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mercredi 31 décembre 2025

Lionel Bouvrette

 

Originaire de Hawkesbury, Lionel Bouvrette alla poursuivre ses études à Montréal, dans le but d’éventuellement devenir ingénieur. Son chemin a toutefois bifurqué vers le hockey. Sur la liste de négociation des Canadiens, il se retrouva avec les As de Québec de la ligue senior en 1941, tout en travaillant pour le gouvernement du Québec. 

En 1942-43, après une autre saison avec les As, Bouvrette se retrouva au cœur d’une situation particulière. 


 

Après avoir terminé premiers l’année précédente, les Rangers perdirent plusieurs joueurs au recrutement, incluant leur gardien, ″Sugar″ Jim Henry, qui s’était joint à l’armée. Pris au dépourvu, ils se rabattirent sur Steve Buzinski, avec des résultats catastrophiques. On utilisa donc le vétéran Bill Beveridge et le réserviste Jimmy Franks. 

Pour le dernier match de l’année, les Rangers étaient largués depuis longtemps et étaient assurés de terminer derniers. Ils affrontaient les Canadiens au Forum, alors que ceux-ci étaient à un point des Black Hawks et de la dernière place donnant accès aux séries. 

De leur côté, ces mêmes Hawks devaient jouer leur dernier match contre les Red Wings, qui n’avaient rien à gagner, puisqu’ils étaient assurés de terminer en première place. Petit détail, les Wings appartenaient à James E. Norris, qui détenait aussi le Chicago Stadium. Est-ce que Détroit pourrait lever le pied pour permettre aux Hawks de jouer plus de matchs au Chicago Stadium, qui appartenait aussi à leur propriétaire? 

Pour en rajouter une couche, Jimmy Franks était blessé et les Blueshirts demandèrent donc aux Canadiens de leur prêter un gardien, Lionel Bouvrette. Pour ses débuts dans la grande ligue, Bouvrette pouvait donc, en s’illustrant, éliminer l’équipe qui détenait ses droits.  

En cette période où il était fréquent qu'un même gardien joue tous les matchs, Bouvrette devenait le quatrième à garder la cage des Rangers, ce qui était extrêmement rare.  (Certaines sources évoquent même un record pour l'époque.)  Chose certaine, la situation devant le filet avait fortement contribué à leur déchéance. 

Finalement, l’honneur a été sauf. Bouvrette, bombardé par l’adversaire, a connu un fort match, mais Elmer Lach a eu un match de 3 points, alors que Joe Benoit, Buddy O'Connor, Toe Blake et Gordie Drillon en ont obtenu 2 chacun. Montréal l’a toutefois emporté 6-3 et ainsi, Bouvrette n'a pas contrecarrer les plans de l'équipe à laquelle il appartenait. 

Il restait donc à régler le match entre les Wings de James Norris et les Black Hawks qui jouaient au Chicago Stadium de James Norris. Après le match, les spectateurs demeurèrent au Forum pour suivre les résultats de l’autre partie. (À cette époque, obtenir les résultats des autres confrontations n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui.)  C’est finalement Détroit qui l’a emporté 6-5 et Montréal a accédé au ″détail″ comme on disait à l’époque. 

Ce fut toutefois le seul match de Bouvrette dans la LNH. S’il a apparu sur la liste de négociation des Canadiens pendant plusieurs années, il n’a jamais pu s’entendre avec eux. À un moment, le directeur-gérant Tommy Gorman lui a offert 1800$ pour 3 ans, mais Bouvrette en demandait 3000$. Gorman lui demanda alors s’il voulait acheter le Forum. 

Il eut aussi des offres de Toronto, Détroit et des Rangers, mais il préféra demeurer à Québec, alors que de 1942 à 1948, il travaillait aussi comme gérant du personnel à la Morton Engineering. Ceci ne l’empêcha pas en 1943-44 d’aider les As à remporter la Coupe Allan, en plus de se mériter le Trophée Byng de Vimy, remis au meilleur joueur de la ligue, en plus de toucher un salaire de 1300$. 

Bouvrette s’aligna avec les As jusqu’en 1947, après quoi il joua différents rôles dans la communauté, comme par exemple entraîneur de hockey junior, organisateur d’un tournoi de curling et président du club Kiwanis local. 

Il a ensuite déménagé à Dorval à la fin des années 1960. 

Il est décédé en 2000 à l’âge de 85 ans. 

Sources : 

″Le Canadien clôture sa saison contre les Rangers ce soir″, 18 mars 1943, La Presse, page 22, 

″La saison régulière des Canadiens prendra fin ce soir avec une joute très importante″, 18 mars 1943, Montréal-Matin, page 14, 

″Le Canadien termine en 4e place et prendra part au détail″, 19 mars 1943, La Presse, page 20,

″Canadien bat les Rangers 6 à 3 et demeure en lice dans la N.H.L.″, PC, 19 mars 1943, Le Soleil, page 13, 

″Lionel Bouvrette et le Baronet″ de Jacques Arteau, 7 mars 1958, Le Soleil, page 17, 

″Lionel Bouvrette aurait joué dans la LNH avec le Canadien″, 4 janvier 1969, Le Soleil, page 25.

 

lundi 29 décembre 2025

Une petite photo pour le plaisir #105 - La foule du Forum en 1938

 


Voici une photo faisant partie du Fonds Conrad Poirier, un photographe très actif au cours de la première partie du 20e siècle et qui a produit de nombreux clichés de qualité. Ceux qui se sont procuré notre livre peuvent voir une de ses photos sur la couverture. 


 

On y voit une partie de la foule lors du match des Canadiens du 24 février 1938 contre les Bruins. De toute évidence, elle est très homogène. Non seulement elle est très masculine, mais l’habillement est aussi uniforme. 

D’abord, le paletot foncé est de mise. (La photo est en noir et blanc, mais on peut supposer que plusieurs sont dans la même palette de couleur.) Le tout est accompagné d’une chemise pâle, d’une cravate et de l’incontournable chapeau. 

Pour ceux que ça intéresse, le match s’est terminé par un match nul de 1-1. Leroy Goldsworthy a marqué en première période, Johnny Gagnon a égalisé le pointage pour les Canadiens en troisième période en déjouant Tiny Thompson

C’est Wilf Cude qui défendait le filet montréalais.

Sources: 

"Canadiens and Boston play to 1-1 Deadlock" de Marc T. McNeil, February 25, 1938, Montreal Gazette, page 12, 

BANQ.  

 

mercredi 24 décembre 2025

Guy Lafleur, poète

 


En ce temps des fêtes, voici quelque chose de différent. 

En faisant des recherches, je suis tombé par hasard sur ceci dans l’édition du 17 novembre 1972 de La Presse. 

Guy Lafleur, celui qu’on présentait comme le successeur de Jean Béliveau s’est présenté à Montréal avec énormément d’attentes à son endroit. À ses trois premières saisons, il a présenté une fiche qui aurait été considérée enviable pour la grande majorité des joueurs (64, 55 et 56 points), mais pas pour lui. D’abord, le courant ne passait pas vraiment entre lui et l’entraîneur Scotty Bowman. De plus, Marcel Dionne, choisi tout juste après lui par Détroit, avait de meilleurs statistiques. 

Au moment de l’écriture de l’article, Lafleur débute sa deuxième saison et est donc encore dans sa période difficile. Il n’est pas encore la grande vedette qu’il deviendra, statut auquel il aspire selon ce qui est écrit dans l’article. 

Il indique qu’il est heureux, mais que le hockey, ″y a pas juste ça dans la vie.″ (Un autre marqueur de 50 buts, Stéphane Richer, reprendra une phrase semblable quelques décennies plus tard, et la réaction ne fut pas positive.) 

Il s’ouvre sans pudeur (et je dirais avec un certain courage) au sujet d’un poème écrit l’année précédente. L’auteur indique qu’une maison d’édition lui aurait fait une vague proposition pour publier ses poèmes, mais que ce ne serait pas un service à lui rendre, ce qui ne l’empêcha pourtant pas de publier celui-ci, que je me suis permis de citer… 

Personnellement, pour un jeune de 20 ans (au moment de l’écriture) qui a quitté son domicile très jeune pour se concentrer sur le hockey (j’ignore quel niveau de scolarité il a complété, mais à l’époque dans le junior, ce n’était pas une priorité), je trouve que ce n’est pas si mal. Peut-être que je suis influencé par l’admiration et l’affection que je porte au Démon blond… À vous de juger. 

Mon amie, 

Embrasser sans serrer

C’est comme manger

Une galette non sucrée

Si un jour, tu ouvres ma tombe

Tu liras, écrit en lettres d’or

Je t’aime encore

Si tu étais un petit crochet

Et moi une petite chaudière

Laisserais-tu ma petite chaudière

S’accrocher à ton petit crochet?

La rose séparée du rosier

Se flétrit

Mais séparé de toi

Je pleure et je m’ennuie

Si parfois dans la vie

Tu te sens seule

Pense qu’il y a quelqu’un

Qui t’aime et qui pense à toi

L’amour a ses raisons

Que la raison ne connaît pas

Un peu de joie apportée

Aux autres cause satisfaction

Que bien des présents reçus

Pardonne à la main indiscrète

Qui durant ton absence

Est venue feuilleter ce cahier

Ce n’est pas pour y écrire

Un poème, coquette

Mais simplement pour y laisser

La marque d’un souvenir…

S’il me faut ces lignes

Pour te prouver mon amitié

Voici que je les signe

Avec sincérité 

Guy Lafleur, nov. 71 

Sources : ″On a tout demandé à Lafleur, même d’être poète″ de Pierre Brosseau, 17 novembre 1972, La Presse, page D2.

lundi 22 décembre 2025

Steve Vickers

 

Le repêchage de 1971 fut marqué par la présence de pas un, mais deux joueurs générationnels, Guy Lafleur et Marcel Dionne. Toutefois, d’autres joueurs de valeur furent aussi choisis. Après une bonne saison avec les Marlboros de Toronto, Steve Vickers fut repêché au 10e rang par les Rangers. Son coéquipier, le terrorisant Steve Durbano, fut aussi retenu par New York quatre rangs plus tard, mais après un an avec Omaha, dans la Ligue centrale, leurs chemins se séparèrent lorsque Durbano fut échangé aux Blues. 

De son côté, Vickers fit sa place dans la grosse pomme en faisant une entrée fracassante. Tout au long de sa carrière, il eut des séquences notables, et son début dans la LNH ne fit pas exception. 

Dès son premier match, à son premier tir, celui qu’on appela ″Sarge″ en raison du manteau de style militaire qu’il portait déjoua Denis DeJordy, des Wings. Ce fut toutefois dans une cause perdante puisque Détroit l’emporta 5-3. 

 Un peu plus d’un mois plus tard, combiné avec Bill Fairbairn et Walt Tkaczuk au sein de la Bulldog line, il marqua 3 buts contre Gary Edwards, dans une victoire de 5-1 contre les Kings au Madison Square Garden

Le match suivant, il déjoua Michel Belhumeur 3 autres fois, dans une victoire de 7-3 contre les Flyers. Il est ainsi devenu la première recrue à inscrire deux tours du chapeau lors de deux matchs consécutifs. Il était également le deuxième à réaliser cet exploit après Joe Malone en 1916-17, dans l’uniforme des Bulldogs de Québec

En séries, il ajouta un autre tour du chapeau dans le match qui élimina les rivaux des Rangers, Boston. 

Malgré qu’une blessure lui fit rater 16 matchs, il termina sa saison recrue avec une fiche de 30 buts et 23 passes. Sa récolte de buts représentait un record d’équipe pour une recrue (depuis battu). Il remporta aussi le trophée Calder, remis à la recrue de l’année. Au scrutin, il devança relativement facilement Bill Barber (futur membre du Temple de la renommée) et Billy Harris, son ancien coéquipier au niveau junior. Il était le premier Ranger à le remporter depuis Camille Henry en 1953-54. 

La saison suivante, il ne souffrit pas de la guigne de la deuxième année, augmentant son total à 34 buts, bien qu’il eut une séquence de 15 matchs sans but. 

En 1974-75, étant bien appuyé par ses nouveaux compagnons de trio Jean Ratelle et Rodrigue Gilbert, Vickers conclut sa saison 1974-75 avec sa meilleure fiche en carrière, soit 41-48-89. D’ailleurs, le 30 mars 1975, Vickers marqua pas moins de 4 buts, tous sur des passes de Ratelle et Gilbert. Trois d’entre eux furent marqués en troisième période. Il y ajouta une passe (sur un but de Ratelle, accompagné d’une passe de Gilbert). C’est Peter McDuffe des Scouts de Kansas City qui fut sa victime, dans une victoire de 8-2. 

Il fut alors choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles de la ligue. (Richard Martin des Sabres et repêché cinq rangs avant lui en 1971, fut l’ailier gauche de la première équipe.) 

Ce qui semblait être une saison exceptionnelle s’est toutefois terminée en queue de poisson en séries. Alors que leurs nouveaux rivaux, les jeunes Islanders, accédaient aux éliminatoires pour la première fois, ils poussèrent leurs vénérables voisins à un match ultime qui se rendit en prolongation. À ce moment, Vickers perdit la rondelle à Jude Drouin, qui la refila à Jean-Paul Parisé et qui déjoua Ed Giacomin. Les Isles envoyèrent alors les Blueshirts en vacances. 

En novembre 1975, son trio fut démembré lorsque Jean Ratelle fut échangé aux Bruins dans une transaction majeure qui amena Phil Esposito à New York. Si ce dernier joua certains matchs avec Vickers, l’entraîneur John Ferguson jongla souvent avec ses trios. Ceci n’empêcha toutefois pas Vickers d’avoir un match de 7 points (un record d’équipe) dans une victoire de 11-4 contre les faibles Capitals, alors que lors de ce match du mois de février, il jouait avec Gilbert et Wayne Dillon.

Par la suite, les statistiques de Vickers demeurèrent respectables, mais en baisse. Il parvint tout de même à avoir un autre match de 4 buts en octobre 1977, dans une victoire de 6-2 contre les Blues. 

En 1978-79, c’est l’ex-entraîneur des Flyers, Fred Shero, qui prit le banc des Rangers. Pour Vickers toutefois, les résultats ne furent pas au rendez-vous. Dans une saison marquée par les blessures, il obtint ce qui était à ce moment son plus faible total de buts, avec 13. Par contre, en séries, Shero eut la satisfaction d’éliminer son ancienne équipe, Philadelphie. Au tour suivant, Vickers et ses coéquipiers purent prendre leur revanche de 1973. Cette fois-ci, c’était leurs voisins de Long Island, les Islanders, qui étaient les favoris, forts de leur première place au classement général. Ce sont toutefois les vieillissants Rangers qui l’ont emporté. Ils se sont alors dirigés vers la finale, où ils ont été éliminés par les Canadiens. 

Vickers eut un sursaut en 1979-80, avec une production de 29 buts lorsqu’il fut combiné avec Ulf Nilsson et Anders Hedberg, suivie d’une saison de 19 buts en 1980-81. 

En 1981-82, c’est Herb Brooks, celui qui avait mené les États-Unis à l’or olympique à Lake Placid, qui devint entraîneur des Rangers. Vickers, en perte de vitesse, ne cadrait pas vraiment dans le style préconisé par Brooks. Doublé avec une blessure, il fut envoyé à Springfield, dans la Ligue américaine, pour 20 matchs. 

À la fin de la saison, il demanda à Brooks s’il avait un avenir avec l’équipe. Brooks lui répondit que non. Établi à New York avec sa famille, il préféra prendre sa retraite et alla travailler dans le domaine de l’assurance. Il déménagea plus tard en Floride. 

Sa fiche en carrière est de 246-340-586 en 698 matchs. 

Sources : 

″Clarke propulse les Flyers au premier rang dans l’ouest″, PC, 13 novembre 1972, La Presse, p.C1,

″Vickers unleashed tough Bulldog line″, CP, November 16, 1972, Calgary Herald, p.83, 

″Vickers awarded Calder Trophy, Barber runnerup″, May 30, 1973, Montreal Gazette, p.36, 

″Vickers leads Red Wings″ de Martin Lader, UPI, February 7, 1974, Times-Union Warsaw, p.12, 

″Tight NHL Races to go down to the wire″, CP, March 31, 1975, Calgary Herald, p.17, 

″Second chance for Steve Vickers″, UPI, May 2, 1979, Beaver County Times, p.C2, 

″Big night gives Vickers’ confidence a lift″, CP, November 8, 1979, Regina Leader-Post, p.23,

hockeydraftcentral.com.

 

mercredi 17 décembre 2025

Les arénas des Flames - Stampede Corral

 

D’abord, je devrais spécifier ″Les arénas des Flames DE CALGARY″. Les Flames ont débuté en 1972 à Atlanta, où ils ont joué à l’Omni Coliseum, mais comme je ne suis pas allé à Atlanta, on débutera donc avec le Corral. Ils ont ensuite déménagé au Saddledome, couvert dans le billet précédent. 

Comme le Saddledome, comme le futur Scotia Place, le Stampede Corral était situé sur le site du Stampede. Construit en 1950, il remplaçait le Victoria Arena, aussi situé dans le même secteur. Ce dernier avait un profil semblable au Edmonton Gardens, soit une construction avant la première grande guerre, qui a servi pour des expositions agricoles. Elle a aussi abrité l’équipe locale de la WCHL, les Tigers. Ainsi, depuis plus de 100 ans, lorsqu’il y a du hockey professionnel à Calgary, c’est dans le même secteur. 

 

Pour en revenir au Corral, il a été construit au coût de 1,25 million $ (16 millions en dollars d’aujourd’hui). Sa capacité a varié de 6475 à 8700 sièges. 

Il a été l’hôte de hockey junior et senior. Les Cowboys de l’AMH y ont aussi élu domicile de 1975 à 1977. Les Boomers de la NASL y ont joué au soccer intérieur en 1980-81. Stu Hart, promoteur de lutte (et père de Bret et Owen) y a tenu d’innombrables galas. Les représentants canadiens y ont aussi joué de nombreux matchs de la Coupe Davis.

En 1972, les championnats du monde de patinage artistique se sont déroulés au Corral. 

En 1980, les Flames débarquèrent en ville. Le Corral était l’endroit incontournable pour les installer, mais il était clair qu’il ne répondait pas aux critères de la Ligue nationale. La résidence des Flames y a duré trois ans, jusqu’à ce que le Saddledome soit prêt. 

En huit ans à Atlanta, les Flames ont atteint les séries à six reprises. Toutefois, ils n’y ont jamais remporté une série. En fait, ils n’ont remporté que deux matchs, tout en perdant quinze. 

Une fois à Calgary, il s’agissait pratiquement de la même équipe, mais il y eut un revirement de situation. Les succès en séries ont été immédiats. Au printemps 1981, les Flames balayèrent Chicago, pour ensuite éliminer les finalistes de l’année précédente, les Flyers, en sept matchs. La ville, déjà enthousiaste d’avoir une équipe de la LNH, devint folle et l’atmosphère dans le petit Corral devint électrique. Le beau parcours des Flames prit ensuite fin contre les North Stars, qui atteignirent ainsi la finale. 

En 1988, lors des Olympiques, le Corral a joué un rôle de soutien au Saddledome lors des compétitions de hockey et de patinage artistique. 

Il y eut par la suite des spectacles, de la lutte et un peu de hockey. 

On annonça en 2016 que le centre de congrès BMO Centre serait agrandi au coût de 500 millions $. Pour y faire de l’espace, il fallait démolir le Corral, ce qui fut terminé en 2021. 

L'agrandissement du BMO Centre, où se trouvait le Corral
 

Comme le hockey dans la ville de Calgary a toujours été dans le même secteur, il n’y a peut-être pas de nécessité de mettre des plaques ou des affiches pour souligner le site du Corral et je n’en ai d’ailleurs pas vu. 

Sources : banqueducanada.ca, wikipedia.org.

mardi 16 décembre 2025

Escapade à Calgary


 

Une de mes motivations pour aller en Alberta cette année était de voir le Saddledome. Troisième plus vieil aréna de la ligue derrière la Madison Square Garden de New York et le Climate Pledge Arena de Seattle (bien que ce dernier ait été rénové de fond en comble récemment), il est en fin de vie. Après de longues négociations, l’équipe, la ville et la province se sont entendus pour se partager les coûts d’un projet de 1,22 milliard $ tout juste à côté de l’aréna actuel. Le futur Scotia Place est maintenant en construction et devrait être prêt pour la saison 2027-28. 

Le vénérable Saddledome est à la fin de sa vie
 

Le compte à rebours est donc commencé et si je voulais aller dans cet endroit plein d’histoire, je me devais d’agir. 


 

Les Flames ont débuté à Atlanta en 1972, mais malgré quelques réussites sur la glace (mais pas en séries), ils n’ont pas eu un grand succès aux guichets. En 1980, un groupe mené par l’ex-propriétaire des Oilers et des Racers d’Indianapolis dans l’AMH et futur propriétaire des Alouettes, Nelson Skalbania, mit la main sur la franchise. Ils la déménagèrent alors à Calgary, mais il était évident que les 8700 sièges du Stampede Corral étaient insuffisants et qu’il s’agissait d’une solution temporaire. 

En septembre 1981, Calgary devança Falun en Suède et Cortina d’Ampezzo en Italie pour obtenir les Jeux d’hiver de 1988. La nécessité pour un nouvel aréna n’avait donc plus à être démontrée. Après avoir envisagé quelques sites, il fut décidé que la nouvelle installation serait construite dans la partie est de la ville, sur les terrains du Stampede et tout juste à côté du Corral. 

L’architecture est unique, puisqu’en cette ville du Stampede, l’immeuble est forme de selle, d’où le nom, Saddledome. 

Comme les Flames en avaient besoin le plus rapidement possible, c’est donc en octobre 1983, un peu moins que 5 ans avant le début des Jeux, que fut inauguré le Saddledome. Toutefois, il s’agissait tout de même d’un retard de 9 mois par rapport à ce qui était prévu. D’un budget initial de 60 millions $, des dépassements de coûts et des efforts pour accélérer le projet ont résulté en un coût total de 97,7 millions $ (273 millions en dollars d’aujourd’hui). 

Les rivaux albertains, les Oilers, ont toutefois gâché la fête en l’emportant 4-3. 

Le Saddledome a évidemment été le site des compétitions de patinage artistique et de hockey pendant les Olympiques. Dans le premier cas, il y a eu l’intense bataille des Brian (Boitano et Orser) et la performance surprise d’Elizabeth Manley, qui termina derrière l'est-allemande Katarina Witt. Quant au hockey, le tournoi constitutait un tournant, puisqu’on commençait à accueillir des joueurs qui avaient déjà joué comme professionnels. Il s’agissait toutefois de joueurs qui étaient autonomes, puisque les équipes de la Ligue nationale n’en avaient pas libéré pour l'occasion et la ligue n’avait pas fait de pause dans son calendrier. 

 

Il était incontournable de mettre une section au sujet des Jeux de 1988


Le Canada avait mis sur pied un programme olympique pour développer un esprit d’équipe, puisque c’est ainsi que fonctionnaient les pays de l’est à ce moment. Des joueurs comme Randy Gregg, Claude Vilgrain, Andy Moog et Jim Peplinski ont porté l’unifolié à Calgary, mais l’équipe a raté le podium en terminant quatrième. C’est finalement l’Union soviétique qui a remporté l’or, avec des joueurs qui furent ensuite autorisés à se joindre à la LNH comme Fetisov, Kasatonov, Gusarov, Kamensky et Larionov.

Le Saddledome était le site du programme de l'équipe olympique canadienne

Section sur l'histoire du hockey à Calgary, incluant en bas à gauche une photo des éphémères Cowboys de l'AMH (1975-77)

 
Photo des Tigers de la WCHL (1920-27).  L'équipe de 1923-24 a perdu en finale de la Coupe Stanley contre les Canadiens
 

Section où on honore tous les membres du Temple de la renommée originaires d'Alberta

La reine Elizabeth et le prince Philip sont déjà passés dans le coin

Du côté professionnel, les partisans des Canadiens se souviendront peut-être que c’est au Saddledome que le tricolore a remporté la Coupe Stanley en 1986. De son côté, les Roughnecks, l’équipe locale de crosse, y ont gagné le titre de la NLL en 2004, 2009 et 2019. 

Les championnats du monde de patinage artistique y ont eu lieu en 2006. Les mondiaux juniors y ont été tenus en 2012. 

Au niveau politique, c’est au Saddledome qu’en 1990 Jean Chrétien a été désigné chef du Parti libéral, en chemin pour devenir premier ministre. 

En 2013, la rivière Bow a débordé et l’endroit a été sévèrement endommagé. 

Aujourd’hui, en plus des Flames et des Roughnecks, les locataires sont les Wranglers de la Ligue américaine et les Hitmen de la WHL. 

Si l’endroit montre un peu son âge, sa riche histoire est bien mise en valeur. Facilement accessible (station Victoria Park / Stampede du C Train), on y trouve un public enthousiaste et en nombre respectable, malgré une année difficile. Bien heureux de l’avoir visité avant qu’il ne soit qu’un souvenir. 

Pour ce qui est du match, le Wild poursuivait sa tournée de l’ouest. En cette soirée hommage aux Forces armées canadienne, nous avons eu droit à un Ô Canada avec une partie en français. 

Les Flames portaient leur chandail noir que je n'aime pas tant.

 

Même si le Wild était favori, les Flames ont offert une belle performance. Huberdeau, Coronato, Zary et Andersson ont compté. Seul Trenin a répliqué pour le Minnesota. Dustin Wolf a été solide devant le filet des Flames et ceux-ci l’ont emporté 4-1. 

Sources: banqueducanada.ca, wikipedia.org.

La réplique géante du masque d'Yves Bélanger est toujours là. (en dessous, les Flames, les Hitmen (junior), les Roughnecks (crosse) et les Wranglers (LAH))

 

Les allées sont vastes.  On y circule facilement.


Un peu tout autour, on voit des photos d'anciens joueurs

 

À la boutique souvenir, on vend encore des Iginla et des Lanny.  À droite, des chandails des Roughnecks, qui appartiennent à la même entreprise que les Flames, tout comme les Hitmen, les Wranglers et les Stampeders de la LCF

Les Flames ont connu du succès au fil des ans, dont la Coupe de 1989, remportée au Forum.  Les côtés montent plus haut. Ce sont les pointes de la "selle".


Il y a peu d'arénas de la LNH qui peuvent afficher un drapeau olympique
L

Les loges, rajoutés en 1994, sont les plus basses que j'ai vues.  Elles ont toutefois fait baisser la capacité sous les 20 000.  Aujourd'hui, elle est d'environ 19 300.


Les Flames ont retiré les numéros de McDonald, Iginla, Vernon et Kiprusoff.  MacInnis et Nieuwendyk sont "Forever A Flame" (honorés mais leur numéro n'est pas retiré).


Les sections du bas sont sur une structure d'aluminium, chose que je n'avais jamais vue au niveau LNH.  Plusieurs sièges montrent leur âge en étant chambranlants.

 

Première fois que je vois une bannière pour un lutteur.  Il faut dire que Bret "The Hitman" Hart est originaire de Calgary et qu'il est l'un des fondateurs des Hitmen.


Fidèle au nom, des (vraies) flammes jaillissent lorsque les Flames comptent

On voit plusieurs types de chandails, avec plusieurs joueurs, incluant quelques Jagr, même s'il n'a joué que 22 matchs avec les Flames

Martin St-Louis n'a joué que 69 matchs avec Calgary, mais il y a un grand fan

Ce cher Harvey paraît un peu défraîchi.  En espérant qu'il ait droit à un peu de toilettage avant le déménagement...


Qui dit Alberta, dit boeuf de l'ouest.  On trouve chez Shorty's ce sandwich: pain ciabatta dans lequel on défait devant vous un short rib, qu'on couvre de frites, d'oignons frits, de chimchurri et d'une sauce demi-glace au vin.  Pas léger, pas donné (35$), mais délicieux.  On trouve évidemment aussi la bouffe d'aréna plus traditionelle et des mets indiens.


Le nouveau domicile des Flames (juste à côté) est déjà en construction


Voici ce à quoi devrait ressembler le nouvel aréna


Peut-on aller à Calgary sans faire un détour à Banff?




lundi 15 décembre 2025

Les arénas des Oilers - Northlands Coliseum

 

Ça faisait déjà un moment qu’il était évident que le vieux Gardens ne faisait plus l’affaire, mais le remplacer n’était pas une mince affaire. En 1963, les électeurs ont voté contre une proposition de payer pour un nouvel aréna au centre-ville. 

Il y eut une deuxième proposition en 1970, cette fois pour l’Omniplex, un stade couvert pour accommoder autant le football que le hockey, mais celle-ci fut aussi rejetée par référendum. 

La ville grossissait et il était temps de régler cette histoire plutôt gênante. Avec l’arrivée des Oilers, la situation devenait encore plus urgente. Charles Allard, co-propriétaire des Oilers avec ″Wild Bill″ Hunter, mit de l’avant un projet. Toutefois, il y en avait aussi un autre en chemin. 

L’Edmonton Exhibition Association (devenue plus tard Northlands) a été créée en 1879, d’abord pour organiser une exposition agricole. Avec le temps, l’organisation civique a étendu ses activités pour inclure la gestion du Gardens et des courses de chevaux, et devenir un club social où il était bien vu pour les notables de l’endroit de faire du bénévolat. Northlands avait ses entrées au niveau politique, possédait des terres, gérait déjà un aréna et par son statut d’organisme, pouvait obtenir plus facilement des subventions. Allard retira donc son projet et Northlands prit le projet en charge, qui fut voté par son conseil en 1972. 

Northlands, au coin de Wayne Gretzky Drive, avec ce qui reste de l'enseigne
 

Situé de l’autre côté de la rue du Gardens, dans le nord de la ville dans un quartier plutôt morne, le futur Coliseum adopta les mêmes plans que le Pacific Coliseum de Vancouver, avec une forme circulaire, plutôt que l’usuelle forme rectangulaire. De plus, avec une pente plus accentuée, il était dessiné spécifiquement pour le hockey, alors que la plupart des arénas américains de l’époque étaient principalement construits pour le basketball. 

L'avenue des Champions a plutôt mauvaise mine
La construction n’a toutefois pas été simple. D’abord, le terrain dut être remblayé, parce que sa capacité portante s’est avérée insuffisante. Il y eut aussi trois grèves de différents corps des métiers, en plus d’une autre grève, celles des ouvriers de l’acier. Northlands avait prévu le coup en stockant 1100 tonnes d’acier. Toutefois, il en manqua finalement 400 autres, qu’on dut acheter sur le marché noir. 

Le coût passa de 10 à 15 millions $ (111 millions $ en dollars d’aujourd’hui), mais avec d’innombrables heures supplémentaires des ouvriers, l’aréna put finalement ouvrir le 10 novembre 1974, alors que les Oilers ont affronté les Crusaders de Cleveland. Les 5000 derniers sièges sont arrivés la veille et au début du match, 100 n’étaient toujours pas installés et furent remis aux spectateurs. L’annonceur mit alors en garde la foule, indiquant qu’il se pourrait que leur siège ne soit pas fixé correctement. 

Les résultats des Oilers ne furent toutefois pas mieux dans le nouvel immeuble. Il fallut attendre l’arrivée de Wayne Gretzky en 1978-79 pour voir les choses s’améliorer. Ils se qualifièrent alors pour la finale de la dernière saison de l’AMH, qu’ils perdirent contre les Jets. Ces derniers ont d’ailleurs suivi le chemin inverse des Oilers. Si Winnipeg a dominé l’AMH, avant de connaître des débuts pénibles dans la LNH, Edmonton a eu des résultats décevants dans le circuit maudit, avant de prendre son envol dans la Ligue nationale en gagnant 5 Coupes Stanley à ses 11 premières saisons. 

"La maison que Gretzky a bâtie" ne sera plus qu'un souvenir l'été prochain
 

En plus des Oilers, Northlands fut le site des compétitions de gymnastique des Jeux du Commonwealth de 1978, de matchs de la Coupe Canada en 1981 et en 1984, de hockey junior, de la Ligue américaine, de soccer intérieur, de crosse et de roller hockey

Dans les années 1990, Peter Pocklington, le propriétaire des Oilers, était déjà détesté en ville, après avoir vendu Wayne Gretzky aux Kings. Il empira alors la situation en se disputant avec Northlands. Comme c’était souvent le cas dans ces années, il voulait plus de loges corporatives, faute de quoi, il voulait s’accaparer de plus de revenus. Il menaça évidemment de déménager l’équipe. Il s’en est suivi une longue saga. C’est finalement en 1998 que Pocklington vendit l’équipe à un groupe local, qui avait une option pour égaler l’offre, peu de temps avant qu’il ne la vende au propriétaire des Rockets de Houston et qu’il ne déménage l’équipe. 


 

L’équipe a raté les séries de 2006 à 2016 dans l’immeuble qui s’est aussi appelé l’Edmonton Coliseum, le Skyreach Centre et le Rexall Place, alors que celui-ci continuait de montrer son âge. Les Oilers déménagèrent alors au centre-ville, dans le Rogers Place. 

Faute de locataires et d’activités, l’endroit fut remis à la ville en 2018 et fermé. Il demeura en place malgré qu’il en coûte près de 2 millions $ par année pour l'entretenir. Après beaucoup de tergiversations, il fut finalement décidé de le démolir l’été prochain, au coût de 55 millions $. Il laissera alors sa place à des habitations et à un parc événementiel. 

On peut supposer que ce stationnement à étages maintenant grillagé sera aussi démoli.  Les alentours manquent d'attrait,
 

Lors de mon passage, l’endroit était à l’abandon, en attendant son funeste destin. C’est plutôt triste de voir ainsi un endroit chargé d’histoire, mais il est probablement trop tard pour faire quelque chose avec et honnêtement, le secteur n’est pas terrible. 

Sources : 

″The rise and the fall of the Edmonton Coliseum″ de David Staples, April 6, 2016, Edmonton Journal (edmontonjournal.com), 

″Demolition of Edmonton’s Coliseum set to start next summer″ de Mrinali Anchan, August 26, 2025, CBC (cbc.ca), 

banqueducanada.ca, wikipedia.org.