Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est Toros. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Toros. Afficher tous les articles

mardi 16 novembre 2021

Les Binkley


Suite à ses années de junior, Les Binkley n’a pas été signé par une équipe de la Ligue Nationale. Il décida néanmoins de continuer son parcours au hockey. Plutôt nomade, il s’aligna avec huit équipes en six ans.

Pendant une période où les équipes n’avaient qu’un gardien, il fut embauché par les Barons de Cleveland de la Ligue américaine comme gardien de pratique et préposé à l’équipement. Pour ce poste, il a d’ailleurs dû prendre des cours par correspondance pour apprendre à faire des points de suture.

C’est enfin à Cleveland que Binkley trouva un peu de stabilité, en plus de finalement obtenir une véritable chance.

En 1962, il se mérita le Trophée Dudley "Red" Garrett, remis à la recrue de l’année dans la LAH. Deux ans plus tard, lui et ses coéquipiers mirent la main sur la Coupe Calder. En 1966, Binkley s’appropria un autre honneur individuel, le Trophée Hap Holmes, décerné au gardien ayant accordé le moins de buts.

Ce fut toutefois sa dernière saison à Cleveland, puisqu’il se retrouva ensuite dans la WHL, avec les Gulls de San Diego. Son passage en Californie fut toutefois de courte durée. En 1967, après 25 ans de stabilité à 6 équipes, la LNH décida finalement d’élargir ses cadres.

Alors que plusieurs équipes d’expansion confièrent leur filet à des gardiens de renom mais en fin de carrière (Glenn Hall à St-Louis, Charlie Hodge à Oakland, Terry Sawchuk à Los Angeles), les Penguins y allèrent avec des noms moins connus comme Joe Daley et Roy Edwards. Ils achetèrent aussi le contrat de Binkley de San Diego. Contre toute attente, c’est finalement à 33 ans qu’il put enfin atteindre la LNH. Selon lui, le fait qu’il portait des lentilles cornéennes (sans masque) lui a probablement nui dans sa quête de graduer. Détail intéressant, lorsque plus tard il adoptera finalement le masque, il y apposera pendant un moment des lignes noires sous les yeux, comme les joueurs de baseball, pour diminuer l’éblouissement des lumières. (À ce moment, les masques de fibre de verre étaient pratiquement collés sur la peau.) À 6 pieds, il avait aussi un physique qui détonnait par rapport aux autres gardiens de l’époque.


Son premier contrat de la Ligue Nationale lui rapportait 12 500$ auquel, par un optimisme presque attendrissant, les Penguins avaient ajouté une clause de bonus de 500$ s’il parvenait à se mériter, avec son club d’expansion, le Trophée Vézina…

Dans une équipe avec une moyenne d’âge assez élevée, l’attaque des Penguins n’allait pas beaucoup plus loin qu’Andy Bathgate. Défensivement, bien que souvent laissé à lui-même, Binkley réussit tout de même à s’illustrer. Il devint le gardien numéro 1 et réalisa le premier blanchissage de l’histoire de l’équipe, contre les Seals d’Oakland. Le 28 janvier 1968, il se permit même de réserver le même sort aux Bruins d’Orr, Esposito et compagnie, la meilleure attaque de la ligue. Au Boston Garden, Pittsburgh causa alors la surprise en l’emportant 1-0. Binkley a alors été parfait face aux 33 tirs des Bruins. De leur côté, les Penguins n’en décochèrent que 15.

Semblant avoir un talent pour se dresser contre les équipes d’élite, il blanchit aussi les éventuels champions de la Coupe Stanley, les Canadiens, le 3 mars 1971.

Ceci ne l’empêcha pas de faire partie de rendez-vous historiques, mais de l’autre côté. C’est lui qui accorda le 700e but de Gordie Howe et le 544e (celui qui lui permit de rattraper Maurice Richard) de Bobby Hull.

Binkley demeura cinq ans avec une équipe qui faisait du surplace. Mais lorsque la nouvelle AMH vint cogner à sa porte en 1972, le gardien maintenant âgé de 38 ans porta attention. L’offre de 60 000$ par année (le double de son salaire d’alors) des Nationals d’Ottawa était trop belle pour la refuser. Il forma alors un duo avec l’excentrique Gilles Gratton.

C’est ainsi que le 11 octobre 1972 à Ottawa, Binkley se retrouva sur la glace pour le premier match de l’histoire de l’AMH, une défaite des Nationals de 7-4 face aux Oilers. Il fut également la victime du premier but de la ligue, qu’il concéda à Ron Anderson.

Les Nationals eurent de grandes difficultés aux guichets et quand vint le temps de renouveler le bail du Centre municipal, la ville d’Ottawa exigea un dépôt de 100 000$. Devant cette situation, l’équipe fut vendue et déménagée à Toronto, pour devenir les Toros.

Binkley demeura à Toronto pendant les trois ans qu’existèrent les Toros, jouant de moins en moins d’année en année. Toutefois, le 25 mars 1975, il trouva, bien malgré lui, une autre façon de passer à l’histoire. Les Toros, cherchant désespérément à faire parler d’eux, eurent l’idée d’organiser entre deux périodes une confrontation entre le gardien des Toros et le célèbre casse-cou Evel Knievel, figure populaire à l’époque et qui avait déjà joué au hockey quelques matchs préparatoires dans la Ligue Eastern. Le segment allait être filmé et présenté à Wide World of Sports d’ABC.

La promotion fonctionna puisque la foule fut de plus de 4000 spectateurs supérieurs à la moyenne habituelle.

Knievel avait droit à quatre tirs et se méritait 5000$ par but. Le gardien des Toros avait quant à lui droit à 1000$ par arrêt. C’est Gilles Gratton qui devait prendre le filet, mais le moment venu, l’énigmatique gardien disparut. C’est donc Binkley qui prit sa place.

Le flamboyant cascadeur se présenta, de toute évidence en mauvaise forme. Il faut dire que le propriétaire des Toros John Bassett, ne comptant pas payer 20 000$ à Knievel, avait pris certaines mesures. La veille, il avait prêté sa carte de crédit à Jim Dorey, qui lui demanda l’aide de Larry Mavety. Le patron demanda alors à ses deux joueurs de sortir Knievel et de ne le ramener qu’aux petites heures du matin.

Knievel parvint malgré tout à marquer deux fois, au grand étonnement de Bassett. Quant à Binkley, il prit ses 2000$ pour emmener l’équipe au restaurant.

Lorsqu’en 1976, les Toros quittèrent Toronto pour devenir les Bulls de Birmingham, Binkley, alors âgé de 42 ans, prit sa retraite.

Il fut par la suite instructeur des gardiens, puis dépisteur pour les Rangers et les Jets de son ami John Ferguson, et ensuite avec les Penguins, avec qui il remporta la Coupe Stanley en 1991 et en 1992.

Il habite maintenant dans son Ontario natal.

Sources :

"Penguins Surprise Bruins, 1-0" de Jimmy Jordan, January 28,1968, Pittsburgh Post-Gazette, page 22,

"Penguins Blank Habs 4-0" de Pat Curran, March 4, 1971, Montreal Gazette, page 17,

"Nats run at Oilers too much, lose WHA opener 7-4" de Bob Morrissey, October 12, 1972, Montreal Gazette, page 26,

"Evel, Toros found promotion pays", CP, March 26, 1975, Ottawa Citizen, page 23,

"Binkley once faced Knievel on a shutout" de Dave Stubbs, May 22, 2008, Montreal Gazette (pressreader.com/Canada/montreal-gazette/),

"Dorey, Mav and Evel Knievel" de Patrick Kennedy, December 16, 2014, Kingston Whig-Standard (thewhig),

"Binkley excited for Murray, Penguins" de Dave Stubbs, June 9, 2016, (nhl.com),

wikipedia.org.

lundi 8 novembre 2021

Jean-Luc Phaneuf


C’est en 1972 que Jean-Luc Phaneuf fit sa place avec le Bleu Blanc Rouge de Montréal de la LHJMQ. Petit avant offensif, Phaneuf avait une particularité assez rare à ce moment, il étudiait au cégep d’Ahuntsic, en sciences santé. Il devait donc étudier dans les autobus et faire ses travaux reliés à son horaire de classe de 32 heures par semaine, alors que ses coéquipiers (incluant André St-Laurent, Robert Sirois, Mario Tremblay et Michel Dion) pouvaient se concentrer entièrement au hockey. L’équipe faisait toutefois de son mieux pour l’accommoder en allant le chercher et le reconduire lorsque les matchs étaient près, plutôt que de le contraindre à prendre l’autobus d’équipe.

L’année suivante, alors que l’équipe fut renommée "Junior", Phaneuf augmenta sa production, passant de 40 à 85 points, tout en réussissant à compléter son diplôme d’études collégiales.

À sa dernière année junior, Phaneuf put se consacrer uniquement au hockey, puisqu’il voulut aller jusqu’au bout de ses ambitions sportives. Avec son ailier gauche, Normand Dupont, ils remplirent le but. Le 14 novembre 1974, Phaneuf alla même jusqu’à amasser trois buts et cinq passes, pendant que Dupont en marqua cinq, en plus de deux passes, dans un massacre de 19-3 sur Chicoutimi.

À la fin de la saison, c’est Dupont qui remporta le championnat des pointeurs de la ligue avec 158. Quant à Phaneuf, le capitaine de l’équipe, il termina deuxième, avec 151. Il remporta également le Trophée Frank Selke, remis au joueur démontrant le meilleur esprit sportif. D’ailleurs, de 1973 à 1975, il passa une séquence de 99 matchs sans obtenir une seule pénalité, ce qui constituait alors un record de la ligue. Cette marque tint d’ailleurs jusqu’en 2013, alors qu’elle fut battue par Zach O’Brien du Titan d’Acadie-Bathurst.

Cette saison se termina toutefois sur une note amère, alors qu’en séries, le National de Laval de Mike Bossy se releva d’une saison ordinaire pour empêcher Montréal d’atteindre la finale de la LHJMQ.

Cette dernière note n’empêcha toutefois pas Phaneuf d’être repêché. Toutefois, probablement en raison de sa taille (5’8’’, 160 lbs) en cette période de grande robustesse, il a fallu attendre à la septième ronde (113e rang) avant que les Red Wings de Détroit ne le choisissent. Ainsi, il ne fut que le huitième joueur du Junior de Montréal choisi, derrière entre autres Pierre Mondou, Rick Bowness et Blair MacKasey.

Phaneuf choisit plutôt de tenter sa chance du côté de l’AMH. Il accepta alors l’offre de deux ans des Toros de Toronto pour un salaire annuel de 30 000$, assorti d’un boni à la signature 7 500$.

L’expérience a eu ses aspects intéressants, comme de partager un vestiaire avec des légendes comme Paul Henderson et Frank Mahovlich. Toutefois, les Toros eurent l’idée d’embaucher une autre icône des Leafs, Bobby Baun, comme entraîneur même s’il n’avait à peu près pas d’expérience derrière le banc. Les résultats furent catastrophiques. Les Toros (24-52-5) ne parvinrent même pas à dépasser les Fighting Saints du Minnesota, une équipe dissoute 21 matchs avant la fin de la saison. Quant à Phaneuf, il marqua 8 buts et obtint 8 passes en 48 matchs.

À la fin de la saison, les Toros plièrent bagage pour se diriger vers l’Alabama, pour devenir les Bulls de Birmingham.

La première saison dans le sud des États-Unis, sans Baun, fut légèrement mieux, mais pas tant (31-46-4). Du côté de Phaneuf, il amassa 2 buts et 7 passes en 30 matchs. Arrivé à la fin de son contrat et mécontent de son temps d’utilisation, il décida de passer à autre chose.

Il prit donc la décision de s’inscrire en médecine, mais avec sa moyenne de 80%, il dut convaincre le doyen de la faculté de lui faire confiance. Il utilisa alors l’argent gagné au hockey, en plus d’avoir travaillé à la livraison pour une brasserie, pour payer ses études.

Phaneuf releva son défi et devint médecin. Il exerça sa profession à l’urgence et en médecine de famille pendant de nombreuses années.

En 2014, on se remémora les exploits du médecin-hockeyeur lorsqu’il fut intronisé au Temple de la renommée de la LHJMQ.

Malheureusement, son parcours prit fin prématurément en mai 2021, lorsqu’il décéda, à l’âge de 65 ans.

Sources:

“Le Junior massacre bêtement la visite” de François Béliveau, 15 novembre 1974, La Presse, page B4;

"Appelez-le Dr. Jean-Luc Phaneuf" de Marc Lachapelle, 29 septembre 2006, Journal de Montréal;

“One visit to the penalty box in 200 games”, March 11, 2013, CTV Atlantic (atlantic.ctvnews.ca);

hockeydraftcentral.com, lhjmq.qc.ca/jean-luc-phaneuf-s/, wikipedia.org.

mercredi 9 décembre 2020

Une illustration familière...

 


Si vous me connaissez vous savez que je « tripe ben raide » (en français dans le texte) sur les programmes et publications imprimées vintage d'équipes de hockey. C'est pas compliqué, si je n'avais pas une hypothèque et une famille à nourrir, ma bibliothèque en serait pleine. Je me dois d'ailleurs de faire une suite à ma série sur ces publications.

Dans ma batch de ces trucs que je pique j'emprunte sur internet pour un futur billet, j'avais celui-ci. Ce n'est pas tant un programme ou un guide média mais plutôt un de ces petits calendriers de poche des Nordiques qu'on retrouvait gratuitement dans les dépanneurs. On en retrouve d'ailleurs encore de nos jours si je ne m'abuse mais ça fait des années que je n'en ai pas pris un...

Est-ce que le Canadien joue ce soir? Attends un peu, j'ai mon calendrier de poche dans ma poche...

Donc voici ce calendrier O'Keefe des Nordiques avec cette superbe illustration de gardien avec un masque à la 70's qui manie la rondelle.


Mais l'autre jour mon collègue Kirk McLean m'a envoyé une publication d'un de ses groupes de gardiens de buts sur Facebook démontrant que cette illustration de gardien a été maintes fois utilisée à l'époque par de nombreuses équipes. Je me devais d'en parler davantage et d'aller au fond de l'histoire.

La revoici d'abord superbement « airbrushée » (en français dans le texte) pour un autre calendrier du genre pour une autre équipe de l'AMH de la même saison, les Toros de Toronto:



Ensuite toujours la même année mais sur un horaire de la division canadienne de cette même AMH:



On pourrait croire qu'il s'agissait d'une illustration adaptée uniquement pour ces calendriers de l'AMH mais la revoici dans la défunte IHL (International Hockey League) chez les Gears de Saginaw (superbe nom). On est toujours en 1975-76 mais on passe maintenant de la O'Keefe à la Black Label...




Donc on a véritablement ici un cas d'illustration « stock » (ou si vous préférez d'une banque d'images commerciales) qui fut maintes fois achetée et adaptée aux couleurs des équipes en question. 
 
Ou peut-être que non étant donné que ça concernait principalement la superbement «boboche» AMH et autres ligues mineures durant les années 70. Donc le souci pour l'originalité et le respect des droits d'auteur ne devait pas être prioritaire. Peut-être même que c'était le même gars qui redessinait chacune de ces illustrations...

En fait non je me ravisse pour ce qui est de l'AMH car on retrouva une fois de plus cette illustration sur un calendrier/horaire mais cette fois-ci dans la LNH pour les Blues de St.Louis. Mais les Blues de ces années-là étaient organisés aussi «bobochement» que l'AMH... alors je reviens à ma théorie qu'il s'agissait du même gars.




Donc on commence quand même à voir un certain « pattern » (en anglais dans le texte): Saison 1975-76, Calendrier/Horaire et marques de bières cheap. Quoique j'ai jamais bu de la Stag donc je peux pas vraiment juger... Ces horaires étaient d'ailleurs probablement des publications créées par un distributeur de bière. Mais de là à utiliser le même design pour des équipes de ligues concurrentes... Il y a définitivement quelque chose qui cloche.

En plus des différents chandails repeints, vous pouvez voir quelques différences sur l'équipement si vous portez attention, principalement pour le masque qui semble changer de temps en temps.

J'ai aussi retrouvé cette autre publication qui semble être un poster de cette même bière Stag:



 
C'est juste « too bad » (en anglais dans le texte) que Stag n'ait pas réussi à commanditer les éphémères Stags du Michigan dans l'AMH. Les Stags n'ont existé qu'une saison soit en 1974-75, un an trop tôt pour faire partie de cette superbe campagne... Imaginez un instant: Stag brings you the Stags.
 
Je me demande si cette illustration provient d'une véritable photo et si cette photo a été utilisée telle quelle sur une autre publication quelconque. Même qu'on se demande Kirk et moi si à l'origine ce n'était pas un patineur en position de base à qui on aurait rajouté l'équipement de gardien.
 
Je me suis arrêté dans mes recherches à moment donné mais je ne désespère pas trouver un jour... Tout est possible avec l'internet.

En attendant et bien on passa à une nouvelle saison en 1976-77 et cette illustration sembla ne plus vraiment être à la mode. La revoici avec quelques différences supplémentaires sur ce guide média des Cowboys de Calgary, toujours dans l'AMH. Donc cette fois il ne s'agit plus d'un horaire de dépanneur commandité par une marque de bière mais bel et bien une publication officielle d'une équipe.



 
 
On retrouve davantage de détails sur celui-ci malgré que la pose du gardien demeure inchangée. Il y a plus de ''plis'' définis dans le chandails et le gardien a également plus de cheveux. Le masque a aussi plus de détails en plus d'une job de peinture fidèle à celui que portait véritablement le gardien numéro un des Cowboys, Don McLeod. On remarque également plus de détails sur l'équipement qui a désormais les marques CCM et Cooper. Ses yeux sont aussi plus définis.

Je pensais alors que cette publication des Cowboys était la dernière fois que l'on a vu cette illustration mais en cherchant encore comme le craqué mental que je suis et bien ''re-vlà-t'i-pas'' (en joual dans le texte) notre vieil ami en 1977-78 chez les Racers d'Indianapolis:




Je croyais d'abord qu'il s'agissait de la même version vue plus haut sur l'horaire de la division canadienne de L'AMH mais si vous retournez plus haut vous verrez quelques différences. Pourquoi alors ne pas avoir mis le logo des Racers? Le chandail était pratiquement identique en plus... D'après moi « le gars » commençait à être fatigué. Il ne s'est pas non plus forcé pour les cheveux et les yeux. On dirait que c'est retouché au crayon « Marquette ». Ou bien peut-être que les « AMC Dealers » de l'Indiana ne payaient pas aussi bien que le distributeur de bière...

Et reparlant d'une équipe qui avait un budget serré:




12$ pour un billet au parquet... Donc nous voici un an plus tard et cette fois c'est la ''Mercantile Bank'' qui sponsorisait ces horaires des Blues. Peut-être que la banque avait saisi le distributeur de bière...


Ce fut donc vraisemblablement (selon mes recherches) la dernière fois que cette illustration fut utilisée mais j'espère vraiment que non. Si jamais vous la revoyez sur une autre de ces publications, ou surtout si vous trouvez la photo originale (possiblement inexistante), j'aimerais vraiment que vous me fessiez, fassiez, faites (?) signe. Si vous pourriez me trouver un Bescherelle aussi...


Voici pour terminer un bonus absolument charmant:



Vous pouvez acheter cette patch sur Ebay.

Visitez également le superbe site ''Fun while it lasted'' pour des vieilles histoires et vieux programmes d'équipes défuntes.

jeudi 27 février 2020

Gilles "Bad News" Bilodeau



En 1974-75, les Éperviers de Sorel de la LHJMQ pouvaient compter sur des visages devenus plus tard familiers comme Lucien Deblois et Pierre Mondou, mais aussi sur le robuste Gilles Bilodeau. C’est principalement avec ses poings que le "Géant de St-Prime", au Lac-St-Jean, attira l’attention, en amassant 377 minutes de pénalité. Il s’agissait du deuxième plus haut total de la ligue, derrière son coéquipier Roger Séguin. Mais ayant accédé à la LHJMQ à 19 ans, il s’agira de sa seule saison.

L’année suivante, alors qu’on s’affairait à mettre sur pied un club de la Ligue nord-américaine à St-Georges, les Jaros de la Beauce, on lui fit signe. Dans cette ligue qui a inspiré le film "Slapshot", on cherchait du muscle et Bilodeau cadrait parfaitement dans cette philosophie.

C’est Rodrigue Lemoyne, son entraîneur à Sorel, qui négocia le premier contrat professionnel de Bilodeau. Celui-ci comprenait d’ailleurs une clause qui lui attribuait une prime de 25$ par bagarre. Suite à la conférence de presse où on présenta les joueurs de la nouvelle équipe, on les convia à un barbecue, où Bilodeau engloutit trois steaks de 16 onces en un temps record.

Le 18 octobre 1975, Bilodeau profita d’un match à Lewiston contre les Nordiques du Maine pour marquer son premier but au niveau professionnel. Quelques minutes plus tard, il célébra son exploit en chargeant à fond de train le gardien George Hulme, qui eut le malheur de sortir de son filet. Ne faisant aucun effort pour l’éviter, Bilodeau le projeta si fort contre la bande qu’il perdit connaissance. Il s’en suivit une bagarre, qui n’était pas la première de Bilodeau dans le match…

En novembre, contre les Comets de Mohawk Valley, Bilodeau créa une bagarre générale en sortant du banc des punitions pour s’en prendre à son adversaire. Il fut ensuite suspendu pour trois matchs, en plus d’être mis à l’amende pour 250$.

Au cours d’une suspension, alors qu’il regardait le match disputé à Syracuse, avec son coéquipier Wally Weir, Bilodeau fut impliqué dans une bagarre dans les estrades. À ce moment, les policiers utilisèrent du gaz poivre et la matraque pour le maîtriser.

La réputation de Bilodeau continua de prendre de l’ampleur lorsqu’il répondit à un adversaire avec son anglais approximatif que dépendamment de son humeur, s’il avait envie de le tuer, il le tuerait…

Bilodeau semblait vraiment avoir une dent contre les gardiens, puisque dans un match contre les Blazers de Syracuse, il profita d’un moment où l’arbitre regardait dans une autre direction pour asséner un violent double-échec à la base de la nuque de Jacques Caron. Transporté à l’hôpital, on diagnostiqua au cerbère des Blazers une fracture à la cinquième vertèbre cervicale, qui mit fin à sa saison.

Les "exploits" de Bilodeau ne passèrent pas inaperçus, dans cette période où la recherche de muscle était une préoccupation constante chez plusieurs équipes. Après de longues négociations, les Toros de Toronto de l’AMH s’entendirent finalement avec lui. Ceux-ci annoncèrent alors qu’il s’agissait d’une mauvaise nouvelle pour tous leurs adversaires. À partir de ce moment, le surnom de "Bad News" Bilodeau lui colla à la peau.

À son premier match dans le circuit maudit, le 14 mars 1976 au Colisée de Québec, contre les Nordiques, Bilodeau obtint une passe, en plus bien sûr de livrer un combat. Même s’il ne compléta pas sa saison avec les Jaros et ne joua que 58 des 74 matchs, il termina tout de même en tête de la NAHL pour les minutes de punition. Son total de 451 lui donna une avance de 140 sur son plus proche poursuivant, Dave Hanson, qui joua un des frères du même nom dans "Slap Shot". Le passage de Bilodeau avec les Jaros lui permit tout de même d’inspirer le personnage d’André "Poodle" Lussier dans le même film.

La saison suivante, les Toros déménagèrent leurs pénates en Alabama, pour devenir les Bulls de Birmingham. Dans ce marché peu traditionnel, l’intimidation fut encore plus au cœur de leur stratégie. Bilodeau fut d’ailleurs au centre du tristement célèbre "Massacre de l'Action de grâce", avec entre autres son ex-rival Dave Hanson.

En 1978-79, les Nordiques le signèrent, mais l’entraîneur Jacques Demers l’utilisa peu et Bilodeau passa du temps dans la Ligue américaine. Il demeura avec eux pour leur adhésion à la LNH en 1979-80, mais il ne joua que neuf matchs dans la grande ligue, avant d’être libéré.

Bilodeau retourna à Birmingham, d’où était originaire son épouse, pour travailler dans le secteur de la construction et où il démarra son entreprise.

En août 2008, à l’âge de 53 ans, Bilodeau mourut subitement dans une chaise de parterre chez lui. Une autopsie démontra qu’il avait un cancer du pancréas non diagnostiqué.

Sources : 
"Décès de "Bad News" Bilodeau" de Johanne St-Pierre, 22 août 2008, La Presse (lapresse.ca),

Vallières, Steve, Implacables : Les Jaros de la Beauce, 1975-76, Éditions Hurtubise, 2015, pp. 39, 41, 67, 87-88, 95, 101, 106-107, 165, 169-170, 179, 261-262.

mercredi 23 janvier 2019

John Garrett




Bien qu’il jouait avec les Petes de Peterborough au niveau junior, John Garrett fut prêté aux Canadiens Jr pour le tournoi de la Coupe Memorial en 1970.  (Il faut dire qu’à l’époque, les Canadiens Jr jouaient en Ontario dans l’OHA et apparemment qu’on se prêtait encore des joueurs.  De plus, il y avait plusieurs ligues juniors et le tournoi de la Coupe Memorial était plus long.)  En absence de Michel Dion, c’est Garrett qui servit d’auxiliaire à Wayne Wood, avec qui il partagea le travail devant le filet.  Ce court séjour à Montréal permit à Garrett de remporter la Coupe Memorial, avant de retourner à Peterborough l’année suivante.


Au repêchage de 1971, Garrett fut choisi en troisième ronde par les Blues.  Par contre, il ne jouera jamais à St-Louis, puisqu’un an plus tard, il fut échangé aux Black Hawks pour compléter une transaction impliquant Christian Bordeleau.  Il ne joua toutefois pas plus pour Chicago, étant donné qu’il avait devant lui dans la hiérarchie des Hawks Tony Esposito et Gary Smith.  Lorsqu’on lui offrit plus du double de ce que les Hawks lui offraient (50 000$ pour 2 ans versus 22 000$ pour les mêmes 2 ans), Garrett signa donc avec les Fighting Saints du Minnesota de l’AMH en 1973.


Celui qu’on surnommait Cheech (en référence au duo humoristique Cheech et Chong) y effectua des débuts convaincants, puisqu’il fut choisi pour participer au match des étoiles.

L’année suivante, dans le sillon des Broad Street Bullies à Philadelphie, l’entraîneur Harry Neale misa de plus en plus sur la robustesse.  C’est alors que Garrett, gardien de petite taille, se retrouva devant le but d’une équipe qui comprenait entre autres Gordie Gallant et Jack Carlsson.  Ce dernier sera rejoint par ses frères Jeff et Steve l’année suivante, qui eux joueront plus tard les frères Hanson dans le film Slap Shot.  (Bill Goldthorpe, celui qui a inspiré Ogie Ogilthorpe dans le même film, avait joué quelques matchs avec les Fighting Saints en 1973-74.)

À l’été 1975, Garrett devint agent libre.  Il avait entendu les rumeurs voulant que l’équipe soit en difficulté.  Par contre, une autre rumeur voulait que les Fighting Saints soient en négociation avec Bobby Orr.  Garrett, qui était représenté par Alan Eagleson tout comme Orr, lui demanda si la rumeur était fondée et s’il devait demeurer avec les Saints.  Sa femme était enceinte, et il voulait également s’acheter une maison.  Eagleson lui répondit que c’était sérieux.   Garrett signa donc son contrat et acheta sa maison.

En fait, c’est la première rumeur qui était vraie.  La deuxième était une invention d’Eagleson pour faire monter la valeur de Bobby Orr.

À partir de décembre, des paies furent manquées, avant de carrément disparaître.  Les joueurs continuèrent donc de jouer sans être payé jusqu’au 25 février.  Suite à une défaite contre San Diego, l’équipe fut alors dissoute.  Garrett fut donc récupéré par les Toros de Toronto et dut vendre sa maison à perte.  Son contrat prévoyait également un bonus de 20 000$ s’il atteignait le plateau de 30 victoires.  Au moment de la dissolution de l’équipe, il en avait 26.

Il ne jouera que 9 matchs à Toronto, puisqu’à la fin de l’année 1975-76, les Toros déménagèrent à Birmingham, pour devenir les Bulls.

À sa première année en Alabama, Garrett fut nommé au sein de la première équipe d’étoiles de la ligue, mais en 1977-78, l’arrivée de Glen Sonmor derrière le banc changea la philosophie de l’équipe.  Tout comme les Fighting Saints auparavant, les Bulls misaient principalement sur leurs poings pour attirer des foules dans ce marché non-traditionnel.  C’est alors que l’équipe fit l’acquisition de joueurs comme Dave Hanson (le troisième frère Hanson de Slap Shot), Frank Beaton, Gilles Bilodeau et Ken Linseman.  L’équipe n’étant pas rentable, le propriétaire John Bassett vendit quelques contrats pour effectuer un virage jeunesse en embauchant des joueurs de 18 ans, à ce moment non-éligibles au repêchage de la LNH.  On les surnomma les ″Baby Bulls.″  Malgré qu’il ait été le gardien le plus occupé de la ligue avec 58 matchs, Garrett fit partie des sacrifiés.  Il se retrouva alors avec les Whalers de la Nouvelle-Angleterre de Gordie Howe, où il partagea le filet avec Al Smith.

C’est l’année suivante que se termina l’aventure de l’AMH.  Dans l’histoire de la ligue, Garrett possède le troisième plus haut total de matchs chez les gardiens (323) et le cinquième plus grand nombre de victoires (148).

Les Whalers firent alors partie des équipes admises dans la LNH.  Les droits de Garrett appartenaient à ce moment toujours à Chicago, mais Hartford utilisa l’une de ses trois sélections prioritaires pour le garder.

Garrett fit donc ses débuts dans la LNH en même temps que les Whalers, le 11 octobre 1979.  Il passa alors les deux années suivantes à jouer beaucoup, au sein d’une équipe plutôt faible.  Par contre, pendant la saison 1981-82, il perdit son poste de numéro 1 à Greg Millen.  Il fut alors échangé aux Nordiques contre Michel Plasse (qui étonnamment ne joua pas un seul match avec les Whalers).

Auxiliaire de Daniel Bouchard, il passa beaucoup de temps sur le banc.  Grand gourmand, il était un amateur des hot dogs du Colisée et il lui arrivait de demander au soigneur de lui en amener un discrètement, qu’il cachait dans sa jambière.  Toutefois, un soir, il fut appelé à prendre la relève soudainement.  N’ayant pas de place pour se débarrasser de son hot dog, celui-ci demeura dans sa cachette.  Il dut donc subtilement resserrer les sangles de sa jambière, pour éviter qu’il ne tombe sur la patinoire.  À son retour au vestiaire, il y avait du ketchup et de la moutarde un peu partout…


Le passage de Garrett à Québec fut tout de même court.  Le 4 février 1983, les Nordiques l’échangèrent à Vancouver contre Anders Eldebrink.  Cette transaction eut lieu quelques jours avant le match des étoiles, où Richard Brodeur était le seul représentant des Canucks.  Brodeur se blessa, mais comme il fallait que chaque équipe ait au moins un joueur au match, on demanda au deuxième gardien, Garrett, de représenter sa nouvelle équipe, même si ses statistiques ne le justifiaient pas.
  
Loin d’être déclassé, Garrett eut une bonne performance, au point où il aurait pu être considéré comme candidat pour le titre de joueur du match.  Toutefois, après que Wayne Gretzky eut compté son troisième et son quatrième but du match dans les cinq dernières minutes, le choix devint évident.

Garrett passa deux autres saisons derrière Richard Brodeur, avant d’être nommé assistant directeur-gérant, toujours à Vancouver, en 1985-86.

Il entama ensuite une longue carrière de commentateur, d’abord à la CBC, puis à Sportsnet, principalement sur la côte ouest.  Reconnu pour sa bonne humeur, il est toujours en poste.

Sources :

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.36, 88, 102-107, 153,

« Being No.2 : Hockey cushiest gig is also one of its toughest » de Alex Prewitt, 20 novembre 2016, Sports Illustrated (si.com), 

hhof.com, hockeydraftcentral.com, hockeydb.com, wikipedia.org.

mercredi 17 janvier 2018

Mark Napier








C’est après avoir mené les Marlboros de Toronto à la Coupe Memorial en 1975 que Mark Napier signa avec une équipe professionnelle de la même ville, les Toros de l’AMH.  Le circuit maudit a eu le champ libre pour le signer, puisqu’il n’avait que 18 ans.  La LNH, de son côté, ne permettait à ses équipes de repêcher des joueurs qu’à partir de 20 ans.  L’AMH n’avait pas cette restriction.  Ce contrat fut contesté en cour, mais il a finalement été confirmé.

Le jeune Napier a peut-être atterri dans une équipe faible, entraîné par Bobby Baun, mais il a tout de même attiré l’attention.  Avec ses 93 points, il a terminé au deuxième rang des pointeurs de l’équipe, derrière Vaclav Nedomansky, mais devant Frank Mahovlich.  Sa performance lui a valu le Trophée Lou Kaplan, remis à la meilleure recrue.  Par contre, à la fin de la saison, il dut quitter sa ville natale, puisque les Toros devinrent les Bulls de Birmingham.

Une fois en Alabama, Napier compta pas moins de 60 buts en 1976-77, le troisième total de la ligue.  Il fut également nommé capitaine, bien que du haut de ses 19 ans, il ne constituait pas nécessairement le meilleur exemple, avec ses frasques hors de la patinoire et son occasionnelle présence à un entraînement avec des facultés affaiblies.

Il fut finalement éligible au repêchage de la LNH en 1977.  Son talent suscitait certainement la convoitise, mais il restait toujours au moins un an à son contrat avec les Bulls.  Les équipes ayant besoin d’aide immédiatement passèrent donc leur tour.  Montréal, au sommet, pouvait se permettre d’attendre et le choisit au dixième rang.  Toutefois, bien que le choix de Napier n’était pas mauvais, Sam Pollock aurait pu faire encore mieux s’il avait pris Michael Bossy, qui jouait à Laval et que choisirent les Islanders au 15e rang.  La comparaison avec Bossy a suivi Napier pendant tout son séjour à Montréal.

Birmingham n’avait aucunement l’intention de laisser aller son meilleur joueur, autour duquel sa campagne marketing avait été élaborée.  Napier joua donc la saison 1977-78 avec les Bulls.  Au sein d’une équipe qui misait beaucoup sur la robustesse, Napier atteignit son sommet en carrière en termes de minutes de pénalité (90, lui qui n’en a jamais accumulé plus de 33 les autres années), mais sa production de buts baissa à 33.

À l’échéance de son contrat de l’AMH, les Canadiens purent finalement le convaincre de faire ses débuts dans la LNH.  Ainsi, au lieu de disputer ce qui s’est avéré la dernière saison de l’AMH, il remporta la Coupe Stanley avec Montréal.  D’ailleurs, il ne mit pas de temps à s’illustrer puisqu’il compta dès sa première présence sur la glace, contre Bill McKenzie des Rockies.  Par contre, au sein d’une équipe beaucoup plus forte, il n’en compta que 11.

Napier gravit ensuite les échelons et en 1980-81, alors que Guy Lafleur rata plusieurs matchs en raison de blessures, il en marqua 35, un sommet d’équipe, à égalité avec Steve Shutt.


Pour les deux saisons suivantes, il fut le meilleur marqueur du tricolore avec 40.  Pourtant, souvent dans l’ombre de Lafleur, certains lui reprochèrent de ne pas élever son jeu lors des gros matchs et en octobre 1983, il servit d’appât avec Keith Acton pour aller chercher Bobby Smith au Minnesota.  Il ne demeura toutefois pas très longtemps avec les North Stars, puisqu’il fut échangé aux Oilers en janvier 1985.  À la fin de la saison, il remporta sa deuxième Coupe, avec la bande à Gretzky cette fois.

En mars 1987, Napier fut échangé aux Sabres avec Lee Fogolin, contre Normand Lacombe et le futur Nordique Wayne Van Dorp. 

Il s’aligna avec les Sabres jusqu’en 1988-89, après quoi Buffalo décida de l’inviter au camp, mais sans contrat.  Napier décida plutôt de tourner la page sur la Ligue nationale.  En 767 matchs, il montre une fiche de 235-306-541, alors qu’en 237 matchs dans l’AMH, sa fiche est de 136-118-254.

Il alla ensuite jouer quelques années en Italie, où il remporta le championnat des pointeurs en 1989-90 (154 en 42 matchs) et en 1990-91 (118 points en 36 matchs).

À son retour au pays, il fut nommé entraîneur-chef des Majors du Collège St.Michael’s de Toronto dans l’OHL, puis directeur-gérant, mais ses résultats furent mitigés.

Il a par la suite été impliqué dans l’Association des anciens de la LNH.

Sources : "Bassett signs, drafts Kingston’s Linseman" de Wendy Waberton, 17 juin 1977, Ottawa Citizen, p.19, "Pollock pulls some draft surprises" d’Al Strachan, 15 juin 1977, Montreal Gazette, p.23, "Pollock à la défense de Napier" de Réjean Tremblay, 15 juin 1977, La Presse, p.D5, “Viennent-ils de s’offrir un second Wick?” de Réjean Tremblay, 29 octobre 1983, La Presse, p.C1, "Refaire sa vie après le hockey" de Mathias Brunet, 25 octobre 2015, La Presse + (plus.lapresse.ca), hockeydb.com, hockeydraftcentral.com.

lundi 5 janvier 2015

Václav Nedomanský







 


Václav Nedomanský est né dans un pays très éphémère, le Protectorat de Bohême-Moravie. Il s’agit d’un état décrété par Hitler en 1939 lors du démantèlement de la Tchécoslovaquie. Nedomanský est né en 1944. La Tchécoslovaquie a été reformée en 1945.

La suite de sa carrière a été assez typique pour les joueurs tchécoslovaques et soviétiques de l’époque, où il partagea son temps entre son club (le Slovan Bratislava dans son cas) et l’équipe nationale. Il avait toutefois aussi un certain talent pour le soccer et joua même un match pour le Slovan.

Au niveau de son club, il y joua pendant douze saisons et fut le meilleur buteur de la ligue à quatre reprises (1967, 1971, 1972 et 1974).

Pour ce qui de l’équipe nationale, il était un incontournable. Il a pris part à neuf championnats du monde. Au milieu de la domination totale des soviétiques et des tchécoslovaques sur ce tournoi, il aida son équipe à remporter une médaille d’or, cinq d’argent et trois de bronze. Il détient le record du plus grand nombre de buts comptés dans ce tournoi par un joueur tchécoslovaque, avec 163.

La médaille d’or, acquise en 1972, était particulière à plusieurs niveaux. Il s’agissait d’abord du premier tournoi distinct disputé en année olympique. (Jusque-là, le tournoi olympique faisait office de championnat du monde les années où il était disputé.) Il s’agissait aussi de la première fois en dix ans où les soviétiques ne gagnaient pas l’or. Il s’agissait également de la première médaille d’or tchécoslovaque depuis 1949. Et pour couronner le tout, le tournoi était disputé à Prague. 

En 1974, il fut nommé meilleur attaquant du tournoi.

Au niveau olympique, il aida son pays à mettre la main sur l’argent à Grenoble en 1968 et sur le bronze à Sapporo, en 1972.

Mais en 1974, ce pilier de l’équipe tchécoslovaque obtint, tout comme son coéquipier Richard Farda, un visa vacance vers la Suisse. Nedomanský était accompagné de son épouse et de son fils. Sauf qu’ils se rendirent ensuite vers Toronto. Nedomanský et Farda signèrent alors pour s’aligner avec les Toros de l’AMH.  Nedomanský devint ainsi le premier joueur de renom à faire défection. Les Sabres, les Rangers et les Flames d’Atlanta avaient essayé dans le passé de négocier son transfert avec les autorités tchécoslovaques, mais sans succès. Sa défection l’empêcha par contre de retourner sur sa terre natale jusqu’à la chute du Rideau de fer. 

Il fut aussi l’une des prises de choix des Toros cet été-là, avec Frank Mahovlich (voir texte du 4 juillet 2010) et Paul Henderson. Il signa un contrat de cinq ans pour 750 000$, une grosse somme à l’époque. 


Âgé de trente ans, Nedomanský s’intégra bien au style nord-américain, avec 41 buts et 40 passes. La saison suivante fut encore mieux, avec 56 buts et 42 passes. Malgré son physique imposant de 6’2’’ et 205 livres, il n’amassa que 8 petites minutes de pénalité, ce qui lui valut le Trophée Paul Deneau, remis au joueur le plus gentilhomme de l’AMH. 

Ce fut par contre la dernière saison des Toros. Après d’affreux résultats sous les ordres de Bobby Baun (voir texte du 3 juin 2012), l’équipe prit le chemin du sud des États-Unis, pour devenir les Bulls de Birmingham. 

L’air de l’Alabama ne semblait pas très bien convenir à « Big Ned. » Sa production baissa (69 points en 1976-77). Celle de son compatriote Farda baissa à 35 points et il quitta l’équipe à la fin de la saison. 

Puis l’année suivante, son style technique et propre ne semblait pas convenir au style que voulait donner à l’équipe le nouvel entraîneur, Glen Sonmor. Selon lui, le hockey dans cette région des États-Unis était associé à un style de jeu bien précis, et il prit les moyens pour offrir aux partisans ce qu’ils recherchaient. Dans un rare échange entre l’AMH et la LNH, Sonmor expédia Nedomanský et Tim Sheehy aux Red Wings de Détroit, contre le matamore Steve Durbano (voir texte du 22 janvier 2013) et Dave Hanson (le seul vrai Hanson des frères Hanson de Slap Shot). En plus d’ajouter du muscle, la transaction permettait aux Bulls de diminuer leur masse salariale. 

En se joignant à Détroit, Nedomanský devint ainsi le deuxième joueur issu du système tchécoslovaque à se joindre à la LNH (voir texte du 19 août 2011), après Jaroslav Jiřík. (voir texte du 11 juillet 2011)

À ce moment, les Wings étaient une équipe abonnée au fond du classement. Par contre, ils parvinrent à faire les séries pour une première fois en huit ans. Nedomanský contribua à sa façon avec 28 points en 63 matchs. 

Au cours des deux saisons suivantes, Nedomanský augmenta sa production (73 et 74 points), mais les Red Wings retrouvèrent leur place dans le bas du classement. 

En 1980-81, l’âge commençait à leur rattraper. Sa production chuta à 32 points. Au même moment, deux autres anciens joueurs du Slovan Bratislava suivirent ses traces, en faisant défection pour se joindre à la Ligue Nationale, Peter et Anton Šťastný. 

Il joua une autre année à Détroit, avant de compléter sa carrière, à 39 ans, avec une saison partagée entre St-Louis et New York. 

Il a par la suite été entraîneur en Allemagne, en Autriche et dépisteur européen pour les Kings. 

Sources: 

Willes, Ed, The Rebel League, The Short and Unruly Life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, 

“Check and double Czech” de Marl Mulvoy, 29 juillet 1974, Sports Illustrated (si.com/vault), 

“Payoff on a big Czech” de Mark Mulvoy, 4 novembre 1974, Sports Illustrated (si.com/vault), 

legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 20 octobre 2014

Greg Neeld









Greg Neeld était un défenseur prometteur, qui jouait avec les Marlboros de Toronto de la Ligue junior de l’Ontario.  Il avait même été identifié comme étant le 11e plus bel espoir junior.

Le 7 décembre 1973, sa carrière a pris un tournant triste et inattendu.  Le bâton de Dave Maloney (qui a plus connu plus tard une belle carrière avec les Rangers) s’est retrouvé dans son œil, et il en a perdu l’usage.  On dut même lui retirer.

Neeld a fini par reprendre le jeu, mais avec une visière faite par CCM, le premier à jouer à ce niveau avec cette pièce d’équipement.  Cette dernière avait par contre le grand inconvénient de s’embuer.  Devant la difficulté de jouer avec celle-ci, Neeld et son père en mirent une au point qui n’avait pas ce problème.  Ils tentèrent d’en vendre le brevet aux fabricants d’équipement de l’époque, mais sans succès.  Selon Neeld, ils se sont par contre inspirés de leur invention par la suite, une situation qui lui a laissé une certaine amertume.

Au repêchage de 1975, malgré son handicap, les Sabres ont décidé d’en faire leur choix de quatrième ronde, le 71e au total.  Parmi ceux à qui Buffalo l’a préféré, on note des joueurs qui ont connu de belles carrières dans la Ligue nationale comme Willi Plett (voir texte du 29 août 2011), Paul Holmgren et Dave Taylor.  Du côté de l’AMH, il fut le choix de troisième ronde (40e au total) des Fighting Saints du Minnesota.
Par contre, un règlement empêchait un joueur qui avait perdu l’usage d’un œil de se joindre à la LNH.  Un vote fut repris et les gouverneurs confirmèrent la décision par une marge de 13-3 (avec deux abstentions).  La ligue jugeait les coûts d’assurance prohibitifs, puisqu’une autre blessure à l’œil le rendrait complètement aveugle, entraînant des dédommagements supérieurs.

Puisque l’AMH n’avait pas cette restriction, Neeld se tourna vers la ligue rivale.  Mais comme les Saints disparurent avant la fin de la saison, Neeld se retrouva plutôt avec les Toros de Toronto.  Il joua 17 matchs et amassa une passe dans leur uniforme.  Par contre, il poursuivit la Ligue nationale.

Neeld passa trois autres saisons dans les mineures.  Il ne rejoua plus au niveau majeur, ni dans l’AMH, ni dans la LNH.

En octobre 1979, Neeld s’entendit avec la LNH pour un montant de 100 000$.

Ironiquement, Neeld est depuis devenu directeur-général d’une petite société minière transigée à la Bourse de croissance TSX qui se nomme Hawkeye Gold & Diamond.

Sources :  “Neeld settles case for $100,000”, AP, Montreal Gazette, 11 octobre 1979, p.24, “Hockey visors: Meet Greg Neeld, the first hockey player to wear one” de Kevin McGran, 14 juin 2013, Toronto Star (thestar.com), “First Visor Wearer Remains Advocate” de Jeff Z. Klein, 22 mars 2013, New York Times (nytimes.com). hockeydraftcentral.com.