matchs lors des séries.

Sa saison 1991-92 commença toutefois du mauvais pied, alors qu'il n'avait que 5 points en 15 matchs et fut ainsi renvoyé dans les mineures. Les Rangers lancèrent donc la serviette dans son cas en l'échangeant le jour de Noël aux Kings de Los Angeles, en retour de Randy Gilhen. Avec un tel nom similaire, j'ai d'ailleurs souvent confondu ces deux joueurs...



Millen connut un départ canon avec les Kings, en obtenant 41 points dont 20 buts en seulement 46 matchs. Les Kings semblaient enfin avoir trouvé un bon 2e ou 3e centre, eux qui avaient de la difficulté à seconder Wayne Gretzky à cette position depuis l'échange de Bernie Nicholls à ces même Rangers en 1990. Jumelé à son ancien coéquipier des Olympiques de 1988, Tony Granato, Millen connut ensuite une autre autre bonne saison en 1992-93 avec 23 buts et 39 points en 42 matchs. Mais comme vous voyez, les blessures vinrent encore l’incommoder et il rata ainsi la moitié de la saison. Durant le parcours jusqu'en finale des Kings en 1993, Millen joua plutôt un rôle secondaire et défensif et ne récolta que 6 points en 23 matchs.




Après cette défaite en 1993, les Kings avaient plusieurs décisions monétaires à prendre et dans un des nombreux épisodes de réduction des coûts de cette franchise sur la pente descendante, ils envoyèrent Millen aux Devils du New Jersey contre un choix de 5e ronde (qui devint le gardien Jason Saal). Millen voulait un nouveau contrat ainsi qu'une augmentation et avait menacé de retourner en Europe si l'offre des Kings était insuffisante. Les Kings décidèrent donc de l'échanger pour ne pas le perdre pour rien.

Millen obtint son contrat et joua donc pour sa troisième équipe en 1993-94, où il put enfin disputer une saison presque complète sans être trop blessé. Il connut ainsi sa meilleure saison offensive avec 20 buts et 50 points en 78 matchs.

Sa moyenne de points était toutefois plus basse que pendant ses deux premières saisons et il n'était pas haut dans la hiérarchie de cette équipe montante, étant plutôt considéré comme un élément de profondeur. Il ne joua que durant 7 matchs en séries (récoltant qu'un seul but) pendant que les Devils se rendirent jusqu'au 7e match de la finale de conférence contre les Rangers en 1994.

Il accepta son rôle malgré son désir de jouer davantage, mais savait qu'il n'était qu'un pion dans cet échiquier mené par Jacques Lemaire et Lou Lamoriello.

Avant leur consécration en 1995, les Devils envoyèrent Millen aux Stars de Dallas contre un autre ancien olympien du Minnesota, le légendaire Neal Broten, médaillé d'or du Miracle de 1980 et joueur de longue date des Stars et North Stars. Un échange somme toute mineur alors que les deux joueurs étaient sur la pente descendante (Millen n'avait que 5 points en 17 matchs en 1995) mais cette transaction demeure à ce jour l'une des meilleures de l'histoire des Devils, lorsque Broten fut un élément important des Devils de 1995 alors qu'il obtint 28 points en 30 matchs en saison et ensuite 19 points en 20 matchs en séries, deuxième meilleur pointeur de l'équipe derrière Stéphane Richer.

Pour sa part, Millen ne fit que passer à Dallas. Il récolta 18 points avec eux pour terminer la saison et fut ensuite impliqué la saison suivante dans un autre échange important, celui qui amena Joe Nieuwendyk à Dallas en décembre 1995. En retour de Nieuwendyk, les Flames de Calgary obtinrent leur futur capitaine et supervedette avec le plus récent premier choix des Stars en 1995, Jarome Iginla.  Ah et aussi Millen qui fut ajouté comme bonus...




Millen partagea donc la saison 1995-96 avec les Stars et les Flames mais fut de nouveau blessé plus souvent qu'autrement, ne jouant en tout que 44 matchs et ne récoltant que 21 points. Il rata la fin de la saison et les séries éliminatoires Au sein d'une équipe en reconstruction à Calgary, Millen joua une dernière saison dans la LNH en 1996-97 et désormais confiné à un rôle purement défensif, il ne récolta que 26 points en 61 matchs. 

Il retourna donc ensuite en Europe pour la saison 1997-98 alors qu'il joignit les rangs du club Kölner Haie dans la première division allemande (DEL). Il joua 5 ans là-bas, gagnant la Coupe Spengler en 2000 et le championnat de la DEL en 2001-02.  Il termina ensuite sa carrière de joueur en retournant en Suisse, cette fois avec HC Lugano et le EHC Visp avec qui il joua sa dernière saison en 2003-04.

Après quelques années de retraite, il débuta une carrière d'entraîneur, d'abord au niveau junior en Alaska et au Minnesota. En 2016, il décida de terminer son parcours universitaire alors qu'il n'avait jamais obtenu son diplôme dans les années 80, dû à ses absences à cause des Olympiques et autres championnats internationaux. Comme il voulait se garder une porte pour peut-être entraîner un jour au niveau universitaire, il se devait d'abord d'être lui-même diplômé. Il retourna donc à l'Université du Minnesota pour obtenir son diplôme tout en étant un assistant ''undergraduate'' avec les Gophers.



Il obtint finalement son diplôme à l'âge de 50 ans et est présentement entraîneur toujours au niveau junior avec les Horsemen de St.Cloud au Minnesota.

En 335 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 90 buts et 119 passes pour 209 points.


Sources:
Hockey Draft Central
The Pine Journal
AMERICAN HOCKEY PLAYER TESTS POSITIVE FOR DRUG, Deseret News, 11 avril 1989
Millen Not Yet a Ranger, New York Times, 15 mars 1989
Kings Trade Gilhen for Millen in Center Swap, LA Times, 24 décembre 1991
Kings Trade Millen, LA Times, 27 juin 1993
Battle on the Hudson: The Devils, the Rangers, and the NHL's Greatest Series Ever, Tim Sullivan
USA Hockey Magazine

lundi 8 juin 2020

Les premiers choix des Scouts / Rockies




Si les Devils ont connu du succès, remportant la Coupe Stanley en 1995, 2000 et 2003, leurs débuts ont été beaucoup plus pénibles, et leurs prédécesseurs, les Scouts de Kansas City et les Rockies du Colorado n’ont guère fait mieux.

Il faut dire qu’ils ont été en bonne partie artisans de leur propre malheur en gérant très mal leurs premiers choix au repêchage, que ce soit en échangeant la sélection ou le joueur choisi, ou en ne prenant pas la meilleure option.

1974

Pour leur premier repêchage, les Scouts ont tout de même bien débuté. Alors que leurs frères d’expansion, les Capitals ont raté leur coup en choisissant Greg Joly au premier rang, ils ont eu la main plus heureuse avec le franco-ontarien Wilfrid Paiement. Après plus de cinq bonnes saisons avec l’équipe, il servit de monnaie d’échange pour obtenir Lanny McDonald des Maple Leafs.

Sa carrière de près de 1000 matchs dans la LNH comprend un remarqué passage dans l’uniforme des Nordiques.



1975

Pour le deuxième repêchage des Scouts, les choses se sont gâtées. Au deuxième rang, ils ont choisi Barry Dean. Celui-ci choisit plutôt d’aller jouer avec les Roadrunners de Phoenix de l’AMH pour une saison. Il se joignit ensuite à l’équipe, qui avait alors déménagé au Colorado.

Les Rockies ne le conservèrent qu’un an avant de l’envoyer aux Flyers contre Mark Suzor, qui ne joua aussi qu’une saison avec eux.

Dean n’a joué que 165 match dans la Ligue nationale. Mince consolation, il s’agissait d’un encan avec peu de profondeur.



1976

Toujours mauvais, les Scouts (qui deviendront les Rockies du Colorado avant le début de la saison 1976-77) auraient dû se faire entendre au deuxième rang. Toutefois, pour mettre la main sur le matamore Steve Durbano et sur Chuck Arnason, les Scouts ont inversé leur choix de première ronde avec les Penguins, en plus de leur envoyer Simon Nolet et Ed Gilbert.

Au 11e rang, ils choisirent Paul Gardner. Le marqueur de 201 buts en carrière s’avéra une bonne sélection. Dommage qu’après trois ans, ils l’expédièrent à Toronto contre deux joueurs qui ne leur apportèrent pas tant (Don Ashby et Trevor Johansen).

Avec le choix des Scouts, les Penguins ont choisi Blair Chapman.

Bernie Federko a été choisi par les Blues au 7e rang.


1977

Toujours aussi misérables, les Rockies avaient encore droit au deuxième choix.

La sélection du robuste défenseur Barry Beck n’était pas une mauvaise décision, bien que Doug Wilson (choisi au 6e rang par Chicago) aurait été un meilleur choix. Toutefois, il ne joua qu’un peu plus de deux saisons au Colorado, avant de se retrouver avec les Rangers. En retour, les Rockies ont obtenu cinq joueurs (Lucien Deblois, Mike McEwen, Dean Turner, Pat Hickey et Bobby Sheehan), incluant quelques-uns qui leur ont rendu certains services.



1978

Une performance un peu meilleure, combinée au fait qu’ils évoluaient dans une division pathétiquement faible permirent aux Rockies de participer aux séries pour la seule fois de leur histoire (sans surprise, une sortie expéditive).

Colorado se retrouva tout de même avec le cinquième choix. C’est le futur agent de joueur et directeur-gérant des Canucks Mike Gillis qui fut l’élu. Celui-ci eut une courte carrière de joueur, qui se limita à 246 matchs, dont seulement 121 avec les Rockies.

Ken Linseman, que les Flyers sélectionnèrent deux rangs plus tard, aurait été une meilleure option.


1979

Suite à une année horrible, les Rockies avaient droit au premier choix. Ils jetèrent alors leur dévolu sur Rob Ramage. Ce dernier eut une belle carrière de plus de 1000 matchs.

Néanmoins, il ne joua que trois ans au Colorado, avant d’être échangé à St-Louis. De plus, Mike Gartner, Raymond Bourque, Brian Propp ou Michel Goulet auraient été des choix plus judicieux.



Jusqu’ici, ce n’est pas terrible, mais à partir de maintenant, ça dérape.


1980

Presque quatre ans avant le repêchage de 1980, le Colorado a acquis deux joueurs relativement mineurs, Ron Andruff et Sean Shanahan, des Canadiens contre de l’argent et l’option d’inverser de leurs premiers choix de 1980.

Andruff a joué 147 matchs pour les Rockies et au moment de l’encan de 1980, il jouait en Allemagne de l’Ouest. Quant à Shanahan, il a joué 30 matchs avec le Colorado. En 1980, sa carrière professionnelle était terminée.

Suite à une saison 1979-80 épouvantable avec Don Cherry derrière le banc, Colorado termina dernier.

Les Canadiens exercèrent l’option. Ils repêchèrent 1er, choix qui devint Doug Wickenheiser. Les Rockies repêchèrent 19e, choix qui devint Paul Gagné.

Oui, Irving Grundman a gaffé en prenant Doug Wickenheiser au premier rang, mais s’ils avaient conservé leur sélection, Dave Babych, Denis Savard, Larry Murphy et Paul Coffey étaient aussi disponibles.

Au moment de la transaction, en 1976, les joueurs étaient repêchés à 19 ans, et non à 18. La légende veut que le dg des Canadiens de l’époque, Sam Pollock, plaçait ses pions pour obtenir un jeune prodige qui faisait déjà parler de lui, Wayne Gretzky.



1981

Suite à une autre mauvaise saison, Colorado aurait dû choisir troisième. Par ailleurs, Hartford, qui repêchait quatrième, convoitait ouvertement Bob Carpenter, un joueur local. Mais apparemment que les Capitals, qui choisissaient au 5e rang, avaient aussi des visées sur Carpenter.

Le jour du repêchage, les Capitals réalisèrent un coup de théâtre en inversant leur choix de premier tour avec le Colorado. Pour compléter la transaction, les Rockies reçurent le choix de 2e ronde des Caps et donnèrent leur choix de 3e ronde.

Ce 2e choix devint Rich Chernomaz, qui ne joua que 37 matchs avec l’équipe. Pour l’obtenir, les Rockies ont donc renoncé à Carpenter, ou à Ron Francis, qui est devenu le choix des Whalers. Grant Fuhr, choisi au 8e rang par les Oilers, était aussi disponible. Au 5e rang, les Rockies ont plutôt choisi Joe Cirella.

Comme dans le cas de Barry Beck ou Rob Ramage, Cirella (qu’on a aussi vu à Québec) n’était pas un vilain joueur, mais de meilleures options étaient disponibles.



1982

On aurait pu croire que les Rockies avaient appris de leur bourde pour le repêchage de 1980... Pourtant...

À l’été 1981, les Rockies avaient acquis Dwight Foster de Boston, en retour de leur 2e choix de 1982 (qui devint Brian Curran). En plus, les Bruins obtinrent l’option d’échanger leurs premiers choix respectifs en 1982.

Suivant une autre saison pénible (la dernière au Colorado), les Rockies, maintenant devenus les Devils, auraient dû repêcher premiers. Toutefois, étant donné l’acquisition de Foster (qui ne joua que 74 matchs avec l’équipe), Boston exerça son option.

Le joueur le plus convoité de ce repêchage était Brian Bellows. Pour s’assurer que les Bruins ne le sélectionnent pas, les North Stars (qui choisissaient au deuxième rang) leur envoyèrent Brad Palmer. Boston choisit donc Gord Kluzak, qui aurait pu avoir une belle carrière s’il n’avait pas eu tous ses problèmes aux genoux. Scott Stevens (choisi au 5e rang par Washington) et Phil Housley (choisi au 6e échelon par Buffalo) étaient aussi disponibles.

Au moins, les Rockies devenus Devils ne perdirent pas tout, puisqu’avec le choix des Bruins au 19e rang, ils optèrent pour Ken Daneyko, qui joua presque 1300 matchs dans leur uniforme. (À noter toutefois qu'au cours de sa longue carrière, Daneyko ne marqua qu'un total de 36 buts, un de plus que Bellows en marqua lors de sa seule année recrue...)

Les Devils n’eurent pas autant de chance avec la 8e sélection, obtenue des Blues contre leur choix de 1979, Rob Ramage. Ils choisirent Rocky Trottier, le frère de Bryan, qui ne joua que 38 matchs dans la Ligue nationale. Heureusement, dans le même échange, ils obtinrent aussi le premier choix des Blues de 1983, qui devint John MacLean.



1983

À l’encan de 1983, les Devils avaient joué leur première saison au New Jersey, mais ils durent encore subir les conséquences d’une transaction réalisée par leurs prédécesseurs, les Rockies.

En octobre 1981, quelques mois après avoir échangé leur choix de 1982, ils avaient obtenu des champions de la Coupe Stanley, les Islanders, Bob Lorimer, un défenseur excédentaire. En retour, ils leur donnèrent leur premier choix de 1983.

Les Devils n’ayant pas été meilleurs que lorsqu’ils étaient au Colorado, ils auraient dû choisir au 3e rang, sélection dont toutefois ils avaient fait cadeau aux Islanders, qui choisirent… Pat Lafontaine. Aux échelons suivants, Détroit prit Steve Yzerman et Buffalo prit Tom Barrasso.

Lorimer était un joueur honnête, mais sans plus, qui joua 5 ans avec l’équipe. Lafontaine et Yzerman sont au Temple de la renommée.



Évidemment qu’il est facile après coup de dire que tel joueur aurait été une meilleure option, mais pour s’amuser, faisons preuve de mauvaise foi un instant en comparant ceux que les Scouts / Rockies / Devils ont choisi ou obtenu avec la meilleure option disponible.


Choisi ou obtenu Meilleure option ou joueur échangé
1974 Wilfrid Paiement Wilfrid Paiement
1975 Barry Dean Rick Lapointe
1976 Steve Durbano Simon Nolet
Chuck Arnason Ed Gilbert
Paul Gardner Bernie Federko
1977 Barry Beck Doug Wilson
1978 Mike Gillis Ken Linseman
1979 Rob Ramage Raymond Bourque
1980 Ron Andruff Denis Savard
Paul Gagné
1981 Joe Cirella Ron Francis
Rich Chernomaz
1982 Dwight Foster
Ken Daneyko Scott Stevens
1983 Bob Lorimer Steve Yzerman

Si les Scouts / Rockies / Devils avaient choisi la meilleure option ne serait-ce que le tiers des années, ils n’auraient peut-être pas attendu à la saison 1987-88 (leur 14e) avant de finalement compiler une fiche (à peine) supérieure à 0,500…

Heureusement pour eux, les choses se sont améliorées par la suite, d'abord en conservant leurs premiers choix. En 1984, ils l'ont conservé et ont sélectionné Kirk Muller au deuxième rang, tout juste derrière Mario Lemieux.


Sources: hockeydb.com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.